- Speaker #0
Bonjour et bienvenue, je suis ravie de t'accueillir sur Exploration Soft Skills. Je suis Morgane Hansperger, je suis une entrepreneuse créative depuis 2020. Je vais recevoir ici des invités inspirants qui tous les 15 jours vont partager leur histoire. Toi, je t'invite à faire comme mes invités, un petit pas vers de nouvelles habitudes pour un grand pas qui va développer des soft skills.
- Speaker #1
Très bonne écoute !
- Speaker #0
Bonjour, je suis absolument ravie de vous présenter aujourd'hui mon invité qui s'appelle Claude, Claude Saulnier. Bonjour Claude, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bonjour Marianne, je vais très bien et toi ?
- Speaker #0
Eh bien écoute, parfaitement, je suis absolument impatiente de partager avec les personnes qui vont nous regarder ou qui vont nous écouter ta passion, parce que c'est vraiment une passion, tu transpires, tu respires cette thématique et ce sont les échecs. Et la transmission des échecs, surtout.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous dire un petit peu qui tu es, qu'est-ce que tu fais dans la vie, où tu vis ?
- Speaker #1
Alors, en fait, moi je suis ingénieur en retraite. Et en fait, depuis que je suis en retraite, j'enseigne les échecs essentiellement dans les écoles, les clubs aussi, et quelquefois les maisons de retraite. C'est ma grosse activité. Après, je suis professeur de maths aussi. J'enseigne les mathématiques pour aider les enfants en soutien scolaire jusqu'à la terminale.
- Speaker #0
Trop bien ! Et est-ce que tu as toujours pratiqué les échecs ou est-ce que c'est quelque chose qui t'est arrivé dans la vie plus tardivement ?
- Speaker #1
J'ai commencé tard parce que j'ai commencé à… Enfin, je dis tard par rapport à quelqu'un qui voudrait progresser très très haut. J'ai commencé à 14 ans à apprendre, mais tout seul avec un camarade de collège. On se retrouvait et on jouait comme ça. Je me débrouillais sans plus. J'ai commencé plutôt tard. On commence des fois à 6-7 ans à jouer aux échecs. J'ai appris comme ça. Je jouais comme ça, mais j'ai vraiment joué. Je suis vraiment allé en club au moment de la retraite. Au moment où j'avais plus de temps disponible.
- Speaker #0
Tu as commencé les échecs vers 14 ans. C'est resté dans ta vie ou tu as eu des périodes de... pose sur cette thématique-là ?
- Speaker #1
Un peu de temps en temps, comme ça, avec les enfants, j'avais un jeu électronique. Donc, je jouais avec un jeu électronique pour m'apprendre. Je lisais des livres, un peu, des livres d'initiation aux échecs. Et c'est vraiment, je me suis vraiment développé quand il a fallu que j'enseigne les échecs à l'école. Parce que j'avais pas de cours, il fallait que je crée le cours. Et donc là, vraiment, là, je m'y suis mis beaucoup plus. Mais ça m'a toujours intéressé, en fait. C'est un domaine qui m'a toujours passionné.
- Speaker #0
Est-ce que n'importe qui, à n'importe quel âge, peut commencer les échecs ?
- Speaker #1
Alors, je dirais oui. Il y a même des enfants étonnants, puisque moi je suis au club de Tremblay en France. Et dans ce club, on a un enfant de 4 ans qui jouait aux échecs, un prodige, et qui battait les adultes. Donc on peut vraiment… Alors il ne parlait même pas. Il se mettait à genoux pour jouer cet enfant. Mais disons… Moi, j'enseigne les échecs en général à partir du CE2. Quelquefois à partir du CE1, mais c'est plutôt à partir du CE2. Puis là, effectivement, pour CE2, CM1, CM2, on peut faire le collège.
- Speaker #0
Donc là, on a entre 7 ans et demi et 10 ans.
- Speaker #1
Et voilà. Entre 7 et 10 ans, les enfants apprennent très vite, en fait. Peut-être plus vite que les adultes.
- Speaker #0
Et justement, si on est un adulte aujourd'hui, il y a peut-être des adultes qui nous regardent aujourd'hui ou qui nous écoutent et qui savent... pas jouer aux échecs ? Est-ce que c'est trop tard ?
- Speaker #1
Non, on peut apprendre à n'importe quel moment. Moi, j'apprends, là, en ce moment, ça fait déjà plus d'un an que je fais ça, presque deux ans, j'enseigne des échecs à des retraités qui ne connaissaient pas le jeu d'échecs, mais qui ont eu, qui étaient curieux de savoir ce que c'était et qui ont voulu apprendre et qui ont été étonnés, en fait, de ce qu'il y avait derrière les échecs. Parce que les gens, on prend, on joue comme ça, on met les pièces, on bouge. Non, c'est pas comme ça. C'est une grande richesse. On dit que le jeu des échecs, c'est le roi des jeux. Je pense que ce n'est pas par hasard, parce qu'on en reparlera certainement, mais le jeu des échecs, c'est incroyable tout ce que ça peut apporter.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous donner un moyen mnémotechnique ou une petite scénographie, un moyen de savoir dans quel ordre ou comment positionner les pions, les personnages ? Tu vas peut-être nous raconter un petit peu qui sont ces protagonistes là sur un plateau d'échecs.
- Speaker #1
Moi je raconte une histoire aux enfants mais je raconte aux adultes aussi. Je dis que pour mettre les pièces sur un jeu d'échecs, je construis un château. Je dis aux enfants, on va construire un château ensemble. Il y a un château blanc et un château noir. Alors est-ce que vous avez déjà vu un château ? Oui, j'en ai vu à la télé, en vrai, j'en ai vu dans les livres. Quand on arrive devant un château, qu'est-ce qu'on voit en général dans les coins ? Alors il réfléchit, il dit en général dans les coins on voit des tours. Nous on va prendre les tours, on va les mettre dans les coins. Donc je les mets dans les coins, en bas pour les blancs, en haut pour les noirs, pour les giquiers. Les giquiers verticales, on en a un grand magnétique. Ensuite il dit, vous êtes devant le château, alors est-ce qu'on peut rentrer comme on veut ? Ben non, il y a un pont-levis, oui il y a le pont-levis, mais à côté du pont-levis qu'est-ce qu'il y a ? Ah, ils réfléchissent, ils me parlent, ah ben il y a les chevaliers, non, non, on parle de la construction. Alors je dis, c'est pas difficile, ça commence par mur et ça finit par aille. Alors là, muraille, ah bravo ! Alors du coup, la muraille, on va la faire avec les pions. On le fait, il y a 8 pions, et comme il y a 8 colonnes, on va remplir en fait toutes les colonnes, juste devant les tours. Donc on les met, c'est notre barrière en fait. Voilà, je dis maintenant... On va s'intéresser à l'intérieur du château. Qu'est-ce qu'on voit souvent à côté des tours ? Il y a les chevaux. Oui, il y a les chevaux. Alors, les chevaux, on les met où ? Dans les écuries. Donc, on va mettre à côté des tours les cavaliers. Et alors, il y a deux cavaliers. Je n'ai pas pris... Il y a deux tours. Il y a deux tours blanches et deux tours noires. Donc, à côté des tours, on a les tours. Juste à côté, on va mettre les cavaliers. Pareil, en haut et en bas. Et puis, je dis maintenant, on a fait un peu la structure du château, on va s'intéresser aux personnages les plus importants du château. Alors, comme on est galant, on va commencer par la dame. Alors, je dis bien la dame parce qu'aux échecs en France, on ne dit pas la reine, on dit la dame. Et ça, plus tard, je leur explique pourquoi. Et donc, la dame, on dit qu'elle est coquette. Donc, la dame, elle aime sa couleur. Donc, si la dame, elle est blanche, elle va aller sur une case blanche. Si la dame, elle est noire, c'est une case noire. Le roi, lui, il est à côté de sa femme, forcément. Oui, ça paraît logique. Il n'aime pas sa couleur, mais il aime sa femme, donc il se met à côté d'elle. Donc le roi noir sur une case blanche, le roi blanc sur une case noire.
- Speaker #0
Mais on les met au milieu, parce que c'est quand même le roi et la reine, non ?
- Speaker #1
C'est le roi et la reine, mais aux échecs en France, on dit la dame. Ah oui,
- Speaker #0
la dame.
- Speaker #1
Je peux expliquer pourquoi, je vous expliquerai juste après. Donc la dame elle dit, il y a longtemps qu'on n'a pas eu de guerre, qu'est-ce qu'on s'ennuie dans ce château, c'est pas possible. Ah bah oui oui forcément, écoute je vais faire venir un fou. Elle dit oui tu fais venir un fou pour toi et moi. Ah bah oui oui bien chérie, bien sûr je t'aime, je vais faire venir un fou aussi. Donc il y a un fou de case blanche et un fou de case noire, à un côté du roi, à un côté de la dame. Et là on est prêt à commencer la partie.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Et donc tout ça on le construit avec les enfants. Au fur et à mesure, on met les pièces sur l'échiquier. Et dans mes vidéos, en fait, de cours, il y en a qui sont accessibles directement sur YouTube, on voit la construction du château.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Donc, c'est un moyen mnémotechnique que j'utilise pour que les enfants sachent comment mettre les pièces pour commencer la partie. Parce que sinon, c'est un peu compliqué.
- Speaker #0
Oui, parce que déjà, si tu positionnes mal tes entités au démarrage, je ne sais même pas comment on appelle ces personnages, tu ne peux pas jouer. Parce qu'après, chaque personnage a aussi sa façon de se déplacer.
- Speaker #1
Alors aussi, oui, tout à fait. Alors, voilà. Donc, il y a aussi un petit repère que je donne aux enfants, c'est que dame, ça commence par D. Et si on regarde l'échiquier, on s'aperçoit que la dame, elle est sur la case D1 ou la case D8. D comme dame. Donc, je dis que c'est un bon moyen pour s'en rappeler. Voilà, tout ça, je le dis dans la vidéo. Alors, effectivement, ce qui peut paraître compliqué, et c'est pour ça que je vais par étapes quand j'enseigne les échecs aux enfants, c'est que les pièces n'ont pas tous les mêmes déplacements et la même façon de prendre. Parce que déplacer c'est une chose, mais prendre c'en est une autre. Beaucoup sont les mêmes, mais il y en a une qui n'est pas la même. Alors, en général, je commence par expliquer la tour. Je dis la tour, alors on a un ifiqué, on le met verticalement, bien que nous on joue horizontalement, donc c'est un peu compliqué pour les enfants, il faut qu'ils passent du vertical à l'horizontal. Et donc j'ai dit, la tour se déplace tout droit, autant de casque qu'elle veut, et là j'ai des petits smileys qui se mettent, on a en haut, en bas, mais elle se déplace aussi en horizontal, à gauche, à droite. Et je dis aux enfants, qu'est-ce que ça fait comme dessin ? On dirait un commun plus, monsieur, ou comme une croix. Oui, ça ressemble à un plus qui ne serait pas bien fait, parce qu'il n'est pas bien symétrique. C'est comme ça que se déplace la tour. Ensuite, j'en remonte la pièce. La tour, vous la reconnaissez, il y a des créneaux. À quoi ça sert les créneaux ? C'est quand on était attaqué, on pouvait aller tirer sur les assaillants. On raconte des histoires en même temps. Parce que le jeu des échecs, ce n'est pas que des mathématiques, c'est aussi beaucoup d'histoires. la géographie, etc. Et donc, après, je leur présente le fou. Est-ce que j'en ai un, là, un fou ? Oui, j'en ai un, là. Je présente un fou. Il dit, vous voyez, le fou, regardez, il a quelque chose comme un trou, là. Comment on appelle ça ? On dirait une rayure. Un peu comme une encoche, quoi. Voilà, c'est une encoche, c'est une entaille. Alors, je dis aux enfants, l'encoche, elle est comment ? Est-ce qu'elle est horizontale ? Est-ce qu'elle est verticale ou est-ce qu'elle est diagonale ? Elle me dit, ah bah oui, elle est diagonale, maître. Ah bah, donc, comment le fou se déplace d'après vous ? En diagonale. Ah, bravo ! D'accord ? Donc, le fou se déplace en diagonale. Et autant de cas qu'il veut. En Ausha droite, en bas à gauche, c'est pareil. En Ausha gauche, en bas à droite. Qu'est-ce que ça fait comme dessin ? Ah bah, ça fait un fois, ça fait un multiplié. Voilà. Ah ok, très bien. Alors maintenant... on va s'intéresser à la dame. Alors la dame, je la remontre, je ne veux pas sortir toutes les pièces, mais il y a une couronne en fait en haut de la dame, une couronne de reine. Bien sûr. Forcément. Et je dis, en fait c'est facile pour la dame, parce que la dame elle se déplace comme une tour et comme un fou. Et donc elle fait les deux. Alors je remontre d'abord la tour, et puis après sur le même dessin je rajoute le fou. Et je dis, qu'est-ce que ça fait comme dessin ? Alors il y en a qui me disent, ça fait une étoile. ou ça fait un flocon de neige. Voilà, c'est comme ça que vous allez vous en rappeler. Alors, est-ce que la dame, elle peut aller partout ? Ben non, en une fois, elle ne peut pas aller partout, mais elle peut aller de beaucoup de cases. C'est pour ça qu'elle est très forte. C'est la pièce la plus forte du jeu d'échecs, d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est celle qui vaut le plus de points, je crois bien.
- Speaker #1
C'est celle qui vaut le plus de points. Alors après, je pourrais expliquer comment on se rappelle pour les points. Ensuite, je parle du roi. Alors, je dis, le roi, c'est un très vieux monsieur. Alors, on le reconnaît parce que lui, C'était le représentant de l'Église sur terre au Moyen Âge. Donc, sur sa couronne, il a une croix, toujours. Donc, ce roi, il est très, très vieux, parce que le jeu, ça existe. On ne sait même pas depuis quand, mais peut-être depuis l'an 400, peut-être au XVIe siècle, 300, on ne sait pas trop. On pense que ça a été créé en Perse. Et le roi, il a une canne, donc il ne se déplace que d'une case. Mais une case tout autour de lui, dans toutes les directions. Alors, qu'est-ce que ça fait comme dessin ? les enfants disent c'est facile ça fait un carré donc voilà pour vous rappeler comment se déplace le roi c'est un carré dans tous les sens en avant en arrière etc et puis je dis maintenant on va arriver au personnage le plus fantaisiste du château j'ai nommé le cavalier j'ai pas dit le chevalier j'ai dit le cavalier alors je remonte le cavalier je leur dis mais qu'est-ce que qu'est-ce que c'est que cette pièce comment on la reconnait ah bah c'est un cheval je dis vous voyez les pattes Non, il n'y a pas de patte. Alors du coup, c'est quoi ? Ah ben, c'est la tête du cheval. Oui, c'est une tête de cheval. Et ce qui est bizarre, c'est qu'on appelle ça un cavalier.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Alors, pourquoi on appelle ça comme ça ? Je ne sais pas, mais les Anglais font pareil, puisque les Anglais l'appellent le chevalier.
- Speaker #0
Ok. Alors, on dit,
- Speaker #1
mais c'est quoi un cavalier ? Ah ben, le cavalier, c'est la personne qui monte son cheval. Ben oui. Ben, c'est comme ça. Alors, c'est historique, je n'ai pas d'histoire, mais les Anglais ont fait pareil, donc il y a certainement la même raison. Alors, le cavalier, lui... En fait, il se déplace comme un L. Alors, je dis minuscule ou majuscule ? Ils ne savent pas. Alors, je dis comme un L majuscule. Deux cases tout droit et une case sur le côté, mais dans tous les sens. Alors, comment on va faire pour se rappeler ? Je dis, le cavalier, il se lève le matin, il fait les pieds au mur. Donc, il fait un, deux et une sur le côté. Ensuite, il est un peu fatigué, il va se coucher. Il se couche sur le ventre. 1, 2 sur le côté et hop, une ambre. Ou il se couche sur le dos, 1, 2, les pieds en haut. Après, il est bien reposé, il se regarde devant la glace, il se recoiffe. C'est le L que quand on écrit le cavalier. Après, il se met devant la glace et il se voit à l'envers. Et donc le L est dans l'autre sens. Après, il est un peu fatigué, il se recouche sur le ventre, sur le dos. Et après, il fait les pieds au mur devant la glace et il se voit à l'envers. Et alors à la fin, qu'est-ce que ça fait comme dessin ? Là où le cavalier est allé, en fait, ça fait un cercle. Donc on fait de la géométrie en même temps. C'est fou, hein ? On fait des éjecteurs.
- Speaker #0
En fait, en jouant aux échecs, ou en apprenant les échecs, on fait en fait des mathématiques ?
- Speaker #1
Alors, on fait des mathématiques, on fait de la géométrie. Moi, je fais de l'histoire, je fais des langues. Parce que j'explique qu'échec et maths, ça vient de l'arabe qui vient du perse.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ce qui veut dire « le roi est mort » . En fait, c'est la traduction du perse « charmat » , « chat » comme le chat d'Iran. C'était le roi, c'est venu comme ça. Et en arabe, je crois que c'est dit « charmet » . Et les anglais, ce qui est très curieux, c'est que c'est un peu universel, c'est que les anglais, pour dire l'équivalent de l'arabe shermet, ils disent check, met. Check, ça veut dire échec et met, mat. Check, met, c'est échec et mat. Voilà. Donc ça, c'est le cavalier. Et puis je dis maintenant, on va arriver à la pièce la plus petite, mais c'est la plus compliquée. Alors la pièce la plus petite, c'est le pion. Le pion, elle est petite, tout petit, il y en a huit. Et lui, il se déplace en colonne, c'est-à-dire sur... l'échiquier mural qui est vertical, il se déplace comme ça. Alors je dis, comment savoir dans quel sens il se déplace ? Je dis, les blancs, est-ce que vous avez déjà fait des gâteaux ? Oui, oui, non, papa, maman, voilà. Quand on prend le blanc et le jaune de l'œuf, quand on les sépare et qu'on bat le blanc avec un fouet ou un appareil électrique, comment ça s'appelle ? Ça s'appelle monter les blancs en neige. Et bien les pions blancs sur l'écran vertical, ils montent. Et pour se rappeler l'inverse, ceux qui préfèrent le noir, on dit que le soir le noir tombe et donc hop, les pions noirs descendent. Alors c'est important puisqu'on va voir pourquoi. Alors le pion noir, il est très compliqué, il peut se déplacer, quand il est sur la ligne de la muraille et qu'il n'a pas encore joué, n'importe quand dans la partie, il peut se déplacer de deux cases.
- Speaker #0
Ah oui !
- Speaker #1
Mais il peut aussi se déplacer que d'une seule case. C'est son choix. Il n'est pas obligé de se déplacer de deux cases, il est facile. Et donc, il avance. Et s'il a un autre pion qui arrive en face de lui, ou une autre pièce, il ne peut plus avancer. Alors, on n'a pas parlé pour prendre. Toutes les pièces qu'on a vues avant, la tour, le fou, la dame, le roi, le cavalier, sont des pièces qui prennent comme elles se déplacent. C'est-à-dire que si la tour se déplace comme ça, elle a une pièce sur son chemin, hop, elle peut la manger. Pareil, le cavalier, il saute par-dessus les pièces. Là, je ne l'ai pas dit. Parce que le cavalier, il peut sauter par-dessus les haies, etc. Il peut sauter par-dessus ses pièces à lui ou les pièces de l'adversaire. C'est pour ça que je dis qu'au début de la partie, le cavalier peut se transformer en Pégase, puisqu'il saute par-dessus la muraille. Il peut, et ça se fait. Il y a des joueurs qui jouent comme ça. Et donc, du coup... toutes ces pièces prennent comme elles se déplacent, en fou, en diagonale, etc. Le pion, non. Le pion, il ne prend pas tout droit. Il prend en diagonale, mais d'une seule case.
- Speaker #0
Ah oui !
- Speaker #1
Donc, s'il a une pièce qu'il peut manger, il peut aller en diagonale. S'il n'a rien à manger, il ne peut pas aller. Il ne fait que pour manger. Et le pion, il a un problème, c'est qu'il ne peut pas reculer. C'est comme les soldats, ils sont avancés, ils ne reculent pas. C'est un peu la même idée. Donc le pion ne peut pas reculer, toutes les autres pièces peuvent reculer. Et puis, il y a une dernière particularité, je ne vais pas rentrer dans les détails, il y a des coûts spéciaux, mais ce qui est intéressant avec le pion, c'est qu'en fait, il peut se transformer. Et je dis, quand le pion arrive tout au bout, en fait, il n'a pas le droit de rester pion. Je dis, c'est comme la chenille. La chenille, quand elle arrive au bout de sa vie, en fait, elle ne peut pas rester chenille. C'est comme ça. Elle a fait un cocon et elle va se transformer en un beau papillon ou un insecte, peu importe. Et donc je dis, il y a des papillons qui sont beaux, mais il y en a encore des plus beaux. Donc on peut se transformer en cavalier, en fou ou en tour, ce qui fait qu'on peut avoir trois tours, trois cavaliers, trois fous, etc. Mais on peut se transformer en dame. Donc on peut avoir deux dames, par exemple, dans une partie, ça arrive. On pourrait même en avoir trois, quatre, si on avait tous les pions qui allaient au bout. En moins de cas, mais deux dames, ça arrive. Et donc, voilà, c'est ce qu'on appelle la promotion du pion. Il devient quelque chose de plus beau, de plus grand.
- Speaker #0
Est-ce que toi, tu as une pièce préférée ? Une pièce préférée ?
- Speaker #1
C'est un peu difficile parce que toutes les pièces ont un peu leur charme. J'aime bien le cavalier parce que, en fait, le cavalier… Il peut faire vraiment des choses inattendues. Parce que comme il saute par-dessus les pièces, il peut se faufiler dans des endroits où, par exemple, le fou ne pourrait pas aller. Parce que dès qu'il y a un pion sur son chemin, le cavalier, lui, saute par-dessus. Et alors, le cavalier, c'est une tactique aux échecs, parce qu'on en parlait, mais aux échecs, il y a des tactiques. C'est-à-dire qu'il y a des moyens de gagner des pièces de façon fine. Et avec le cavalier, en fait, on fait souvent des fourchettes. Et une fourchette, c'est quand une pièce en attaque deux autres en même temps.
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
Si on se débrouille bien... Si on attaque le roi et l'autre pièce, le roi s'en va, on gagne l'autre pièce.
- Speaker #0
Ah oui !
- Speaker #1
Par exemple. Après, il faut les conditions pour, mais voilà.
- Speaker #0
Et comment est-ce qu'on met en place une stratégie aux échecs ? Parce que du coup, les échecs, c'est un jeu de stratégie. On doit réfléchir sur plusieurs coups.
- Speaker #1
Alors, c'est les deux. Il y a plein de gens qui ont écrit sur la stratégie et sur la tactique. Il y a un champion du monde, je ne me rappelle plus qui c'était. qui a écrit que les échecs, c'est 99% de tactique. Et il y en a un autre qui a écrit que la stratégie, c'est quand il n'y a rien à faire, c'est-à-dire quand il n'y a pas de tactique. Alors, ce qui est important de dire, c'est que c'est vraiment deux approches complètement différentes et très similaires à l'art de la guerre. C'est que les tactiques, on est dans le court terme, dans le très court terme, c'est on fait un coup, paf, un peu comme la guérilla, on fait un coup. un peu comme pendant la guerre, les sabotages ou les choses comme ça. On fait un coup, et ça affaiblit l'adversaire, ce qui nous donne plus de chances de gagner. La stratégie, c'est vraiment du plus long terme. On prépare quelque chose avec un plan pour arriver à… Le final, c'est de faire échec et mat. Mais on peut avoir des stratégies pour gagner une position qui est intéressante, par exemple, pour gagner une pièce, pour faire échec et mat. Il y a beaucoup de… Plusieurs façons de faire. Et l'idée, en stratégie, c'est d'essayer de créer une situation où l'adversaire ne pourra pas répondre aussi bien qu'il voudrait. Par exemple, je donne un exemple. Alors ça, c'est plutôt la tactique, mais on allie les deux. C'est pour ça que je dis que c'est vraiment les deux. Il y a une tactique aux échecs qui s'appelle plus d'attaquants que de défenseurs. Je dis aux enfants, par exemple, si vous jouez au foot, Il y a le goal, bien sûr, mais si vous avez une personne qui garde le but et vous, vous êtes à deux, deux contre un, vous avez plus de chances de gagner. Trois contre deux, vous avez plus de chances de gagner. Eh bien, vos échecs, ce n'est pas que vous avez plus de chances, c'est que vous gagnez à tous les coups. C'est-à-dire que si vous avez une pièce qui n'est défendue que par une autre, et vous vous attaquez avec deux pièces, vous mangez la pièce qui vous intéresse. Même si on vous remange, vous allez manger la pièce qui vient de vous manger. Donc, vous êtes gagnant au final. Donc, ça, c'est à la fois… On les voit dans les parties, c'est qu'il y a des gens qui construisent des plans pour arriver à des situations comme celle-là. Et puis après, il y a vraiment des coups. Alors, il y a énormément de tactiques. Moi, j'enseigne les tactiques pendant plus d'un an, en fait. Ah, trop bien. Pour les cours.
- Speaker #0
Et du coup, quels sont les soft skills que l'on développe quand on joue aux échecs ?
- Speaker #1
Alors, les soft skills… Moi je dirais plutôt, il y a des soft skills c'est sûr, et il y a aussi beaucoup de compétences. Il y a une étude qui a été faite par des gens que je connais bien, certains sont des amis, en fait à l'école on dit qu'il y a sept piliers de compétences, sept connaissances de base qu'il faut avoir. Et en fait le jeu d'échecs, ça c'est une étude qui l'a dit, en apporte à lui tout seul quatre. Alors je les ai notés, il y a les principaux éléments de mathématiques, parce qu'on fait du comptage, enfin de pièces par exemple, les calculs mentaux, simplement. La maîtrise de la langue française, ça c'est un autre pilier, c'est le 1. L'accession à l'autonomie et l'acquisition de l'esprit d'initiative, on va décider de faire ça. Il y a souvent plein de situations aux échecs et on a plusieurs façons de faire. Et puis la dernière, c'est la maîtrise des techniques usuelles de l'information. Alors, ce qui est intéressant aux échecs, et je dirais, moi je la mets en premier, et après ça peut être chacun, je dirais que la première s'obscise que moi je vois, c'est la créativité. C'est-à-dire que pour être un bon joueur d'échecs, il faut être créatif. Il n'y a pas que le côté complètement scientifique, il faut avoir pensé à des choses un peu incongrues. qui paraissent contraputives des fois. Donc ça, il y a la créativité. Ce qui est intéressant avec les échecs, c'est qu'on apprend en s'amusant. Ça, c'est déjà bien. C'est un jeu dans le jeu. Ce qui est intéressant, c'est que les échecs, il y a énormément de situations. Il y a des livres qui vous donnent 500 problèmes d'échecs et maths, des centaines de tactiques différentes, de situations à trouver. Je veux dire, ce n'est pas infini, mais c'est énorme.
- Speaker #0
Donc là, on est dans résolution de problème.
- Speaker #1
On est dans la résolution du problème, mais tout à fait. Alors, ça développe la mémoire, parce qu'aux échecs, en fait, il y a trois grandes parties. Les grands joueurs d'échecs décomposent les échecs en trois grandes parties. Il y a le début de la partie qu'on appelle l'ouverture. C'est la façon dont on commence. Et ça, c'est très codifié. C'est-à-dire que maintenant, avec les années, elles portent des noms. Donc, on peut très bien avoir un livre sur une ouverture. Il faut imaginer le nombre d'ouvertures qui existent, donc il y a autant de livres que d'ouvertures, et bien sûr bien plus. Donc il y a la mémoire, il y a aussi ce qui est intéressant, les situations d'échecs et maths. On appelle ça les schémas de maths ou les réseaux de maths dans les livres. C'est des positions bien codifiées pour faire échecs et maths. Donc ça nous apprend, quand on a une situation donnée, à construire en fait l'échec et maths. C'est là où il y a la notion de plan. Une autre notion qui est intéressante et qui peut développer la spontanéité, c'est quand on joue aux échecs, on est en temps limité.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Il y a une pendule, une double pendule, pour les blancs et une pour les noirs. Et on a chacun son temps. Donc quand nous on réfléchit, notre temps est diminué. Quand on a réfléchi, qu'on a joué, une fois qu'on a joué avec la même main, on appuie sur la pendule. ça arrête notre temps et ça commence à décompter le temps de l'adversaire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On peut réfléchir pendant qu'on réfléchit, mais voilà. Et quand on n'a plus de temps, on a perdu. Même si on a plus de pièces.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On peut gagner, en fait, parce que l'adversaire n'a pas eu le temps de répondre parce qu'il est en situation difficile, par exemple, etc. Donc, on l'a dit qu'effectivement, c'est à la fois un jeu de stratégie à long terme, mais aussi un jeu à court terme de tactique. Ça mélange les deux. Et on peut passer de l'un à l'autre régulièrement.
- Speaker #0
Moi, je vois aussi, tu sais, la résilience. Parce que pour gagner, il va falloir aussi des fois perdre. C'est-à-dire qu'il va falloir perdre un certain nombre de parties et continuer et avoir cette pugnacité de continuer à apprendre et à progresser. Moi, je t'avoue, je commence à abandonner parce que ma fille est bien plus forte que moi et que du coup, je perds à 100%. actuellement des parties que je joue avec elle. Donc, je pense que la soft skill résilience, on la travaille vraiment dur avec les échecs.
- Speaker #1
Oui, alors, il y a un truc qui est intéressant et il y a un personnage célèbre, je ne me souviens plus de qui, je ne sais plus si c'est Mandela, qui a dit, moi, je ne perds jamais. Quand je gagne, je gagne. Quand je perds, j'apprends. Et en fait, on est vraiment, comme à l'école, on est avec les échecs dans l'apprentissage par l'erreur. Il faut se tromper plein de fois pour se corriger. Et c'est bien de se tromper. C'est comme ça qu'on a besoin.
- Speaker #0
Puis on apprend de ses erreurs et de celles des autres aussi. Parce que même une partie qu'on a gagnée, c'est aussi l'autre qui a fait une erreur à un endroit peut-être, qu'on a peut-être pu détecter.
- Speaker #1
Forcément, c'est qu'à un moment donné, soit on a de la chance, parce que la chance ça existe aussi, mais aussi on perd par ses erreurs ou on gagne aussi par les erreurs de l'adversaire à un moment donné qui n'a pas joué ce qu'il fallait. qui n'était pas le meilleur coup, et voilà. Alors ça développe aussi la tension et la concentration. Ce qui est intéressant, c'est que vous vous jouez et vous prévoyez de faire tel coup, une série de coups, mais votre adversaire aussi. Donc il faut penser à ce que lui, il veut faire aussi. Il ne faut pas penser qu'à nous. Et c'est ça qui est des fois difficile. C'est que des fois, on est parti dans le truc, je veux faire ça, ça, et on n'a pas vu que lui, il peut faire ça, et c'est lui qui gagne.
- Speaker #0
C'est intéressant parce que là, on est obligé de se mettre un peu dans la... tête de l'autre. Il y a cette notion aussi de se mettre à la place de l'autre. Et ça, c'est vraiment très intéressant, surtout dans les compétences psychosociales qu'on apprend à l'école ou qu'on apprend après dans la vie, même dans la vie en entreprise. C'est hyper intéressant, ça.
- Speaker #1
Oui, il y a la vision spatiale, je n'en ai pas parlé aussi. Parce qu'on est en 3D, mais on peut être en 2D. On est en vertical quand on explique. sur les écrans, l'ordinateur, ou quand on explique dans les clubs ou dans les écoles, mais on joue à l'horizontale. Et donc tout ça, ça fait des façons d'appréhender différentes.
- Speaker #0
Il y a aussi quelque chose qui est assez extraordinaire, c'est qu'il y a eu une étude qui a été faite sur les joueurs d'échecs, les grands joueurs. Et les grands joueurs d'échecs, en fait, on s'est aperçu qu'ils n'avaient pas la maladie de l'Alzheimer.
- Speaker #1
Ah !
- Speaker #0
Et alors, il y a eu une étude qui a été faite par le journal de médecine New England à montrer que les personnes de plus de 75 ans qui sont impliquées dans les activités mentales, comme les échecs, par exemple, ou jouer au bridge, ou voilà. ils sont moins sujets à s'ouvrir de démence parce que ça stimule le cerveau. Alors ce qui est intéressant, c'est que, ça c'est une étude aussi qui a été faite par les scientifiques, c'est qu'il y a des connexions dans le cerveau, au neuronal, et que le jeu d'échec en fait recrée des connexions. Parce que c'est une autre façon de penser en fait. Dès qu'on joue à un jeu, on a une façon de penser qui est différente. On rentre dans le jeu et en fait... on développe des capacités qu'on n'avait pas forcément au départ. Alors, ça s'appelle les dendrites. D-E-N-D-E-R-I-E-T-E. Voilà, les dendrites du cerveau.
- Speaker #1
Et donc, même après un accident cérébral, même après l'âge qui se fait, on peut continuer à en créer à l'âge adulte.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Moi, je vois des personnes qui ont des difficultés qui sont mieux maintenant. Voilà, après, plus on commence jeune, plus ça se développe évidemment vite, etc. on peut toujours les développer. Et alors, ça augmente aussi le QI.
- Speaker #1
Ah, d'accord.
- Speaker #0
Les études qui ont été faites. Alors, Michel Noir avait fait une étude là-dessus, justement, sur le quotient intellectuel. Et là, c'est une étude qui avait été faite sur 4000 enfants vénézuéliens qui a montré que le QI, alors ils n'ont pas donné les chiffres, mais que ça avait augmenté de façon significative après 4 mois d'apprentissage.
- Speaker #1
Ah oui, donc en plus, ça va rapidement.
- Speaker #0
Ah oui, 4 mois, c'est court quand même. Bah oui. En général, c'est une fois par semaine. Moi, quand je donne des cours, c'est une fois par semaine, une heure. Et ce qui est intéressant, c'est que... Et moi, ce que j'aime enseigner dans les échecs, à part que c'est de l'histoire, des mathématiques, etc., de la géographie, des langues, c'est qu'on a des petites parties théoriques, on fait des choses en collectif. Donc, on résout des problèmes d'échecs et maths ensemble, au début de séance. Après, on apprend une notion théorique, on voit des exemples, on leur fait des exercices. Et après, le reste, en gros, la moitié de la séance, ils jouent. Donc, en fait, on est tout de suite dans la mise en pratique. Et il y a des enfants qui sont plus à l'aise pour jouer, d'autres plus à l'aise en théorie. Il y a vraiment les deux approches. Il y en a qui font les deux. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'avec les jeux d'échecs, on peut vraiment faire des séances très variées. Ce qui fait que les enfants ne voient pas le temps passer. Une heure, ça passe très, très vite.
- Speaker #1
Et est-ce qu'en 2025, tu arrives à… accrocher l'attention des enfants sur un jeu, a priori fait en bois ou en plastique, avec des pions qui ont quand même un look très, très simple.
- Speaker #0
Les enfants, ce qu'ils aiment aux échecs, c'est gagner. Alors, dès qu'ils gagnent, même s'ils ne gagnent pas la partie, dès qu'ils gagnent des pièces, ils sont contents. Surtout quand ils sont petits. Mais quand ils voient des façons de gagner avec les tactiques, on apprend, il y en a plein, les tactiques. mais elles portent toutes des noms, mais ils disent « ah bah tiens, oui ça c'est bien » . Ils revoient des situations qu'ils ont vues avant, qu'ils rejouent, puis ils apprennent les uns des autres. « Ah bah tiens, ma camarade elle a joué ça, c'est pas mal » . Ils jouent souvent le coup du berger, parce qu'il y a un échec et mat en quatre coups, qu'ils apprennent par cœur. On peut apprendre par cœur aussi, il y a une émotion de mémoire très importante aux échecs. Les débuts de partie, souvent, on les apprend par cœur parce que c'est très étudié et c'est optimal, c'est optimisé.
- Speaker #1
Donc, c'est peut-être pour ça que ma fille gagne… Non, non, moi, elle gagne en plus que quatre coups.
- Speaker #0
Oui, quatre coups, c'est quand même… Mais ça arrive, c'est un peu exceptionnel. Mais dans les petits tournois comme ça, ça arrive.
- Speaker #1
Ah, d'accord. Mais du coup, en tout cas, un enfant de 2025 peut être attiré, peut être intéressé par les échecs. et prendre du plaisir en fait à jouer, notamment à l'école.
- Speaker #0
Oui, oui, tout à fait. Les enseignants, souvent, enfin maintenant ça s'est un petit peu réduit ces dernières années, mais ils sont assez friands de ce genre de formation parce que ça permet aussi à des enfants qui ont un peu des difficultés quelque part, aussi de s'exprimer. Il y a des enfants autistes, nous au club on a un autiste, un monsieur, Il a du mal à s'exprimer, mais il est super fort aux échecs. Il m'a déjà battu.
- Speaker #1
Moi, je travaillais dans un collège où on avait beaucoup d'élèves en situation de dyslexie. Et on faisait des ateliers sur l'heure du midi. d'échec et ça avait beaucoup aidé des élèves dyslexiques, notamment Vidéo Spatiale qui avait des soucis dans l'espace. Et d'ailleurs tout ce qui était ergothérapeute et tout ça nous disait que c'était vraiment de très bons exercices et j'imagine que ces enfants que tu formes à l'école ramènent le jeu peut-être à la maison et jouent en famille.
- Speaker #0
Oui ils jouent en famille, souvent ils jouent entre camarades, ils jouent en famille, quelques fois il y en a qui jouent en ligne. Enfin moi je dis c'est bien, regardez, vous avez le cours, parce que moi je leur donne le cours au fur et à mesure. Je dis vous avez tous les éléments, donc vous voulez apprendre à votre frère, à votre sœur, à vos parents, à vos grands-parents. Vous allez apprendre à tous vos chers, vous prenez le cours, puis hop, vous avez tout ce qu'ils font pour leur apprendre comme il faut. Avec les exercices, les réponses, ils notent les réponses sur les feuilles.
- Speaker #1
Et puis s'ils sont capables d'expliquer aux frères, à la sœur, comment placer les pions, comment agir. c'est qu'ils ont intégré la règle des placements du pion. Donc, c'est vraiment une façon de continuer à apprendre. Je trouve ça très intéressant.
- Speaker #0
Alors, il y a des choses assez étonnantes. C'est que quand j'étais dans le 93, j'avais une élève de CE2 qui était d'origine française-vietnamienne. Et cette petite, quand je faisais cours, je commençais, j'expliquais la notion, je montrais un exemple. Elle levait la main, souvent, elle me disait « Est-ce que je peux continuer à expliquer le cours ? » Et elle venait et elle expliquait bien. Après, on l'aidait. Et ce qui est bien, c'est que les enfants, je dis, c'est vous qui allez devenir le prof. Donc, ils viennent avec la solution qu'ils ont trouvée. Donc aussi, ça les développe. Ça leur apprend à parler devant les autres, à ne pas tourner le dos aux élèves quand ils parlent, etc. À s'exprimer, à y prendre de l'assurance.
- Speaker #1
Trop bien. On est complètement dans le sujet d'aujourd'hui qui est apprendre à apprendre. Je pense vraiment que les échecs sont vraiment quelque chose de tout. très intéressant, de très riche, et finalement, avec peu de matériel. On n'a pas besoin de jouer des échecs, c'est facile à se procurer, en fait.
- Speaker #0
Bien sûr, et puis il y a tous les prix, donc on peut en trouver des très bons marchés. Et je dirais même, pour ceux qui préfèrent jouer en ligne, on peut jouer en ligne gratuitement aussi. C'est échéqué sur les ordinateurs, les tablettes, même sur les téléphones. Sur les téléphones portables, les smartphones, il y a des jeux d'échecs qui existent. Mais ce qui est bien, c'est que c'est un jeu qui n'est pas cher, qu'on peut facilement jouer. On tourne, un coup les blancs, un coup les noirs. On peut passer un bon moment ensemble en apprenant et en s'amusant.
- Speaker #1
D'ailleurs, est-ce que toi, personnellement, tu préfères jouer avec les blancs ou avec les noirs ?
- Speaker #0
Il faut savoir que les blancs commencent aux échecs.
- Speaker #1
Ah, les blancs commencent !
- Speaker #0
Toujours, c'est la règle. Donc c'est un avantage. Donc, quand on a les blancs, on a un coup d'avance. Et donc, ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les études, c'est qu'en gros, entre 60 et 70 % des cas, ce sont les blancs qui gagnent.
- Speaker #1
Ah, d'accord.
- Speaker #0
Parce qu'ils commencent. Après, les noirs, si on trouve que c'est quelqu'un qui joue bien, il n'y a qu'un coup de différence. Alors, j'aime bien les blancs, mais j'aime bien les noirs, en fait.
- Speaker #1
Je pense que ça dépend aussi si on a un tempérament plutôt d'attaquant. Ou un tempérament plutôt de défenseur. Parce que, pour le coup, moi, je me fais beaucoup attaquer. Je suis beaucoup en défense. Pour le coup, commencer, ce n'est pas facile pour moi. Parce que, du coup, c'est moi qui mets en danger en premier. Alors que, finalement, quand je vois venir, c'est des fois plus simple. Mais ça, c'est mon petit niveau de joueuse,
- Speaker #0
de base. Ce que tu dis, c'est tout à fait exact. Parce que, en fait, j'ai dit qu'il y a des façons qualifiées de démarrer les parties. Il y a des façons codifiées de répondre à des parties. Et on appelle ça la défense. Et donc, en fait, elles portent des noms. Les ouvertures et les défenses portent toutes des noms. L'italienne, l'espagnol, la sicilienne. Il y a des noms un peu compliqués. Donc,
- Speaker #1
c'est à ce moment-là qu'on commence à voyager. Parce que je ne comprenais pas quand est-ce qu'on faisait de la géographie. Mais ah, c'est à cause des noms, des choses que tu... Après, que tu leur apprends à tes émails.
- Speaker #0
Il y a les joueurs, parce qu'on joue... Ce qui est intéressant avec les échecs, c'est qu'on peut jouer contre n'importe qui dans le monde, on joue de la même façon.
- Speaker #1
Bien sûr !
- Speaker #0
Les pièces sont les mêmes, et donc voilà, il n'y a pas besoin de savoir parler la langue du pays pour pouvoir jouer aux échecs. Parce que même quand on note les parties, on a les feuilles de parties et c'est codifié. Alors j'en reviens à pourquoi on dit dame en France, c'est parce qu'aux échecs, pour dire la pièce que l'on joue, on prend la première lettre, sauf pour le pion. Donc par exemple pour roi on dit R, pour fou F, dame. On va mettre un D. Je vais dire pourquoi on a pris Dame. T pour tour, C pour cavalier. On voit qu'en roi et reine, ça commence par R dans les deux cas. Donc, ça ne va pas. Donc, du coup, en France, on a décidé que comme l'épouse du roi, c'était sa dame, au Moyen-Âge, et on le dit aussi en Angleterre, la dame, du coup, on a décidé que ce sera roi et dame. Donc, on prend des... Mais si on va en Angleterre, ils prennent queen et king.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Mais ils ont un autre problème avec le chevalier, parce que le chevalier, c'est knight, K-N-I-G-H-T, comme king. Donc, en fait, ils enlèvent le K, parce qu'on ne le prononce pas en anglais. Et donc, c'est knight. Tout ça on explique aux enfants, on peut leur expliquer pourquoi je leur explique, enfin quand je peux, quand je sais, je leur explique dans les différents pays comment ça se dit. Donc on note ça et puis on a des façons, on appelle ça la notation algébrique, c'est comme l'algèbre en mathématiques, on dit comment on prend, c'est à multiplier, comment on va, on met la case où on va, etc. Comment on fait échec, tout ça est codifié, donc ça veut dire que, par exemple moi quand je lis des parties À l'étranger, en général, c'est écrit en codification anglaise, pas française. Et donc, je suis capable de rejouer la séquence de coups qui a été faite et de la comprendre.
- Speaker #1
C'est un peu comme une partition, quelque chose, où quand tu vois les codes, tu es capable de revoir les pions bouger dans l'espace ?
- Speaker #0
Quand tu prends les livres, j'en ai plein, je pourrais en montrer, mais quand tu prends les livres... C'est marqué D2, D3. Les pions, en fait, on ne donne pas de lettres. On dit simplement la case où il va. Mais s'il avance de deux cases, on dit qu'il a avancé des 2 à des 4. Par exemple, pour le pion blanc, etc. Donc, tout est facilement... On peut relire très facilement. Et les arbitres, d'ailleurs, s'en servent pour relire quand il y a une discussion.
- Speaker #1
Ah, d'accord. Moi, je trouve ça passionnant. Écoute, franchement, j'ai hâte de voir en commentaire ce que les gens vont dire. sur cette histoire des échecs. Est-ce qu'ils savent jouer aux échecs ? Est-ce qu'ils ont appris à jouer aux échecs ? Est-ce que ça leur a donné envie peut-être de rejouer aux échecs avec leurs enfants ? Tu m'as parlé tout à l'heure d'une vidéo que tu voulais qu'on va leur mettre juste en dessous.
- Speaker #0
Une vidéo qui explique justement un peu ce qu'on a dit sur les… que j'ai appelé 20 plus 3 bonnes raisons d'apprendre les échecs, qui donne les bienfaits des échecs, donc des études que j'ai compilées. d'amis ou sur internet, parce qu'il y a pas mal de sites internet qui publient sur les intérêts des échecs.
- Speaker #1
On va leur mettre ça, comme ça ils vont pouvoir avoir au moins 20 plus 3 arguments de tester les échecs, de réapprendre les échecs, et à tout âge de muscler notre capacité à raisonner, à bouger des pièces. Et si en plus ça peut nous permettre d'améliorer nos connexions neuronales et de diminuer nos chances d'avoir des maladies, à l'âge de la vieillesse, je trouve sa force formidable.
- Speaker #0
Formidable ! C'est intéressant et ce qui est bien, je trouve, dans les échecs, c'est que moi, par exemple, pour progresser, j'ai des petits livres avec des situations et je dois trouver les réponses. Et quand je ne comprends pas la réponse, je regarde la codification et je la rejoue et je me mets des notes à moi. Voilà, ça fait ça, etc. Et on peut aussi s'amuser, celui qui n'a pas envie de jouer aux échecs vraiment, il peut aussi s'amuser à résoudre des problèmes. Et donc, il y a des gens dont c'est le métier, on n'en a pas parlé assez un peu à part, on appelle ça des solutionnistes. Ce sont des gens qui résolvent des problèmes posés par d'autres. Il y a des concours internationaux de solutionnistes et il y a des concours internationaux de problémistes. C'est-à-dire, quel est le problème le plus futé qui a été mis, qui a été créé ? Et donc, j'ai un ami qui a été champion du monde. qui fait ça. Il est joueur d'échecs, il a été champion du Maroc, il est très très fort, il est prof d'échecs aussi, mais il est à la fois problémiste et solutionniste. Ah bah oui ! Alors on appelle ça, quand on crée des problèmes, ça s'appelle de la composition aux échecs. Donc il y a des gens, ils ont fait ça de leur passion, ils jouent pas forcément aux échecs, mais ils font de la composition. Donc ils peuvent inventer des problèmes, des situations qu'on verrait pas en temps normal aussi, hein, on a le droit, parce qu'on est créatif, là. Là, on est quand même dans la créativité, hein.
- Speaker #1
Ah bah bien sûr ! En tout cas, merci beaucoup Claude pour cette interview. Je suis vraiment ravie de cet échange qu'on a eu autour des échecs. Je suis certaine qu'il va y avoir des nouveaux joueurs ou des gens qui vont ressortir le jeu d'échecs de leur placard de jeu et qui vont aller s'entraîner, s'amuser. Et maintenant qu'en plus on sait où mettre les pions, qu'on sait les déplacer, les personnages, les pièces, je pense que là, on est au top. Merci beaucoup Claude.
- Speaker #0
De rien. Avec plaisir, Mariane.
- Speaker #1
C'était vraiment un plaisir. Écoutez, je vous souhaite une bonne suite d'interviews. En tout cas, moi, ça a été un plaisir d'échanger et de parler échec avec Claude aujourd'hui. Je vous souhaite une très, très belle journée à tous. Merci, Claude.
- Speaker #0
De rien. Merci, Mariane.
- Speaker #1
Je te remercie d'avoir écouté cet épisode. On se retrouve dans 15 jours. Si cet épisode t'a plu, je serais ravie de lire ton commentaire et de voir ton like. Toi aussi, tu peux faire rayonner les soft skills en partageant cet épisode. Et pour continuer à les explorer, tu peux t'abonner à cette chaîne ou me retrouver sur tous mes réseaux sociaux sous le nom Morgane Ansperger ou Morgane Facilitation. Je te souhaite une très belle journée. A très vite !