- ARTHUR
Un métier, une passion. Des réussites, des échecs, et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Florian, qui va nous parler de son métier de moniteur-éducateur. Alors Florian, bien le bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, peux-tu te présenter et nous parler de toi et de ton quotidien ?
- FLORIAN
Bonjour, effectivement, je m'appelle Florian, je suis moniteur éducateur dans une MECS, donc maison d'enfants à caractère social, et moi particulièrement je travaille sur un service qui accueille des adolescents et jeunes majeurs entre 15 et 21 ans.
- ARTHUR
Très bien, et pour compléter, pour te décrire en trois mots, que nous dirais-tu ?
- FLORIAN
Je suis un homme assez jovial. avec une grande capacité d'adaptation et dynamique.
- ARTHUR
Parfait, on continue maintenant. Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ?
- FLORIAN
Alors du coup, j'ai passé un bac sciences médico-sociales. Ensuite, j'ai travaillé plusieurs années en tant qu'éducateur remplaçant non diplômé pour parfaire mon expérience. Et ensuite, j'ai passé mon concours de moniteur éducateur. J'ai fait deux ans de formation à l'Institut Saint-Laurent à Écully. Et ensuite, j'ai été embauché assez rapidement à la sortie de ma formation au sein de la Mecs à laquelle je suis toujours lié.
- ARTHUR
D'accord, donc je me permets juste d'éclaircir certains points. Ce bac SMS, donc aujourd'hui, c'est le bac technologique, sanitaire et social, tout simplement. Ensuite, on a différentes expériences professionnelles. Puis finalement, ce diplôme d'état de moniteur éducateur en deux ans. Et pour l'intégrer, alors on ne passe plus par des concours, c'est davantage des entretiens de 30 minutes où on va juger de la motivation des candidats. Pour à la sortie intégrer cette fameuse Mecs, en quoi consiste ton quotidien là-bas maintenant ?
- FLORIAN
Comme je le disais tout à l'heure, j'accompagne des jeunes qui ont entre 15 et 21 ans. Et moi, dans mon établissement, on a la spécificité d'accueillir ces jeunes-là sur deux dispositifs différents, mais qui sont en lien aussi l'un avec l'autre. Dans mon premier lieu d'accueil, on a un lieu collectif où on accueille sept jeunes, donc mixte. Et ensuite, on a un deuxième lieu d'accueil, donc c'est des studios éducatifs en semi-autonomie, où on accueille des jeunes. Et on fait l'accompagnement au quotidien, donc qui peut se matérialiser par un accompagnement au devoir, sur la prise d'autonomie, les relations familiales, amicales, sur comment grandir, qu'est-ce que c'est être un futur jeune majeur et vivre sans accompagnement.
- ARTHUR
D'accord, et puis ça appuie cette capacité d'adaptation, parce que c'est des jeunes qui ont été placés sur décision d'un juge pour enfant. du moins pour les mineurs, et ça implique donc des parcours parfois difficiles, des formes de décrochage, des traumatismes éventuellement, ou même des handicaps. Est-ce que ça t'oblige à prendre des « pincettes » ?
- FLORIAN
On ne prend pas forcément de pincettes. Par contre, je dois essayer dans la relation éducative et dans les échanges, quand même, de surveiller un petit peu les mots que j'emploie et la posture que je dois avoir. Quand, par exemple, on a des jeunes qui ont été victimes de violences, par exemple, Il faut que notre accompagnement... et notre discours soit entaché quand même de bienveillance. Alors douceur, ce n'est pas le bon terme, mais voilà, un petit peu de bienveillance. Je vais rester sur le mot bienveillance.
- ARTHUR
Oui, je comprends. L'enjeu, en fait, c'est de créer vraiment un espace sécurisant pour chaque jeune en fonction de son histoire et de pourquoi il est là. Alors concrètement, maintenant, une journée type, ça ressemble à quoi pour toi ?
- FLORIAN
Donc par exemple, moi, avec une couverture éducative de 7h à 23h, donc par exemple, à notre prise de poste, à 7h du matin. On a l'accompagnement au lever, donc on a les jeunes qui doivent se lever, se préparer pour aller au lycée ou aller au boulot. On est auprès d'eux pour s'assurer qu'ils se lèvent bien, qu'ils puissent avoir un petit moment de déjeuner, qu'ils puissent partir vêtus de façon correcte. Et ensuite, on peut avoir, être amené dans la journée à avoir plusieurs rendez-vous extérieurs, notamment avec nos partenaires sociaux ou avec le lycée, avec les psychologues avec lesquels les jeunes travaillent. Et après, sur le repas de midi, on assure aussi un repas pour les jeunes en déscolarisation, donc du coup qui sont présents au foyer, où on les accompagne sur les temps un peu informels, sur des recherches de boulot, des CV, des lettres de motivation, ce genre de choses comme ça. Et ensuite, les jeunes reviennent aux alentours de 16h. Et pareil, là, on fait un travail d'accompagnement éducatif au quotidien, donc avec de l'aide aux devoirs, la préparation des repas. On passe le repas tous ensemble en collectif. Et voilà, et puis après, c'est une soirée de veillée, donc autour soit de... Ils vaquent un peu à leurs occupations, soit on peut faire un peu des jeux de société ou regarder un peu la télé ensemble. Voilà, on est plutôt sur de la vie collective. Et dans mon deuxième lieu, parce que du coup, je travaille en parallèle sur un deuxième lieu, où du coup, là, on a des jeunes qui sont en studio, donc en appartement semi-autonome, où là, les jeunes sont un peu plus âgés, voire presque majeurs. Et là, on est sur un travail d'autonomisation, donc avec la gestion d'un studio, donc avec la gestion de leurs courses alimentaires, de la fabrication de leurs repas, de l'entretien de leur studio. Donc, on les accompagne plutôt sur ces points-là de travail.
- ARTHUR
D'accord. Merci pour ce storytelling très complet, très concret. Et juste avant de se quitter, Florian, est-ce que tu aurais un mot à dire à ceux qui nous écoutent et qui voudraient se lancer dans ce métier ?
- FLORIAN
Moi, je ne me voyais pas faire autre chose. Et je trouve que cette richesse qu'on découvre dans l'accompagnement, c'est quelque chose qui est aussi enrichissant personnellement. Et moi, je trouve que c'est quand même la chose la plus importante de pouvoir se révéler personnellement à travers le métier qu'on exerce. Et je trouve qu'il y a aussi une part d'utilité dans mon travail où du coup, j'aide avec tout le côté humble qu'il peut y avoir, mais que du coup, on puisse aussi avoir été un support à ces jeunes sur une partie de leur vie.
- ARTHUR
Super, et bien merci Florian pour ton témoignage plein d'humilité et d'humanité à propos de ce métier de moniteur éducateur et en espérant qu'il donne envie à certaines personnes qui nous écoutent. de se lancer dans ce dernier. Et quant à nous, chers auditeurs, chères auditrices, vous le savez, on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de votre podcast et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voix.