- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans la troisième saison de Everything Happens for a Reason, le podcast qui explore les aspects business, management, communication, des métiers de la création. Si vous me suivez depuis quelques temps, J'aimerais vous remercier pour votre fidélité. Si vous êtes arrivé ici par hasard, ou plutôt pour une raison, merci pour votre curiosité. J'espère que cet épisode vous donnera envie d'en écouter d'autres et de vous abonner. Je suis Lily Bonnet, consultante et business coach. Certifiée Calliope, je suis aussi formatrice. Car ce qui m'anime, c'est de transmettre et donner des clés pour grandir et faire grandir. J'avais envie de vous proposer un épisode un peu spécial, pour clôturer la saison 3 du podcast, et oui déjà. Alors ce mois-ci, je vous emmène dans la forêt de pain maritime du bassin d'Arcachon, à la teste de bûche, chez Sylvain Gobeil. Alors Sylvain, on peut dire qu'il a eu 15 vies et 5 ans de job, en France et au Québec. Et aujourd'hui, il est gêmeur. Il récolte la résine de pain. Avec une technique moderne qui est beaucoup plus respectueuse de l'arbre, donc de l'environnement et de l'humain. Et avec, il fabrique de la colophane de musique. Il propose ainsi une alternative artisanale bien plus saine que la colophane industrielle. Et ça, tout en contribuant à entretenir la forêt, emblème du patrimoine local. Alors en quoi cet épisode est-il différent ? D'abord parce qu'avec Sylvain, on a parlé de tout sauf de business. Et pourtant, j'ai essayé. Et ensuite, parce que c'est un épisode un peu familial, avec en guest mon mari, Philippe Drevet, qui est musicien. Et parce qu'on a aussi parlé de Thomas, le fils de Sylvain, et comment le fait d'accompagner son enfant neuroatypique, avec des besoins spécifiques, lui a permis de prendre conscience de ses propres différences et difficultés dans l'apprentissage. Alors c'est un épisode profondément humain, centré sur le cœur et la sensibilité, sur la qualité. plus que la quantité et sur la solidarité. J'espère que cette rencontre vous touchera autant que moi. PS, si vous ne savez pas ce qu'est la colophane de musique, ne vous inquiétez pas, on explique évidemment en détail dans notre conversation. Et pareil pour le gemmage, même si j'aime, G-E-M-M-E, ça fait penser à la joaillerie, aux pierres précieuses, vous allez voir qu'on n'est pas si loin. Enjoy ! Toi, tu es le dernier de la troisième saison. C'est un épisode par mois, donc le 15 de chaque mois. Et ensuite, j'enregistre aussi pour chaque invité une intro particulière, évidemment. Et donc ça, je le fais toujours dans le studio de Philippe, qui est à la maison. Et moi, j'ai mon bureau au deuxième. Lui, il est au rez-de-chaussée. Voilà, donc tu vois, nous aussi, on travaille à la maison. Et là, il est branché, donc tu peux y aller. Et c'est aussi lui qui a composé la musique originale.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Voilà. Tu lui as dit que tu allais la faire à l'arché. Mais pourquoi tu ne laisses pas la surprise ? Il est terrible. Moi, j'aime bien laisser la surprise. Non, mais oui, j'ai commencé à enregistrer. Mais ça, tu ne vas pas le monter. Tu ne vas pas le mettre dedans.
- Speaker #1
Pas de souci. J'étais marié. Je sais ce que c'est.
- Speaker #0
Donc, je pense que c'est là que Philippe va commencer. dans le montage. Il va prendre ça, le pas de souci. Je sais ce que c'est. Parce qu'il aime bien maintenant commencer avant le bonjour. Il aime bien prendre ce qui est avant le bonjour. Bonjour, Sylvain.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Très bien. Nous sommes chez toi.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
À la teste de bûche en Gironde. On est dans le département de la Gironde. C'est la région de la Nouvelle-Aquitaine que je connais très bien, comme tu le sais. Alors moi, c'est... Plus au sud, les Landes et puis le Pays Basque, mais je suis très heureuse d'être là aujourd'hui. Et alors, c'est un peu inédit parce qu'on est en famille. On est juste après Noël, on est chez toi, il y a ton fils. Et moi, je suis avec mon mari, Philippe, et notre fils, Lucas. Donc, les garçons jouent dans la chambre et nous, on est là tous les trois parce que c'est une première. Philippe va même pouvoir intervenir à un moment. Lui qui est quand même très impliqué dans le podcast, puisque c'est lui qui, comme tu le sais, a composé la musique originale et qui fait la réalisation, le mix, tout le montage et la réalisation de chaque épisode. C'est aussi dans son studio que j'enregistre les intros. Donc je suis très heureuse d'être là. On diffuse le 15 février ton épisode, donc on a du temps encore, mais j'aime bien toujours donner la temporalité. On a de la chance, il fait très beau et froid. C'est un vrai... temps d'hiver. Figure-toi que ce matin, à la radio, on entendait le maire de Seignos, qui est donc une commune des Landes, que je connais très bien, parler d'un drame actuel dont tu es forcément au courant, c'est le nématode du pin.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Qui est donc un vers, un parasite qui attaque les pins maritimes. Et on va en parler en détail, puisque justement, tu es là aujourd'hui, parce que tu... fabrique de la colophane.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc tu vas tout nous raconter. Mais avant de commencer, j'aimerais te poser la première question habituelle de ce podcast qui s'intitule, comme tu le sais, « Everything happens for a reason » . Et j'aimerais savoir en quoi ça fait écho pour toi cette phrase.
- Speaker #1
Pour moi, comme écho, ça me donne comme impression une possibilité, une possibilité d'expression, une possibilité de se livrer.
- Speaker #0
Je crois que c'est une belle opportunité que tu as aujourd'hui justement. Merci. En plus, tu me disais juste avant de commencer que pour toi, c'était important d'être ouvert et transparent et de vraiment tout dire. Il y a des façons, évidemment, de le faire, mais j'apprécie cette ouverture. Merci. Alors, dans quel sens on va le faire ? Je pense que c'est important de comprendre un peu, avant de parler, de rentrer dans le vif du sujet. Je pense que c'est important de comprendre ton parcours. Tu es franco-québécois.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Donc, tu es né...
- Speaker #1
À Montréal.
- Speaker #0
Ah, tu es né à Montréal.
- Speaker #1
À Montréal.
- Speaker #0
Ok. Et tu es venu... Quand en France, ou dans la fin d'AVQ, combien de temps, dans quel pays ?
- Speaker #1
Alors, si on part du début, c'est ma mère qui est partie au Québec en 70.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà, ma mère qui est née à Dax, qui a grandi à Mimisan.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et aussi sur le bassin d'Arcachon, parce que mon arrière-arrière-arrière-grand-père est arrivé avec le Bélème en 1890. Oui.
- Speaker #0
Ah, ça me donne des frissons parce que le Bélème, je l'ai visité quand j'étais enfant. C'est un bateau très connu qui est magnifique. Ah ouais, ok, génial, waouh !
- Speaker #1
L'ancêtre était dans la marie de Marchand et était donc embarqué sur le Bélème et a passé par le port d'Arcachon en 1890. Il a rencontré une arcachonaise, il lui a dit qu'il reviendrait après son engagement. Il a tenu parole, puisque je suis là et que beaucoup d'autres sont là, d'ailleurs.
- Speaker #0
Génial !
- Speaker #1
Et donc, ils ont eu Charles, Charles a eu Christian. Christian a eu ma mère. Et ma mère, en 70, a décidé de partir découvrir le Québec.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et elle a rencontré mon père là-bas.
- Speaker #0
Ah, OK.
- Speaker #1
Donc, il y a eu mes frères. J'ai eu une sœur que je n'ai pas connue parce qu'elle est décédée en bas âge. C'était les années 70. C'était compliqué. Et ce drame a fait que les parents de ma mère ont proposé à la famille de se rapprocher. Et donc, on est venus s'installer à Arcachon. Je pense que c'était en 78.
- Speaker #0
Donc toi, tu avais quel âge ?
- Speaker #1
J'avais à peine un an. Ah oui,
- Speaker #0
donc tu es né en 77. Voilà.
- Speaker #1
Bonne année. Et donc, on s'est installé à Arcachon à ce père-là, j'étais donc bébé. Et mon père a commencé à travailler pour la mairie d'Arcachon à cette époque. Et rapidement, il y a eu un poste qui s'est libéré. Il a posé candidature et il a eu de la chance. C'était le poste du gardiennage du tir au vol à Arcachon.
- Speaker #0
C'est spécifique.
- Speaker #1
C'est spécifique, oui. Il y a une salle de fête aujourd'hui pour les réceptions de mariages. Autrefois, c'était le tir au pigeon. C'est là où les gens allaient tirer le pigeon. Ensuite, ça a été des pigeons d'argile. Et ça s'est transformé en salle de réception. Et donc, nous, à notre époque, c'était déjà une salle de réception. Il était responsable de la salle, de tout le parc Perrières, de la piscine et de la patinoire qu'il y avait à l'époque. Donc beaucoup de travail, mais une enfance absolument idyllique, magnifique, à deux pas du bassin.
- Speaker #0
Vous allez le dire quand même, en pleine nature. Oui, une enfance de rêve.
- Speaker #1
Donc on est resté jusqu'en 1985 et en 1985,
- Speaker #0
on est reparti au Québec.
- Speaker #1
J'avais 8 ans et on est arrivé au Québec et j'y suis resté 22 ans. Je suis revenu entre temps en vacances avec les parents en 93 seul en 94 et en 95 pendant les étés et après je suis revenu en 2007 avec mon ex-femme la maman de mon fils et
- Speaker #0
c'était des vacances de base On n'est jamais reparti On n'est jamais reparti
- Speaker #1
Elle ne voulait pas repartir, la Québécoise. Elle était heureuse ici. Il y a de quoi. J'ai appelé papa. Je lui ai dit, comment je fais si je veux rester ? Il m'a dit, appelle M. Latayade. C'était l'ancien maire d'Arcachon. Il m'en doit une. Et du coup, j'ai été rencontré à M. Trégenti, qui nous a quittés depuis. C'était un monsieur très gentil de cœur. Il m'a fait rentrer à Saint-Vincent-de-Paul, où il était président, au Moulot. qui est un centre qui reçoit les jeunes.
- Speaker #0
Le Moulot, c'est vraiment sur le bassin. C'est un des villages austréliculteurs les plus réputés.
- Speaker #1
C'est un beau quartier du bassin d'Arcachon. On a donc cette institution qui vient en aide aux jeunes enfants et aux mères célibataires qui sont en difficulté. J'ai été engagé là pour restaurer la grille.
- Speaker #0
Ok, donc plutôt un côté un peu homme à tout faire. Oui, tout à fait. Oui,
- Speaker #1
j'ai fait ça, j'ai fait un terrassement.
- Speaker #0
Ah ouais, bravo. Oui,
- Speaker #1
j'ai bien payé mon ticket de retour. Oui, c'était très sport, mais en même temps, j'étais très heureux parce que 22 ans au Canada, j'étais bien là-bas.
- Speaker #0
Tu as fait quoi comme métier au Canada ?
- Speaker #1
Alors, j'ai touché à beaucoup de choses parce que je n'ai pas resté longtemps à l'école. Je ne suis pas resté longtemps. temps à 16 ans j'ai commencé à travailler à temps plein à 14 ans mon père m'avait déjà envoyé chez un de ses frères chez mon oncle pendant tout un été mon oncle était entrepreneur il touchait à tout il faisait de la rénovation surtout dans les rues donc comme quoi voilà ok j'étais là voilà j'ai été émission au travail au manuel donc assez jeune j'ai eu un petit job à un moment donné c'était aller sortir les dévises dans un restaurant quand j'avais 14 ans Voilà, c'était mes premières expériences. Et puis après, à 16 ans, j'ai commencé à travailler à temps plein. J'ai travaillé quelques années dans une maison de retraite sur l'entretien. J'étais concierge. J'étais concierge résident à un moment donné. J'ai eu un appartement. J'étais un peu jeune. J'avais 16-17 ans et je m'attachais aux résidents. Je les voyais partir et donc j'ai changé.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, tu as tellement d'empathie que ça devenait tout. presque trop difficile.
- Speaker #1
Et puis à 17 ans, on est encore avec une âme d'enfant et c'est compliqué.
- Speaker #0
C'est pas fini à 17 ans.
- Speaker #1
On se pose plein de questions. En même temps, on pense savoir beaucoup de choses. Et c'est inconstant.
- Speaker #0
Il y a Philippe à côté qui parle avec les yeux et le visage. Et oui, qui acquiesce en fait.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc, gros conflit existentiel à cet âge-là et s'attacher à des gens, les voir partir comme ça, ça ne pouvait pas être très, très bon pour moi. Donc, je me suis redirigé vers autre chose. J'ai travaillé aussi en restauration. Vers l'âge de 19 ans, une voisine, une amie m'a fait rentrer au Hélène de Champlain, qui est un grand restaurant sur, à l'époque, l'île Saint-Hélène, qui est devenu aujourd'hui l'île Jean-Drapeau, le nom de l'ancien maire de la ville de Montréal. Pour les Québécois, s'ils nous entendent, ils sauront de quoi je parle.
- Speaker #0
Il y a des écoutes au Canada. Alors, je ne sais pas où exactement, mais je sais qu'il y en a au Canada.
- Speaker #1
Je leur dirai. Et j'ai eu cette première expérience en restauration qui a été vraiment très intéressante. Pourquoi ? Parce que c'était une très grande cuisine, donc une batterie avec des chefs, des sous-chefs, un très grand dishpit, le dishpit c'est l'endroit où on lave la vaisselle, et donc une très grande équipe avec beaucoup de jeunes qui sortaient d'une institution, d'une école de cuisine, moi je suis débarqué là-dedans. Comme je vous dis, je n'ai pas resté longtemps aux études. J'ai appris sur le tattoo, tous les métiers que j'ai faits. Par la suite, entre-temps, j'ai fait ça. J'ai arrêté ça un temps. J'ai travaillé dans un vidéoclub à l'époque où on louait encore des films en cassette VHS. Les Black Buster. J'ai fait plein de petits métiers. J'ai travaillé dans des entrepôts, dans des usines. à charger les machines de circulaire publicitaire. J'ai touché à plein de trucs, il fallait survivre.
- Speaker #0
C'est ça en fait, j'ai l'impression surtout que tu as toujours dit oui à tout ce qui venait. C'est ça que je ressens.
- Speaker #1
La nécessité évidemment,
- Speaker #0
mais aussi quand même, il faut y aller. Tout ça sont des métiers assez difficiles physiquement, il y a beaucoup de contraintes, même j'imagine d'horaire. Oui,
- Speaker #1
c'est différent aussi comme type de travail. C'est ce qui m'intéressait, en fait. C'était d'apprendre. Comme je n'étais pas nécessairement fait pour les études, quand je me suis retrouvé dans la vie active, je voyais que là, tout m'était accessible. Bien entendu, on n'allait pas m'engager comme chirurgien, mais j'ai des bons couteaux de cuisine. Enfin bref.
- Speaker #0
Non, mais j'en pense que tu dis. Tout est accessible. Je trouve que c'est hyper intéressant.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de métiers qu'autrefois on apprenait sur le tard. Aujourd'hui, on va exiger des diplômes, des papiers.
- Speaker #0
C'était le principe de l'apprentissage, vraiment, au sens professionnalisant. C'est hyper important. Il n'y a qu'en faisant et en observant qu'on peut vraiment apprendre, mais finalement, presque dans tous les métiers. Tu sais, moi, je travaille beaucoup avec des architectes. Certes, tu as beaucoup d'études, mais en fait, là où tu apprends le plus, ça va être en stage et d'être au contact direct.
- Speaker #1
J'ai mon ami d'enfance au Québec, Alain. que j'adore, qui est mon frère, il est devenu électricien. Il est compagnon.
- Speaker #0
J'allais parler du compagnonnage, c'est exactement ça.
- Speaker #1
Et c'est un homme d'action, je le sais, et je suis convaincu que là où il s'est éclaté, c'est le jour où il a eu ses pinces et il a passé ses câbles. et qui l'a commencé à travailler. C'est comme ça qu'on apprend. Après, il peut y avoir beaucoup de théories, beaucoup de techniques, mais qui peut s'acquérir aussi avec le temps. Si on est guidé par des gens qui ont le savoir, justement.
- Speaker #0
C'est ça, il faut être bien guidé, t'as raison. Là,
- Speaker #1
j'ai dit quelque chose d'assez important. Si on est guidé, si des gens sont là pour nous guider. Il y a cette forme de mission, quand on est passionné par quelque chose, la transmission. Il y a des gens qui n'ont pas à être disposés à aller s'asseoir à un bureau et apprendre. Mais sur le terrain, si on leur donne leur chance, on leur donne l'exemple, ce sera les meilleurs, parce qu'ils vont être passionnés. Et ça, ça crée toute la différence. C'est la différence de quelqu'un qui va faire les choses par principe ou par désir matériel, confort.
- Speaker #0
En fait, ce n'est pas la même intention.
- Speaker #1
Ce n'est pas la même intention, et puis ça ne fera pas la même dynamique, ça ne fera pas le même résultat. Et c'est ce qui fera une énorme différence. Et c'est comme ça qu'on fera perdurer des savoir-faire. Et c'est pour ça que je me suis attaqué récemment à un ancien savoir-faire. Après, dans les métiers que j'ai exercés, j'ai été aussi...
- Speaker #0
T'as eu des bons guides ?
- Speaker #1
J'ai eu des très bons guides, j'ai eu des gens sympas. En cuisine, j'ai rencontré des cuisiniers passionnés. La cuisine, c'était déjà il y a plus de 25 ans. Et c'était déjà des hommes d'un certain âge, des vieux de la vieille à l'époque. Alors, je ne vous explique pas. J'ai fait une pause de cuisine où j'ai travaillé dans les bars. j'ai été boss boy celui qui accompagne les serveuses qui débarrasse les tables portier, barman et j'ai fini assistant gérant donc j'ai connu des choses assez olé olé qu'on voit dans les films les choses un peu la nature humaine sous tous ses angles et quand je me suis retrouvé en cuisine avec un chef Jean-Jacques Morère du Samuel II à Saint-Jean-sur-Richelieu excusez-moi je fais une petite pub on connait pas nous cet homme là qui était un peu passionné et qui était, je pense, dans le guide Michelin dans les années 60. Donc un très grand chef, les chefs de l'ancienne qui font tout. Ils travaillent le poisson, la viande, la pâtisserie, tout est fait dans leur cuisine. C'est leur labo, c'est la cuisine, tout vient de là. C'est incroyable ce que j'ai appris avec cet homme-là. Incroyable. Et par contre, comme juste auparavant je sortais d'un milieu de la nuit un peu dur, je peux vous garantir que ce mec-là, sur un service, il a réussi à me mettre l'alarme à l'œil. c'était comme à l'armée c'était vraiment à l'ancienne mais tu comprends pourquoi ils font ça en fait aujourd'hui tout est mal perçu sur ce type d'éducation mais ça a sa valeur ça a son utilité
- Speaker #0
Surtout quand on prend quelqu'un qui n'est pas du milieu, qui arrive un peu tard sur le tas. Il faut le cadrer, il faut le canaliser. Et cette ancienne méthode qu'on utilisait autrefois, qui était selon moi la meilleure. Et j'ai appris.
- Speaker #1
Après, je pense qu'aujourd'hui, mais c'est intéressant ce que tu dis. Alors moi, je suis tout pour le cadre. C'est une des premières choses que je dis même, tu vois, aux personnes avec qui je travaille. Il faut poser le cadre. Mais je pense que, notamment dans le milieu de la cuisine, il y a beaucoup de... Et puis en France, on en parle pas mal sur, en effet, sa crie ou que c'est très, très dur, un peu militaire, etc. Je pense que c'est surtout sur la façon de poser le cadre que ça devient... Tu vois qu'il y a cette ambiguïté et puis un peu même cette révolte qui peut s'instaurer et qui peut être comprise aussi, je pense, tu vois.
- Speaker #0
Ça peut être compris, souvent mal interprété. Mais voilà. Mais c'est un métier de passion. Ou alors par obligation. Ça dépend. Beaucoup vont en cuisine parce qu'ils n'avaient pas les aptitudes nécessaires à faire d'autres études. Pour être honnête. Mais après, là-dedans, tu es énormément passionné. Parce que la cuisine, c'est de l'art. Littéralement. C'est de la chimie, c'est de l'art. C'est magnifique quand tu es passionné par ça. Donc des fois, un chef qui gueule, ça peut permettre de réveiller un peu les artistes, les rêveurs. Vous voyez ce que je veux dire ? Non mais c'est vrai, je le vois comme ça moi je l'ai vécu comme ça j'ai travaillé dans un pub irlandais à Banff en Alberta là c'était rock'n'roll on mettait la musique, allez vas-y c'était super bonne ambiance, très bonne cuisine très bonne nourriture, très bonne qualité pas de problème, et après j'ai travaillé au Beaujolais le restaurant 4 étoiles de la ville de Banff, où c'était complètement différent le propriétaire faisait venir ses cuisiniers de grande école suisse allemande et moi je me retrouve là avec mon petit accent français qui marchait bien C'est souvent que je me suis fait engager pour ça. C'est dit,
- Speaker #1
mais en fait.
- Speaker #0
Oui, ou la nostalgie. Jean-Jacques Morin n'avait plus pour ça. Il se sentait seul, entouré de Québécois. Il a entendu mon petit accent. Allez, tu commenceras par laver la vaisselle et je te montrerai deux, trois trucs. Mais ça, c'est la vie.
- Speaker #1
C'est presque un gage de qualité en cuisine d'être français.
- Speaker #0
Absolument. Oui, mais c'est une reconnaissance. Et c'est pas à prendre à la légère, c'est qu'il y a une réputation, il y a quelque chose. Et il faudrait la préserver, il faudrait travailler pour la préserver.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui donc, tu es j'aimeur.
- Speaker #0
Et aujourd'hui je suis j'aimeur.
- Speaker #1
Et donc, plutôt que de donner moi-même la définition, même si je connais un petit peu, je vais te laisser en parler. Mais avant ça, moi je voudrais parler un peu de souvenirs d'enfance. Parce que, comme je le disais, moi j'ai à moitié vécu, je suis née à Paris. Mais mes grands-parents avaient une maison à Osgore. Et donc, toutes les vacances, je venais chez mes grands-parents. Et mamie, elle m'emmenait souvent à l'écomusée de Marquès. Et Marquès, c'est assez connu dans la région. Parce qu'en fait, ils ont recréé une ferme landaise, comme au XIXe siècle, etc. Oui, c'est ça, je pense que c'est plutôt... 19e et 20e. Et donc, en fait, t'apprends tout sur... Puis il y avait des échassiers, vraiment sur la culture et l'agriculture hollandaise. Et donc, on voyait aussi notamment beaucoup ces pots de résine accrochés au pain. Et c'est vrai que pour moi, le pot de résine, c'est une Madeleine de Proust, tu vois. Puis même, on envoyait beaucoup, on fait des bougies en peau de résine.
- Speaker #0
Des peaux Hugues.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Parce que c'est Pierre Hugues qui a instauré le pot de résine en 1840, je crois, pour la récolte. Oui, j'ai un peu bossé aussi.
- Speaker #0
C'est bien.
- Speaker #1
Et donc, c'est vrai que, pour moi, ce pot de résine et puis l'odeur. Déjà, la forêt aussi, quand tu marches sur les aiguilles de pin. Et puis alors que ce soit au printemps, en été, très chaud, sec, ou à l'automne, hiver, c'est évidemment pas les mêmes parfums, c'est pas les mêmes sons non plus de la forêt. J'ai des frissons en en parlant parce que vraiment, pour moi, la forêt landaise, c'est un marqueur de mon enfance. Et donc, c'est vrai que de préparer cette rencontre avec toi, ça m'a replongée dans tous ces souvenirs avec beaucoup de joie et de nostalgie. Tu parlais de nostalgie tout à l'heure, évidemment. Tu vois, je la ressens. Et donc, j'ai appris beaucoup aussi sur l'évolution de ce procédé de gemmage. Et donc, maintenant, je te laisse vraiment nous expliquer ce que c'est. Et donc, gemmage, G-E-M-A-G-E. Et finalement, la gemme, c'est marrant parce qu'on se faisait même la réflexion. C'est comme... Gemme, c'est une pierre précieuse aussi. Donc, je trouve ça chouette comme lien. C'est précieux, la colophane et la gemme. Allez, vas-y. Tout à fait. The floor is yours.
- Speaker #0
Écoute, le gemmage, le métier de résinier, c'est l'extraction de la résine du pain maritime ou d'autres types de pain, selon les pays. Mais c'est l'extraction de la résine du pain. Et donc, c'est un métier qui autrefois, dans la région, faisait vivre plus de 50 000 personnes. C'était un métier familial. C'est-à-dire qu'il y avait les jameurs, sa femme lui donnait un coup de main, les enfants, tout le monde mettait la main à la pâte. Et l'hiver, ensuite, il pouvait travailler à l'usine ou faire d'autres missions qui lui permettaient de vivre.
- Speaker #1
Parce qu'en effet, on va en parler après, mais c'est un métier très saisonnier, évidemment.
- Speaker #0
Tout à fait. Autrefois, en tout cas. Oui, mais... Autrefois, la campagne pouvait commencer tôt parce qu'il fallait déjà préparer les pains. On les écorçait, ils commençaient déjà assez tôt, je pense même dans le mois d'avril, voire peut-être même un peu avant, à préparer le terrain. Parce qu'ils en faisaient encore beaucoup plus qu'on peut en faire aujourd'hui. Je pense qu'un gêmeur faisait dans les 800 pains par jour. Oh ! Non, 600, 600 gémins. Quand même, c'est énorme. 600 pains, alors que moi, j'en faisais dans les 300-350 pains par jour.
- Speaker #1
Quand tu dis en faire, en fait, c'est saigner.
- Speaker #0
Saigner, faire la blessure sur le pain. Autrefois, ils travaillaient avec des outils manuels, le Hapshot, entre autres, pour faire la carre. Tu avais la sarcle de Pella pour écorcer le pain. Après, j'ai oublié, je n'ai pas tous les paires, étant donné que je suis quand même relativement jeune, tout comme toi. On a certes des souvenirs. Enfin, moi, mes souvenirs, c'est surtout ma mère qui me parlait sans cesse que j'avais des grands-parents, arrière-grands-parents landais qui étaient j'aimeurs.
- Speaker #1
Ah, voilà, quand même. Voilà. Voilà, parce que c'était une question que je voulais te poser. Mais donc, it runs in the family quand même. Oui.
- Speaker #0
Voilà. J'en ai toujours entendu parler. Et puis après, de par ça et de par les gens que je connais d'Arcachon, il y a beaucoup de gens ici d'Arcachon, de la Thèse du Jean, qui ont un grand-père ou un arrière-grand-père qui était j'aimeur.
- Speaker #1
Ou ostréiculteur, c'est vraiment les deux. En fait, le bassin, c'est ça.
- Speaker #0
Beaucoup de gemmeurs sont devenus ostréiculteurs. Quand j'ai mangé, j'ai disparu. Et donc, l'extraction de résine de pin, il y a toute une histoire là-dessus. Ça remonte au temps médiéval. La résine de pin est même encore plus loin parce qu'on a retrouvé de la colophane. La colophane, c'est la partie solide de la résine de pin. Ce qu'il faut savoir, c'est que quand on extrait la résine du pin maritime, On a deux éléments, enfin il y a plus que ça chimiquement, mais il y a deux éléments primordiaux qui sont la colophane, la partie solide, et l'essence de terre éventile, la partie volatile. Volatile, oui. Et qui ont été exploités et qui sont encore exploités aujourd'hui.
- Speaker #1
Il y a plus de 360 produits qui dérivaient de la résine de pin.
- Speaker #0
Langre, le verenil, les schwingums, en pharmaceutique. Schwingum, oui. En pharmaceutique, votre rouge à lèvres, en cosmétique, vous n'en avez pas, mais il y a énormément de produits d'asphalte, les rues d'or, énormément de produits dérivés de la résine de pin, où on va l'utiliser, l'incorporer. Et pour ce faire, la colophane est donc modifiée, délastifiée pour la rendre plus résistante aux impacts, aux intempéries.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, en aspect, pour ceux qui ne connaissent pas, évidemment, parce que c'est quand même très spécifique, c'est comme une pâte, voire une gomme.
- Speaker #0
La résine de pain maritime, c'est ce qu'on a souvent sur nos voitures, qui a du mal à partir.
- Speaker #1
Dans le coin, oui.
- Speaker #0
Je pense que beaucoup de gens, même de parisiens, de gens de ville, peuvent connaître la résine.
- Speaker #1
Je parlais de la colophane.
- Speaker #0
La colophane, donc la partie solide. C'est plus qu'une pâte, c'est une matière solide. Elle peut vraiment durcir. Elle peut devenir très très dure.
- Speaker #1
Comme une pierre précieuse.
- Speaker #0
En fait, la colophane, mélangée au bois, à la sève et à tout, ce que vous voudrez, au bout de plusieurs millions d'années, c'est de l'ambre.
- Speaker #1
D'où cette couleur. En effet, elle a une teinte ambrée.
- Speaker #0
Je vous en montrerai un petit morceau que j'ai fait sécher. Oui, voilà. Donc la colophane, qu'est-ce que c'est ? C'est la partie solide. C'est la partie qui va être utilisée entre autres dans la musique classique, mais aussi dans la danse. Pour les chaussons ? Oui, on en met sur le bout des chaussons pour éviter d'hyper-rapper. On va s'en servir pour l'escalade, on peut s'en servir pour la gymnastique, on peut s'en servir pour énormément de domaines différents. et dans la musique, on fait des petits pains de colophane pour frotter. frotter le crâne de l'archer dessus afin d'avoir une accroche sur les cordes. Sinon, il n'y aurait pas de sang.
- Speaker #1
Spécifique aux instruments qu'on appelle les cordes frottées. Voilà. Alors, avant d'y venir, j'aimerais d'abord savoir, même si on l'a dit, tu avais cet ancêtre déjà. Mais qu'est-ce qui a fait que tu as eu envie, ça a été quoi le déclic de te dire je vais devenir j'aimeur et d'une certaine façon finalement contribuer aussi à la relance, à la renaissance de cette activité en Aquitaine ?
- Speaker #0
Comme on le disait tout à l'heure, par nécessité, des fois on est obligé de faire des choix et la vie nous met, nous place devant des choses et si on a les yeux suffisamment ouverts, on va savoir que là il y a un truc à faire. Alors, je suis revenu en France en 2007, mais en 2011, on s'est absenté. On est retourné au Québec un petit temps. C'était pour un projet qui n'a pas fonctionné. Et mon fils est venu au monde là-bas, entre-temps. Donc, il est né à Terrebonne.
- Speaker #1
Ah oui, ça, je connais de nom.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Il y a Terre-Neuve aussi. Voilà.
- Speaker #0
Et du coup, on est revenu dans l'année 2012, fin de l'année 2012. Et juste avant de partir pour le Québec, ah oui, j'ai fait plein de métiers différents. J'ai été dans le maintenance informatique aussi. Donc avant de partir...
- Speaker #1
Ce que tu n'as pas fait, ça va être plus simple.
- Speaker #0
Ce qui demande des années d'université. Tout le reste, ça ne m'a pas fait peur. j'étais donc... On est revenu, il fallait repartir à zéro. Donc je suis retourné vers mes amours, vers la cuisine. Mais quand même, je me disais, avec un enfant, je vais les horaires de cuisine. Les horaires de cuisine, ce n'est pas possible. Je veux être là. Et il faut que je trouve autre chose. Et j'ai entendu parler de la relance du gémage en Aquitaine. Ils en parlaient dans les médias. Et j'ai ciblé, j'ai cherché qui était le dirigeant de cette société qui faisait ça. J'ai vu qu'ils faisaient une conférence dans les Landes. Je ne me rappelle plus le nom de la commune, mais c'était à une heure et demie de route d'ici. J'ai été jusqu'à là-bas pour l'écouter, le rencontrer. J'ai fait un essai en 2013 au Porche. Et en 2014, je faisais ma première campagne de gémage avec eux. là-bas. Il y avait Claude Courreau qui a initié la relance de par ses recherches, de par sa motivation, son intérêt à relancer le gémage et qui a été visiter quelques sociétés pour voir comment on pourrait faire et finalement, une des sociétés il a commencé tôt dans les années 90. Par la suite, il a trouvé des... deux autres sociétés et il a fini par accrocher un peu plus avec une société qui était au porche et qui s'est installée au porche dans sa ville et donc je me suis retrouvé là-bas la première année humainement techniquement j'ai pas adhéré j'ai adoré le métier mais j'ai pas adhéré aux valeurs voilà qui étaient instaurées et j'ai cherché comment je pourrais faire j'ai trouvé l'autre société qui faisait cette relance de Gemmage qui était basée sur Biscarosse, des laboratoires au liste. qui étaient mes collaborateurs et qui le sont toujours en quelque sorte parce qu'on s'entend bien, moi et le chef de projet. Et il me donne l'opportunité d'avoir quelques petits outils qui me permettent de continuer à faire un peu de gemmage.
- Speaker #1
Parce que j'imagine que c'est très cher, que ça prend aussi de la place tous ces outils.
- Speaker #0
C'est-à-dire que pour partir sur un projet comme celui-là avec la nouvelle technique de gemmage, c'est un investissement.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et moi qui... repartait à zéro.
- Speaker #1
Tu n'avais pas les moyens.
- Speaker #0
Je n'avais pas les moyens. J'ai payé en collaboration avec eux après avoir été scélérié pendant un an à Porsche. Ils ont investi dans le matériel. Moi, j'ai fait mon gémage en tant que couteau d'entrepreneur. J'étais le premier gémage indépendant en France. Oui, génial.
- Speaker #1
Imagine toute l'infrastructure que ça demande.
- Speaker #0
Ça demande beaucoup. Il a fallu qu'ils mettent au point euh... Certaines choses qui n'existent pas, comme le boîtier qu'on met sur l'arbre ou on raccorde à la poche dessus. Il y a eu beaucoup de recherches sur la mise au point d'un activant pour fluidifier la résine. Ils ont fait un travail colossal. Tu parlais,
- Speaker #1
ce sont des laboratoires en plus, donc c'est de la recherche.
- Speaker #0
C'est un travail colossal qu'ils ont fait. Il y a eu beaucoup d'améliorations de brevets déjà existants, mais ils ont aussi mis au point une méthodologie, un protocole propre à eux. Ils ont tout le mérite.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #0
Et donc, j'ai commencé avec eux à partir de l'été 2015 à faire ma première campagne de gémage en tant qu'auto-entrepreneur. Et jusqu'en 2018. Je travaillais 4 500 pains par été. J'arrivais à faire entre 12 et 15 tonnes de résine, je pense, si je me rappelle bien.
- Speaker #1
Par été ?
- Speaker #0
Par été. Un pain donné aux alentours de 3,5 kilos dans une saison. On remonte la pique tous les 15 jours.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
sa blessure. Aujourd'hui, c'est des pics circulaires à l'aide d'une perceuse et d'une mèche à façonner.
- Speaker #1
Alors qu'avant, c'était à la hache, comme tu le disais.
- Speaker #0
À la hache, c'était une carre, donc un peu dans l'arbre. Ils creusaient assez profondément, d'ailleurs, les anciens. Aujourd'hui, on s'est rendu compte qu'une blessure plus superficielle, au final, était plus productif. Abîmé moins l'arbre.
- Speaker #1
Et abîmé moins, surtout, voilà, c'est ça.
- Speaker #0
L'abîme moins, donc le déforme moins. Ça sera plus appréciable pour la tuyte.
- Speaker #1
Pour l'écosystème aussi.
- Speaker #0
Voilà. Il faut savoir que j'aimais le pain. C'est un avantage pour plein de choses.
- Speaker #1
Oui, parle-en parce que c'est important justement. C'est vrai qu'on parle de blessures et qu'on saigne l'arbre. Ça paraît violent. Voilà, la terminologie, elle est quand même difficile. Oui,
- Speaker #0
ça paraît violent, mais c'est en fait une chance qu'on lui donne. Parce qu'en faisant ça, on ralentit sa croissance. En ralentissant sa croissance, lui, il se concentre à réparer ses blessures. Et en faisant ça, il densifie son bois. Donc il devient plus résistant après aux intempéries. Il devient plus résistant. Et après, au-delà de ça, le jour où il sera coupé, on aura un bois de qualité.
- Speaker #1
Belle qualité.
- Speaker #0
Voilà. C'est pour ça qu'il y a des cabanes encore qui existent, qui ont été faites en pin-gémé ou d'épinaces.
- Speaker #1
J'allais le dire, l'épinace, c'est ces barques qui sont très, très célèbres sur le bassin.
- Speaker #0
C'est le bateau traditionnel. Voilà.
- Speaker #1
Et l'épinace, parce que justement, en bois de pinace. pain.
- Speaker #0
Voilà. Et certaines pinasses ou cabanes ont été construites il y a plus d'une centaine d'années et ils sont toujours là. Parce que là, tu as fait un pain avec un bois vraiment densifié et donc résistant et qui dure dans le temps.
- Speaker #1
Et alors, outre cette évolution dans le gemmage, il y a aussi je crois une évolution dans, même dans la fabrication après de la colophane, etc. Je crois qu'on n'utilise normalement plus les... plus de solvants ou de choses qui avaient même des répercussions sur la santé des gémmeurs. Je crois que ça a aussi un impact positif sur l'humain.
- Speaker #0
Oui, alors la nouvelle technique de gémmage que nous employons aujourd'hui, l'activant est principalement composé d'argile et d'acide citrique, ce qu'on a dans le citron. Autrefois, c'est le gémmage à l'acide sulfurique qui a commencé à avoir le jour, je pense, dans les années 60.
- Speaker #1
Qui abîmait même les vêtements, je sais.
- Speaker #0
Ah ben c'est de l'acide sulfurique.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, le béret... Et le foulard, qu'on connaît comme habille du landais à la base, mais en fait, c'était surtout pour se protéger pendant le gemmage.
- Speaker #0
Il y a des utilités pour tout. Rien n'était au hasard. Et donc, la cidre sulfurique, oui, a fait des ravages. Des ravages, il y a eu énormément, et moi, ça, je le sais, j'ai beaucoup parlé avec les anciens, il y a eu énormément de cancers du poumon. C'est tabou. Ils n'en parlent pas, mais c'est la vérité. on a perdu beaucoup de ça ou d'empoisonnement dans le sang bah oui parce que bon si la pipette tu l'envoyais il n'y avait pas de vent, ça va encore mais un coup de vent, il se la respirait l'acide sulférique au début ça devait leur brûler c'est comme tout, ils étaient habitués tout était brûlé mais c'est après, les écureuils crevaient les insectes, il n'y avait plus rien et les arbres complètement défoncés donc on va encore dans la forêt usagère de la teste de bûche les parcelles qui n'ont pas brûlé, il en reste. Il y a des très bons pains à bouteilles, effectivement, mais quand on regarde bien, si on s'y approche un peu, qu'on observe bien, il y a une partie du pain qui est morte. Elle n'est pas morte par les feux qu'il y a eu, là. Elle est morte par la citule. Oui, parce que tu parles, en effet,
- Speaker #1
c'était il y a trois ans. Je m'en souviens très, très bien. Il y a malheureusement beaucoup d'incendies dans les forêts, dans les Landes de Gascogne. Mais là, c'était à la Thèse de Buche, en particulier, et très, très proche des habitations.
- Speaker #0
Très proche des habitations et qui a ravagé. Ravagé quoi ?
- Speaker #1
50% ? 80%. 80% ?
- Speaker #0
Ça a été un énorme feu. Après, beaucoup de gens ont des choses à dire là-dessus, par rapport à l'entretien de la forêt, par rapport à ci, par rapport à ça. Je pense que, tout simplement, oui, il y a eu des choses qui auraient pu être faites. Aujourd'hui, il faut voir à l'avenir. Il ne faut pas ressasser ce qui a été fait ou pas fait.
- Speaker #1
Mal fait.
- Speaker #0
Ce qu'il faut savoir, ce qui est important par rapport à la forêt usagère, et je voulais en parler, c'est qu'aujourd'hui et avant les feux, il n'y avait plus de j'aimeurs dans cette forêt. Les parcelles étaient complètement laissées sauvages parce qu'on ne peut pas exploiter le bois. Tout ça, je le comprends, tout ça, je le conçois. Il y a des droits pour le bois mort, le bois vert.
- Speaker #1
Tu veux dire des droits à payer ?
- Speaker #0
Non, non, ne te paye pas. Si tu es riverain, tu as le droit à du bois.
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #0
voilà, ok. Il y a toutes sortes de lois, mais on ne va pas rentrer là-dedans. Le principe étant que les propriétaires des pains ne peuvent pas les vendre. Parce que... C'est pour en faire profiter la population, les gens des communes. Voilà, on va parler simplement. Et ce feu a été fulgurant aussi parce qu'il n'y avait plus de gemmeurs. Pourquoi ? Parce que quand tu regardes sur Internet, tu vas voir les photos de la forêt usagère au début du siècle dernier, tu vois les photos des gemmeurs, mais si tu observes bien, tu vois au-delà du gemmage, parce que c'est beau à voir certes, mais si tu regardes bien, tu verras que les parcelles,
- Speaker #1
c'est un tapis.
- Speaker #0
C'est nickel, c'est un tapis. L'homme était omniprésent. Le gémmeur, il est utile.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Là, on parlait de ce que le gémage avait comme répercussion sur le pain, bénéfiquement. Mais le gémmeur, s'il est là, il voit tout. Il peut remarquer les pains malades. C'est un garde forestier,
- Speaker #1
finalement.
- Speaker #0
C'est un garde forestier. C'est un professionnel. C'est un forestier. Pas forcément un garde, mais c'est un forestier qui est sur les lieux en permanence parce qu'il doit revenir blesser ses pains.
- Speaker #1
Et il peut alerter. Il peut alerter.
- Speaker #0
Moi, du temps que j'étais j'aimeur, j'avais des touristes un peu en vacances qui ne connaissaient pas, qui voulaient faire un barbecue en pleine canicule. Oui.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Bon, écoute, j'ai intervenu. De suite, j'ai intervenu. J'ai été les voir. Je leur ai dit, excusez-moi, je ne suis pas de la police, je ne suis pas de l'ONF, mais je suis j'aimeur. Et voyez les poches de résine qui sont là avec votre barbecue, si vous voulez.
- Speaker #1
C'est inflammable. Que ça soit explosif tout à l'heure,
- Speaker #0
ça le sera mais enfin bref Je l'aurais fait prendre conscience. Je suis tombé aussi sur des gens qui ne voulaient rien savoir, qui voulaient faire du camping et qui perdent un petit peu. Du coup, j'ai appelé les agents de l'ONF.
- Speaker #1
L'ONF, c'est l'Organisme National des Forêts.
- Speaker #0
Exactement. Du coup, j'ai appelé les agents de l'ONF pour leur signaler. Le Gémeur, il est là, donc il peut signaler. Il peut éviter des catastrophes. S'il y avait eu des Gémeurs dans la forêt usagère, voie 14, où le feu a commencé, des choses auraient pu se passer autrement.
- Speaker #1
Peut-être, certainement. Peut-être.
- Speaker #0
Mais je pense qu'évidemment. Ça aurait passé autrement. Et déjà, la forêt aurait été propre. Donc, ça aurait aidé beaucoup.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, on parle de forêt. J'en profite pour rapidement, parce que moi, ça me passionne tout autant. Pourquoi ils sont là, ces pins maritimes ? Ils ont notamment été beaucoup plantés à l'époque de Napoléon III. On en parle beaucoup quand on est dans la région, parce que c'est vraiment... C'était marécageux. C'était marécageux. Et en fait, les pins ont aussi permis de stopper L'avancée des dunes vers l'intérieur des terres, l'érosion, le vent maritime en plus. Il y a eu évidemment l'aspect financier parce que qui dit pas un dit en effet, exploitation, récolte, quoi que ce soit, donc tout l'aspect économique autour de l'activité. Et le fait que pour le coup les citoyens ne pouvaient plus en profiter autant. qu'avant, parce que tu parlais de forêt usagère, on n'avait plus le même usage à cause de ça, donc ça a été assez décrié sur le moment. Mais voilà, je voulais juste aussi dire à quel point cette forêt, elle fait partie, le maire de Seigneuse justement en parlait à la radio, il disait, la forêt dans les Landes, elle fait partie du paysage touristique, mais aussi économique évidemment et culturel. C'est très important de la préserver au-delà de l'aspect vivant qu'on va aborder un peu plus. Je trouve que c'est intéressant de voir comment on travaille avec le vivant. On parlait de saison, c'est la première chose. Il y a évidemment la temporalité, le rythme inhérent aux saisons et aux besoins différents. de la forêt et du vivant selon la saison. Mais il y a aussi, justement, je le disais, ce fameux vert parasite, les nématodes du pain, qui sont terribles. Comment on fait aussi ? Là, ils sont en train d'abattre tous les foyers qui sont atteints à Seignos et puis un peu même à Osgore, parce que c'est limitrophe. Est-ce qu'il y a un risque que ça se propage jusqu'ici ? On est à, je ne sais pas, une centaine, 150 kilomètres à peu près. Est-ce qu'il y a un risque ? Est-ce que vous en avez peur ? Comment on se protège aussi ? Et comment ce travail est à la fois lié aux contraintes du vivant, mais aussi c'est ce qui est exaltant.
- Speaker #0
Tout à fait, tout à fait. Mais par rapport à ce problème que tu évoques, il faut savoir que le petit ver, il est mignon, mais il ne va pas bien vite, il ne va pas bien loin. C'est un autre insecte qui le balade.
- Speaker #1
Oui, c'est les coléoptères qui les emmènent.
- Speaker #0
C'est ça qui est problématique, parce qu'ils peuvent aller loin. Il y a des choses qui pourraient être mises en place. Après, ce qui arrive, c'est que, comme tu le disais, l'industrie du pain, c'est une industrie, un business. Ils n'ont pas de temps à perdre non plus. Ils vont aller couper tout pain malade. Parce que c'est là qu'ils s'installent. Il y aurait des possibilités. Il existe des pièges aux phéromones. Il y a des options. Il y a ça. Je reviens encore sur le fait du gemmeur. Si le gemmeur était omniprésent dans les forêts, il pourrait repérer rapidement les pains malades. Ça serait un avantage incroyable. et qui éviterait des catastrophes. Donc, il y a des pièges au forum. J'avais écrit là-dessus il n'y a pas longtemps sur Facebook. Mais là, j'ai tellement de choses en tête. Mais il y a des solutions. Après, ce qu'on voit, c'est que c'est une business. Les pins, c'est une business. Oui, ils ont été installés parce que c'était extrêmement maraqué. Et qu'il fallait drainer l'eau. Parce qu'un pin, il boit énormément d'eau. D'ailleurs, voilà. mais Et préserver la forêt, parce que c'est l'image des Landes, c'est l'image aquitaine. Oui, c'est un symbole. Oui, il y aurait une sensibilisation à faire davantage auprès des jeunes.
- Speaker #1
J'allais le dire, dans les écoles. Dans les écoles,
- Speaker #0
tout à fait. Moi, j'en parle beaucoup quand je me promène dans les conservatoires ou les stages de cordes. J'y vais et la première chose que je fais, je leur montre une vidéo sur le Gémage, une campagne de Gémage que j'ai faite en 2015. Et là, c'est génial, parce qu'avant de parler musique... On parle de la forêt. D'où vient leur accessoire ? Quand j'ai commencé à faire le GEMA, tu me posais la question tout à l'heure, je vais revenir dessus d'ailleurs. J'en avais entendu parler de ma mère par rapport à mes arrière-grands-parents, je suis rentré là-dedans. Mais j'ai dû arrêter à un moment. En 2018, j'ai ralenti pour m'occuper de mon garçon qui présentait des besoins spécifiques. Et je me suis dit, je ne vais pas arrêter complètement. Je n'ai pas fait ça pour rien. Je n'ai pas appris tout ça pour rien. Il faut savoir que c'est extrêmement physique. Je me suis un peu blessé. Ça aurait été dommage d'avoir acquis beaucoup de choses par moi-même. Même si j'ai été bien guidé tout de même avec mon ancien collaborateur. J'ai envie de dire mon ami, Luc Leveux. qui m'a guidé, qui m'a appris, parce que lui, il a eu le temps, il a fait que ça pendant des années. Forcément, il m'a transmis de son savoir. J'ai aussi acquis du savoir par moi-même. Parce que quand tu te retrouves seul dans les pins cinq jours par semaine, inévitablement, tu as un regard, tu as une expérience que tu acquiers, inévitablement.
- Speaker #1
Tu affûtes ton observation. Tout à fait.
- Speaker #0
Quand tu dois faire 300 pins dans une parcelle, et le lendemain, il est retourné faire 300 pins de plus, il ne faut pas retomber sur les mêmes pins. Donc il faut apprendre à circuler dans la forêt, il faut apprendre à marcher, il faut apprendre à savoir ce que tu as déjà fait.
- Speaker #1
Se repérer et tout. Pour ça,
- Speaker #0
maîtriser la blessure. Parce que c'est bien de dire, on blesse, on blesse n'importe qui, on peut foutre un coup d'âge dans un pain, on peut mettre un coup de percelle. Mais ça ne se fait pas comme ça. Le pain, il est constitué d'écorces, de libert, il y a le cambium qu'on ne voit pas à l'œil nu, il y a l'aubier où il y a les canaux résinifères. Et au centre, il y a le bois et la sève qui est au milieu du pain. Ça c'est la sève, ce n'est pas la résine. La résine est dans l'oublié. Dans les canaux résinifères, il y a la résine. Et donc, la maîtrise de blesser le pain, il faut vraiment le maîtriser. C'est quelque chose à savoir. Donc, tout ça que j'avais acquis, je ne voulais pas avoir acquis tout ça pour rien. Donc, j'ai cherché le produit que je pourrais mettre au point.
- Speaker #1
Ah, nous y voilà.
- Speaker #0
Ben oui, parce que je me suis dit, mais comment faire ? Parce que comme je repartais un peu à zéro, j'ai vécu la séparation avec la mère de mon fils et compagnie, je n'avais pas vraiment de finances. Et la résine, normalement, les gens l'envoient à distiller. Pour séparer la colophane de l'essence de térébenthine. Donc on a une colophane très sèche, sans essence, et on a l'essence à côté. Je me suis dit, bon, tu n'as pas les moyens. Mais qu'est-ce que tu as fait dans ta vie ? Tu as été cuisinier. C'est de la tombouille, c'est ça ? Oui.
- Speaker #1
Toutes les expériences que j'ai prises dans ma vie se cumulent en ce moment.
- Speaker #0
Toutes les temps aujourd'hui.
- Speaker #1
Il faut être à l'écoute. Il faut être à l'écoute de soi, il faut être aussi à l'écoute de ce que tu as déjà fait, ce que tu as déjà entrepris, ce que tu as acquis. J'ai été cuisinier, donc je cuisine à résine.
- Speaker #0
J'adore. D'ailleurs, tu as des moules, je les ai prises en photo. Tu as des moules, c'est des moules à machine. Oui, c'est des moules de pâtisserie. Voilà, exactement. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. J'ai trouvé le bon diamètre, parfait pour faire les colophones de musique. Donc, je me suis mis à cuisiner la résine. Alors, ce qu'il y a de bien avec la nouvelle méthode qui est dans des poches, c'est que comme c'est quasiment hermétique, il y a une distillation naturelle qui se fait avec le soleil. Et on se retrouve avec une grosse partie blanche dure qui est la colophone dans le fond de la poche, imbibée d'essence. Et toute la partie liquide, c'est la partie qui a 85% d'essence de tarébenthine pour 15% de colophane dissoute naturellement dedans, à peu près. Et donc moi, je prends la colophane et je la fais réduire. Et je fais ça sur un petit réchaud.
- Speaker #0
Dans la forêt !
- Speaker #1
Surtout pas ! Surtout pas ! Dans mon garage ! Toutes les grandes sociétés ont commencé dans un garage.
- Speaker #0
Ça, c'est vrai ! Ah ouais, Apple...
- Speaker #1
Voilà, et bien je suis dans mon garage.
- Speaker #0
Ok, génial, d'accord.
- Speaker #1
J'ai mes fûts.
- Speaker #0
Avec évidemment toutes les conditions de sécurité nécessaires.
- Speaker #1
Absolument, absolument. On ne rigole pas avec ça. Et puis bon, j'ai été cuisinier, donc j'ai été dans la sécurité aussi. Bien sûr. Ah oui, tu as tout fait. J'ai fait beaucoup de choses. J'ai fait beaucoup de choses que je me sers aujourd'hui. Voilà, à travers la passion que j'ai actuelle. Et donc je me suis dit, voilà, si je mets au point ce produit, la colophane de musique, je cherchais le produit que je ferais. J'ai trouvé la colophane de musique parce que dans notre beau pays aussi, c'est... compliqué de mettre au point un produit parce qu'il y a énormément de règles, énormément de règles sanitaires, de ci, de ça, de papiers à remplir. Et j'ai trouvé la colophane de musique qu'on n'embêtait pas. Et j'ai fait, ben, super.
- Speaker #0
Ok. Et où il y avait, j'imagine, pas trop, enfin, il n'y a pas énormément de concurrence, en tout cas,
- Speaker #1
un peu.
- Speaker #0
Ou en tout cas, pas de la façon artisanale que toi...
- Speaker #1
Pas comme moi, pas trop comme moi. Il y en a comme moi, mais ils ne sont pas nombreux. mais ça je vais t'en parler ce que je veux dire surtout c'est que quand j'ai trouvé l'idée de faire ce produit ce qui m'a charmé c'est que je le faisais je faisais un accessoire pour des passionnés et ça pour moi c'est exactement pour ça qu'on est là aujourd'hui quand Philippe m'a dit peut-être
- Speaker #0
qu'on va enfin lui passer le micro il est là, il est silencieux il parle avec les yeux depuis tout à l'heure et le visage mais en fait quand il m'a dit c'est incroyable, mon son a changé avec cette de colophane. Donc, encore une fois, je vais lui laisser la parole, mais moi. Et il m'a dit, mais tu sais quoi, en plus, bon, voilà, c'est ta région, enfin, il est génial. Et donc, c'est comme ça qu'on est rentrés en contact, toi et moi. Et j'ai trouvé ça... Enfin, voilà, everything happens for a reason, justement. J'ai trouvé que c'était trop beau. Mais je me suis dit, OK, un artisan au service des artistes et du vivant. Moi, c'est comme ça que j'ai...
- Speaker #1
Tu vois,
- Speaker #0
que j'ai synthétisé, finalement. Tu parlais de mission tout à l'heure. J'ai trouvé que c'était vraiment ça. Et c'est ce que j'ai trouvé très beau et qui est assez rare en plus. Puis c'est hyper spécifique. En effet, le gémage, pour le coup, il n'y a pas plus de liche.
- Speaker #1
C'est vraiment beau parce que je suis convaincu que le gémage pourrait revenir, pas sous la même forme qu'autrefois. Ça pourrait être un complément de revenu. Parce qu'on ne va pas remarquer le gémage, en tout cas pas dans un premier temps comme on le faisait autrefois. Il ne faut pas écouter tout ce que les médias racontent. Mais on pourrait en faire un complément d'activité pour de jeunes retraités ou des jeunes hommes, des jeunes femmes qui veulent avoir un petit plus à la fin de l'année en vendant leur...
- Speaker #0
Et en plus, qui ont un réel impact local.
- Speaker #1
Et qui auraient un réel impact local.
- Speaker #0
C'est super important.
- Speaker #1
Mais voilà. Donc ça, déjà de base, on a ce beau métier de jammer qui fait partie de l'ensemble. Ensuite, moi qui me suis cherché à savoir ce que je pourrais faire, j'ai trouvé la colophane de musique pour des passionnés. Je me suis dit, ces passionnés, s'ils aiment mon produit, ils vont me permettre de retourner vers ma passion, aller dans ma forêt. On ne peut que s'entendre.
- Speaker #0
C'est vertueux, exactement.
- Speaker #1
On ne peut que s'entendre.
- Speaker #0
Alors, avant de lui passer le micro, je voudrais aussi parler, il y a encore un autre signe, je ne sais pas si tu es au courant, parce que tu parlais de conservatoire tout à l'heure, tu vas beaucoup dans des conservatoires, notamment à Dax, qui est dans les Landes. où tu participes aussi à des festivals, notamment le festival de musique de Biarritz. Et pour la petite histoire, ça c'est Philippe qui me l'a dit, qui était anciennement le festival de Cap-Breton, qui est... qui initialement était un festival de jazz, qui initialement était le festival de contrebasse, et que je connais bien parce que ma mère y allait tout le temps. Ma mère était une passionnée de musique. Ma mère vivait à Cabreton. Et il y a donc, ça va faire 16 ans, puisque c'était en 2010, 19 août 2010, festival de Cabreton, soirée d'ouverture, j'y vais avec ma mère, je rencontre Philippe. voilà donc j'ai une jolie boucle on s'est rencontré c'était une rencontre très digne d'un film franchement je vais pas la raconter maintenant mais c'était une très belle rencontre on est là aujourd'hui est-ce que peut-être tu veux passer maintenant le micro à Philippe Bonjour Philippe !
- Speaker #2
Bonjour !
- Speaker #0
Il faut le mettre le micro, voilà.
- Speaker #2
Bonjour Lily !
- Speaker #0
Ça fait très bizarre !
- Speaker #2
C'est la première fois !
- Speaker #0
C'est la première fois ! Puis d'habitude c'est moi qui suis à son micro dans le studio quand je regisse, c'est ce que je disais, mais là c'est l'inverse, c'est rigolo. Donc est-ce que tu peux nous parler justement de cette colophane ? Et à quel point ça a été game changer, que ça a changé ton son, tu le disais, et puis j'imagine donc ta pratique.
- Speaker #2
Alors, donc bonjour.
- Speaker #0
Parce que tu es contre-bassiste, pardon. Donc,
- Speaker #2
je suis, outre le fait d'être ton mari.
- Speaker #0
C'est déjà, c'est parti du boulot.
- Speaker #2
C'est un job en soi. Donc, je suis bassiste, contre-bassiste. professeur de musique notamment à l'école de Guyancourt. Et je suis passionné de musique, passionné de contrebasse. Et je dirais que ça, c'est une grande importance dans ce que j'ai envie de dire là maintenant tout de suite. C'est que je suis venu de la basse électrique, qui était évidemment une passion. Bref, mais... En fait, petit à petit, la contrebasse est venue en deuxième, ça a été un peu plus tard. Et même si à 16 ans, j'avais quand même fait un an avec Jenny Clark au conservatoire de Bagneux en contrebasse, mais c'est venu vraiment un peu plus tard, c'est venu avec la maturité. En fait, il y a quelque chose dans le monde de la contrebasse qui est très proche de l'artisanat. Donc, peut-être contrairement à la basse électrique, qui est plutôt un univers industriel. manufacturés, etc., qui d'ailleurs ont des vertus et ont finalement à travers ces grandes usines Fender, etc., il y avait quand même une qualité et qu'on cherche toujours aujourd'hui et qui peut être trouvée sur des marques comme SIR, Marcus Miller, etc., qui a cherché à recréer un microcosme pour fabriquer des beaux instruments, manufacturés mais accessibles, etc., etc. Voilà, parenthèse. Maintenant, pour la contrebasse. Alors, la contrebasse, c'est un instrument déjà qui fait partie du quatuor, la fameuse famille des cordes frottées. Donc, violon, violon alto, violoncelle et contrebasse. Donc, contrebasse, c'est la basse. C'est la grand-mère. Et surtout, ce qui est magnifique, c'est que c'est vraiment... On ne travaille qu'avec des artisans. Donc, les luthiers en premier chef. Et bien entendu, les archetiers, et bien entendu, ce qui marche avec, ou pas, ou moyennement, la colophane. Donc pourquoi la colophane ? La colophane, parce que simplement, la mèche de l'archet qui permet de déclencher le son, en fait, elle est faite en crin de cheval, donc ce qui est déjà, on voit bien que sur la contrebasse, l'archet, etc., il y a beaucoup de... Il n'y a que des matériaux traditionnels et nobles, on va dire. Donc, en fait, quand on rentre dans le monde de l'orchestre, des cordes, etc., on rentre vraiment dans ce domaine de l'artisanat et des traditions très anciennes des instruments, ce qui, moi, c'est un élément de ma passion, bien entendu. Et donc, en réalité, un archer, c'est une baguette en général. traditionnellement en Pernambouc, qui est donc un bois du Brésil, qui d'ailleurs récemment a failli être interdit à cause de la déforestation, etc. C'est un bois très précieux, qui a des particularités, qui est à la fois souple et dur, etc. Et puis finalement, apparemment, ça a l'air de s'arranger. Et puis donc c'est fait avec une amende du... du métal pour la hausse, etc. Peu importe, et du crin de cheval. Ce crin de cheval, comme les cheveux, ça ne colle pas, ça n'accroche pas. Et ce qu'on veut, c'est frotter la corde. Et donc, le moyen pour ça, c'est d'avoir cette colophane. Cette colophane est fondamentale. Évidemment, les gens qui ne connaissent pas ces métiers-là et cette passion-là ne peuvent même pas imaginer à quel point nous, on est passionnés par comment on va faire pour faire sonner notre instrument, pour avoir vraiment une belle tenue, une belle accroche sur l'instrument. C'est-à-dire que ça ne couine pas, qu'il y ait plein d'éléments. comme ça, qui fasse que, alors évidemment, il y a une technique qui va permettre, dans toute situation, d'avoir un son qui va bien. Mais enfin, la colophane, c'est un élément qui est absolument fondamental dans cette chaîne, qui fait qu'il y a le geste, le matériel, et ce matériel qui permet à l'archer de déclencher un son sur la corde. Donc du coup là Très récemment Simplement sur ma pratique professionnelle Je n'ai pas eu un parcours classique, mais par contre j'ai fait beaucoup de classiques, et notamment j'ai pris des cours avec Marie-Christine Dackey, quelques cours avec elle et des cours avec d'autres, mais Marie-Christine c'est vraiment quelqu'un pour qui j'ai le plus grand respect, et qui était prof 11e de mémoire, et puis qui était à l'opéra qui y est, à l'opéra de Massy, et donc en tant que contrebassiste, et c'est un contrebassiste émérite, dans la musique classique et qui fait aussi du jazz avec son compagnon, avec Fred, etc. Et puis même avec d'autres projets, qui a un très beau projet qui s'appelle A Contrario et qui est avec une chanteuse qui s'appelle Sandrine Deschamps. Elles ont un duo contrebasse-champ qui est très intéressant. Et elle est aussi à l'aise finalement aux Pids que... Pite, c'est Pite Cato. Pite Cato, c'est quand on pince la corde. C'est quand on ne se sert pas de l'archer. Aussi à l'aise dans le Pite Cato qu'à l'archer. C'est vraiment une artiste pour qui j'ai le plus grand respect et une prof aussi formidable.
- Speaker #0
Et donc, c'est comme ça que tu as découvert cette colo-choc Jem Expert.
- Speaker #2
Sur Facebook, elle a parlé de la colophane Jem Expert et de Sylvain. Et donc, en fait, je lui ai naturellement fait confiance et j'ai naturellement eu envie d'essayer. Parce qu'en réalité, c'est ça. Dans nos métiers, en fait, c'est du bouche à oreille, puisqu'on est dans le domaine de la qualité et pas nécessairement de... Enfin, je veux dire, il n'y a pas besoin de pub à la télé. Peut-être que ce serait bien. Mais en tout cas, ce n'est pas comme ça qu'en général, c'est plutôt comme une panoramique de... d'oreille de druide à bouche de druide, de génération en génération. Et on adore ça. De même qu'on va choisir un luthier pour telle et telle raison, on va choisir tel colophane, on va choisir tel archer, etc. Pour ces raisons-là. Donc en fait, on travaille avec ça. Et donc, j'ai vu cette pub sur Facebook, pas cette pub, cette proposition, pardon, de Marie-Christine Nathquy, qui disait qu'elle était ravie du son qu'elle faisait. qu'elle pouvait trouver avec cette colophane, que cette colophane était entièrement naturelle, je crois qu'elle le disait. J'ai creusé un peu, je suis tombé sur le festival de Biarritz dirigé par Thierry Barbé. Thierry Barbé, c'est un contrebassiste soliste incroyable que je connais depuis l'enfance, parce que mon ami de l'époque était le fils de son prof au CNSM, Jean-Claude Reynaud, donc il y a une histoire avec Thierry Barbé. Et donc, même si je ne le connais pas plus que ça, mais en tout cas, c'est quelqu'un pour qui j'ai le plus grand respect. Et donc, j'ai vu Lorraine Campet, Lorraine Campet qui posait avec la colophane en question. Lorraine Campet qui vient d'avoir le poste de... Alors, elle est super soliste à l'opéra. Elle joue magnifiquement bien. Ça fait longtemps que je la... Depuis quelques années que je la suis. Et surtout, elle est...
- Speaker #0
Tu m'as dit qu'elle venait d'avoir la victoire de la musique.
- Speaker #2
Donc voilà, tout ça m'a vraiment encouragé à creuser un peu et à acheter un pôle de colophane, à prendre contact. Et donc le contact s'est super bien passé. Ça c'est important aussi dans le commerce. En tant que pédagogue, en tant que passionné de la musique, il y a deux choses, moi, dans ce que je suis vraiment, je suis pédagogue et le son, bien sûr. En tant qu'artiste, le son est vraiment, pour moi, fondateur. Ceux qui me connaissent un petit peu en tant qu'artiste bassiste, contrebassiste, etc. savent que c'est quelque chose que je soigne particulièrement.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, tu le soignes aussi pour le podcast.
- Speaker #2
Absolument. Et donc, c'était vraiment important. Et puis, il y a un deuxième élément, je crois que je l'ai déjà dit, mais je réinsiste là-dessus. C'est ce domaine de l'artisanat. Ce que j'ai compris, c'est que... en fait c'était un produit naturel on est tous un peu inquiets par l'époque par les problèmes de la planète par les problèmes de la sur-industrialisation de la sur-exploitation de la sur-consommation etc alors quand on a la chance de pouvoir parler de quelque chose qui au fond a une vraie tradition permet autant de Donc... S'il vient d'en parler, c'est absolument fabuleux de comprendre que quand on fait les choses un peu avec qualité, que ce soit par rapport au pain ou que ce soit par rapport au produit final, c'est-à-dire ce qui, moi, pour tout du compte, c'est ce dont je me sers, il y a des répercussions positives à tout point de vue. Je suis vraiment ravi d'écouter Sylvain parler de tout ça, parce que je pense que les solutions sont peut-être... dans un peu plus de qualité et un peu moins de quantité d'une façon générale pour synthétiser. Et donc, cette colophane... Je pense que c'est vraiment le symbole de quelqu'un qui se bat pour quelque chose. Et ce quelque chose, c'est vraiment qui fait du bien à tout point de vue. C'est-à-dire que ce soit le j'aime ou que ce soit pour les musiciens, etc. Et puis bon, accessoirement, je crois qu'à ma connaissance, je ne connais pas de colophane française. Donc en ce moment, comme on est un petit peu dans une période difficile politiquement, etc. C'est chouette d'avoir... Quelque chose qui est local, qui est artisanal, qui est ancré dans la tradition et qui, en même temps, sert à tant de choses, en tout cas pour le pain et pour la gemme. Et puis, sert pour nous, les musiciens, on en a absolument besoin. Voilà donc ma présentation, ma petite participation à ça. et j'espère que cet éclairage que Lili était en train de faire sur ce sur ce projet, etc., ça va permettre aussi de développer la chose pour Sylvain. Voilà. Je te repasse le micro.
- Speaker #0
Merci. Merci beaucoup, Philippe. C'était aussi très intéressant de comprendre un petit peu ton parcours, que, évidemment, moi, je connais de plus en plus. Par cœur, mais c'est intéressant de voir aussi à quel point, à la fois que pédagogue et artiste, ça fait sens pour toi. Parce que tu sais, même quand tu le disais tout à l'heure, Sylvain, qu'on a aussi besoin d'éduquer les jeunes. Je trouve que même toi, au conservatoire, avec tes élèves, ça pourrait être hyper intéressant de partager. Donc, c'est le cas. Ah,
- Speaker #1
d'accord.
- Speaker #0
Tu vois, il en parle déjà. Évidemment, il en parle autour de lui, etc. Mais tu vois, même finalement, de leur montrer une vidéo, comme tu disais, que toi, tu montres. Tu vois, de montrer une vidéo de Sylvain. Enfin, je trouve que c'est passionnant aussi de prendre conscience de tout ça. Voilà, les instruments, ils sont faits en bois. Tu vois, toi, par exemple, je crois que ta contrebasse, elle est en épicéa. La table, la table de la contrebasse est en épicéa. On parlait tout à l'heure des nématodes du pain, mais les épicéas souffrent tout autant. J'ai oublié le nom, mais c'est plutôt un champignon, je crois. Non, c'est un insecte. Ah oui, c'est un insecte. Comme nous, on va beaucoup en vacances l'été en Savoie, parce qu'on fait de la rando. Tu vois, avec les guides, ils en parlent énormément, etc. Donc évidemment que le vivant, et c'est beaucoup lié au dérèglement climatique aussi, cette prolifération, pas l'insecte en lui-même. Mais la prolifération, notamment à cause de la chaleur, il fait beaucoup trop chaud en montagne déjà. Parce que la nature qui s'adapte.
- Speaker #1
Exactement. La nature qui s'adapte et qui a des répercussions. Après, je tiens à dire que je suis vraiment très content d'avoir entendu ce témoignage.
- Speaker #0
C'est tout le champ,
- Speaker #1
c'est une reconnaissance. C'est parce que c'est beaucoup d'années de recherche. Parce que quand j'ai trouvé l'idée de la colophane de musique, ce que je ne vous ai pas dit, c'est que c'est bien beau, mais il fallait trouver. Comment la faire ? J'ai fait des recherches, j'ai attendu 5 ans avant de la commercialiser la cléophane. Pour moi il était hors de question de mettre quelque chose sur le marché qui ne serait pas bon. Ce soit un point pratique et puis surtout l'ensemble en fait. Il faut que ça dure, il faut que ça soit opérationnel. J'ai fait des recherches, j'ai trouvé un site internet qui était pas mal sympa, qui regroupait toutes les bibliothèques. à l'international des universités. Et j'ai tombé sur un très ancien manuel de luthier qui parlait des recettes de base qui se pesaient il y a 300 ans à peu près. En vieux français, avec des termes de Gemmeur, anciens. Il a fallu que je fasse des recherches, rien que pour traduire une ligne. Et c'était génial. Et donc, je me suis inspiré de cette base. Après, j'ai développé. Après, bien entendu, j'ai mis ma douche à moi, j'ai avec mes colophones. Mais autrement dit, ce que je veux dire, ce qui est important, c'est qu'autrefois, si vous avez des artistes, des génies de la musique classique, tels que Beethoven ou Mozart, qui sont passés en France, ils ont eu des colophones probablement semblables aux miennes. Parce que je travaille sur cette base. Je travaille sur une base que j'ai trouvée dans ce vieux manuel de Luthier qui parlait justement d'une colophane blonde du commerce, d'un galipot qu'on allait chercher sur le pain. Et bien j'en suis arrivé à des conclusions avec mes cuissons de colophane. Voilà, le galipo en gelé, naturellement, de toute façon. C'est quoi le galipo ? En fait, le galipo, c'est le surplus de résine qui se retrouvait sur le pain au moment du gemmage. Le galipo, c'est la résine qui avait commencé à s'oxyder, à sécher sur le pain. Et il fait partie des recettes.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Moi, si vous voulez, j'ai déjà tout naturellement. Et j'en ai propre et en grande quantité. Donc, j'ai mis au point mes recettes, j'ai travaillé ma colophane à différentes températures, différentes heures de cuisson, différents pourcentages d'assemblage. J'ai une colophane que j'appelle brune, qui est la colophane la plus cuite, qui a une fibre plus fine, donc qui va avoir des répercussions sur l'accroche et le son, et pour différents instruments. Oui,
- Speaker #0
parce qu'en effet, tu as une colophane pour les violons et les altos, une autre pour les violoncelles et une troisième pour les contrebasses.
- Speaker #1
Voilà, contrebasse qui a deux versions, qui a une version hiver et une version été. Parce que la contrebasse, c'est délicat. La contrebasse, c'était tout un travail pour moi de la mettre au point. C'est plus difficile parce qu'il faut une colophane qui a beaucoup d'accroche. Et si tu as une colophane qui a beaucoup d'accroche, ça veut dire qu'elle est molle, ça veut dire qu'elle est souple. Ça veut dire que quand il fera 40 degrés, ça va fondre. Et tu vas te retrouver avec une pâte à modeler ou un truc tout fondu.
- Speaker #0
Et c'est plus difficile parce que les cordes sont plus grandes ?
- Speaker #1
Les cordes sont plus grosses. L'instrument a un corps énorme, un gros corps. Et donc, il faut vraiment une bonne accroche. Mais à travers le fait d'avoir une très bonne accroche, il faut aussi avoir un grain. qui permettent les notes toutes ces notes et aussi une colophane qui va s'étendre sur l'archet de manière optimale et homogène j'avais parlé avec un musicien qui était en Allemagne et qui m'avait dit je suis en train de redécouvrir un jeu parce que là j'utilise toute la longueur de mon archet avec la colophane c'est génial et ça c'est grâce à des recherches toutes ces recherches que j'ai fait et que j'ai compris de ces éléments de base ... qu'ils avaient bien voulu marquer dans ce vieux manuel sans aucune indication de pourcentage ou de quoi que ce soit ça je l'ai découvert avec mes tests, j'ai fait énormément de prototypes, je me suis fait aider par Patrick Manet contrebassiste c'était une question qu'on se posait justement,
- Speaker #0
si on collaborait vraiment avec des artistes des musiciens on parle de beaucoup de choses donc je me perds un peu
- Speaker #1
T'inquiète.
- Speaker #0
J'ai aussi des questions purement business, parce que tu fais ce podcast, c'est l'angle aussi vraiment les business, un peu des métiers de l'agriculture au sens large. Mais donc, ça m'intéresse aussi de rentrer un peu dans le détail, même de combien de pots tu fabriques, tu produis, parce que tu vends, donc tu expédies toi-même. Tu nous montrais tout à l'heure, tu as fait toi-même tes pots, tes étiquettes. Voilà, tu es auto-entrepreneur. Est-ce que tu en vis ? Je ne crois pas aujourd'hui. Est-ce que c'est ton unique activité ?
- Speaker #1
Je n'en vis pas encore. Disons que cette année, ça commence à devenir un bon complément de revue.
- Speaker #0
Super.
- Speaker #1
J'avais besoin d'un pull pour me lever. C'est tout bête. J'ai traversé des périodes très dures. Quand j'ai dû arrêter de m'occuper de mon garçon, entre autres, j'ai mis de côté la grande production. de résine, comme je vous disais tout à l'heure, je faisais dans les 12-15 tonnes de résine par été. Donc là,
- Speaker #0
maintenant, tu fais combien ? Et puis notamment, c'est à peu près quoi ta production ? Combien de pots de colophane tu peux vendre ?
- Speaker #1
Je ne suis pas encore à pouvoir dire ça. C'est les débuts. Le bébé commence à marcher.
- Speaker #0
Ok, super, c'est clair.
- Speaker #1
Je rampais jusqu'à il n'y a pas longtemps et là, je commence à marcher.
- Speaker #0
Et par contre, j'ai vu que tu... Parce que c'est important, évidemment, aussi, donc on va reparler de tes collaborations avec des artistes. Est-ce que tu fais ce qu'on appelle purement un marketing du placement de produits ? C'est-à-dire, est-ce que tu en envoies ? Est-ce que tu en offres pour qu'ils testent ? Ou est-ce que non, tu attends qu'on achète tout ? Et puis j'ai vu aussi que tu postais beaucoup sur des forums de musique.
- Speaker #1
J'étais espionné là !
- Speaker #0
C'est mon boulot ! Tu sais, c'est journalistique, c'est l'enquête ! Et d'ailleurs, je vais le lire parce que c'est un message qui je trouvais... hyper clair. Et si tu me permets, je vais lire. Cher musicien et passionné de musique, vous recherchez une colophane qui sublime chaque note. Renforce l'authenticité de votre son. Tu vois, c'est vrai que l'authenticité, c'est important. et fait vibrer vos cordes avec une adhérence parfaite. J'aime Expert, spécialiste de la résine de pain maritime du bassin d'Arcachon, vous propose une colophane d'exception, inspirée par un savoir-faire ancestral et respectueuse de l'écologie. Notre procédé artisanal unique garantit une colophane d'une pureté remarquable, offrant une durabilité supérieure et révélant toute la richesse sonore de votre instrument. Déjà c'est hyper bien écrit, parce que c'est très clair.
- Speaker #1
et concis.
- Speaker #0
Donc, il y a tout cet aspect un peu de se faire connaître, de communication, de promotion. Ça prend du temps, j'imagine. J'ai l'impression que tu aimes ça.
- Speaker #1
Oui, j'aime ça. Après, ça prend du temps. Ça prend du temps parce qu'on vit à une époque où les gens ont peur. Il y a tellement de choses qui circulent, tellement de contrefaçons. Donc, les gens conceptifs, ils ont un peu peur. Et je comprends. Alors, il faut essayer de parler avec son cœur. Simplement. Tout simplement. Marketing, je ne suis pas tant que ça. Je ne suis pas un gros businessman. Je suis plutôt... J'ai l'accent du Québec. Non, voilà. Malgré tout, je suis obligé un peu. Sinon... Sinon, ça va être compliqué. Mais autant que possible, j'essaie de parler du cœur. J'essaie de faire comprendre aux gens que je suis là. Faire quelque chose qui leur permettra d'embellir leur passion. Je ne sais pas si j'utilise le bon mot.
- Speaker #0
Si, si. D'être au plus proche de leur passion et de le faire de mieux en mieux. De base,
- Speaker #1
je ne peux pas leur faire des sous.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Au tout début, oui, je cherchais un moyen, bien entendu, mais au tout début, l'idée était de mettre au point des colophones à un prix accessible, surtout pour les enfants. Je pensais à ça en premier. Excusez-moi les professionnels. J'ai pensé aux enfants en premier, parce que ce qu'il faut savoir, c'est que la colophone à l'international, elle est extraite aujourd'hui. Le marché mondial a été pris par la Chine. Déjà, c'est ce qui nous a enlevé le gémage en France. On va en faire un résumé rapide. Aujourd'hui, du jammage, il y en a en Chine, au Brésil, au Portugal, en Espagne, en Inde peut-être aussi, il me semble. Et dans tous ces pays que je viens de nommer, on se sert toujours d'acide sulfurique. Ils diront ce qu'ils voudront, on se sert encore d'acide sulfurique. Alors déjà, vous avez des traces d'acide sulfurique dans cette colophane. La colophane à l'international, elle n'est pas dédiée pour la colophane de musique.
- Speaker #0
C'est pas assez payant pour eux. C'est pas intéressant. C'est pas un marché. Donc elle est dédiée pour quoi ? Pour la cosmétique, la pharmaceutique, pour les vernis, pour ci, pour ça. Alors, elle est déjà prédestinée. Donc, il faut bien se dire qu'il y a probablement et assurément même, j'ai envie de dire,
- Speaker #1
des additifs pour l'élastifier,
- Speaker #0
pour la rendre plus résistante à ci, pour ça, à ça. Et c'est quoi ça ? C'est chimique, ces additifs. Vous vous rappelez, il y a quelques années, je ne sais pas si tu vas t'en rappeler, Mais il y avait une polémique aux alentours des crèmes épilatoires s'il y avait de la colophane dedans.
- Speaker #1
Ça créait des allergies. Ah bah tu m'étonnes.
- Speaker #0
C'est pas la colophane qui crée des allergies.
- Speaker #1
C'est les additifs.
- Speaker #0
Je vous parlais très simplement et très franchement comme je le suis. C'est les saloperies qui mettent dedans.
- Speaker #1
Bien sûr. Mais tu sais, tu parlais tout à l'heure, ça m'est déjà venu l'idée du miel. Et en fait, il y a aussi beaucoup de miel. Tu sais, genre les trucs que tu achètes en bouteille, la compresse, je ne vais pas nommer de marque, mais qui sont en fait des miels chinois et mélangé à de l'eau et avec des rajouts de chine. Et des... Voilà, exactement. C'était la même chose. Mais on la mange en plus. On le mange, le miel, tu vois. La colophane, vous en mangez aussi.
- Speaker #0
La poussière est dans l'air. Vous la respirez. C'est pour ça que je pensais aux enfants tout à l'heure. C'est que cette colophane qui est sur l'international, qui va être dénaturée avec tous ses produits chimiques, vous la respirez. Et donc, d'où viennent ces allergies que les musiciens rencontrent ? rencontre l'asthme des musiciens ici et ça. Est-ce que c'est vraiment la colophane en tant que telle ou ce ne seraient pas ces saloperies qu'on retrouve dedans ? Moi, je pense pas que ce sont les saloperies. Parce que je peux vous dire une chose, je n'ai jamais été plus en santé qu'à l'époque où j'étais dans la forêt et que j'en mangeais de la colophane.
- Speaker #1
Tu sais que en préparant l'interview, j'ai lu aussi que le bassin d'Arcachon est réputé pour les maladies respiratoires, l'asthme, etc. C'est un des meilleurs climats et environnements Surtout en temps du gémage. Tu le sais sûrement, mais Arcachon, c'est Arcanson en gascon et ça veut dire colophane. C'est l'autre nom de la colophane. Philippe qui fait un ouvrage.
- Speaker #0
Ça vient du grec ou du latin, je ne sais plus.
- Speaker #1
Je crois plutôt grec.
- Speaker #0
Oui, du grec. Je reviens sur ce que tu disais. C'était une station balnéaire où on envoyait beaucoup de tubercules. par rapport à l'air iodé et ce qu'on ne dit pas, ce qui n'est pas souvent dit, mais par rapport aussi à toute l'évaporation de l'essence de térébenthine qu'il y avait du temps des gémmeurs. Et c'est réputé depuis les temps anciens que l'essence de térébenthine dans la résine de pain maritime est excellente pour les voies respiratoires.
- Speaker #1
Et alors d'ailleurs, tu fais, je crois aussi, tu nous montrais une huile.
- Speaker #0
Oui, je travaille sur une huile de massage qui est excellente pour les douleurs musculaires. Moi, mon arthrose, ça me soulage un peu dans les doigts. Quand tu es malade, tu peux t'en mettre sur la cage thoracique pour les voies respiratoires. C'est une huile que je fabrique à base de résine de pin, la partie liquide, la plus liquide qui est à forte. de teneur en essence de térébrantine, qui est naturel, où je n'envoie rien. Ça me semble super bon.
- Speaker #1
On l'a essayé, l'huile. Incroyable.
- Speaker #0
Et je fais ça avec une base d'huile végétale. Je fais un mélange à différents pourcentages qui nous permet d'avoir une huile qui pénètre dans la peau, qui ne tâche pas les vêtements et qui est efficace. Parce que les anciens, il faut savoir qu'ils se faisaient des cataplasmes avec la résine. Mais autrefois, dans le Pau-Hugues, il y avait une forte évaporation de l'essence de la terrebe antique, donc la résine était sous forme pâteuse. Ils faisaient un cataplasme qui laissait 24 ou 48 heures, et ça faisait une croûte à enlever. Donc esthétiquement, ce n'était pas génial.
- Speaker #1
Comme l'argile, quand on fait des cataplasmes d'argile.
- Speaker #0
Sauf que la croûte de résine, je peux te dire qu'il fallait y aller plus.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
un jour où j'avais du retard, j'ai travaillé dans une parcelle à Biscarrosse, assez loin de la Teste. et mon outil coupant n'était plus vraiment coupant parce que j'avais fait beaucoup de pain, j'avais pris du retard. Normalement, je faisais 300 pains par jour. Cette journée, j'ai dû en faire 470. J'étais épuisé et l'outil a glissé sur les corses et il m'a éclaté la poche de résine. Je ne me suis pas blessé, mais il m'a éclaté la poche de résine. Je me suis retrouvé englué de résine, un peu comme dans Ghostbusters.
- Speaker #1
J'avais vraiment un dessin animé. Vous avez l'image du fantôme vert dans Ghostbusters ?
- Speaker #0
Moi, je suis avec ce fantôme qui est englué de résine. Je me suis mis du carton partout pour entrer dans la voiture, pas tout saloper, puis rentrer chez moi. Et sur la mesure que je conduisais, j'étais mais attends. Ma tendinite au poignet et au coude, je ne sens presque plus rien. Mais là, j'ai fait, il y a un truc à faire.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
Donc là, en ce moment, par contre, l'huile, c'est de l'ordre de la cosmétique. Oui,
- Speaker #1
donc là aussi, des contraintes. Je vais devoir passer par une certification. Enfin, voilà. Oui,
- Speaker #0
oui. Un labo. Oui. Dans un premier temps, je peux peut-être penser à créer une association et faire des démonstrations.
- Speaker #1
On verra. Je rebondis sur une question de tout à l'heure par rapport à tes collaborations avec les artistes.
- Speaker #0
Au tout début, quand je travaillais à l'aveugle, en n'étant pas musicien moi-même, parce qu'il faut l'avouer.
- Speaker #1
C'est déjà tout ce que tu sais faire.
- Speaker #0
Donc je ne suis pas musicien, j'étais un peu à l'aveugle et j'en ai parlé à l'entour de moi. Je suis tombé sur une musicienne qui m'a parlé que son professeur s'appelait Olivier Parot, au conservatoire de Dax, qui est aussi le premier violon de l'orchestre de Dax. Un monsieur très gentil, très humain, qui m'a très bien accueilli et qui m'a dit, mais vas-y, oui absolument, au moins des colophones, que j'essaie. Et il ne m'aura pas fallu beaucoup d'essais, pour être honnête. Au bout de quelques tentatives, il m'a dit « Sylvain, c'est génial. » J'ai d'ailleurs un de ses étudiants, ça, ça me fait un peu cocasse, parce qu'il a une toute petite voix, je pensais que c'était un adolescent. Et quand je l'ai rencontré en allant à Dax, je me suis dit qu'il était beaucoup plus âgé que moi. J'ai un de ses étudiants qui m'en a commandé et qui m'a parlé, avec son franc parlé. Je pensais avoir la gueule en feu, parce qu'il était allergique. Il devait jouer avec un produit synthétique, trop allergique à la colophane. Il m'a dit le jour où j'ai pris ta colophane, j'avais vraiment peur et plus rien. J'ai eu aucune allergie et ça fait plusieurs qui m'en commandent. Et il est heureux, il peut jouer et là il a un vrai bon son. Parce que là, le truc synthétique qu'il utilisait, c'était affreux. Donc oui, comme je le disais, c'est un produit qui est pur. Moi, quand je travaillais, je faisais 300 pains par jour, 600 pics par jour. La colophane, j'en ai mangé. Quand je me suis fait engueuler comme ça, j'en ai mangé. Bien sûr ! Si c'était mauvais, je ne serais pas en forme aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est clair. Tu es en forme et tu te maintiens. C'est très physique.
- Speaker #0
C'est très physique, oui. Quand je vais retourner dans la forêt faire des pains, plus je vendrai de colophane, plus la business fonctionnera. Inévitablement, il me faudra faire plus de pains. Si un jour, je recommence à faire autant de pains qu'avant, vous viendrez me voir, j'aurai une vie là quelque part.
- Speaker #1
Je te le souhaite. C'était une autre question qu'on se posait avec Philippe. parce que tu n'es évidemment pas propriétaire d'une parcelle. Non, pas encore. Comment tu fais ? Tu loues ? Comment tu peux exploiter ?
- Speaker #0
Comme je le disais tout à l'heure, je parle vraiment, et ça je l'ai appris avec le temps, avec l'expérience, mais je parle vraiment du cœur maintenant, principalement. J'essaie d'être le meilleur possible. Et quand je parle de ce que je fais dans la région, il y avait énormément de j'aimeurs. Comme je disais tout à l'heure, il y a encore beaucoup de gens qui ont un grand-père, un arrière-grand-père ou un père qui était gêmeur. Et quand j'ai parlé que j'allais essayer de faire des campagnes de gémage, autour de moi, les gens se sont proposés directement.
- Speaker #1
La première année,
- Speaker #0
à Salles, un monsieur, monsieur Lafon, qui était un ancien apiculteur et fils, petit-fils de gêmeur, qui m'a dit, vas-y. Je ne te demande rien, vas-y, c'est pour t'encourager.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
Oui, c'est génial.
- Speaker #1
C'est touchant.
- Speaker #0
Oui, c'est touchant. Il m'a donné une sarcle de Pella pour écorcer le pain qui est à son grand-père. L'outil doit avoir 200 ans parce que lui, il en avait 4,5 quand il me l'a donné. L'outil doit avoir 200 ans. Je l'utilise encore de temps en temps. Oui, c'est magnifique. C'est magnifique parce que je pense que l'humain devient le plus sensible, le plus beau quand il est question de souvenirs, quand il est question d'essence, quand il est question de... de son enfance, quand il est question d'un amour lointain et qui peut renaître. C'est l'essence même de la vie. Et puis d'un partage et d'une renaissance. Il y a tous ces mots-là qui font sens.
- Speaker #1
Ah ouais, carrément, c'est très beau. Et d'ailleurs, tu vas nous emmener tout à l'heure.
- Speaker #0
Je vais vous montrer les pains que j'ai travaillés. Je vais vous faire un petit exemple. En ce temps-ci de l'année, ça ne coule pas vraiment la résine parce qu'il fait froid.
- Speaker #1
mais je vais vous montrer tout de même pour votre fiston aussi et vous expliquer et vous montrer les différentes étapes alors en parlant d'enfant j'aimerais évidemment parler de Thomas ton fils de 13 ans t'en as parlé à plusieurs reprises et t'as expliqué qu'il avait des besoins spécifiques et que tu avais donc dû notamment, enfin tu t'en occupes énormément c'est presque c'est une activité on le sait à temps plein déjà d'être
- Speaker #0
parent mais alors en plus pour un enfant qui a des besoins spécifiques est ce que tu peux nous parler un peu de lui oui bah thomas à 13 ans maintenant c'est grand c'est un grand format je le mesure dans les 1 mètre 70 c'est un grand format c'est un garçon C'est pas parce que c'est mon garçon, mais c'est un gentil. Il est comme mon père. Ça se voit,
- Speaker #1
ça se sent.
- Speaker #0
On va pas dire que moi je suis pas gentil, mais on va dire qu'il est comme papa. Ça saute des générations, je pense. Il peut mal, c'est mon père. Il a le cœur à la bonne place, une intelligence du cœur incroyable. Alors Thomas, oui, il a des difficultés. Il avait des difficultés déjà tout petit pour parler, pour se débrouiller, comprendre. Ça a pris beaucoup de temps. Ça a été très compliqué. Je me suis baladé de spécialiste en spécialiste. Jusqu'au jour où j'ai changé de médecin et que j'ai changé d'orthophoniste. Et je suis tombé sur des gens un peu plus jeunes, un peu plus... Donc formés,
- Speaker #1
ce qu'on appelle les neuroatypies.
- Speaker #0
Voilà, un peu plus à l'heure actuelle. Et qui m'ont conseillé d'aller au CRH de Bordeaux. Et il a été diagnostiqué en 2023 avec un spectre de l'autisme modéré.
- Speaker #1
Il a été diagnostiqué très récemment en fait.
- Speaker #0
Oui. Donc j'étais vraiment...
- Speaker #1
il y a Lucas qui arrive qui fait un coucou coucou chérie qui voulait voir un peu comment ça se passait t'es dans le chou et donc
- Speaker #0
c'était un autisme modéré on dit spectre c'est tellement large et divers c'est large il y a des éléments de base qui sont sont assez semblables chez les enfants ou les adultes et ça, mais c'est très large. Il y a beaucoup de choses. J'ai fait une formation de proche aidant au CERA de Bordeaux pour arriver à mieux comprendre ce que c'était et fonctionner avec mon fils, qui m'a fait ouvrir les yeux un peu sur ma propre personne parce que je pense que je dois l'être à un certain niveau aussi.
- Speaker #1
Bien sûr. J'espère que j'allais te poser parce que...
- Speaker #0
J'ai ouvert les yeux.
- Speaker #1
Sur tes propres troubles de l'apprentissage, etc.
- Speaker #0
Oui. Thomas, ce qui arrive, c'est que ça lui a développé un trouble de la parole. Le trouble développé, ou du moins, le trouble de la parole est lié à son TSA. Il a trois séances d'orthophonie par semaine. Il a eu un ergothérapeute, un neuropsychologue, énormément de rendez-vous pour stabiliser les choses, beaucoup de difficultés à l'école. à un tel point que depuis qu'il avait commencé le collège, et ce n'est pas que dans le collège où il allait, parce que j'ai entendu parler d'autres collèges, les classes spécialisées Ulysse.
- Speaker #1
Classe Ulysse, il y en a une dans l'école de notre fils.
- Speaker #0
Oui, alors c'est bien, le projet est bien, mais il n'est pas encore... Il n'est pas au point. Il n'est pas du tout au point. Les AVS, qu'on appelle aujourd'hui AESH, qui sont les aides humaines pour ces enfants, C'est des femmes, et je suis sûr qu'il doit y avoir des hommes aussi, mais des gens exceptionnels qui sont là par amour pour ce qu'ils font. Je ne leur jetterai absolument pas la pierre, mais ils se retrouvent dans des contextes qui ne sont pas adaptés. Et ils n'ont pas de cellules qui leur permettraient de réellement bien travailler avec ces enfants. Et ça les met en difficulté. Tout le monde. En fait, tout le monde est mis en difficulté. Le parent, l'enfant, l'enfant en premier. Principalement.
- Speaker #1
Et même les enfants qui les côtoient ? Oui, les enfants qui les côtoient. Si tu es mal fait, mal encadré ?
- Speaker #0
La sensibilisation face aux enfants qui ont un handicap, qui ont une différence, c'est quand même pas trop mal.
- Speaker #1
Je trouve de plus en plus. Oui, ça c'est bien. Handicap visible ou invisible, en l'occurrence aussi ? Oui,
- Speaker #0
peut-être que tu le regardes. Voilà. Tu n'as pas l'impression qu'il y a quoi que ce soit. Mais après, en tant que tel, j'ai envie de dire qu'il n'y a rien. L'autisme, c'est juste une manière différente de fonctionner. Si un jour un autiste a envie de créer une nouvelle façon d'enseigner, il révolutionnera l'humanité et les gens se reconnaîtront. Et je pense qu'on fera un pas en avant grandiose. Enfin bref. C'est une idée que j'ai sur le moment là.
- Speaker #1
Mais vraiment.
- Speaker #0
C'est tellement juste. C'est totalement ça. Toute ma vie, je me suis retrouvé dans des classes à l'école jusqu'à l'âge de 16 ans où j'ai abandonné où 25 élèves avaient une réponse et tu avais Gobeil qui était complètement à côté. Et ça a toujours été comme ça. Et ça fait mal. Et c'est compliqué parce que tu te dis mais je suis idiot en fait. Et puis après... Quand tu te mets passionné sur des trucs, tu te rends compte que peut-être que le démarrage a été un peu long, mais après, tu fais partie des meilleurs. Et là tu te dis mais attends mais t'es pas si bête que ça finalement T'es pas con Attends mais t'es réussi à faire des trucs Que d'autres ont été à l'école pendant des années Je me suis retrouvé à travailler dans des restaurants Étoilés à remplacer le sous-chef Et je me suis Là je me retrouve à faire de la colophane Enfin bref Je réalise des choses Qu'en quoi C'est pour ça que je dis l'autisme en tant que tel C'est une autre façon de raisonner De voir les choses et Et si vraiment on faisait quelque chose autour de ça, il y aurait un mouvement incroyable qui se ferait sur cette planète, parce qu'on est nombreux.
- Speaker #1
Et c'est vrai que ces diagnostiqués, il y a notamment beaucoup de... Alors tu sais aussi qu'il y a beaucoup de femmes qui ne sont pas diagnostiquées, ou de filles, parce que les tests sont faits principalement pour les garçons. Donc même dans le diagnostic pur, les tests sont orientés. sur un genre. Et donc, c'est moins facile de le détecter, tu vois, chez des femmes, parce que déjà, en tant que femme, on a l'habitude de se suradapter, globalement, tu vois, à la société, etc. Moi, je le dis, je suis gauchère, par exemple, c'est tout con, mais je me suradapte en permanence à un monde fait par et pour les droitiers.
- Speaker #0
C'est pas tout con, ouais. C'est une histoire... Pour les gauchers, il y a 40 ans...
- Speaker #1
Ils étaient contrariés et pas gentiment.
- Speaker #0
Ils n'étaient pas sympas avec eux.
- Speaker #1
Non, donc tu vois, c'est la même chose. Je sais qu'il y a des gens, même maintenant qui ont 60 ans, etc., qui commencent à être diagnostiqués parce qu'en fait, ils ont envie. Tu sais, on en parle beaucoup. Ce n'est pas parce qu'il y a plus d'autistes ou de TDAH aujourd'hui, c'est juste parce qu'on pose plus souvent et plus justement le diagnostic. Mais même là-dedans, il y a encore tellement... Parce que, comme tu le disais, c'est un spectre tellement large. Il y a tellement de spécificités que parfois tu te situes... C'est comme des courbes ou un spectre. C'est un cercle. C'est ça, un spectre. Tu peux être là pour ça, là pour ça. Et donc, chacun... En fait, on est, je pense, globalement tous plutôt neuroatypiques, neurodivergents. Globalement, avec des spécificités, etc.
- Speaker #0
Globalement, oui.
- Speaker #1
Mais là où tu as raison, c'est que je pense que, par contre, on est encore avec, notamment en France, une méthode d'apprentissage qui n'est plus adaptée à l'évolution de la société et de nos façons de penser, d'une stimulation beaucoup plus précoce, etc. Il y a beaucoup de choses et donc, en effet, il y a un vrai, on ne va pas parler de réforme de l'éducation, mais pour moi, elle est indispensable. Je trouve que c'est une super idée ce que tu disais. Il ne faut pas non plus qu'on soit tellement dans des spécificités, c'est toujours cet équilibre, que du coup chacun dit « Ah non, attends, moi je suis comme ça, donc je ne peux pas faire ça. Moi, il ne faut pas me parler à 26h parce que je ne suis pas du matin. » Non, on est en société aussi et c'est là l'équilibre.
- Speaker #0
Dans des extrêmes aujourd'hui. Exactement. C'est pas à la limite, on a dépassé la limite. On est dans le ridicule total, selon moi. tout ce que tu en dirais est très juste et après comme tout à l'heure je disais j'étais en cuisine avec ce grand chef qui m'enseignait à l'ancienne qui pouvait me pousser une bonne gueulante en plein service aujourd'hui ça serait perçu très mal aujourd'hui les jeunes seraient outrés et ça n'irait pas du tout mais comme je le disais tout à l'heure la cuisine c'est un milieu qui est aussi un milieu artistique c'est un milieu de création donc si on nous sort pas de notre bulle, des fois, en plein service, tu peux tout gâcher. Donc ça a son utilité. Après, pourquoi je parle de ça ? Parce que de ce que tu es en train de parler, au niveau de l'éducation nationale, effectivement, là, le gémage, là je mélange tout, mais le gémage...
- Speaker #1
Ça fait complètement sens, bien sûr.
- Speaker #0
Le gémage, c'est un art traditionnel, c'est un métier, une profession traditionnelle. Mais aujourd'hui, moi, je ne rejèmerais pas avec des POUG. Je ne vais pas rejemmer avec les outils de l'ancienne pour faire une colophane pâteuse avec très peu d'essence dedans et toute seule. Non, on évolue. Mais c'est bien de faire renaître tout en évoluant.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Voilà, tout simplement. Et c'est ce qui devrait se produire avec le système éducatif. De faire renaître et de faire évoluer.
- Speaker #1
C'est beau.
- Speaker #0
Non, parce qu'il y a certaines choses qu'on ne peut pas garder comme c'était. Parce que, comme tu l'as dit, l'être humain, il évolue. On a évolué, on voit bien. Le peu que j'ai appris à l'école, je l'ai vu. Je l'ai appris. Et là, on est en plein d'évolution. Donc il faut faire bouger les choses.
- Speaker #1
Pour revenir sur J'aime Expert avant de clôturer, tu disais tout à l'heure que ce n'est pas encore suffisamment rémunérateur, mais ça le devient de plus en plus. Est-ce que tu as un peu une vision, un objectif ? Est-ce que tu sais où tu veux emmener J'aime Expert ? Est-ce que tu y as réfléchi ou est-ce que tu laisses vraiment les choses purement ? Un peu des deux.
- Speaker #0
Je laisse un peu aller les choses. Comme là, par exemple, aujourd'hui, vous êtes chez moi. Voilà. Et après, oui, j'ai des formes d'ambition ou de rêve.
- Speaker #1
J'aime bien poser cette question. C'est quoi, dans un monde idéal, où est Jemexpert ?
- Speaker #0
Partout. Je veux aller faire la résine partout. J'ai envie d'aller à Tahiti. Ils ont des pains.
- Speaker #1
Je ne savais pas.
- Speaker #0
Je l'ai appris parce que j'ai des nouveaux voisins tahitiens. Donc, je vais aller à Tahiti. Je veux aller en Chine. Je veux aller partout. Je voudrais...
- Speaker #1
Réhabiliter le gemmage avec cette nouvelle technique.
- Speaker #0
Cette nouvelle méthode technique et penser aussi cette nouvelle vision. C'est-à-dire que pourquoi produire autant ? Peut-être freiner un peu, faire un peu plus de qualité. Ça donnera davantage envie, ça valorisera le travail et ça justifiera les prix.
- Speaker #1
Le prix.
- Speaker #0
Et il y aura plus d'intérêt, donc il y aura plus de demandes, il y aura plus de manœuvres. ça va se stabiliser. On va peut-être prener un peu un temps et on va retrouver la cadence avec du 100 fois mieux. Donc, il va falloir se réveiller à un moment donné. Wake up. Wake up.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour tout ça, Sylvain. Je vais te laisser terminer sur un dernier mot, celui que tu veux. C'est dur. Je sais.
- Speaker #0
Partage.
- Speaker #1
Partage.
- Speaker #0
Partage. Dans tout. Connaissance, amour, fraternité, partage.
- Speaker #1
Merci beaucoup. C'était un beau partage, justement, aujourd'hui. Merci à vous, surtout.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si vous avez envie de prolonger la discussion, n'hésitez pas à me contacter par e-mail lbm.lilibonnet.com, sur LinkedIn ou sur Instagram. Et si, comme moi, vous trouvez que ce podcast mérite d'être encore plus écouté, alors pensez à le partager sur les réseaux ou à l'envoyer aux personnes qu'il pourrait intéresser. Et aussi, abonnez-vous, écrivez des commentaires, spread the love, mettez des étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. J'en profite pour remercier Philippe Drevet pour la composition de la musique originale de ce podcast et pour la réalisation de chaque épisode. On se retrouve le 15 du mois prochain et d'ici là, n'oubliez pas que everything happens for a reason.