- Arthur
Un métier, une passion. Des réussites, des échecs, et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Léopold, qui va nous parler de son métier de marbrier. Alors Léopold, bien le bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, peux-tu te présenter et nous parler un petit peu de toi et de ton quotidien ?
- Léopold
Bonjour, moi c'est Léopold, j'ai 23 ans, je suis marbrier design et funéraire.
- Arthur
Et entre design et funéraire, c'est quoi la différence juste ?
- Léopold
Alors le funéraire, c'est tout ce qui est attrait dans le nom funéraire, donc les décès, les tombes à fabriquer et à poser. Et le design, c'est tout ce qui touche le mobilier, entre grands guillemets. Donc c'est tout ce qui est cuisine, salle de bain, les sols aussi.
- Arthur
D'accord, puisque quand on parle de marbre, on parle de quoi finalement ?
- Léopold
Le marbre, c'est un type de pierre. On en utilise plusieurs dans le métier. Il y a le marbre, le granit et le calcaire. Dans le métier actuel, on utilise beaucoup plus le marbre et le granit pour différentes choses.
- Arthur
D'accord. Et alors, pour arriver à ce travail de la pierre, par quel parcours es-tu passé ?
- Léopold
Alors, j'ai fait quatre années chez les Compagnons. Et à la suite de ça, j'ai fait trois ans au CFA de Montalieu-Versieux, en marbrerie et en taille de pierre.
- Arthur
Et quel diplôme as-tu validé alors ?
- Léopold
J'ai validé un CAP chez les Compagnons, CAP tailleur de pierre, que j'ai fait en deux ans. J'ai fait deux ans de Tour de France. Un autre CAP au CFA, CAP marbrier en un an parce que j'avais déjà deux ans de CAP derrière moi. Et le BP en deux ans, donc BP métier de la pierre qui touche la taille de pierre et la marbrerie.
- Arthur
Ok, et pendant ce passage chez les Compagnons alors, tu es amené à te déplacer dans ce système ?
- Léopold
Alors oui, j'ai fait deux ans dans une première ville où du coup j'ai passé mon CAP. Et après je suis parti sur le Tour de France. Un voyage pour apprendre les différentes méthodes de travail des différentes régions et aussi découvrir de nouvelles pierres. Parfois, on a des pierres qui sont plus lourdes et du coup plus compliquées à poser. Des fois, elles sont plus tendres et pour moi, pour ma part, plus compliquées à travailler. Il y en a qui sont homogènes, d'autres pas homogènes. C'est tout... Enfin, c'est la nature, quoi.
- Arthur
Et cette mobilité, alors, est-ce que ça a été source de difficultés pour toi ?
- Léopold
Relativement compliquées. parce que je sortais de collège. Les autres, ça déroulait plus, parce que les compagnons, c'est très exigeant. Et j'avais acquis un bagage, c'est plus facile pour moi, pour la suite.
- Arthur
Oui, parce que cette mobilité, en fait, c'est vraiment une intégration dans une communauté. C'est pas comme une alternance où tu as des périodes en cours et des périodes sur le terrain.
- Léopold
Non, je vivais avec eux, même au début, même si j'étais à une trentaine de kilomètres de chez mes parents. J'ai fait le choix de vivre directement au sein des compagnons. C'est très dur mentalement parce que j'étais encore jeune et physiquement aussi parce qu'on travaille tout le temps.
- Arthur
C'est très intensif mais très formateur donc ?
- Léopold
Oui, c'est sûr que ça m'endurcit et c'est sûr que ça a été formateur. C'est une très bonne école mais pas tout le monde peut commencer à partir du collège.
- Arthur
Oui, parce que c'est une immersion qui arrive très tôt dans le milieu artisanal que tu as choisi. En l'occurrence, la marbrerie, ce métier de marbrier, en quoi ça consiste ?
- Léopold
Mon travail consiste à récupérer les tranches et faire devenir les futurs projets pour les clients. Ça passe par le débit, la fabrication en général, la finition et ensuite la pose.
- Arthur
Qu'est-ce que tu appelles les tranches ? C'est les morceaux de pierre brutes ?
- Léopold
Une tranche, chez nous, ça fait entre 2 et 3 centimètres d'épaisseur. En longueur, ça fait environ 3,40 mètres. Et en hauteur, ça fait environ 2 mètres. Selon la pierre, ça peut faire entre 1 tonne et 3 tonnes à peu près.
- Arthur
D'accord, donc une fois ces tranches, ces blocs de pierre reçus, il faut ensuite les débiter, ce que tu nous disais. En quoi consiste cette étape maintenant ?
- Léopold
C'est de la découpe, c'est de transformer les tranches qu'on reçoit, qui sont soit brutes, soit déjà polies avec une finition dessus. Et après, on les découpe avec une machine. que je programme à l'avance. Et ensuite, ça nous sort directement les pièces qu'on veut. Et après, on a la finition à faire dessus.
- Arthur
D'accord, donc ton travail manuel à la main, c'est davantage le travail de précision et il y a la machine qui te fait le plus gros de la découpe juste avant ?
- Léopold
Oui, c'est une machine qui sert à découper du coup. Je la paramètre et après elle fait toutes les découpes à l'aide d'un disque. Et je peux faire les percements aussi, donc pour tous les éviers, pour passer les mitigeurs aussi, donc les robinets, etc. Et aussi on peut faire des détourages, donc des fraisages, etc. C'est très complet comme machine.
- Arthur
D'accord. Et pour terminer le travail avec précision, je prends l'exemple d'un évier, par exemple, où là, on va avoir des arrêtes et il faut arrondir les angles. C'est toi qui interviens pour cette dernière étape, avant la pose chez le client ?
- Léopold
Après, les chanfreins, je le fais manuellement avec une ponceuse à air comprimé qui tourne avec l'air et qui asperge de l'eau pour évacuer les bouts.
- Arthur
D'accord, et de là, on arrive à un produit fini, prêt à être installé chez les différents clients. Léopold, juste avant de se quitter, est-ce que tu aurais un mot à dire à ceux qui nous écoutent et qui voudraient se lancer dans le métier de marbrier ?
- Léopold
Si c'est vraiment ce qu'ils aiment, vas-y, fonce. Des entreprises t'en trouveras, il y en a à la pelle dans toute la France. Et sois curieux, n'hésite pas à demander des conseils et prends ton pied.
- Arthur
Super, bah écoute je n'ai rien à ajouter, merci encore Léopold pour ton témoignage et bien sûr si ce métier ou n'importe quel autre touchant de près ou de loin à l'artisanat vous intéresse, partez à la rencontre des professionnels qui exercent, ils seront ravis de vous partager leurs savoirs, leurs expériences et leurs passions. Chers auditeurs, chères auditrices, merci de nous avoir écouté jusque là et on se donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de votre podcast et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voix.