- Speaker #0
Hello les filles, aujourd'hui nous allons aborder le thème de la maternité, sujet que je n'ai pas encore abordé sur ce podcast. Pour cela, j'accueille Emmanuel Roy-Jacquin, coach certifié ou Mamapowa sur Instagram. Nous allons parler de ce sujet très intense qui nous touche, qui nous parle ou qui nous questionne de près ou de loin, un jour ou l'autre dans notre vie de femme. Que l'on soit maman... pas encore qu'on ait envie de l'être, qu'on se questionne ou alors qu'on n'ait pas envie de l'être mais que nous côtoyons des femmes dans notre entourage qui le sont. Ce questionnement autour de la maternité, la carrière, l'équilibre professionnel et personnel, comment ne pas se perdre dans cette transition. Nous abordons tous ces sujets dans une grande et intense discussion. Si cela t'intéresse, je te propose de prendre un moment pour toi et de rester avec nous. Belle écoute ! Bienvenue dans Féminine, le podcast des femmes qui veulent avancer avec clarté, confiance et magnétisme tout en respectant leur rythme intérieur. Je suis Anita, designer et entrepreneur. Je vais partager avec vous mon lifestyle, mes recherches et mes connaissances pour mener ma vie professionnelle et personnelle pleinement. Ce podcast, c'est un rendez-vous pour cultiver un leadership féminin qui attire sans forcer et réussit sans s'épuiser. Alors abonne-toi dès aujourd'hui pour ne rien manquer des prochains épisodes et laisse un petit avis, c'est le meilleur moyen de faire grandir féminine. Bienvenue Emmanuelle sur le podcast féminine. Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet essentiel qui n'a pas encore été abordé sur ce podcast, la maternité. Ce moment de bascule qui va transformer profondément notre vie de femme. Chaque femme, à un moment donné ou un autre de sa vie, est confrontée au sujet de la maternité, de près ou de loin. Les questionnements sont nombreux à ce sujet. Devenir mère peut venir questionner notre identité, notre rapport au travail, nos priorités, notre énergie et parfois même notre définition de la réussite. Pour parler de cette... Transition, je te reçois, Emmanuelle. Tu es coach en développement personnel, créatrice de Mamapowa. Ça en dit long sur ce que tu as à nous transmettre. À travers tes accompagnements, tu aides les femmes et les mères à redéfinir leur manière de travailler, à trouver leur rythme et à construire une réussite plus alignée avec leur réalité intérieure. Dans cet épisode, nous allons parler sans filtre. de maternité, d'équilibre pro-perso et de ce chemin parfois invisible que traversent les femmes pour conjuguer ambition, présence et respect de soi. Et si tout était une question d'équilibre ? Alors Emmanuel, pour commencer, est-ce que tu peux nous dire qui tu es, celle que tu es vraiment aujourd'hui ?
- Speaker #1
Écoute, merci pour cette délicieuse introduction. Merci Anita, c'est hyper agréable. Je suis très chanceuse d'être là avec toi aujourd'hui. Et merci de me donner le micro. Moi, je suis Emmanuelle. Je suis la fondatrice, tu l'as dit, de Mamapowa. Je suis coach professionnel certifié. Et moi, je suis l'oreille attentive et non jugeante. Je suis également la meilleure cheerleader des... perfectionnistes, des femmes qui sont perfectionnistes. Et je crois que quand on est femme, quand on est perfectionniste et quand on devient mère, on vient se rajouter un petit peu de plomb sur les épaules et ce qui était possible avant devient, pour certaines, une forme de mise en difficulté et de galère. Parce qu'à un moment, la maternité fait que, tu l'as dit, les priorités sont revues. Le rapport au temps est un petit peu différent. Le rapport aussi à sa responsabilité, à son rôle. Parce qu'on passe de femme, d'amoureuse, d'amie à mère. C'est une corde qu'on rajoute à sa guitare, si je puis dire. Et donc à un moment, l'idée c'est de ne pas exploser en vol. Mais de se dire, jusque-là je faisais comme ça. Désormais en étant mère, comment je vais pouvoir faire peut-être ? un peu différemment. Et puis la maternité, parce que c'est un acte quand même fondateur, qui peut se passer extrêmement avec fluidité, avec facilité pour certaines, mais pour d'autres, ça peut être l'occasion de remettre à plat Qui suis-je ? De quoi j'ai envie demain ? Quand je me regarde dans une glace et ce petit être qui dépend de moi, quelle image j'ai envie de lui renvoyer ? Comment j'ai envie peut-être de l'inspirer, à suivre son chemin, à s'écouter et de se dire mais et moi ? Un peu crise de milieu de vie. Jusque-là, me suis-je écoutée ? Ai-je coché des cases pour faire plaisir ou les bonnes cases pour moi ? Je trouve que la maternité, c'est aussi le pavé dans la mare de dire « Ok, pendant 15 ans, j'ai construit une super carrière. Aujourd'hui, je suis mère. Est-ce que je continue comme ça ? Et ça fait sens pour moi et c'est cool. » Ou « Est-ce que c'est l'occasion de me réinventer ? »
- Speaker #0
Joli questionnement. Et toi, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton parcours et surtout ce qui t'a amenée à accompagner aujourd'hui les femmes qui ont besoin de se réinventer, comme tu le dis ?
- Speaker #1
Écoute, moi, j'étais... une bonne élève, alors fils de prof. Il paraît que c'est un lien de causalité. Je Ausha les cases. J'étais très scolaire. J'étais aussi un petit clown parce que j'aimais faire rire autour de moi. J'aimais propager de la joie. Mais finalement, je ne m'écoutais pas trop, mais j'étais assez docile. C'était aussi un de mes traits de personnalité. Et puis, la maternité. est arrivé comme un petit grain dans la chaussure, où comme je te le disais en guise d'intro, je suis passée de ambitieuse, égocentrée, à merlouve. Et ça, c'est quelque chose, un, que je n'ai pas vu venir, deux, qui m'a profondément déstabilisée parce que celle que je pensais être s'est révélée un peu différente, une fois ce petit bébé dans mes bras. Et pour autant, malgré ce grand écart, étais-je heureuse ? Étais-je à ma place ? Étais-je épanouie, alignée dans ce nouveau rôle de mère ? Pas vraiment. Et là, la boîte de Pandore, de « et l'ambivalence que peut créer la maternité » , de « j'adore mon enfant, j'ai envie de passer du temps avec lui » et pour autant, ça ne me suffit pas pour remplir ma jauge, pour me sentir vivante intellectuellement. Et donc, qu'est-ce que je fais de ça ? Et surtout de me dire, mais ok, jusque-là, j'ai fait les bonnes études, j'ai coché des cases, j'ai eu le bon job, dans la bonne boîte. Mais tout ça, pourquoi ? Est-ce qu'aujourd'hui, que je suis mère, que j'ai cette responsabilité, que mine de rien, je pense que de devenir mère, ça m'a donné aussi un supplément de conscience humaine, écologique, même politique. Et donc qu'est-ce que je fais de tout ça ? Moi ça a été une crise d'identité XXL. Une crise du sens, tu l'auras compris, parce que j'avais un job entre guillemets superficiel dans la com, dans la mode, même si je crois que la mode est finalement tout sauf superficiel, mais ça pourrait faire l'objet d'un autre podcast tellement il y en a à dire. Mais de dire ok, mes priorités ont changé, je dois me réinventer. Je vais prendre un peu de temps pour choisir là où désormais j'ai envie de donner mon énergie. Parce que le temps est une donnée qui est désormais encore plus précieuse maintenant que j'ai un enfant.
- Speaker #0
Pour revenir sur ce sujet de maternité, avec ton expérience et l'expérience que tu as des personnes que tu accompagnes, comment elle va venir transformer notre manière de travailler ou même notre manière de lider autour de nous ?
- Speaker #1
Écoute, alors je vais rassurer toutes les mères qui vont nous entendre. Je crois que la maternité, c'est la meilleure école du leadership. Dans le sens où, évidemment, la maternité transforme nos priorités, en tout cas le rapport aux priorités qui est un peu différent. Je pense que le job doit être carrément intéressant pour qu'il vaille le coup de laisser 8 heures par jour la prunelle de ses yeux à un mode de garde. Et donc, c'est de se dire, OK, on travaille jusque-là. Fait-il toujours sens ? Me donne-t-il envie de déposer mon enfant à quelqu'un pour m'y adonner avec ferveur et passion ? C'est un bon baromètre. Je pense aussi que le rapport au temps est complètement modifié dès lors qu'on a un enfant, parce que ça rajoute une couche de choses à faire. Et en plus, quand on a repris le boulot après une maternité, c'est de se dire j'ai moins de temps pour faire plus de choses. Donc à un moment, qu'est-ce que je priorise ? Qu'est-ce qui est très important pour moi ? Qu'est-ce que j'ai toujours fait comme ça ? C'est aussi de faire un peu le point, le bilan, de se dire jusque-là. Je prends un exemple parce que moi, j'adore manger. Je suis épicurienne, je suis gourmande. Faire la cuisine, c'est quelque chose qui est important pour moi. Choisir mes produits frais, etc. Sauf qu'à un moment donné, est-ce que je peux continuer à faire mon marché cuisinier bio, de saison, local, quand j'ai un enfant en bas âge, quand j'ai repris le boulot ? Et quand à un moment je ne suis pas Shiva, j'ai pas 18 bras, et j'ai un temps qui est restreint. La question se pose. Pour certaines oui, pour certaines temporairement, ce sera mis au... ça sera un peu différent. Juste de se dire, c'est pas parce que j'ai toujours fait comme ça que je dois continuer à faire comme ça. En tout cas s'autoriser à prendre un peu de hauteur, à faire un pas de côté, et se dire, est-ce que ça me sert ou ça me dessert à court terme de continuer comme je faisais jusqu'avant. Je crois aussi que tu parlais de leadership. La maternité, pour moi, c'est un peu le chemin direct vers un leadership hyper incarné de plus d'efficacité, plus d'empathie, plus de prise de recul, de prise de hauteur. Parce que, on le sait aujourd'hui, le cerveau se modifie au long de la grossesse, de l'accouchement, du postpartum et une fois qu'on devient mère, pour répondre aux besoins d'un petit être, et donc en mode solution oriented, empathie. plus, plus, plus parce qu'on est full hormone et parce qu'à un moment, en fait, ce petit tête, si on ne fait rien, il s'étiole. Et donc, du coup, c'est... Ok, il a faim, il a soif, il est fatigué, il a la couche pleine. C'est d'apprendre à décoder du non-verbal. Et ça, demain, quand on lit d'une équipe, c'est d'apprendre aussi à bien sentir des signaux faibles ou du non-verbal, de mettre parfois aussi les pieds dans le plat. Et de se dire, en fait, quand je suis au boulot, je suis une machine de guerre. C'est-à-dire que vraiment, boum, boum, boum, je croyais être efficace avant, mais depuis que je suis mère, je suis une cador de l'efficacité parce que je n'ai plus le temps de niaiser, parce que le soir, je sais que je ne vais pas avoir envie de rouvrir l'ordi. Et donc, en fait, ce qui est fait n'est plus à faire. Et donc, je suis capable d'être une force de frappe, d'être une machine de guerre de boulot. sur un temps donné. Vraiment, je ne connais pas une femme qui, devenant mère, ne m'a pas dit « Mais je suis devenue méga efficace ! » Et aussi, un petit côté, prise de hauteur, prise de recul, de dire « En fait, avant, je fignolais des prêzes à la Spielberg, comme si j'allais présenter la dernière sortie de l'iPhone 18. Maintenant, en fait, si mon document est un peu plus basique, mais qu'à la fin... » il y a la question et qu'on est capable de trancher et de sortir de la réunion avec une réponse c'est bien l'essentiel et je crois qu'un leader ce qu'on lui demande c'est d'avoir la vision mais pas d'être dans la fioriture forcément et donc ça la maternité apporte ce supplément de ouais c'est ça d'efficacité de prise de hauteur, de vision d'empathie, je fédère les gens derrière les idées, j'invite les uns les autres à échanger et à un moment hop On décide et on y va et on déroule.
- Speaker #0
Oui, cette notion d'essentiel et de priorité, je pense qu'elle ressort de ce que tu dis et je pense qu'on devrait l'appliquer, qu'on soit maman ou qu'on ne le soit pas.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et dans les personnes que tu accompagnes ou que tu as accompagnées, est-ce que tu as remarqué des peurs ou des croyances ? Alors, je ne sais pas si le terme croyance est juste, et Chez les mamans, chez les femmes actives, concernant cette idée de réussite et de performance ?
- Speaker #1
Alors, il y en a certains qui reviennent tout le temps, C'est « je ne peux pas me positionner sur un poste de direction » ou « je ne peux pas demander une augmentation de salaire si désormais je pars à 17h30 le soir » . Il y a un vrai truc ! Attention, je ne dis pas que c'est... du fait des femmes. Je crois que le sujet est plus structurel et plus global. Mais cette croyance à la peau dure... Alors, certaines sont agréablement surprises de voir qu'on leur propose, servie sur un plateau d'argent, avant même qu'elle soit partie en congé mat, une évolution, un scope, un peu plus... En tout cas, une évolution dans la hiérarchie. Malheureusement. c'est pas la majorité des filles que j'accompagne, nombreuses sont celles qui sont mises au placard, nombreuses sont celles qui ont été remplacées. des stagiaires, voire même pas remplacées pendant leur congé maternité. Et que du coup, quand elles reviennent, on les met un petit peu au défi de refaire leur preuve. Parce que ça a fonctionné pendant 3 mois, 6 mois. Elles n'étaient pas là où il y avait un stagiaire. Ça faisait le taf. En tout cas, c'est ce qu'on leur fait croire. Et donc, prouve-moi que tu as ta place. Que le salaire qu'on te donne, il est toujours OK. Et à une période où on est quand même vulnérable en postpartum, je trouve ça affligeant d'avoir ce rapport à quelqu'un qui a 2 ans, 5 ans, 10 ans d'ancienneté. Je trouve ça complètement aberrant, ça c'est mon point. Mais surtout, pourquoi finalement on ne pourrait pas évoluer en partant le soir à 17h30 ? À quel moment s'est corrélé le temps de présence ? Et la posture de manager ou de leader. Évidemment, là je te dis ça, ça fait un peu la coach perché dans sa tour d'argent. Je suis bien consciente qu'il y a certaines réunions ou certaines urgences qui nécessitent de rouvrir l'ordi après 20 heures ou d'avoir une forme de disponibilité. Mais une boîte qui ne fonctionnerait qu'à la disponibilité et en crash à prendre des décisions ultra à gros enjeux après 18h le soir, moi je suis un peu inquiète. Donc c'est de se dire, oui, peut-être que ça va nécessiter de garder un peu le téléphone ou le lien d'une manière ou d'une autre pour rassurer au moins un temps. Mais pourquoi je ne brigerai pas cette promotion alors même que je reviens de mon congé mat ? Si moi j'en ai besoin pour me sentir engagée dans cette boîte, pour me remettre sur les sujets avec ferveur, Il y a des nanas qui n'aspirent qu'à être promues à l'issue de leur congé mat. Ne faites pas croire aux nanas parce qu'elles ont eu un enfant qu'elles ont envie d'être plan-plan pendant 3 mois, 6 mois, 1 an, 2 ans. Certaines, oui, mais promis, ce n'est pas le cas de tout le monde. Et aussi, dernier point, dernier poncif que j'observe, c'est certaines qui ont envie peut-être aussi de reprendre de manière un peu plus écologique pour elles. demande des 80%, sauf que dans les faits, peu de jobs ont un scope qu'il est possible de réduire à 80%. Et dans les faits, j'observe 90% des nanas qui me disent en fait j'ai perdu 20% de salaire, en temps de présence au boulot j'ai un jour de moins, mais dans les faits, mon scope est le même, on attend de moi les mêmes choses, mes objectifs n'ont pas été nivelés à 20% de moins, et donc... À un moment, je me sens un peu le dindon de la farce. C'est-à-dire que je rouvre l'ordi systématiquement sur mon mercredi ou mon vendredi off parce que déjà dans l'équipe, la moitié des gens n'ont pas compris que j'étais à 80% et que mes clients continuent à s'adresser à moi comme si de rien n'était et qu'on m'a dit de laisser planer un peu le flou sur ma disponibilité. Et là, ce n'est pas juste. Là, c'est carrément dégueulasse. Et donc, mon point, c'est de dire que tu veux reprendre de manière... Je ne sais pas si c'est douce, parce qu'une reprise après un enfant, je ne sais pas si on peut se parler de douceur. Mais en attendant, ce n'est pas juste de demander un 80% et dans les faits de continuer à faire 100%. Ce n'est pas juste de devoir refaire ses preuves quand on a été un bon élément et qu'on a juste un trou de 4 à 6 mois. À l'échelle d'une vie, c'est rien. Ou on n'était pas présente physiquement dans les locaux. Et donc à nouveau, la pression de refaire ses preuves, je ne trouve pas ça juste à ce moment-là de la vie. Et surtout, j'aimerais que les femmes et les mères, qui sentent qu'elles en ont sous le pied et qu'elles ont envie de s'investir dans un projet professionnel qui leur tient à cœur, se sentent pousser des ailes pour aller voir leur boss, voir leur RH, et dire, évidemment, j'ai dorénavant des contraintes de mère, des contraintes parentales. Peut-être que trois fois par semaine, je dois aller chercher mon enfant à telle heure. Pour autant, j'ai très envie de m'investir sur tel projet, ou de l'idée telle transformation, ou, peu importe, et osons parler d'ambition quand on est mère. En osant parler, les ajustements doivent pouvoir se faire en bonne intelligence, de manière constructive.
- Speaker #0
J'entends dans ce que tu nous dis la notion de valeur, la valeur qu'on va lui donner. et aussi la valeur qu'elle se donne. Et je pense que, comme tu le dis, c'est une période qui va être plus vulnérable puisqu'il y a beaucoup de transitions et on sait très bien que dans une période de transition, on est moins ancré, même si on a envie, on est peut-être moins ancré à ce moment-là. Donc, quelle valeur on nous donne ? Quelle valeur perçoit-on de nous ? Et je pense que la réponse serait quelle valeur je veux me donner et quelle valeur je veux... Me donner au monde. Point !
- Speaker #1
Tout est dit ! Bravo, Anita ! I feel you !
- Speaker #0
Alors, comment, du coup, dans cette période compliquée où on va vivre plusieurs rôles à la fois, donc maman, partenaire, professionnel, et je mets trois petits points parce qu'on a tellement de facettes dans notre quotidien, comment rester alignée et ancrée pour réussir à dire notre valeur au monde ?
- Speaker #1
Écoute, dis donc, on est sur des belles, Question. Pour moi, être aligné, c'est se sentir vivante et à sa place, intellectuellement comme émotionnellement. Partant de ce postulat, l'alignement, c'est quoi ? C'est une forme d'équilibre entre soi et les autres. Je crois que pour rester aligné ou le devenir, parce que pour moi, encore une fois, c'est un processus. c'est un peu comme l'équilibre, c'est pas un truc figé 50-50, c'est de se dire, je remplis ma jauge émotionnelle en agissant en faveur de ce qui fait sens pour moi. Et donc c'est là où je te rejoins sur les convictions, sur les valeurs. Et à un moment, c'est de faire le point sur quel environnement, dans quel environnement j'ai envie d'évoluer. de quoi j'ai besoin pour m'épanouir. Et en même temps, l'alignement, parce qu'on n'est pas dans un monde complètement décorrélé et ce n'est pas du tout souhaitable de s'éloigner d'autres et de certaines contraintes, qui je crois créent aussi la créativité et quelque chose de positif, c'est de dire qu'est-ce qui est attendu de moi par les autres, en tant que mère, en tant que partenaire, en tant que professionnelle. Qu'est-ce que je décide, moi, de faire ? Est-ce que j'adhère à cette vision que j'ai ? Ou est-ce que je décide de m'en affranchir ? Et si je m'en affranchis, qu'est-ce qui est important pour moi ? Qu'est-ce qui va me nourrir, m'inspirer, me rendre vivante, vibrante ? Évidemment, le quotidien, ce n'est pas que du kiff. Attention, je ne suis pas en train de dire vraiment, vraiment pas. Mais à base de quelques minutes par jour, de prendre un peu sa météo intérieure, de quoi j'ai besoin ? J'ai besoin de solitude ? J'ai besoin de rire ? J'ai besoin de parler à quelqu'un qui me soutient parce que là, je me sens une crotte pour plein de bonnes raisons ? J'ai besoin peut-être de m'arrêter sur quelque chose de beau ? Me sentir à nouveau moi-même, émue, ancrée, singulière. Et en fait, cet alignement avec soi, c'est finalement de la congruence, de se dire à un moment donné, je fais certaines choses en mode automatique, et je ne dis pas de remettre tout en cause, parce que sinon le chantier est considérable, mais un petit bout par un petit bout. Est-ce que ça résonne pour moi de continuer à faire ça comme ça ? Non. Est-ce que je peux m'en affranchir ? Oui. Est-ce que c'est simple ? Oui. Bon alors, je modifie tout de suite. Maintenant, au boulot, c'est pas si simple. Parce qu'il y a des réunions calées dans l'agenda, pour certaines où on a peu de valeur ajoutée et on se dit mais qu'est-ce que je fous là ? Encore une heure de perdu où j'ai pas le temps de bosser sur mon truc. Donc, c'est pas forcément de tout remettre à plat et de réinventer tout à chaque fois, mais petit bout par petit bout, faire finalement que son agenda ne soit pas uniquement rempli de contraintes. et d'événements subis, mais de garder une forme de liberté et une forme de main sur ce qui va me faire du bien, ce qui va m'inspirer, ce qui va me ressourcer, ce qui va me donner de l'énergie. Et on ne va pas se mentir quand on est fatigué, quand on ne fait pas forcément des nuits incroyables parce qu'on a des enfants en bas âge, quand parfois on peut avoir des problèmes qui nous poursuivent, voilà, jusque dans son sommeil. C'est difficile d'avoir cette lucidité. de dire mais qu'est-ce qui me fait du bien au fond ? Et moi, j'invite toutes celles qui vont nous écouter à ne pas chercher des événements forcément waouh, mais des petites choses. Et je vais vous prendre un exemple, ça peut être le soir, quand je me démaquille, c'est un peu mon moment, j'en ai pas pour longtemps, mais de se dire ok. Là, j'enlève ma peau, je ne sais pas, peut-être de la journée. Je me libère de toutes ces impuretés, cette pollution. Ces moments pas très cools parce que cette réunion, ce n'est pas hyper bien passé. Je n'ai pas trop aimé le point avec cette collègue. J'ai trouvé qu'elle n'écoutait pas vraiment mes arguments. Et puis, on s'est fritté avec mon mec. Ok, peut-être profiter juste de ce temps, ces cinq minutes dans la salle de bain pour se dire ok. évidemment avec un petit fond de toltèque de se dire je prends pas tout personnellement c'était peut-être une journée de merde mais peut-être que j'ai ma part mais pas forcément garder en tête que les feedbacks des autres parlent souvent beaucoup plus d'eux que de vous et cette phrase j'aimerais qu'on s'arrête un peu dessus mais de dire quand on est vulnérable quand on n'a pas son quota de sommeil quand on essaye d'être partout à la fois de tout mener de front d'être une super maman une super épouse, une super professionnelle. À un moment, on peut vite s'épuiser, on peut vite être frustré de se dire en fait, j'ai l'impression d'avoir le cul entre deux chaises, d'être partout, d'être nulle part. On m'en veut au boulot parce que je pars tôt, mais pour autant j'ai l'impression de me défoncer au boulot. On m'en veut à la maison, mon enfant me fait payer qu'il ne m'a pas beaucoup vu ce soir, alors que franchement je me suis stretchée. pour arriver avant qu'ils se couchent. Et finalement, les enfants sont quand même d'une justesse à ce niveau-là. C'est-à-dire qu'ils nous font payer directement notre manque de présence auprès d'eux. Et on y reviendra parce que je pense que tu as des questions autour de la culpabilité. Ce n'est pas forcément ni bien ni mal. Et il n'y a pas non plus à s'en vouloir d'avoir une vie professionnelle exaltante. Mais je referme la parenthèse, on reviendra dessus. Le point, c'est de dire, je fais de mon mieux, je veux tout, parce qu'on est cette génération de nanas qui bossons, qui voulons être mère, qui voulons avoir aussi une vie en dehors, en tant que femme. Maintenant, de se dire, évidemment que quand mon enfant a 0, 3 mois, 6 mois, 9 mois, 1 an, c'est peut-être un curseur, qu'il est normal. d'ajuster, et je peux tout avoir mais peut-être pas tout en même temps. Et juste d'en avoir conscience et de se dire pour autant, j'ai pas foiré ma vie, je suis pas dysfonctionnelle, c'est pas moi le problème, c'est peut-être juste qu'on nous a valorisé une espèce de maternité à la Wonder Woman qui n'existe pas.
- Speaker #0
Oui, tu as tout à fait raison. Tu parles notamment de remettre un petit peu le curseur, de se dire je prends ce temps pour moi. Mais peut-être que souvent le problème, si c'en est un, c'est que la femme ne va pas s'en apercevoir tout de suite qu'elle a besoin de ce temps. Est-ce que tu aurais des signes ou des moments qu'elle pourrait repérer si on part du principe qu'elle est dans une période de transition où tout est un petit peu compliqué, etc. Comment elle peut s'écouter et se dire, bon ben là, je prends ce temps, j'ôte, comme tu le disais tout à l'heure, la culpabilité et je m'accorde ce moment à un instant T parce que je sais qu'après, du coup, ça ira mieux.
- Speaker #1
Comme tu dis, c'est pas si simple. Évidemment, on a tout en tête la figure dans l'avion de se dire, si moi, j'ai pas mon masque à oxygène sur le nez, je peux pas aider mes voisins à le mettre. C'est très personne dépendant, c'est-à-dire qu'il y en a qui vont se nourrir, des femmes certaines, qui se nourrissent de « je rends service aux autres et ça me fait exister et j'aime ce rôle » . Et donc elles, vraiment, ont moins tendance à souffrir de ce manque de temps pour elles parce que dans leur manière de penser la maternité, leur rôle, en fait, c'est très galvanisant d'être celle dont on a besoin et qui répond aux besoins des autres. Pour certaines, un peu plus peut-être égocentrées ou un peu plus introverties ou un peu plus sur des modes de fonctionnement un peu différents, ça va générer de la frustration, de la colère si à un moment donné...
- Speaker #0
Elles sont trop taillables et corvéables. Elles vont avoir besoin de... Oula, attends. Là, je suis en train de me faire bouffer. Et ce n'est pas forcément de passer du temps seule. Parce qu'à certains moments, on peut avoir besoin d'être seule. Mais à d'autres moments, je crois aussi qu'on peut remplir sa loge en allant boire un coup avec ses copines et avoir l'impression d'avoir 18 ans à nouveau et de raconter des conneries et de prendre un petit verre et... Et d'avoir une forme de légèreté, qu'on ne va pas se mentir, est un peu mise à mal par la maternité, cette légèreté. Donc pour certaines, ça va être ça. Pour certaines, ça va être de dire, en fait, là, je file mon enfant aux beaux-parents et je pars avec mon mec parce que j'en ai marre qu'on soit des colocs-parents. J'ai besoin de renouer, de dater mon mec. Et ça se passe peut-être en dehors de la maison, ce jeu de séduction, et de me sentir exister dans ses yeux, pas juste en tant que papa-maman. mais en tant que femme, avec tout ce que ça peut revêtir, parce qu'on pense évidemment à l'aspect sexuel, l'attraction dans un couple, mais pas que, en fait, c'est aussi de se dire intellectuellement, moi j'ai besoin d'admirer mon mec, j'ai besoin d'admirer ma nana, et c'est sûr que quand on se voit un peu l'œil vitreux, le cheveu gras et en jogging à la maison, c'est moins sexy, c'est moins waouh. qu'un peu bien saper pour aller au resto le soir ensemble. Évidemment. Et encore une fois, il n'y a pas du tout... Je ne suis pas là pour rajouter des injonctions en plus. Je crois qu'on fait tous bien comme on peut. Que le couple est souvent la dernière ou l'avant-dernière roue du carrosse parce que les contraintes pro, les contraintes familiales sont celles qui, de fait, vont passer en premier dans notre considération. Et que notre couple et que nous-mêmes Ciao ! C'est un peu les dernières roues du carrosse. Donc mon point, c'est de dire, à un moment, si on est fatigué malgré du sommeil, malgré du temps off, si à un moment, on remet tout... Attends, mais qu'est-ce que je fous là ? Mais une espèce de crise du sens XXL. Si à un moment, on se dit... En fait, j'adhère plus... Je me sens complètement décorrélée. Soit... de mon environnement professionnel, soit de mes collègues, soit même de mes amis qui sont devenus mères et, j'en sais rien, qui vantent la parentalité positive et moi, je suis plutôt une ayatollah de « faut mettre des limites » et les enfants, ils étaient là après les parents et donc, c'est à eux de se mettre au pas, volontairement, je prends les deux extrêmes. Je crois que la maternité, ça peut générer beaucoup de remises en question globales. Donc, À ta question de comment je peux remplir ma jauge, c'est hyper personnel. Encore une fois, n'espérez plus avoir des demi-journées ou des journées entières à vous préoccuper de votre nombril dans quelle étagère. Malheureusement, une fois qu'on devient mère, c'est plus compliqué d'avoir ces plages horaires pour soi. Néanmoins, encore une fois, si vous en avez besoin, de vous retrouver seule. Et aussi de ne rien faire. Parce qu'on est dans une société de la performance où on est jugé sur ce qu'on a fait, sur sa to-do list, qu'on a tombé. Et en fait, on est vraiment au mode automatique. Ok, j'ai fait les courses. Ok, j'ai racheté des couches. Ok, j'ai nettoyé la maison. Ok, ok, ok. Mais et toi, comment t'as eu du temps pour ne rien faire ? Peut-être pour digérer ? tel événement qui s'est passé dans ta vie, peut-être pour lire un livre si le cœur t'en dit, peut-être ne serait-ce que pour penser, j'ai l'impression qu'on a de moins en moins de temps pour penser, et qu'on est toujours un peu en réaction face à toutes les notifications qui nous arrivent tout le temps.
- Speaker #1
Oui, c'est une idée de surstimulation, je trouve, le monde actuel.
- Speaker #0
Et on en a presque fait un raccourci de dire... Si je ne suis pas performante, je ne suis pas valable, je ne suis pas assez bien, j'ai un problème.
- Speaker #1
Oui, et c'est ce que j'ai envie de transmettre comme message aussi sur ce podcast, c'est revenons à ce qui existe à notre, j'allais dire notre matière première, mais là le mot ne me vient pas exactement, mais à notre essence. Les femmes, nous sommes aussi cycliques, nous sommes en mouvement, nous traversons des transitions tout le temps, que ce soit la maternité, l'adolescence, ensuite devenir une femme, l'après-ménopause, la ménopause, l'âge plus mature. De manière générale, on est en mouvement et on ne peut pas être notifié dans un cadre dans lequel la société voudrait nous mettre, c'est impossible. Donc cette notion de déjà se demander ce dont j'ai besoin là maintenant et peut-être aussi s'accorder du temps. Comme tu dis, il y a des femmes qui vont avoir besoin de retourner au travail très rapidement et d'autres beaucoup moins. Et en fait, l'une ou l'autre est à sa juste mesure. Donc s'écouter soi, je pense que c'est l'essentiel.
- Speaker #0
Tout est dit.
- Speaker #1
Alors du coup, dans ce contexte-là, toi je sais que tu accompagnes beaucoup de femmes, de mamans ou de jeunes mamans, peu importe où elles en sont dans leur parcours de vie. Quel premier pas tu vas leur donner pour rentrer dans cette action de ne plus se sentir autant débordée ou déconnectée d'elle-même ?
- Speaker #0
Pour ce qui est des premiers pas, quand on est débordé ou quand on se sent déconnecté ou quand on se dit en fait c'est moi le problème, je me sens incomprise, c'est d'oser en parler et alors oser en parler vraiment ça peut être à ses copines à une collègue en qui on a confiance à son conjoint son ou sa plus un évidemment par extension c'est peut-être d'en parler à un psy ou à un coach, mais en tout cas de mettre des mots sur ses ressentis. Et on ne va pas se mentir, on est dans un monde où les uns les autres on a du mal à s'écouter, donc d'oser en parler et d'oser en parler aux personnes qui vont avoir ces petits capteurs de se dire « je vais l'écouter jusqu'au bout » . Parce que moi je crois vraiment à la force de mettre des mots, storyteller ses ressentis, enfin storyteller non, mais juste exprimer ses ressentis sans être interrompu, sans se voir prodiguer un conseil souvent inadapté. Mais encore une fois, souvent nos amis sont pleins de bonnes intentions quand ils nous donnent des conseils. Sauf que... ces conseils ne correspondent pas forcément à notre besoin à l'instant T. D'arriver à trouver des oreilles, des épaules sur lesquelles s'appuyer, parce que le premier réflexe, c'est souvent de se couper des autres, de rester seule. Ça peut aider sur un court terme, mais je crois que la solitude à long terme est bonne pour personne. L'humain est un animal social, et donc je crois qu'il se nourrit. qu'il prend de la hauteur, qu'il relativise ses douleurs, ses difficultés justement au contact des autres. Donc, oser en parler à quelqu'un, de prioriser ce qui compte pour toi et pas pour la société ou parce que tu crois qu'il serait bon de faire. Et donc c'est de choisir. Alors choisir ses combats c'est un peu guerrier dans l'approche mais... De dire, en fait, là, la coupe est pleine, c'est trop, j'y arrive plus. Encore une fois, je parlais de faire son marché, cuisiner bio, local, de saison. Peut-être qu'en fait, là, un plat surgelé, c'est peut-être tout ce que je te souhaite à l'instant T. J'aime bien prendre l'exemple de la bouffe parce qu'en fait, il est valable dans plein... Enfin, on peut le transposer à plein de choses. Mais c'est de dire oui, dans une vie idéale, je ne ferai pas comme ça. Maintenant, vu mon niveau d'énergie, ce sera comme ça. Et ça ne remet pas en cause ma validité, ma capacité. C'est jusque-là. Ben non. Je ne suis pas une moins bonne mère ou une moins bonne femme. Je fais de mon mieux avec les outils et les ressources que j'ai à l'instant T. Je suis épuisée ? Eh ben je vais à la facilité. Je crois que du coup ça rejoint le troisième point qui est un mantra que mieux vaut fait que parfait. À un moment, arrêtons. Évidemment, à micro-dose. J'adore le perfectionnisme parce qu'il met dans un élan et dans une tension de dire « je vais faire de mon mieux et je vais faire encore mieux » . Et évidemment, je n'encourage pas la médiocrité. Mais encore une fois, à un moment donné, quand vous êtes épuisé, débordé, vous vous sentez complètement dépassé, le mieux vaut fait parfait, il va vous sauver. Est-ce que... je sais pas, ce café papote avec une copine, cet appel à un pote qu'on n'a pas eu depuis super longtemps, ce petit cours de céramique, ce petit jogging entre midi et deux je sais pas, quelque chose qui va vous reconnecter à vous pour exister en dehors de vos deux casquettes principales de mère et de professionnel et que quand on sent complètement euh en mode je subis ce qui m'arrive, de reprendre le lead sur certaines petites actions, le ressenti d'une journée est complètement modifié si vous finissez la journée sur un moment un peu... une parenthèse un peu enchantée. Et encore une fois, on peut se parler de 5 minutes, et je parlais de se démaquiller en conscience et de se dire, allez, je prends soin de moi. Je me caline la peau comme je masse la peau de mon enfant. Avec cette intensité, cette bienveillance. Qu'on se porte franchement pas tout le temps. Ben là, voilà. Et c'est pas introniser le me time. Je suis pas en train de vous rajouter une injonction de il faut prendre du temps pour soi. Oui, non, peut-être, pour certaines, pas tout le temps. Ok. Mais... cultiver sa curiosité, sa singularité en dehors de ces rôles qui vous collent à la peau, vont vous donner une soupape de respiration.
- Speaker #1
Oui, c'est se donner l'autorisation au final d'avancer d'une manière ou d'une autre, que ce soit, comme tu le dis, avec une discussion, avec sa meilleure copine. En osant prendre un rendez-vous chez un psychologue, même si c'est qu'une ou deux séances et qu'au final on vient déverser ce qu'on a besoin de déverser, ou même d'oser franchir le pas de faire une formation ou un coaching, d'investir sur soi à un moment donné parce qu'on en a besoin. Donc ça c'est de très bons points de départ. On dit toujours pas après l'autre, petit pas par petit pas, mais je pense que c'est ça.
- Speaker #0
De toute façon, enfin, les tours de force de « je plaque tout » , « je pose madame » , « je divorce » pour aller élever des chefs dans le Larzac. Enfin, franchement, c'est des très bons posts LinkedIn qui font des cartons. Mais dans la vraie vie, ça ne se passe jamais comme ça et ce n'est pas souhaitable que ça se passe comme ça. En effet, je crois que c'est petit à petit d'ajuster ces curseurs et même d'essayer. et de rétropédaler en se disant non, en fait, ça ne me convient pas, mais j'ai eu besoin d'essayer de me frotter au concret, au réel, pour me dire non, en fait, je vais réajuster, je vais faire les choses un peu différemment. Ça passe aussi par avoir certaines conversations un peu difficiles. Ça passe par, je crois que la maternité aide aussi, quand je dis que c'est l'école du leadership, c'est aussi l'école de l'assertivité. C'est-à-dire que la maternité, au regard des priorités qui ont évolué et du temps qui, lui, passe toujours trop vite, c'est de dire à un moment, « Ça, c'est plus OK, je ne le ferai plus. » À un moment, la réunion de 18h à 19h le vendredi soir, ce n'est plus possible. Et donc, d'oser dire là ou avant, peut-être que ça pouvait nous venir à l'esprit, je crois que le fait d'être mère et d'avoir d'autres priorités, fait qu'on osera dire plus facilement. Alors après, il faut évidemment trouver une manière de le dire. La communication non violente est un outil génialissime à ce sujet. Si vous ne connaissez pas, regardez la chaîne YouTube de Thomas d'Ensembourg ou même tout ce qui a trait à la communication non violente, le livre de Marshall Rosenberg. Mais... De poser des limites, de dire non aux autres, c'est se dire oui à soi. Alors cette phrase, elle est jolie, elle n'est pas de moi, elle est de Jacques Salomé. Mais c'est vraiment de dire à un moment. Encore une fois, je reviens au même, cette phrase que je vous avais dit, de dire mon agenda ne doit pas refléter uniquement mes contraintes, mais aussi mes temps d'inspiration, mes temps off, mes temps for fun. Et ça passe par quoi ? Ça passe par dire non.
- Speaker #1
Oui, effectivement, mais tous les points dont tu parles, pour moi, c'est apprendre à poser ses limites d'une manière ou d'une autre, par le silence, par le non. par aide-moi à faire autrement, c'est s'imposer et venir dire à l'autre tout simplement ses propres limites. Et je pense qu'en venant donner ses limites, comme tu dis, on rappelle à l'autre qui nous sommes, nos valeurs, ce que nous sommes, ce que nous lui apportons. Et je pense que c'est là où si on se tait, on va venir taire tout ça en fait. En tout cas, il y a plein de clés, les filles, pour avancer où qu'on en soit dans notre parcours. Et je pense que même si on n'est pas encore maman, se poser déjà ces questions et venir un petit peu, comme faire un tri du dressing, mais faire un tri des priorités dans sa vie, quand on en ressent le besoin, peut-être que ça simplifiera au moment où l'espace-temps est réduit. Alors, si certainement... Certaines femmes qui nous écoutent ont envie de poursuivre cette discussion ou ont d'autres questions à te poser. Où est-ce qu'elles peuvent te trouver ? Comment elles peuvent te joindre ou te parler ?
- Speaker #0
Écoute le plus simple LinkedIn, Emmanuel Roy-Jacquin. J'ai Instagram, mama underscore poa, P-O-W-A. Et le site internet, www.mamapoa.com.
- Speaker #1
Super, de toute façon je mettrai toutes les références dans l'épisode. D'ailleurs tu nous as parlé d'un livre et de communication non violente. Pareil, je mettrai le lien direct pour qu'elles puissent le retrouver. Est-ce que tu aurais un mot qui pourrait clore cette conversation, mais qui pourrait résumer cette vision d'équilibre dont on a parlé pour les femmes qui nous écoutent ?
- Speaker #0
Écoute, ce ne sera pas un mot, mais ce sera peut-être une ou deux dernières phrases. Tu parlais de réussite à un moment donné. Alors, la réussite est propre à chacun. Mais la réussite, ce n'est pas tout mener de front. C'est prioriser ce qui nous nourrit, nous apaise, nous inspire et nous rend heureuse. Et évidemment, j'ai vécu un événement assez fort ce matin. Je ne peux pas m'empêcher de dire que la réussite... À la fin de sa vie, on la mesure surtout à l'amour qu'on a donné et l'amour qu'on a reçu. Et ça fait un peu ouin ouin, coin coin, cucul, la praline de dire ça, mais je crois que quand on prend un peu de hauteur... Et d'ailleurs, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Bronnie Ware, une infirmière en soins palliatifs qui a écrit un bouquin, c'est une Australienne, qui dit que le plus grand regret des gens à la fin de leur vie, c'est d'avoir trop travaillé et pas assez vécu. Et donc, fort de ça, évidemment, je ne vous demande pas d'avoir ça en tête chaque jour, chaque minute, parce que c'est un peu badant, mais de se dire, ok, là, ce qui me met en colère, dans 5 ans, dans 20 ans, est-ce que ça aura vraiment de l'importance ? Et à quoi je décide de donner du temps ? Ou qu'est-ce qui est vraiment important pour moi ? En gardant en tête ce truc de « il est hors de question de passer à côté de ma vie, ma vie est précieuse, j'en ai qu'une » . Et donc voilà, de faire ces choix dans la mesure du possible en conscience, de favoriser ce qui nous nourrit, les liens avec les gens qui nous sont chers. Et voilà, après chacun met le curseur de la réussite. Moi je pense surtout... En vraiment, phrase finale, c'est de dire aux femmes bravo d'être là, de continuer à vous lever chaque matin. Vous êtes merveilleuses, vous vous assurez grave. Évidemment, vous ne vous le dites jamais, mais moi je le sais et j'adorerais que vous le disiez un petit peu plus.
- Speaker #1
Eh oui les filles, écoutez bien et dites-vous-le demain matin devant la glace. Et j'aime bien cette notion de choix. Au final. Parce que la notion de choix, elle nous permet de ne pas subir. Tout est choix en fait. Donc voilà, je pense qu'on va terminer là-dessus. Merci infiniment pour ce partage, très riche en questionnements, en réponses aussi, après à nous de venir les chercher et les trouver pour nous-mêmes. Mais je te remercie vraiment du temps passé, de l'énergie que tu nous as donnée. J'espère que cet épisode résonnera en vous, les filles. Peu importe où vous en êtes dans votre chemin de femme. Je pense qu'il est important aussi de le dire. Et puis, comme tu le disais aussi, il n'y a pas d'injonction à être à tel ou tel moment de sa vie. Soyons déjà là, maintenant, c'est important.
- Speaker #0
Merci, Anita. Merci beaucoup.
- Speaker #1
On vous laisse sur ce moment. Prenez soin de vous. N'hésitez pas à partager autour de vous, à des femmes, des sœurs, des amis, cet épisode, si ça peut les aider, si elles sont en train de traverser peut-être ce moment de maternité. Et puis nous, on se retrouve bientôt pour un prochain épisode. Ciao Emmanuelle !
- Speaker #0
Salut Anita !