- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs et pourtant elles ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » Dans cet épisode, on part à la rencontre de Tara qui va nous parler de son métier de maroquinière. Alors bonjour Tara, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de toi, de ton travail et te décrir en quelques mots ?
- Tara
Bonjour, moi c'est Tara, je suis maroquinière depuis maintenant 3 ans. Je dirais que je suis passionnée, je suis patiente, c'est un métier qui requiert beaucoup de patience et je suis minutieuse.
- Arthur
Et maintenant, est-ce que tu peux nous raconter ton parcours ? Comment es-tu arrivée au métier de maroquinière ?
- Tara
Oui, j'ai décidé de partir étudier la maroquinerie juste après un bac général. J'ai commencé par deux ans en alternance chez les Compagnons du Devoir à Lyon et en entreprise. Et ensuite, j'ai décidé de continuer mes études chez les Compagnons, toujours en alternance, travailler chez Louis Vuitton en production. Et cette année, je suis toujours en alternance, mais dans une autre entreprise, je suis chez Dior à Blois en réparation.
- Arthur
Alors, c'est effectivement ce système chez les Compagnons du Devoir. Donc, chaque année, tu vas faire une alternance dans une nouvelle ville. Et ça a double avantage parce que ça permet d'un côté de voyager et de deux de découvrir une nouvelle facette du secteur. Maintenant, est-ce que tu peux juste nous préciser les diplômes que tu as obtenus jusque-là ?
- Tara
J'ai un bac général spécialité physique-chimie, maths et histoire géopolitique. Et après, pour mes deux premières années d'apprentissage, j'ai passé un bac professionnel métier du cuir, option maroquinerie. Et l'année dernière, j'ai passé un titre pro piloteur-préparateur en maroquinerie. Et cette année, je passe prototypiste.
- Arthur
Donc c'est après le bac général que tu t'es lancée dans le bac, le titre et le certificat de qualification qui sont trois diplômes professionnels où la présence en atelier est majoritaire, que finalement tu arrives à cette spécialisation. Est-ce que les métiers du cuir en général, c'est un secteur qui t'a toujours intéressée ?
- Tara
Ça m'a presque toujours intéressée puisque je sais exactement ce que je veux faire depuis la quatrième environ. Déjà, j'avais visité l'atelier d'une artisane. J'ai adoré ce qu'elle faisait, je ne me suis pas tout de suite renseignée, mais j'ai quand même décidé de faire des études générales avant de partir sur un parcours professionnel.
- Arthur
Donc tu as de la chance d'avoir eu ce déclic assez tôt. Maintenant, dans l'histoire de la conception d'un sac, toi tu interviendrais à quelle étape ?
- Tara
Pour l'instant, j'aimerais sûrement soit être prototypiste, donc concevoir le premier sac d'un modèle, Ou alors... peut-être continuer en réparation, parce que c'est quelque chose qui me plaît vraiment beaucoup et qui a du sens pour moi.
- Arthur
Alors, si on reste sur ta première idée, du coup, de prototypiste, toi, tu jouerais quel rôle, en fait, dans la chaîne de création ?
- Tara
Mon rôle, ce serait à partir, voilà, d'un dessin, d'un designer. Donc, par exemple, un designer qui est une grande marque, par exemple, si je travaillais chez Louis Vuitton, qui me dirait, je voudrais un sac qui ait cette forme, cette couleur, à toi de... faire tout le patronage et de choisir les matières qui correspondent le mieux à l'image que je m'en fais. Donc créer les premiers gabarits qui serviront à couper les pièces du sac, couper ces pièces, les préparer et monter le prototype en choisissant des matières. Il faut que le sac ait, par exemple, ce qu'on veut en sac souple. On ne peut pas prendre n'importe quel cuir. Pareil, est-ce qu'on veut une doublure en tissu, en cuir, tout ça, et choisir des renforts pour qu'à la fin, notre sac ait vraiment l'aspect général qu'on veut.
- Arthur
Donc en somme, toi, tu vas partir du cahier des charges du designer et avec ton expertise, tu vas tout choisir pour lui sortir la meilleure pièce finale.
- Tara
Oui, c'est ça.
- Arthur
D'accord. Donc on continue. Maintenant, est-ce que tu penses qu'il y a des clichés sur la maroquinerie ?
- Tara
Comme cliché, c'est que ça a un métier exclusivement féminin. C'est un métier de couturière, on va dire. Et moi, je ne suis pas d'accord parce que je trouve qu'il y a de plus en plus d'hommes qui se lancent dans ce métier. Et en général, ils sont très bons, ils sont très minutieux. Je trouve que c'est un métier qui devient de plus en plus mixte, que c'est dur à voir.
- Arthur
Bien sûr, la distinction de genre n'a pas sa place ici, que ce soit du coup dans un sens ou dans l'autre, bien sûr. Maintenant, Tara, est-ce que tu aurais une anecdote insolite à nous raconter ?
- Tara
Pour un sujet de cours, nous avions comme thème l'opacité et la transparence. Et la couleur aussi, on avait plusieurs thèmes. Il fallait amener la couleur, par exemple, avec la transparence. Et j'ai décidé de faire un sac en forme de méduse, chose qui, je pense, ne s'est pas vue beaucoup de fois dans l'histoire de la marquinerie. Avec des matières plastiques transparentes et beaucoup d'éléments pour essayer de recréer au mieux une méduse, mais que ce soit également un sac fonctionnel.
- Arthur
Ok, donc original et pratique. Et j'imagine que tes professeurs derrière ont été ravis de ce prototype.
- Tara
Ceux qui m'ont corrigé, je pense qu'on était un peu scotché. Parce qu'on la regarde un peu de loin, on dirait vraiment une méduse. C'est un sac fonctionnel, mais qui a ses particularités. C'est un vrai grand contenant, on peut le voir à l'intérieur. Et du coup, je pense que ça a un peu étonné tout le monde, le résultat que ça a donné. Mais ça leur a plu.
- Arthur
Eh bien écoute, si tu continues à produire des créations aussi avant-gardistes, peut-être qu'un jour nous pourrons les voir sur les grands défilés. C'est tout ce qu'on te souhaite. Et alors, juste avant de se quitter, Tara, est-ce que tu aurais un mot à dire aux jeunes qui nous écoutent et qui voudraient éventuellement se lancer dans la maroquinerie ?
- Tara
Moi, je dirais qu'il ne faut pas hésiter. Parce que ce n'est pas parce que c'est un métier manuel que c'est forcément réservé à certaines personnes. C'est un métier où, si on a envie de bien faire, on peut apprendre très vite les techniques et devenir bon assez rapidement et sortir des pièces bluffantes.
- Arthur
Et pour pouvoir concevoir des pièces bluffantes, il faut savoir aussi faire preuve de créativité et de minutie, comme tu nous l'as souligné plus tôt. Un grand merci, ta rapport, ton partage, à propos de ton métier de maroquinière qui s'inscrit dans le large domaine de l'habillement, de la mode et du textile. En espérant bien sûr que celui-ci ait pu aider ceux qui nous écoutent en ce moment à s'intéresser et peut-être même se lancer dans ce domaine. Et quant à nous, chers auditeurs et chères auditrices, merci de nous avoir écoutés jusque-là. Et on se donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de votre podcast. Et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voix.