- Speaker #0
Bonjour ! Et bienvenue, nous sommes Yvie et Lucie,
- Speaker #1
vos hôtes pour ce podcast.
- Speaker #0
Vous êtes sur FDMV. En 1826, Antelme Bria Savarin dit « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es. La nourriture a une place centrale dans la plupart des cultures, la cuisine osine étant l'un des éléments les plus distinctifs entre les civilisations pour sa qualité essentielle de nourrir le corps. » En conséquence, la nourriture a aussi une valeur dans la hiérarchie sociale. Le caviar pour les riches, le pain pour les pauvres, mais est-ce aussi simple ? C'est la question autour de laquelle nous allons avoir un débat aujourd'hui.
- Speaker #1
Ok, alors, pour lancer du coup le débat, nous avons posé cette question il y a fort longtemps. Fort longtemps,
- Speaker #0
on a eu un petit contre-temps.
- Speaker #1
Mais il y a l'épisode, du coup, sur l'amour qui est venu entre-temps. C'est ça,
- Speaker #0
exactement. Ça fait tellement longtemps,
- Speaker #1
du coup.
- Speaker #0
Aussi.
- Speaker #1
Et donc, c'était sur quels critères choisissez-vous vos produits au supermarché ? Donc, est-ce que c'est le prix qui dicte tout, la provenance ? l'étiquette nutritionnelle. Voilà, donc pour toi, qu'est-ce que c'est ? Et aussi, on va beaucoup en parler dans ce podcast. C'est justement le sujet d'aujourd'hui. Voilà, dis-nous.
- Speaker #0
Au supermarché, je pense que la première chose, c'est le produit. Déjà, qu'est-ce dont j'ai besoin ? Et je vais, par exemple, on mange beaucoup de fruits, donc je cherche des fruits. Après, quand on a des fruits, c'est vrai que le prix... Je joue beaucoup. Mais il y a aussi la question de fruits de saison. Parce que les fruits de saison, par exemple, ils sont souvent moins chers. Mais pour de meilleures raisons que d'autres fruits qui sont moins chers parce qu'ils ont été fabriqués ultra loin mais avec un transport pas très cher. Donc il faut regarder souvent... Je regarde tout ce qui est de saison. J'essaye, en tout cas. J'ai découvert aussi que les poissons... Il y a des saisons par poisson. Mais je ne le savais pas avant. Et aussi, après, si le prix n'est pas trop différencié, on essaie quand même de manger la meilleure qualité possible au niveau des fruits, peut-être du bio en France. Et sinon, au niveau des yaourts, par exemple, je cherche en réalité le plus de protéines possible. Parce que vu qu'on le mange le matin, c'est bien. Et toi ?
- Speaker #1
Nous, du coup, maintenant, on vit en colocation. Et c'est vrai qu'on fait des courses communes. Donc, Ivona, tu cuisines pour nous deux. C'est très pratique, du coup. Moi, je trouve ça très pratique. Et on n'a pas trop de pertes de nourriture. Oui, c'est ça. Ce genre de choses. Donc, c'est très bien. Et relativement, je fais un peu la même chose. Sauf que moi, c'est vrai que j'ai été... plus habituée, je pense, à aller chercher des produits, non pas dans des supermarchés, mais au marché, directement. C'est, je pense, la seule différence. Donc, j'essaie de privilégier, bien sûr, je manque énormément de temps, et ça prend plus de temps d'aller au marché que d'aller au supermarché.
- Speaker #0
C'est surtout les heures. Ouais, les horaires.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
toujours les plus pratiques.
- Speaker #1
C'est pas ce qui nous convient. L'autre jour, j'étais à 22h dans le supermarché en train de faire mes courses et on a énormément de chance d'en avoir un qui ouvre jusqu'à ces horaires-là. Mais oui, principalement, c'est très similaire, franchement. Oui, voilà.
- Speaker #0
Ok. Mais donc, comment la France se nourrit-elle ?
- Speaker #1
Comment la France se nourrit-elle ? Eh bien, c'est ce que j'ai cherché.
- Speaker #0
vous voyez que Lucie dans ce duo elle fait quand même une partie très académique à chaque fois elle nous donne des connaissances et c'est ça que l'on adore alors c'est un article qui est paru il y a deux jours sur ash.tm.fr
- Speaker #1
donc c'est le site du travail social qui ont fait des enquêtes et qui ont publié cet article qui est donc tous les pourcentages que je vais tout Oui, tous les pourcentages que je vais citer, ça vient de Andes, et donc qui se charge notamment de... C'est un réseau d'épiceries solidaires à travers de la France et qui a réalisé une enquête en 2025 sur la précarité alimentaire des publics situés en quartier prioritaire de la ville. Donc ça veut dire tout ce qui est banlieue. Et donc les résultats ont été publiés en mars 2026.
- Speaker #0
Super !
- Speaker #1
Et du coup, commençons par les chiffres qui fâchent un peu.
- Speaker #0
Qui fâchent, bien sûr.
- Speaker #1
Donc selon cette enquête en DESS, la réalité... est assez brutale parce que 63% des habitants sautent des repas au moins une à deux fois par semaine. Donc ici, on ne parle pas justement de régime, mais c'est une nécessité budgétaire. C'est-à-dire qu'il y a également un fossé entre les générations. Donc dans ces quartiers, les seniors apparemment s'en sortent beaucoup mieux. 78% mangent des produits qui sont frais plusieurs fois par semaine contre une jeunesse qui se tourne vers... Par exemple, les sodas, c'est une des variables qu'ils ont mis, donc la jeunesse et les sodas. Donc 51% des 18-25 ans. Et bien sûr, le fast-food, que j'aurai l'occasion de développer par la suite. Et justement, cette question est centrale parce que c'est très relié avec le budget. Donc avec un budget mensuel entre 100 euros et 300 euros. contre 350 euros en moyenne nationale. Donc dans ces quartiers, 57% des gens ne peuvent pas acheter ce dont ils ont besoin. Et donc c'est pour ça que du coup cet article mettant un peu en valeur les épiceries solidaires qui font apparemment des miracles. Et selon eux, 85% des usagers disent mieux manger grâce à ces épiceries. Et donc... C'est vraiment plus qu'un repas, c'est vraiment un lien social pour 75% d'entre eux. Et voilà, c'est assez alarmant d'entendre tout ça. Et vu qu'on habite justement en banlieue de Paris, c'est également ce qui nous touche. Et on a été confrontés à pas mal de problèmes. Enfin, c'est pas vraiment des problèmes, mais si. En fait, on a beaucoup de choix pour se nourrir. Ça, c'est sûr. Mais en même temps, les choix sont très ciblés sur des types de nourriture en particulier. Et ces types de nourriture, c'est notamment les chicken spot. Il y a quand même une variété, mais la plupart, c'est du poulet. Du poulet frit.
- Speaker #0
Il y a énormément de poulet frit. Mais surtout qu'en banlieue, là où on vit, il y a vraiment une différence par rapport, par exemple, au centre-ville. où t'as plein de petits restos très sympas, ou même le 13e, tu vois ? Genre, autant le 13e, il y a beaucoup de restaurants asiatiques. Mais alors que vraiment, on passe le périphérique, et c'est vraiment fast-food sur un fast-food. Dans notre rue, je pense qu'il y a, je sais pas, 5 fast-foods ?
- Speaker #1
Oui, au moins.
- Speaker #0
Au moins. Au moins, alors qu'il y a... un resto un peu plus cool enfin un resto ouïgour qui est très très sympa mais qui est plus cher on n'y est pas encore allez mais la question c'est que en fait la proposition de nourriture n'est pas la même dans les espaces ok peut-être c'est parce que les personnes consomment différemment mais parce qu'elles ont moins d'argent mais est-ce que c'est pas un peu trop et Merci. Faire un accès aussi facile à la fast-food, est-ce que c'est quelque chose qui est éthique, en fait ? Parce qu'à côté, il y a les magasins. On a des supermarchés traditionnels, donc c'est un espace où on peut bien se nourrir quand même, je trouve, à un prix raisonnable, par repas, mais c'est pas le plus convenant.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et c'est ça qui est aussi un piège de toujours manger dans un fast-food, parce que c'est OK que 10 euros, mais si on cuisine à la maison, tu t'en sors pour moins de 5 euros par repas. Donc du coup, il y a aussi cette roue infernale qui tourne. Tu n'as rien dans le frigo, donc tu commandes. Enfin, tu ne commandes pas, mais tu vas dans un fast-food. Mais après, tu n'as plus d'argent pour... En fait,
- Speaker #1
oui. Oui, oh là là.
- Speaker #0
C'est triste, mais...
- Speaker #1
Oui, mais du coup, je parlais aussi du phénomène un peu générationnel, comme quoi les seniors s'en sortaient mieux. Après, bien sûr, ils ne sont pas actifs. Ils reposent sur... la retraite, la pension, je sais pas donc est-ce qu'il y a aussi ce truc un peu générationnel, enfin est-ce que toi dans ton enfance par exemple, quel était ton rapport à la nourriture et comment est-ce qu'on t'a éduqué face à l'alimentation quels étaient les acteurs de cette éducation et comment tu l'as vécu ?
- Speaker #0
Bah moi dans l'enfance la nourriture c'était quelque chose euh... très facile et on se nourrissait très bien. Moi, j'ai grandi dans la campagne polonaise. Donc, tous les étés, on faisait notre propre confiture. Enfin, on a toujours de la confiture de ma grand-mère chez nous. Enfin, ma grand-mère, elle cuisinait tous les repas. Même quand je suis arrivée en France, moi, j'ai toujours grandi avec un repas chaud le soir qui était cuisiné par ma mère au Moumbo-Père. Donc c'est vraiment une habitude de bien manger. On mangeait au restaurant que pour les occasions en réalité. Et fast-food que pendant les voyages. Genre, parce que quand on partait en Pologne, tu fais 10 heures de voiture, tu t'arrêtes dans un McDo. Mais moi, par exemple, j'ai jamais eu ce truc de aller au McDo, c'est tellement cool. Enfin si, peut-être au collège. Pendant une ou deux années, c'était un peu la sortie, tu vois. Mais aujourd'hui, aller dans un McDo, pour moi, c'est zéro plaisir. Vraiment, je trouve que dans mon enfance, c'était aussi ça. J'ai jamais aimé les gros gâteaux. Enfin, en Pologne, il y a beaucoup de sucre dans les gâteaux. Mais genre, les gros gâteaux d'anniversaire. À mon, je crois, huitième anniversaire, je n'ai même pas mangé mon gâteau d'anniversaire. Il m'a trop saoulée. Mais il était très beau. J'en étais trop contente. Parce que vous savez, c'était l'époque où il faisait les gâteaux. Où il mettait une poupée et il faisait le reste. Le gâteau, genre c'était sa robe. Et j'étais trop contente d'avoir eu ce gâteau. Je le voulais trop, mais je ne l'ai pas coupé. J'étais juste trop contente d'avoir soufflé ma bougie. Donc quelque chose de... J'ai toujours mangé sainement. Mais sans vraiment me rendre compte, je pense. Et toi ?
- Speaker #1
Moi, quand je pense à ma vision de la nourriture de quand j'étais petite, en vrai, j'ai été pas mal éduquée par rapport à la nourriture avec ma grand-mère. Donc c'est elle qui allait beaucoup au marché et qui va toujours beaucoup et qui ne louprait pour rien d'aller au marché. Et voilà, elle revenait tout le jour avec son petit caddie, ses courses, qui pesait 15 kilos. Et j'étais là, mamie, pourquoi ? Pourquoi tu traînes tout ça ? Mais elle était très heureuse. Et je me souviendrai toujours de ces coquillettes à la tomate. C'était mon repas essentiel du mercredi. J'adorais ça. Et aussi, je me souviens que ma grand-mère, quand elle allait me chercher à l'école le soir, m'apportait du comté. Donc au lieu de bonbons, de gâteaux, elle, elle m'apportait une tranche de comté, vraiment bien généreuse, bien... Et elle me dit, tiens, mange pour tes os, ça va te fortifier. Et j'adorais ça, j'adorais le comté. Et moi, c'était très sain. Par exemple, on m'alimentait de manière très saine. On ne me forçait pas à manger, par exemple, quand je ne voulais pas manger. Et en même temps, on essayait quand même un peu de me manipuler. Mais du coup, ça passait beaucoup mieux. Parce que, par exemple, je me souviens d'avoir une figure. C'était une sculpture en escargot. Qui fait à peu près 30 cm par 30 cm. Que ma grand-mère avait dans son jardin. Et je ne sais pas, elle me disait, pense à l'escargot dehors. Et mange ce que je te donne, quoi, en gros. Moi, j'adorais cet escargot. Du coup, je voulais lui faire plaisir. Mais tu sais, j'étais toute petite. Mais du coup, j'ai jamais eu trop de problèmes avec tout ça. Et ouais. Enfin, vraiment, j'ai vraiment appris à manger sain aussi. Et notamment à l'école. Je me souviendrai de ça. En fait, il y avait une espèce de campagne qui était sur le manger, bouger. Enfin, manger sain. Je pense que c'était un truc du gouvernement. Et en fait dans notre école ils avaient fait venir un espèce de food truck Sauf qu'ils donnaient seulement des fruits Et du coup en gros pour les récréations Je crois pendant deux jours Ils nous donnaient des petites barquettes en plastique de fruits Avec des fruits coupés à l'intérieur genre frais de saison Et ils nous les donnaient comme ça C'était que deux jours mais je me souviens très distinctement de ça Je sais pas pourquoi ça m'avait marqué Parce qu'eux aussi ils avaient ramené deux mascottes En forme de pommes et une de fraises Merci. et du coup c'était un peu fun c'était bizarre d'avoir ça dans l'école on était là mais pourquoi ils nous donnent des fruits et c'était vraiment super bon j'adore les fruits mais voilà par les mascottes c'est un mélange de pédagogie et de Je sais pas, ça a bien marché en tout cas. Mais voilà.
- Speaker #0
Ouais. Moi, pour le coup, au niveau de la nourriture, genre finir son assiette venant d'une famille slave, surtout au niveau de chez ma grand-mère, finir son assiette, c'est quelque chose qui a toujours été une partie. Mon beau-père aussi, enfin lui aussi qui est polonais, donc il a toujours eu ce truc de finir l'assiette. Donc moi, par contre, je finissais les assiettes. Voilà.
- Speaker #1
Après, je pense que ma vision, en vrai, elle a un peu changé par rapport à l'enfance, parce que j'ai toujours des automatismes sains, on va dire. Mais en fait, manger, c'est plus devenu un acte conscient par rapport à avant. Et en fait, c'est plus simplement remplir son estomac de manière nécessaire. Mais en fait, ça nourrit aussi un peu une image de soi. Et comme tu donnais la citation... au début d'épisode en fait on hait ce que l'on mange et du coup t'as un peu cette conscience de prendre soin de toi à travers la nourriture et ouais des fois je vois des produits un peu transformés et je me dis est-ce que j'ai vraiment envie de mettre ça à l'intérieur de moi est-ce que c'est pas plutôt me faire du mal le truc est tellement bizarre que tu dis après Merci. C'est un équilibre aussi. En fait, tu reconnais pas ce que tu manges. Tu peux pas l'associer avec un truc naturel. Tu peux pas l'associer à des trucs que t'as déjà vus ou des compositions de trucs que t'as déjà vus puisque le truc est purement industriel.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et c'est très étranger, en fait, au corps et à la perception. Mais après, je sais que certaines personnes, ça ne les dérange pas du tout.
- Speaker #0
Oui. Et genre, de temps en temps, c'est pas... Genre... Parfois tu... En fait le truc c'est que parfois t'as besoin de sucre et le truc le plus facile à manger en sucre c'est un truc transformé et tu le fais et c'est pas grave. C'est juste que quand ça devient un truc de tous les jours et aussi un truc plus sneaky, plus dangereux, c'est quand les aliments ultra transformés essaient de se faire passer pour quelque chose que tu pourrais faire à la maison. genre quand tu peux même même un bruni de magasin c'est pas du tout le même bruni que tu ferais à la maison en fait et même on parlait du gâteau parce que j'avais ramené un gâteau du Crous on adore le Crous mais là c'était une catastrophe un gâteau breton où le gâteau avait plein d'ingrédients qu'on ne reconnaissait pas du tout des dioxydes, des colorants, des ajusteurs de goût, en fait, que tu ne retrouves pas dans ta cuisine. Et ça, c'est toujours un red flag. Parfois, quand je dois manger un truc en dehors de chez moi, enfin, en dehors du course, acheter même, genre, par exemple, un sandwich triangle au magasin, je regarde les ingrédients et est-ce que tout ce qui est sur la liste, est-ce que je l'aurai à chez moi ? Parce que ça, ça fait vraiment une différence. Même si la manière dont c'est fait aussi compte. Mais oui, c'est vrai que ma vision de la nourriture aujourd'hui, c'est quelque chose à laquelle il faut faire très attention parce que les choses ne sont pas toujours ce qu'elles ont l'air. Enfin, une pomme sera toujours une pomme. Et ça, c'est une très très bonne nouvelle. Mais même des saucissons... Ils ajoutent de l'eau artificiellement. C'est des choses qui, pour ajouter du poids, on essaie... Même le miel, genre. Il y a des miels où ils ajoutent du sucre.
- Speaker #1
Oui, c'est du... Simplement. Il y a même des miels où c'est juste du sirop de glucose. Je sais pas, ils écrivent miel et tout ça. Mais je pense qu'on n'a jamais autant parlé de régime alimentaire. et de régimes tout court d'ailleurs genre les solutions miracles pour maigrir pour malinsir genre la mode du sans gluten la mode du keto quand tu prends soin de ton corps et même que tu veux utiliser ton corps au maximum de ses capacités on va dire ou alors bien utiliser ces capacités là des fois on te recommande des choses étranges enfin c'est Merci. Je pense que j'ai jamais eu autant de pubs là-dessus. Et c'est assez inquiétant parce que... C'est vraiment s'immiscer dans une certaine intimité des gens.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Essayer. Parce que des fois, oui, on parlait de ça aussi. On disait que la nourriture, c'était un élément culturel.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, est-ce qu'on n'essaierait pas aussi de masquer des cultures ? Ah oui, absolument. Des cultures en implémentant des habitudes qui briseraient justement le fait de se transmettre des recettes dans la famille. Parce qu'on est habitué à la facilité. On est habitués à d'autres goûts. Et finalement, ça ne nous est plus du tout familier. Enfin, je ne sais pas. Est-ce que tu penses, toi, que tu as perdu peut-être ces notions-là ? Ou que tu as fait face de manière violente, peut-être ? Ou on t'a recommandé des trucs qui étaient assez étranges ?
- Speaker #0
Je trouve très intéressant de ce que tu as dit, le rapport entre la cuisine et la culture. Comme quoi, c'est quelque chose qui est très lié. Et... En parlant de ça, ça me fait penser à une vidéo que j'avais regardée d'une fille qui s'appelle Kyan Kodershi et qui a fait une vidéo sur l'obésité infantile dans le monde. Et elle avait parlé du cas d'un pays, le Nigeria, où l'industrie de la nourriture avait complètement changé leur tradition nutritive. Donc d'abord, c'est un pays qui de base ne mangeait pas de petit-déjeuner. Et bah c'est pas très pratique quand tu es Kellogg's et que tu vends des granolas. Et donc du coup, il y a... Et d'autre part, il y a aussi les soupes instantanées qui ont été vachement marketées, surtout à une période où il y a eu une crise économique dans le pays. Et donc du coup, aujourd'hui, au Nigeria... Et le pays appelle les soupes instantanées, donc noodle soup, un de leurs plats nationaux. Ce qui est assez terrifiant, puisque de base, ils ont des plats traditionnels qui sont à base d'haricots, des plats avec de la viande. Enfin, les nouilles ne font pas du tout partie de leur alimentation de base, mais... L'industrie de la nourriture avait besoin d'un nouveau marché. Et aujourd'hui, là-bas, certaines personnes dans la population mangent des nouilles au moins une fois par jour. Et donc, le problème, c'est que les nouilles, comme ça, ça a zéro valeur nutritive. Alors oui, on voit des familles qui quand même ajoutent d'autres aliments à côté des nouilles. Mais ce n'est pas la majorité. et c'est des plats qu'on sert aux enfants à l'école et je trouve ça terrifiant que justement la nourriture c'est une partie de la culture quelque chose d'intime mais une partie qui est très profitable et du coup qu'on essaie beaucoup de manipuler donc il faut faire très attention et même par rapport aux diètes il n'y a pas meilleure diète que de bien manger comme on l'a appris enfin ça dépend mais si Vous avez dans l'enfance eu une alimentation normale où vous mangez sain, que vos parents vous ont appris à manger des fruits, des légumes, de ne pas manger trop de bonbons. Ça c'est déjà je trouve suffisant pour s'alimenter dans notre société. Et ensuite les diètes, il faut comprendre qu'il y a toujours un bénéfice derrière dans 99% du cas. Donc quand on vend des pastilles, des nourritures qui sont censées vous tenir plus longtemps satisfaits ou autres. Il y a un bénéfice que les marques se font derrière. Et donc, du coup, par exemple, il y avait les repas à 200 calories. Un repas transformé, une barre chocolatée ne remplace pas un repas. même si elle est basse en calories et qu'on vous dit qu'elle vous perdra par du poids, ce qui est important, c'est de manger le plus de vrais aliments possible. Et c'est au niveau des diètes, tout ce qu'on peut dire. Oui, parce qu'en fait, les diètes, elles sont nées du fait que, dans la société d'aujourd'hui, il y a un rapport entre le corps et la nourriture. Et donc, est-ce que tu as un rapport... entre ton corps et la nourriture est-ce que tu as un lien qui est établi ou pas c'est assez personnel mais est-ce que tu l'as vu dans tes expériences,
- Speaker #1
qu'est-ce que t'en penses je pense que Toutes les femmes qui ont des réseaux sociaux ont un rapport étrange avec la nourriture et l'aspect de leur corps. Et ça a toujours été dicté. Tout le monde nous en a forcément parlé au moins une fois dans notre vie. Que ce soit ton oncle, ta mère, ou peu importe. On a toujours fait... Moi, on m'a personnellement fait des remarques ou ce genre de choses. Donc, je pense que ça concerne toutes les femmes. Et donc, forcément, je pense que c'est ça qui m'a très influencée dans mes comportements alimentaires. Mais moi, après, je me nourris de manière très intuitive. Et je ne fais pas de fixettes sur ce que je mange ou sur mes comportements alimentaires. Enfin, j'ai vraiment... J'y vais vraiment avec mes sensations et naturellement. Et du coup, ça ne me pose pas de problème. Je pense que pour les personnes un peu plus exposées, dans d'autres situations qui travaillent avec des gens qui ne sont pas sensibilisés, par exemple, je pense que ça peut vraiment être un sujet et une vraie préoccupation. Mais moi, pour l'instant, je suis préservée de tout ça. Donc, tout va bien. Et toi, du coup, comment tu... Et ta relation avec tout ça.
- Speaker #0
Par rapport au sexisme, je trouve qu'il y a une question qui est assez intéressante au niveau de la nourriture. C'est la science.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que... Non mais vraiment, parce que pour le coup, la science pendant les dernières 70 années, on a eu beaucoup de science sur la nourriture. C'est un sujet qui est ultra approfondi. Parce que la société veut bien se nourrir. à côté il y a eu une explosion de l'obésité donc c'est des sujets qui ont été ultra recherchés et donc on a eu selon les années énormément de recommandations pour la nourriture mais ce qu'on ne nous a pas dit c'est que les tests ont été exclusivement faits sur des hommes et qu'on a juste copié-collé les conclusions qu'on a eues par rapport au corps des hommes sur les femmes alors que c'est pas du tout Vrai, donc récemment, on a eu quelques petites études qui se sont centrées sur la femme, mais des choses qui sont essentielles, on les a très longtemps pas sues. Par exemple, que selon le moment de notre cycle où on est, on va pas avoir besoin des mêmes macros et nutriments, qu'on a aussi des moments dans le cycle où on a besoin de plus de nourriture. Par exemple, un homme peut manger tout. tous les jours la même chose, en théorie, il n'y a pas de souci, il fonctionne tous les jours de la même manière, alors que pour une femme, tu ne peux pas suivre un régime, encore une fois, où tu manges tous les jours la même chose, parce que tu n'auras pas du tout les mêmes besoins selon les jours, et c'est quelque chose qui m'a vraiment marquée quand je l'ai découvert, que... on... déjà qu'on fait du capitalisme sur le corps des femmes et qu'on capitalise sur leur insécurité, en plus, les solutions qu'on propose, ce ne sont pas des solutions qui sont faites pour elles. Et la science, c'est quelque chose qui, dans la nourriture, est assez difficile, parce que, par exemple, dans les années 80, il y a eu une diabolisation des gras saturés. Aujourd'hui, on découvre... Encore une fois, par la science, qu'un peu de gras saturé n'est pas un problème et que même une diète sans gras du tout est dangereuse pour la santé. Mais en fait, on revient aujourd'hui avec la science. Est-ce qu'on peut s'y fier ? Je ne sais pas. Parce que c'est un sujet où les réponses sont souvent statistiques. Plus que, vu que c'est de la médecine, ce n'est pas comme la science dure. En fait, on revient juste au fait qu'il faut se nourrir comme avant, donc avec des ingrédients entiers, des ingrédients purs. Et donc du coup, c'est des trucs qu'on aurait pu juste ne pas y penser et manger comme on mangeait. Après, dans la société d'aujourd'hui, c'est beaucoup plus difficile quand il y a des rayons et des rayons de fast-food dans le supermarché. Mais juste, il faut manger. Le plus simple possible, le moins transcendant. Moi, j'ai aussi une réflexion à faire sur la science, la place de la science. J'ai récemment vu une pub pour, je ne sais pas si vous connaissez ça, je pense qu'il y a un peu ça dans certains pays d'Europe, le Nutri-Score. En fait, j'ai vu une pub du gouvernement qui disait qu'ils avaient justement amélioré leur Nutri-Score. Et c'est vrai que quand j'achète des produits qui sont étrangers, on va dire, qui n'ont pas ce Nutri-Score, c'est beaucoup plus difficile pour moi. Il faut vraiment retourner la boîte, de chercher le tableau avec toutes les valeurs nutritionnelles, pour savoir ce qu'il y a dans mon produit. Alors qu'avec ce fameux Nutri-Score, qui est créé par la science, la science la vraie, pas celle qui sert les industries agroalimentaires, ça me permet de repérer directement Si ce produit va être bon pour moi ou moins bon. Ou en tout cas, si je devrais le consommer souvent ou pas souvent.
- Speaker #1
Après, il faut faire attention. Parce que j'ai aussi vu ça. Et c'est bien qu'ils l'améliorent. Parce que, par exemple, il y a des trucs un peu incohérents qu'on peut voir, par exemple, parfois. Genre des chocapics avec un Nutri-Score A et du beurre avec un Nutri-Score E.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Miii... j'ai regardé une vidéo justement sur le Nutri-Score comme quoi il faut prendre le Nutri-Score que par catégorie genre parmi les beurres tu peux regarder, comparer les beurres par rapport au Nutri-Score mais tu peux pas comparer deux produits qui sont complètement différents parce que alors le Nutri-Score perd toute sa valeur et aussi il y avait une réflexion par rapport à le Nutri-Score c'est aussi par rapport à l'apport en calories Par exemple, le beurre de cacahuète pur est assez calorique, donc tu auras un mauvais miniaturiste corps. Mais il n'est pas forcément moins mauvais pour la santé que la pâte à tartiner au chocolat avec peu de calories, mais ultra transformée par contre. Donc il faut faire attention. Mais après, c'est vrai que bien manger, c'est difficile parce que... Moi aujourd'hui je suis habituée et je comprends, je sais lire une étiquette, enfin les ingrédients d'une part, mais aussi je sais ce dont est composé l'étiquette, le tableau nutritionnel, mais ça c'est une connaissance que pas tout le monde a et quelque chose qui s'apprend, quelque chose peut-être qu'on devrait apprendre à l'école parce qu'aujourd'hui... Tu peux savoir ce que tu manges. Justement, tu as un Nutri-Score Chocapic A. Tu vas manger que des Chocapic. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Oui. Après, moi aussi, je connais les catégories. Je sais ce que j'achète. Mais oui, c'est pertinent. Justement, qu'ils l'améliorent.
- Speaker #1
Il faut qu'ils l'améliorent. Mais ils avaient dit qu'ils allaient faire une réforme. Je suis contente qu'ils l'aient fait. Oui, mais à propos de la nourriture et comme quoi c'est un défi de bien manger, t'aurais pas un truc sur les fast-foods ?
- Speaker #0
Waouh, la transition naturelle ! Ouais, en fait, je voulais parler un peu de hiérarchie sociale à travers la nourriture. Et je pense que d'abord, je vais parler un peu des chicken spots. Et après, je vais dériver sur l'entreprise Tasty Krusty. Tasty Krusty.
- Speaker #1
Tasty Krusty.
- Speaker #0
Et en fait, je pense...
- Speaker #1
A l'œuvre de tous les jeunes.
- Speaker #0
On ne peut pas ignorer maintenant déjà le phénomène des chicken spots, qui est un peu plus ancien que le Tasty Krusty.
- Speaker #1
Mais je n'avais jamais vu ça avant d'arriver à Paris.
- Speaker #0
En fait, ce sont des enseignes qui fleurissent à chaque coin de rue, vraiment, dans les quartiers qui sont populaires.
- Speaker #1
Nous, on en a trois dans notre rue.
- Speaker #0
pour moi c'est pas juste on est plus rendu à simplement du poulet frit c'est carrément un indicateur social c'est à dire que en fait j'ai cherché du coup ce que c'est un testic rustique, j'en ai mangé un une seule fois et pas dans l'enseigne qui porte le nom du poulet et en fait ce qui se passe personnellement je veux pas dire que c'est dégueulasse parce que c'est du riz et du poulet mais j'ai pas aimé la sauce blanche qu'ils mettent dedans avec le mayo, je sais pas ce que c'est ça gâche tout, y'a plus aucune saveur, tout est noyé dans la sauce on sait pas pourquoi ils font ça, enfin si on sait parce que le poulet ne doit sûrement pas être très très bon et il doit être sûrement très décongelé et du coup pas avoir trop de goût mais bon En fait, je trouve qu'il y a vraiment plusieurs catégories de personnes. Il y a les personnes qui ne peuvent carrément pas se nourrir. Il y a des personnes qui font la queue pour des entreprises qui vraiment font leur marketing sur les réseaux sociaux et qui cherchent à attrayer un public très très jeune. Et du coup, en fait, c'est un plat. Tasty Krusty, c'est quoi ? Un Krusty, c'est un plat au riz qui a vu ses... commande explosée de 323% sur Uber Eats en un an. Donc, c'est le nouveau roi des street food. Vraiment, voilà.
- Speaker #1
Donc, du riz blanc sans aucune valeur nutritive.
- Speaker #0
En fait, c'est un plat apparemment à 9 euros qui fait 700 grammes de nourriture pour la version la plus basse.
- Speaker #1
700 grammes ? Merci. énorme.
- Speaker #0
C'est énorme. Et qu'est-ce que je voulais ajouter dessus ?
- Speaker #1
Mais tu sais qu'une portion normale de genre par exemple de pâte c'est 250 grammes je crois ?
- Speaker #0
Oui c'est énorme vraiment.
- Speaker #1
C'est énorme.
- Speaker #0
Et pourquoi je dis justement que c'est un indicateur social c'est assez fort comme mot mais en fait tu parlais de, comment il s'appelle ? Bria Savarin. Toujours je le recite parce que en fait Merci. il parlait du pain en fait pour les pauvres, pour les démunis en 1826. Et en fait aujourd'hui, le marqueur en fait de la classe populaire, c'est un menu à 9 euros. C'est une nourriture qui est efficace, avec beaucoup de calories, pour très peu d'euros. Du coup on a ce rapport qualité-prix, ou quantité-prix ici. Donc c'est une équation économique qui est impossible. En fait on te dit, oui en fait c'est pas cher. Et en fait... pour beaucoup de jeunes, le Chicken Spot c'est le nouveau café du commerce, donc on y va pas seulement pour le testis, on y va parce que c'est un refuge un lieu où on n'est pas jugé de manger ce genre de choses parce que c'est hype, parce que le code du bien manger ou de bien se tenir je sais pas, de la bourgeoisie on pourrait donner les clichés vraiment ça s'efface avec le plaisir du brut de l'accessible, de la quantité de la prise de masse, je sais pas Et du coup, ça a fait un fossé. Parce que d'un côté, on a des campagnes comme celles que j'ai pu voir quand j'étais petite, bien mangées, bien bougées. Et de l'autre, on a la réalité où en fait, on a des chicken spots partout dans la rue. Donc comment faire ? Comment se poser un modèle ? Et comment évoluer dans ce genre de quartier ? où en fait, le testi-crousti est plus abordable. Je vais donner un truc qu'une salade, par exemple, ou que ce genre de choses.
- Speaker #1
Oui, mais en plus, nous, on est étudiante, donc on a un menu Crous à 1€, et même les étudiants sont touchés par ce phénomène, mais les personnes qui ne sont pas étudiantes et qui n'ont pas accès au Crous, mais je trouve que c'est quand même... Tu peux faire moins cher, mais en fait, ils te disent... Ils te mettent dans la tête que c'est ultra pas cher. Parce que pour 700 grammes, en réalité, tu peux te faire 3 repas. 3 euros le repas, ça va. Mais en fait, ils te ravagent tellement que c'est pas cher que tu te fais un Tasty Krusty en un repas.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Donc, excuse-moi, mais 2 Tasty Krusty, genre 9 euros pour un dîner, si tu manges ça en une fois, c'est assez cher. Et... au niveau nutritif, t'as pas du tout les apports dont t'as besoin pour ça la moitié du prix, même le tiers, tu pourrais te faire un vrai repas à la maison mais en fait on te dit tellement que c'est le moins cher et on te donne tellement un aspect cool de la chose que tu le prends pas du tout en compte et il faudrait une éducation au niveau de la nourriture pour savoir Merci. pourquoi on se nourrit, comment se nourrir parce que c'est pas que le fait que c'est pas cher parce que ok c'est pas cher mais
- Speaker #0
9 euros pour un repas c'est cher guys après je voulais aussi mettre en valeur que non seulement on les voit physiquement ces enseignes mais aussi on est bombardés sur TikTok ou Instagram, après nous aussi on aime beaucoup regarder des contenus qui mettent en avant de la nourriture simplement pour connaître les nouvelles adresses qui se fait à Paris Merci.
- Speaker #1
il y a vraiment une diversité ici culinaire qui est incroyable moi j'adore les comptes insta qui m'apprennent à cuisiner moi je cuisine énormément grâce à Instagram. Ma spécialité aujourd'hui, c'est la champichouka. Je ne sais même pas comment le monsieur s'appelle, mais il a changé ma vie. Sur les réseaux sociaux, on a quand même de tout. On a des gens qui nous recommandent des restaurants qui nous aident à bien manger ou à découvrir des cuisines traditionnelles. Des gens qui nous apprennent à cuisiner. ont 15 minutes des trucs faciles qui sont bons,
- Speaker #0
nutritifs et d'un autre côté la masse des gens est quand même bombardée de testicrossiers c'est ça en fait ce que j'ai vu apparaître et apparemment le directeur de l'enseigne testicrossier l'a dit également en fait c'est plus simplement de la nourriture c'est un espèce de food porn malsain qui a fait qui a eu une effervescence qui a connu une effervescence Merci. Moi, je l'ai beaucoup vu, par exemple, avec le phénomène Cédric Grolet. Mais alors, c'est deux opposés, en fait. D'un côté, t'es sti-crusti, où c'est vraiment quelque chose d'accessible, de grosses quantités, des choses brutes. Et de l'autre, t'as Cédric Grolet, quelque chose de luxe. Mais en fait, les deux partagent un point commun. Et je l'ai vu, c'est justement l'alimentation spectacle. On vient pour dire, j'y suis allée. J'ai goûté, j'ai eu la chance, j'ai les moyens de le faire. Parce qu'en fait, Cédric Grolet représente un peu l'élite, une certaine élite, un luxe instagravable, où l'on paie le prix fort pour une esthétique parfaite, tandis que le testicrucis, c'est la réponse de la rue, clairement. En fait, on y cherche le rapport quantité-prix, comme je disais avant, plus que la finesse. Et du coup, qu'il s'agisse d'un... trompe-l'œil à 18 euros, ou alors un testy-crousty gratuit à Châtelet, parce qu'ils faisaient des distributions. Ça a provoqué, notamment en février, c'était en février 2026, il y avait une distribution et j'avais vu des vidéos de ça. C'était une guerre dans la rue à Châtelet. Donc, en fait, le mécanisme est sensiblement le même, c'est de ne pas rater un truc qui est viral. Nous aussi, du coup, on le voit, mais on a des... des centres d'intérêt qui sont différents parce que nous c'est plus culturel c'est plus connaître les cuisines culturelles du monde entier plutôt qu'un produit nouveau après c'est pas forcément mal on a la chance quand même d'avoir grandi à l'écart de tout ça le
- Speaker #1
fast food ça a jamais été ça a eu pas de place dans ma vie dans la tienne non plus mais c'est ça qui est triste si on peut donner un conseil je pense c'est manger pour vous pour votre corps, ce qu'il vous demande, plutôt que pour le truc viral. Et demandez-vous, est-ce que vous voulez pas apprendre à faire un testicousti au riz complet chez vous ? Tu peux t'en sortir pour un prix similaire. Si tu ajoutes quelques petits légumes dans ton alimentation, c'est pas que le riz au poulet c'est mauvais, c'est juste que là, est-ce que ça vaut la peine ?
- Speaker #0
Ouais, j'avais aussi noté, c'est un peu... je reviens sur ce que j'avais dit un crousti XL c'est 1600 calories et du coup ça fait 80% d'un apport journalier recommandé avec un mélange de féculents raffinés de friture 1600 calories c'est énorme genre c'est si t'es une femme sédentaire
- Speaker #1
bon disons quand même petite, t'as pas une grande
- Speaker #0
1m60 disons c'est ton apport journalier oui là ça doit être des statistiques pour un homme oui oui mais ça c'est des stats pour un homme et j'avais aussi noté toujours de la même étude que j'avais citée précisément que est-ce que finalement il n'y aurait pas un manque de cuisine enfin on ne sait plus cuisiner et du coup on s'apprend en fait la cuisine c'est souvent une transmission orale ou visuel dans les maisons. Et peut-être qu'on a arrêté de cuisiner, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Parce que j'ai lu que seuls 42% des jeunes, toujours dans les quartiers, les banlieues, cuisinent tous les jours. Donc, du coup, les fast-food comblent...
- Speaker #1
Bah oui, ça comble, bien sûr.
- Speaker #0
Le reste.
- Speaker #1
C'est très peu.
- Speaker #0
Oui, je me demandais à qui était cette responsabilité, du coup. Est-ce que... ça reste pas à l'intérieur des maisons dans un climat familial ou est-ce que t'es à l'état peut-être de faire quelque chose et comme on l'a vu manger bouger le Nutri-Score de s'immiscer un peu de vraiment prendre des actions, peut-être avec l'industrie agroalimentaire ?
- Speaker #1
Moi, je trouve que c'est justement l'industrie agroalimentaire qu'on devrait toucher. Parce que, ok, c'est sympa de faire des campagnes manger-bouger, mais la réalité des gens, elle ne change pas. Là où la réalité des gens pourrait changer, c'est si l'État prenait des actions contre l'industrie agroalimentaire. Et par exemple, moi je cours, par exemple, et sur mon circuit de course, il y a, je pense, 2-3 panneaux publicitaires. il y a très régulièrement des publicités pour des fast-foods.
- Speaker #0
Oui, tu me l'avais déjà dit, ça. Et ça,
- Speaker #1
moi... C'était vraiment problématique. Je trouve ça ultra problématique. En plus, c'est sur un circuit fait pour les JO, pour les coureurs. Donc c'est un circuit où il y a régulièrement des coureurs qui passent et c'est fait pour eux. Et donc, disons que tu cours, tu veux t'entretenir, tu te sens pas bien dans ta peau, tu veux... Enfin, tu veux changer ton mode de vie et tu fais... 5 tours de course et tu vois 5 fois la pub pour le quick le quick du moment le nouvel star et en fait ça ça aide pas les gens je trouve que par exemple interdire la publicité pour les produits alimentaires serait quelque chose, un énorme pas en avant et aiderait les gens à en fait prendre des décisions pour leur santé et pour aussi ce qu'ils aiment tu vois est-ce que tout le monde adore manger un testic ou tous les jours, est-ce que c'est vraiment ce que tu veux ou est-ce que c'est ce que juste t'as pris l'habitude de faire ?
- Speaker #0
En fait, je pense que la responsabilité de l'État est vraiment indéniable pour le fait. Par le fait parce que du coup, en fait, manger c'est vraiment un droit. C'est quelque chose d'essentiel. Et en plus, on a pratiquement tous maintenant des modes de vie qui sont sédentaires de par nos professions. pratiquement, bien sûr. Et du coup, je me dis que j'ai essayé de montrer que l'approche sociale, c'est indéniable qu'il y ait un rapport parce que on n'est pas tous, on n'a pas tous les mêmes armes pour appliquer ces conseils qu'on nous donne, manger, bouger, par exemple. On n'a pas tous les mêmes ressources et on ne peut pas tous avoir accès à une alimentation qui soit digne, à notre droit. Et je trouve ça vraiment très problématique, effectivement.
- Speaker #1
Et oui, et en fait, comme par exemple, il y a eu les actions contre l'industrie du tabac, à savoir que le tabac s'est aussi beaucoup défendu, ils disaient que c'était bon pour la santé, c'était un problème sanitaire. On a réussi à battre le tabac, c'est toujours la première cause de mort évitable en France, mais très peu de jeunes fument, on a réussi à prendre des actions. Je trouve que... le fast-food est quelque chose de comparable, surtout quand l'obésité en France est plus haute que jamais et que l'obésité bien sûr qui engendre des problèmes de santé, je crois il y a justement une action du gouvernement maintenant qui fait des pubs en mode changeons de vision sur l'obésité ça induit 26 maladies différentes ok mais Pourquoi la société est obèse ? La société a commencé à devenir de plus en plus obèse quand il y a eu les produits industriels qui sont rentrés dans les rayons en masse à petit prix. Et donc moi, je pense qu'il faudrait taxer taxer le testicousti. Non mais taxer les nouilles qui ne donnent...
- Speaker #0
aucune valeur je ne suis pas contre les nouilles c'est juste que tu ne peux pas manger ça sur une base quotidienne une lutte contre l'industrie agroalimentaire qui nous rend malades aujourd'hui peut-être aussi compenser du coup parce que si tu taxes certains aliments d'autres pourraient être moins chers après c'est ce qu'ils ont fait avec le chocolat
- Speaker #1
le chocolat noir est beaucoup moins taxé que le chocolat fantaisie et ça se voit le chocolat noir est le meilleur parti et nous on mange que du chocolat noir parce que c'est le moins cher et c'est quelque chose qui marche, qui détourne des gens parce que le prix ça compte mais il faut l'élargir et tester Crousty oui je pense qu'il faudra taxer Guys, après deux petits mois où on a un peu sleep off Merci. On va reprendre notre rythme. On vous promet beaucoup d'épisodes. Et pour le prochain, on vous pose la question, l'art est-il politique ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
ainsi s'achève cet épisode.
- Speaker #0
Nous vous invitons à écouter le prochain.
- Speaker #1
D'ici là, portez-vous bien.
- Speaker #0
On se revoit dans deux semaines pour une nouvelle discussion. Bye ! Merci. Comment t'as zappé la conclusion ?
- Speaker #1
Ah oui, vraiment. C'était long, chérie.