- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs, et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Amandine, qui va nous parler de son métier d'éducatrice spécialisée. Alors Amandine, bien le bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter et nous parler un petit peu de toi et de ton quotidien ?
- Amandine
Oui, je m'appelle Amandine, je suis éducatrice spécialisée et actuellement je travaille dans un institut médico-éducatif qui accueille des enfants porteurs de pathologies.
- Arthur
Très bien, donc au sein d'un IME, effectivement, peux-tu nous parler maintenant de ton parcours ?
- Amandine
Du coup, moi j'ai fait un bac ST2Z, suite à ça j'ai fait trois ans de licence de psycho, mais c'était pas forcément quelque chose où je me retrouvais, j'avais besoin de concret et de terrain, du coup j'ai fait un service civique en mec. Et suite à ça, j'ai passé mes concours d'entrée à l'Artrips à Lyon, concours que j'ai obtenu. J'ai fait trois ans d'école où c'est moitié stages, moitié cours théoriques. Et après, j'ai été diplômée en 2020.
- Arthur
D'accord, donc c'est un parcours qui jongle entre guillemets entre le théorique et le pratique. Si je résume, on a tout d'abord le bac technologique ST2S, sanitaire et social. On a la licence de psychologie qui est purement théorique à l'université. Mais ce manque de terrain te mène ensuite vers un service civique en MECS, donc Maison d'enfants à caractère social, donc des structures qui accueillent des enfants placés, pour finalement te lancer dans les concours. Alors point de vigilance, les concours dépendent des écoles, donc on peut soit avoir des écrits, des oraux ou même les deux, pour intégrer finalement l'ARFRIBS, donc l'Association Régionale pour la Formation, la Recherche et l'Innovation en Pratiques Sociales. C'est une école qui délivre un diplôme d'état d'éducatrice spécialisée, donc en trois ans. dans lequel tu passes par des stages. Est-ce que finalement, ce jonglage a été source de difficultés pour toi ?
- Amandine
Tous les stages ont leur lot de difficultés. C'est assez compliqué déjà d'avoir le rôle de stagiaire. Auprès des enfants ou des adultes, d'ailleurs, il faut le temps de se faire repérer par tout le monde et commencer à avoir confiance en toi parce qu'on travaille quand même avec des humains, avec différentes problématiques. Mais c'est quand même ça l'intérêt, c'est de créer du lien avec eux. c'est quand même le cœur du métier. Ça, c'est des choses qui prennent du temps, surtout quand c'est des personnes qui, soit ont été déçues par des relations qu'ils ont pu avoir dans le passé, que ce soit des personnes avec un parcours de rue ou des enfants placés, c'est compliqué. Et après, dans le domaine du handicap, ça reste... Alors moi, j'étais majoritairement avec des enfants porteurs d'autisme, mais du coup, c'est des enfants qui sont quand même très loin et avec qui il faut apprendre à déchiffrer. Donc ça, ça prend du temps, ce n'est pas des choses si simples.
- Arthur
En somme, la plus grande difficulté, en fait, oui, c'est vraiment faire sa place auprès des différentes personnes accompagnées. Et maintenant alors, en IME, est-ce que tu peux nous parler de ce travail ? En quoi ça consiste ?
- Amandine
Alors mon travail, il consiste à accueillir des enfants et l'idée, c'est de proposer un lieu où ils peuvent augmenter leurs compétences de manière générale. donc ça passe par plusieurs choses, ça passe par... de la classe avec des instituts spécialisés. Ça passe par des groupes thérapeutiques, du coup avec une équipe pluridisciplinaire, psychologues, infirmières, psychomotriciennes, orthophonistes, etc. Et principalement aussi travailler sur la socialisation des enfants puisqu'ils appartiennent à un groupe. L'idée, c'est d'apprendre à comment on se comporte les uns avec les autres, comment on arrive à faire en sorte... que tes propres difficultés n'impactent pas sur celles des autres. Et il y a besoin des adultes pour faire ciel et pour aider à faire évoluer tes enfants.
- Arthur
Est-ce que tu aurais un exemple d'une évolution avec un enfant, justement ?
- Amandine
Là, on peut parler d'enfants qui sont non-verbaux. On n'a aucun mot, du coup, il n'y a pas de phrase. Ça reste vraiment des choses toutes petites. Petite, au début, ça c'est des choses qui nous angoissent beaucoup les parents. Quand on accueille un enfant à l'IME, on travaille beaucoup sur la communication. Nous, on signe beaucoup, on se sert du macathon. Et des tableaux de langage augmentés avec des pictogrammes pour que les enfants puissent pointer et faire leurs demandes. Parce que c'est très important qu'ils puissent avoir la parole. Et on voit des très belles évolutions chez certains enfants qui, là... parlent de plus en plus, ont des intonations, répètent ce qu'on dit. Du coup, c'est très, très chouette. Alors, ça prend beaucoup de temps, mais quand ça arrive, c'est trop cool.
- Arthur
D'accord, donc d'un côté le maquillaton, par la gestuelle avec le langage des signes simplifié, et de l'autre, pour le visuel, on aura ces TLA, donc tableau de langage augmenté avec des pictogrammes. C'est finalement un apprentissage étape par étape, qui en retour te permet de voir véritablement les avancées de chacun des jeunes dont tu t'occupes. Pour terminer, Amandine, est-ce que tu aurais un dernier mot à dire à ceux qui nous écoutent en ce moment et qui hésiteraient à se lancer dans ce beau métier ?
- Amandine
Alors, je dirais que c'est un métier qui a du sens. dans lequel on peut se sentir vraiment bien et reconnu par les personnes qu'on accompagne, même si ce n'est pas si simple. Comme on est en direct des personnes, on voit pourquoi on fait les choses. Après, c'est un métier qui n'est pas facile, qui demande beaucoup d'implications personnelles. C'est un métier qui vient nous chercher, nous, en tant qu'êtres humains. Ça demande... Grande implication auprès de ces personnes, mais par contre, moi je trouve toujours que c'est un très beau métier, qu'on passe des moments très chouettes avec les personnes qu'on accompagne. Donc moi avec ces enfants, il y a plein de choses à apprendre, ils nous apprennent plein de choses aussi. Il faut rester à l'écoute des personnes qu'on accompagne.
- Arthur
Alors tu fais bien de le souligner, effectivement, le métier d'éducateur spécialisé, au même titre que les autres métiers du social et de la santé, est un métier de terrain tourné vers l'humain. qui nécessite un grand courage et beaucoup de résilience pour accompagner au mieux les personnes dont on a la charge. Un grand merci Amandine pour ton témoignage, en espérant que celui-ci ait pu aider ceux qui nous écoutent à s'intéresser et peut-être même à se lancer dans ce beau métier. Et quant à nous, chers auditeurs et chères auditrices, merci de nous avoir écoutés jusque-là, et on se donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de votre podcast, et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voix.