- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Flore qui va nous parler de son métier de nutritionniste zoologique ! Bonjour Flore, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, est-ce que tu pourrais nous parler de toi et de ton quotidien ?
- Flore
Bonjour, je m'appelle Flore et mon métier c'est de travailler avec la faune à enjeu de conservation. Je suis ingénieure agronome et nutritionniste pour toutes les espèces animales qu'on cherche à protéger et plus tard à réintroduire.
- Arthur
Donc un métier très atypique pour aujourd'hui, est-ce que tu pourrais te décrire en trois mots ?
- Flore
Je dirais curieuse, organisée et comment dire, ça va avec curieuse, toujours envie d'apprendre et apprendre dans les deux sens. En anglais, ils ont deux mots pour, to teach and to learn et c'est vraiment ces deux sens-là que je veux mettre dans le mot apprendre. Donc voilà, toujours en quête d'apprentissage.
- Arthur
D'accord, donc en plus de ce point d'honneur qu'il faut mettre sur l'apprentissage, est-ce que selon toi, il y a d'autres qualités essentielles pour exercer ton métier ?
- Flore
Ce n'est pas facile comme question sur les deux qualités. Ça demande d'être très rigoureux pour justement appliquer les différentes recommandations d'avoir lu sa bibliographie. Et puis en parallèle, ça demande aussi un peu de sortir du cadre parfois, puisqu'il arrive qu'on ait des cas où on n'a pas de jurisprudence à ce sujet-là, pas de retour d'expérience. Et justement, à ce moment-là, il faut savoir sortir du cadre, être un peu créatif et se dire qu'est-ce que je peux proposer.
- Arthur
Effectivement, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, puisque je suppose que tu as la vie des êtres vivants entre tes mains. En revanche, avant de sortir du cadre, je suppose que tu as besoin d'avoir une expertise dans ce domaine. Par quel cursus es-tu passée ?
- Flore
Alors, moi, j'ai fait un bac S, j'ai envie de dire à l'époque, puisqu'ils ont déjà changé. Donc, un bac S et je suis partie en prépa BCPC, pour son cours agro-véto. J'ai su tout de suite que la formation de véto me plairait beaucoup, mais pas le métier. Donc, j'ai été raisonnable et je suis partie en école d'ingénieur agronome. J'ai choisi celle de Clermont-Ferrand pour me rapprocher de ma famille, etc. Et lors de l'école d'ingé, on avait plusieurs stages à faire, certains obligatoires, d'autres optionnels. Et donc, j'ai pu creuser un peu ce milieu de la conservation, des parcs zoologiques et qu'est-ce que je pouvais leur apporter avec mon profil agronomique. Tout de suite, on m'a proposé des stages en nutrition, notamment des ruminants exotiques. Et du coup de pouvoir faire le comparatif avec ce qu'on savait en élevage. Et au fur et à mesure de ces stages, l'idée est venue de me lancer en tant que nutritionniste zoologique pour les parcs unitaniers et les aquariums. On les nourrit généralement, mais on nourrit aussi les poissons.
- Arthur
Alors si je résume, tu es passée par un baccalauréat scientifique, tu t'es ensuite lancée dans une prépa pour le concours agro-véto et finalement tu es partie en école d'ingénieur agronomie. C'est un parcours qui est très dense et quand on est plus jeune, certains professeurs nous demandent qu'est-ce que nous aimerions faire plus tard. Alors j'ai envie de te poser la question, est-ce que la nutrition zoologique t'a toujours intéressé ou au contraire ça s'est construit au fur et à mesure ?
- Flore
Je ne dirais pas que j'ai toujours voulu faire ce métier. Moi ça m'est venu petit à petit au travers des stages et puis il y a eu mon petit côté confort et je savais ce que j'aimais et ce que je n'aimais pas. J'adore le terrain, j'ai pu partir sur le terrain en Afrique du Sud d'après ma prépa, j'adore ça, mais j'adore avoir le choix de pouvoir y aller. Et en fait, d'avoir un metier qui m'aurait obligée d'être tout le temps sur le terrain, ça ne m'aurait pas plu. Que là, nutritionniste, il y a des visites. Et puis après, c'est beaucoup d'ordinateurs, de travail, de lecture, d'articles, de propositions. Et du coup, je me suis dit, c'est cool, ça mélange le bureau et le terrain.
- Arthur
Donc d'un côté, on va avoir le théorique, où effectivement, tu as le nez dans les bouquins. Et de l'autre, tu as la partie terrain, où tu vas aller à la rencontre des animaux et des personnes qui s'en occupent. Concrètement, en quoi ça consiste, ce travail sur le terrain ?
- Flore
Concrètement, je vais être en discussion avec les vétérinaires et les responsables des structures. On va travailler sur l'exemple des girafes et on va regarder ce qu'elles mangent actuellement, ce qu'elles devraient manger en milieu naturel, quels sont les bons apports de protéines, lipides, glucides et proposer des changements de ration. Je ne cuisine pas, ce n'est pas moi qui prépare la ration, c'est vraiment de l'analyse des nutriments, compris dans le bol alimentaire, qui doit convenir le plus possible à l'essai. Et après, il y a tout un suivi aussi sur le comportement.
- Arthur
Alors, quand tu nous parles d'une espèce au sens large, je suppose que tu travailles avec des professionnels, mais est-ce que ça signifie que tu travailles aussi avec des particuliers ?
- Flore
Non, pas du tout de particuliers. Je travaille que avec les structures animalières, ça peut être des éleveurs, ça peut être justement les zoos, les aquariums, les fermes pédagogiques, les centres équestres, mais pas directement avec le particulier.
- Arthur
Eh bien écoute, Flore, juste avant de se quitter, est-ce que tu aurais un petit mot à passer à ceux qui nous écoutent et qui hésiteraient à se lancer dans ce domaine scientifique ?
- Flore
Dans le domaine scientifique, c'est un domaine si large qu'on trouve toujours de quoi se ravir. Il ne faut pas hésiter à creuser on peut être ingénieur et faire de la nutrition pour les girafes ou être ingénieur et construire des ponts ou des avions, donc vraiment c'est tellement large et après pour notre métier s'il y a des gènes qui ont de l'appétence pour venir, on a besoin de nutritionnis et c'est bien plus chouette que vétérinaire parce que nous les animaux nous aiment, donc on les nourrit, on en rigole parfois avec des collègues en disant "toi Flore c'est cool, tu viens toujours avec avec quelque chose à donner à manger, alors que nous, on arrive avec la piqûre. Et j'avoue qu'on a quand même le bon rôle en tant que nutritionniste.
- Arthur
Donc un métier au plus proche des animaux et qui nous le rende bien. En tout cas, merci Flore pour ce partage à propos de ton métier de nutritionniste zoologique, une profession très atypique, mais néanmoins nécessaire au bien-être animal. En espérant que parmi nos auditeurs, évidemment, certains soient piqués de curiosité par ton activité. Merci également à vous, chers auditeurs, de nous suivre dans cette série. Et on se donne rendez-vous très prochainement. Pour un nouvel épisode de votre podcast, et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voix.