- Speaker #0
Une femme dans l'actu dans une émission où la présence féminine est étoffée et on s'en réjouit. Cette femme dans l'actu, c'est Anaïde Chahignan, directrice générale de Spirica. Pour sa première venue sur le plateau des Plus Encore, Anaïde, vous avez pris la direction générale de Spirica à la suite de Daniel Collignon. C'était en janvier 2024. En 2024, Spirica a franchi la barre des... 3 milliards de collecte brute, franchi la barre des 4 milliards de collecte brute en 2025. La barre des 5 milliards sera-t-elle franchie en 2026 au bout des chiffres que vous avez ?
- Speaker #1
J'espère bien, c'est un minimum. On vise un peu plus que ça, voire beaucoup plus que ça.
- Speaker #0
Le premier semestre s'est bien passé ?
- Speaker #1
Le premier semestre a été exceptionnel, surtout nos réseaux. Nos réseaux CGP par rapport à l'année dernière, à la même époque, on est à presque plus de 47% de croissance, donc c'est impressionnant. Nos autres partenaires sont aussi en très très bonne forme. J'ai un nombre impressionnant d'acteurs qui sont à x2 de leurs collectes par rapport à l'année dernière.
- Speaker #0
Ok, votre job donc, c'est de construire des contrats pour des distributeurs externes avec ces différents réseaux ?
- Speaker #1
Exactement, la spécialisée de Spirica, c'est de créer... et de gérer des offres sur mesure pour nos différents partenaires. Donc, on fait selon les besoins des partenaires. On s'adapte à leurs besoins de créer des produits d'assurance vie et de retraite individuelle adaptés à chacun de nos réseaux avec notre petite touche digitale toujours.
- Speaker #0
Ok, j'ai dit très bonne dynamique. Je regarde le calendrier. Je vois arriver 2027, l'élection présidentielle. Ça vous inquiète sur la dynamique ?
- Speaker #1
Alors, c'est une inconnue, parce que l'élection de 2027 apporte beaucoup d'incertitudes et d'inquiétudes. Donc oui, on est inquiets, on va être vigilants. On va déjà être vigilants sur les discussions budgétaires qui vont venir en fin et début d'année. Et on va, avec d'ailleurs tous nos pairs, avoir un lobbying assez important pour essayer de préserver un secteur qui est essentiel dans la gestion de l'épargne et du patrimoine des Français.
- Speaker #0
Si je regarde les zones de concurrence... L'assurance luxembourgeoise, c'est une vraie concurrence pour vous ?
- Speaker #1
L'assurance luxembourgeoise, c'est une vraie concurrence. Sur les réseaux UAF, on s'est posé la question à plusieurs reprises de référencer une offre luxembourgeoise. On n'a vraiment pas trouvé l'acteur qui Ausha toutes les cases qu'on avait mis dans notre cahier des charges. On reste vigilant sur qui on pourrait référencer. Et si ça arrive, ce sera vraiment quelqu'un qui est à la hauteur en termes d'offres, mais aussi de qualité de service et de digital pour maintenir nos standards.
- Speaker #0
Vous m'avez indiqué il y a de cela quelques instants que la dynamique du premier semestre était très bonne sur tous les réseaux, les réseaux CGP, les réseaux Internet. Si on regarde, non pas en réseau, mais si on regarde en termes de support, la dynamique, elle est plutôt sur les fonds d'euros, plutôt sur les unités comptes ?
- Speaker #1
Alors, on constate qu'il y a une renaissance du fonds euro ces dernières années, boostée par les marchés obligataires qui sont très élevés, ce qui permet aux assureurs d'agrémenter les fonds euros d'offres bonus. qu'on voit fleurir sur le marché depuis quelques années. Ça permet d'avoir un produit qui reste complètement liquide, garanti avec des offres de rendement qui sont difficilement concurrençables avec les autres tripes de support. Donc c'est oui le fonds en euros qui tire son épingle du jeu.
- Speaker #0
Alors vous allez le découvrir, je suis contrariant. Donc je ne vais pas pour commencer vous parler du fonds en euros, je vais vous parler des unités de compte. Vous me dites que votre job c'est de fabriquer des produits, mais pour autant vous alimentez la machine en... en unité de compte et en produit, en innovation à l'intérieur. Quelle est votre stratégie sur les unités de compte actuellement ?
- Speaker #1
Alors, on a une stratégie de co-construction avec nos partenaires. Donc déjà, on s'attaque à avoir toujours quelque chose qui répond à un besoin. On ne pousse pas quelque chose qui ne soit pas une demande de nos partenaires. On co-construit des offres et aujourd'hui, on a vraiment une stratégie de construction de gamme de produits et d'enrichissement pour pouvoir répondre à tous les enjeux. de nos clients. Alors on a beaucoup investi ces derniers mois sur l'enrichissement de nos gammes ETF et titres vifs. On est à plus de 200 ETF sur nos produits aujourd'hui et on a passé la barre des 400 titres vifs. On a développé un certain nombre de gammes. On a une gamme développement durable, on a une gamme souveraineté, on a une gamme financement de l'économie réelle. L'enjeu c'est vraiment d'avoir quelque chose qui réponde aux besoins de tous.
- Speaker #0
ETF, titres vifs, c'est plutôt une demande des distributeurs Internet ?
- Speaker #1
Ça a été... a au départ une demande des distributeurs Internet drivée par les jeunes générations où on a vu aujourd'hui une croissance assez importante de l'investissement. À date, dans nos encours, on est à 1,5 milliard investis sur de l'ETF. Donc c'est vraiment une gamme d'actifs qui commence à prendre sa place.
- Speaker #0
C'est le réflexe versement programmé ?
- Speaker #1
Pas uniquement. Vraiment, pas uniquement, c'est vraiment tous les types de clients, sur Internet beaucoup, et aussi sur les CGP, puisqu'on a aujourd'hui un nombre croissant de CGP qui s'investissent sur les ETF, parce qu'on a une demande du marché.
- Speaker #0
Fruits de défrais sur ces titres vifs et sur ces ETF ?
- Speaker #1
C'est aussi une des grandes nouveautés de l'année. On a travaillé avec nos partenaires pour diminuer considérablement les frais sur ces deux gammes d'actifs. Les frais ? ainsi que les seuils d'entrée sur ces supports pour les rendre accessibles à tous. On a vraiment un souci, je dirais, de démocratiser, d'avoir des contrats qui peuvent s'adresser à toutes les gammes de clientèle, de la banque privée aux petits clients Internet. Alors,
- Speaker #0
ETF, titre vice, c'est en général des gens qui veulent gérer eux-mêmes. Quid des mandats de gestion, des gestions pilotées ?
- Speaker #1
Alors, on a fait le travail, comme tous les assureurs de la place, de se mettre en conformité avec la loi Industrie Verte. Et donc, on a enrichi, je dirais, notre gamme de gestion pilotée parce qu'on en avait déjà. Et on a fait le choix notamment d'avoir une gestion pilotée complètement RSE, développement durable. Ça n'est pas le principal choix de nos clients qui préfèrent majoritairement être en gestion libre aujourd'hui.
- Speaker #0
Question, la maison était réputée pour avoir fait beaucoup de non-cotés, notamment dans l'immobilier. Quelles sont les barrières, les limites que vous fixez sur l'investissement non-coté dans vos actifs ? que... Là, on vient de parler de titres vifs et de TF. Les dons ont une caractéristique, c'est d'être des titres cotés.
- Speaker #1
Alors oui, on a historiquement, chez Spirica et chez UAF, eu la conviction que le non-coté était des supports qui permettaient une bonne diversification de l'épargne. Parfois, il y a eu sans doute un petit peu d'excès dans les allocations. On a toujours cependant considéré que le devoir de conseil revenait. à nos distributeurs. Ce n'est pas l'assureur ni le courtier grossiste qui porte le devoir de conseil dans notre organisation. Ce sont nos CGP ou nos distributeurs internet. Donc on essaie le moins possible de se mêler de l'allocation des clients. Par contre, bien évidemment, on a des enjeux de gestion des risques et de gestion de notre propre liquidité, puisque vous le savez, quoi qu'il arrive, in fine, l'assureur est tenu d'assurer la liquidité sur des supports qui, eux, potentiellement, pourraient ne plus l'avoir. Donc on a plutôt des... Des contraintes qui se fixent sur le montant d'investissement global et sur les ratios d'emprise sur un certain nombre d'émetteurs.
- Speaker #0
Allez, on parle du fonds en euros maintenant. Bonus, aujourd'hui, vous en avez annoncé jusqu'à quand ?
- Speaker #1
Alors, on va les annoncer tant que le niveau des taux obligataires nous permette de les supporter. On a une stratégie qui est vraiment d'avoir des offres qui sont rentables. Pour tout le monde, nos clients finaux, nos distributeurs.
- Speaker #0
Ça veut dire quoi rentable ? Ça veut dire qu'en pratique, vous rentrez un euro, vous lui donnez 1, x% en plus par rapport au taux normal, si vous êtes sûr que vous allez pouvoir obtenir 1, quelques % en plus par rapport au rendement de l'actif ?
- Speaker #1
C'est exactement ça. On compare le taux de réinvestissement obligataire avec le taux de rendement moyen de nos fonds euros. Et on ne maintient les bonus que quand on a un écart qui nous permet de reluer la rentabilité de nos fonds euros.
- Speaker #0
Je voudrais vous entendre sur un exercice de com. J'ai le souvenir de Jean-Paul Faugère, lors d'une matinée pratique commerciale de la CPR, qui avait dit qu'il va falloir que les assureurs, maintenant, avec ces histoires de bonus, clarifient les choses sur les taux hors bonus, les taux avec bonus. Comment vous voyez le dossier, vous ?
- Speaker #1
Alors, effectivement, il faut être vigilant parce qu'un bonus, c'est... Par exemple, chez Spirica en ce moment, vous obtenez 1,10 jusqu'à 30% d'investissement en UC et puis 1,50 au-delà. C'est 1,50 ou 1,10 par rapport au taux qui sera servi in fine sur l'exercice 2026 et 2027. Et ces taux, à date, ne sont pas connus. Alors, c'est vrai que c'est un exercice de communication délicat avec les clients finaux puisque c'est un bonus par rapport à un taux qui n'est pas encore connu, qui sera connu grosso modo fin janvier. Et donc, l'exercice le plus simple, c'est de prendre le taux N-1. C'est une simplification. Et effectivement, le régulateur est vigilant dans nos communications. Il faut être vigilant de dire, si le taux est stable par rapport à N-1, vous obtiendrez un 10 par rapport à 3,08, par exemple, qui a été servi en 2025. Mais rien ne garantit que ce sera effectivement le même taux qui sera servi en 2025.
- Speaker #0
Alors, dans la maison, il y a plusieurs fonds d'euros. Je voudrais, pour conclure, qu'on en parle d'un en spécifique. c'est le fonds Euroclimat On a vu qu'on a eu pas mal de petits problèmes de canicule cette année en France. Comment se porte ce fonds ?
- Speaker #1
Alors le fonds se porte bien. On peut constater que malheureusement, la gamme développement durable dans nos encours est plutôt en perte de vitesse, paradoxalement. Si on compare ce qu'il y avait en 2023 et en 2025, les enjeux de développement durable dans les allocations des clients est en baisse significative. On s'est dit il y a quelques années qu'on avait un enjeu notamment sur les clients prudent et qui voulait qu'il y avait des enjeux ou des envies de défendre une cause développement durable puisqu'il n'existe pas, mis à part le LDD qui est quand même plafonné et limité, de support garanti complètement dédié à un sujet RSE. C'est pour ça qu'on a dédié notre fonds euro objectif climat à cet enjeu-là. C'est un fonds qui est totalement SFDR 9, c'est le seul du marché à être ouvert à la commercialisation. garantit que 90% de ce qui est investi dans ce fonds répond à des enjeux de lutte, d'adaptation au réchauffement climatique ou des gestions des ressources. Donc on a vraiment une stratégie d'investissement extrêmement spécifique et très contrôlée.
- Speaker #0
Et est-ce que pour mes clients, j'ai des garanties de performance ?
- Speaker #1
On a essayé de comprendre pourquoi les clients boudaient finalement le développement durable. Alors quand généralement on interroge des épargnants, ils placent les enjeux de RSE assez élevés dans leurs attentes et pourtant ça ne se concrétisait pas. Merci. On s'est dit qu'il y avait un côté déceptif sur la rentabilité. C'est pourquoi on s'est engagé chez Spirica à ce que ce fonds-là serve toujours au minimum le même taux que notre fonds traditionnel Euro-NG.
- Speaker #0
Anaïs Chénion, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Tout de suite, un homme dans l'acte.