Speaker #0Il y a ce moment où le traitement s'arrête, où le mot « rémission » arrive enfin, et pourtant, rien ne redevient comme avant, le corps garde des traces, visible ou non, l'esprit, lui, avance entre gratitude, peur et lente reconstruction. Kim raconte ce basculement, le silence après la tempête, le vide après la lutte. Ce corps qu'elle doit privoser, écouter autrement, aimer différemment. Le retour à la vie, mais une vie qui ne ressemble plus à l'ancienne. Parce qu'après un cancer, on ne reprend pas là où on s'était arrêté. On réapprend, on renégocie, on renaît par endroits. Et Kim nous emmène au cœur de cette reconstruction, tous. et exigeante. Vous êtes sur Etat d'âme, le podcast au cœur de votre santé. Excellente écoute. J'ai découvert mon cancer du sein au toucher. J'ai senti une masse à mon sein droit. J'ai trouvé ça suspect, donc je suis partie consulter Massage Femme parce qu'à l'époque, j'étais encore en train de faire mes séances de rééducation du périnée qui m'a prescrit une ordonnance pour aller faire une échographie. J'y suis allée et premier diagnostic en mai. 2024, 2023 même, on m'a dit entre autres que c'était rien, c'était une masque qui stick et qu'il fallait juste vivre avec, donc aucun examen supplémentaire parce que je n'avais aucun antécédent. Donc du coup, ma vie continue, la masque grossit sans le savoir. Au mois d'octobre, je vais chez le médecin parce que je suis malade de toute autre chose et je lui en reparle. Je lui dis que j'ai une masse qui continue de grossir, ça me fait mal de temps en temps. Et là, elle me dit d'aller à l'Institut du sein, ils sont très très bien, faites une échographie, ne tardez pas, etc. De là, je prends rendez-vous, je me rends à mon rendez-vous un vendredi, je m'en rappelle. Et le radiologue me dit qu'il n'est pas du tout d'accord avec le premier diagnostic, que je dois faire une biopsie. Qu'il ne peut pas me dire ce que j'ai, mais je dois faire une biopsie rapidement. Le lundi, il me donne rendez-vous, je fais ma biopsie. Il me dit, jeudi, vous aurez les résultats. Donc sous une semaine, j'ai eu tous des examens. Et de là, le jeudi arrive et on me dit... « Écoutez, vous avez un cancer du sein. » J'étais toute seule. Je prenais le bus. Ma fille et mon conjoint étaient à la maison. J'étais loin de m'imaginer ce diagnostic, donc vraiment un peu surpris. Mais je ne me rends pas vraiment bien compte parce qu'il m'explique tout le processus. J'essaye de rester concentrée pour répéter, expliquer ce qu'on me dit. à mes proches. Donc, c'était vraiment un sentiment différent et spécial. Donc, de là, j'appelle mes proches, je leur explique et eux comprennent totalement l'urgence et la gravité de ce cancer, que moi, non. Pas encore, parce que j'étais loin de m'imaginer ce qui allait se passer réellement. La période des traitements a été un peu compliquée pour ma part et longue. J'ai commencé avec la chimiothérapie, le taxol, l'immunothérapie, le C, l'immunothérapie, qui a très bien fonctionné, mais c'était vraiment pour moi... Le traitement le plus dur, de par les effets secondaires, mais également la perte de mes cheveux aussi, la perte de mes sourcils, de mes cils, la fatigue, les nausées. C'était très compliqué. J'ai mal vécu cette période où je n'étais plus maître de mon corps et je subissais un peu la situation. Je voyais vraiment la fin. Mais le traitement a très bien fonctionné puisque j'ai fait une réponse complète à la chimiothérapie, ce qui m'a permis d'enchaîner avec la chirurgie. Et pour la chirurgie, on m'a laissé le choix en faisant une mastectomie ou une tumorectomie. Dans mon cas, il était important pour moi de garder mon sein, donc j'ai choisi la tumorectomie et le retrait des ongles qui m'ont fait. J'ai ensuite enchaîné avec la radiothérapie et l'immunothérapie, qui étaient tous les jours, mais sans conséquences, sans douleurs. Ça ne m'a pas gênée plus que ça. Et puis, j'ai continué avec uniquement l'immunothérapie pendant encore quelques mois, qui, pareil, me faisaient de la fatigue. Mais un jour, et comparé à la chimio, j'arrivais à relativiser. tout le reste de mes traitements parce que c'était vraiment le plus dur. Émotionnellement et au quotidien, c'était compliqué pour moi de gérer parce que je suis une personne très organisée, qui fait pas mal de choses, très active. Et là, le fait de ne pas avoir été active m'a mis un petit coup au moral. De ne pas pouvoir m'occuper de ma fille au quotidien était très compliqué également parce que du coup, elle était petite, elle avait... Et que quand j'ai su que j'étais malade, elle avait 18 mois. Donc c'était encore un bébé en bas âge qui avait besoin de sa maman. Et je culpabilisais énormément de ne pas pouvoir m'en occuper. J'ai été super bien entourée par les professionnels de santé dans ma ville de Nice. Qui ont été géniaux du début à la fin. Mon radiologue à l'Institut du sein. Mon chirurgien, mon oncologue, mon radiothérapeute, vraiment, j'ai même des infirmières de chimiothérapie, plus les associations comme le Cancer du sein, l'Institut Mozart, le Généros vraiment qui m'ont accompagnée, qui ont permis de me faire me sentir moins seule, de me faire me sentir bien le temps d'un instant, comprise. C'est très, très important. Et sans oublier mon entourage, ma mère, ma sœur, mon conjoint, quelques amis, quelques familles qui ont été présents du début à la fin. Et vraiment, je leur remercie mille fois parce que vraiment, dans ces moments-là, on a besoin d'être soutenus, accompagnés. Et même si notre entourage ne comprenait pas forcément totalement ce qu'on pouvait vivre et ressentir avec les traitements. C'est quand même important de se sentir soutenu. Ma plus grande peur pendant cette période a été vraiment le fait de ne pas savoir où j'allais, de ne pas savoir si j'allais guérir, de ne pas savoir comment ça allait se passer, de ne pas savoir si ça n'allait pas faire de séquelles à ma fille qui était petite. Vraiment, c'est un peu l'inconnu. qui était ma plus grande peur, parce que je n'avais pas peur de mourir. Je savais que je n'allais pas mourir, mais je ne savais pas combien de temps ça allait prendre pour guérir, si j'allais y arriver ou pas. Je pense que je ressentais de la force, du courage et de l'espoir à chaque fin de traitement, dans le sens où j'ai terminé la chimiothérapie. J'étais tellement fière d'avoir passé cette étape. d'avoir vaincu entre guillemets ce cancer, puisque la chimiothérapie m'avait fait une réponse complète. Donc du coup, j'avais ressenti de la fierté le fait aussi que j'ai eu le choix de choisir mon opération parce qu'on avait réussi à traiter ce cancer avec la chimiothérapie en amont, identique pour la radiothérapie, où vraiment... Je n'ai pas forcément... eu de douleurs, de gênants. C'était plus handicapant parce que j'y allais tous les jours. Mais sinon, ça a été. Alors que je sais que pour d'autres personnes, c'est très compliqué. Et puis même pour mon opération, j'ai retrouvé très vite ma mobilité. Vraiment, j'étais tellement fière de moi d'avoir vaincu ce putain de cancer. Et puis on ne se rend pas compte, mais vraiment, on puise en nous et on... On ne sait pas qu'on va y arriver tant qu'on ne le vit pas. Et chaque personne est courageuse. Et moi, je me suis sentie tellement courageuse et tellement forte d'avoir vaincu ça. Et puis même dans les yeux des autres personnes qui étaient autour de nous, c'était incroyable. J'ai vécu la fin des traitements comme un soulagement parce que j'étais entrée en rémission, que je n'avais plus cette petite masse qui m'a fait tant de soucis. Mais j'étais loin de m'imaginer que la rémission allait être compliquée parce que j'avais toujours des effets secondaires dus au traitement que j'ai eu et également que j'allais me sentir seule, un peu abandonnée. C'était compliqué en tout cas d'entrer à la rémission. C'était mitigé dans le fait que je ne savais pas si c'était bien ou non parce qu'en fait, je devais être contente parce que j'étais en rémission, mais en même temps, On m'avait un peu abandonnée alors que j'étais accompagnée tout le long. Donc c'est vrai que c'était un sentiment un peu mitigé. Mais dans tout ça, j'ai trouvé une association, l'Institut Mozart à Nice, qui m'a accompagnée dans cette rémission, dans cet après-cancer justement, à me reconnecter à soi, à me reconnecter à mon nouveau moi et à reprendre des forces au niveau du renforcement musculaire. psychologique, bien-être, qui m'a appris justement à être moi à nouveau, à vraiment apprendre à vivre avec le corps un peu tiraillé, un peu abîmé avec les chirurgies, avec ce traitement, ces traitements et cette maladie que j'ai pu avoir. Donc vraiment, c'était une période compliquée qui vraiment, je dirais... Après à peu près plus d'un an, avant d'aller bien et de me sentir en confiance, en accord avec moi-même et à apprendre à vivre avec ce nouveau moi. Cette épreuve a changé ma manière de voir la vie, de profiter, de déléguer, de ne pas se tuer au travail, de prendre le temps pour sa famille, de prioriser certaines choses. qui sont importantes pour nous, de ne pas laisser de côté, enfin, de ne pas se dire « on a le temps, c'est bon, on le fera plus tard » , non, de le faire quand on y pense. Vraiment, c'est de croquer la vie à 1000%, puis surtout de relativiser, d'enlever des mauvaises énergies, de faire du « tri » entre guillemets, dans ce qui sont mauvais et bien, pour nous, de se prioriser, nous, prendre soin de nous, de nous écouter, d'écouter notre corps. Je sais que cette maladie m'a appris à écouter mon corps, à connaître mes limites. Ce qui me fait du bien parce que je sais que dès que je sens que la fatigue arrive trop, j'ai atteint ma limite, il faut que je me repose, je lève le pied. Je ne pense pas forcément au fait que ça faut le faire, quitte à se tuer à la tâche. Non, maintenant je me priorise. Je priorise ma famille, je priorise ceux qui ont été là pour moi pendant cette épreuve. Et surtout, j'enlève toutes ces mauvaises énergies, ces personnes négatives autour de moi qui disent « Mais pourquoi tu fais autant de choses alors que justement, tu étais malade, fais attention à toi, etc. » Oui, je fais attention à toi, mais tu connais tes limites, tu connais tes priorités et tu sais où est-ce que tu vas. Et franchement, cette épreuve m'a appris. de voir la vie de cette façon. Et le travail est encore long parce que du coup, des fois, on se remet en question, on doute et on se demande vraiment ce que ça va donner. Mais je suis devenue quelqu'un d'autre, tout en étant en accord avec moi-même. Et j'ai suivi pas mal de cours collectifs. de soins holistiques justement qui m'a permis de me reconnecter à moi et c'est très important. Je voudrais dire aux femmes qui viennent d'apprendre qu'elles ont un cancer du sein qu'elles ne sont pas seules. qu'on est là pour elle, toutes les soeurs de combat, les professionnels, l'entourage, ça ira. De prendre jour après jour, pas après pas, qu'elle va y arriver. De ne pas douter, de prendre confiance en elle, en sa force. Et surtout, d'en parler quand elle a besoin, qu'elle n'est pas seule et qu'on est là. pour échanger de nos expériences, pour l'accompagner au mieux qu'on peut avec les associations également.