Speaker #2Bonjour à toutes, bonjour Stéphanie. Merci de me recevoir sur ton podcast et d'écouter et de partager mon récit. Je m'appelle Amandine, j'ai bientôt à avoir 33 ans et je suis atteinte du syndrome des ovaires polycystiques depuis 2017. J'en ai fait mon métier. Pour vous partager un peu mon histoire, j'ai eu mes premières règles, j'avais 12 ans. Rien de particulier, j'avais des cycles assez réguliers dans mes souvenirs, un peu de douleur et parfois de flux abondant, mais rien de spécial. J'avais même très peu d'acné adolescente. Après, j'ai eu que trois années de cycle naturel parce que rapidement, dès l'âge de 15 ans, j'ai pris la pilule contraceptive. plusieurs pilules contraceptives parce que je tolérais très mal les effets indésirables. J'avais des moutettes, j'ai pris du poids, d'autres j'avais plus du tout libido, d'autres augmentaient mon acné. Des sauts d'humeur, voilà. Du côté d'ailleurs de mon acné, j'ai toujours eu un peu de boutons sur le menton, juste avant la période où on arrête la plaquette de la pilule, où on est censé avoir des saignements. Mais sinon, rien de particulier. Après, en 2013, j'ai fait une dépression. Et là, à ce moment-là, j'ai commencé à avoir vraiment pas mal d'acné. Enfin, en tout cas, beaucoup plus prononcé qu'avant. J'ai essayé plein de choses, des crèmes pharmaceutiques. J'ai été suivie par une dermatologue. J'ai pris des antibios en local sur les boutons, en interne, plusieurs souches qui n'ont rien fait. Et puis, finalement, ma peau était vraiment très grasse. J'étais très, très complexée et je ne comprenais pas pourquoi. et donc j'ai fini par céder et j'ai demandé à avoir la pilule Dianne 35, qui n'est pas une vraie pilule qui est un traitement anti-acné qui a les mêmes effets que la pilule contraceptive et je l'ai pris pendant environ deux ans en parallèle de ça, il y a beaucoup de choses qui ont changé pour moi dans ma vie et dans mes habitudes de vie parce que en voulant à tout prix réduire cette acné, je me suis penchée sur comment je m'alimentais sur les produits que j'utilisais sur ma peau pour aller vers toujours plus de naturel. Et en 2016, j'ai pris la décision d'arrêter la pilule contraceptive et de me faire poser un stérilet au cuivre. La pause ne s'est pas forcément super bien passée. J'avais des douleurs qui ont persisté très longtemps, mais j'avais très peur de ne pas avoir de contraceptif hormonal ou physique. Et donc, je ne voulais surtout pas le faire retirer. Mais alors, après la pause, mon acné... à flamber, j'avais vraiment beaucoup de kystes très douloureux, la peau qui régressait super vite. Vraiment, j'avais jamais eu autant d'acné qu'à ce moment-là, je ne comprenais pas du tout. J'étais vraiment très mal dans ma peau. Et trois mois après la pose du cérélaï, mes cycles n'étaient toujours pas revenus. J'ai donc vu un gynécologue qui m'a fait passer une échographie pelvienne à son cabinet. et qui m'a fait faire une prise de sang pour faire un bilan hormonal complet. Trop rien dit le jour même de la consultation, mais après j'ai reçu un courrier qui me disait que j'étais atteinte du syndrome des ovaires polycystiques et que si je voulais récupérer des cycles naturels, il fallait revenir. Au cabinet pour faire une ordonnance, j'ai revu ce médecin-là qui m'a mise sous du faston durant trois mois, qui m'a très peu expliqué ou tout du moins assez mal parce que j'ai un souvenir très flou des explications sur ce que c'était que le SOPK. Je vous ai expliqué que c'était en lien avec mon acné, qu'à l'échographie, effectivement, j'avais beaucoup de follicules immatures sur les deux ovaires, et que si je voulais récupérer un cycle régulier, ils pouvaient me redonner la pilule, et que sinon, ce n'était pas grave, c'était assez pratique de ne pas avoir ces règles, et qu'il faudrait revenir le voir si un jour je voulais avoir des enfants, que je pourrais avoir naturellement ou non, mais voilà, sans plus. J'ai pris le dufaston pendant trois mois. Ça ne m'a pas fait grand-chose à part à la fin du traitement où j'ai saigné pendant trois semaines non-stop. Mais mon cycle n'est toujours pas revenu, donc j'ai arrêté. Je ne souhaitais pas reprendre la pilule contraceptive et donc j'ai essayé de me renseigner autrement que par le biais de ce gynéco. Au quotidien, j'ai commencé à développer de nombreux symptômes. dont la fatigue chronique, des sauts d'humeur en lien avec mon déséquilibre hormonal, mais aussi avec mon apparence, avec le fait que je n'ai pas de cycle, que je ne comprenais pas ce qui se passait tout d'un coup dans mon corps. Au début, j'ai eu vraiment un rejet total du syndrome, parce que pour moi, avant de prendre la pilule, il n'y avait rien. Donc, je ne voyais pas pourquoi tout d'un coup... Tout s'effondrait autour de moi comme ça et que je n'arrivais pas à retrouver ce que la nature devait m'apporter normalement tous les mois. J'avais aussi des douleurs dans le bavard, dans le dos. L'acné qui était très inflammatoire. J'ai aussi développé un syndrome de l'intestin irritable, c'est-à-dire que j'avais vraiment beaucoup de douleurs à la digestion, des ballonnements, des alternances diarrhées, constipations. J'ai commencé aussi à perdre du poids. C'était un peu compliqué. Et puis à ce moment-là, je ne savais pas que le stélérilet au cuivre aggravait beaucoup mes symptômes, même si le gynéco m'avait dit que ça peut aggraver. J'ai aussi recherché un autre professionnel de santé qui pourrait m'accompagner. J'ai fait le choix d'aller chez une sage-femme qui n'était pas forcément formée sur le sujet du SOPK, mais qui était beaucoup plus douce, beaucoup plus bienveillante, dont les pratiques d'examen étaient vraiment dans le consentement, dans l'explication. Donc ça, ça m'a fait déjà beaucoup de bien, déjà, sur ce plan-là. Je crois que dans l'année qui a suivi, après, j'ai consulté une endocrinologue qui n'était pas forcément spécialisée dans le SOPK, mais qui était un peu orientée diabète, etc. qui ne m'a pas vraiment prise au sérieux parce que je n'étais pas en surpoids. Elle m'a juste dit de maintenir une bonne hygiène de vie, donc bien manger et bien faire du sport. Que si je voulais un cycle régulier, à nouveau, il fallait prendre la pilule. Et que si mon acné me dérangeait beaucoup, elle me mettrait... sous un anti-androgène par voie orale, donc le Roaccutane, ce que je ne souhaitais pas. Donc voilà, j'ai été fortement déçue. Moi, j'ai continué à rechercher de mon côté, parce que j'étais très en colère, très frustrée de cette non prise en charge, de cette pathologie qui m'handicapait. Donc j'ai fait beaucoup de recherches, de lectures autour du SOPK. J'ai eu beaucoup de littérature anglo-saxonne sur le syndrome, dont des écrits de naturopathes étrangères qui m'ont beaucoup apporté, qui m'ont beaucoup aidé à ouvrir les yeux sur les causes de mon SOPK et sur comment je pourrais améliorer mon confort de vie grâce à mes habitudes. Donc j'ai arrêté de consommer des céréales à gluten et des produits laitiers. J'ai augmenté la part de légumes dans mon alimentation. Ce n'était pas forcément mon fort jusque-là. J'ai repris une activité en salle de manière régulière et j'ai continué à me faire accompagner d'un point de vue psychologique pour un petit peu calmer mes symptômes en lien avec mes angoisses. Et mes efforts ont payé parce qu'après, j'ai retrouvé des cycles tous les 32 jours environ. Mes saignements sont revenus. Pour l'acné, ça a diminué, mais pas autant que j'aurais aimé. J'ai fait plusieurs cures, parce qu'à un moment donné, j'étais allée voir dans une herboristerie, j'ai fait plusieurs cures de plantes qui ont quand même pas mal amélioré de choses, mais je sentais qu'il manquait un peu. Donc, je me suis tournée vers une première naturopathe qui m'a accompagnée plusieurs années. Et les améliorations de mon cycle se sont poursuivies et j'ai pu maintenir des cycles réguliers tous les 28 à 32 jours environ. En 2019, j'ai sauté le pas, je me suis fait retirer mon stérilet parce que vraiment, c'était devenu insupportable. J'avais des douleurs tellement invalidantes, ça m'empêchait de dormir la nuit, c'était vraiment l'horreur pour moi. et en parallèle j'ai commencé à me former à l'asymptothermie qui est une méthode de contraception ou conception selon le but de l'observation du cycle naturel qui m'a permis d'identifier le fait que j'avais des ovulations sans doute imparfaites mais j'avais des ovulations et donc que mes changements que j'avais mis au point dans ma vie tous les jours payaient, mes hormones commençaient à être équilibrées. Me soulager de manière naturelle et me renseigner sur tout ça, ça a fait que très rapidement, je me suis rendu compte que dans mon parcours pro, j'étais vraiment pas heureuse. Et comme j'étais déjà dans une réflexion de me lancer dans le micro-entreprenariat. Et en me faisant accompagner sur la reconversion, je me suis rendu compte que je voulais accompagner à mon tour des femmes pour les aider à les soulager, pour leur redonner les clés de leur santé, pour mettre du sens sur leurs maux et mettre surtout du sens sur mon parcours et sur la souffrance que j'avais expérimentée. Donc j'ai entamé une formation en naturopathie à une école qui s'appelle Esculap. qui a une antenne à Lyon notamment, sur trois années en temps partiel. Et j'ai terminé donc mon cursus en juin 2022. Et ensuite, je me suis lancée en tant que naturopathe en août 2022. Donc là, ça va faire un peu moins d'un an que je suis à mon compte en tant que naturopathe et éducatrice de santé à destination des femmes et des femmes notamment qui expérimentent des troubles du cycle menstruel, dont le SOPK. Je sais que de nombreuses patientes SOPK sont dans ce projet de maternité et découvrent leurs symptômes, leurs pathologies, dans le cadre d'un parcours, par exemple, en procréation médicalement assistée, parce qu'elles sont infertiles. En tout cas, le couple est infertile. Concernant cette partie-là de mon parcours en tant que femme et en tant que patiente SOPK, c'est vrai que c'est un peu compliqué. Parce que ça fait des années que je m'interroge sur le fait d'avoir envie ou non de faire des enfants. Pourquoi j'aurais envie ? Pourquoi à un moment donné j'ai pu avoir envie ? Est-ce que c'est un truc de société parce que j'ai la trentaine et que je suis en couple hétéro et que c'est une étape à cocher ? Ou est-ce que j'ai réellement envie ? de donner l'avis. Pour l'instant, ces questions-là, je n'y ai pas encore trop répondu. J'ai aussi mes valeurs féministes et écologiques qui me poussent à m'interroger sur est-ce que c'est vraiment nécessaire d'apporter une nouvelle vie alors qu'on est aussi nombreux sur la planète et qu'on est clairement pas forcément tous heureux et qu'on pollue beaucoup et vraiment... Est-ce que la race humaine devrait continuer à se reproduire ? Ce sont des interrogations philosophiques auxquelles je n'ai pas forcément la réponse. J'ai aussi peur, honnêtement, d'avoir du mal à tomber enceinte, de devoir m'inscrire dans un parcours de souffrance physique et psychologique à cause de cette potentielle infertilité, de voir mon corps changer. de voir mon corps souffrir à nouveau. J'ai peur aussi d'avoir une fille, de lui transmettre mon SOPK, parce que le SOPK est en partie génétique, et de lui transmettre de nombreuses casseroles et traumas en lien avec le fait que je sois une femme, que je me sens genre une femme, et que j'ai vécu des choses qui concernent très bien souvent les femmes. J'ai aussi peur. de sacrifier mon temps et mon argent à un être qui dépendra de moi, la responsabilité que ça représente. Honnêtement, à l'heure actuelle, ça ne fait pas partie de mes projets immédiats. Pour l'instant, je veux développer mon entreprise. Je veux déjà m'occuper de moi, de mon couple avec mon compagnon, de voyager, de faire des choses à deux. Et aussi de nous occuper déjà de sa fille qu'on a une semaine sur deux. C'est déjà beaucoup. et pour l'instant ça me convient comme ça. Peut-être qu'avec le temps, ce désir de maternité viendra ou peut-être pas. En tout cas, je donne naissance, je donne vie à ce projet professionnel et j'espère pouvoir accompagner d'autres femmes qui, elles, veulent concevoir, concevoir de manière naturelle grâce à mes conseils, grâce à ma formation. S'il concerne la partie alimentation et COPK, c'est vrai que en faisant un... Des changements dans mon alimentation, j'ai vu une grosse amélioration notamment de mes symptômes digestifs, les douleurs, les troubles du transit. J'ai aussi réussi à calmer beaucoup d'inflammations de mes boutons. Alors il y a toujours des boutons, mais en tout cas les inflammations sont moins fortes, ce qui me permet quand même de me sentir mieux dans ma peau. Ça m'a permis aussi de ressentir moins de fatigue. De récupérer du poids, de reprendre du poids parce que j'avais vraiment beaucoup perdu à une période et de le maintenir à un poids où je me sens bien dans ma peau. C'est vrai que contrairement à une majorité de patientes SOPK, moi je perds du poids plutôt qu'en prendre. Ce qui a pu me complexer aussi parce que du coup on ne prenait pas forcément mon SOPK au sérieux parce que j'étais maigre plutôt que grosse. Si j'avais quelque chose à conseiller ? aux auditrices qui sont atteintes aussi de SOPK, c'est que c'est normal de se sentir seule, de se sentir parfois incomprise et d'avoir un sentiment d'injustice. Il faut savoir que vous n'êtes pas seule. On représente une femme sur sept à une femme sur cinq selon les statistiques en France. On a des associations maintenant qui militent pour la reconnaissance du SOPK, SOPK Europe, ASSO SOPK. De plus en plus de médecins commencent à être formés, ou en tout cas, être un peu plus au fait de ces pathologies. Si vous avez besoin d'avoir un professionnel bienveillant qui sera à votre écoute, le site Ginenco présente une liste de praticiens safe. Ne restez pas isolés avec vos peurs, avec vos questions, à essayer telle ou telle astuce, telle pilule miracle, tel nouveau régime à la mode. Faites-vous accompagner, faites-vous accompagner par une association, faites-vous accompagner par de bons professionnels et entourez-vous de bonne équipe médicale et de médecine complémentaire aussi, parce que les deux sont... tout à fait complémentaires et peuvent vous apporter un confort de vie vraiment important. Ensemble, on va plus loin. N'hésitez pas à me contacter sur les réseaux si vous avez besoin at mandinaturo sur Instagram, Facebook Mandinat. Voilà, vous pouvez me poser des questions, consulter mon site mandinat.fr pour avoir quelques renseignements. sur la démarche naturopathique, sur le SOPK aussi, j'ai vu plusieurs articles. Voilà, je vous souhaite une belle fin de journée et je vous retrouve très rapidement sur les réseaux.