Speaker #0Hello, je suis Maya et ceci est le second épisode, il y en aura trois, dédié aux jeunes, dans ces chroniques qui décodent le monde des TSA pour les non-autistes et réciproquement. C'est parti pour le second volet de ce que j'ai envie de te dire à toi, jeune atypique. Et si tu n'as pas écouté le premier, eh bien tu seras lourdement sanctionné. Non, je plaisante. Il n'y a pas d'ordre, tu fais comme tu veux. Si tu veux, tu retrouves le premier épisode sur YouTube, Apple Podcasts, Amazon Podcasts, Spotify et compagnie, avec le même titre. Et le dernier de cette série sortira le 1er samedi de novembre. Ensuite, on enchaînera sur une longue chronique sur le couple, avec une pause dans la thématique pour aborder la critique. Pourquoi certains s'en foutent ? Certains en font un petit peu trop de critiques, et d'autres y sont hypersensibles et la vivent si mal. On sent tellement impacté, même quand on dit mais non, mais c'est une critique constructive, il ne faut pas le prendre comme ça. Eh bien si, certains le prennent comme ça. Et on va tenter quelques explications à ceci sous le prisme de l'autisme. Allez, go pour le thème du jour et n'oublie pas de t'abonner et mettre des étoiles et des commentaires parce que j'adore ça. Merci beaucoup. On n'est pas obligé de souffrir dans ses relations amicales et amoureuses. Une jalousie forte, une relation de pouvoir ou de domination, la dépendance affective ou la dépendance financière, la soumission, une influence trop forte, tout ça, c'est pas bon signe. Si tu es dans ce cas-là, parle-en avec une personne de confiance, de préférence qui soit neutre et en dehors de ton réseau ou de celle de la personne avec qui tu souffres. En description, je te mets des liens. sur des systèmes de mentoring qui sont faits par des bénévoles pour les jeunes et qui peuvent accompagner sur le plan affectif, amical, tout ça, mais aussi concernant les études et la vie professionnelle. Tu as le droit d'être imparfait. Eh oui, tu n'as pas besoin d'être parfait pour être apprécié, aimé, accepté. malgré ce que la société, les réseaux et compagnie ont l'air de laisser entendre ce que nos éducations, parfois, voire nos traumas, nous laissent croire. Non, on n'a pas besoin d'être parfait pour être aimé. Ne cherche pas à changer, à être différent de ce que tu es, mais plutôt rapproche-toi des personnes qui ont les mêmes fous rires que toi, qui t'aiment comme tu es avec tes bizarreries. qui te laisse vivre les choses qui te passionnent et qui te laisse prendre le temps et l'espace nécessaire quand toi tu en as besoin. Les photos sur les réseaux et compagnie sont retouchées. Vous êtes immergé dans un monde retouché et avec des filtres. Bon, tu le sais, je le sais, tout le monde le sait, mais de temps en temps ça fait du bien de le rappeler. Et pour aller plus loin, je te raconte l'histoire d'Arne. Un dentiste que je connais depuis très longtemps, qui n'a pas cherché à nous faire aligner nos dents à mes enfants et moi. Alors, rien de problématique, juste, visuellement, en cherchant bien, il y a des choses qui ne sont pas tout à fait alignées. Et lui, il disait, mais ça fait votre personnalité, votre sourire, votre charme. Il y a certaines cultures où toutes les filles sont pareilles. Là, c'est moi qui continue. la même forme de sourcil, le même maquillage, le même maquillage, forme de bouche et compagnie. Et si elles peuvent, elles vont faire de la chirurgie esthétique pour avoir le même corps, les mêmes formes, les mêmes volumes, aux mêmes endroits. Est-ce que vous, vous trouvez ça beau, tous ces gens qui sont des copies les uns des autres ? Moi, personnellement, je suis complètement insensible au pec des hommes super beaux et parfaits. Et ce n'est pas parce que j'ai l'âge d'être votre... mère, les jeunes, j'ai toujours été comme ça, même plus jeune. Et je ne suis pas la seule, ce n'est pas ça qui va m'attirer. Il me semble que la plupart d'entre nous, et quelle que soit notre orientation sexuelle, on est plutôt charmé par une attitude, par des yeux rieurs ou mélancoliques, par une façon de rire ou une façon de parler. Chacun son truc, mais tout ça bien plus que les mensurations. Une certaine forme de corps, de muscles, d'attributs, une peau parfaite, oui ou non ? Dites-moi en commentaire ce que vous en pensez, qu'est-ce qui vous charme ? Est-ce que vraiment le physique en soi, et surtout le physique qui correspond aux normes qu'on voit sur les réseaux en ce moment, est-ce que c'est ça vraiment qui vous attire ? On passe au code de l'amour. En tant qu'autiste, souvent, on apprend par imitation, analyse, observation et réflexion. Alors c'est vrai chez tout le monde, mais encore plus chez les autistes, puisque le cerveau est câblé différemment, et que les autistes apprennent beaucoup moins, enfin, il y a beaucoup de choses qui sont moins innées, mais qui doivent être apprises. Et donc par les lectures, et l'imitation, l'observation. Alors, Essaye d'être attentif à ce que tu penses et demande-toi pourquoi tu le penses. Ça s'appelle de la métacognition. Par exemple, certaines personnes, genre et fille, en fonction de leur culture, de leur éducation, de leur lecture et des séries qu'elles regardent, des films qu'elles voient, vont prendre pour vérité absolue qu'une personne qui les aime va être romantique, en particulier si c'est un mec. et qu'il est censé ouvrir son cœur et exprimer ses sentiments facilement. Et en plus, s'il ne lui fait pas de cadeaux à la Saint-Valentin ou ne lui tient pas la porte, c'est qu'il ne l'aime pas. Ne riez pas, je ne caricature pas. Il y a des personnes comme ça. Une autre personne va considérer qu'une personne qu'il aime sera toujours souriante et heureuse avec lui. Et que si cette personne lui montre qu'elle est déçue de quelque chose, c'est en fait que... La première personne est trop nulle et n'a pas réussi à rendre l'autre heureux. Parce que si on réussit à rendre l'autre heureux, il doit être tout le temps heureux et tout le temps sourire. Et si ce n'est pas le cas, c'est qu'on est nul. Et en fait, la nature humaine est tellement variée, subtile, changeante. Elle évolue, elle avance et rien n'est écrit. Donc ne pars pas dans une relation avec des checklists. En disant si dans mon couple il y a ça et ça et ça, c'est ok. Et sinon, c'est qu'il n'y a pas la bonne personne. Entre parenthèses, je parlerai de ça bien plus en détail dans la prochaine série à venir sur le couple. Tu peux aussi te rapprocher des groupes de jeunes qui sont guidés, des groupes de jeunes autistes qui sont accompagnés par des pères aidants ou des éducateurs ou des psychologues. Et tu peux en parler avec tes parents, éducateurs ou autres proches avec qui tu as de bonnes relations. pour essayer de comprendre comment tu codifies tes relations, et pour t'interroger à vraiment ce qui te va bien, à toi. Et même, pour aller plus loin dans l'exemple, même si le modèle avec lequel tu as grandi, le modèle notamment parental, il est très positif. Tu as vu un couple qui s'aimait. Attention à ne pas chercher à le reproduire sans questionnement. Ils sont personnalisés parce que, par exemple, imaginons qu'un garçon qui a grandi en voyant son père très dévoué à son ou à sa partenaire, il va reproduire ça. La différence, c'est que le partenaire ou la partenaire de son père était une bonne personne, qui, cette personne, était aussi dévouée à son père. Donc là, ce garçon, il a reproduit cette attitude avec son partenaire qui est une personne narcissique. qui profite de lui, de sa gentillesse, et ne lui donne rien. Et du coup, dans cet exemple, on voit bien que reproduire l'exemple pourtant positif de quelque chose qu'on a connu et qu'on a vu, ça ne fonctionne pas dans tous les cas. On change de thème, les parents ou les éducateurs, les professeurs et compagnie, et les jeux vidéo. Alors nous... parents, tuteurs, éducateurs, profs et compagnie, on flippe quand vous passez des heures assis devant vos écrans. Soyons clairs, vous êtes, c'est vrai, une génération un peu plus sédentaire que nous qui jouions dans la... Enfin, je dis nous, peut-être ceux qui avaient des amis et qui savaient comment faire pour avoir des amis, qui jouaient dans la rue. Là, vous, vous êtes une génération qui ne joue presque plus au ballon dans la rue et donc la plupart d'entre vous n'avez beaucoup moins ou presque plus à marcher, par exemple, pour aller à l'école. Mais votre génération, si vous alternez, vous passez des heures devant les jeux vidéo, ça c'est une chose. Mais si vous faites aussi d'autres choses, comme un truc pour la famille, le lave-vaisselle, mettre la table, étendre une machine à laver, promener le chien, Et je vous assure, vos parents... vos tuteurs et vos représentants légaux et compagnie ne m'ont pas contacté, ils n'ont pas d'action chez moi et ce n'est pas un message qu'ils m'ont demandé de vous dire. Mais moi je vous le dis quand même. Donc si vous faites autre chose et que vous faites quelque chose pour la famille notamment, promener le chien et compagnie, et qu'en plus vous avez une activité type faire de la musique, lire, faire des jeux de société, aider votre frère ou votre sœur dans ses devoirs, faire du sport, nous, on va moins flipper. Parce qu'à l'approche des week-ends et des vacances, si on ne vous voit pas décoller de votre chaise, Vraiment, on panique. Mais si c'est votre passion les jeux vidéo, ou que vous apprenez plein de trucs sur des vidéos YouTube, expliquez-nous. On aime s'intéresser à ce que vous faites. Et même, on pourra peut-être, probablement, vous encourager à aller plus loin dans vos passions. Et si vous sentez que ce n'est pas possible pour vous de décoller parce que c'est une addiction, ou parce que vous êtes super anxieux et que ce monde est trop flippant, alors là, c'est peut-être le signe que vous n'allez pas fort. Et c'est possible que nous, on les sentit, que vous n'allez pas fort, et que c'est aussi pour ça qu'on s'inquiète. Dans ce cas, vous pouvez faire le pas de demander de l'aide, soit directement, soit en passant par vos proches. Et là encore, en ressources, je vous mets en description des assos et des soutiens à contact. On continue avec l'injonction à l'autonomie. Sois le maître de ton destin, de ta santé physique et de ta santé mentale. Sois le maître de ton équilibre et des idées, des projets mêlés en œuvre. C'est un magnifique mantra tout ça. Et ça nous fait sortir de la toute-puissance d'un savoir externe à nous ou d'un savoir religieux ou d'un savoir collectif pour devenir maître de notre destin. Oui. C'est pas juste l'extérieur qui décide de tout, il y a une partie qui dépend de nous. Mais c'est oublier que c'est qu'une partie, parce que non, tout ne dépend pas de toi. Il y a des choses qui ne dépendent pas de toi. L'autonomie viendra à ton rythme. Chacun est différent, ne te compare pas aux autres, mène ton propre chemin à ton propre rythme. Tu peux faire des études ou travailler, ou pour des raisons x ou y ne... pas être en mesure de le faire ni des études, ni travailler pas maintenant, pas comme ça ok, c'est ok tu peux le faire plus tard, certains vont prendre une année sabbatique, certains vont faire du volontarisme, certains pour des raisons de santé tout simplement ne peuvent faire ni l'un ni l'autre d'autres vont faire des formations en ligne et certains ont besoin de temps pour se rétablir sur le plan de leur santé mentale ou physique, et encore une fois C'est ok. Et du temps, c'est pas deux semaines ou un mois. Ça peut être beaucoup plus de temps. Parfois, ça se compte en années. Et tu n'es pas seul à vivre ça. Et si vous êtes passé par là ou que vous passez par là, s'il vous plaît, dites-le. Commentez-le. Si vous ne voulez pas le commenter, vous pouvez me l'écrire en privé en me demandant de le mettre en anonyme. Mais parlez-en. Parce que vous êtes beaucoup de jeunes à vivre ça. et à ne pas savoir en parler, à ne pas réaliser que vous n'êtes pas seul là-dedans. Et vous pouvez aider et soutenir les autres en leur montrant ce que vous vivez ou ce par quoi vous êtes passé. On continue avec une autre injonction, l'injonction à sortir, à profiter de sa jeunesse, à avoir des amis. On te la fait aussi celle-là ? Du style, mais vis ta vie, profite, fais des erreurs, sors, enivre-toi, teste un petit peu des trucs, amuse-toi. Et peut-être que toi, en fait, t'en as pas envie. Parce que ce que tu aimes faire, c'est pas ça. Tout ce que je viens de dire. Et ben tu sais quoi ? C'est ok. Et crois-moi, on peut tout à fait mener sa barque, mener sa vie, avancer, travailler, être heureux, faire des projets, avoir un statut social, une reconnaissance sociale, sans avoir fait le con pendant toute son adolescence. Et tester tous les trucs d'ado. Oui, c'est possible. Et à l'inverse, si c'est ton chemin que tu passes par là et que tu testes tous ces trucs-là et que tu as besoin de profiter, de t'amuser, eh bien ok, fais ton chemin, c'est ton chemin à toi. Mais garde, comme justement, garde fou le respect de toi-même et le respect des autres. Ne te force jamais, fais les choses pour les bonnes raisons et ne force jamais quelqu'un. L'équilibre entre agir et lâcher prise. Il y a des choses qui dépendent de toi. On vient de le voir et il y en a d'autres qui dépendent de ton environnement, d'autres qui vont dépendre encore de ta génétique. On entend parfois l'expression « prier comme si tout dépendait de lui, Dieu, l'univers » et « agir comme si tout dépendait de nous » . Ça peut revenir aussi à cette prière « donne-moi la force d'accepter ce que je ne peux pas changer et la force de changer ce que je peux changer » . En fait, c'est un équilibre entre s'accepter et se bouger. Accepter surtout qu'il n'y a rien de fixe. Un jour oui, un jour non. Un jour tu peux bouger, et l'autre jour tu as besoin de décompenser. Tu as besoin de regarder des séries, de dormir. Accepter l'instabilité, bien que notre société exige une forme d'équilibre. Accepter le déséquilibre et l'incertitude, même si c'est contre les routines, les routines bien-être et tout ce que dit la société. Un pas à gauche, un pas à droite, c'est un déséquilibre à gauche, à droite. Et en fait, c'est ce qui permet d'avancer. On ne marche pas tout droit. Pour marcher, pour avancer, si on décompose, on regarde bien, on fait un pas d'un côté, un pas de l'autre, et on se déséquilibre d'un côté et de l'autre. Et ça permet d'avancer. On continue sur le fait, l'injonction d'être à 100%. C'est la norme dans notre société, il faut être à 100%, au top. Au top physique, intellectuellement, au top avec les amis. Mais la plupart d'entre vous, les jeunes atypiques, ou qui avaient un parcours de vie un peu abrupt, un peu distinct, vous ne pouvez pas être à 100%. Est-ce que c'est un problème ? Pas forcément, parce qu'être à 100% dans cette société, ça veut dire quoi ? Ça veut dire être capable d'en suivre les normes et de consommer. Mais précisément, si une société basée sur la consommation et le paraître ne te convient pas, alors ce n'est pas un problème de ne pas être à 100%. Et certains d'entre vous sont à 40% parce qu'ils traversent une dépression, ou alors ils ont des douleurs chroniques, ou les deux. Et quand ils arrivent à 70%, c'est déjà vachement bien. Les autres, ils ont l'air d'être à 100%. Et toi, tu parais décalé ou en retard ou faible. Mais tu sais quoi ? Ce que tu as traversé ou ce que tu traverses actuellement te donne une maturité de dingue. Récemment, je parlais avec Agnès. Une magnifique rencontre et une personne qui porte comme moi un projet de lieu ressource pour les jeunes. Agnès me disait, en parlant des jeunes comme vous, vous avez peut-être perdu quelques années d'études ou de parcours. Vous pouvez sembler en retard par rapport aux autres de votre âge, au fait que quand vous reprenez, quand vous prenez un travail, quand vous continuez des études, vous pouvez être plus vieux par rapport aux autres, ou justement paraître en retard. Mais en réalité, vous avez gagné des années. de travail sur vous. Vous avez gagné des années de maturité, des années de compréhension sur vous, de compréhension des autres, d'empathie. Et vous êtes plus avancé au niveau maturité et travail sur soi que beaucoup d'adultes. Ne vous jugez pas. Jamais. Votre parcours, il n'est pas facile, mais il est unique. Et vous avez une grande maturité par la force des choses, par tout ce que vous traversez. Autre chose que j'ai envie de te répéter, c'est pas ta faute. T'as pas choisi d'être anorexique. Tu fais pas exprès d'être autiste. C'est pas parce que tu fais pas assez d'efforts que t'as un TDAH. C'est pas de la faiblesse qui fait que t'es en dépression. C'est pas toi le problème par rapport au regard que tu as sur ton corps. Ton orientation sexuelle, c'est ok. Pour certaines des choses que j'ai évoquées, c'est neurologique. C'est le cerveau qui fait son truc. et ni toi ni ceux qui ont participé à ton éducation ne sont foutifs. D'autres de ces choses sont facilitées par la société dans laquelle on vit. C'est pas toi le problème. À ce propos, je te mets en description un super livre qui s'appelle comme ça, C'est pas toi le problème, et je le répète, c'est pas ta faute. Tu n'as pas choisi tout ça, ok ? Et à partir de là, tu vas pouvoir trouver des pistes et avancer, mais en déculpabilisant. en ne te chargeant pas de toute la responsabilité. Parlons maintenant du harcèlement. On en parlera beaucoup plus en détail, je ferai un épisode plus détaillé là-dessus. Mais en quelques phrases, si tu as été harcelé, comme en réalité, hélas, la grande majorité des enfants et des ados différents. Je n'ai pas besoin de te faire un dessin sur ce que c'est le harcèlement. Mais toi, tu sais que 1. Ça ne justifie pas de devenir à ton tour celui qui harcèle. Et deux, le harcèlement, c'est pas seulement être le harceleur, c'est aussi être silencieux quand on voit quelqu'un qui est le bouc émissaire. Alors, changeons les choses, chacun à notre niveau. Tu vois un truc qui va pas ? Signale-le. Pour éviter à quelqu'un d'autre de souffrir comme toi, et tous ceux qui sont passés par là. Et merci pour ce que tu vois, pour ce que tu dis, pour ce que tu signales, pour ce que tu soutiens. L'amitié ne se force pas. Parfois on a des périodes avec un ou plusieurs amis et parfois on a des périodes sans amis et même adultes. Parfois on attend longtemps. Tu peux essayer de changer de réseau, de trouver des gens qui partagent aussi des valeurs et des intérêts proches pour tisser des liens. Mais on ne peut pas forcer l'amitié. Et ce n'est pas comme dans les médias ou dans les séries La Bande de Potes. On va parler maintenant de deux dernières choses avant de terminer cet épisode-là. Les notes, les résultats et compagnie. Et puis on va finir avec le fait de relativiser. Alors les notes, les résultats, ce n'est pas tout. En Espagne, par exemple, tu peux commencer des études universitaires à 25 ans. sans avoir de bac, du moment que tu passes le test d'entrée. Ou alors tu peux rejoindre aussi la fac Vili en étant passé par une filière pro. En Suisse, à 16 ans, tu peux partir en apprentissage, acquérir un métier qui est respecté et respectable, monter ta boîte ou racheter la boîte dans laquelle tu as fait ton apprentissage. Ou tu peux aussi entrer à l'université sans bac si tu as le niveau. Et plus tard, en Allemagne aussi, tu peux faire ça. Dans ces pays-là, on va être plus, si j'ai bien compris, sur le modèle anglo-saxon. On est plus sur le potentiel que sur les diplômes. Alors réfléchis et identifie la pression que tu te mets quand tu as 16, 18, 20 ans. Cette pression-là, est-ce qu'elle vient de toi ? Et si c'est le cas, tu peux essayer de faire un travail sur toi pour t'accepter avec plus de douceur. Et si cette pression et ces attentes, elles viennent de ta famille et de la culture, de la société dans laquelle on vit, alors le fait de l'identifier et de savoir qu'en réalité il y a plein d'autres chemins que tu auras ton bac mon fils, tu auras ton bac ma fille, tu feras des études universitaires, tu feras ci et ça, tu auras ton diplôme, il y a plein d'autres chemins possibles, il y a plein de voies possibles. plein de manières d'y arriver et il y a un rythme qui est différent. Et en ça, identifie-le, détends-toi sur le sujet et peut-être que ça va t'aider à faire baisser cette pression et pour vivre les choses à ton rythme. Il y a des mecs, ils sont scientifiques ou neuropsychologues, ils ont des belles carrières, ils font des conférences, ils écrivent des bouquins, ils ont leur cabinet rempli ou leur carnet de commandes rempli Et c'est des gens qui ont 14, 16, 18 ans, glandés pour certains du terme, qui ne savaient pas quoi faire, qui ont eu des étapes de déscolarisation, qui ont eu des phases dépressives. Ça arrive vraiment à des gens super. Donc cette pression-là, on va essayer de la lâcher un petit peu. Et donc on termine par relativise. Alors un exemple, ce jour-là non plus, tu n'as pas réussi à aller en cours, c'est ok. Ça arrive. T'entends en toi ces petites voix qui te disent « ouais mais un jour de plus sans cours et puis encore ce truc-là que t'as pas réussi à faire, du coup tu vas rater tes examens, t'auras jamais de diplôme, tu pourras pas avoir un emploi correct, tu seras pas autonome, ta vie est foutue » . Wow, ça va vite, non ? Certains ont effectivement des cerveaux qui vont très vite et tirent des conclusions très rapides. Et c'est aussi parce que... Quand on a entendu nos parents nous répéter « si t'as pas des bonnes notes » ou « si tu vas pas en cours, tu n'auras pas de travail » , et tout ça, ça a forgé les convictions, les certitudes et les peurs. Alors, 1. Les parents, moi y compris, ils ont fait, on a fait ce qu'on a pu, avec ce qu'on est, avec ce qu'on a vécu. Et les parents, eux aussi, nous aussi, on a nos peurs, nos limites. Et on subit aussi. la pression sociale. Alors, qu'est-ce qu'il fait, ton enfant ? Il fait des études, alors c'en est où ? Donc toi, en tant que jeune, ton job, ça va être de dissocier tes vraies peurs de celles qui viennent de tes parents. Nous, les parents, c'est à nous de gérer nos peurs et nos crispations et la pression qu'on vous met parce qu'on est crispé par la société. C'est à nous de gérer ça. Toi, si ces peurs, elles ne viennent pas de toi, lâche les peurs de tes parents. Ensuite, en deux, Il y a plein de gens. Je viens d'en parler un petit peu, il y a plein de gens qui ont un parcours atypique, qui ont été déscolarisés, qui ont fait des pauses voulues ou choisies, ou des pauses subies, qui ont arrêté, repris, restoppé les études, etc., qui ont des parcours qui ne sont pas du tout linéaires ni classiques, parce qu'on nous vend, entre guillemets, on nous présente le parcours linéaire, classique, tout ça, comme la normalité. Non, c'est un des parcours, mais tu peux... Tout à fait réussir avec un parcours qui fait des virages, des stops, des marches arrière, des reprises, des pauses. Et qui dure plus longtemps que les autres. Ou pas d'ailleurs, parce que ça peut aussi être très rapide. Ça dépend vraiment. Il n'y a pas de normes en fait. Il y a tellement de façons d'être, de vivre, de mener son chemin. Il y a tellement de possibilités. Et ça, ça m'amène au point 3. Tu vas créer ton propre parcours, ton chemin, ton job. ou trouver ton job de rêve, celui qui va bien avec ta façon de fonctionner. Te lever tous les matins à 7h pour être à 8h30 au boulot en open space et devoir fournir tous les jours la même quantité de travail, alors que tu as des jours avec plein d'énergie et tu as des jours où tu voudrais juste rester sous la couette parce que tu n'arrives pas à faire autrement, ça ne te fait pas rêver un programme comme ça ? Eh bien, ça aussi, c'est OK. Et il y a plein d'autres modalités possibles. Bon, ben finalement... C'est pas fini, je t'en rajoute encore trois parce que sinon le prochain épisode va être beaucoup trop long. Ce que je voudrais encore te dire c'est que c'est pas définitif. L'image que tu as de toi, ta solitude, cette souffrance liée à ces amitiés compliquées, les problèmes avec les adultes, ta fatigue, ta souffrance physique, le sentiment de perte de sens, le poids du stress, ton anxiété, etc. Tout ça ce sont des exemples. mais rien de tout cela n'est définitif. Courage, tu n'es pas seul. Les changements mentaux et physiques ne sont pas définitifs et c'est un fait, c'est long, c'est parfois dur, mais rien n'est définitif. Avant de prendre des décisions radicales, patiente, demande du soutien, fais-toi accompagner. On est dans une société qui va trop vite et qui te fait croire que tu n'es pas normal si tu prends ton temps hors la norme. c'est de prendre son temps. Tu as le temps, prends-le. Ensuite, te sentir différent. À l'adolescence, par exemple, ton sentiment d'être différent des autres, il peut se creuser, s'intensifier. D'abord d'une façon générale, et puis en plus parce que tu es atypique. Ça paraît très violent parce que c'est justement le moment de la vie où tu quittes le regard et la validation. des adultes de la famille, des parents en général, pour te définir dans le regard et l'acceptation des autres. Comment se faire accepter par eux quand on se sent aussi différent, quand on se sent pas bien, voire repoussant, et qu'en plus on a tellement de mal à interpréter les codes sociaux. Et franchement c'est la galère, moi non plus, j'ai toujours pas compris. Si j'ai un conseil, c'est ne cherche pas à être comme eux. Cherche ce qui te fait vibrer et te passionne, toi. Tu es différent, ne cherche pas à ressembler à ceux qui sont entre guillemets dans la norme. Sois toi-même, les autres sont déjà pris, j'adore cette phrase. Et pourquoi pas rejoindre d'autres jeunes TSA avec qui tu peux en parler librement, pour avoir un groupe d'amis, tu as des groupes de jeunes TSA sur Discord, tu as le réseau Atypiku et d'autres choses comme ça. Et cette fois, je termine pour de vrai avec ce dernier thème, ta sensibilité, ta fatigue, ton énervement, tes craquages, le fait de ne plus en pouvoir. C'est normal. Attention, ça ne veut pas dire que tu n'as pas besoin d'aide. Et à l'épisode prochain, on va prendre un peu plus de temps de parler des clés pour faire la part des choses. Ok, mais si tu te sens hypersensible, crevé, épuisé, énervé, à fleurs de peau, que tu craques, que tu n'en peux plus, en fait tu vois un cerveau neurotypique, il fait le tri entre toutes les infos. Et il cesse de tenir compte du tissu sur la peau, des habits, des cliquetis du voisin avec son stylo, des bruits dans la poche, des feuilles non alignées sur le tableau, sur la table du prof. Mais toi avec ton cerveau différent, il y a de fortes chances. que ta tête tienne compte de toutes ces informations en permanence. Et en plus, ce son qui te crispe, cette personne qui te frôle, et toute ton énergie est mise à gérer ce contact imprévu et non voulu, etc. Ici, je fais une parenthèse pour te dire que tu n'es pas seul à vivre ça, tu es normal. Et tu vis encore tellement d'autres choses du même ordre, rien qu'au niveau sensoriel. Alors... Vraiment, parle-en sur un groupe avec des jeunes qui te comprennent et qui te respectent et qui connaissent ce que tu vis et qui vivent la même chose. Tu pourras peut-être même, en partageant ton témoignage, soutenir certains d'entre eux. C'est hyper important de parler avec ces PRP-AIRS et de réaliser qu'on n'est pas seul dans ce qu'on vit. Fin de la parenthèse. Tout ça, c'est une quantité d'infos sensorielles. émotionnelle, sociale, cognitive, une quantité de dingue à gérer par ton cerveau et c'est tout à fait normal que ce soit épuisant, que ce soit anxiogène et que ça te donne juste envie de fuir tous les endroits et les personnes, les événements qui sont too much pour toi. Et voilà c'est tout ! Et c'est déjà pas mal pour aujourd'hui. Merci d'avoir écouté. Merci à tous ceux d'entre vous d'ailleurs qui m'ont écrit suite au premier épisode de cette série. Merci pour votre confiance et ce que vous m'avez partagé. Je ne sais pas, la science infuse, on avance ensemble. Donc si tu n'es pas d'accord avec ce que je dis, si tu es d'accord, tu peux le dire bien sûr. Et si tu n'es pas d'accord aussi, si tu veux nuancer mes propos, apporter un autre éclairage, m'informer de certaines choses. Complétez le propos, tu es le bienvenu, parce que quand on réfléchit à plusieurs, c'est toujours plus intéressant. Et pour aller plus loin ou retrouver les différentes choses dont j'ai parlé, regarde dans la description, je te mets les liens vers les sites et les ressources. Dans 15 jours, on termine ce triptyque pour vous les jeunes, on aborde le perfectionnisme, les crushs, l'Himalaya. La montagne, oui, mais tu vas voir, c'est un concept que j'ai inventé qui explique deux, trois choses. Les émotions, la logique, mais qu'est-ce que ça vient faire là ? Eh bien, tu verras. Le droit à laisser, la solitude. Et on finira par les quelques pistes pour essayer d'aller mieux, en fait, et de s'accepter de comme on est, de foutre la paix, finalement. Allez, à plus.