Speaker #1Nous sommes le 18 avril 2022, je passais une matinée comme les autres, sans problème. Je suis allée manger chez ma grand-mère et en fait, après manger, je me suis allée manger dans le canapé en me relevant une douleur, mais juste atroce, comme un coup de poignard dans le dos, mais vraiment... insupportable. Des fourmillements sont apparus dans mes bras. Vraiment des... horribles. Avec des douleurs. J'ai eu les bras lourds. Vraiment très lourds. Et en allant dans la voiture pour rentrer chez moi, je ne pouvais plus porter mon téléphone avec ma main droite. Elle était comme paralysée. Mais je me suis pas inquiétée. Je me suis dit, c'est un air qui... qui est coincée, ça va se passer, je vais aller me coucher, ça va peut-être passer dans l'après-midi. Donc une fois rentrée, je monte dans ma chambre, je m'allonge, et là, impossible de respirer, la douleur s'est intensifiée, mais rapidement en fait. Donc je me relève, en pleurs, je dis mince, il se passe quelque chose. Donc, je vais voir ma mère. Je lui dis, est-ce que tu peux me masser pour décoincer le nerf ? Parce que là, ça devient horrible. Donc, elle me dit, je vais te masser. Allonge-toi sur mon lit. Déshabille-toi. Et là, je me rends compte que je ne peux plus du tout bouger mon bras gauche. Lui aussi était paralysé. Donc, je lui dis, maman, je ne peux pas. Il faut que tu m'aides parce que là... C'est pas possible. Je me suis mise à pleurer, littéralement. Une fois finie de me masser, elle me dit ça va mieux. Je lui dis non, c'est pire qu'avant. Donc elle appelle ma voisine qui fait des séances de Reiki et tout ça. Elle me dit bah écoute, qu'elle vienne à la maison. À ce moment-là, j'avais une attelle qui prenait toute ma jambe parce que j'étais tombée dans les escaliers. J'avais le nœud. le genou en vrac. Et voilà. Donc, elle m'aide à aller chez les voisins. Elle m'aide à m'installer sur la table de massage. Donc, la voisine me manipule. Mon corps se met à trembler dans tous les sens. Je n'avais jamais tremblé comme ça. Je me demandais vraiment ce qui se passait. Et après la séance, elle me dit, c'est bon, tu peux t'asseoir. Et là... J'ai vraiment eu du mal à m'asseoir. Elle m'a dit, écoute, viens dans la salle à manger. Je rappelle ta mère pour qu'elle arrive. Et là, je commence à... Je ne sais pas, je ne marche pas droit. Mais je ne réalise pas encore réellement qu'il y avait un problème. Donc, je m'assois dans le canapé en attendant ma mère. Elle arrive, elle me dit, écoute, on va y aller, on va rentrer, pas de souci. Impossible de me lever du canapé, impossible. Et là, le voisin, il disait à ma mère, on va aller à l'hôpital. Je dis, non, non, j'ai pas envie, ça va passer. Sauf que mon état s'empirait, ça n'allait pas du tout passer. Je ne comprenais pas ce qui se passait, donc du coup, je les ai écoutés. Donc, nous voilà partis à l'hôpital, tout de suite pris en charge. L'infirmière me dit, ben, asseyez-vous là, on va prendre les constantes. Elle me dit, mais d'abord, déshabillez-vous. Impossible de me lever, vraiment, impossible de me lever. Tenir en équilibre debout, c'était juste horrible. Je n'y arrivais pas, elle a dû me déshabiller tout en me tenant. Elle a dit, ben, attendez, je vais appeler une collègue. qui va nous aider parce que là, je n'y arrive pas toute seule. Donc la collègue arrive, il me met sur le brancard, le médecin vient me voir pour m'ausculter, il me fait des tests, il me lève la jambe, il me dit « Essayez de retenir votre jambe pour éviter qu'elle tombe d'un coup sec sur le brancard. » Impossible, impossible. Donc du coup, il me met dans un box pour attendre. Plus d'examens, tout ça. Une fois dans le box, j'essaye d'appeler l'infirmière. Je dis, j'ai envie d'uriner, tout ça. Est-ce que vous pouvez m'emmener aux toilettes ? Elle me dit, pas de souci. Sauf que je n'arrivais pas à tenir debout. Donc les infirmières ont dû se mettre à deux. Mais même à deux. Impossible de tenir sur mes jambes. Impossible. Et je leur dis... J'ai sacrément envie d'aller aux toilettes. Elles me disent, on va mettre le bassin. Pas de souci. C'est clairement pas confortable du tout. Sauf que je n'arrive pas à uriner. Je préviens l'infirmière et l'aide-soignante. Elles me passent un bladder, c'est un examen pour voir la quantité d'urine qu'il y a à l'intérieur de la vessie. Elles me disent, madame, vous avez un litre d'urine. Elle me dit, là, il faut sonder. Bon, je me dis, super. Étant étudiante infirmière, je me dis, super. Il faut me sonder. Normalement, je ne suis pas censée avoir ça. Elle me sonde et là, soulagement. Je dis, ah, enfin. Donc, je reste dans le box où j'étais pour être tranquille, tout ça. Le médecin revient me voir. D'un coup sec, il me dit, vous avez la sclérose en plaques. Et là, je me mets à paniquer et à pleurer. Je venais de l'étudier en cours. Puis on a étudié le stade le plus grave. Donc c'est la mort, quoi. La mort qui m'attendait. Je me dis, mais non, c'est pas possible. J'ai que 21 ans. Je peux pas mourir comme ça. Et il repart. Je dis, c'est vraiment pas possible. J'ai des toux. toute seule, pas moi, toute seule. Le médecin revient, quoi, 10-15 minutes plus tard. Il me dit, non, c'est pas ça.
Speaker #1Je dis, mais c'est pas possible, il se moque de moi. On peut pas annoncer quelque chose d'aussi grave comme ça. J'étais vraiment pas bien du tout. Et en fait, plus tard, ma mère revient me voir. Elle me dit, bah, je dois rentrer. Je dis, bah, il est quelle heure ? Elle me dit, 23h, sachant qu'on était arrivés. Aux urgences à 17h. Je dis, oh mon Dieu. Je dis, mais je rentrerai, t'inquiète pas. Et en fait, dans la soirée, je ne sais pas du tout ce qui s'est passé. Mon cerveau s'est mis en off. En faisant une crise de panique ou je sais pas trop quoi. Mon cerveau s'est mis en off. Et plus de souvenirs du tout. D'après ce que j'ai... compris. Ma mère m'a dit que j'étais amnésique, donc plus que parole. Je... Je ne savais plus parler. Et en fait, quand mes souvenirs sont revenus, nous étions le vendredi, sachant que tout ce qui s'est passé, c'était le lundi. J'ai eu des souvenirs qu'à partir du vendredi après-midi. Donc j'ai été héliportée à Dijon, venant d'Auxerre, parce que mon état s'était drôlement dégradé, je devais aller en ambulance, mais en l'espace de quelques heures, mon état s'est vraiment dégradé. Donc, ils ont dit, en héliporte, là, il n'y a plus de choix. Et en fait, ce que j'ai eu, c'est une ischémie médulaire. Donc, comme un asarctus, mais à la moelle épinière. Un caillot de sang s'est formé et n'a plus irrigué les vaisseaux qui commandent la moelle épinière. Donc, ce que j'ai eu, c'est très, très rare. Il n'y a pas beaucoup de recul dessus. Donc, on ne sait pas si je vais remarcher, si je resterai en fauteuil toute ma vie. Je ne sais pas du tout. C'est la surprise. Mais à l'heure actuelle, je suis en couple depuis bientôt trois ans. Je revis autrement. Je suis toujours positive. « Malgré tout, j'ai une belle vie, même si de temps en temps c'est dur, voilà. »