- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans la troisième saison de Everything Happens for a Reason, le podcast qui explore les aspects business, management, communication des métiers de la création. Si vous me suivez depuis quelques temps, J'aimerais vous remercier pour votre fidélité. Si vous êtes arrivé ici par hasard, ou plutôt pour une raison, merci pour votre curiosité. J'espère que cet épisode vous donnera envie d'en écouter d'autres et de vous abonner. Je suis Lily Bonnet, consultante et business coach. Certifiée Calliope, je suis aussi formatrice, car ce qui m'anime c'est de transmettre et donner des clés pour grandir et faire grandir. Pour ce premier épisode de 2026, qui est l'avant-dernier de la troisième saison du podcast, j'accueille Morgane Rospard. Bretonne, exilée au Havre et qui vient régulièrement à Paris, Morgane était graphiste avant de se lancer sans l'avoir planifié dans le commerce. Elle dessine et vend des ex-libris en édition limitée depuis déjà 11 ans. On peut dire qu'elle a vraiment réhabilité cet objet au charme désuet et qui sert à apposer son nom sur ses livres. Ils sont donc évidemment fabriqués à la commande. J'ai d'abord été cliente et j'ai inéluctablement fondu pour sa personnalité timide qui par la force des choses et de l'algorithme d'Instagram s'est libérée et s'est mise à prendre la parole face caméra avec le décalage et l'autodérision qui la rendent extrêmement touchante et accessible. Si ce n'est pas encore le cas, je vous invite à suivre Morgane pour son humour, son audace et sa spontanéité. Et bien sûr, son talent. Alors j'avais envie de savoir comment est née cette idée de créer des ex-libris et comment l'idée s'est finalement transformée en business. Nous avons aussi parlé de son organisation, ou ce qu'elle appellerait absence d'organisation en l'occurrence, et surtout comment la spontanéité guide tout ce qu'elle fait assez naturellement. Rien n'était vraiment calculé et pourtant tout est arrivé pour une bonne raison.
- Speaker #1
Bonjour Morgane.
- Speaker #2
Bonjour Lily.
- Speaker #1
Comment vas-tu ?
- Speaker #2
Ça va,
- Speaker #1
très bien. On est un matin de décembre, quelques jours avant Noël et comme tu sais j'aime bien planter le décor toujours de chaque épisode. Et donc là aujourd'hui on est chez Drouan. qui est un restaurant, qui est un peu une institution à Paris parce que c'est là qu'ils tiennent le prix Goncourt. Pourquoi est-ce que j'ai voulu venir ici ? Déjà les gens qui me connaissent savent que je suis assez attachée personnellement à ce lieu. Je l'aime beaucoup, je viens souvent. Mais surtout parce que le Goncourt, les livres, c'est quand même quelque chose qui est important pour toi évidemment puisqu'on va en parler en détail mais en fait On peut dire que tu embellis les livres d'une certaine façon, ou en tout cas que tu permets d'y ajouter sa marque de possession. Ouais, on va dire ça. Donc avant de dire exactement ce que tu fais, c'était un peu un indice, je vais te poser la première question signature, comme tu le sais, ce podcast qui est intitulé « Everything happens for a reason » . J'aimerais savoir en quoi ça résonne en toi ?
- Speaker #2
J'ai pas bossé la question, je sais pas quoi répondre. T'as pas des exemples ?
- Speaker #1
J'ai plein d'exemples, puisque chaque invité a sa propre interprétation. Moi j'ai un exemple peut-être de comment j'en suis venue à t'interviewer aujourd'hui. Et ben voilà. Tu vois ? Alors, je ne sais plus comment je t'ai découverte, Morgane.
- Speaker #2
Instagram ?
- Speaker #1
Je pense. Mais c'était il y a déjà au moins trois ans.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #1
Je suis un peu une des clientes du début ou non ? Oh là, tu n'y es pas, Lily ! Pas du tout !
- Speaker #2
Ça fait onze ans que je fais ça !
- Speaker #1
Tu vois, en effet. En tout cas, c'était il y a à peu près trois ans que je t'ai découverte. Donc certainement Instagram, en effet. Et donc parce que tu dessines des ex-libris.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Et donc j'en ai commandé un pour moi. L'inébranlable, une femme un peu assise sur une vague, je dirais, que j'aime beaucoup et vraiment je trouvais qu'elle me ressemblait. Un peu une sirène, on reviendra à la sirène, tu sais pourquoi. Et pour mon mari, le contrebassiste.
- Speaker #2
Puisqu'il est ? Contre-bassiste. Voilà,
- Speaker #1
c'est bien dessus. Donc, et en fait, c'est vrai que c'est un objet, l'ex libris, qui n'est pas très usuel, en tout cas, enfin, tout le monde n'en a pas un, nécessairement. Déjà, il faut aimer les livres quand même, je pense que c'est la première chose. Nous, on en a énormément à la maison. Après, j'avoue que je ne tamponne pas tous mes livres. C'est intéressant, tu vois ? Plutôt les beaux livres, vraiment ceux... Enfin je sais que je vais les garder.
- Speaker #2
Ceux qui ont du sens pour toi.
- Speaker #1
Ceux qui ont du sens pour moi, exactement. Et donc voilà, et je me suis mise à te suivre sur Instagram. Et on va en parler parce que j'ai vraiment vu une évolution dans ta communication Instagram.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #1
Voilà. Et en fait c'est parce que tu t'es mise à beaucoup plus prendre la parole.
- Speaker #2
Ouais. Ouais.
- Speaker #1
En face cam quoi.
- Speaker #2
À exister.
- Speaker #1
Voilà. Voilà, face caméra que je me suis dit mais attends mais elle est géniale, j'adore son humour, t'as toujours un décalage, on va parler des rébus-rébous aussi évidemment. Il y a plein de choses. Évidemment. Évidemment, en plus c'est la période. Mais donc je dirais que voilà et je t'ai envoyé un mail assez officiel, une invitation officielle et tu m'as répondu oh quel... Quelle étrange proposition, mais j'accepte.
- Speaker #2
Tu vois,
- Speaker #1
je me souvenais plus. Voilà, un truc comme ça, genre surprenant. T'étais surprise. Bah oui. T'étais surprise quoi, qu'on ait envie de t'interviewer.
- Speaker #2
Ouais, comme ça, qu'on me pose des questions sur moi, mon travail. J'étais... C'est mon premier podcast, donc forcément...
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #2
Mais oui, c'est toujours surprenant que les gens s'intéressent à toi et veuillent t'accorder du temps pour comprendre des choses. Voilà, c'est pour ça que j'ai été étonnée et agréablement surprise.
- Speaker #1
Et que tu as dit oui.
- Speaker #2
Et que j'ai dit oui.
- Speaker #1
Alors, tu sais retracer un peu ton parcours et puis après on redonnera aussi la définition de l'ex-librisse. En plus, tu la donnes sur ton site, j'adore. Ton site, il est très complet. Il y a plein de choses. Beaucoup. Trop. Moi, j'aime bien parce que finalement, la navigation n'est pas évidente au départ. C'est-à-dire, pour trouver les infos que moi, je cherchais, parce qu'on trouve tout de suite évidemment les exlibris, c'est quand même un site marchand à la base. Voilà, sinon ça ne marche pas. Mais c'est vrai que... Je cherchais un peu plus d'infos sur toi justement et je les ai trouvées mais vraiment tu sais quand tu vas dans le footer dans le bas de page du site là et que tu trouves presque les mentions légales et là j'ai vu plein, une petite mine. Donc voilà on va un peu retracer ton parcours et commencer un peu par la genèse parce que tu le dis donc justement un peu dans le questionnaire de Proust, tu reprends une des questions du questionnaire de Proust. C'est quand j'étais petite, je voulais faire sirène.
- Speaker #2
C'est un but dans ma vie. Parce qu'en fait, quand j'étais petite, j'avais dans ma chambre une carte postale d'une sirène. Un truc que je trouvais d'une grande beauté. Avec sa queue était brodée de fil irisé. Et à travers mes yeux de petite fille, c'était... le truc le plus beau du monde. Tu le regardes, tu le touches...
- Speaker #1
- Oui que ce soit brodé c'est intéressant, il y a de la matière, il y a du relief.
- Speaker #2
- Ouais, j'étais omnibulée par ce truc que je trouvais tellement beau, que je pouvais toucher et tout. Et je me suis dit : "Voilà, ça sera ça mon boulot, je serai sirène sur CarPostal". Je rigole pas ! C'était ça. Et donc quand j'ai découvert que ce n'était pas un métier...
- Speaker #1
Enfin il y en a un, tu sais. En Bretagne, il y en a un. Elles ont un genre de combinaison, vraiment palmée, comme une grande palme.
- Speaker #2
Oui, je vois très bien. Mais c'est surtout que je n'avais pas pris conscience que ça n'existait juste pas. Donc voilà, ça a été une grande déception dans ma vie de ne pas devenir sirène.
- Speaker #1
Mais finalement, le chant des sirènes t'a assez naturellement mené jusqu'au dessin.
- Speaker #2
Alors, avant ça, j'ai essayé d'être sirène. puisque dans ma baignoire je mettais mes deux pieds dans un gant de toilette et je battais la queue
- Speaker #1
Et tes parents ils disaient quoi ?
- Speaker #2
Ils ne voyaient pas ils n'étaient pas au courant ils ne savaient pas ça et donc j'ai dû changer d'orientation professionnelle changer de vocation et puis voilà, ça m'a menée vers la création artistique. Voilà. Très jeune, j'étais attirée par ça. Moi, j'ai un parcours qui est finalement très linéaire parce que je n'ai pas fait d'écart.
- Speaker #1
Oui, c'est intéressant.
- Speaker #2
J'ai toujours aimé l'art et la création. Et puis, j'aimais bien dessiner. Je n'étais pas particulièrement douée, mais c'était un truc que j'aimais faire. et puis j'ai découvert qu'il existait la formation au lycée de harappliqué le bac harappliqué tu as fait un bac harappliqué en bretagne en bretagne parce que tu es bretonne à Brest exactement bien sûr mon nom et mon prénom ne laisse pas entendre autre chose Morgane rose par a priori et puis la vocation de sirène aussi ça fait sens voilà c'est ça tout va ensemble et et J'ai découvert que cette formation existait, ce qui me semblait être le cursus le plus merveilleux au monde. Je ne pouvais pas faire autre chose que ça. Et c'est aussi arrivé dans un moment de ma vie où c'était la méga mierda. Et c'était pour moi la solution pour mon avenir. C'était une façon de m'assurer un avenir qui allait être heureux. Donc voilà, je suis rentrée en art appliqué, avec certaines difficultés mais bon ça on va pas faire toute ma vie. Et puis voilà, j'ai découvert ça. Quand je suis rentrée là-dedans, moi je voulais être styliste. Donc j'étais absolument certaine que je voulais être styliste.
- Speaker #1
Styliste de mode ?
- Speaker #2
De mode. Et cette formation-là, elle vous ouvre à plein de choses. On apprend l'histoire de l'art, on apprend le... le dessin sur modèle vivant, on apprend des choses plus académiques comme savoir dessiner une perspective. On vous ouvre à plein de façons de découvrir la création à travers l'architecture, le stylisme, le graphisme.
- Speaker #1
C'est très général finalement dans l'art.
- Speaker #2
C'est très général mais c'est surtout fait pour ouvrir les jeunes gens à un champ infini.
- Speaker #1
C'est top !
- Speaker #2
Et donc mes envies de création de fringues se sont évaporées. Et j'ai continué mon cursus, j'ai fait un BTS en communication visuelle pour devenir graphiste.
- Speaker #1
Et après tu es rentrée dans le monde du travail. J'ai cru comprendre que tu ne t'étais pas éclatée autant que tu le pensais. Tu l'espérais ?
- Speaker #2
C'est pas forcément ça. C'est que le monde du travail par définition est injuste et difficile. Moi je suis sortie du BTS en pensant que j'étais capée et que je pouvais mettre à bosser. Pas du tout en fait ma vieille, il va falloir te former un peu plus. Donc j'ai galéré. J'ai fait des petits boulots. J'ai été vendeuse chez Zara notamment. Mais ça n'a pas duré trop longtemps fort heureusement. Mais vraiment j'ai eu du mal à trouver un job. Et finalement, j'ai trouvé un job. Je suis partie travailler chez Kenzo. Non ça c'était un stage que j'avais fait chez Kenzo. Et après j'ai travaillé chez... J'ai réussi quand même à associer la mode avec le graphisme. Après j'ai travaillé chez Comptoir des Cotonniers, chez Sandro. Mais oui non ça n'a pas été... Enfin c'est dur le monde du travail, c'est très dur, c'est injuste.
- Speaker #1
Et t'as fait quoi dans ces maisons de mode en fait ? T'étais au département visuel en fait, communication visuelle. C'est ça, ouais.
- Speaker #2
Je travaillais sur tout, les campagnes, des trucs moins cools comme les cartes de visite, les newsletters, le packaging, enfin tout ce qui nécessitait un graphiste en fait. Donc ça a été extrêmement formateur, je suis sortie de là, je savais faire plein de choses parce que j'avais travaillé sur plein de supports.
- Speaker #1
Oui et puis c'est intéressant de voir à cette échelle-là aussi parce que le retail on a ça en commun mais le retail t'es quand même dans des échelles assez impressionnantes surtout Comptoir et Sandro à l'époque où je pense où tu étais c'était vraiment dans l'âge d'or. C'était des volumes impressionnants, un contrôle des coûts et de la marge. C'est ça. Voilà. Donc ça t'a appris. Je comprends, même au niveau business, ça a dû énormément t'apprendre.
- Speaker #2
Business, non. Non, vraiment. Tu n'étais pas sensible à ça à l'époque ? Non, non, pas du tout. Ça m'a appris à bien faire mon travail. Je suis sortie de là, je savais faire mon travail. En revanche, ce que j'ai... Ouais, je sais pas, j'ai pas aimé. Je trouvais ça dur, injuste, je me cassais le cul, ça se voyait pas. Non, j'ai pas aimé. Mais après, je crois que c'est aussi ma personnalité et je crois que je suis pas faite pour ça.
- Speaker #1
Pour le salariat ?
- Speaker #2
Et bien en fait, justement, c'est là où est toute l'ambiguïté du truc. C'est que moi, dans ma vie, mon but ultime de bonheur, c'était le salariat.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #2
Ouais. C'était l'assurance de la sécurité. d'avoir des balises et on déroule. Vraiment, c'était ce qui me convenait parce que ça faisait écho à une histoire personnelle qui faisait qu'il fallait baliser pour que les choses se passent bien.
- Speaker #1
Je comprends.
- Speaker #2
Donc pour moi, hors de question d'être freelance. L'insécurité, c'était pas pour moi. Et puis voilà, rien ne s'est passé comme prévu.
- Speaker #1
Donc t'es restée dans le monde de l'entreprise globalement combien de temps ?
- Speaker #2
Une dizaine d'années, je pense. Un truc du genre, oui. Et alors, ça a été quoi le déclic ?
- Speaker #1
De partir d'abord et puis ensuite, le choix de Lex Libris qui est quand même hyper niche.
- Speaker #2
Alors tout ça n'est pas prévu, ni anticipé, ni budgétisé. Enfin tout ça c'est vraiment freestyle.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Total. Au doigt mouillé. Ce qui n'est pas mon genre parce que je suis une contrôle fric de ouf. Bah oui,
- Speaker #1
puisque tu cherches la sécurité. Tu vois ?
- Speaker #2
Ça m'a quand même donné des enseignements. Tu ne peux pas tout maîtriser, ce n'est pas possible. Le déclic ça a été : il y a eu un drame dans ma famille, un décès, un truc lourd, pas marrant. Pendant que j'étais chez Sandro et déjà moi ça commençait à sentir un peu le roussi pour moi chez Sandro. J'étais pas bien, je pense qu'ils avaient qu'une envie c'était que je m'en aille. On était d'accord sur ça,
- Speaker #1
on le sent bien en général.
- Speaker #2
Donc voilà, il y a eu ce drame et je suis revenue travailler en me disant mais qu'est-ce que tu fous là ma vieille ? Tu peux pas continuer comme ça ? T'as ce truc-là qui te bouleverse. Si en plus ton quotidien au travail t'y trouve pas l'équilibre, tu vas devenir tarée en fait. Donc il faut trouver une solution. Mais oui, mais il faut trouver un boulot. Sauf que là, il n'y avait plus d'issue. Je ne pouvais pas attendre de trouver un job salarié pour partir. C'était urgent. Il fallait que je parte tout de suite. J'ai eu des amis et des gens autour de moi qui m'ont dit : "Morgane, t'inquiète, tu es une bosseuse. Pars et on sait que tu vas rebondir." Je ne les ai pas crues évidemment. Parce que tu doutes. Parce que je doute, oui. Et puis parce qu'évidemment, on ne peut que me dire ça. Si c'est mes amis, ils peuvent que m'encourager. Ils vont pas me dire « Tu vas pas y arriver » .
- Speaker #1
En tout cas, c'est des bons amis justement, s'ils t'encouragent. Oui, mais heureusement qu'ils sont là.
- Speaker #2
Et là où j'ai eu du bol, c'est que quand j'ai émis ma volonté de partir de la boîte, je me suis dit « Putain, va falloir que je me batte maintenant contre... » les patrons pour négocier le départ. Je me disais : "Mais j'ai pas la force, là, je peux pas." Et en fait, j'ai eu trop de bol. Finalement, l'investissement que j'avais mis, la sincérité que j'avais mis dans mon travail, que j'avais pensée... J'avais pensé qu'elle n'avait pas été vue. En fait, elle avait été vue. Et on m'a dit : "OK, Morgane." Si vraiment vous voulez partir, il y a des personnes très bien placées dans la boîte qui m'ont dit : "Vous reposez sur vos deux oreilles, on pilote le truc et vous sortirez dans de bonnes conditions."
- Speaker #1
- Wow !
- Speaker #2
- Trop bien. J'étais trop contente. Et là je me suis dit : "Waouh, il y a une justice ! C'est cool ! " Et donc je me suis barrée. C'était quand même un sacré chaos dans ma vie à ce moment-là. Et je me suis dit, en attendant de trouver un job salarié, puisque c'est le but, tu vas faire ce que tu sais faire le mieux, c'est-à-dire du graphisme en freelance le temps que.
- Speaker #1
Là, t'as quel âge à peu près ?
- Speaker #2
J'avais 30 ans.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Ouais, un truc du genre. Et donc j'ai fait ça et là... Gros coup de bol, super client dès le début.
- Speaker #1
Everything happens for a reason. Je n'ai pas encore répondu à la question, tu en as remarqué. J'ai remarqué, j'adore.
- Speaker #2
En fait, je n'ai pas de réponse à la question. Je ne sais pas si je pourrais répondre à cette question.
- Speaker #1
Mais j'aime bien que tu n'y réponds pas forcément si tu le sens pas. J'ai le droit, c'est gentil, merci.
- Speaker #2
Donc voilà, gros coup de bol, je me suis mis en freelance. Et là, mon premier client, tiens-toi bien. Facebook France.
- Speaker #1
Mais non.
- Speaker #2
Mais si. Non, je te jure. J'étais là. Hein ? Mais pourquoi ? Mais comment ? C'est une histoire de rencontre. C'est ça,
- Speaker #1
Everything Happens for a Reason. C'est l'enchaînement des rencontres. C'est les opportunités et c'est grâce à ça que ça bimouille. C'est cet enchaînement, tu sais, c'est comme les dominos. Pour moi,
- Speaker #2
c'est ça. J'étais allée au cinéma avec une copine. Il a été venu avec un copain. Ça a créé le lien comme ça. Et premier client, Facebook France.
- Speaker #1
Oh,
- Speaker #2
ok. D'accord. Après, j'ai enchaîné. J'ai fait beaucoup de couvertures pour les éditions 10-18. Les poquettes. Et ça, ça a vraiment fait tourner mon lancement.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #2
Après, il y a eu des marques aussi. J'ai travaillé pour Balibari. J'ai retravaillé pour Contre-des-Cotonniers. Le truc s'est déroulé mais genre easy et moi je ne comprenais pas. C'est trop facile,
- Speaker #1
c'est un loup quoi !
- Speaker #2
Je ne comprends pas. Et puis en parallèle, j'avais créé un ex-libris pour quelqu'un que j'avais offert. C'était quelqu'un qui aimait beaucoup la littérature et je cherchais un cadeau qui aurait du sens pour lui sans offrir un livre. Et je me suis mise à chercher un artiste qui allait pouvoir me le dessiner, que je n'ai pas trouvé puisqu'à l'époque il n'y en avait pas ou alors très peu. Ou alors des mecs qui faisaient de l'héraldique. C'est très très beau l'héraldique mais... C'est quoi l'héraldique ? C'est l'art des blasons. Ce qui est très beau mais ce n'est pas ce que je recherchais. Et puis j'ai cherché, cherché jusqu'au moment où je me suis dit mais t'es con ? Vas-y ! Je pense que c'est dans tes cordes, ma vieille. Et comme j'étais plus du tout dans le dessin à cette époque-là, parce que quand on travaille pour des marques comme je le faisais, on n'est plus du tout dans cette création-là. On est sur de la mise en page, sur je ne sais pas quoi, mais...
- Speaker #1
Il n'y a pas de créa pure personnelle, en tout cas. Non,
- Speaker #2
et donc moi, je ne pratiquais plus ça.
- Speaker #1
Tu appliques des guidelines.
- Speaker #2
Exactement. Donc, je n'avais pas mon style de dessin, je dessinais peu, enfin, je n'étais plus là-dedans. Bon, là je me suis dit tu peux le faire toi-même. Donc je l'ai fait. Le cadeau a eu du succès. Les gens autour de nous qui aiment les livres ont trouvé que c'était un super cadeau.
- Speaker #1
Et attends parce que tu as dessiné donc mais tu l'as fait fabriquer comment ?
- Speaker #2
Chez un fabricant de tampons. De tampons tout simplement. Premier que j'ai trouvé. Très bien. Ça a été du coup ma première expérience dessinée. de création d'ex-libris sur mesure. Qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce qui t'inspire ? Qu'est-ce que tu veux retrouver sur cette ex-libris ?
- Speaker #1
Ah, donc tu ne lui as pas fait une surprise. Tu lui as demandé exactement... Donc comme tu proposes aujourd'hui pour les ex-libris sur mesure.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Il y a une vraie connaissance de la personne. C'est hyper important. Exactement.
- Speaker #2
Et ça, c'était vraiment le crash test. Comment on fait ? Je lui posais des questions et puis voilà, on l'a développé ensemble. Euh... Et donc voyant que ça avait été bien reçu par une infime partie de mon entourage, on parle de 3-4 personnes, je me suis dit « Ah tiens, est-ce que je ne ferais pas ça comme side project qui serait vraiment le pendant créatif de ma vie ? » au quotidien, en parallèle de choses peut-être moins créatives que je peux faire pour des marques.
- Speaker #1
Mais qui te garantissent la sécurité financière. Qui me font bouffer, clairement.
- Speaker #2
Justement, en me disant ça, ça ne me fera pas bouffer. Jamais de la life, je mangerai avec ça. Déjà parce que c'est un objet qui n'est pas connu, c'est une tradition qui est oubliée, parce que ça me demande un temps infini, clairement je bosse à perte. Voilà, comme je te dis, je n'ai rien...
- Speaker #1
C'est génial. Révu, prévu,
- Speaker #2
anticipé. Il n'y a pas eu de business plan. Et il n'y en a toujours pas. Et il n'y en aura peut-être même jamais. Et donc, je me suis dit, je vais lancer ça. De toute façon, je vais en vendre quatre. On s'en fout. Je fais le truc et puis on verra. J'ai dessiné quelques ex-libris que j'avais publiés à l'époque sur Facebook. 101. à rien prévoir, ni de comment les gens vont payer, ni de comment je vais l'expédier. J'ai posté des trucs en me disant « Bon, on verra. »
- Speaker #1
Je mets ça là.
- Speaker #2
Exactement. Et en fait, ça a marché. Ça a marché à petite échelle. Mais j'ai eu des gens qui m'ont demandé assez rapidement... Déjà, si tu en as un qui t'en commande, tu es contente. Un par semaine, déjà, tu fais « Oh, dis donc ! » il se passe un truc et donc voilà j'ai tout fait à l'arrache et puis je me suis professionnalisée au fil de l'eau quand je me suis rendue compte qu'il y avait des commandes qui arrivaient, du coup j'ai fait les choses un peu mieux, j'ai pensé un peu mieux à l'expédition, le packaging c'est vraiment fait au fil de l'eau et maintenant c'est une vraie boîte qui marche organisée C'est génial
- Speaker #1
Est-ce que tu veux nous donner la définition d'un ex-libris ? Ou est-ce que tu veux que je lise celle de ton site ?
- Speaker #2
J'aimerais bien que tu le fasses. Parce qu'en vrai... Tu t'en souviens pas ? Non, mais c'est pas ça. C'est que je déteste dire ce qu'est un ex-libris. Parce que je trouve que c'est super dur. Non, je trouve que c'est hyper dur à expliquer.
- Speaker #1
Ah, c'est intéressant. Bah, tu vois, alors, je lis... Parce que j'aime bien, justement, encore une fois, sur ton site, il y a... Il y a une pointe d'humour qui est juste ce qu'il faut, qui est très bien dosée. C'est gentil. Mais vraiment. Et donc, alors voilà, tu dis, voici ce qu'en disent les dictionnaires. Dans le Larousse, vignettes dessinées ou gravées que les bibliophiles collent au revers des reliures de leurs livres et qui portent leur devise ou leur nom. Dans le Robert, inscriptions ou vignettes à poser sur un livre pour en indiquer le propriétaire. Déjà, c'est intéressant parce que ce n'est tellement pas le même style, le Larousse et le Robert. Et presque, tu as l'impression qu'il y a un biais cognitif. Tu vois que le Robert n'aime pas et que le Larousse aime l'ex-libris. Tu sens ça, toi ? Moi, je ressens ça dans le... D'après Wikipédia, que j'avais aussi consulté évidemment, et toi, tu le cites, du latin, donc évidemment, ex libris meis, donc ça veut dire faisant partie de mes livres, est une petite gravure ou estampe collée à l'intérieur d'un livre par laquelle le propriétaire marque nommément sa possession. Celle-ci, traditionnellement gravée en taille douce, peut mentionner éventuellement le nom du propriétaire, ses armes, sa devise ou divers symboles et motifs de son choix. Je fais une parenthèse, tu parlais de l'héraldique tout à l'heure, les blasons, parce qu'en effet, à l'époque, on avait nos armes, notre blason sur Annex Libris. Il s'agit donc d'une gravure personnalisée qu'un collectionneur ou bibliophile colle sur le contreplat, l'intérieur de la couverture, ou sur la page de garde de ses livres, comme marque d'appartenance. Et d'ailleurs après sur Wikipédia, ça tu ne le mets évidemment pas, mais moi j'ai lu aussi qu'apparemment il y a des bibliophiles qui n'apprécient pas...
- Speaker #2
Que ce soit des tampons. Tampons. Mais bien sûr.
- Speaker #1
Exactement, parce qu'ils estiment... que ça dénature et que ça enlève de la valeur au livre. Et d'ailleurs, il donne l'exemple des bibliothèques qui justement tamponnent les livres avec la date et le nom des emprunts. Comme pour bien préciser que tu ne peux pas le garder finalement.
- Speaker #2
Pour moi, ce n'est pas un sujet. Oui, effectivement, je n'irais pas tamponner un livre ancien qui coûte une blinde. En plus, si tu foires ton empreinte de tampon, c'est nul. On est d'accord que c'est complètement nul. En revanche, on va se détendre sur les livres. Ça va, ce n'est pas le Graal. Et on peut aussi tamponner... Avec une grande liberté, un livre de poche,
- Speaker #1
mais oui,
- Speaker #2
qui n'a pas de valeur, ça coûte pas grand chose à acheter, ça a de la valeur sentimentale principalement. Donc voilà les vieux barbus qui donnent des leçons...
- Speaker #0
Bref.
- Speaker #1
Voilà,
- Speaker #0
chacun fait ce qu'il veut.
- Speaker #1
Et quand bien même si les gens ont envie de tamponner un livre ancien qui coûte une blinde, qu'ils le fassent.
- Speaker #0
Moi je ne tamponne pas que des livres avec, je m'en sers aussi par exemple sur des enveloppes, même s'il y a écrit « Ex Libris » Lili Bonnet, mais on s'en fout et le tampon est tellement beau. Et je trouve que c'est... T'as raison, c'est intéressant. Mais donc alors l'Ex Libris, comment tu disais justement ? Tu as raconté, je trouve que c'est très intéressant, comment tu en es venue assez naturellement. On parle de... c'est même organique comme on dit. A ce que ce soit un business. Et donc aujourd'hui, tu as une équipe. Enfin en tout cas, tu as une personne notamment qui travaille avec toi, Nolwenn. Nolwenn si tu nous écoutes. Evidemment qu'elle écoute, j'espère qu'elle écoute. Merci pour tout ce que tu fais. Et donc quand on passe une commande, on reçoit tout de suite un mail de Nolwenn. en tout cas rapidement qui dit voilà à quoi ça va ressembler un genre de B.A.T pour valider que par exemple mon mari il a un nom très long et c'était un peu compliqué donc on avait un peu revu les choses elle m'avait dit bon c'est soit ça soit ça parce qu'évidemment on est proche de la rue c'est Paris Et donc Nolwenn, elle travaille avec toi à temps plein ? Comment vous organisez ensemble ?
- Speaker #1
Alors Nolwenn, à l'année, elle travaille avec moi à mi-temps. Sauf en période de Noël où là c'est le feu. Donc voilà, elle est à plein temps. Nolwenn, déjà je l'adore. J'ai trouvé une personne, mais vraiment, j'ai trouvé une personne... Formidable, en qui j'ai une confiance totale et sans qui le business ne tournerait plus du tout. En fait Nalouen, ce que je lui ai confié c'est toute la partie qui moi me cannibalisait puisque je n'arrivais plus à dessiner alors que mon job c'était de créer. J'étais prise par tout l'opération. opérationnelle, je ne sais pas si c'est le bon mot. De la gestion des commandes, de la personnalisation des ex-hybrides, répondre aux questions des gens qui ne lisent pas les informations qui sont sur mon site. C'est dit au passage. C'est très classique.
- Speaker #0
Je te rassure, c'est pareil pour tout le monde.
- Speaker #1
J'en doute pas. J'ai un nombre d'anecdotes incalculables sur ça. Donc elle, vraiment, elle s'occupe de... voilà il y a une commande qui passe, elle la traite, elle l'envoie en fab, elle répond à toutes les questions, elle rassure les clients quand ils sont inquiets de je ne sais quelle raison. C'est Nolwenn la première vitrine humaine de notre entreprise et pour ça, voilà, je lui ai dit : "Il faut vraiment être extrêmement disponible et chaleureux pour les gens, parce que c'est eux qui nous font vivre. Donc on ne peut pas les expédier. Même s'ils nous posent des questions qui sont reloues, il faut toujours les accompagner. Donc voilà, on prend soin de toujours... Il y a un soin particulier.
- Speaker #0
Oui, on le ressent. Mais avec suffisamment de... décontraction. Voilà, je trouve. Et c'est pour ça que quand tu parles de vitrine de la marque, c'est tellement juste et donc c'est vraiment à ton image. Je trouve que c'est fidèle. Tu vois le ton et la disponibilité et l'accessibilité de Nolwenn aussi dans les échanges écrits. Parce que je te dis encore une fois, j'ai d'abord été cliente et là j'ai repassé une commande. D'ailleurs mon colissimo arrive demain.
- Speaker #1
Croise les doigts ! On compte sur eux pour Noël. C'est ça. Colissimo, si vous nous entendez.
- Speaker #0
C'est ça. Donc je trouve que c'est vraiment fidèle à qui tu es et en tout cas à ce qu'on ressent de ce que tu montres de plus en plus. Tant mieux. Et puis la rapidité, je suis d'accord avec toi. Il y a une rapidité dans les échanges qui est tellement importante et qui, à mon avis, est le plus dur dans un petit business. Petit, je parle d'ampleur, d'échelle. Je ne minimise évidemment pas parce que le service client, on le sait en fait, c'est certainement 80% du boulot et du temps.
- Speaker #1
Et ce qu'elle fait, elle le fait déjà merveilleusement bien. Ça, c'est indiscutable. Mais c'est un gouffre pour nous de temps. C'est un gouffre.
- Speaker #0
Est-ce qu'elle organise ? Puisqu'elle est à mi-temps, en plus, à l'année normalement, elle organise un peu son temps ? Je ne saurais pas vous dire.
- Speaker #1
Elle se débrouille. Elle le fait super. Je n'ai pas besoin de gérer ça. C'est quelqu'un qui est très organisé. Elle adore l'ordre.
- Speaker #0
Elle était obligée pour faire ça.
- Speaker #1
Surtout, elle est tellement forte dans ce qu'elle fait qu'elle dépote, mais alors à une vitesse... Voilà. Elle est très impliquée. Elle ne veut pas que les gens attendent trop longtemps. Des fois, je dis, c'est bon, on s'en fout. C'est pas grave. Sa question, elle est relou. On ne peut pas y répondre tout de suite. Il faut qu'on réfléchisse.
- Speaker #0
Au moins, elle dit, écoutez, on réfléchit, on revient vers nous. Voilà, c'est ce qu'elle fait. Mais ça, elle a tout compris. Et ça, c'est la base. Parce qu'en fait, quand tu es client et que tu es juste dans la nébuleuse... Et que t'es toi obligée de relancer, y a rien de pire. Et t'as une mauvaise expérience client comme on dit, mais c'est vrai. Et elle a fait quoi comme étude ? Elle est graphiste aussi ? Elle est graphiste aussi, ok.
- Speaker #1
Elle est graphiste aussi, moi je l'ai prise, ça va faire 4 ans et demi je crois, un truc comme ça. Attendez, attends, je te vois maintenant.
- Speaker #0
Non mais c'est pas grave, tu m'avais prévenue quand on a commencé à échanger, tu m'avais dit... Tu m'avais vouvoyée et je t'avais dit qu'on se tutoiera. Tu m'as dit que tu m'avais vouvoyée. Tu m'avais dit que ça cohabite. Ça ne me dérange pas du tout, il n'y a pas de souci.
- Speaker #1
J'ai perdu le fil sur Nolwenn.
- Speaker #0
Il y a 4 ans et demi, tu l'as engagée.
- Speaker #1
Elle sortait de l'école. Elle avait fait une école de graphisme. Elle avait fait l'ECV. à Nantes il y a une branche à Nantes aussi je ne savais pas on reste en Bretagne pardon on va arrêter le podcast tout de suite Nantes c'est la Loire Atlantique Nantes n'est pas en
- Speaker #0
Bretagne mais non c'est la Loire Atlantique jamais de la vie
- Speaker #1
Nantes ne sera en Bretagne il y en a qui vont monter au créneau si Nantes c'est la Bretagne je vais couper On ne va pas être copines, là. Non.
- Speaker #0
On reste en côte ouest.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Voilà, exactement.
- Speaker #1
Exactement. Donc elle, elle avait fait cette formation-là. Et donc son ambition, c'était d'être graphiste, d'avoir un studio, d'être dans la création. Ça, c'était ce qu'elle voulait faire. Moi, je l'ai embauchée parce qu'elle était jeune et qu'elle a accepté de faire ce boulot-là pour gagner sa vie. Je me suis dit « De toute façon, elle va me lâcher assez rapidement. »
- Speaker #0
pour pouvoir vraiment faire de la créa exactement,
- Speaker #1
et ben non elle me lâche pas et j'en suis très heureuse et même elle se projette encore avec moi sur d'autres projets donc elle trouve l'équilibre je crois aussi parce qu'elle est à mi-temps donc le reste du temps elle peut faire des trucs c'est ce que j'allais te demander
- Speaker #0
Elle a ses projets personnels quand même. Oui, exactement. Ou d'autres clients, etc.
- Speaker #1
Exactement. Donc elle arrive quand même à faire ce qu'elle avait envie de faire.
- Speaker #0
Mais c'est super d'avoir trouvé cet équilibre-là.
- Speaker #1
C'est super. Et on s'est vues pour la première fois il y a 15 jours.
- Speaker #0
Mais non ! Parce que c'était une question que je voulais te poser. Parce que j'imagine bien qu'elle ne vient pas chez toi. Non,
- Speaker #1
elle habite à Nantes.
- Speaker #0
C'est génial.
- Speaker #1
Et toi,
- Speaker #0
tu es au Havre maintenant. On parlait de Brest tout à l'heure, mais tu habites au Havre.
- Speaker #1
J'habite au Havre. Je navigue entre la Bretagne. À l'année, je navigue entre Paris, la Bretagne et la Normandie. Je suis mobile.
- Speaker #0
Par besoin et par envie ?
- Speaker #1
Oui, les deux.
- Speaker #0
Et donc, tu as rencontré en vrai Nolwenn il y a seulement 15 jours.
- Speaker #1
Oui, exactement. On n'a jamais eu le besoin de se voir avant. pense que c'est le secret de la qualité de notre association. Je me trompe peut-être, je dis peut-être de la merde. Non mais c'est intéressant. Parce que justement on n'est pas dans le même bureau donc on ne se fatigue pas l'une et l'autre avec nos habitudes, nos humeurs, nos je sais pas quoi qui peut envenimer ou alourdir une relation. Si elle a une mauvaise humeur, elle a une mauvaise humeur dans son coin. Moi c'est pareil. On fait chier personne.
- Speaker #0
J'adore ça.
- Speaker #1
et voilà je pense que surtout qu'en plus c'est pas facile de bosser avec moi pourquoi ? contrôle fric, artiste il n'y a rien qui va je pense que je suis relou mais voilà je pense sincèrement que c'est ça qui fait qu'aujourd'hui ça fonctionne très bien entre les mois.
- Speaker #0
Génial. Et donc vous communiquez, vous avez quand même un process, un modus operandi, vous avez une façon de travailler ou non ? C'est très fluide et spontané. C'est ça.
- Speaker #1
On se parle sur WhatsApp, on s'appelle.
- Speaker #0
Mais il n'y a pas genre tous les lundis matin, on fait le point ? Pas du tout. Je te dis,
- Speaker #1
rien n'est organisé.
- Speaker #0
C'est ça aussi ton autre clé du succès ? T'as besoin de cette liberté totale en fait ? J'en sais rien.
- Speaker #1
J'ai pas de réponse à cette question. Non, j'en sais rien. Non, peut-être qu'il faudrait qu'on soit plus organisé. Oui, je pense qu'on devrait l'être.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce qu'il y a plein de sujets qu'on a envie de développer ou de résoudre. Et que peut-être si on était plus organisé à faire des réunions une fois par semaine, on ferait avancer le sujet mais on ne le fait pas. Bref, pour mille raisons, mais on ne le fait pas. Mais oui, ça mériterait peut-être d'être un peu plus carré quand même. Tout ça, ça marche pour l'instant.
- Speaker #0
Voilà. En fait, quand on ressent le besoin de faire évoluer justement, on peut mettre des nouvelles choses en place. C'est vrai que pour moi, en management pur, qu'il n'y ait pas un point régulier, ça me fait halluciner. Mais je trouve ça fascinant que... Que ça fonctionne sans...
- Speaker #1
Parce que je ne la manage pas, en fait.
- Speaker #0
C'est juste ça.
- Speaker #1
Non mais c'est vrai, il faut son job, je fais le mien. Évidemment, je lui donne des orientations.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Mais tu viens de me faire prendre conscience que je n'ai jamais eu cette idée de « je manage quelqu'un » . Ah non, pas du tout.
- Speaker #0
En même temps, de toute façon, c'est une collaboratrice, c'est une prestataire même. C'est vrai que le management, en général, c'est quand même une équipe, même plutôt salariée ou en tout cas qui est dans le même bureau. Enfin tu vois, ça peut être en distanciel mais c'est vrai qu'il y a cette notion sans vouloir non plus du tout d'hierarchie. Pour moi, le management n'a pas du tout besoin d'hierarchie, au contraire. C'est de se faire grandir mutuellement. Et surtout, justement, de poser un cadre, notamment pour l'opérationnel et pour, comme tu le dis, gagner du temps ou pour adresser des sujets qu'on n'arrive jamais à creuser parce que, justement, on est dans l'opérationnel au quotidien, etc. Et souvent, un peu de caler même, de se dire, allez, tel jour, on se fait une heure de réunion stratégique, d'anticiper ces points-là. peuvent permettre ensuite aussi de libérer la créativité, parce qu'il y a de la créativité dans la gestion d'un business aussi, pas seulement dans le dessin, pas seulement dans ton art. Et donc ça peut être intéressant de se dire, bon ben là on se pose sur ce sujet-là et pendant une heure on ne parle que de ça. Mais en effet ça il faut le planifier. Parce que si tu ne le planifies pas, ça passe à l'as parce que ce n'est pas une priorité. Et on le fera quand on aura le temps, et évidemment on n'a jamais le temps. parce que heureusement on a des commandes, on a des... tu vois ? la production, le suivi de prods etc. et alors justement je trouvais très intéressant que tu aies dit : "très vite je me suis rendu compte que ce qui me cannibalisait" j'étais entre canalisée et cannibalisée ce qui me cannibalisait c'était ce temps que je passais à la gestion des commandes, au suivi de prods etc. et donc je ne pouvais plus créer Ce qui est le cas de tous les créatifs à un moment donné. Quand on s'entoure, et tu vois notamment, j'en ai parlé avec India Madhavi, avec qui j'ai travaillé pendant 9 ans et qui a été la première invitée du podcast. Elle l'a dit, elle a dit, moi, la première fois que j'ai pris quelqu'un pour travailler avec moi, je ne voulais pas qu'elle fasse ce que moi j'aimais faire. Parce que souvent, notamment en architecture, parce qu'elle est architecte, De se dire, bon bah, je prends quelqu'un pour faire les plans. Bah non, en fait, moi c'est ça que je kiffe. Donc je prends quelqu'un pour faire l'admin, le suivi, tu vois ? Et t'as eu cette même démarche. Mais c'est pas évident pour tout le monde. Alors que c'est exactement... Pourquoi aussi c'est pas évident ? Parce que c'est pas facile de recruter, de trouver quelqu'un dans le champ que toi tu maîtrises pas. C'est difficile aussi. En l'occurrence, Nolwenn est graphiste. Donc vous vous retrouvez. Et vous êtes très complémentaire. Comme tu le disais, elle est hyper organisée. C'est justement ce dont tu avais besoin. Mais c'est pas facile du tout de trouver quelqu'un dans ces postes plus opérationnels. Oui,
- Speaker #1
c'est pas facile. Surtout que mon domaine est très spécial. Je n'avais pas de... point de comparaison pour m'appuyer. Comment les autres s'organisent ? J'en sais rien parce qu'il n'y a pas d'autres en fait.
- Speaker #0
Il n'y avait pas d'autres, voilà on est d'accord, t'es pionnière. Donc bah... On va dire ça. Ah bah si, si, bien sûr. Est-ce que c'est purement français d'ailleurs ? Tiens c'est intéressant. Non,
- Speaker #1
il y a une grosse culture de l'ex-hybris aussi au Royaume-Uni. Ah ouais,
- Speaker #0
ok.
- Speaker #1
Non non, ça existe depuis toujours partout.
- Speaker #0
Oui mais c'est vrai que je ne me rendais pas compte au niveau culturel comme tu le précises, tu vois... Dans quel pays c'est très utilisé par exemple ? Au Royaume-Uni, ce qui peut sembler logique. Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Ok, les lords et tout ça. Et alors, tu le dis, il n'y avait pas de point de comparaison. Maintenant, il y en a. Si, on va parler de choses qui fâchent un peu aussi, évidemment. Je sais, mais moi je l'ai vu en fait. J'ai vu cette concurrence arriver sur le marché. Puisque, encore une fois, je te dis, je te suis depuis quand même quelques années. Et cette concurrence qui est arrivée notamment il y a deux ans, je dirais.
- Speaker #1
À peu près. Oui,
- Speaker #0
à peu près. Et qui cartonne en SEO. C'est-à-dire, je pense qu'ils ont un énorme budget SEO qui est le Search Engine Optimization. C'est-à-dire d'avoir le référencement pour remonter très haut dans Google et puis maintenant dans... Chat GPT aussi, on peut remonter grâce au SEO et Google, etc. Et puis bon, ils ont même un point de vente physique. Je n'en parle pas, je ne rentre pas dans les détails. Mais j'ai l'impression que c'est ça qui t'a fait toi, outre peut-être aussi l'évolution de l'algorithme d'Instagram, tu vas me dire tout de suite, mais qui t'a fait un peu changer de posture. Clairement. Voilà.
- Speaker #1
Clairement.
- Speaker #0
Il y a une grande confusion. Notamment par leur nom, c'est même étonnant qu'ils n'aient plus un gros dossier. J'imagine.
- Speaker #1
Leur idée ne vient pas de nulle part. Bref, anyway. Ne leur accordons pas trop de temps, ils ne le méritent pas.
- Speaker #0
Moi ce qui m'intéresse c'est comment toi tu t'es adaptée à ça ?
- Speaker #1
Eh bien, grande colère, grande injustice. Et du coup, je me suis dit : "Va falloir que comme il y a beaucoup de confusion, va falloir que je nique cette confusion."
- Speaker #0
Clarifie donc.
- Speaker #1
Et donc c'est vrai que j'ai décidé d'être un peu plus visible. Parce que moi, je ne voulais pas être visible. J'ai cru que j'étais un Daft Punk. Et que je pouvais vivre avec un masque.
- Speaker #0
C'est ça, j'allais dire ! Et t'as que de sirène !
- Speaker #1
Et ma queue de sirène ! Voilà !
- Speaker #0
On l'a ?
- Speaker #1
J'avais pas besoin de me montrer en fait. Je ne le voulais pas, je ne suis pas à l'aise avec mon image. Je fais pas partie de cette génération qui se fait des selfies, qui filme tout, tout le temps. Il y a un inconfort vis-à-vis de mon image. Mais je pense que c'est quand même très courant chez les gens de notre génération.
- Speaker #0
Bien sûr, je te rassure.
- Speaker #1
Et du coup, je me suis dit, là, il va falloir que j'incarne mon business.
- Speaker #0
Qui en plus porte ton nom.
- Speaker #1
Qui en plus porte mon nom.
- Speaker #0
C'est quand même une marque éponyme. Donc tu as intérêt à l'incarner.
- Speaker #1
Exactement. Donc je suis sortie de mon trou. J'étais très contente de ne pas exister plus que ça, de n'exister qu'à travers mes extrémerices. Mais je me suis aussi rendue compte que les gens aiment aussi connaître l'artiste, tout simplement. Et c'est vrai, c'est ça qui plaît. Et moi-même, je suis la première à être ravie de connaître un peu plus la vie de tel ou tel artiste. Donc voilà, c'est ça qui m'a fait... J'ai enlevé mon masque de deaf-nock.
- Speaker #0
J'adore, ok. Et alors, est-ce que tu t'es fait accompagner pour cette prise de parole ? Tu t'es formée, tu t'es fait coacher ? Non, pas du tout.
- Speaker #1
Mais pas du tout !
- Speaker #0
Parce que tu n'en as pas ressenti le besoin, tu n'y as pas pensé ? Ou parce que financièrement, tu ne voulais pas du tout investir ?
- Speaker #1
Je ne savais même pas que je pouvais investir. Ça ne m'est pas venu à l'idée que je pouvais faire les choses comme ça. Je me suis surtout dit, tu prends ton téléphone, tu te filmes et puis tu postes.
- Speaker #0
Ouais. Quel courage quand même !
- Speaker #1
Putain, ça a été dur.
- Speaker #0
Bah oui,
- Speaker #1
ça a été dur.
- Speaker #0
Parce que ce pas, il est énorme, surtout seul. Oui. Je te dis, moi je fais de la formation en prise de parole en public, etc. Donc je sais vraiment tout ce cheminement que ça représente.
- Speaker #1
Ouais, c'est un effort. Après, toute proportion gardée. Mais... Oui, quand tu passes de « je ne montre que mes travaux, donc ça ne m'engage pas plus que ça » à « je monte ma gueule et je parle » , c'est chelou. C'est un truc bizarre à faire.
- Speaker #0
Et le temps que ça prend.
- Speaker #1
Ah putain !
- Speaker #0
Je sais. Le montage après,
- Speaker #1
etc. C'est quand même un délire de se filmer soi-même. Prends un peu de recul. Tu te filmes toi-même dans ton salon. Tu montes.
- Speaker #0
Tu fais ton montage.
- Speaker #1
Tu fais le montage de toi-même. Et tu t'entends en boucle 50 000 fois sur la même phrase. Et après, tu postes ta propre vidéo. Il y a quand même un truc qui est trop chelou là-dedans. Tout est autour de toi.
- Speaker #0
La place de l'ego, quoi.
- Speaker #1
Alors évidemment j'adorerais que ce soit quelqu'un qui me filme, qui monte. Oui, je préférerais.
- Speaker #0
Et pourquoi tu ne le fais pas ?
- Speaker #1
Là c'est financier ? Non, ce n'est pas financier, c'est juste que... Qui quoi ? Qui, dans quelles conditions, où ça... En plus, je n'ai pas forcément de lieu pour travailler à Paris, donc... Ce serait venir chez moi, est-ce que j'ai envie... Enfin tu vois, pour l'instant... Et puis... Quelque part, est-ce que c'est pas plus mal de faire moi-même mes vidéos pour être totalement nature et spontanée ?
- Speaker #0
Sûrement, je pense.
- Speaker #1
Surtout que rien n'est prévu à l'avance.
- Speaker #0
En fait, c'est surtout ça. C'est là-dessus que j'allais rebondir. Parce que ça voudrait dire, si t'avais un truc très organisé, ça voudrait dire qu'il faut planifier, anticiper, je vais parler de ça à tel moment... Et en effet, ça c'est... Ça enlève cette spontanéité, cette liberté que tu as. Parfois, tout d'un coup, tu dis... Et moi, j'aime finalement cette parole très libre que tu as. Tu as une vraie liberté de ton.
- Speaker #1
C'est gentil. Non,
- Speaker #0
mais c'est vrai. Et pour moi, c'est complètement toi. Et je trouve que c'est aussi très fidèle à tes dessins. Tu vois, on n'est pas... Tu ne proposes pas... Alors, par exemple, tu as des ex-libris qui sont un peu plus... C'est pas classique le terme, mais tu vois notamment quand tu fais des lettres etc ça peut être assez classique.
- Speaker #1
Il n'y a pas de mal à dire ça.
- Speaker #0
Non non mais c'est vrai que t'as une offre hyper large mais dès que tu vas dans des dessins qu'on sent un peu plus personnel moi je trouve que c'est très cohérent avec qui tu es en tout cas à travers Instagram. Non mais je te dis, enfin je suis cliente donc je les ai regardées toutes. de tes pages déjà et puis je les regarde régulièrement en fait, j'aime voir tes nouveautés etc tu connais bien et puis en plus oui j'ai bien bossé parce que j'adore ça ça m'éclate de rechercher vraiment tu vois d'aller voilà et après on va parler aussi de la charity parce que c'est un vrai point et puis notamment les oiseaux de monsieur Borzex donc on va en reparler juste après, je veux pas oublier c'est pour ça que je le place maintenant mais c'est vrai que Moi j'aime justement ce truc un peu freestyle que tu as, décomplexé quand même comme je disais tout à l'heure.
- Speaker #1
Merci, c'est exactement ce que je cherche à faire.
- Speaker #0
C'est le cas.
- Speaker #1
Tant mieux.
- Speaker #0
Et c'est ça qui m'a donné envie de te contacter Morgane pour le podcast. Que je ne sois pas sérieuse tu veux dire ? Tu es sérieuse, tu sais c'est la fameuse phrase on fait les choses sérieusement sans trop se prendre au sérieux.
- Speaker #1
Ben c'est ça. c'est que si... Putain, t'as tellement bien bossé ! Si je... Excuse-moi, je te dis un nombre de gros mots à la minute. C'est pas grave,
- Speaker #0
mon fils n'écoute pas le podcast.
- Speaker #1
Si je me prenais au sérieux dans ce que je fais, ce serait tellement chiant. Qu'est-ce qu'on s'ennuierait de la vieille... d'un truc de bibliophile poussiéreux. C'est ça. Oh là là ! Non, justement, moi, ce que je cherche à faire, c'est justement de... Ouais, si tu dis « voici ma nouvelle collection d'ex-libris, elle est formidable ! » Super. Je cherche à essayer d'être le plus... J'essaie d'avoir un petit pas de côté, ou je ne sais pas comment on appelle ça, mais de ne pas être trop premier degré.
- Speaker #0
Premier degré, c'est ça,
- Speaker #1
le plus important.
- Speaker #0
Alors justement, revenons un peu sur les collections, parce que ce que tu proposes, ce sont des ex-libris en édition limitée. Oui. Chaque dessin est limité à 10 exemplaires. Et d'ailleurs, c'est numéroté. Quand on le reçoit, on a la carte. Tout à fait. J'aime beaucoup cette démarche-là. C'est pour ceux qui sont en collection. Sinon, il y a les exlibris sur mesure. Exactement. Là, tu poses des questions. Je vais commander un exlibris sur mesure. Après, je vais recevoir un mail. de ta part, c'est ça ? Et puis tu vas me poser des questions. Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Et les questions, tu as déjà une liste de questions prêtes. Ben non ! Tu vois le temps que tu gagnerais ?
- Speaker #1
Non, mais en vrai... T'as un truc de base quand même. J'ai un truc de base bien sûr, mais j'ai pas une fiche. Les questions sont toujours les mêmes pour les gens. Pour les créations sur mesure, déjà il y a deux grandes catégories de clients. Il y a ceux qui savent très bien ce qu'ils veulent et on déroule. Parfois même, ils arrivent avec un dessin et moi ça me va, je n'ai pas d'ego. Et même, je trouve ça bien, je suis contente. Parce que ça crée aussi un équilibre avec l'autre façon de travailler, avec les gens qui n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils veulent sur leur exprimer. Ils savent qu'ils en veulent un, ils savent qu'ils veulent que je le dessine pour eux, mais ils ne savent pas ce qu'ils veulent. Donc c'est vraiment deux façons de bosser différentes qui se rejoignent après. Et donc moi mon boulot, et ça j'adore dans mon boulot, c'est d'aller tirer des fils. Et de les dérouler. Je pose des questions aux gens : qu'est-ce que vous aimez faire dans la vie ? C'est quoi votre rêve ? Qu'est-ce que vous faites comme métier ? D'où vous venez ? Quels sont vos artistes, auteurs préférés ? Est-ce que vous avez des lieux géographiques ? Bref, je pose des questions, c'est toujours les mêmes, c'est pour ça qu'elles ne sont pas notées sur un carnet.
- Speaker #0
Et tu le fais par écrit ou par tonneau ? Par écrit,
- Speaker #1
toujours. Parce que l'écrit ça permet de canaliser. Sinon les gens vont me parler de 3000 trucs à la fois et on s'en sort pas.
- Speaker #0
Et puis il y a une prise de recul de facto quand tu écris qui est très intéressante. C'est pour ça que j'aime beaucoup inviter à écrire.
- Speaker #1
Dans mes accompagnements je fais toujours écrire. enfin leur mail où ils disent ce qu'ils veulent, je peux aussi en prendre connaissance au moment où je suis disposée.
- Speaker #0
Yes !
- Speaker #1
Parce que on ne l'est pas toujours. Très juste. Donc ça permet de ranger les choses aux bons endroits, au bon moment. Et donc là je tire des fils, les gens vont me... Je leur dis : "Vous essayez pas de me faire un beau texte, vous pouvez me faire même une liste. Essayez pas de rendre les choses jolies." Balancez-moi tout ce que vous avez envie de me dire. J'aime les fleurs, j'aime les pizzas... Tout peut venir. Et n'essayez pas de vous dire que ça pourrait ou pas faire un joli dessin. On s'en fout. Vous balancez tout. Vous mettez tout dans la boîte. Et moi je récupère cette boîte. Et là je vais m'accrocher à des choses que je vais sentir plus importantes que d'autres. Des fois les gens ne se rendent pas compte mais ils parlent trois fois de la même chose. Ou globalement.
- Speaker #0
Là-dessus, ça se ressemble ce qu'on fait. Ah oui ? Bien sûr.
- Speaker #1
D'aller tirer des fils.
- Speaker #0
Et puis cette psychologie de lire parfois entre les lignes ou de repérer quelque chose qui revient presque de façon un peu... Ouais, je vois ce que tu veux dire. C'est intéressant.
- Speaker #1
Qui est possible qu'il y ait une vision extérieure.
- Speaker #0
Exactement. Donc là je tire des fils sur ça, et puis il y a aussi mon sentiment. Il y a des choses, j'ai envie de les dessiner, d'autres j'ai pas envie de les dessiner.
- Speaker #1
Ce qui toi t'appelle, t'interpelle dans ce qui... bien sûr.
- Speaker #0
Ouais, je me dis ça va être trop cool à dessiner, et puis oh non ça j'ai pas envie. Bon après si c'est important, bon. Voilà, je fais mon petit truc, et là j'écris aux gens en disant voilà, d'après ce que vous m'avez dit, moi ce que j'imagine, c'est ça ça ça, ça ça ça, ça ça ça, ou alors peut-être vous me pourrez faire comme ci, comme ça. Et c'est une méthode de travail qui est vachement bien parce que ça borde à fond les choses. Je ne suis pas un génie créatif qui va sortir des trucs de son chapeau, ça n'existe pas chez moi. Je m'appuie sur les gens, sur ce qu'ils me disent.
- Speaker #1
Le brief.
- Speaker #0
Le brief. Et le fait que je leur écrive à quoi va ressembler le dessin, ce que j'imagine, ça les fait déjà se projeter. Ce qui fait que quand ils reçoivent le dessin... Ils ne tombent pas de leur chaise. Ils ont été préparés. C'est une méthode de travail...
- Speaker #1
Éprouvée.
- Speaker #0
Ça fonctionne très bien.
- Speaker #1
Il y a à peu près combien de temps entre la commande et la livraison d'un ex-libris sur mesure ?
- Speaker #0
Très long. J'imagine. C'est très long parce que j'ai de l'attente. Là, il fut un temps, on avait un an d'attente. On a réussi à se réorganiser. Je crois qu'on est à huit mois, en tout cas. Le plus long, c'est l'attente. Après une fois que j'y suis, ça peut être très rapide.
- Speaker #1
Mais donc l'attente, c'est est-ce que tu poses les questions dès la prise de commande ? Non justement, t'as le temps de pouvoir vraiment t'y mettre. Ok, c'est intéressant.
- Speaker #0
Sinon tu zappes, enfin tu vois, un mois plus tard,
- Speaker #1
t'es plus dedans.
- Speaker #0
Et après ça va très vite, enfin ça dépend en fait des commandes de chacun mais ça peut prendre des mois si les gens ne sont pas disponibles pour répondre. Comme ça peut prendre deux jours.
- Speaker #1
Et c'est quand même toujours le même prix, c'est 280 euros je crois. Ok. Quelle que soit la complexité ou le temps. Ok. Et on peut aussi rajouter, mais même pour les exclébristes qui sont en collection, on peut aussi choisir un très beau manche. J'ai vu que vous le voyez incroyable, c'est un très beau dessin.
- Speaker #0
Oui, ça a été réalisé par la Maison Avril, qui est un ébéniste, qui fait de très très belles choses. parce que je lui ai demandé de travailler sur des manches, de faire quelque chose un peu plus haut de gamme.
- Speaker #1
- Vraiment un objet ?
- Speaker #0
- Exactement.
- Speaker #1
- Que tu laisses sur ton bureau ?
- Speaker #0
- Exactement. L'idée surtout du deuxième, celui qui s'appelle "Ator", c'est de faire une sorte de sculpture, qui quand on pose le tampon sur son socle, on ne voit plus la gravure du tampon et du coup On ne sait même pas que c'est un temple. C'est une sculpture en fait. Mais ça reste quand même ergonomique. C'est là où il est trop fort.
- Speaker #1
Et il est où ?
- Speaker #0
Il est au Havre. Pur hasard. Il est très doué, il m'a fait des choses très belles.
- Speaker #1
C'est très beau, on voit pas mal de photos sur ton site, c'est magnifique. Et alors pour la collection, je reviens sur les... qui sont limitées à 10 exemplaires. Il y en a beaucoup parce qu'en fait Tu crées régulièrement des nouvelles collections. Tu as des thèmes à chaque fois ? Pas spécialement ? Est-ce que tu as une temporalité dans tes collections ? Oui,
- Speaker #0
déjà je fais une collection avant Noël qui sort en octobre. Et une collection au printemps qui sort en mars en général.
- Speaker #1
Et à chaque fois, tu as à peu près combien d'exlibris dans une collection ?
- Speaker #0
250-300. Ouais.
- Speaker #1
C'est ça, parce que je me dis mais c'est énorme. Non mais c'est foisonnant.
- Speaker #0
Mais c'est un gouffre. Le fait de décider qu'ils sont à dix exemplaires, ça leur donne de la valeur. Moi aussi, ça me pousse à ne pas me reposer sur mes lauriers et à toujours travailler. Parce que s'ils n'étaient pas limités, je les vendrais comme ça sans me soucier.
- Speaker #1
Tu n'as plus besoin de créer quoi.
- Speaker #0
Voilà. Mais ça a double tranchant. très prenant. Pour sortir une collection, c'est du taf. C'est vraiment du taf.
- Speaker #1
Mais pourquoi tu en fais autant ?
- Speaker #0
Là, je vais en faire un peu moins.
- Speaker #1
Parce que t'aimes ça ou parce que tu ressens que c'est un besoin et une attente ?
- Speaker #0
En faire 300, j'aime pas ça. En faire un peu, évidemment, mais m'en cogner 300, non. Enfin... Oui et non.
- Speaker #1
Oui, parce que pardonne-moi, mais personne ne t'oblige. Personne ne m'oblige. C'est toi qui décide ça.
- Speaker #0
Oui. C'est un mélange de « j'ai mille idées que j'ai envie d'aborder » et « il y a un besoin » parce que souvent, ce n'est plus le cas maintenant, parce que j'en dessinais moins avant, mais après Noël, le site était vide. Donc il fallait que... Il fallait réassortir. Voilà, exactement. Ce qui est moins le cas maintenant parce que comme j'en ai produit beaucoup, du coup on a quand même plus de... Oui, il y a quelques archives,
- Speaker #1
enfin il en reste il y en a où il n'en reste qu'un exemplaire sur un dessin mais voilà il y en a quand même pas mal.
- Speaker #0
Le site est plus vide comme il pouvait l'être avant. Donc c'est pour ça que je te dis là je vais pouvoir lever un peu le pied sur la...
- Speaker #1
Tu vas pouvoir un peu te reposer sur tes acquis. Mais en tout cas enfin C'est intéressant de voir quand même ce besoin de créer. Est-ce qu'il n'y a pas, tu ne sais pas, sous-jacent un peu ce besoin de prouver que tu peux créer autant ? C'est intéressant vraiment de voir pourquoi tu ressens cette nécessité de fournir, de produire autant. C'est ma question. Pardon.
- Speaker #0
ça vire en psy oui c'est ce que j'allais te dire j'avais pas prévu de...
- Speaker #1
non excuse-moi, encore une fois je peux pas m'en empêcher c'est ma déformation professionnelle mais je trouve ça intéressant parce que vraiment c'est toi qui t'es seule maître à bord tu vois c'est toi je suis la seule à foutre de la merde tu veux dire c'est ça ? mais tu vois ce que je veux dire je pense que c'est intéressant peut-être quand même toi d'aller questionner ça et notamment dans ton temps parce que quand on est chef d'entreprise, parce que tu es chef d'entreprise, artiste-chef d'entreprise, c'est toujours cette ambivalence très complexe entre je suis dans l'art et en même temps j'en vis et je veux développer mais pas trop parce que je ne veux pas avoir l'air non plus de faire plein d'argent, parce que je suis artiste, etc. Je connais bien toutes ces problématiques, j'ai l'habitude, encore une fois c'est assez fréquent. Mais donc, de se dire je dois produire, ça vient peut-être répondre à ton besoin de sécurité, etc. Bien sûr. En tout cas, moi je suis certaine que même si tu dessinais un peu moins et que donc, même si t'aimes ça, et la preuve à chaque fois, c'est très beau. C'est vrai. Ce qui est bien, c'est que t'as quand même des propositions qui peuvent plaire aussi à vraiment différentes typologies de personnalité. C'est ça qui est super. Ce n'est pas purement juste du Morgane Rosspart, tu vois. On va ressentir ton trait, évidemment. Mais ça, je trouve que c'est très intéressant aussi. Bref, mais tout ce temps-là... Parce que donc, justement, par rapport à ton temps, est-ce que tu sais à peu près combien de temps tu consacres au dessin ? Tu vois, en pourcentage... Voilà, genre 50% de mon temps, je dessine. Tel temps, je communique sur Instagram. Tu passes beaucoup de de temps sur Instagram quand même. Tu réponds aux messages, tu vois. T'as quand même une communauté, t'as plus de 20 000 je sais plus combien exactement. T'as quand même une belle communauté. Là, les semaines avant Noël, tu crées les...
- Speaker #0
Les fameux, les traditionnels.
- Speaker #1
Donc tout ce temps là, comment tu l'organises ou pas ? Et est-ce que tu trouves que ça répond à un équilibre en toi ? Ou est-ce que tu sens par exemple, j'aurais besoin de plus de temps pour...
- Speaker #0
Ah oui clairement, je suis sous l'eau. Surtout que là je suis sur la fin de Noël. Mais Noël moi ça a commencé en septembre même. Je suis en mode intensif depuis début septembre. C'est trop. Oui j'en ai marre. Oui, c'est comme ça que je fonctionne. Je ne sais pas, il faudrait que je me réorganise. Effectivement, peut-être que si je m'accordais de me dire « Ok, le matin tu fais ci et l'après-midi tu fais ça » , peut-être que ce serait plus respirable. Mais comme je fais les choses en fonction de comment elles m'apparaissent, comment elles me viennent, je réagis instantanément.
- Speaker #1
Comme Amélie Nothomb qui explique qu'elle se lève tous les jours à 4h du matin pour écrire. C'est cette discipline créative. C'est intéressant, après elle le dit que c'est parfois une souffrance mais que c'est nécessaire.
- Speaker #0
Oui j'ai déjà entendu ça, tu as raison. Alors justement le mot discipline je vais me le garder en tête parce qu'il n'y en a pas en fait chez moi du tout.
- Speaker #1
Tu sais, j'ai récemment été interviewée par une journaliste qui s'appelle Caroline Hamel pour un article qu'elle a écrit dans le Madame Figaro, justement sur la discipline créative comme antidote à la flemme.
- Speaker #0
Oui, tu m'en avais parlé.
- Speaker #1
Je crois que je t'en ai parlé et c'est hyper intéressant. Je t'enverrai l'article, il est paru mi-novembre. Et elle, enfin vraiment, cette notion de discipline, moi quand elle m'en a parlé au début, j'étais un peu genre... Ça me gêne parce que pour moi, c'est complètement antinomique de la créativité. Mais finalement, pas tant que ça. Je disais notamment que ce qui est important pour la créativité, c'est le mouvement. Et donc par exemple, de se mettre le corps en mouvement... peut aider, tu vois, souvent quand tu te prends la tête littéralement, en fait la meilleure chose à faire c'est de marcher. Et hop, tout d'un coup, comme par magie, ça descend de la tête vers les pieds et t'es en contact avec la terre. Et voilà, c'est hyper important pour redescendre littéralement, reprendre contact plutôt que d'être là-haut, tu vois. Et je trouve que finalement de se dire, bah oui, Tous les lundis, je fais ça. Après, ça peut être un peu relou. Mais c'est important de créer des routines aussi, des rituels qui aident à ce que ça devienne des automatismes. Et une fois que c'est devenu une habitude, tu n'as même plus besoin d'y penser et ça rentre dans ton... Et ça te prend moins d'efforts et ça te prend moins de temps, etc.
- Speaker #0
Et tu as une sensation du travail accompli.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tu ne connais pas.
- Speaker #1
Grisante.
- Speaker #0
Tu as toujours l'impression que la montagne n'est jamais de choses à faire. C'est dur ça. Oui, c'est dur. C'est fatigant.
- Speaker #1
Très. La montagne, je parle souvent de cette image de l'Everest où si tu ne vas pas au sommet tout de suite, tu as plein de paliers, tu as des sherpas. Mais d'abord, tu as des paliers. Parfois, tu restes longtemps à un palier. Avant de pouvoir continuer ton ascension. C'est la même chose dans n'importe quel objectif, notamment professionnel, surtout d'un business, même sans business plan, mais c'est de se dire, tiens là, d'avoir une vision un peu plus à court terme, aide à atteindre le moyen et le long terme.
- Speaker #0
Oui, tu as raison.
- Speaker #1
C'est une question que je voulais te poser, mais j'ai un peu la réponse. Est-ce que par exemple tu as un peu une visibilité ? On est en fin d'année et on diffuse l'épisode début d'année 2026. C'est assez propice au bilan et justement aussi à la vision et à mettre des nouveaux objectifs ou des intentions, etc. Est-ce que tu as cette visibilité, cette vision de ce que tu veux mettre en place et de comment tu veux développer ?
- Speaker #0
J'ai des envies, ça ne veut pas dire que ce sont des envies que je vais développer, travailler dans l'immédiat. Moi en début d'année, mon but c'est de ne plus rien foutre.
- Speaker #1
Ok, parce que tu sors de Noël et c'est crevant. Tu prends des vacances ?
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
ok,
- Speaker #0
je m'arrête là, je coupe tout. pour me remettre en état.
- Speaker #1
C'est bien, mais c'est super.
- Speaker #0
Pour ensuite repartir sur la chapeau de roue parce qu'il faut faire la nouvelle collection. Exactement. Tu vois, le moment du bilan...
- Speaker #1
Oui, il passe à l'as un peu.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Et alors justement, tu parlais tout à l'heure... Ah ben non, t'en parlais en off du crayon. J'aimerais qu'on en parle évidemment parce que t'as fait un pop-up. C'était le marché de Noël, c'est ça, de l'hôtel de crayons. qui est place de la Concorde à Paris. D'ailleurs je crois que je te l'ai dit, mais c'est là-bas que mes parents s'étaient mariés en 1964. - Oui tu m'avais dit ! Quelle classe intersidérale !
- Speaker #0
- T'as vu un peu ?
- Speaker #1
Donc pour moi ça a toujours représenté... Enfin tu sais, j'y avais jamais été évidemment, mais tu sais ça représentait un peu un Graal quoi le crayon. Et j'ai une amie, c'est drôle, qui s'est mariée au Crayon il y a trois ans, bah oui juste après ou avant nous, bref. En tout cas, j'ai malheureusement pas pu venir te voir ce week-end là. Mais ça m'intéresse de savoir un peu déjà comment t'as préparé, combien de temps avant t'as préparé, comment aussi tu t'es retrouvé avec cette opportunité ? Est-ce que c'est toi qui les a sollicités ou est-ce que c'est eux qui t'ont découverte et contactée ? Et ensuite je te demanderais aussi évidemment ce que ça t'a apporté ? tant humainement qu'au niveau du business pur.
- Speaker #0
J'ai les réponses à toutes ces questions.
- Speaker #1
The floor is yours.
- Speaker #0
Pour être chronologique, comment ça a commencé ? Tout simplement, moi je travaille, je suis représentée par une agence de communication et de presse qui s'appelle Melchior.
- Speaker #1
Je ne t'ai même pas posé la question et je ne savais même pas. Très bien,
- Speaker #0
tu le sais.
- Speaker #1
Je connais Melchior.
- Speaker #0
Et donc voilà, c'est Clarisse... qui s'occupe de moi, que j'adore, qui m'a dit il faut que tu sois au crayon, ils font le marché de Noël, il faut qu'il soit. Moi, panique. Ben oui. Panique.
- Speaker #1
Parce que je ne crois qu'au digital et je suis planquée avec mon masque de Daft Punk.
- Speaker #0
Exactement. Et que surtout, moi, j'ai été persuadée d'une chose, c'est que quand j'ai lancé les Ex-Libris il y a 11 ans, J'ai commencé par aller voir une ou deux librairies, en disant tiens j'ai ça comme projet. C'était dur pour moi d'aller toquer à la porte et de dire bonjour j'ai un projet, je savais que j'allais être mal reçu donc j'étais un peu stressée et tout ça. Et puis finalement j'étais un peu pas mal reçu mais on m'a dit ouais non.
- Speaker #1
Parce que tu proposais peut-être de les vendre là-bas en fait ? Bah c'est ça,
- Speaker #0
et les mecs m'ont dit bah non c'est trop de bord, ils avaient pas tort. Ils m'ont dit non c'est trop, c'est un merdier à mettre en place. prendre la commande, vous la transmettre... ils n'avaient pas tort. Et finalement ça m'a enrichi cette façon de m'avoir dit non. Et je me suis dit digital, allez hop, je fais appel à la personne, je fais mon truc. Et ceci étant, c'est très approprié puisqu'on est sur de la personnalisation. Donc il... Il faut bien la fabriquer, la commande. On ne peut pas l'avoir tout de suite. Oui,
- Speaker #1
ce n'est pas un objet fini.
- Speaker #0
Ce n'est pas un objet fini. On ne peut pas l'avoir dans l'immédiat. Donc ça répond parfaitement à cette contrainte-là de la fabrication. Donc moi je suis restée sur ça 11 ans plus tard. Non. Non, no way. Ça ne peut pas fonctionner en physique. Ça ne peut pas fonctionner en physique. Et Clarisse m'a dit, t'arrêtes tes conneries, tu vas y aller. Et j'ai accepté, j'ai fait la pire insomnie de ma life ce jour-là. Mais la pire, je n'ai jamais fait ça. C'est à 6h du mat', je ne t'en mets toujours pas. Je n'avais jamais fait ça. Et en fait, j'ai été assaillie d'idées pour mettre en place le truc. Ah ouais ? De micro-détails, de tiens, il faut que j'imprime ça, il faut que je fasse ci, il faut que je fasse... Mais dans ces moments-là, il vaut mieux se lever et tout écrire. C'est ce que j'ai fait ! Ah ouais, cool ! J'étais dans mon salon sur mon ordi.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, t'as ouvert un truc de créativité. Le délire.
- Speaker #0
C'est génial. C'est génial, en même temps c'est méga flippant. Qui ne dort pas pour ça ?
- Speaker #1
Beaucoup de monde, je te rassure. Tu crois ? Ah ok, merci.
- Speaker #0
Ceci étant... Ce que j'ai écrit ce jour-là, cette nuit-là, ça a été ma feuille de route pour la suite. Donc finalement, c'était peut-être pas si con de ne pas dormir.
- Speaker #1
Je t'interromps, tu sais pourquoi on n'est plus créatif la nuit ?
- Speaker #0
Non, je ne sais pas.
- Speaker #1
Parce que justement, on n'a aucun bruit du jour. C'est-à-dire qu'il n'y a pas les appels, il n'y a pas les sollicitations. Même le bruit ambiant en général, la nuit, c'est quand même très calme. parce qu'on a ce sentiment d'être seule, d'être isolée. Et en fait c'est très propice à ouvrir, parce que justement tu n'as rien d'autre à faire, tu ne vas pas lancer une machine, chercher ton enfant à l'école, répondre au téléphone, répondre aux mails, non tu ne fais pas ça la nuit a priori. Donc, bam, il y a tout qui s'ouvre et c'est fabuleux.
- Speaker #0
C'est marrant.
- Speaker #1
Moi j'écris souvent, il y a des moments où j'ai des trucs d'écriture la nuit et donc je me lève, je mets tout sur une note dans mon téléphone parce que je ne dors pas avec le téléphone. Le wifi on l'éteint la nuit nous et tout, tu m'en es à donf genre d'éteindre les ondes au max les ondes au max mais ça m'arrive de me lever pour écrire tout ce qui est dans la tête sinon tu ne peux en effet jamais te rendormir. Tant que c'est là tant que ça reste dans la tête mais c'est génial Et ça a été ta feuille de route, tu vois ? Ouais.
- Speaker #0
Finalement, c'était efficace.
- Speaker #1
Ça valait le coup de pas dormir !
- Speaker #0
Oui, ça valait le coup. Bon, après, feuille de route, c'est un bien grand mot parce que... Voilà, mais en tout cas, toutes les petites idées que j'avais pour rendre ce stand joli, alors que je ne l'avais jamais vendu en physique et que comment est-ce que je... Voilà, comment je fais ça ? Ben, c'est ce qui a été appliqué pour ce marché. Euh... Donc ça m'a demandé du temps, ça m'a demandé du stress parce que je ne savais pas comment préparer ça.
- Speaker #1
C'était combien de mois avant ça ?
- Speaker #0
J'ai dû valider mon inscription au crayon au printemps. Donc 6 mois avant à peu près. Puis après j'ai briefé mon éméniste pour qu'il me fasse mes podiums pour mettre en valeur les ex-librisques. avant l'été et puis on s'est remis dedans à la rentrée et pour l'occasion t'as voulu créer un ex-libris exclusif qu'on ne pouvait acheter que là-bas parce que je trouvais une super idée en me disant fuck off je fais que le truc que j'ai envie de faire Parce qu'en fait au départ je voulais faire un ex-libris qui parlait, enfin c'est aussi son cas. L'idée c'était de faire un ex-libris d'amour. J'offre cet ex-libris pour Noël à une personne que j'aime, que j'aime d'amour de famille, de couple, enfin anyway. L'amour au sens large. Au sens large. Et donc j'ai essayé des trucs.
- Speaker #1
T'as fait des tests en story un peu ? J'ai fait des tests en story. Je me souviens parce que j'ai interagi.
- Speaker #0
Les gens n'ont rien compris.
- Speaker #1
Bah non !
- Speaker #0
J'ai recommencé.
- Speaker #1
C'était un peu le rébut-rébout en avance.
- Speaker #0
J'ai refait un autre dessin en disant qu'est-ce que les gens perçoivent. Fail. Et là je me suis dit mais de toute façon tu n'arriveras pas à faire un truc qui est consensuel. Non, ça n'existera pas. Donc on s'en fout, tu fous tout ça à la poubelle. et tu fais le truc que toi tu aimerais recevoir. En sachant que, j'en vendrais pas beaucoup. Parce que je sais que ceux que je fais comme ça, c'est pas ceux qui répondent, enfin ceux qui plaisent le plus.
- Speaker #1
Et donc là t'avais produit un nombre spécifique en amont ?
- Speaker #0
Ouais. Non non,
- Speaker #1
parce qu'ils sont fabriqués à la commande.
- Speaker #0
Ils sont fabriqués à la commande.
- Speaker #1
Mais alors c'était aussi une édition limitée à 10 exemplaires ?
- Speaker #0
Oui, mais en fait j'en ai pas vendu beaucoup.
- Speaker #1
Ok, mais tu as vendu d'autres Exilbris aussi ? Oui, plein.
- Speaker #0
Mais celui-ci que j'ai fait en mettant la musique très très forte, je me suis dit vraiment tu fais celui que t'aimerais recevoir. Peu importe si les gens ne voient pas ce que tu y as mis comme symbole, c'est vraiment celui que tu fais avec le fond de ton cœur à ce moment-là maintenant. J'en ai vendu quelques-uns, mais je savais que ce n'était pas celui qui allait marcher, je le savais.
- Speaker #1
Il y a eu beaucoup de monde, je crois.
- Speaker #0
Oui, beaucoup.
- Speaker #1
Les gens faisaient la queue même, tu m'as dit, dehors.
- Speaker #0
Oui, alors il n'y avait pas que moi. Il y avait évidemment d'autres marchands, d'autres exposants. Mais oui, j'ai des clients qui sont venus me voir et qui m'ont dit « On n'a fait que une heure et demie sous la pluie pour venir vous voir » . T'imagines ? C'est du délire, il ne fallait pas faire ça. Restez chez vous ! Non, c'est très touchant.
- Speaker #1
Et ça t'a fait quoi de rencontrer les gens en vrai ?
- Speaker #0
J'en étais contente parce que ce n'est pas dans ma nature de faire ça. Je peux être très mal à l'aise. C'est un boulot quand même d'être en contact avec les gens comme ça. et j'étais contente, j'ai eu des gens qui sont venus me voir, qui me suivent depuis longtemps, qui ont eu des échanges super mignons, qui étaient contents de me rencontrer, j'étais contente de les rencontrer. Ça m'a donné envie de continuer, d'organiser des nouvelles rencontres dans des lieux peut-être moins inaccessibles, même si c'était très accessible pour l'événement mais... Oui,
- Speaker #1
c'est quand même un palace à Paris en plus. Je veux dire ça peut être un peu exclusif justement.
- Speaker #0
Bon là c'était ouvert à tous donc on pouvait rentrer mais je peux comprendre qu'on n'ait pas envie d'y aller.
- Speaker #1
Oui oui je comprends. Ça peut être intimidant.
- Speaker #0
Oui clairement je peux le comprendre. Donc l'idée ce serait de peut-être organiser des rencontres dans des lieux plus simples avec moins de monde et et me plier à ce nouvel exercice avec lequel je ne suis pas à l'aise.
- Speaker #1
Mais donc, je me souviens, tu m'avais dit à ce moment-là, moi qui ne croyais qu'au digital, finalement, je suis en train de m'ouvrir. C'est génial.
- Speaker #0
Oui, ça m'a attiré des enseignements. Déjà parce que j'étais absolument certaine que les gens n'allaient pas venir physiquement pour acheter des ex-hybrides qu'ils allaient recevoir. plus tard par la poste. Le temps de la fabrication. J'étais sûre que les gens allaient faire, bah non, moi je le veux maintenant en fait. Et en fait, je me suis complètement plantée. Les gens n'avaient rien à foutre d'attendre. Ils s'en foutaient.
- Speaker #1
Pourquoi ?
- Speaker #0
Bah parce qu'ils comprennent en fait. Ils sont pas cons. Ils comprennent qu'il faut du temps pour fabriquer et que...
- Speaker #1
Et puis t'avais quand même prévu un petit... Enfin, ils repartaient pas les mains vides non plus complètement.
- Speaker #0
J'avais prévu un truc mais je l'ai laissé tomber. Ça, ça fait partie de mes trucs... de mes délires de meufs... Qui veut trop bien faire. On s'est rendu compte avec Nolwenn que c'était 100% de la merde et que ça nous faisait perdre du temps. J'avais prévu qu'ils repartent avec la version imprimée de leur ex-libris avant de le recevoir. En fait, je me suis rendue compte que...
- Speaker #1
Comment t'as allé te faire ? Non, c'était...
- Speaker #0
Bref, j'ai pas toujours des bonnes idées.
- Speaker #1
C'est normal. Surtout finalement, c'est de voir que sur un moment... ça fonctionne pas mais on le fait pas et puis c'est très bien. Tout va bien.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Ok. Et ça, donc pour toi, ça a été une expérience plutôt positive déjà humainement. À fond. Très.
- Speaker #0
À fond.
- Speaker #1
Et financièrement aussi ?
- Speaker #0
J'ai eu peur.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
J'ai cru que j'allais faire un truc, parce que j'y investis quand même pas mal de trucs pour l'installation. Bah oui. Bah oui. Non, non, si, si, c'est bon. Je referai... Tu vois ? Je referai ça l'année prochaine si je peux. Et surtout tu vas en faire peut-être plus et différemment. Ouais. Exactement.
- Speaker #1
Trop bien. Trop bien.
- Speaker #0
alors on a parlé trois quatre fois durée du rébut et vous mais il raconte un peu explique ce que c'est et après on parle à l'afp on parlera des échecs caritatifs c'est un rêve lui bourré donc là où elle s'est enjeu j'ai mis en place sur instagram il ya ou quelques années déjà mais on doit être là quatrième ou cinquième édition déjà pour cent pour un fait moins juste je m'amuse avec les gens en fin d'année pour le juste jeu jeudi Je fais des rébus inspirés de Noël, on peut changer de thème mais en général c'est autour de Noël, puisque c'est un rébus par semaine en décembre avant Noël. Et juste l'idée c'est de faire un truc où on se marre, point.
- Speaker #1
Et en fait les gens l'attendent.
- Speaker #0
Et les gens l'attendent, c'est un sujet dingue.
- Speaker #1
Et ça tu me dis mais je ne comprends pas.
- Speaker #0
Non, c'est trop marrant.
- Speaker #1
Mais moi, je l'attendais. En plus, là, c'est la première fois que je trouve... Là, c'était le troisième. J'ai trouvé les trois. Première fois que ça m'arrive.
- Speaker #0
Ausha parce que la suite...
- Speaker #1
Oui, j'imagine. Mais je les ai trouvées plus faciles que les dernières.
- Speaker #0
Tu vas voir une pote.
- Speaker #1
Et en fait, celui qui gagne, tu fais un tirage au sort dans les réponses. Les réponses à condition qu'elles soient correctement, comme tout concours Instagram, il faut... Faut liker tel truc, faut taguer deux personnes, faut répondre normal là-bas. Et celui ou celle qui est tiré au sort gagne un marque-page. Déjà il sait pas ce qu'il gagne. Non mais c'est la beauté du geste en fait, on joue juste pour le plaisir de jouer.
- Speaker #0
Oui c'est trop marrant, j'adore. C'est génial. J'ai failli arrêter de faire ce truc-là.
- Speaker #1
Mais en fait non, c'est tellement toi et c'est ça. Parce que t'en as parfois qui te balancent des trucs tellement drôles.
- Speaker #0
Mais c'est trop drôle. Mais oui, c'est ça.
- Speaker #1
Non, mais c'est très cool. Alors justement, je parlais un peu des œuvres caritatives parce que tu es assez engagée. Enfin en tout cas,
- Speaker #0
raisonnablement quand même.
- Speaker #1
Voilà, mais en tout cas, c'est important pour toi. Et il y a quand même une page dédiée sur ton site qu'encore une fois, il a fallu un peu galérer dans les tréfonds, mais que j'ai trouvé. Voilà. Et donc, à chaque fois, t'expliques. J'aime beaucoup. Il y a une histoire assez courte sur le contexte. Voilà, ça, ça a été créé au moment du Covid pour un EHPAD. Enfin, il y a plusieurs choses comme ça. Et récemment, tu as donc pris la parole face caméra sur Instagram pour raconter. Et donc, j'aimerais que tu nous racontes l'histoire de Monsieur Borzex.
- Speaker #0
Ah, ça, j'adore cette histoire. En début d'année dernière, donc janvier 2025, j'ai eu... une double page dans le Télérama.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut s'arrêter sur ça ?
- Speaker #0
Truc de ouf !
- Speaker #1
Merci à l'agence Melchior aussi, merci Clarisse.
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
Mais ouais, bravo.
- Speaker #0
Incroyable, j'avais l'impression d'être... d'être un célibatrice. C'est création ? Oui, bien sûr. Et donc le truc sort. Et je reçois un message d'une dame qui me dit « Je ne vous connaissais pas avant le Télérama. Je voulais juste vous dire que je suis propriétaire d'un ex-impris dont j'ai hérité de mon père, qu'il a lui-même gravé pour lui et sa femme. Il l'a gravé sur une gomme. C'est un nobody. Ce n'est pas un artiste connu. C'est un... Un monsieur tout le monde, comme on dit. Il a gravé ça sur une gomme et il en a fait un extébrice avec deux oiseaux.
- Speaker #1
Donc il trempait sa gomme dans l'encre pour marquer ses livres.
- Speaker #0
Il y a deux oiseaux, un noir, un blanc, et c'est lui et sa femme. Et donc ce monsieur est mort, sa fille en a hérité, et sa fille me dit « je ne suis pas toute jeune, toute jeune, et que quand moi je vais partir... » Cette ex-hybride va disparaître avec moi. Et elle me dit, alors que la meuf ne me connaissait pas du tout, si vous le souhaitez, je vous le cède gracieusement. Putain, mais tu ne me connais pas ? C'est trop chouette, c'est trop cool, cette confiance. Donc on discute un peu, elle me montre l'ex-hybride, en plus il est magnifique, il est tout à fait dans ce que j'aurais pu faire. Il ne dénote pas ? Il se range bien dans le truc, je trouve. Et je lui dis : "Si votre but c'est qu'il continue à vivre, si vous me le donnez et que je le mette dans un tiroir, il ne va pas vivre davantage." Donc la seule chose c'est de le mettre sur mon site et de le vendre. Déjà ça c'est la première question. Est-ce que vous êtes d'accord pour qu'il vive chez d'autres gens ? Ce ne sera plus votre ex-libris ni celui de votre père. Elle me dit « Oui, bien sûr, pas de problème. » Je dis « Bon, ok, j'ai réfléchi. » On raccroche. Je la rappelle. Et je lui dis « Écoutez, j'ai pensé à un truc. Moi, ce truc-là, cette ex-hybride-là, comme je ne l'ai pas dessinée, il est hors de question que je touche l'argent qui va avec. Et je lui explique qu'a priori, moi, ce que j'aimerais faire, c'est que ça revienne à une association. Et je lui demande ce qu'elle a choisi comme association. Elle n'a pas réfléchi. plus d'une seconde, je pense que c'est quelqu'un qui est déjà actif dans ce genre de choses et qui me dit « Je veux que ce soit pour la fondation des femmes. »
- Speaker #1
Je dis « Bon, ok. »
- Speaker #0
En fait, tout s'est fait très facilement comme ça.
- Speaker #1
Everything happens for a reason.
- Speaker #0
Voilà. Tu auras peut-être la réponse à ma question à ma place en fait. C'est ça. Et voilà. Et du coup, comme mes ex-libris sont en édition limitée, j'en vends que 10. C'est complètement stupide de n'en vendre que 10. On se coupe d'un revenu pour l'association. Donc je dis, si vous êtes d'accord, je vais bien faire une exception. La seule et l'unique, c'est que celui-ci sera vendu en illimité, sans limite de temps, sans limite d'exemplaire. Tant qu'il sera là, tant que je serai vivante, cette expérience existera. Et la nana me dit, ok, d'accord. Et elle me rappelle. Elle me dit, écoutez, je suis trop contente. Elle me dit « Je suis trop contente parce que déjà vous donnez vie à Alexis Brice de mon père, vous répondez à ma demande alors que vous auriez pu ne pas y répondre. » Et elle me dit « Je suis trop contente parce que même quand je ne serai plus là, il continuera à aider des femmes qui sont dans le besoin. » Trop mignon ! Trop bien, j'adore ! Ça crée, ça tisse des liens humains qui sont incroyables ! Tu vois encore un autre exemple de truc que je n'avais pas anticipé ? Justement c'est ça, c'est l'affection, le lien avec les gens. Je ne pensais pas que j'allais connaître ça.
- Speaker #1
Tu reçois des cadeaux aussi ?
- Speaker #0
Je reçois des cadeaux.
- Speaker #1
De clients ?
- Speaker #0
De clients.
- Speaker #1
C'est merveilleux.
- Speaker #0
Oui, comme je te disais tout à l'heure, j'ai reçu…
- Speaker #1
Moi je t'ai fait un cadeau parce que j'en fais toujours.
- Speaker #0
Le questionnaire de Proust.
- Speaker #1
Le questionnaire de Proust.
- Speaker #0
Qui fait écho à mon…
- Speaker #1
à ton site,
- Speaker #0
que je vais remplir avec joie dès que j'aurai dormi un peu. Mais oui les gens me font des cadeaux, je te dis, j'allais dire vous encore. J'ai reçu des tricots, des broderies pour la naissance de mes enfants, trop mignons. Des gens qui m'envoient, ils ont trouvé chez eux des Des documents qui parlent des ex-libris,
- Speaker #1
ils me les envoient. Mais ça c'est génial, j'adore. C'est-à-dire que tu es tellement associée à l'ex-libris que tout ce qui a trait à l'ex-libris va nous faire penser à toi. C'est grand.
- Speaker #0
Mais ouais.
- Speaker #1
C'est cool. C'est cool, je suis contente. Attends, en fait, t'as vraiment... réhabiliter l'ex libris en France d'une certaine façon quand même. - Ouais,
- Speaker #0
je l'ai dit poussiéré.
- Speaker #1
Il existait et je lui ai redonné une vie quoi. - Bah quand même quoi ! C'est cool ! - Bah ouais ! - Je suis pas mécontente ! - Ouais c'est top !
- Speaker #0
- Et là j'ai reçu... il y a des gens qui m'envoient... je sais que j'ai un monsieur, je lui avais fait un ex libris sur mesure, il m'a offert un livre sur lequel... ça arrivait plusieurs fois, des gens qui m'envoient des livres avec leur ex libris dessus.
- Speaker #1
- Bien sûr !
- Speaker #0
- Et là dernièrement... Trop mignon, c'est des clientes qui m'achètent des ex-hybris à chaque collection tout le temps. Elles sont hyper fidèles. Et là, elles m'ont envoyé par la poste un mini carnet de je ne sais pas combien de pages. Et elles ont tamponné chaque ex-hybris qu'elles avaient chez elles, mais je ne sais pas combien elles en ont. Tout le carnet est rempli. C'est vraiment un carnet qui est à l'échelle d'un ex-hybris en plus. Et en face de chaque ex-hybris, elles expliquent ce qu'ils ont fait. Quand est-ce qu'elles l'ont acheté ? Qu'est-ce que ça a fait ?
- Speaker #1
Je te jure. Genre une archive, c'est trop mignon. Mais c'est beau !
- Speaker #0
C'est trop beau ! J'ai reçu ça, j'étais là « wow » . Tu sais, tu mesures la beauté de... Elles ont pris du temps pour...
- Speaker #1
Mais en plus je trouve que c'est hyper... C'est une question que je me demandais en fait. Mais donc en fait les gens quand même en ont plusieurs. Oui. Tu vois c'est fou ! Moi, j'avoue que je le sacralise presque un peu. Donc pour moi, j'en ai un et voilà quoi. Mais c'est génial d'en avoir toute une collection. Est-ce qu'elles l'utilisent ? Est-ce qu'elles ont genre un ex libris spécifique pour telle catégorie de livres ?
- Speaker #0
Je crois qu'il y en a un pour les livres d'art,
- Speaker #1
un pour les romans, un pour je ne sais pas quoi. Il y en a aussi, je crois si j'ai bien compris...
- Speaker #0
C'est aussi un peu l'humeur au moment où on l'achète ou l'humeur au moment où on l'utilise sur ses livres.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
C'est d'une grande liberté, finalement. On n'est pas obligé d'être coincé avec un ex-service.
- Speaker #1
On fait ce qu'on veut. C'est top. J'adore ça. Parce que c'est vrai que c'est quand même... À la base, tu te dis, c'est pas comme un produit qu'on va racheter régulièrement. Normalement, non. Voilà. Donc... Toi, pour développer le business, tu es obligé d'avoir de plus en plus de clients. C'est difficile d'avoir des returning customers, des clients récurrents, même si tu en as quelques-uns, ce que je trouve génial. Parce qu'on n'en a pas parlé, mais le prix moyen d'un Exlibris, c'est à peu près 75 euros. Oui, 75 euros, tout à fait. Ceux qui sont en collection. On est tenus par le temps, on est obligés. C'est ce qui est bien. Ce qui n'est pas grave. Tu vois, c'est un cadre. Mais on va être obligés quand même de libérer ce petit salon Colette. C'est un salon à l'étage chez Drouan que j'adore parce qu'il est très cosy. Il est pour deux, trois personnes. Et alors d'ailleurs, tu as remarqué en arrivant tout à l'heure qu'il y avait un cadre. Il y a en fait des cadres avec des couvertures de livres de Colette et puis il y a même de la correspondance. Il y en a un, tu veux nous en parler ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si je dis vrai, mais en tout cas, moi, ce que je comprends, c'est que c'est marqué Colette et Méheu. Et pour moi, Méheu, c'est Mathurin Méheu, qui est un artiste breton. Et donc,
- Speaker #1
ce serait lui qui aurait dessiné peut-être cette couverture ? C'est ce que je comprends.
- Speaker #0
C'est ce que j'espère.
- Speaker #1
C'est le signe, c'est un peu la boucle et bouclée. Moi, je suis très attachée à l'art breton.
- Speaker #0
Même si je l'ai boudé quand j'étais plus jeune, je trouvais que c'était moche, lourd. J'aimais pas ça. Et en fait, prenant de l'âge tu te rends compte que comme... Et puis qu'il y a des merveilles que je ne connaissais pas. Il y a vraiment des merveilles dans l'art breton. Je pense que c'est un de mes arts préférés, très honnêtement. Et qui regorge de choses mais merveilleuses. Et d'ailleurs, j'ai eu le plaisir d'en parler avec... Je viens de faire un next in voice pour Loïc Prigent.
- Speaker #1
Ah, c'est pas vrai ! Génial ! Qui est breton. Bah oui, évidemment !
- Speaker #0
100% breton. Donc on s'est fait un kiff d'échanges de trucs qu'on aime de la Bretagne. Ah, trop bien ! Donc là,
- Speaker #1
en surmesure pour le coup, évidemment. Oh, génial !
- Speaker #0
J'ai jamais autant échangé de... Moi,
- Speaker #1
j'ai hâte de voir. Tu le montreras ou pas sur Instagram ? Je sais pas si je le publierai. Ceux-là, je les garde en général.
- Speaker #0
Enfin, je verrai avec lui, mais...
- Speaker #1
Bon, juste pour moi, s'il te plaît.
- Speaker #0
Oui, je te montrerai.
- Speaker #1
Je suis fan de Loïc Prigent depuis toujours. J'ai tous ses livres et j'ai vu tous ses documentaires. Je l'adore. Je trouve qu'il fait beaucoup pour la mode en France.
- Speaker #0
Oui ?
- Speaker #1
Donc on est un peu obligé d'arriver à la fin. Bah ouais, déjà. Bah ouais, déjà, tu vois. Et donc, même si je n'ai pas complètement eu la réponse à la première question... Est-ce que tu l'auras un jour ? C'est ça. Tu vas être obligée de répondre à la dernière quand même. Ah oui, c'est quoi déjà ? Tu sais, je demande à chaque invité de terminer avec un mot. Ce qui te vient là maintenant... C'est dur, mais j'adore ça les mots. J'aime bien. Ça peut être un mot qui est revenu pas mal pendant notre conversation ou ça peut être un mot que t'aimes juste parce que ce mot de la langue française ou d'une autre langue, ça peut être du breton.
- Speaker #0
Tu veux que je te dise mon mot français de la langue française préféré ? Ventripotent. Ce sera ça notre mot de la fin. Je trouve ce mot trop marrant.
- Speaker #1
Potent, c'est qui ? C'est le pouvoir. Je ne savais même pas ce que ça voulait dire, ventripotent. Ça va très bien.
- Speaker #0
Rien à voir avec le reste du podcast. J'adore ce mot. On a fait un mot pour dire qu'on a du bide. Ventripotent. Restons sur ça. Ça n'a pas de sens. C'est rébu-rébout.
- Speaker #1
C'est du rébut-rébout. Ça te va très bien. Merci beaucoup Morgane. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si vous avez envie de prolonger la discussion, n'hésitez pas à me contacter par e-mail lbm at lilybonnet.com sur LinkedIn ou sur Instagram. Et si comme moi, vous trouvez que ce podcast mérite d'être encore plus écouté, alors pensez à le partager sur les réseaux ou à l'envoyer aux personnes qu'il pourrait t'intéresser. Et aussi, abonnez-vous, écrivez des commentaires, spread the love, mettez des étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. J'en profite pour remercier Philippe Drevet pour la composition de la musique originale de ce podcast et pour la réalisation de chaque épisode. On se retrouve le 15 du mois prochain et d'ici là n'oubliez pas que everything happens for a reason. Musique de générique