- Speaker #0
« Everything happens for a reason » Bienvenue dans la quatrième saison de « Everything happens for a reason » , le podcast dédié au métier de la création. Je suis Lily Bonnet et je soutiens la créativité au sens large depuis plus de 25 ans. Manager, agent, business coach, j'accompagne les indépendants et les organisations des industries créatives dans leur expansion. Mon but, c'est d'insuffler plus de créativité dans le management et de management dans la créativité. Dans ce podcast, j'accueille, le 15 de chaque mois, un ou une invitée avec qui j'explore les aspects business, management, stratégie, communication, opérationnel de leur métier. De près ou de loin ? ils ont tous en commun une profonde créativité qui les porte alors j'ai à coeur de vous faire découvrir des personnalités, des visions et des rêves et si vous appréciez ce podcast pour les sujets qui y sont abordés vous serez aussi certainement sensible à sa qualité audio et ça c'est grâce à Philippe Drevet, musicien et aussi mon mari qui en signe l'identité sonore la musique originale et la réalisation de chaque épisode chez KU, c'est la fonction qui dicte la forme. Et ce sac, en quelque sorte le tote bag parfait, est reconnaissable à sa toile PVC utilisée pour les châteaux gonflables fabriqués dans l'usine familiale en Normandie. Dans cet épisode, Clémence se livre avec beaucoup de transparence et aussi de maturité et d'humour. Alors ensemble, on a parlé de son parcours qui a commencé tôt, avant même d'être diplômée. de l'évolution de son métier et de finalement toutes ses casquettes, de son business model pour la marque, de son équipe aussi, et des nombreuses collaborations qui font l'ADN de KU et qui permettent à Clémence de se renouveler et même de se challenger à chaque fois. Et tout au long de notre conversation, la famille KU est évidemment hyper présente. Car au-delà de ce nom qui est devenu une marque, le commerce et l'ingéniosité
- Speaker #1
coulent autant dans leurs veines que sur cette toile PVC colorée.
- Speaker #0
En fait, c'est des micro-dynamiques, donc ils ne vont pas capter les sons ambiants. Mais tu vois, parfois, ça m'est arrivé d'enregistrer dans un café.
- Speaker #1
Et t'entends,
- Speaker #0
mais ça va, vraiment, tu captes surtout la voix. À condition de se trimballer avec. Si tu bouges, il faut bouger comme ça.
- Speaker #1
Il te perd. Oui, c'est le but.
- Speaker #0
C'est le but. C'est des micros de chant aussi, tu vois. C'est les chiotes. Oui, moi,
- Speaker #1
j'ai fait des micros de chant pendant un temps. Ah,
- Speaker #0
génial !
- Speaker #1
Du coup, on avait... Alors, en tant que styliste, tu as les contacts, évidemment. Mais derrière, nous, on se marrait avec les micros Madonna. C'était celui que tu avais à l'origine. Ah, c'est ça ! Et là, tu sais que tu as le micro, mais surtout, tu deviens une pop star. Tu sais quoi ? C'est vraiment... Je ne suis pas une DJ, et du coup, je le connais bien.
- Speaker #0
Tu le connais bien, voilà. Alors, tiens-le bien comme ça. on va en parler d'ailleurs on va parler de tout toi t'écoutes des podcasts pas mal elle m'a dit Karine mon préféré c'est Coloscopie de Laurent Baffi ça m'étonne pas bon après je fais pas ma faillote évidemment t'as un peu en top mais je parle de la concurrence je l'adore j'aime Ardisson,
- Speaker #1
donc Baffi donc voilà Et je trouve que les invités sont bien choisis. Ce n'est pas forcément les mecs qui font les sorties ciné. Blah, blah, blah. Tu vois, Niné, on l'a vu partout. Et lui, par exemple, il ne l'a pas eu. Et c'est aussi parce qu'il a des invités un peu plus surprenants que j'aime bien. Parce que j'aime en général les surprises, en fait. Ensuite, The Bold Way. Parce que business, de la mode, etc. Donc, je les ai tous, plus ou moins tous, écoutés. Et je reviens parfois sur des plus anciens. Surtout quand je suis en voiture. Où je me dis, attends, là, est-ce que je l'ai bien poncé le sujet ? Je repars en arrière et je vais chercher. J'aime bien. J'aime Small Talk.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Qui est avec un rythme qui va bien. Et en fait, moi, c'est le rythme. Parce que tu me perds vite. Ouais, ouais. Voilà. C'est vraiment ça, le top, Et après, je me laisse embarquer sur des sujets qui n'ont parfois rien à voir, comme Innerlab, qui est une nana qui parle de... En fait, elle a un mi-chemin entre du coaching, l'entrepreneuriat, en même temps, le développement personnel. Enfin, il y a beaucoup de choses mélangées. Et au début, je me suis dit, c'est un peu un truc de gonzesse, ça va vite me saouler. Voilà. Et puis, en fait, je me suis laissée prendre au jeu. Et surtout, elle a aussi un rythme intense et un côté un peu... coach qui parfois te reprend un peu au vol et te relance pour une bonne dynamique.
- Speaker #0
C'est en français aussi ?
- Speaker #1
Ouais, ouais.
- Speaker #0
Ok, je vais regarder.
- Speaker #1
Et très chouette.
- Speaker #0
Et tu les écoutes ou tu les regardes sur YouTube ?
- Speaker #1
Alors, je les écoute... Parce que Smalltalk et Coloscopie sont... Ils aussi. Et clique pour le coup, je regarde.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Là, il a reçu Ocon, qui est un pilote de Formule 1. Moi, je suis la Formule 1, j'adore.
- Speaker #0
À fond.
- Speaker #1
Et je voulais voir. Parce que le mec, finalement, on le voit peu en dehors de la voiture. et donc là j'avais besoin de voir la gestuelle j'avais besoin de comprendre, donc dans ces cas là je regarde mais globalement c'est dans mon quotidien c'est en voiture,
- Speaker #0
c'est sous la douche donc rarement regarder on a un peu commencé avant mais bonjour Elie alors tu sais j'aime beaucoup commencer en décrivant un peu le cadre j'adore donner le décor et alors ici on a quand même un décor assez fou Je te disais en venant que j'allais avoir le vertige, alors non, mais on est quand même au 20e étage.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ce qui est très rare à Paris, ça fait presque plus New Yorkais ou Asie.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc on est chez toi, merci de m'accueillir ici.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
On a une vue incroyable, on voit la Philharmonie, la Géode, le parc de la Villette, on voit Place des Fêtes plus loin aussi. Je pense qu'on verrait presque Biarritz tellement on est là. Voilà, on n'est pas côté Normandie, mais ça c'est chez toi, mais on ne verrait pas d'ici, mais c'est magnifique et on est entouré d'objets. Tu adores le design. J'adore ça. Mais tu es assez minimaliste.
- Speaker #1
Extrêmement minimaliste et principalement du design vintage, sauf le canapé qui est finalement une bonne surprise.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas le même mobilier qui est à la boutique ?
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas le même mobilier, cependant tu as raison sur un sujet, c'est que j'ai exposé un canapé en collaboration avec Ouma, qui est un peu trop grand pour être dans la boutique, mais qui était destiné à être dans la boutique, et c'est aussi justement en collab avec Aïkai, donc par définition dans l'univers de la barque.
- Speaker #0
Parce que je reconnaissais quand même un peu les formes. Et puis tu as quelque chose avec les matières, d'ailleurs on va en parler parce que c'est quand même au cœur de pourquoi on est là aujourd'hui. et le noir et le noir toutes les nuances du noir toutes les nuances du noir pas mal exactement j'adore on n'est pas sur le gris on est sur le noir alors avant de rentrer dans le détail et de parler de ton parcours qui est passionnant et de KU, ta marque tu sais j'aime bien toujours demander à chaque invité ce que le titre du podcast un peu veut dire En quoi ça résonne pour toi, ce mantra un peu qui est « everything happens for a reason » ?
- Speaker #1
Je pense que globalement, si on prend la définition du titre, c'est un peu un titre que l'on peut mettre sur tout type de livre, peu importe la personnalité, peu importe le parcours, peu importe qui t'es dans le monde, le sexe, etc. Ça marche pour tout le monde. Donc ça déjà, moi, c'est un peu... ça me plaît c'est créatif c'est universel c'est universel et finalement que t'es 15 ou 75 ans ça peut sonner ou en tout cas faire sens donc ça déjà c'est bien parce que je pense qu'aujourd'hui peu importe qui t'es ce qui compte c'est un peu ta personnalité et surtout le nerf que tu mets justement à devenir qui tu es donc ça c'est pour moi c'est important parce que on verra dans un second temps mais dans mon parcours finalement ça commence très tôt mais je comprends je comprends assez tard finalement qui je suis et pourquoi je suis là parce que tout a été très simple et très évident visiblement n'est pas le cas de tous les étudiants que moi je peux croiser encore aujourd'hui, c'est à dire que le nombre de parents qui m'appellent en me disant voilà ma fille elle est un peu comme ça mais du coup t'en penses quoi et quelle école et quel truc donc aujourd'hui plus que jamais je me dis ce titre en fait quelle chance et quelle chance d'être dans ce concours de circonstances, joyeux hasard de la vie. Et aussi parce que j'ai bossé sur moi, parce que parcours, parce que tout. Et en fait, plus que jamais, je me dis oui, oui, alors c'est validé, retemponné, retemponné, ouais.
- Speaker #0
Tu parlais d'études, on va y revenir évidemment. Mais avant ça, je voulais quand même dire comment on s'est rencontrés, toi et moi aussi. Parce que j'adore. Moi, j'adore donner le crédit aux gens, que ce soit pour ce qu'ils font ou pour les rencontres qu'ils initient. Et nous, c'est grâce à Karine Ginz, qui est directrice générale de Vitra France. Et donc Vitra, je les ai accompagnées dans des workshops stratégiques. Et puis voilà, on va continuer aussi. J'adore cette équipe, j'adore Karine. Je l'avais rencontrée il y a une dizaine d'années quand je travaillais chez Indiamadavi. et ça a été un vrai coup de cœur pro en fait et puis maintenant je l'ai vraiment découverte sur un niveau un peu plus personnel tu vois un peu plus en profondeur et c'est une femme géniale et vous êtes très proche aussi et donc voilà on s'est retrouvés un jour tu faisais une vente qu'a eu donc des sacs on va y venir chez vitra et c'est comme ça qu'on s'est rencontrés et je t'ai il y a même. J'adorerais t'accueillir dans le podcast. Et t'as dit oui tout de suite. Mais alors, un grand oui, c'est assez fabuleux. C'est une chance pour moi aussi. Parce que de recevoir cet enthousiasme, c'est très kiffant pour moi. Mais donc, c'est grâce à Karine qu'on est là. Donc, on rend à Karine. Et évidemment, on va reparler de Vitra tout à l'heure. Parce que t'as fait aussi un très beau shooting mêlant des pièces Vitra et Karine.
- Speaker #1
C'était aussi une évidence, comme le grand oui. Voilà,
- Speaker #0
exactement. et donc pour revenir aux études toi tu as étudié à Chardon-Savard je crois c'est ça ?
- Speaker #1
exactement j'ai étudié la mode à Chardon-Savard à Paris qui est une école qui n'existe plus de toute façon globalement les écoles de mode et d'art c'est un peu compliqué surtout en 2026 mais c'était une très très bonne école moi en tout cas j'ai adoré j'ai visité Dupéré, j'ai visité Berceau Chardon-Savard etc j'ai fait toutes les portes ouvertes Merci. Et c'est clairement un coup de cœur que j'ai eu pour l'école, qui était à la fois très artie et très concrète. Il y avait, en arrivant le jour de la porte ouverte, une rangée de stockman avec des essais de chemise, etc. Et je me suis dit, bon, en fait, c'est ça, c'est ce que je veux. C'est du concret et en même temps, il y avait un effet waouh, parce que Dominique, à l'époque, qui était à la tête de l'école, avait ce mélange à la fois très professionnel et très artistique, ce qui est assez rare dans les écoles d'art.
- Speaker #0
Oui, tu as raison. Souvent, c'est un peu l'un ou l'autre. C'est le bélanglois, le grand hiver.
- Speaker #1
Et là, on avait les deux. C'est la définition de mon métier aujourd'hui et de ma personnalité. C'est-à-dire à la fois très concrète. C'est le plaisir de travailler dans cet écosystème de la mode. Et en même temps, on est là aussi pour la paillette. Et c'est chouette.
- Speaker #0
Je crois que tu as eu une proposition de job très vite. Tu as terminé ? Avant la fin. Exactement.
- Speaker #1
Le Chardon Savard, c'était en trois ans, trois années. Et en fait, en arrivant à l'école, je me suis dit, bon, concrètement, je ne sais pas, coudre un bouton, même si petite. Mon père m'avait acheté un Stockman parce qu'en fait, je voulais être styliste depuis toujours.
- Speaker #0
Quand même.
- Speaker #1
Et en fait, à 6, 7 ans peut-être, j'ai vu les 120 Dalmatiens. Et Cruella d'Enfer, qui est styliste dans le dessin animé, m'a complètement captivée. Je me suis dit, je veux faire le métier que fait cette âme.
- Speaker #0
Ma mère m'a dit,
- Speaker #1
mais c'est la méchante. J'ai dit non mais c'est pas elle C'est ce qu'elle fait là dans le bureau D'ailleurs qui est repris dans le film De façon encore plus waouh Avec ses murs entiers de croquis et tout Et ça avait l'air trop bien cette pièce en fait Donc je voulais habiter dans cette pièce Et donc A 6-7 ans j'avais en tête De devenir styliste Et donc quand tu habites à Saint-Hilaire-du-Harcouet En Normandie 15 ans après avoir passé ton brevet tu pars avec tes balises, tes culottes et tu pars. En l'occurrence, c'était à Laval pour faire des études d'art appliqué, donc un bac S avec l'option. C'était passionnant.
- Speaker #0
Donc, tu étais en…
- Speaker #1
J'ai fait six mois de pensionnat et en fait, comme j'adorais, mais j'adorais absolument ces études, je bossais trop tard, voire la nuit. Donc, je me suis fait coller et puis à la fin, je me suis fait virer. Parce que soit je coupais les cheveux de mes copines, soit je travaillais trop tard. Ma mère m'a dit, j'en ai marre de faire des mots alors que tu taffes. Donc, en fait, j'ai pris une chambre en ville. Et donc, à 16 ans, j'avais ma chambre en ville et j'ai fait ma vie. Et à 18 ans, je suis arrivée à Paris. Première année de Chardon-Savard, je me suis dit stage business mode. Donc, je suis passée chez Pressing avec Guillaume Ausha. Donc bureau de presse. C'était trop bien. Deuxième année, je me suis dit magazine. Et troisième, je ferai une maison de couture. Comme ça, je vais crescendo et j'organise le truc de façon un peu plus créative. Parce que je n'avais pas les capacités à rentrer directement en maison de couture. Donc ça ne servait à rien d'être là pour regarder. Et en fait, au Citizen K, après deux semaines de stage, on m'a proposé le job de rédactrice en chef des accessoires de l'horlogerie et de la joaillerie.
- Speaker #0
Mais pardon quoi ! Mais oui !
- Speaker #1
Et après, c'était une période aussi où...
- Speaker #0
et plus cap off lui met des coups de poker donc voilà il y avait une conjoncture en fait qui faisait que c'était beaucoup plus facile peut-être aussi à l'époque finalement d'offrir et donc de saisir ses opportunités donc j'ai pris ce
- Speaker #1
job et je suis allée voir Dominique à l'école en lui disant j'ai accepté un job mais je veux terminer mes études et la dernière année était consacrée à la création de la collection Elle m'a dit que je n'ai jamais dû gérer ce genre de sujet, mais en fait, ok, on va trouver. Et en gros, ils ont aménagé les horaires. Et donc, j'y allais le matin de 8 à 10. Je faisais corriger ce que je faisais la nuit. J'ai acheté un scoot. À 10h, je partais au Citizen Cash, je passais ma journée, je rentrais, je travaillais, et comme ça toute l'année. Et j'ai eu mon diplôme avec. En plus, pendant le diplôme... L'aide du directeur de création, Alex Gauthier, au Citizen, qui m'a aidée à monter un shoot. J'ai été en plus assistée de... Tu vois, c'est le monde à l'envers. J'étais assistée des fois. Et voilà. Et en sortant de cette école, j'ai eu un job chez Nelly Rodi, puisque Nelly était dans le jury de fin d'année. Et elle m'a fait appeler le lendemain. Elle m'a fait appeler le lendemain. T'as été comme ça, spot. Et j'ai demandé si j'étais OK. Donc, en fait, en sortant, j'avais le Citizen K plus les cas et tendances avec Nelly Rodi. Elle-même en plus. J'ai bossé avec Nelly.
- Speaker #0
Et Nelly Rodic, elle a travaillé combien de temps ?
- Speaker #1
Plusieurs années. Après, ça s'est découpé de façon un peu différente. Je suis arrivée, je faisais les shoots pour les cahiers de tendance mode. Je bossais avec elle sur quatre tendances.
- Speaker #0
Nelly Rodic, pour qu'on explique peut-être pour ceux qui ne savent pas, c'est quand même un bureau de tendance emblématique français. On peut comparer avec Liedelkort. on peut dire qu'il y en a deux. Et Peclerce aussi. Et Peclerce, c'est vrai. Et les trois gros. Tout à fait. Mais en tout cas, en France, Nelly Rodi, qui est toujours là.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et qui a une vraie... Un super bon bureau. Ah oui.
- Speaker #1
Ils sont super. Ils montent sur des sujets encore plus hauts aussi, je trouve,
- Speaker #0
c'est intéressant.
- Speaker #1
Plus la Cosmeto, qui est quand même aujourd'hui aussi fort que la mode. Ils ont su se renouveler. Et c'est Pierre-François, son fils, Nelly, qui maintenant est à la tête du bureau. Et lui, il a su faire ce virage. Plus une grosse présence en Asie, Corée. Ils sont top. Ils sont super.
- Speaker #0
Ils ont une vraie analyse stratégique. Surtout aujourd'hui. Ils ont une grande stratégie. Leurs bureaux sont magnifiques.
- Speaker #1
Leurs bureaux sont absolument fabuleux. J'y suis allée il n'y a pas très longtemps pour une soirée Wise Women.
- Speaker #0
Je fais partie de l'association Wise Women. Il y avait une soirée qui était là-bas. Pour le lancement de l'appel à projet Wise. Très beau. Voilà, donc toi tu fais partie d'une association d'un cerf, de quoi que ce soit ? Non,
- Speaker #1
mais je suis sollicitée. Voilà, donc là par exemple je travaille en ce moment sur un gros projet qui s'appelle Subway Shirt, qui est vraiment, bon ça va, la prise de parole va être assez rapide là, donc je te donnerai toutes les infos. Ok. Mais qui est justement sur le...
- Speaker #0
Ton épisode sur le 15 mars.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc on est en plein dedans. Non, ça va.
- Speaker #1
Et en fait, la problématique, ce sont les femmes qui se font agresser principalement dans le métro.
- Speaker #0
D'où le terme. D'où le terme.
- Speaker #1
Et donc, on voudrait bosser avec des créateurs qui mettront en place, justement, une prise de parole grâce à la mode. Mais typiquement, là, c'est Brune Buenomano et l'équipe de Rosa Park, une super agence, qui aide une association qui est dévouée, justement, sur cette thématique. Et donc, pour illustrer ce que tu disais, je suis souvent, très souvent appelée. Moi, je... Je relaye l'info, mais pas particulièrement en avant. Le fait que je sois dans telle et telle situation, je le suis, mais un peu en clando.
- Speaker #0
Je comprends. Pour toi, ce n'est pas un axe de communication ?
- Speaker #1
A titre perso, non. C'est pour ça que oui, je suis derrière, mais non, je ne communique pas. Par contre, on a aidé pendant des années le Secours Populaire. par exemple, mais encore maintenant tu vois toutes les archives fringues que je peux avoir après des années de stylisme photo, là on a donné 5 valises au secours pop de fringues et de chaussures, bon on l'a pas dit mais c'est fait ou on a fait une collection pour l'association Antoine Alénaud où on reversait 100% des bénéfices à l'association qui est décédée moi ça me touchait pour plein de raisons je suis en moto et en scoot du 2 euros à fond Mon frère et mon meilleur ami, les deux s'appellent Antoine. Yannick, moi je l'avais croisé dans d'autres occasions et c'est un homme extraordinaire j'ai eu la chance d'aller chez le doyen une fois et après évidemment le biais culinaire c'est une autre plaque et j'ai vraiment,
- Speaker #0
tu vois il venait saluer toutes les tables le carnisme humain ah ouais vraiment donc oui on est engagé et je...
- Speaker #1
Après, la marque a été aussi pour moi une façon de prendre la parole à plusieurs reprises. Donc effectivement, ce que je fais un titre perso sur KU, c'est un peu plus valorisé, en tout cas médiatisé.
- Speaker #0
On va reparler de KU, évidemment. Après, j'aime bien essayer de garder une chronologie, même si évidemment, tout fait sens. Donc, tu parles beaucoup de shooting photo. Donc, en effet, ton job principalement, tu dirais ? Je sais que tu te définis un peu comme Couteau Suisse, Vision 360, etc. Mais si tu avais un seul job avant de créer KU, c'était quoi ?
- Speaker #1
Je suis styliste photo. Et ensuite, ça a évolué avec la direction artistique. Mais encore aujourd'hui, je suis toujours styliste photo pour certains clients. Donc, ça change toutes les semaines. Ça peut être du très grand comme du plus petit. Ça peut être une grosse campagne comme une content factory. C'est hyper aléatoire. Et en parallèle, certains clients me demandent parce qu'ils connaissent mon boulot pour KU. C'est un peu l'ironie, c'est-à-dire que c'est censé être une danseuse, mais aujourd'hui, c'est devenu mon book. Alors que ça fait 18 ans que je shoot pour des magazines et pour la presse et la publicité. Et donc, justement, styliste, c'est mon premier job et ensuite directrice artistique. Mais le stylisme, ça a été pour des magazines pendant presque 15 ans. J'ai commencé avec le Citizen Cat, ce qu'on disait tout à l'heure. À très aussi. Après, j'ai eu le sport et style, le supplément de l'équipe. Et ensuite, j'ai eu le gradir. Ok.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, quand tu parles de direction artistique, j'ai l'impression que finalement, que ce soit pour toi, mais même en règle générale, j'ai l'impression qu'on attend de plus en plus des stylistes. Et qu'on attend vraiment cette dimension de DA. Et on l'attend aussi du photographe. Et on l'attend aussi de la make-up artistique. Tu vois ce que je veux dire ? Complètement. J'ai l'impression que cette notion de direction artistique, et elle est donc... tellement galvaudée, mais qu'on l'attend de plus en plus. Est-ce qu'à ton avis, c'est bien ou c'est un peu une dérive ?
- Speaker #1
Alors, il y a plusieurs sujets en un.
- Speaker #0
C'est bien de la dire.
- Speaker #1
J'adore. Moi, je suis devenue DA, mais déjà à l'époque, j'en ai 37, mais quand j'étais étudiante, il n'y avait pas d'école. ni de styliste photo,
- Speaker #0
ni de directrice artistique enfin directeur artistique maintenant c'est Pennegan oui oui,
- Speaker #1
puis même tu as par exemple à Londres à la Sainte-Marcine School, tu as un cursus de direction artistique, styliste photo etc, donc aujourd'hui c'est un vrai métier et puis il a été identifié par des films comme Diab Sabi en Prada aujourd'hui les réseaux sociaux ont médiatisé le job,
- Speaker #0
donc il existe mais moi à la base c'est médiatisé donc ça existe, c'est tellement juste c'est ça
- Speaker #1
Donc, la première chose, c'est que je suis devenue DA parce que quand on bosse en tant que styliste dans un magazine, on est à mi-chemin entre la styliste et la DA, même s'il y a un directeur de création ou un directeur artistique qui est sur la maquette. Mais ça n'empêche que tu as quand même beaucoup de choses à raconter en tant que styliste sur l'histoire de ta série. Donc finalement, la frontière est assez faible. Et il s'est passé deux choses sur mes jobs de publicité que j'ai depuis très longtemps. maintenant ce que je bosse avec publiciste btc mazarin toutes les agences c'est que on te demande en tant que styliste extérieur ton avis sur tel et tel mood board et puis après on demande aussi ce qu'on appelle l'achat d'art c'est à dire qu'elle faut à quel photographe tu penses pour ce type de série ou qu'elle quel coiffeur quel maquilleur quel mannequin quelle agence donc en fait je me suis retrouvé moi ou même le c'est l'appel à un ami quoi c'est à dire qu'on m'a Appelez pour me dire, alors, tu connais pas un mec ? qui, voilà, et en fait, au fur et à mesure, ce métier de directeur artistique devient ton métier à part entière et se construit parce que soit t'as identifié les bons talents et là, merci, n'est-ce pas ? C'est-à-dire que finalement, c'est elle qui m'a très vite plongée dans ce métier. Mais il y a aussi autre chose, c'est que comme je n'ai jamais assisté, souvent, j'ai proposé des choses en arrivant dans les agences de pub qui n'étaient pas mon métier, c'est-à-dire que je suis arrivée comme dans Mad Men avec des cadapacs Merci. avec des propositions de make-up, de trucs et machins. Et puis, on m'a regardée, elle a l'air de dire, en fait, c'est pas toi, t'es styliste, donc c'est pas ton métier. Et quand c'est juste ou voir, enfin, tu vois, c'est sexy et que tu vois que finalement, les gens réagissent et que ça plaît, en fait, on m'a fait monter sur des gros jobs en directrice artistique dans des agences dans lesquelles j'étais ni salariée à la base et encore moins mandatée. donc ça s'est fait de façon parfois un peu au forceps parce qu'il y a des gens qui le voulaient d'autres moins et en même temps c'était naturel parce que j'avais un oeil 360 sur le sujet et pour moi c'était logique de créer la sauce entre les différents métiers voire recommander des talents c'est
- Speaker #0
marrant ce que tu dis sur j'ai toujours proposé même quand on ne me le demandait pas je fais un peu le parallèle avec mon parcours en tant que salarié j'ai toujours même quand j'étais j'ai commencé vendeuse chez Levis à Londres. Dès mon premier jour chez Levis en tant que vendeuse, je voulais être supervisor. Et en fait, tu actes comme le job au-dessus quand il y a une hiérarchie, tout le temps.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et donc forcément, tu acquiers cette posture. C'est marrant, je dois parler ce matin avec une cliente. Mais tu te positionnes tout de suite plus haut. Donc, tu vas forcément renvoyer cette image et tu vas attirer. aussi ce réseau, ces gens qui sont dans cette sphère-là.
- Speaker #1
Et créer la légitimité.
- Speaker #0
Et créer la légitimité. Il y a un truc qui m'est venu quand j'ai préparé l'interview, Clément, je me suis dit elle ne connaît pas le syndrome de l'imposteur.
- Speaker #1
Alors, peut-être pas assez. Pourquoi ? Je suis ultra d'accord avec ce que tu viens de dire, mais je pense que sur une autre partie aussi des situations, Il y a beaucoup de gens qui se disent « Non, mais moi, je suis payée pour faire ça. Je ne vais pas en faire plus. » Et moi, c'était une générosité parce que c'est un métier passion. Merci, je ne suis pas à l'usine. Et ce n'est pas une critique ou quoi que ce soit, mais je me dis tous les jours, je me lève en me disant « Waouh ! » Tu vois, j'ai un métier qui est juste ultra passionnant. Et d'ailleurs, je mets un point d'honneur à ce que personne ne me dégoûte de mon métier. C'est un vrai job que je rajoute au job. Parce que c'est pas simple. Tu vois, j'en peux plus. vite être abîmée, très vite être abîmée. Mais quand tu bosses avec un métier passion, en fait, tu as toujours envie de plus et tu as plein d'idées et en fait, pourquoi ne pas les partager et c'est comme ça que c'est arrivé et quand en face, les gens comprennent que tu l'as fait parce que d'un, ça fait sens et que de deux, tu es généreuse dans ta proposition, c'est aussi kiffant. C'est-à-dire que tu travailles avec des gens qui ont envie d'être là.
- Speaker #0
Comment tu fais pour te protéger des gens qui pourraient t'abîmer ?
- Speaker #1
Alors ça, pour le coup, c'est ce que je disais en introduction sur le nom du podcast. C'est venu, c'est venu. C'est-à-dire que je me suis pris une gauche, une droite, une gauche, une droite. Il y a des gens qui m'ont beaucoup abîmée. Et c'est les podcasts sur aussi le fait de se renforcer, de voir les choses autrement. Je me colle des post-it avec des mots d'ordre.
- Speaker #0
Vous êtes en train de se faire ça.
- Speaker #1
Lâcher prise. tout ce qui te rappelle alors des nouveaux mouchoirs. Mais non, après, je ne suis pas cruelle à d'en faire, en vrai. J'ai en fait quand même... Je suis très optimiste en général, donc déjà, ça m'a aidée. Et puis, ce ne sont même pas tes erreurs, c'est que tu apprends.
- Speaker #0
Tu apprends, bien sûr. Et alors, qu'as-tu ? Cette marque qui porte ton nom ? mais qui avant d'être ton nom est évidemment le nom de ton père. Et donc, raconte-nous parce que, évidemment, je connais l'histoire, mais j'ai envie que ce soit toi qui la racontes. De cette toile et puis aussi de ce premier sac qui est né d'un besoin de styliste finalement. Vas-y raconte.
- Speaker #1
Alors, mon... Mon père, qui était DJ de ses 20 à ses 30 ans, s'est dit un jour qu'il fallait travailler le jour et arrêter de travailler à la nuit. Donc, il a décidé de faire des balles, de DJ dans les boîtes de nuit. Il a créé des balles le dimanche après-midi. Et son frère qui était au Canada avait une voiture au Canada. Et quand il est revenu en France, il a vendu sa voiture, il l'a échangée contre un château gonflable. Il est rentré et il a décidé de squatter les balles de son frère.
- Speaker #0
et en gros pendant que les parents dansent les enfants payent pour jouer dans le château gonflable mais t'es génie parce que c'est le début du kid friendly qu'on recherche qui maintenant est recherché par les plus grands investisseurs le loisir elle mon porteur parce que les parents ils ont envie de pouvoir kiffer
- Speaker #1
un peu pendant que les enfants kiffent aussi les KU avaient tout c'est génial ouais c'est chouette et donc Et... Et en fait, ils ont accepté des commandes de communautés de communes et de mairies qui ont commandé des châteaux complémentaires. Alors, en l'occurrence, c'est en Bretagne, les plages, mais mes parents sont en Normandie, à côté du Mont-Saint-Michel. Et donc, ils ont...
- Speaker #0
Mont-Saint-Michel, ouais. En plus, là, on se...
- Speaker #1
Ce sera un autre podcast.
- Speaker #0
Et soit dit en passant, je fais une parenthèse, mais j'adore leur nouvelle identité visuelle.
- Speaker #1
C'est plutôt bien joué.
- Speaker #0
Ouais. Bon, pardon. Vas-y.
- Speaker #1
Oh ben, aucun problème. T'excuses pas. Et donc voilà, Château Gonflable, et puis son frère prend une commande, et mon père, lui, c'est le créatif des deux, c'est lui qui me faisait mes costumes quand j'étais petite, c'est un très très grand créatif, qui a beaucoup d'idées.
- Speaker #0
Son frère a accepté les commandes. Il vient voir mon père en disant, j'ai pris des commandes de Château Gonflable. Est-ce que tu pourrais m'aider à réaliser des Château Gonflable ? Mon père lui a dit, en fait, non, parce que je ne suis pas équipée. Et donc, ils sont allés chercher en Angleterre des Château Gonflable qui étaient un peu abîmés, qu'ils ont repimpé. Puis en fait, aujourd'hui, c'est une vraie entreprise. Ils ne font plus du tout de location. C'est une usine qui est un hermès du Château Gonflable dans le sens où tout est coupé, cousu, peint à la main.
- Speaker #1
Et donc,
- Speaker #0
ils ont un client. Les X Games, Interville, les Mickey Club, les Arches d'arrivée du Tour de France, tout ce qui est gonflable sur mesure dans le monde. Donc moi j'ai grandi dedans, à l'époque j'étais très souple. Mais oui, je sortais de l'école, le frère de mon papa a trois filles, donc on était toutes les quatre, les quatre zinzins dans les châteaux gonflables. Et donc on a grandi dans cette boîte qui est passée de zéro à 70 ans. employés, parce qu'aujourd'hui, c'est un gros machin.
- Speaker #1
Et leader du marché sur un segment, comme tu dis, vraiment très haut de gamme.
- Speaker #0
Donc moi, j'ai fabriqué tout et n'importe quoi en toile avec les trucs.
- Speaker #1
Avec ce bâche PVC.
- Speaker #0
Exactement. Donc cette toile, moi, j'ai fait le cache-roue du 4x4 de ma mère, les grands sacs pour porter mes cartons à dessin quand j'étais en art appliqué, les trousses à posca, enfin bon, tout. Sans vraiment prendre conscience que c'était un fil conducteur, un gimmick du quotidien chez nous. Et quand je suis arrivée à Paris, j'ai lancé ma carrière. Et au bout de dix ans, j'avais un sac Ikea pour mes shoots, un sac Céline pour faire la jolie, la belle sur les shows.
- Speaker #1
Tellement, bien sûr.
- Speaker #0
Le problème de riche quand tu es rétac chef de magazine, c'est que tu n'as que des sacs de dingue, mais qui, soit, ne sont pas compatibles avec une vie en moto. Donc en deux roues, tu n'as pas de crossbody, pas de truc. Et rien dedans. tu ne mets rien dedans ou tu le défonces parce que il y a de la pluie, parce que tout, en l'occurrence, je ne suis pas en sucre, donc ça ne me dérange pas de prendre de l'eau, mais le sac n'aime pas trop. Et donc, je me dis que c'est quand même dingue, je n'ai pas de truc qui vraiment m'accompagne au quotidien et coche toutes les cases. J'ai cherché, vraiment, j'ai tout fait et tout. Et un week-end, c'est ce que tu disais en introduction, je suis un monochrome sur pattes, donc je suis type en noir. Donc, je n'ai jamais associé cette... toile à quelque chose de chic ou de mode et tout ce pour moi c'était plutôt oui les foules comme la suite des paires et donc il avait un gros gros gros grosse commande pour les x game tout était noir dans le dans l'usiné je suis rentré c'était noir je me suis dit mais c'est hallucinant le l'effet ouah ou de cette toile noire comme ça en quantité tu voyais un truc très chic très très intense, très dense. Donc, je me suis dit, ça pourrait être pas mal et puis finalement je me dis je rapporte un rouleau de toile PVC à Paris je contacte une fille qui travaillait à l'époque chez Vuitton à la plateforme des défilés et je lui ai dit voilà moi je ne suis pas maroquinière je ne sais pas de quoi on parle en termes de de savoir-faire de structure mais j'aimerais avoir avec ce sac un sac à la fois hyper léger parce que j'en avais ras le bol d'avoir le dos en vrac et on est chargé en tant que styliste hyper léger hyper résistant Et hyper mode, donc à toi de jouer, il me faut un grand truc. Donc on a bossé sur un proto qui était très gros, avec tout ce qui était bandolière, tout ce qui était dans la main en cuir. Elle m'explique les teintures de tranches, les points à la main, les piqures celliers, tout, les savoir-faire. On monte ce proto que j'utilise pour mes shoots. Et en fait, quelques semaines plus tard, je vais sur un shooting Maison Kitsune, dont j'étais la styliste. Et la directrice produit me dit, mais il est super ce sac. C'est quoi ? Je lui dis, c'est mon proto.
- Speaker #1
Et donc le proto, est-ce qu'il avait déjà ton marquage à chaud qu'il y a eu ? Non, il n'y avait rien. Pas du tout, mais je me suis équipée.
- Speaker #0
C'est même pas un proto d'ailleurs, c'était mon sac. C'est mon équipement. Et elle me dit, nous on a des boutiques en France et au Japon. On va ouvrir la Corée. On cherche une collab de sacs techniques, mais mode. Donc, moi, je voulais pas, justement, j'ai travaillé mon sac pour ne pas avoir le côté Frag Tag, Bobo Kinoa. Tu vois, non, non, il fallait que tout soit nickel.
- Speaker #1
Frag Tag, Bobo Kinoa. Attends, tu m'as compris. T'as compris ? Ah ouais, tu m'as expliqué. Je suis sûre, j'ai toute l'image. En plus, j'étais à Zurich en octobre. On a tort, hein ? Je suis très ok avec les portes à plastique,
- Speaker #0
mais il y a un truc qui, moi, m'allait pas.
- Speaker #1
Mais oui.
- Speaker #0
Surtout après avoir mangé du luxe pendant 10 ans sur les magazines. J'ai touché vraiment de très beaux objets. Donc à un moment donné, je ne pouvais pas avoir un truc un peu moyen. Et elles me disent que tu serais OK pour faire une collab. qui en plus serait mixte. Elle me dit juste, il est un peu grand ton sac, donc si on peut le resizer, sachant qu'en plus en Asie, les gens sont quand même plus minces.
- Speaker #1
Du modèle, bien sûr.
- Speaker #0
Donc on crée le Medium, qui aujourd'hui est notre best-seller. Et on a... En fait, il y avait un trench qui était top pendant le shoot et l'intérieur d'une trench, la doublure était en all-over maison Kitsune. Je lui dis, vas-y, balance un rouleau de doublure de trench. Et j'ai doublé mes sacs avec ce all-over et on a fait cette première collab qui après a lancé la marque.
- Speaker #1
C'est fabuleux. Et je comprends mieux maintenant la place des collabs chez KAU.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Parce que vraiment, je me suis dit, c'est impressionnant. Je me suis vraiment dit que le business model reposait presque sur les collabs. Et donc maintenant que j'ai toute cette genèse, je comprends mieux. Et donc finalement, oui, les doublures, parce que toi, c'est ça qui sont doublés maintenant. En tissu. En tissu, en coton.
- Speaker #0
En coton.
- Speaker #1
Et donc c'est génial. On va reparler des collabs juste après. Parlons un peu plus de comment ensuite tu as développé. Donc, tu as créé le fameux pratique. Il s'appelle le pratique, tout simplement. Alors,
- Speaker #0
c'est parce que dans le bureau, je lui disais, balance-moi le pratique. Je pars avec, tu vois. Et en fait, ça restait le pratique. Ça restait comme ça.
- Speaker #1
Tu le proposes en monochrome ou en bigout ou en biface et même maintenant aussi en bimatière.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc, PVC cuir. et donc en 3 t'as 4 tailles, XS aussi non ?
- Speaker #0
j'ai XS, S maintenant j'ai le XM M et L alors on a lancé, alors évidemment quand tu crées le S et le M au milieu t'es un peu coincé donc on a le XM et en fait en interne on l'appelle l'idéal parce que c'est l'idéal c'est un sac qui est un peu plus grand que le S mais plus petit que le M nous on aime l'oversize moi j'ai le M mais
- Speaker #1
le problème c'est que tu le charges plus aussi
- Speaker #0
Tu le charges plus et pour des plus petits gabarits ou pour des filles qui n'ont pas envie d'un objet trop mode non plus. En tout cas, trop...
- Speaker #1
Parce que c'est ce qu'on appelle le statement piece. C'est vraiment une pièce manifeste. Exactement.
- Speaker #0
Donc, en fait, on a créé ce modèle qui contient un ordinateur. C'est-à-dire que tu le fermes avec le zip et l'ordinateur tient sans difficulté. Mais en même temps, ce n'est pas un oversize. C'est l'équivalent d'un bon basique que tu as. Chez Goyard, chez Luchetan, c'était un tote bag parfait.
- Speaker #1
Mais tu n'es pas au même positionnement de prix que Goyard, évidemment.
- Speaker #0
Non, alors qu'on est aussi en toile PVC. C'est là où c'est marrant, c'est que je ne l'appelle pas ma matière toile enduite, mais c'est une toile enduite. C'est l'ironie du...
- Speaker #1
Pourquoi tu ne l'appelles pas toile enduite ?
- Speaker #0
Parce que j'assume le fait que ce soit une toile PVC. Déjà parce que ça vient du château gonflable qui est, lui, vraiment... Et puis surtout, la toile PVC est d'une résistance folle, testée par les enfants, l'eau de mer, le soleil, tout ce que tu veux. Une toile enduite, ça paraît fragile. Ça l'est peut-être pas forcément, mais en tout cas, ça paraît fragile.
- Speaker #1
Tu peux faire des accros plus facilement que... Moi, je l'éprouve un peu, le mien, depuis que je l'ai. J'ai un bigou vert-vert. Je l'adore, ils sont trop beaux. Et en fait, on adore comment ils sont presque un peu... Avachi, mais avec une énorme tenue. Je trouve qu'ils sont... Oui, que ça vit. Voilà, c'est ça, exactement, comme les humains. Ok. Et alors, tu parlais vraiment de code de maroquinerie, de luxe tout à l'heure, parce que c'est comme ça que tu voulais le concevoir pour aussi sa durabilité, finalement. Exact. Que ça reste une pièce forte. Mais alors, comment, quand on crée déjà un peu un monoproduit, pour l'instant, tu es dans le monoproduit, je dis pour l'instant, peut-être qu'il y a d'autres idées, tu vas me dire.
- Speaker #0
C'est en ligne.
- Speaker #1
Et voilà. peut-être que tu ne veux pas encore en parler, c'est trop tôt, mais un monoproduit, comment on se diverse, enfin, tu vois, comment on développe en termes de business ? Alors oui, tu crées des nouvelles couleurs, tu crées des nouvelles tailles. Est-ce que tu as vraiment beaucoup de clients slash clientes ? Je ne sais pas si tu as une grande clientèle masculine, peut-être.
- Speaker #0
Ils sont en minorité, mais... Ils sont en minorité,
- Speaker #1
mais ils sont quand même là. Donc, on va dire une clientèle qui rachète beaucoup parce qu'on veut plusieurs couleurs et plusieurs tailles.
- Speaker #0
On a, alors c'est marrant parce que, pour revenir à ce que tu disais par rapport aux collaborations, moi je n'ai pas créé ce business model autour des collaborations, enfin en tout cas ce n'était pas mon BP de base, mais c'est finalement clairement l'ADN de la marque, dans le sens où moi j'aime travailler entre guillemets dans la contrainte, c'est-à-dire que d'être associée à une marque, en vrai ce n'est pas une contrainte mais ça se définit comme telle,
- Speaker #1
c'est un cadre,
- Speaker #0
ça crée un cadre, et il y a un autre ADN, il y a une autre clientèle, il y a beaucoup de choses en face qui sont pour moi des vrais moteurs pour faire justement revivre ce basique qui est le pratique. KAU, je l'ai créé pour m'équiper et je l'ai créé aussi parce que je suis partie du Gradia pour non pas me consacrer à la marque parce que je continue mes activités à côté. Mais en tout cas, la presse n'est plus aujourd'hui mon cœur de métier. Et c'est KAU qui devient mon support. Et donc, quand je fais des collaborations, par exemple, ça me permet d'avoir un champ d'expression comme justement un shoot. Donc, quand tu fais un shoot pour KAU, ce n'est pas le même que par exemple là, le PSG qui va sortir.
- Speaker #1
Voilà, la breaking news.
- Speaker #0
Et le shoot en question sort le 19. Et en fait, c'est ma façon à moi de reprendre mon job de styliste photo aussi au travers de la marque. Et donc, seuls les collabs peuvent me permettre de renouveler et de me re-challenger saison après saison.
- Speaker #1
J'ai compris.
- Speaker #0
On est une marque qui a vraiment 7 ADN. On n'en a pas non plus 12 par an. On a maximum 3 par an. Et par contre, toutes ces prises de parole sont pour moi des récréations qui me permettent de redéfinir. et les codes de la marque et le produit et de challenger. En fait, grâce à ces collaborations, j'ai réinventé mon produit. Par exemple, le cuir PVC dont tu parlais tout à l'heure, il est né grâce à la collaboration avec Paraboot parce qu'on a fait une sandale qui, elle, est en cuir PVC et je voulais que la sandale soit faite à partir des chutes du sac. Donc, il me fallait autre chose que des points de clé pour que ça ait des chutes. Et donc, par définition, ce bigou s'est transformé en bimatière. Et puis après, ça a été aussi une façon pour nous de monter en gamme et de marteler encore et encore le fait qu'on soit une marque de luxe et pas une marque cheap, de sacs cabas. Donc, on éduque aussi nos clients en poussant justement les matières et le savoir-faire.
- Speaker #1
Et puis évidemment, les collaborations, ça vous permet d'avoir… Le ciel est sublime là !
- Speaker #0
Le barreau rose comme tu l'as dit. Oui,
- Speaker #1
parce qu'on est en fin de journée et là, c'est très très beau. Les collaborations, c'est évidemment aussi pour toi une façon de faire connaître la marque dans d'autres cibles, d'autres segments, etc. Et d'avoir une visibilité beaucoup plus large aussi.
- Speaker #0
Chaque collab a une motivation différente. Quand on a fait une collab avec Jeanne Friot, c'était pour une prise de parole. Tu me demandais si j'étais engagée. Là, pour le coup, on a mis son slogan qui est hyper fort. Par définition, c'était nos racismes, nos sexismes, nos homophobias. Pour moi, c'était une façon aussi d'aller chercher ce discours et de le mettre en grand.
- Speaker #1
C'est vraiment le sac devient une pancarte de manif.
- Speaker #0
Oui, et puis surtout, Jeanne a un univers extrêmement fort et son discours est tout aussi puissant. Moi, c'était aussi une façon de faire circuler ce discours. Donc là, c'est au-delà d'aller chercher une communauté, c'était aussi de ramener et d'exposer un discours pour toujours plus de voix. Donc ça, c'était important. Quand on fait une collab avec West Paris, c'est davantage de d'hommes, une communauté gay qui est hyper assumée. Donc pareil, hyper intéressant d'aller chercher une clientèle qui était là, mais qui du coup prend davantage sa place et son savoir.
- Speaker #1
Et s'identifie mieux.
- Speaker #0
Et s'identifie tout à fait. Ça, c'était top. Et après, Kawe, c'était pour une autre raison. Kawe, en fait, j'ai toujours eu cette marque dans mon vestiaire en tant qu'enfant. Dans mon vestiaire et aussi dans tous mes decks. au début de la marque. En fait, j'avais Kawe, Converse, Ispak, toutes ces marques avec ces iconiques qui sont après déclinées en couleurs, en tailles. Et un jour, je me suis dit mais c'est quand même trop dommage d'avoir dans mes decks de marques ces marques qui sont vraiment mes références et de ne pas faire une collab avec une référence que tu as depuis le début. C'est ce que tu disais tout à l'heure. C'est-à-dire que je n'ai pas le syndrome de l'imposteur parce que tu me fermes la porte, je passe par la fenêtre.
- Speaker #1
C'est une grande force, tu le sais.
- Speaker #0
C'est une force, oui.
- Speaker #1
Voilà, mais c'est quand même une grande force.
- Speaker #0
Mais donc, ça a donné une première collab qui était hallucinante, puisqu'on devait faire un sac pour leur vestiaire. Et à la fin, on a fait six sacs différents pour leur show. Puis, on a tombé trois designs qu'on a déclinés en deux couleurs pour les boutiques dans le monde entier. Donc, chaque collab a un top départ complètement différent. Et Paraboot, c'était pour parler, par exemple, du savoir-faire. martelé qu'on était une marque qui vraiment avait ses points à la main, ses piqûres séliées, ce cuir sélectionné etc donc c'est aussi et le JTKU qui est l'émission que je fais pour la marque en fait c'est comment je réponds à une prise de parole donc soit c'est une collab, soit c'est un format de format vidéo format tout le mois c'est très très drôle JTKU donc JTKU c'est vraiment les initiales
- Speaker #1
on retrouve un peu les nuls, je trouve.
- Speaker #0
C'est tout l'esprit canal aussi. Moi, j'adore la minute blonde, tout l'esprit canal et les nuls.
- Speaker #1
La météo des sacs. Franchement, c'est fabuleux. C'est très drôle et en même temps, on apprend pas mal de choses. Exactement. Et puis, ce sont des formats qui font à peu près 3 minutes 30, comme ça. C'est assez court. On fait le plus débris que possible. Exactement. Et c'est génial, j'adore le ton. Et ça, c'est vraiment... Mais pareil, on sent que tu ne te fermes aucune porte, que tout peut être vraiment propice et médium d'expression, etc. Donc, j'adore. Tu me parlais, off, avant qu'on commence, de Daphné Burki. Comment tu as collaboré avec elle exactement ? Alors,
- Speaker #0
quand j'étais au Citizen K, j'avais des... pages de nature morte et on avait acheté un squelette dans une boutique d'école de médecine qu'on habillait avec des marques. Alors souvent les annonceurs, parce que ça nous arrangeait d'avoir un...
- Speaker #1
C'est le principe de la presse écrite.
- Speaker #0
C'était ça. On aimait faire un focus sur une marque et c'était toujours plus drôle de le faire avec ce squelette. Et quand j'étais au Citizen K, j'ai travaillé avec Émilie Fort qui est partie au Bi. Et en fait, un jour, Émilie m'appelle en me disant écoute, on a une chronique qui s'appelle le Crash Test Mode. avec Daphné et aucune des filles du Bi ne veut le faire parce qu'elles n'ont pas le second degré que peut-être toi tu peux avoir et donc elles me disent que tu serais ok pour faire cette chronique parce qu'ici elles ne veulent pas elles ont trop peur des réactions attachées de presse etc évidemment je ne connaissais pas Daphné du tout donc ça aurait pu être catastrophe de travailler avec l'équipe et tout, bref je rigole parce qu'elle est de toute façon comme elle est à la télévision, c'est à dire adorable et très drôle Et donc, je débarque dans leur rédaction, en parallèle du reste. Et donc, je lance cette chronique avec elle. Ça a très bien marché, et en termes presse, et en termes humains. Et donc, après, elle m'a demandé de l'habiller pour ses émissions de télé. Donc, j'ai commencé à Canal avec elle. Ensuite, on a fait deux émissions sur France 5, les maternelles, puis C'est à vous. Puis, moi, je l'habillais pour le festival de Cannes et tout. Et ensuite, on a recommencé Canal avec Denis Zot et Le Grand Journal. Donc, ça a été plusieurs années. En parallèle du reste, oui, j'ai fait aussi personnel shopper pour les familles saoudiennes. J'ai fait beaucoup de choses en parallèle de la presse et de la publicité.
- Speaker #1
Et ce stylisme comme ça, de personnalité un peu médiatique, tu le continues ?
- Speaker #0
Je le fais un peu au cas par cas. J'ai mis Emmanuel Devausse pour Festival de Cannes. Je continue pas mal. En fait, je l'ai plutôt eu dans l'autre sens quand j'avais le sport et le style. On faisait des... portraits de personnalités, en fait, tous les sportifs et tout.
- Speaker #1
Et donc là, après, ils te disaient « Ah, mais tu veux pas continuer ? » Exact.
- Speaker #0
Et donc, je les habillais à côté. Après, en France, on n'a pas cette culture.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Contrairement aux Etats-Unis, où t'as des stylistes, des stylistes,
- Speaker #1
des stars. Voilà.
- Speaker #0
En France, les trois quarts du temps, les agents sont maqués avec les attachés de presse. Mais ça n'empêche qu'un look, tu le fais avec une styliste et tu choisis les bonnes chaussures. Donc, c'est un peu moins la culture. Donc, c'est plutôt du one-shot en France, globalement, même si t'as des subs, t'as deux, trois, trois. très grand talent styliste. Je pense à Jonathan Huget, qui est quand même l'un des meilleurs et qui accompagne une grosse célébrité. Mais ça reste un peu plus niche en France.
- Speaker #1
Je reviens sur les collaborations. Donc là, le PSG, quand même, ici c'est Paris, une énorme collab pour... J'imagine qu'en termes de quantité même, de prod, on est... Enfin, voilà, on est sur un autre volume de ce que vous avez l'habitude de faire.
- Speaker #0
Oui et non. En fait, quand on fait une collab à l'international comme K.O.E., ce sont des grosses quantités. En fait, c'est très au cas par cas. Là, ici, c'est Paris. C'est un peu différent parce qu'eux, en fait, vont avoir des prises de parole dans le monde entier sur des mois et Donc, en fait, on va plutôt échelonner. Voir. Là, on lance le E-com et Londres. Et ensuite, ce sera Paris. Et ensuite, Milan. pardon, New York, et ensuite Tokyo, etc. Donc, c'est pas la même stratégie, c'est-à-dire qu'on fait pas un gros drop, on lance tout, etc. C'est à l'envers, mais je te dirais dans un an, le... Mais l'idée, en fait, le PSG, c'est une vraie histoire. D'ailleurs, comme toutes les collabs, le PSG cache une histoire d'amour, vraiment, alors souvent d'amitié, plus rarement d'amour, mais on a quand même des histoires d'amour. Mais globalement, soit ce sont des gens que je connais très bien, Jeanne Friot c'était mon assistante c'était mon bébé c'est aujourd'hui ma meilleure amie c'est une vraie histoire les copains de West je les connais depuis longtemps c'est des chaussures que j'ai utilisées pendant plus de 15 ans sur les lookbooks tout était lié et en l'occurrence PLG j'avais fait une collection de sacs pour l'association Clabou Je ne connais pas. qui est une super association qui crée en fait dans des camps de réfugiés souvent des loisirs autour du foot. Mais eux en tout cas sont là pour intervenir au sein des camps et aider toutes ces personnes qui sont du coup en difficulté. Et je vous invite à regarder, c'est K-L-A-B-U, Klabou. C'est fantastique. Et donc, nous, on avait fait des sacs pour cette assos que le PSG vendait et les fonds étaient reversés. Donc, ce n'était pas qu'il y a eu et PSG pour Clavoux, c'était PSG pour Clavoux au sein, justement, de ce sac. Et donc, Guillaume Salmon, qui est lui autour de cette prise de parole au PSG, que je connais parce qu'il était attaché de près chez Colette.
- Speaker #1
Je crois qu'on revient dans pratiquement chaque épisode à Colette parce que c'est la ref. Bien sûr. Guillaume, bien sûr.
- Speaker #0
Et Guillaume m'a appelé en me disant, voilà, on va lancer un concept avec plusieurs collabs qui vont être dans les PSG House et qui vont voyager dans le monde entier. On va avoir une prise de parole forte à Paris, mais on va aussi les avoir comme l'en ce moment à Londres. Et on aimerait avoir une marque de fringues, une marque d'accessoires, une marque de vélos, un artiste et tout. Et donc, il m'a dit ce que KU peut être la marque de sacs puisqu'on veut une typologie produit par marque.
- Speaker #1
il n'y en a pas tant que ça on est moins de 10 et j'ai dit évidemment et en plus moi j'avais l'homme dans la boucle ouais mais là tout de suite je me dis jamais t'as peur il
- Speaker #0
n'y a jamais un truc où tu te quand même c'est un peu on refuse des collabs ça c'est une autre question que je voulais te poser si si je suis même très chiante sur et le casting de la marque et l'image en général donc chaque collaboration est pesée et moi j'y vais que si vraiment je vibre pour cet appel entrant ah non si bien sûr on refuse énormément de collab mais un truc comme le PSG ça peut te mettre une pression d'un certain côté parce que c'est quand même autour de moi je ne demande pas l'avis parce que quand j'en ai parlé c'était déjà acté on m'a dit c'est sûr des misères mais ça va faire un peu goodies j'ai dit non non en fait Après, j'ai eu la chance en plus d'avoir le PSG qui nous a donné carte blanche pour le shoot. Zéro contrainte.
- Speaker #1
Et pour le design aussi ? Et pour le design.
- Speaker #0
Ça a été totale confiance avec la volonté d'avoir l'identité de la marque invitée chez eux. Donc en fait, c'est hallucinant. Ça n'existe pas. La liberté. Non, ça n'existe pas. Fabien, Guillaume, Emmanuel, tous, tous, ils sont hallucinants. Ah ouais, non, c'est brillant.
- Speaker #1
Parce que c'est vrai que tu vois, moi, je me dis quand même... peut être assez vertigineux et excitant, tu vois. Et donc génial, mais tu vois, j'ai l'impression qu'il...
- Speaker #0
Ou pas compris.
- Speaker #1
Oui, ça c'est vrai. Donc c'est à nous de faire le job. C'est à moi de faire le job pour prouver que si,
- Speaker #0
si. Et jusqu'à présent, pour l'instant, tout va bien. Mais parce que je mets un point d'honneur à ce que tout soit incarné de A à Z.
- Speaker #1
Alors ça, je me suis dit, je crois que ce sera ça le titre de l'épisode. incarner sa marque. Parce que je crois que s'il y a bien quelqu'un qui incarne sa marque, c'est toi. Alors déjà, évidemment, elle porte ton nom. Ça a été une évidence. Tu t'es posé des questions sur le nom. Tu as demandé un peu l'aval familial. Mon père,
- Speaker #0
il m'a dit, surtout pas. Tu connais Inès de Lafraisson. Tu connais Chantal Thomas. Christian Leproix. Et encore aujourd'hui, il me le dit. On en a parlé encore dimanche dernier. Il m'a dit, tu comprends ce que je te raconte ? Ou comment ça se fait ? Oui, papa K.U. Oui, non. Ce qui est drôle, c'est qu'on me demande si ce sont les initiales de mes enfants que je n'ai pas, d'ailleurs. C'est assez drôle, tu vois. Carla et Hubert. Carla et Hubert.
- Speaker #1
C'est ça, tu vois.
- Speaker #0
En fait, K.U., tu vois, j'ai quand même un nom qui est sorti de Saint-Hilaire-du-Harcouet, parce qu'on était quand même 25 K.U. dans le collège. Comme tu as lu, collège Jules Verne, de Saint-Hilaire. Mais en l'occurrence... Ça ne sonne pas trop comme un nom. Et moi, on m'appelle K.U. C'est-à-dire que les gens m'appellent K.U. Ils ne m'appellent pas Clémence, ils m'appellent K.U. Donc, c'était presque un surnom. Moi, c'était une évidence parce que c'était un coup de tampon. Après, au début, je n'avais pas projeté avoir une marque qui était vendue dans le monde entier. Évidemment. Mais c'était facile, c'est court. Non, c'était assez évident.
- Speaker #1
C'était hyper visuel, hyper graphique. En plus, tu joues avec la typo, avec ton écriture. Je tournais la tête parce que tu as une... Voilà, t'as une... Un plaid avec le all-over. Voilà, le all-over qu'il y a eu, c'est hyper beau. Et c'est vrai qu'on pourrait croire que c'est même un acronyme, tu peux jouer avec. Mais c'est vrai que je me suis posé cette question sur l'aval familial, même d'utiliser ce nom. Et ensuite, évidemment, puisque une de mes questions, c'est un peu pour la suite, mais peut-être qu'on y viendra un peu plus tard, tout à l'heure. Mais justement, en effet, si un jour tu as envie de vendre la marque. Alors, la marque ne s'appelle pas Clémence KU, justement. Elle s'appelle KU. Après, j'imagine que tu as pris toutes les dispositions juridiques nécessaires. Tout à fait. Mais c'est vrai que c'est une question qu'on se pose forcément. Et c'est une question que j'aborde beaucoup. Tu vois, même avec les personnes que j'accompagne, parce que parfois, ils se posent la question, notamment des archis. Est-ce que je donne mon nom à mon studio, à mon agence ? Est-ce que je trouve un autre mot ? Enfin, tu vois, c'est des... Dans la créa au sens large, c'est une question récurrente. En mode, en général, elle ne se pose pas vraiment parce que c'est vrai que traditionnellement, les maisons ont toujours porté le nom de leurs créateurs. Tu vois, voilà, des Yves Saint Laurent, des Christian Dior, etc. Chanel, enfin bref. Donc, c'est vrai que maintenant, on se pose un peu plus la question. Mais donc, je me demandais ça.
- Speaker #0
En fait, moi, je suis une impatiente. C'est une catastrophe. ce qui va te perdre avec l'impatience, c'est aussi le fait de vite se lasser. Et je pense que si je devais trouver un nom pour une marque, je pense que déjà au bout de deux ans, je vomirais le nom. Donc finalement, je n'ai jamais fait de réunion avec moi-même sur le nom, clairement. Mais je pense que c'était un peu l'une des seules solutions pour ne pas avoir cette problématique justement de nom que la fin, tu ne peux plus voir. Parce qu'à l'époque, c'était rigolo. C'est un peu comme le tatouage. Tu as une chance sur deux pour ne plus vouloir le voir quelques années après.
- Speaker #1
Certes.
- Speaker #0
Mais ça sera un sujet. Après, pour répondre à ce que tu disais tout à l'heure, moi, la plus grosse problématique aujourd'hui, ce n'est pas tant de me dire, je vends la marque avec mon nom, donc après, comment ça se passe ? Parce que la marque, c'est KU, et le sac va avec l'enseigne qui va avec le site, qui va avec machin, bon bref, c'est un tout. Donc, moi, ça ne me pose pas de problème. La problématique, c'est que je suis directrice artistique et qu'on connaît mon nom et mon prénom dans le milieu et que le jour où j'arrête la marque, je ne... Je ne fais pas de yoga, je fais de la corde à sauter, mais je ne compte pas partir faire des retraites de yoga dans les Canaries. Donc, la problématique, c'est plutôt comment je gère le fait d'être freelance avec mon nom, à côté de cette marque qui continuera à exister avec des personnes dont c'est le métier. C'est plutôt ça. Après, le fait que KAU reste chez cette marque, dans les sacs, moi, ce n'est pas un sujet.
- Speaker #1
Mais alors en tout cas, parce que tu as un peu plusieurs options possibles, c'est soit tu continues à développer en faisant rentrer quelqu'un au capital, soit tu vends en effet, mais soit tu peux aussi très bien rester très active au sein de la marque et recruter un CEO, un DG. Donc c'est vrai que tu as quand même plusieurs options. Tu te poses cette question aujourd'hui ou c'est trop tôt ?
- Speaker #0
J'ai un peu tout. En ce moment, on a des appels entrants pour des investisseurs. On a des appels entrants pour racheter. Et moi, j'ai un super directeur général de transition en freelance depuis le mois de mai. Il s'appelle Julien Dutartre, qui est fabuleux et qui est chez KU une journée par semaine. Donc, il est là pour, comme son titre le définit, faire la transition. Après la transition vers quoi ? Que le meilleur gagne.
- Speaker #1
Ce n'est pas encore décidé, défini.
- Speaker #0
Ce n'est pas encore décidé, défini pour la simple et bonne raison que si un investisseur arrive, je ne veux pas qu'il n'y ait que de l'argent. Je veux que ça soit avec, en plus de la matière grise. Du savoir-faire, du réseau. C'est ça. Si c'est juste de l'argent, alors évidemment, ce n'est pas simple de décrocher de l'argent auprès d'une banque ou autre. Mais je pars du principe que... Pierre Berger-Saint-Laurent, Nicolas Sontiveil et Alexandre Mathiussi. Tous ces bonbinomes ne sont pas en binôme pour rien. Moi, aujourd'hui, j'ai Julien et je vois comment ça se passe. Il y a quand même quelque chose à orchestrer qui est de gérer cet argent pour que ça soit vraiment un step-up parce que plafond de verre, parce que croissance, parce que l'argent fait argent.
- Speaker #1
C'est clair. Investissement, bien sûr.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
En termes d'équipe, Tu as combien de personnes autour de toi aujourd'hui, en plus de Julien dont tu viens de parler ?
- Speaker #0
J'ai Eva à la prod,
- Speaker #1
qui est fantastique. Vous produisez où ?
- Speaker #0
En Tunisie. La toile vient d'Espagne, le cuir vient d'Italie, le coton vient du Portugal. Tout est européen et c'est monté en Tunisie. On a une usine qui est fabuleuse. C'est un Français qui la gère. Il facilite quand même la gueule. Il facilite les échanges et en même temps le savoir-faire, que ce soit au Maroc comme en Tunisie. Et absolument fabuleux. Ils sont très forts. Globalement, autour de la Méditerranée. Portugal, Espagne, Italie, Maroc, Tunisie. Turquie. En gros, le bassin méditerranéen est top. Il y a Eva qui gère la prod. Qui est fantastique. On a Alex qui est au sales. Qui gère tout le B2B. Et on a regroupé aussi la boutique.
- Speaker #1
C'est lui qui fait le service client. Exactement. Il est top.
- Speaker #0
T'es bien à faire à lui. J'ai Jade qui m'assiste. qui est plutôt sur la partie marketing en général. Et puis après, c'est vraiment à tous les jours. C'est opérationnel. C'est ultra opérationnel. Et actuellement, on a Ambre, qui est mon assistante sur la direction artistique. Et après, évidemment, en extérieur, on a une agence pour le digital, qui est top, qui s'appelle Athena. Et voilà. Donc, à la fois, ils sont quatre au bureau, tu vois. On était cinq. et j'ai décidé de passer à quatre pour plusieurs raisons. Déjà parce que gérer une société avec beaucoup d'employés, c'est difficile, c'est très difficile. Ça a été, je pense, le plus dur de mes jobs jusqu'à présent.
- Speaker #1
C'était une question que j'allais te poser parce que c'est souvent le cas. On ne l'apprend pas, ça. Quand tu es dans une école d'art, on ne t'apprend pas à manager. On ne t'apprend pas à développer le business.
- Speaker #0
Non. Et pourtant, j'ai été à bonne école avec mon père. J'ai été dans les pattes d'un papa qui, en plus, nous a rien caché. Je veux dire, dis-toi que la seule fois où mon père est venu me chercher à l'école, c'est le jour où il a eu des galères avec des salariés qui en sont venus aux mains et qu'il a dû passer chez le médecin généraliste pour faire attester le truc, parce que c'est le process classique. Et il s'est dit, il est 16h, je vais partir, je vais récupérer ma fille pour une fois. Et donc, c'est quand même, tu te dis, je me dis, mais j'ai oublié l'info essentielle de cette jeunesse. Et que le seul jour où il est venu me chercher à l'école, c'était le jour où il s'est fait emboucler par un salarié. Donc, je me dis, je n'ai quand même pas appris les leçons que je devais apprendre à l'époque. Je vais même garder que le meilleur.
- Speaker #1
Non, ou alors, on peut dire autre chose. Il nous le dit, il nous dit, oui,
- Speaker #0
ça a été compliqué. Je me suis reçu un point dans la tronche, voilà quoi. Donc voilà, mais l'année dernière a été extrêmement compliquée parce qu'il suffit d'une personne ultra malveillante.
- Speaker #1
Pour désagréer toute l'équipe.
- Speaker #0
C'est 100% jalousie. Moi, j'y peux rien. Tu vois, il y a un moment donné, désolé d'être là. Et ça a vraiment été compliqué parce que tu essaies de protéger les autres. Mais ça n'empêche qu'au quotidien, c'est une catastrophe. Et il faut après remercier cette charmante, chère personne. Et là, c'est encore un autre job. Donc... Et globalement, je n'ai pas voulu, dès le début de ma société, prendre les épaules de chef d'entreprise parce que ce n'est pas pour ça que j'avais fait la marque. Et que je suis freelance à côté et qu'en fait, en tant que bonne freelance, ce n'est pas du tout le job que tu as spontanément. Et il y a une autre chose, c'est que c'est une marque qui porte mon nom et c'était mon projet d'amour. Donc en fait, je n'avais pas envie de rentrer dans ce statut parce que pour moi, c'était faire preuve d'autorité dans une boîte qui devait être surtout joyeuse et bienveillante. Et quand en octobre dernier, j'ai dû faire face à ça avec vraiment une période compliquée et du coup, devoir remercier un salarié de façon stricte, tu vois.
- Speaker #1
Et très formelle.
- Speaker #0
Et très formelle. Là, pour le coup, ça a été extrêmement difficile.
- Speaker #1
Tu t'es fait accompagner pour ça ?
- Speaker #0
Je me suis fait accompagner, mais quand t'es chef d'entreprise, on te dit qu'au moment de licencier une personne, la seule personne qui peut t'accompagner, c'est un autre salarié. En fait, c'est un peu le serpent qui se met en la queue. À un moment donné, tu dis à ton avocate, est-ce que vous, vous pouvez venir ? Même dans un coin, c'est pas grave, ou dans le placard, mais merci madame d'être ici, s'il vous plaît. Elle te dit, dans la loi, seul un autre salarié peut vous accompagner. Je me dis, je les adore, mais au moins, ce n'est pas eux. Et puis,
- Speaker #1
mettre dans cette situation, c'est terrible. À porter après, c'est hyper lourd.
- Speaker #0
C'était vraiment dur. Donc, en fait, écoute, j'y suis allée au bluff. Ce qui était drôle, c'est que vraiment, je me suis retrouvée à prendre... trois feuilles blanches entre les mains en faisant un coup de bluff en mode j'ai un gros texte d'écrit, texte de loi et puis j'ai balancé un truc qui était du coup baccupé par un avocat en expliquant qu'en fait, au vu des fautes graves, merci chèrement monsieur de quitter ces lieux. Et ça, pour le coup, c'était pas dans le deal. Et crois-moi, je ne le souhaite à personne, surtout pour des raisons qui sont lunaires et complètement stupides, qui en l'occurrence sont de la jalousie et de la mauvaise foi. Donc dur
- Speaker #1
mais typiquement tu vois tu parlais tout à l'heure de ce DG en transition ça peut être un rôle maintenant qui s'externalise beaucoup aussi tu vois ce management je sais que moi je le fais pour certaines personnes parce que c'est tellement difficile et il faut avoir les compétences, les skills techniques et les soft skills nécessaires pour tout ça. Moi, j'ai déjà fait des licenciements économiques, par exemple. C'est pareil, la première fois, t'es un peu genre, ok, c'est complexe, mais après, dès lors que t'adoptes, que t'es intelligent, que t'as aussi quand même une certaine sensibilité et que, en fait, tu te back-up toujours derrière les textes, c'est ce que t'as fait.
- Speaker #0
C'est l'un des plus gros postes, l'avocat. Après, c'est ce qu'on a déposé, qu'il y a eu dans le monde entier. C'est aussi beaucoup de bonnes nouvelles. Vous êtes copiée déjà ? On est beaucoup copiée, mais j'ai attaqué qu'une seule marque, parce que le reste, je suis plutôt flattée. Je passerai ma vie à faire ça. On a attaqué Sundeck, qui a perdu, parce qu'ils ont fait un copier-coller du sac. C'était assez lunaire. Je n'ai pas créé de boutique à New York grâce à ce procès. Mais on a gagné surtout le fait qu'ils retirent les sacs des bouchons.
- Speaker #1
C'est ça, bien sûr. Et là... J'ai plus le mot en français, c'est terrible. Le fait de... Le péageur ? Non, mais de... Normalement, tu peux aussi demander le fait que... Merci de me dire que le chat,
- Speaker #0
c'est terrible.
- Speaker #1
On n'a pas été vérifié. Moi, ça m'est déjà arrivé. de demander la destruction et de demander preuve à la pluie, des photos et tout. Typiquement,
- Speaker #0
on aurait pu le demander. Là, non, effectivement, on ne l'a pas fait, mais on n'est pas à l'abri de le retrouver dans un outlet obscur un jour.
- Speaker #1
Mais c'est toujours intéressant cette fine line, cette subtilité entre je suis honorée, flattée, mon égo est regonflé, que ce soit copié. Et aussi, il y a quand même un abus commercial total. Donc, c'est important de se défendre, moi, je pense.
- Speaker #0
C'est important de se défendre.
- Speaker #1
Parce que quoi pas, ton énergie est vivante. Alors, c'est ce que j'allais dire. Moi,
- Speaker #0
je choisis mes batailles.
- Speaker #1
C'est ça, bien sûr.
- Speaker #0
C'est-à-dire que là, par exemple, sauver mes salariés de la salle ambiance, c'était ma priorité. Effectivement, quand tu es sur ça, plus ça, plus ça. Et c'est pour ça aussi qu'un DG, c'est important. C'est qu'à un moment donné, même si je me lève à 5 heures et que je suis active, il y a quand même... timing qui fait que... Et puis surtout, c'est la bande passante. C'est-à-dire que l'énergie que tu mets... Moi, je peux faire 200 shootings. Je n'ai absolument pas cette sensation de fatigue. Par contre, tu me demandes de faire un entretien pour sortir pour faute grave un salarié. Je dors pendant 15 jours.
- Speaker #1
Bien sûr. Ça ne m'étonne pas.
- Speaker #0
Tu vois, cette histoire d'attaquer, en vrai, c'est parce que déjà, c'est de l'argent et qu'on n'a pas la trésor. Je préfère l'avoir pour la prod. Et c'est aussi parce que je me protège. Tu me demandais au début du podcast comment je fais. Je me protège aussi en choisissant comme ça ces batailles.
- Speaker #1
Tout à fait. Tu parlais du BP tout à l'heure, BP Business Plan. Tu disais que le business plan ne reposait pas sur les collabs initialement. Par contre, je crois que ça reposait, comme tu le disais un peu, sur finalement... La marque était financée par tous tes jobs. Maintenant, c'est... plutôt l'inverse ?
- Speaker #0
Oui et non, je ne me suis jamais rémunérée.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Jamais. C'est un constat, c'est-à-dire que je travaille la nuit pour faire en sorte que Caillou existe le jour. C'est ce que je te disais au début, c'est que déjà je travaille, c'est mon métier passion, le stylisme et la DA, et j'aime mes clients et ce que je fais à côté. J'aime tellement qu'évidemment je continue, et donc je suis rémunérée. Et Caillou, en fait, on a été flat. quasiment tout le long. Et puis on a très vite ouvert une boutique.
- Speaker #1
Ce que j'allais dire, Flotte, avec la boutique ?
- Speaker #0
On est, enfin ça aussi, mais je ne me rémunère pas. Et puis on charbonne. Là, c'est plus dur en ce moment parce qu'on a eu des très grosses dépenses. Mais on a quand même eu un bon bilan 25, ce qui n'est pas donné au vu de la taxe actuelle. Globalement, je ne me suis jamais remunérée. J'ai toujours priorisé les filles d'un freelance comme Eva, qui n'a pas 14 ans et qui est exceptionnelle. Je préfère dormir tranquille et travailler à côté pour pouvoir avoir dans mon équipe les meilleurs.
- Speaker #1
La décision d'ouvrir une boutique, c'est assez... Au bout de 4 ans. C'est très tôt, surtout actuellement. Tu connais la ventilation entre les ventes online et...
- Speaker #0
50% de B2B. 25% de l'économie.
- Speaker #1
Parce que vous êtes distribuée dans le monde entier. Oui,
- Speaker #0
on est monté jusqu'à peu près 250 points de vente.
- Speaker #1
C'est énorme.
- Speaker #0
C'est énorme.
- Speaker #1
C'est fulgurant.
- Speaker #0
C'est fulgurant. Là, on resserre pour diverses raisons. Des gens s'est aperçu qu'il y a des revendeurs qui nous prenaient très peu de sacs. Et en fait, nous, si on n'a pas le magasin de bonbons avec toutes les tailles, toutes les couleurs,
- Speaker #1
on passe à côté de tout l'étage.
- Speaker #0
Donc, en fait, ce n'est pas nous rendre service parce que nous, c'est vraiment un plan de dingue et une logistique de dingue pour une commande à 1000 euros. Et en face, on sait que le taux d'écoulement sera parfois beaucoup trop timide par rapport à cette prise de risque qui est parfois un magasin qui est un peu niche, dans un bled et en fait, on n'est pas assez starfucker pour des toutes petites boutiques parce qu'elles préfèrent un Longchamp ou un Yves Marant ou même un Vanessa Bruno d'ailleurs souvent. Donc grosso modo, on a 50% de B2B, 25% pour la boutique et 25% restant sur le e-com. Mais là, le e-com remonte fort. Puisque toutes les collabs nous ont donné une notoriété, une visibilité. Donc, en fait, là, on rebalance. Et surtout, nous, la clientèle US, donc États-Unis, est très, très, très présente sur le e-com.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
On a, et pour revenir à ce que tu disais tout à l'heure sur les typologies produits, etc. On a une clientèle US qui aime s'acheter plusieurs sacs.
- Speaker #1
Ah, voilà.
- Speaker #0
Pour différentes raisons. La première, c'est que chaque sac a une activité. On a beaucoup, par exemple, d'avocates. qui ont des dossiers, des trucs à porter. Et elles ne veulent pas que ce sac serve pour aller au yoga, celui qu'elles prennent pour aller au sport, et encore moins pour le week-end, etc. Donc,
- Speaker #1
on n'a pas ça qu'un usage.
- Speaker #0
Allez, elles vivent à crédit. Ce sont des Américaines. Par définition. Tout va bien. C'est ça. Et puis, quand elles viennent à la boutique, par exemple, certaines découvrent, d'autres connaissent. Et quand elles arrivent à la boutique, elles disent « Ah, mais j'ai ma copine qui fait du yoga, machin, je vais lui en prendre un. » Et puis, en fait, elles repartent avec 3, 4, 5 sacs.
- Speaker #1
Ouais, ok.
- Speaker #0
Ce qui est lunaire. Ouais. Ce qui n'est pas le cas des Françaises.
- Speaker #1
Ils réfléchissent beaucoup. Ils réfléchissent.
- Speaker #0
Ça peut être un cadeau aussi commun. Ouais. Ce qui est plutôt chouette. Moi, je trouve ça vraiment trop mignon de savoir que... Ah ouais. On est unanimes sur le fait d'avoir un caillou. Enfin, en tout cas, ça me touche. Et en France, c'est différent. Souvent, c'est parce qu'elles rentrent dans un process de collectionning. Donc, elles vont avoir envie d'avoir plusieurs couleurs. Et puis, elles aiment l'idée de collectionner le KU. Moi,
- Speaker #1
je suis un peu comme ça.
- Speaker #0
Ce que j'aime, en tout cas moi, parce que je trouve que c'est fabuleux qu'on est considéré comme un objet d'art plus que comme un sac. Ça, c'est très cool. Et après, on a aussi les femmes qui achètent un sac très grand. Après, elles se disent, il est peut-être un peu grand. Puis en fait, c'est le mec à la maison qui va leur taper le sac. pour aller faire des courses. Et puis en fait, j'ai pas mal de KAU. Donc du coup, elles se font tirer leur KAU et elles reviennent en disant je vais prendre un plus petit et puis peut-être une autre couleur. Et donc en fait, ça devient une collection mais familiale, on va dire. Et on espère qu'un jour, ce sera les filles, enfin tu vois, les ados qui choppent pour doubler les Darrell et les Vanessa Bruno. Et c'est hyper au cas par cas. Et puis après, on a les clientes qui font les poupées russes. C'est-à-dire qu'elles vont avoir le crossbody qu'elles mettent dans le grand. Enfin, c'est hyper aléatoire, ouais. Et puis après, souvent, c'est un cadeau aussi. Quand les filles le valident, elles se disent que c'est quand même le cadeau parfait. Et quand on a un peu de moyens, parce que c'est quand même pas donné.
- Speaker #1
Le prix du pratique, tu disais le M, c'est le best-seller.
- Speaker #0
Uni, c'est 300 euros. En moyenne, le sac, le panier moyen, c'est 320. Mais c'est entre 300 et 500. Et le prix moyen, c'est à peu près 300.
- Speaker #1
Ce qui n'est pas non plus...
- Speaker #0
Oui et non. Ça dépend de qui t'es.
- Speaker #1
Tu parlais de Goyard tout à l'heure.
- Speaker #0
Oui, mais à côté d'un Zara, on est cher.
- Speaker #1
D'accord, mais on n'est pas du tout sur une qualité Zara.
- Speaker #0
On n'est pas sur une qualité Zara, mais dans la tête de certaines personnes.
- Speaker #1
Par rapport au goût,
- Speaker #0
la perception du produit ? Même pas. Je te dis ça parce que, par exemple, typiquement la marque Dragon Diffusion, qui sont les sacs tressés en cuir, avec un savoir-faire indien. Dragon, typiquement, ils ont été assez bien copiés par Zara. Et du coup, ça a foutu vraiment le bazar au sein de la marque. Donc nous, on n'est pas copiés par Zara, mais il y a des sacs très cools aussi. C'est ça que tu vois que je veux dire. Comme c'est un cabas, ce n'est pas un sac à main. Alors, c'est là où on va dévoiler la suite. Mais comme ce n'est pas un sac à main qui se porte comme un sac de dame, c'est un cabas qui est cool. complémentaires à ta vie, parce que quand t'as un plus petit sac et tout, du coup, les filles réfléchissent quand même un peu plus, parfois, au prix qu'elles mettent dans cette seconde option, puisqu'il vient équiper...
- Speaker #1
C'est le tote bag luxe, quoi.
- Speaker #0
Donc, après, tout dépend de ce que t'en fais. Nous, on a beaucoup de clientes, c'est un sac à main, donc elles se posent pas la question. Voir si elles le prennent en cure PVC, c'est de toute façon le sac. Et ce qui est très drôle, c'est qu'en fait, en général, nos clientes ou nos clients ont beaucoup de sacs. Et comme c'est le plus pratique de tous, en fait, c'est celui qui va poncer.
- Speaker #1
C'est ça qui va déconner les autres.
- Speaker #0
Et en fait, souvent, elle me dit, je le porte tous les jours depuis deux ans, j'ai honte parce que j'ai 500 trucs à What Million dans mon placard et en fait, je n'ai que celui-là. Donc, moi, elles sont contentes de me le dire, mais je sens qu'en fait, elles ont un peu les boules d'avoir dépensé autant de thunes dans les autres.
- Speaker #1
Alors revenons à la boutique donc c'était quand même une décision assez dédacieuse.
- Speaker #0
Côté finance en interne les gens m'ont dit arrête tes conneries s'il te plaît
- Speaker #1
Et pourquoi tu l'as fait alors ?
- Speaker #0
Alors nous...
- Speaker #1
T'avais une conviction forcément profonde.
- Speaker #0
Il y avait une conviction après je suis une tête de mule donc ça c'est encore un autre sujet Quand j'ai créé la marque j'ai eu deux années où on a surfé on n'a rien mis dans des cases et tout ça et Covid. Donc moi ça m'a
- Speaker #1
Oui parce que t'as créé la marque en 2018 c'est ça ? Voilà.
- Speaker #0
Exactement Donc pendant deux ans, on a surfé, collab Kitsune, Diptyque, il y a eu plein de choses, des appels entrants, trop bien et tout. Et au moment du Covid, je me suis dit bon alors là, qu'est-ce que je fais déjà ? Est-ce que je crée officiellement une marque ? Parce que c'était une marque mais en même temps, c'était surtout un IAID. Donc est-ce que je fais une vraie marque et donc je mets tout en place et là par contre, je blinde la prod parce que si j'ouvre au B2B, donc au revendeur, je ne peux pas avoir des mois de retard, des trucs et des machins parce que c'est ce qui peut... planter une boîte, surtout dans notre métier. Et ensuite, quoi ? Qu'est-ce que je fais ? Comment ? Moi, le Covid a été plutôt bénéfique et heureusement parce que je n'ai pas été malade et que personne de proche a été touchée, donc on a pu le gérer de façon hyper optimiste, c'est-à-dire réfléchissant à tout ce qu'on n'a pas pu mettre sur la table pendant toutes ces années. Et j'en suis sortie avec des idées beaucoup plus claires. Et à ce moment-là, encore pendant le Covid, il y a Maéva, qui est la DG de La Caserne, qui est un lieu à Paris. qui est top dans le dixième, l'ancienne caserne de pompiers et réhabilité. Et Maëva m'envoie le dossier de lieu.
- Speaker #1
C'est un peu créatif, c'est un peu station F,
- Speaker #0
mais pépinière de la mode, principalement éco-responsable. Et elle me dit, je t'envoie le PDF, est-ce que tu peux me dire ce que t'en penses ? Je la connaissais de l'exception qui était un revendeur assez cool. Et donc je lui dis, écoute, c'est sympa, mais on dirait une fédé écolo, ton logo, il est vraiment chier. Désolée, mais ce n'est pas sexy. Et elle me dit, vas-y, refais-moi l'ADR. Et j'ai dit, OK. Et donc, je lui ai dit, écoute, moi, mon brief, c'est un musée d'art moderne de Los Angeles, c'est-à-dire un logo bien bold, bien strong, un coup de tampon, tu vois, un truc, voilà, et pas ton truc avec des feuilles en verre et tout, là, hyper écolo. Donc, je lui ai fait toute l'identité, c'est moi, de la caserne.
- Speaker #1
Ah ouais !
- Speaker #0
Et donc, elle me dit, écoute, nous, on va l'ouvrir. il reste un petit espace où « Welcome on board » . Je lui dis « Banco la caravane » . Voilà. Donc, juin, à la sortie du Covid, la première partie, avant les couvre-feu et tout, je vais avec des bottes de pluie, parce qu'à l'époque, c'était pas encore terminé, donc on était vraiment les tous littéralement dedans. On a été un peu le crash test, c'était drôle. Et je suis restée un an dans la caserne, et en fait, on avait un petit espace, mais il manquait quelque chose vers l'extérieur, et en plus, on poussait les murs. Et je me dis « Bon, des pop-ups, je sais pas » . pas, Ruth Turenne, machin, Flem...
- Speaker #1
Mais tu faisais quand même venir du B2B et du B2C, tes clients ? Non, ils vont à tout le bureau. Ok, voilà.
- Speaker #0
Et là, je me suis dit j'ai envie de plus. Et puis surtout, j'avais cette frustration des revendeurs qui ne faisaient pas ce que j'avais en tête, qui était censé être la recette du succès. C'est-à-dire, pour moi, il y avait ce que je te disais, le magasin de bonbons.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et donc...
- Speaker #1
Le sortiment minimum, de base. Et puis même le merch qui va avec, etc. Enfin voilà, tout le package.
- Speaker #0
Donc je rentre en jouant à la caserne. En décembre, je suis à Noël chez mes parents sous ma couette d'ado. Et je me dis, je vais regarder sur le bon coin s'il n'y a pas des trucs. Tu vois vraiment la tête de mule. Et je tombe sur deux annonces. J'appelle le premier qui me prend de haut. Je lui dis, ok, vous savez quoi, je ne viens même pas visiter le truc. Merci, non merci, au revoir monsieur. Et le deuxième me dit, venez à la rentrée en janvier, visitez le truc et dites-nous. Donc, je vais rue Lucien-Sampé.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
38 rue Lucien-Sampé. Je visite et en fait, il y avait... Vraiment, c'est ce que je cherchais. Je cherchais un bureau et une boutique dans le même espace. C'est le seul argument un peu bidon que j'ai trouvé pour expliquer à ma comptable que ce n'était pas complètement à côté de la plaque comme décision. Non, mais on cumule les deux loyers, donc au prorata, peut-être qu'on gagne un peu d'argent, tu vois, un truc un peu foireux comme ça. Elle me dit, oui, bon ben voilà. Et en vrai, et puis en plus pour mes... L'activité de styliste, j'ai quand même beaucoup de bordel, les valises et tout. C'est ça,
- Speaker #1
tu reçois plein de shopping et tout.
- Speaker #0
J'étais assez contente d'avoir un lieu tierce.
- Speaker #1
Et que ce ne soit pas chez toi, finalement.
- Speaker #0
Et donc, je visite. Malheureusement pour eux, ils étaient en galère après le Covid, puisque c'était des systèmes de workshop et tout ça. Et en fait, plus de workshop pendant six mois, ça avait été une cata. Et donc, je mets mon avocate. Donc, tu vois, toujours avocate sur le sujet. Et on arrive à choper le lieu pour assez peu cher.
- Speaker #1
Grâce aussi, justement. Grâce au pas de...
- Speaker #0
de porte qui avait craché un petit coin. Et aussi une rue qui n'était pas encore...
- Speaker #1
Il y avait Liberté-aux-Coins,
- Speaker #0
mais le Bobo-Kinohan n'était pas encore tout à fait là. Et Emilie de Paris n'avait pas fait sa chérie.
- Speaker #1
C'était pas encore là non plus.
- Speaker #0
Et donc on signe. Là, je fais une première partie toute blanche, nickel. Je me fais le merch que je veux, etc. Mais très blanc, très simple, parce qu'on n'avait pas les thunes de faire des travaux de dingue. Et derrière, le bureau que j'aménage pour que ça soit confort pour tout le monde, etc. On passe une petite année sous ce format-là. Mais bon, la boutique décolle vite fait, mais c'est un peu timide. Et surtout, en fait, moi, je l'avais aménagée, comme tu le disais tout à l'heure, j'adore le design. Donc, je l'avais aménagée un peu comme un appart avec une grande table de design transparente au milieu, des chaises, une petite sofa, etc. Et un jour, je vois une stagiaire sortir avec sa pasta box dans la boutique et s'installer sur la table. Et là, je me suis dit, si elle n'a pas capté que c'était une boutique et pas un showroom classique qui toi, ça veut dire que potentiellement, le mec qui passe dans la rue, lui n'a pas capté que c'était une boutique.
- Speaker #1
Et qu'il pouvait rentrer et acheter. Voilà.
- Speaker #0
Et je me suis dit, en fait, je pense que le lieu est perçu comme un showroom, pas comme une boutique. Donc, les gens ont peur de rentrer. Donc, peut-être que c'est pour ça qu'on n'a pas explosé le CA. Et donc, là, je me suis dit, c'est pas possible. Je pars en vacances. J'appelle un pote archi, Benjamin, de Cube Architect. Et je lui ai dit, help. il faut un renouveau complet de la partie boutique il faut que ce soit une boutique qui soit l'exemple et c'est mon brief de base pour le B2B je veux que ça soit la boutique dans laquelle tu rentres et que tu captes tout et là il m'a dit trop bien j'aime trop le projet ils sont fabuleux et du coup ils nous ont fait la boutique en 4 semaines ça a été un truc lunaire ils avaient vu moi l'appartement avec les placards noirs et en fait après ils ont été l'inspirer c'était fabuleuse quoi Maxime et Benjamin de Cube Architect. Franchement, forte recommandation. Et donc voilà, on a tombé en plein été au mois d'août. Ça fera trois ans au mois d'août. Cette nouvelle version qui, du coup, a cet effet waouh et qui aujourd'hui nous aide à pitcher à la fois le produit et les collections.
- Speaker #1
C'est génial. Et donc quand même 25% des gens...
- Speaker #0
Et c'est lunaire parce que ce sont des gens qui passent devant, ce sont des gens qui connaissent via Insta, Et en fait, globalement, les gens qui rentrent achètent. C'est très rare qu'on ait juste une visite.
- Speaker #1
Et tu crées des événements, des trucs ?
- Speaker #0
Tous les lancements des collabs. En fait, ce qui est drôle, c'est que les marques invitées veulent toujours le faire à la maison.
- Speaker #1
Ah, génial ! Donc,
- Speaker #0
ça, trop bien. Mais même les K-Way, ceux qui ont des très grosses boutiques, Parabou, K-Way, tout le monde, on l'a tous fait.
- Speaker #1
C'est trop bien.
- Speaker #0
Donc, ça, trop, trop bien. On a fait tout le monde et c'était trop bien. Donc, on l'a fait vivre à fond. Et puis, on a 13 mètres linéaires de vitrines, c'est-à-dire trois vitrines pour une boutique qui est peu profonde.
- Speaker #1
C'est étonnant.
- Speaker #0
Et ça, ça a été le truc où je me suis dit qu'on devait visiter. Et attends,
- Speaker #1
c'est très difficile. Après, c'est pas pas que de faire les designs. Voilà. Il faut avoir justement les compétences et la vision. Parce que ça peut vite être vide. Voilà. Vide ou vrillé et avoir aucune cohérence. Donc, c'est complexe. Et puis, on voit quand même à l'intérieur. Donc, il faut quand même que tout le reste soit... Enfin, voilà. Moi qui ai beaucoup été dans le retail, tu connais la problématique. Oui, oui. Après, j'ai été...
- Speaker #0
Les garçons qui ont fait la boutique ont eu une vision... très fortes autant dans un truc de praticité que justement de... Alors qu'à la base, ils sont... Ils n'ont pas fait tant de boutiques. Ils ont fait beaucoup de projets mais qui n'étaient pas forcément du retail. Mais ils ont été extrêmement doués pour penser à tout.
- Speaker #1
L'avantage des sacs, c'est qu'ils se plient très facilement. Ils se plient très facilement. Donc, à stocker, c'est génial. C'est pas simple. Puis après, voilà, t'as les tailles. Après, c'est comme une pile de t-shirts, pratiquement.
- Speaker #0
On a un vrai colorama, ça plaît d'ailleurs. Quand on ouvre les placards, les gens sont complètement zinzins.
- Speaker #1
Tout à l'heure, tu disais un peu que tu avais déjà des idées de développement aussi d'autres. Tu peux en parler ? Bien sûr.
- Speaker #0
Là, c'est en ce moment en showroom, B2B. Les acheteurs les ont vus. Souvent, je profite des collabs pour lancer une nouveauté. Soit c'est dans nos placards, soit ils sont déjà un peu dans les tuyaux. Je me suis dit, par exemple, typiquement le XM. On l'avait dans les tuyaux, mais j'ai proposé à Cézanne qui nous a approchés de leur donner en exclu.
- Speaker #1
Ah, donc c'est le format du Cézanne. Exact.
- Speaker #0
Mais moi, je comptais le lancer. Après, je me suis dit, en fait, c'est parfait pour Cézanne. Et chaque collab a un sac qui lui est vraiment dédié dans le sens où ça correspond à leur clientèle. Jeanne, il a le slogan. Kaoué, il a du nylon. Le Cézanne, c'est un plus petit sac parce que la clientèle Cézanne est... Il nous donne un peu plus l'âge et la couleur qui a été choisie par l'équipe. Et Morgane a un goût de dingue, donc ça a fait une espèce de mélange.
- Speaker #1
C'est elle qui t'a contactée aussi ?
- Speaker #0
C'est les filles Cézanne qui m'ont contactée. Pour diverses raisons. Déjà, en interne, certaines portent des sacs KU. Et aussi, parce qu'à plusieurs reprises, on a échangé. Et que globalement, elles ont un vestiaire qui évolue quand même.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et elles aiment équiper leurs vestiaires de pièces assez fortes et iconiques. Et donc, je pense qu'on a coché pas mal de cases.
- Speaker #1
Top, ok.
- Speaker #0
Et donc, pour répondre à ta question, on lance un sac qui s'appelle le Clémence.
- Speaker #1
Mais non, toi qui n'as pas de prénom.
- Speaker #0
Moi qui n'ai pas de prénom et surtout moi qui n'aime pas. Il s'appelle le Clémence pour la simple et bonne raison que c'est le sac que je voulais depuis longtemps et que j'avais fait au tout début, que je n'ai quasiment pas sorti. En fait, en gros, quand on a lancé la marque, il y avait donc le pratique. Et il y avait le filles et le dames, qui sont deux sacs qui étaient entièrement en toile PVC, doublés cuir. Très rigides, complètement renforcés, extrêmement compliqués à produire, avec des soufflets en cuir et tout ça. Bref, l'opposé du pratique et aussi l'opposé de ce bobo quinoa, parce que justement, entièrement doublés cuir, ils sortaient à très cher. Et ce que tu dis exactement, plus lourd, complètement différent. Mais ce sont à la base mes premiers croquis. Et en fait, au fur et à mesure, j'ai cherché un crossbody, puisque je suis à moto et que globalement, j'aime avoir les mains libres, ce qu'on a avec le pratique.
- Speaker #1
Crossbody, ça veut dire qu'on porte en bandoulière.
- Speaker #0
Qu'on porte en bandoulière sur la base de l'épaule. Et en fait, je cherchais un sac qui soit un peu un sac chic, mais qui ne soit pas non plus trop fifi ou trop dame. Et je n'ai pas réussi à le tomber. Et un jour, je prends le sac qui s'appelle le Mami.
- Speaker #1
Bah oui. qui est en hommage à ta mamie.
- Speaker #0
Qui est en hommage à ma mamie Renée qui a 101 ans et qui se porte très bien. Mamie qu'elle a eue, elle est exceptionnelle. Elle ne s'est jamais fait opérer. Ça fait 101 ans qu'elle a été agricultrice, 5 enfants. Elle a eu une vie à 2000 km heure parce qu'une vie, il fallait être costaud, tu vois. Elle n'a jamais eu un pépin de santé et aujourd'hui, elle est nickel. Un exemple.
- Speaker #1
Et Claude, c'est son mari ?
- Speaker #0
Non, c'est le côté de ma maman.
- Speaker #1
Parce que tu as la pochette Claude. Et en fait,
- Speaker #0
le mamie, ma grand-mère allait faire les courses avec un sac de marché que j'ai toujours vu accroché à sa porte. Et je me suis dit, ce sac, c'est un truc de dingue. Et donc, je l'ai réinterprété. En fait, il est très minimal, donc ce n'était pas compliqué. Et j'en ai fait un sac pratique qui fait très sac à main, alors que sur le papier, c'est un sac de marché. Et mon grand porma qui fait ça. C'est le porma qui fait ça. Et mon grand-père, donc Claude du côté de ma maman, Claude Leroyer, lui, il était routier. Et il avait un cahier pour compter ses heures et ses kilomètres qui était dans une pochette que j'ai retrouvée. Et cette pochette, moi, je l'ai faite évoluer pour faire une pochette d'ordinateur.
- Speaker #1
Vraiment avec le zip. Et moi, mon grand-père, il avait aussi une pochette comme ça où il mettait son carnet parce qu'il écrivait énormément, mais évidemment à la main. époque, tu vois. Et donc, c'est vraiment le même... Enfin, c'est la même génération.
- Speaker #0
Mais ce sont... En fait, nous, chez KU, c'est la fonction qui dicte la forme. Rien n'est gratuit. Rien. C'est ce que j'ai dit tout à l'heure à mon assistante DA. Je lui ai dit, si c'est gratuit, on enlève ton petit truc, là, dans le bas de la page.
- Speaker #1
Ciao.
- Speaker #0
Et en fait, tous ces objets font partie de leur vie et ils sont restés à leur côté tout le temps parce qu'ils étaient extrêmement pratiques. Donc, pour moi, c'est vraiment un point de départ.
- Speaker #1
Alors, revenons au clémence. Et le clémence, en fait,
- Speaker #0
c'est le mamie. j'ai plié une partie à l'intérieur et l'autre partie par dessus et en fait ça fait ce sac que je te montrerai qui est vraiment un sac que tu portes en crossbody donc en bandoulière et qui est plus petit et qui est ton sac de tous les jours
- Speaker #1
elle fait des gestes avec les mains donc vous imaginez elle le détene avec ses mains et ce sac sortira au mois de juin
- Speaker #0
et on a aussi fait ensemble il a zéro bijouterie il est monoprome il est sans bijouterie donc t'as rien t'as pas de métallerie t'as rien donc il est esthétiquement minimal et hyper léger il est fabuleux il y a ça et puis à côté on a toute une ligne d'enveloppe on a la S la M et la L la L étant ah mais oui ça j'ai vu sur Insta l'enveloppe d'ordi ouais La médium, c'est plutôt pour mettre tes papiers d'identité, le passeport, etc. Là même,
- Speaker #1
tu sais, moi j'adore un peu ce format pour mes reçus.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Tu vois, pour garder toutes ces notes. C'est mon truc dans le sacret, quoi, tu vois, voilà.
- Speaker #0
Et la S, c'est plutôt carte de visite, etc.
- Speaker #1
Carte de visite, carte de visite.
- Speaker #0
Donc on a ces deux nouveautés. Et la troisième nouveauté, parce que là, c'est vraiment l'année où moi, je sors justement de ce pratique et on a des grandes choses justement à mettre en place. C'est la tiny pochette. Donc, c'est une pochette qu'on avait dessinée pour le défilé K-Way. J'adore. C'est une pochette que moi, j'avais dessinée il y a hyper longtemps pour les pratiques.
- Speaker #1
Un peu baguette. Non, justement,
- Speaker #0
c'est une petite pochette zippée. Et en fait, cette pochette, moi, je l'avais dessinée pour équiper mes sacs. Parce que comme ils sont très grands, tu as besoin quand même d'équiper tes sacs. Alors souvent, nos clientes ont des pochettes qui viennent de partout.
- Speaker #1
Moi, c'est ce que j'ai. D'ailleurs, j'ai un petit bout. Les trousses de toilettes.
- Speaker #0
Et en fait, cette tiny pochette, je l'ai un peu agrandie. Et il y a un double porté. Soit tu la portes en bandoulière, soit tu la portes à la ceinture. Parce qu'elle a deux passants derrière. Ce que je trouve très cool, parce que moi, quand je suis styliste, j'ai besoin de mettre des trucs à la ceinture. Et plutôt que de faire un truc comme un jardinier avec une ceinture et des poches, j'ai dessiné en plus grand cette tiny qui est trop mignonne. Et donc, grâce à ces trois nouvelles collections slash produits, on a des prix aussi moins élevés. Donc, c'est pour aller soit chercher une clientèle plus jeune ou avec des plus petits... budget slash moyen, soit aller chercher nos clientes qui ont le pratique et pour reprendre ce que tu disais tout à l'heure, équiper la cliente qui a déjà son sac, mais qui veut compléter par l'utilisation avec des nouveaux modèles.
- Speaker #1
Est-ce que tu as aussi des envies de faire des produits complètement différents, que ce ne soit pas de la maroquinerie par exemple, de sortir complètement des lignes ?
- Speaker #0
Ce que j'aime dans les collaborations, c'est ça. Donc, on a fait un canapé avec un bas.
- Speaker #1
Oui, et puis tu as même fait la sandale.
- Speaker #0
On a fait la sandale avec Paraboot. Et on a fait une ligne de... J'ai dessiné une ligne de vêtements en collaboration avec le Printemps et la marque Saison. 1865. Mais oui,
- Speaker #1
et c'est avec eux le canapé. Il y a un trench. Oui, et voilà. Diagonal, cuir PVC. Oui, trop beau ça.
- Speaker #0
Et en fait, on a dessiné des vestes en cuir avec des empiècements poche et le bas des manches et pour le trench en PVC. Et donc, moi, je me suis éclatée à faire un vestiaire. Là,
- Speaker #1
tu renoues avec aussi. Avec le stylisme.
- Speaker #0
Et en fait, dans tous les shoots, même les derniers shoots qu'il y a eu, 100% qu'il y a eu, on a les vestes, qui sont des très, très, très belles pièces. Donc, moi, ce que j'aime dans la collaboration, c'est ça. Et alors, tu avoues un gros secret, c'est que quand j'ai créé la marque, il y avait un plan de collection avec la moitié qui était du design et l'autre moitié...
- Speaker #1
Voilà, tu sais, je le sentais. Tu vois, je viens la chercher et je le sentais.
- Speaker #0
Mais en fait, je n'ai pas... En fait, je n'ai clairement pas pu me mettre sur le design pour la simple et bonne raison que c'est un autre job.
- Speaker #1
C'est un autre métier.
- Speaker #0
Que ce sont d'autres usines et que déjà, avoir un parc d'usines pour la maroquinerie, nickel. C'est très compliqué.
- Speaker #1
Ça veut dire que ça ouvre des collabs potentiels.
- Speaker #0
Des collabs et si demain, un investisseur va réouvrir complètement sur une maison 360. Ça, c'est vraiment le dream. Parce que la toile PVC, c'est la façon d'aller à l'extérieur. Par exemple, typiquement, si tu reprends tous les chefs-d'oeuvre du design, que tu as toutes ces chaises qui sont réinterprétées qu'une toile PVC, ça te permet d'avoir du design à l'extérieur qui soit résistant et water-résistant. Alors qu'aujourd'hui, tu vois...
- Speaker #1
Le mobilier outdoor, c'est hyper trick, c'est hyper complexe. Tu as que la chaise Airborne,
- Speaker #0
la AA que tu vois dans les beaux hôtels et tout, mais sortie de cette chaise, tu as des belles pièces.
- Speaker #1
faire mob après évidemment des grands classiques du design que t'aimes avoir chez toi tu les fais pas sortir Evitera c'est très très beau le shoot que t'as fait avec les pièces Evitera c'était une évidence complètement vraiment oui complètement
- Speaker #0
Alors l'avantage qu'on a avec la toile PVC, c'est qu'il y a une brillance qui rappelle soit une carrosserie, parce que moi je suis une folle curieuse de voitures, tout ce qui roule, voiture et moto. Et en fait, cette toile, elle rappelle un peu la carrosserie, ou comme là, les chaises chez Vitra, les pantones, ou celles qui sont principalement avec une finition brillante. On a vraiment un jeu de matière qui est très proche.
- Speaker #1
Et tu as une grande photogénie.
- Speaker #0
Et évidemment, en plus. Tu poses et c'est facile.
- Speaker #1
Vraiment. Tout à l'heure, on a fait toutes les deux des photos de mon sac et de Marie Mova. Vraiment, c'est hyper beau. Et tu vois, tu parlais justement de ce côté, mon rêve, c'est vraiment une maison 360. Est-ce que tu as envie de grandir au point de justement avoir vraiment... Que KU ne soit pas... qu'une marque, mais que KAU soit aussi l'ADA, que KAU soit tous ses pôles et d'être ce chef d'orchestre, je reprends un terme que tu as déjà cité en presse, dans des interviews, tu vois, d'être ce chef d'orchestre de la créativité hyper large sur tous les médiums possibles ou est-ce que c'est trop lourd justement à porter ? en tant que chef d'entreprise pure d'être ce chef d'orchestre ?
- Speaker #0
Ça, moi, je l'ai avec mes freelances. Donc, je n'en ressens pas, en tout cas, le besoin là de le faire et surtout qu'il y a eu, je pense qu'on met un point d'honneur à tout faire très bien. Donc, le jour où on arrive à avoir cinq collections et que tout soit absolument et justifié et bien fait... Ça va mettre un petit peu de temps parce que c'est pas rien que de développer des objets et encore moins sur du design parce que c'est quand même... Là, tu dois t'asseoir dessus, etc. Moi, Sky is the limit. C'est pas un sujet. Par contre, je pense que c'est très bien de très bien faire son job et de ne pas aller chercher des univers qui sont un peu tirés par les cheveux. Donc, développer pour développer, non, pas tant que ça. Par contre, et c'est pour ça que moi, j'aime les collabs, prendre des prises de parole et aller chercher comme ça avec des spécialistes dont c'est le métier. Les experts. Les experts et tout, oui. Mais je rêve pas demain d'avoir un magasin comme Merci avec 100% des pièces qui sont signées de mon nom. Tu vois, ça, c'est... Non, je crois pas. Ça, là-dessus, moi. Et je pense que KAU doit se développer, mais doit garder cette patte. maroquinerie, lifestyle, mais sans... Est-ce que demain, on fera un hôtel KU ? Je ne suis pas sûre.
- Speaker #1
Moi,
- Speaker #0
je le ferai en tant que directrice artistique, mandatée, et j'en rêverai. Mais au compte d'un client avec tout son ADN, ça, ça me plairait.
- Speaker #1
Des sièges de voiture.
- Speaker #0
À la collab' bagnole, je l'attends. J'ai appelé... J'ai contacté les attachés de presse de Porsche il y a quelques temps. Ils n'ont pas voulu me dire pourquoi c'était mort, mais ils m'ont dit que c'était mort. Et j'ai compris quand j'ai vu la collab avec Rimowa sortir qu'ils les avaient déjà dans le pipe. Et c'est 100 fois plus cool parce que Rimowa, quoi. Mais typiquement, ça, c'est... Oui, oui, moi, c'est mon rêve d'équiper une bagnole. On l'équipe, hein. Moi, j'ai plein de photos de clients ou de potes de mes sacs dans le cul d'une bagnole. Tu vois, c'est entre Martine et le nain d'Amélie Poulain, quoi. On se fait tout le temps des photos. Mon cas U.
- Speaker #1
Bien sûr. Tu reposes tout d'ailleurs.
- Speaker #0
Ou des photos volées de personnes qui suivent quelqu'un qui ne connaît pas dans la rue. C'est hyper drôle.
- Speaker #1
Tout à l'heure, je disais à quel point tu incarnes pleinement ta marque par le nom évidemment, mais aussi tu es un vrai visage. Tu es vraiment l'ambassadrice sur les réseaux, notamment sur Instagram. Tu es quand même une bonne communicante. On parlait de JTKU aussi tout à l'heure, tu vois. Est-ce que pour toi, c'est un besoin, une obligation, juste du kiff ?
- Speaker #0
Alors, ce n'est absolument pas un besoin. Ce n'est pas une obligation parce que ce n'est pas une stratégie. C'est 100% du kiff et c'est aussi et surtout parce que grâce à KU, j'ai une liberté d'action que je n'ai pas avec mes autres clients. C'est-à-dire que le carnage du JTKU, qui est d'ailleurs l'un des formats les plus vus. Enfin, nous, c'est un carton ultime alors que c'est vraiment que des bardeaux. En fait, je travaille avec Alex Pommier qui est un génie. C'est un directeur artistique qui est aussi photographe et réalisateur. Et en fait, Alex, il me lance une connerie que je récupère au vol. en fait tout est en one shot improvisé.
- Speaker #1
Mais il y a des moments où ça se sent. Il y a des moments où ça se sent. Et c'est ce qu'on aime en fait.
- Speaker #0
C'est pour ça que je le fais. Tu parles de l'esprit canale. Tu nous demandes de répéter 5 fois le texte. En fait, même pas en rêve. Donc moi, je l'incarne parce que déjà, c'est la facilité. L'autre truc, c'est que mon visage existe depuis 18 ans maintenant. Et que c'est aussi pour ça qu'on a fait la marque. C'est parce que j'ai un réseau et une petite noto. toute petite, mais je veux dire, c'est quand même grâce à tout ça qu'aujourd'hui, on en est là en tout temps. C'est-à-dire qu'on a fait grandir très vite grâce à un vrai beau réseau. Et donc, du coup, c'est que du kiff. Que du kiff.
- Speaker #1
Mais ça se ressent, en fait.
- Speaker #0
Mais je pense que si ce n'est pas du kiff, ça ne sert à rien, surtout. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Le côté trop joué, trop figé, trop machin, ça ne marche pas, quoi.
- Speaker #1
Tu disais tout à l'heure que tu as des parents, donc je pense que c'est des amis qui ont des enfants, qui se posent un peu des questions pour leurs études, etc. On t'a déjà demandé de venir dans des écoles d'art et tout ? Tu le fais ?
- Speaker #0
Beaucoup, oui. Alex, que j'ai recruté, c'est lui qui m'a envoyé un mail trop mignon après une intervention à l'IFM. C'est-à-dire que j'y suis allée et après, il m'a envoyé un mail en me disant « je veux travailler avec toi » . Oui, oui, c'est que des belles histoires. D'ailleurs, c'est la seule chose que je veux à partir de 2026. Ce ne sont que des belles histoires. Et en fait, je le fais par plaisir. Et parce que je pense que si tu ramènes du concret à l'école, ça rend service aux étudiants. Et c'est là où, justement, Chardon Savard, ils sont très forts. C'est qu'ils ne te font pas rêver un truc qui n'existera pas derrière. Ils nous ont toujours dit qu'il fallait bosser, que quand on commençait, c'était en bas. Alors que moi, j'ai vu avoir des stagiaires, tu te dis, alors attends, je crois que tu n'as pas compris. Bolo, bolo, l'asnico, tu vois.
- Speaker #1
Oui, qui ont des attentes un peu au-delà. Donc,
- Speaker #0
leur dire que ça va être dur, que moi, je me lève tous les jours à 5 heures et que je ne me suis jamais rémunérée. Alors, le but, ce n'est pas de les plomber, mais il y a un moment donné, c'est leur service.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Que de leur dire, si demain, alors après, quand tu es salarié, c'est encore autre chose, mais si demain, tu lances ta boîte.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça implique ?
- Speaker #0
Attention. C'est fabuleux, mais ce n'est pas fait pour tout le monde. Et ce n'est pas fait pour tout le monde.
- Speaker #1
Il faut vraiment l'avoir, cette fille. C'est un mindset. Tu vois, toi, tu as tes parents. On n'a pas parlé de ta maman, d'ailleurs. Alors,
- Speaker #0
ma maman, rien à voir avec les châteaux gonflables. Elle était dans les produits pétroliers. En fait, c'est un business familial. C'est mon grand-père, Claude, qui était chauffeur d'un camion de fuel.
- Speaker #1
C'est interne, quoi. Ouais.
- Speaker #0
Et en fait, après, ils viennent de nulle part, des deux côtés. Moi, mon père, il est fils d'agriculteur et ma mère, elle est fille de commerçant. Mais c'était mon grand-père maternel. Il était aussi dans une famille d'agriculteurs. Et lui, il s'est fait un business à la fois de fioul et grossiste en boisson. À l'époque, tu n'avais pas un terres-marché, le clair.