- Speaker #0
Bienvenue dans ce sixième épisode d'Experience. Nous terminons aujourd'hui les présentations des entreprises qui suivent le programme proposé par la CCI Meuse-Haute-Marne avec la nouvelle commande numérique. C'est Bruno Gerbet, directeur de cette entreprise sous status scope, qui nous explique son fonctionnement et surtout le souhait des collaborateurs de pérenniser une entreprise grâce à la transmission de ses savoir-faire. Vous voulez transformer l'expérience collaborateur dans votre entreprise ? Écoutez Experience. Un podcast proposé par la CCI Meuse-Haute-Marne. Des témoignages concrets, des idées à tester, des parcours inspirants. De quoi vous faire réfléchir avant de passer vous-même à l'action et déployer le potentiel de votre entreprise. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'Expérience Collaborateur. Je suis aujourd'hui avec Bruno de la nouvelle commande numérique à Saint-Jaume. Oui,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
Et je vais laisser Bruno se présenter et présenter l'entreprise.
- Speaker #1
Bruno Gerbet, directeur de la société nouvelle de la commande numérique, implantée à Saint-Germain depuis une quarantaine d'années. On est surtout dans l'usinage de pièces mécaniques, ce qu'on appelle vulgairement la mécanique générale, par tournage et fraisage. Un peu plus dans une niche en ayant une spécialité en robinetterie industrielle. Donc pour tout ce qui concerne l'énergie, pétrochimie, gaz, nucléaire et tous les mêmes transports de l'autre. Tout ce qui peut intervenir dans une coupure de fluide ou une régulation de fluide ou de gaz quelque part.
- Speaker #0
C'est très clair. Est-ce que je peux aussi préciser qu'il y a une petite subtilité, puisque vous êtes la dernière entreprise que nous recevons à notre micro, on est le 26 août, je le précise, parce que l'épisode sera diffusé un petit peu en décalé, plutôt en fin d'année, et vous êtes la seule entreprise que nous recevons aujourd'hui qui a un statut un petit peu particulier, est-ce que vous pouvez nous en parler ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait, on a un statut de société coopérative ouvrière, on a été dans les années 2005, club. Toute première société coopérative au Marnaise, à l'heure actuelle il y en a à peu près 5, réparties sur le territoire. L'arrivée dans ce statut de société coopérative s'est faite suite à l'ancien propriétaire d'origine et a vendu, comme ça se pratique régulièrement pour les structures, les sociétés de notre type, il a vendu et entre autres à une époque ça a été revendu à des fonds de pension. qui n'ont pas pour habitude de faire spécialement dans le sympathique ou dans le social. Donc, après avoir tiré beaucoup de profit de la petite structure, alors qu'ils n'étaient pas seuls puisqu'il y avait trois entités, il y avait Saint-Jôme, Lyon et Vitrolles, une fois qu'on s'est retrouvés en 2004 dans une situation de cessation d'activité pour les trois sites. et notre site Ensuite, l'administrateur de l'époque a dit, écoutez, vous avez un savoir-faire ici, du personnel qualifié, un outil qui n'était vraiment plus du tout à la hauteur, étant donné qu'il n'y avait pas eu d'investissement de faits. Mais étant donné qu'il y avait de la volonté, des gens qui étaient volontaires et tout, ils ont dit, c'est peut-être intéressant de votre côté de regarder à reprendre tous ensemble la société en coopérative. Donc on a été mis en relation avec... L'Union régionale des scopes, tout s'est enchaîné à ce moment-là. C'est une période très courte, c'est des décisions qu'il faut prendre très rapidement. Et puis voilà, depuis plus de 20 ans, oui 20 ans cette année, un peu plus de 20 ans cette année, on fonctionne sous d'autres statuts de société coopérative.
- Speaker #0
Merci pour toutes ces explications. Je tenais à ce qu'on le précise, puisque c'est assez important, on est quand même dans un programme qui veut mettre l'expérience collaborateur au centre des choses. et c'est bien aussi de montrer que... toutes les formes d'entreprise le prennent à cœur. Et du coup, la transition est toute trouvée. Et je vais vous poser une question simple. Comment avez-vous entendu parler du programme ?
- Speaker #1
Programme expérience collaborateur. Bienvenue aux oreilles via la CCI. On a toujours eu des bonnes relations avec la CCI depuis une vingtaine d'années, en faisant les mid-est, entre autres, en faisant différentes actions qui étaient proposées à l'époque. Et certaines personnes de la CCI, on est resté pratiquement, c'était même plus des relations très sympathiques et puis un réseau tout à fait où on se rentrait tous les uns les autres. Et c'est via un de nos interlocuteurs de la CCI qui nous a dit, écoutez, on met en place un programme expérience collaborateur. Mon âge aidant, on était en train d'avoir une réflexion à l'heure actuelle pour faire une passation puisque j'approche de la retraite. Toute la direction approche de la retraite puisque l'autre particularité, c'est qu'on est marié et femme sur le site. Et c'est des postes clés qu'il ne faut pas quitter et puis se dire que tout va s'installer normalement, tout va continuer normalement. L'expérience collaborateur, c'est une des premières étapes pour arriver à instaurer un dialogue qui existe déjà, mais qui doit être plus de confiance, plus naturel, pour justement ancrer nos savoirs, que le savoir-faire se transmette sans être dépendant du vieux schéma qu'on a connu sur des entreprises qui périclident suite au départ du... du grand maître de la maison.
- Speaker #0
Et si vous deviez résumer votre expérience collaborateur avant de rentrer dans ce programme, puisque comme on le disait, vous êtes en SCOP, est-ce que vous avez une expérience particulière justement en tant que collaborateur associé ?
- Speaker #1
Alors oui, c'est un peu la particularité qu'on a dans le programme, dans les partenaires qu'on est sur le programme, avec mes collègues, c'est qu'on a déjà une petite expérience collaborateur, étant donné que depuis 20 ans, on fonctionne avec une structure, avec un conseil d'administration, Une assemblée générale qui comprend toutes les personnes qui ont voulu intégrer la société coopérative à l'époque. Donc des personnes qui ont des parts dans la société, qui ont un pouvoir décisionnel par leur vote. C'est une formule qu'on entend souvent, qu'on dit un homme une voix. Donc les grandes décisions prises par la société, les membres du conseil d'administration sont élus par l'assemblée générale, donc par tous les salariés. qui sont présents sur le site, qu'on aille depuis le directeur jusqu'au cariste, tourneur, fraiseur, tout le monde a son mot à dire sur la direction de l'entreprise.
- Speaker #0
Alors, est-ce que vous aviez repéré, vous ou vos collaborateurs, on va tous vous appeler les collaborateurs puisque de toute façon, vous êtes tous concernés par ce programme, est-ce que vous et vos collaborateurs aviez déjà repéré certains points que vous vouliez améliorer via ce programme où c'est vraiment... plutôt dans une optique de passation ?
- Speaker #1
Non, le premier objectif c'est une optique de passation. Mais on s'aperçoit au fil de l'avancement d'expérience, on a tous nos problématiques qui sont de communication, de délégation de tâches, d'appropriation de tâches aussi, sur lesquelles il faut qu'on mette les hauts-lopes. pour pouvoir arriver à pérenniser. Le but de cette expérience, c'est de pérenniser l'entreprise, la commande numérique, sans dépendre de l'humain. Alors, ce n'est pas très glamour de dire ça, mais en fait, l'entreprise ne doit pas dépendre d'une personne, mais d'un savoir, et ce savoir, il est transmissible. Donc, il faut impérativement qu'on ne le mette pas à... à bas, enfin un défaut de transmission des petits secrets cachés de fabrication qui ne seraient pas retransmis de génération en génération.
- Speaker #0
Oui, c'est tout à fait clair, c'est que ça dépend des humains, mais finalement, il faut que ces humains-là veuillent être au service du savoir-faire, pas garder des infos sous prétexte qu'ils aiment être là où ils sont et ils sont contents d'être, comment, ça flatte un petit peu. quand on se dit, il n'y a que moi qui sait le faire. C'est un petit peu flatteur. Donc forcément, des fois, c'est aussi pour ça que c'est compliqué de faire passer les informations.
- Speaker #1
Alors ça, Lucie, votre génération, non, ne le fait plus maintenant. Ça, c'est ma génération qui faisait ça, qui gardait son petit savoir et son petit cahier dans sa poche avec ses petites notes personnelles que personne ne pouvait lire tellement on écrivait mal. Maintenant, la nouvelle génération qui arrive, déjà, ne fonctionnera pas du tout. comme la mienne, donc toutes les générations Z, X, vont fonctionner de manière complètement différente, ne voient pas du tout la même approche de leur carrière.
- Speaker #0
Ce qui est une bonne chose, du coup.
- Speaker #1
C'est tout à fait une bonne chose, ce qui n'est pas toujours évident pour les dinosaures comme nous, qui devront plier et qui nous poussent des fois à des mauvaises réflexions. du style qu'on a entendu aussi. A mon époque, quand j'avais votre âge, les jeunes ne veulent plus rien foutre. Mais en fait, non, les jeunes veulent travailler autrement.
- Speaker #0
Comme vous travaillez tous ensemble, finalement, qu'il y a des assemblées, que vous prenez les décisions tous ensemble, est-ce que vos autres collaborateurs se sont exprimés de la même manière sur le sujet ? Ou est-ce qu'il y a eu des freins, finalement, à ces modifications qui vont venir avec le programme ?
- Speaker #1
Alors ça, c'est un peu aussi le but de l'expérience collaborateur, c'est qu'il faut pousser les arrières tranchement, parce que... Ce n'est pas évident de constater des problèmes. Tout le monde sait le faire, tout le monde a la possibilité de constater des problèmes et de les rapporter. Mais c'est souvent ce que je leur dis, je veux bien que vous veniez avec n'importe quel problème technique, humain ou de fonctionnement. Amenez-moi au moins une solution, même si elle est complètement loufoque. Mais au moins que vous ayez une solution à proposer. Et on en parle ensemble, on regarde comment on peut faire. Alors ça, c'est quelque chose qui n'est pas facile à faire, et j'en veux pas du tout à mes collaborateurs, c'est notre naturel. C'est de se mettre en retrait dès qu'il y a un souci, et de ne pas forcément avoir la solution, étant donné qu'il y a une hiérarchie, mine de rien, bien qu'on soit en scope, il y a une hiérarchie, et c'est toujours le chef qui aura le dernier mot. à un moment ou à un autre, sauf que ça, c'est dans nos vieux schémas de fonctionnement.
- Speaker #0
Et est-ce que vous avez vu qu'il y avait des freins internes ? Parce que même si vous êtes en scope, etc., il y a peut-être des gens qui ne sont pas d'accord. D'ailleurs, ça doit arriver et ça doit être plus compliqué peut-être à gérer quand on est tous sur le même pied d'égalité avec une personne, un vote. Est-ce que vous avez eu des freins internes sur le sujet ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors évidemment, on a toujours des frais internes sur n'importe quelle décision, que ce soit sur un projet d'utilité d'expérience collaborateur ou un investissement ou une mutation d'activité. Et heureusement qu'on a des avis divergents, sinon ce serait le monde des bisounours qui n'existe pas. Ça permet de discuter, de confronter nos avis. De revenir un peu sur nos décisions, de remettre un peu notre fierté aussi de côté quand effectivement le chef n'a pas forcément raison. Il peut l'admettre et puis dire, voilà, il y a une idée qui est tout à fait intéressante de l'autre bout de la table qu'on va mettre en application si tout le monde est d'accord. Ça avance un peu moins vite des fois. Alors, je suis clair, on ne se réunit pas tous pour acheter des stylos ni du papier. On parle des questions qui sont vraiment importantes. Le reste est géré quand même au quotidien.
- Speaker #0
Assez facilement.
- Speaker #1
C'est un peu caricaturé, mais voilà, c'est ça. Les grandes décisions, les grandes orientations sont toujours prises en commun.
- Speaker #0
Oui, vous savez prendre de la hauteur finalement, le fait d'être aussi dans cette configuration.
- Speaker #1
Quand on est dans le directoire d'une structure comme ça, on ne sait jamais prendre parce qu'on a quand même, mine de rien, on est comme toutes les structures, on est en parascope. Le responsable de ce qui se passe sur le site, c'est quand même le directoire, c'est le PDG, le PDG directeur. On a forcément un avis tranché et ça devient une habitude à force de diriger une structure. Donc il faut mettre le haut là et se dire. Effectivement, on va écouter quand même les collaborateurs.
- Speaker #0
Alors, vous l'avez quand même évoqué déjà, mais qu'est-ce que vous attendez de ce programme concrètement ?
- Speaker #1
Alors, concrètement, ce que j'attends de ce programme, c'est un peu une charte, une charte qui serait de fonctionnement de notre entreprise, spécifique à notre entreprise, évidemment, qui est vraiment dédiée à nous, qui pourrait être évoluée. Alors, on a déjà plus ou moins ce type... Ce type de charte, puisqu'on a des statuts qui existent, mais c'est plus la version officielle, ce serait plus une charte qui tient sur une feuille et qui donne les grandes lignes du fonctionnement de l'entreprise, de son idée du monde industriel, pourquoi on l'intègre, à quoi on s'attend quand on va l'intégrer. Il y a peut-être un fonctionnement qui va différer de certaines autres, mais il faudra quand même que les gens adhèrent à ce fonctionnement si on veut continuer. dans la même logique que le départ.
- Speaker #0
Oui, son ADN. Son ADN, voilà.
- Speaker #1
Mettre son ADN tout à fait noir sur blanc, qui peut être évidemment modifié dans les années à venir.
- Speaker #0
Alors, vous parliez tout à l'heure du fait que les questions pouvaient aussi, les nouvelles questions pouvaient venir maintenant que le programme est déjà lancé. Parce que je le rappelle, le programme a commencé depuis le début de l'année et se finira à la fin de l'année. Nous, on fait un petit point maintenant, mais la diffusion n'aura lieu que dans quelques mois. Donc, c'est important de le redire et de le resituer. Là, vous êtes dans les ateliers de co-construction. Est-ce que vous voyez des choses déjà s'éclaircir ? D'autres questions se poser, puisque forcément, vous êtes en lien avec d'autres entreprises. Donc, voir les questions que les autres peuvent avoir. Est-ce que vous, ça vous emmène sur des nouveaux sujets ?
- Speaker #1
Je ne vais pas me cacher que c'est très compliqué. Parce que ce n'est pas un exercice auquel on est familier. On se bat tous les uns autant qu'on est les autres avec notre technique au jour le jour, notre production, le produit qu'on maîtrise tous très bien, que ce soit du transport, que ce soit de la charpente bois, de la mécanique comme nous. Et là, il faut qu'on se mette au-dessus de tout ça. et travailler quelque chose qui n'est vraiment pas facile à appréhender. Je ne vous cache pas que même étant ouvert et puis ayant déjà une expérience du fait de notre statut, il y a des notions qui sont réellement abstraites pour des gens qui sont dans le technique.
- Speaker #0
Oui, et puis c'est des choses qui ne sont pas dans votre cœur de métier. Donc de toute façon, ça ne peut que vous poser des questions parfois.
- Speaker #1
Tout à fait. C'est plus naturel pour des RH que pour nous.
- Speaker #0
C'est sûr. Effectivement, des différentes entrevues que j'ai pu avoir, je note effectivement qu'il y a plus de facilité de compréhension dès le moment où il y a une responsable RH ou une responsable RH aux commandes du programme en interne. Mais bon, on n'est pas tous capés de la même manière au niveau des entreprises. Donc, on fait aussi comme on peut. Et c'est très intéressant de savoir aussi que ça peut être difficile puisque ce n'est pas, comme vous le disiez, ce n'est pas le monde des bisounours. changer les choses, ça peut être compliqué, mais si c'est pour du mieux, c'est important aussi de le dire. Est-ce que vous avez un mot de la fin à ajouter ? Parce qu'on a fait pas mal le tour, je pense qu'il va être l'heure de se quitter.
- Speaker #1
Mot de la fin, oui. Le mot de la fin, ami parcours, c'est déjà un mot du point où on en est. Effectivement, il y a un bon coup de collier encore à donner pour que cette expérience porte ses fruits correctement. Elle a déjà, même au point où on en est, elle a déjà apporté pas mal de choses dans notre réflexion, à tous, je pense, en espérant que ça porte ses fruits, qu'on vous le compte.
- Speaker #0
Eh bien, écoutez, on fera le point. De toute façon, on se retrouve dans quelques mois pour faire le bilan de ce programme et on verra comment vous pouvez nous conclure votre aventure sur le programme Expérience Collaborateur. sans problème merci beaucoup Bruno pour votre temps et on se retrouve bientôt merci Lucie à bientôt merci pour votre écoute un grand merci à Elsa Louet qui accompagne les entreprises inscrites dans ce programme et à toutes ces mêmes entreprises qui ont accepté de répondre à nos questions on se retrouve au début 2026 avec les épisodes bilan et d'ici là n'hésitez pas à vous abonner et à nous retrouver sur notre site internet ou sur nos réseaux sociaux