- Speaker #0
Pour avoir travaillé longtemps sur la dopamine, on sait que c'est un neurotransmetteur, une molécule qui est impliquée dans la recherche de plaisir. Et bien ton cortex préfrontal qui est impliqué dans le contrôle comportemental, lui est déficitaire. Donc la capacité d'inhiber le passage à l'acte vers un stimulant et un plaisir est altérée. Plutôt que de dire je vais arrêter de fumer, c'est qu'est-ce que tu veux faire à la place qui va te procurer la même chose et de manière décuplée. Comprendre les besoins qui sont nourris chez l'enfant à travers l'écran et pas l'écran, ce qui se passe au niveau de l'écran et petit à petit le substituer par quelque chose qui lui donne encore plus de plaisir.
- Speaker #1
Le TDAH, tu le connais,
- Speaker #0
c'est classique, c'est une mode. Ouais, ouais,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Qu'est-ce que la science ? C'est pas une mode. L'impact des concentrations en oestrogène sur l'efficacité de la dopamine et donc l'apparition ou le développement de symptômes du TDAH. C'est de se poser à soi-même une question fermée où la réponse est oui ou non.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et cette question-là, c'est est-ce que j'ai le cœur d'y aller encore ?
- Speaker #1
Yes, alors du coup, bonjour à tous, on se retrouve avec Mickaël, Mickaël avec qui j'ai eu la chance de faire mon parcours de coach, c'était il y a quelques années, psy en parallèle neuroscientifique, donc aujourd'hui on va faire un peu un échange sur le TDAH, on va un peu comprendre un peu ça en profondeur avec un spectre scientifique. Je te laisse te présenter du coup Mickaël, du coup par rapport à qui tu es.
- Speaker #0
Merci Oscar, c'est un plaisir de discuter avec toi, on a fait une partie ensemble et j'ai pu apprécier la qualité de nos échanges. Je suis chercheur en neurosciences de formation, j'ai travaillé pendant plus de 10 ans en tant que chercheur dans les universités, notamment à l'université de Genève, dans les facultés de médecine, facultés de psychologie, et j'étais spécialisé sur plein de choses, mais ce qui revenait souvent c'était la dopamine, les addictions, la mémoire, le cortex préfrontal. Et donc, tout plein de sujets qui m'intéressent aujourd'hui, puisque depuis 2024, j'accompagne des personnes qui sont neuroatypiques, parfois HPI, parfois TDAH, diagnostiquées, parfois pas diagnostiquées encore, et qui sont sujets, et tu le sais peut-être, au stress professionnel, au burn-out, et qui arrivent à une période de vie, parfois après 5-10 ans, à avoir perdu du sens dans ce qu'ils font et à être vraiment anxieux sur leur avenir professionnel. et donc j'accompagne ces cadres, ces managers ces entrepreneurs à redéfinir leur projet,
- Speaker #1
à retrouver de la sérénité et à les structurer à leur apporter un cadre et une structure qui leur permettent de s'épanouir ok super donc toi tu les aides vraiment sur le côté pro c'est ça, à mettre de la structure parce que je suppose qu'il y a plein de non-adaptations dans les milieux pro ou des choses par exemple qui peuvent du coup les cramer quoi ? au niveau du masque social ou de les fatiguer, c'est ça, émotionnellement, à la suradaptation qu'ils ont, c'est ça ? C'est sur ce point-là, c'est ça que tu vas vraiment les aider ? Comment tu t'y prends, en fait, un peu sur ça, toi, aujourd'hui, du coup, juste, Mickaël ?
- Speaker #0
C'est quand ils arrivent à une perte de motivation, une perte de sens. Ils se sont adaptés, effectivement, suradaptés à un cadre qui ne leur convient plus, où ils se sentent enfermés, contraints, et qui n'a plus de sens. Et parfois, tu sais, on arrive à 20 ans... On suit un petit peu le mouvement sans vraiment réfléchir à qui on veut être, et ce qui nous motive réellement. Ça passe pendant un certain temps, mais au bout d'un moment, l'argent ne suffit plus et la quête de performance ne suffit plus. Et tu arrives à un moment donné où tu te poses la question, mais qu'est-ce que je fous là ? J'en peux plus de ces contraintes, ça me fatigue. Ce n'est pas adapté à ma manière de fonctionner. Et donc, c'est à ce moment-là que je peux leur proposer, effectivement, dans un premier temps, de retrouver de l'apaisement. d'identifier avec eux ce qui les motive vraiment, c'est quoi leur moteur, c'est quoi leur driver, c'est quoi ce qui va les stimuler. Et à partir de là, de construire un nouveau projet qui les passionne. Et dans la construction de ce projet-là, ce dont ils vont avoir besoin, évidemment, c'est un suivi régulier, une structure qui soit suffisamment claire et en même temps flexible pour qu'ils prennent du plaisir à faire cette transition.
- Speaker #1
Oui, je comprends bien, parce que tout est lié au plaisir, notamment en lien avec le TDAH.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Ça revient à cette première question un peu. Comment t'expliquerais le TDAH de façon scientifique, assez simple pour des personnes qui nous écoutent ? C'est quoi le lien entre le plaisir et le TDAH ? Comment tu peux nous expliquer un peu tout ça ?
- Speaker #0
Ceux qui arriveront là, je pense, sauront que le TDAH, c'est avant tout un trouble du neurodéveloppement qui va impacter des systèmes de neurotransmission. dans le cerveau, notamment la dopamine et la noradrénaline. Et pour avoir travaillé longtemps sur la dopamine, on sait que c'est un neurotransmetteur, une molécule qui est impliquée dans la recherche de plaisir. Presque plus, évidemment, la recherche du plaisir que le plaisir en tant que tel. Donc, c'est vraiment une molécule qui va être impliquée, en tout cas corrélée à ça, et qu'on retrouve dans le craving, dans les addictions, dans cette recherche. Et dans le TDAH, on a une dérégulation de la dopamine, notamment une diminution, qui va provoquer cette recherche très fréquente, quasi constante, de stimulation et de plaisir.
- Speaker #1
Ok, donc c'est intéressant. tu dis c'est pour... plus dans la recherche plutôt que dans le plaisir en lui-même, c'est ça ? C'est un peu une forme de mirage de plaisir, c'est ça ? Qu'est-ce que tu entends par là ? C'est ça ?
- Speaker #0
La baisse de dopamine peut être... Je simplifie, évidemment, c'est beaucoup plus complexe que ça. C'est impliqué à la fois dans la recherche de plaisir, et aussi dans le mouvement, puisqu'on sait par exemple, dans la mélie de Parkinson, quant à une destruction des neurones dopaminergiques, une certaine population en particulier, tu as des déficits moteurs. Et c'est intéressant parce qu'il y a une autre population de neurones qui produisent de la dopamine, qui eux sont plus dans le plaisir, le mouvement. Mais les deux sont un petit peu liés du fait de leur connexion avec certaines régions du cerveau dans cette recherche et dans ce mouvement vers le plaisir et cette envie d'aller vers, tu vois.
- Speaker #1
Oui, c'est intéressant parce qu'il y a cette hyperactivité dans le TDAH souvent. Donc c'est sûrement corrélé ce que tu dis, c'est ça, en lien avec cette hyperactivité-là aussi, dans ce... cette notion de mouvement, de plaisir ?
- Speaker #0
Alors c'est intéressant parce qu'effectivement, tu as des sous-types de TDAH avec l'hyperactivité, l'inattention ou mixte. Et là où je ne suis pas sûr, mais ça c'est plus la limite de mes connaissances, c'est connu, c'est comment on distingue ces sous-types d'un point de vue neurobiologique. Parce que les neurones qui produisent ta dopamine, ils vont projeter des axones et communiquer avec d'autres régions du cerveau. Et c'est probablement ces autres régions du cerveau, quand elles sont dérégulées, comme le cortex préfrontal, D'autres régions, le striatum, la manière dont ces régions-là vont être impactées par la déficience en dopamine et en noradrénaline va provoquer probablement différents symptômes. Par exemple, dans le striatum, qui est une région au fin fond du cerveau, Tu as différentes parties qui sont plus impliquées dans la locomotion ou dans la recherche du plaisir. Le cortex préfrontal, lui, qui est plutôt impliqué dans les tâches planifiées, la planification et la mémoire à court terme.
- Speaker #1
Les fonctions exécutives, tout ce qui est organisation, le chef d'orchestre du cerveau.
- Speaker #0
Et tu vois probablement que si le déficit de dopamine est plus important dans le striatum, tu vas peut-être avoir plus d'expression motrice. que s'il est plus dérégulé dans le cortex préfrontal, c'est peut-être la tension qui va être plus impactée.
- Speaker #1
Ok, ouais. Et d'ailleurs, il y a trois types de TDAH. Tu le sais, il y a trois grands types. Il y a le mixte, l'hyperactif impulsif. Donc, c'est ce que tu dis. En fait, il y a différents câblages. Je ne suis pas... Différents câblages qui va... Oui, c'est ça. Oui, c'est ça. Différentes formes de TDAH. Et donc... Il y a des sujets d'addiction forcément à un moment donné, c'est ça dans le sujet du TDAH. Moi je le retrouve très souvent dans les familles que j'accompagne avec les écrans et le sucre, les addictions au sucre. Toi c'est quoi un peu par rapport à ces addictions ou aux recherches que tu as pu faire ? Qu'est-ce qu'on en fait ? Qu'est-ce que tu as pu en conclure ? Explique-nous un peu toutes ces années de recherche, qu'est-ce qu'elles ont ? C'est quoi certaines conclusions, certaines compréhensions qu'on pourrait avoir ou qui sont intéressantes ?
- Speaker #0
Déjà que l'impulsivité, le trait impulsif, que ce soit dans le TDAH ou dans la population générale, est un facteur prédisposant aux addictions. C'est-à-dire que la capacité à contrôler son comportement ou les difficultés à inhiber un comportement favorisent le passage à l'acte. Et donc quand tu es en recherche de stimulation, tu vas plus facilement passer à l'acte pour rechercher ce qui te stimule. et dans ce qui te stimule ça va dépendre de ce qui est disponible évidemment ce qui est le plus facilement disponible aujourd'hui c'est l'accès à un écran et l'accès au sucre c'est légal, il n'y a pas besoin de se cacher pour le faire même si ça peut être mal vu de regarder son téléphone au restaurant etc, mais la pression ne va pas être suffisante pour se cacher et inhiber et donc évidemment dans Dans le TDAH, si tu es né avec une déficience en dopamine, ton cortex préfrontal qui est impliqué dans le contrôle comportemental, lui est déficitaire. Donc la capacité d'inhiber le passage à l'acte vers un stimulant et un plaisir est altérée et beaucoup plus difficile. C'est pareil, ton cortex préfrontal, il projette, il communique à travers une autoroute neuronale vers l'autre. une des régions qui est la plus impliquée dans les addictions qui s'appelle le noyau accumbens, qui reçoit aussi de la dopamine d'ailleurs, c'est les deux régions qui reçoivent beaucoup de dopamine, là aussi, c'est comme si tu avais ton contrat exprès frontal qui était censé contrôler ton noyau accumbens qui lui est déficitaire, et ça va favoriser l'impulsivité et la recherche de stimulants, et puis après ça devient un cercle vicieux. C'est une habitude qui se met en route et qui s'auto-entretient avec la recherche de stimulation rapide.
- Speaker #1
Ok, donc c'est un peu un service dans lequel tu t'entraînes. Et est-ce qu'il y a des... Je ne sais pas si tu sais, tu me dis si c'est dans tes connaissances ou pas, mais qu'est-ce qu'on dit ? Comment on peut aider une addiction ? Encore une fois, ce ne sont pas des suggestions, on n'est pas des médecins, on n'est pas en train de faire des avis médicaux ou des recommandations médicales, mais... Qu'est-ce que la science dit vis-à-vis de ça ? Est-ce que la science dit certaines choses par rapport à ce côté d'addiction, d'impulsivité ? Enfin, comme tu expliquais, qu'est-ce que la science, elle, dit par rapport à ça ?
- Speaker #0
Alors, comme tu dis, tu fais bien de préciser que je ne suis pas addictologue, ni psychiatre spécialiste du traitement des addictions. Alors, je vais te partager ce que moi, j'ai compris à travers l'accompagnement que je fais de certaines personnes et les sciences. L'addiction, c'est une habitude. C'est un comportement qui devient, c'est une habitude avec des déclencheurs jusqu'au comportement. Donc, il faut déjà comprendre ça, comment se met en place une habitude. Et la première phase est de comprendre que l'habitude est toxique, mais qu'elle produit quand même du plaisir. Donc, comprendre, si tu veux, la fonction positive de l'habitude. Pourquoi on l'a mise en place ? Qu'est-ce que ça nous apporte comme récompense ? Pourquoi ça nous fait du bien, etc. Est-ce que c'est une recherche, tu vois, sur Insta ? On peut y passer du temps. Est-ce que c'est une recherche de stimulation sociale ? De divertissement ? Quel est le besoin qui est nourri ? Derrière,
- Speaker #1
caché, oui.
- Speaker #0
Qui est caché, quel est le besoin qui est nourri ? Et ce besoin-là, souvent, il est positif. Il n'est pas répréhensible. Oui, j'ai besoin de contacts sociaux. Oui, j'ai besoin de me sentir vivant. Ou j'ai besoin de me sentir stimulé.
- Speaker #1
Oui, ok. Donc, en fait, c'est intéressant. Donc, il y a vraiment ce côté d'habitude qui rentre en jeu aussi avec l'addiction. Un peu comme tu vois un enfant qui est frustré donc il va jouer des jeux