- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs, et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Damien, qui va nous parler de son métier de chargé de projet en radioprotection. Alors Damien, bien le bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter et nous dire qu'est-ce que signifie ton métier ?
- Damien
Bonjour, alors oui tout à fait, moi c'est Damien. Actuellement je suis chargé d'affaires et de projets chez EDF, donc dans la partie nucléaire. Mon poste consiste à être responsable d'un projet, c'est-à-dire la maintenance des réacteurs à l'arrêt, de A à Z, sur la partie uniquement sécurité et radioprotection.
- Arthur
Tu as donc la responsabilité de la sécurité en environnement nucléaire. Maintenant, pourrais-tu nous parler un petit peu de ton parcours ?
- Damien
Alors oui, j'ai passé un baccalauréat scientifique. Ensuite, j'ai continué mes études en DUT, HSE, donc Hygiène, Sécurité, Environnement. Aujourd'hui, ça n'existe plus, c'est un BUT en trois ans. Et j'ai complété ce DUT en deux ans avec une licence professionnelle, coordinateur de prévention, santé, sécurité au travail.
- Arthur
Et durant ce cursus, tu as eu des expériences en alternance ou en stage ?
- Damien
Oui, j'ai fait le DUT en alternance à la SNCF dans le risque chimique. J'ai fait un stage de licence dans le domaine des explosifs, de la fabrication de munitions et d'explosifs pyrotechniques.
- Arthur
D'accord, donc directement au contact de produits et matériaux dangereux, sensibles. Est-ce que, pour continuer dans ton parcours, tu as rencontré des difficultés ?
- Damien
La principale difficulté, ça a été le niveau scolaire, puisque après le bac scientifique, Le fait de partir en DUT, ce n'est pas forcément une voie facile, surtout la première année. Ce sont des matières très scientifiques, assez poussées et très généralistes. Donc, ils ne sont pas encore en application vraiment avec la prévention des risques ou le métier qu'on va pouvoir exercer par la suite. Donc, la principale difficulté, ça a été de passer ce cap d'un an ou deux ans de DUT, puisqu'après la licence, c'était vraiment très axé sur la prévention des risques. Et donc, j'ai trouvé ça plus facile.
- Arthur
Donc, quelque part, on peut dire que ça t'a plutôt bien servi, puisque du DUT théorique, tu as pu passer à la licence professionnelle plus technique et ça a dû te conforter dans ton choix, donc cette spécialisation. Les questions de sécurité, c'est quelque chose qui t'a toujours intéressé ?
- Damien
Alors en fait, ma passion, ça a toujours été les sapeurs-pompiers. J'étais sapeur-pompier volontaire dès que j'ai pu l'être, à l'âge de 18 ans. Ma vocation, c'était vraiment d'aider les autres. Je partais même faire mes études pour être officier sapeur-pompier professionnel. Puis au fil du temps, à force de découvrir ma passion de pompier volontaire, puis à côté, cursus scolaire dans la prévention des risques, ça m'a ouvert des portes. J'ai pu concilier même les deux pendant quelques années. Et puis j'ai décidé de me spécialiser dans le côté nucléaire, où vraiment il y a du risque concret et j'ai trouvé ça passionnant.
- Arthur
On va changer de rubrique maintenant, on va s'intéresser à ton métier. Donc l'intitulé complet, tu me l'as dit avant l'interview, c'est chargé d'affaires et de projets en sécurité et radioprotection. Qu'est-ce que tu peux nous en dire ? En quoi ça consiste ?
- Damien
Alors ce travail, c'est tout d'abord de préparer le projet avec les différents acteurs du projet, puis enfin le réaliser. Donc en fait, on est responsable sur la partie sécurité et radioprotection. En fait, c'est vraiment un travail d'équipe au quotidien et c'est vraiment du pilotage.
- Arthur
Et plus concrètement, est-ce que tu pourrais nous raconter le déroulé d'un projet ?
- Damien
Les étapes d'un projet dans le nucléaire, c'est un peu particulier. Chaque réacteur doit s'arrêter une fois par an ou une fois tous les 18 mois en fonction de la technologie du réacteur. En fait, l'objectif principal, c'est de permettre le renouvellement en combustible nucléaire du réacteur et d'un autre côté, de réaliser toutes les opérations de maintenance plus ou moins intrusives en fonction des années. et de vérification, de contrôle de bon fonctionnement. Notre rôle, en fait, c'est de réaliser toutes ces opérations main dans la main avec les différents métiers et différents acteurs.
- Arthur
Et est-ce que, durant tes derniers projets, tu as été confronté à une tâche inattendue ?
- Damien
Alors, si je peux prendre l'exemple de mon dernier projet, où justement on a une épreuve hydraulique très importante de mettre en pression le circuit primaire du réacteur, au moment où on allait justement rentrer dans le réacteur pour faire les différents contrôles et valider cette épreuve hydraulique. On a eu une fuite sur un des circuits primaires avec la rupture d'un joint. Et donc, on a dû justement intervenir en urgence pour intervenir au niveau de la fuite sur le raccord qui était en train de vaporiser du fluide radioactif. Et donc, cette opération que j'ai dû gérer sur place, sur le terrain, a été rondement menée. Nous avons réussi, avec quelques heures de retard, à passer cette épreuve hydraulique avec succès.
- Arthur
Donc, grâce à ton expertise et tes équipes, la fuite a été rapidement colmatée et la sécurité a été maintenue. Je poursuis. Alors, Est-ce que tu penses qu'il y a des clichés sur ton métier ou du moins sur le secteur en général ?
- Damien
Sur le nucléaire justement, sur le fait qu'il y a des fuites, qu'on maîtrise mal justement la sûreté nucléaire. Il y a des rejets non contrôlés alors que ce n'est pas du tout vrai. C'est vraiment quelque chose qui est très surveillé, très contrôlé. Et le nucléaire produit une électricité neutre en carbone et du coup les rejets sont maîtrisés et sont dix fois inférieurs aux rejets autorisés.
- Arthur
Effectivement, tu fais bien de le souligner, des normes européennes existent afin de limiter le rejet de déchets radioactifs et les usines en France doivent rigoureusement respecter ces normes. Juste avant de se quitter, Damien, est-ce que tu aurais un mot à dire aux jeunes qui nous écoutent et qui voudraient se lancer dans le domaine de la sécurité en milieu nucléaire ?
- Damien
C'est une voie vraiment passionnante, enrichissante. Les journées sont diverses et variées. Si la personne est rigoureuse, motivée, qu'elle a le sens de la communication et qu'elle aime le relationnel, Le travail en équipe fait la voie qu'il faut sélectionner. Ensuite, il ne faut pas lâcher, puisque le nucléaire, c'est quelque chose de très contraignant, soit en termes d'assurance qualité, en traçabilité, parce qu'il faut tout noter. Il faut beaucoup d'autorisation pour faire la moindre opération. Mais en tout cas, c'est vraiment un domaine passionnant qui est bien rémunéré. Donc ça, on ne doit pas se cacher aussi. Il y a des avantages. Donc c'est vraiment une voie qui peut être le fruit d'un travail scolaire bien réussi.
- Arthur
Eh bien, écoute, on a là une bonne conclusion pour le domaine du nucléaire, qui est certes très contrôlé, mais très accessible et qui a de nombreux avantages. Merci Damien pour ton partage à propos de ton métier de chargé d'affaires en sécurité et radioprotection, en espérant que celui-ci ait pu aider ceux qui nous écoutent en ce moment à s'intéresser et peut-être même se lancer dans le domaine de l'environnement et de la sécurité. Et quant à nous, chers auditeurs et chères auditrices, merci de nous avoir écoutés jusque là. Et comme vous le savez, on se donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de votre podcast. Et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voix.