Speaker #0Carrière et maternité, deux mots qui, mis côte à côte, déclenchent souvent débat, jugement et beaucoup de culpabilité. Aujourd'hui, j'ai envie qu'on parlerait. Pas de recette miracle, pas de discours culpabilisant, pas de quand on veut, on peut. Juste une question que beaucoup de femmes se posent, parfois en silence. Peut-on vraiment s'épanouir professionnellement et être une mère présente ? Si le sujet t'intéresse, alors écoute l'épisode du jour. Bienvenue dans Femmes 360. le podcast des femmes qui vivent à fond. Je suis Maïté et je suis heureuse de vous accueillir dans mon univers. Ici, on explore toutes les dimensions de la vie féminine, corps, carrière, maternité, bien-être, émotion et liberté. Parce qu'être femme, c'est tout sauf linéaire, c'est puissant, vibrant et multiple. En 2026, Même avec les discours modernes qu'on a aujourd'hui, il y a encore des attentes qui restent profondément genrées. Vous voyez, l'idée d'être une bonne mère, ce serait être disponible, savoir prioriser sa famille, mettre quand même sa carrière entre parenthèses et surtout ne pas trop se plaindre. Et à contrario, être une femme ambitieuse, ce serait ne pas trop montrer qu'on a des enfants à côté, être performante coûte que coûte, ne pas demander d'aménagement. à son travail et surtout prouver deux fois plus que les hommes. Et en gros, vous imaginez bien que ce sont deux injonctions complètement impossibles à faire cohabiter. C'est une sensation permanente de ne jamais être assez et c'est surtout une fatigue mentale énorme. En gros, quand on est mère, on nous demande d'être des mères comme si on ne travaillait pas et de travailler comme si on n'avait pas d'enfant. Vous voyez le truc ? C'est complètement impossible à gérer. Et c'est aussi cette question que j'avais envie qu'on se pose aujourd'hui. Est-ce qu'on peut être mère et être ambitieuse, avoir une carrière professionnelle développée tout en étant présente pour ses enfants ? C'est vraiment une question que je me suis longtemps posée et qui est au cœur de mes préoccupations actuelles, étant donné que j'ai deux enfants en bas âge qui ont 5 et 1 an. Et en toute honnêteté, ce n'est pas facile tous les jours de combiner ces deux parties de mon existence. Il y a plusieurs raisons aussi qui font que... Pour nous les femmes, ce n'est pas facile et j'ai envie qu'on en parle de ces raisons-là. La première chose qui fait que ce n'est pas facile, c'est déjà le congé maternité. En France, on a un des congés maternités les plus courts, 10 semaines. Si on n'a pas trois enfants et si on n'arrive pas à cumuler des congés payés, on doit reprendre le travail au bout de 10 semaines, ce qui équivaut à les deux mois et demi à peu près de votre bébé. Je ne sais pas si on se rend compte... à quel point un bébé tout petit a deux mois et demi. Et qu'au-delà du fait de ce déchirement de laisser son enfant à à peine deux mois et demi, c'est qu'en plus, on est encore en plein postpartum. Quid si jamais vous allez l'aider ? Comment vous faites ? Je sais qu'il y a des sociétés qui mettent en place des solutions pour les femmes. On a le droit de prendre une heure de son temps pour tirer son lait, mais même si on arrive à le faire, toujours est-il que notre enfant est gardé par quelqu'un d'autre. Et puis, généralement, il y a quand même de fortes chances qu'à deux mois et demi, postpartum, vous ne dormiez pas très bien. Je sais, certains bébés sont fantastiques et font leur nuit limite dès qu'ils sortent de la maternité, mais pour la plupart, ce n'est pas le cas. Donc, on doit reprendre le travail au bout de dix semaines et clairement, c'est un retour trop rapide à la performance. Et peu importe le métier que vous fassiez, que vous soyez cadre, que vous soyez juste salarié, employé, vraiment, peu importe, on vous demande à votre tour de congé maternité d'être performante comme avant, comme s'il ne s'était rien passé dans vos vies. Alors qu'on le sait, quand on devient mère, c'est physiquement, émotionnellement et surtout aussi identitairement qu'on change, qu'on se pose des questions. Et c'est trop violent entre nous de reprendre le travail au bout de dix semaines. Moi... En toute honnêteté, j'ai eu la chance, lors de mes deux grossesses, de pouvoir reprendre le travail plus tard. Alors, pour ma première grossesse, j'ai pu poser un congé parental, mais ça c'est encore autre chose. Tout le monde ne peut pas se permettre de prendre un congé parental, parce que je le rappelle, quand on prend un congé parental, on gagne à peine 400 euros par mois. Donc, il faut pouvoir subvenir à ses besoins avec si peu d'argent, ou avoir un conjoint ou une conjointe qui gagne suffisamment pour faire vivre la famille pendant le temps du congé parental. Et lors de ma deuxième grossesse, comme on avait plus de trois enfants à la maison, j'ai eu 16 semaines de congé maternité. Et ensuite, j'ai pu poser tous mes congés payés, ce qui fait que j'ai repris le travail aux huit mois de ma fille. Et franchement, j'ai totalement conscience de la chance que j'ai eue. Mais même à huit mois postpartum, clairement la reprise n'a pas été facile. Mais pour en revenir à ce congé maternité si court, c'est normalisé dans notre société actuelle de reprendre, et c'est même logique donc, de reprendre le travail si rapidement. Et en gros, qu'est-ce que ça crée chez la femme ? Une fatigue chronique, la culpabilité fois dix de laisser son enfant si petit à d'autres personnes. Et puis aussi une pression au niveau du travail de se dire, il faut réussir à, entre guillemets, rattraper le retard et à être performante comme avant. Et ça pose du coup un autre question qui est aussi ce choix invisible imposé aux femmes. Je m'explique. C'est jamais dit, vous savez, clairement, explicitement, mais on le sait que quand on décide d'avoir un enfant, il y a un choix. qui doit être fait. En gros, c'est soit tu continues à investir pleinement dans ta carrière, et dans ce cas-là, soit tu ne fais pas d'enfant, ou tu sais que tu ne seras pas vraiment une mère présente, soit tu fais passer ta famille avant tout. Et il y a certaines femmes, de plus en plus de nos jours, qui font ce choix consciemment. Mais là aussi, c'est triste finalement de se dire qu'on doit faire un choix. On doit choisir entre sa carrière et sa vie de famille. Voilà, certaines femmes font ce choix. Elles décident et parfois ce choix ne vient pas de nous, il nous est imposé. Je vais vous raconter quelque chose de personnel qui m'est arrivé. Quand en 2024, j'ai appris que j'étais enceinte de ma deuxième fille, j'ai dû renoncer à une place dans un programme de développement interne au sein de mon entreprise. J'avais postulé pour avoir une place dans un programme hyper stratégique qui m'aurait permis de faire un bond dans ma carrière. et de m'élever et d'avoir des postes, en tout cas un poste beaucoup plus important. C'était un programme qui devait durer quasiment un an avec des déplacements et puis aussi beaucoup d'investissements. Et quand j'ai appris que j'étais enceinte, j'ai su que je ne pouvais pas participer à ce programme. Et puis après, on me l'a dit aussi clairement, mais ça a été une décision que je savais, malgré moi, je savais que je ne pourrais pas le faire. Malgré tout, j'en avais tellement envie, vraiment, et je me suis même dit à un moment donné, aimé. Tu peux cumuler ma IT. Donc, quand j'ai su que j'étais enceinte, le programme allait commencer deux ou trois mois après. Et donc, j'allais être encore, j'allais être au cours de mon deuxième trimestre. Donc, je m'étais dit que j'aurais pu faire ce programme une partie de ma grossesse. Et puis qu'après, quand j'aurais repris le travail, j'aurais pu essayer de continuer. Ou peut-être qu'on aurait pu essayer de m'aménager des plages un peu particulières. Les. on m'a clairement fait comprendre que c'était mort pour moi en fait. Et c'était même pas méchant quand on me l'a dit. C'est juste que ça a été naturel. Quand j'ai dit que j'étais enceinte, on m'a dit, du coup, c'est mort pour le programme. Et j'ai dit oui. Parce que je le savais en fait, que malgré moi, en décidant d'être enceinte et en décidant de faire un autre enfant, je me fermais des portes. Et on a beau me dire oui, mais c'est pas le cas et tout. Ben si en fait. Je me suis intentionnellement fermée des portes en ayant ma deuxième fille. C'est à la fois subtil et violent aussi de se dire qu'il faut faire un choix. Il faut faire un choix entre être mère ou avoir une carrière. Et j'ai dû faire ce choix. Aujourd'hui, j'ai repris le travail. J'ai repris, comme je l'ai dit tout à l'heure, au bout de 8 mois postpartum. J'étais absente pendant quasiment un an. Et même si j'ai réintégré ma place, j'ai retrouvé mon équipe, j'ai retrouvé aussi mes missions. Et clairement, Merci. J'ai la chance de ne pas avoir été mise entre guillemets au placard, en tout cas de faire partie d'une société très bienveillante. Mais aujourd'hui, je dois faire des choix. Je dois parfois faire passer ma carrière en second plan pour mes enfants. Et c'est normal pour moi. C'est normal parce que mes filles, ce sont ma vie. Mais d'un autre côté, je sais qu'en faisant ça, je ne montre pas que je suis assez performante. Et même si j'ai annoncé que j'aimerais partir, que j'aimerais évoluer, à l'heure actuelle, on ne me propose pas forcément de... poste et je pense en toute sincérité que c'est aussi parce que je ne montre pas l'image de quelqu'un qui peut s'investir complètement plus moi j'ai une autre particularité c'est que j'habite très loin de mon lieu de travail et du coup je dois aussi prendre ça en compte dans mes journées mais toujours est il que en ayant ma deuxième fille qui est mon rayon de soleil que je ne regrette mais alors pour rien au monde j'ai décidé intentionnellement de me fermer des portes sur ma carrière en tout cas pour le moment je me suis fermé des portes. Et aussi, cette situation a éveillé chez moi ce qu'il y a chez beaucoup d'autres femmes, c'est de la culpabilité. Vous savez, cette culpabilité de devoir renoncer à une opportunité. La culpabilité de ralentir aussi. La culpabilité... C'était aussi de tout vouloir continuer et en même temps de se dire, moi j'aimerais être une femme épanouie dans ma vie professionnelle parce que j'aime ce que je fais et que je suis complètement persuadée d'avoir les capacités pour évoluer encore plus. Et en même temps, j'ai envie d'être une mère présente pour mes enfants. J'aimerais être la mère qui a tous ses mercredis après-midi pour emmener ses enfants faire des activités. J'aimerais être la mère qui ne finit pas certains soirs de la semaine à 22h. Malgré tout, c'est celle que je suis aussi. Il y a toujours cette culpabilité qui est là, permanente, de devoir jongler entre ces deux aspects de vie. Et donc la question vraiment qu'on peut se poser c'est, peut-on réellement tout concilier ? Est-ce qu'on peut vraiment être une bonne mère présente, aimante pour ses enfants, et à la fois une femme carriériste qui arrive à s'élever ? En toute honnêteté, J'ai un doute. Je ne sais pas si on peut vraiment réussir à tout combiner. Et c'est Louise Chabat, je ne sais pas si vous connaissez Louise Chabat, donc elle est vraiment présente sur les réseaux, mais qui a abordé il y a plusieurs mois de cela, cette question, dans un de ses réels. Elle disait, il faut arrêter de nous montrer sur les réseaux qu'on peut tout combiner, qu'on peut être une girl boss, qu'on peut être une mère hyper présente et tout, à moins d'être à son compte de faire un peu ce que... qu'on veut et par exemple, c'est un peu ça les influenceuses certaines personnes sur les réseaux qui arrivent à tout combiner et encore je pense qu'on ne voit pas l'envers du décor, de combien de temps elles passent sur leur contenu de ce qu'elles font et est-ce que vraiment à côté, elles arrivent à être hyper présentes pour leurs enfants. Mais c'est à l'heure actuelle, dans notre société actuelle difficile de tout combiner on a beau nous dire que c'est le cas et bien ce n'est pas vrai on ne peut pas réussir à tout combiné parfaitement. Il y aura forcément à un moment donné, une partie, que ce soit notre carrière ou notre vie de mère, qui en pâtira. Donc, il n'y aura pas cet équilibre, vous voyez. C'est pas possible. Il y aura toujours un côté où la balance se penchera plus que l'autre. Et je pense que c'est des cycles aussi. Et dans ce cas-là, en tant que femme, il faut peut-être se poser les questions de qu'est-ce qu'on a envie de prioriser. à l'instant où on vit. Il y a peut-être certaines femmes qui auront envie de prioriser leur carrière et du coup, feront des enfants beaucoup plus tard, après 35 ans, parce qu'elles diront j'ai envie de construire une carrière avant d'avoir des enfants. Et à l'inverse, certaines qui se diront en fait, à l'heure actuelle, moi, je préfère faire des enfants et on verra plus tard. On verra plus tard pour la carrière si j'arrive à faire quelque chose. On peut peut-être aussi redéfinir la réussite. En fait, c'est se dire que la réussite, ce n'est pas linéaire finalement. Dans nos carrières, on peut avoir des accélérations, réussir à avoir des prises de postes exceptionnelles. Moi, typiquement, après ma première grossesse, j'ai eu vraiment cette opportunité, quand j'ai repris mon poste après mon congé parental, qu'on me confie le remplacement de ma responsable de l'époque. Et donc, c'est comme ça que je suis devenue responsable commerciale. Et clairement, ça n'arrive pas à tout le monde, cette chance-là. Et j'en suis... totalement consciente. Donc la réussite elle peut apparaître de différentes manières. Et puis parfois aussi, être mère peut nous permettre de redéfinir nos priorités et aussi de comment on voit nos carrières et nous faire prendre des directions complètement différentes. Moi en toute honnêteté, en ce moment, je me pose beaucoup de questions aussi sur mon avenir professionnel, sur qu'est-ce que j'ai envie de faire, où est-ce que j'ai envie d'aller. Et puis... Il faut accepter, comme je le disais, qu'on a des saisons, des saisons de vie en fait, où l'équilibre se redessinera, où la carrière prendra plus de place et puis après ce sera la famille. Et en plus, je trouve qu'on a une chance dans notre société actuelle, c'est qu'aucun choix n'est définitif. On n'est plus comme nos mères d'avant où clairement on entrait dans une société et on y restait pour les 30, 40 prochaines années, voire même jusqu'à sa retraite. Aujourd'hui, on peut facilement avoir mille et un métiers. mais il a une carrière différente. Et ça, je trouve que c'est une réelle opportunité pour nous les femmes. Et peut-être que l'arrivée d'un enfant peut refaire basculer les lignes et se dire que si on renonce aujourd'hui, ça ne veut pas dire qu'on renonce pour toujours. Un non maintenant peut devenir un oui pour plus tard. Ça, je vous le répète. Un non maintenant peut devenir un oui pour plus tard. Et c'est un peu ça que j'ai envie qu'on garde en tête et que moi aussi, je me suis... que j'ai accepté de me dire... Peut-être que si je n'ai pas fait ce programme de développement interne, c'était pour une raison, c'était pour réussir à trouver une autre voie, que ce n'était pas ce que je devais faire à cet instant-là. Même si sur le coup, ça m'a paru comme être un véritable renoncement, finalement, ce n'était pas le cas. Je sais qu'il y a encore de belles choses qui m'attendent et ce n'est pas qu'on ne peut pas concilier carrière et maternité. C'est juste que ça peut être conciliable, mais il y aura forcément... un côté qui prendra un peu plus le pas que l'autre. L'équilibre sera redessiné différemment. On ne renonce pas, on vit juste les choses différemment. Et du coup, suite à ça, je pense qu'il faut aussi refuser la culpabilité que cela peut engendrer. On refuse de se sentir coupable, de ne pas être cette girl boss hyper performante quand on sait qu'à la maison, on a des enfants en bas âge, quand on sait qu'on va devoir peut-être parfois s'absenter pour des causes de maladie. Entre nous, c'est ce qui m'est arrivé cette semaine. et on privilégie sa santé mentale. Son désir profond aussi, qu'est-ce qu'on a envie ? Et puis surtout, si on est en couple, c'est aussi des discussions à avoir avec son partenaire de vie. Si jamais on a envie de prioriser sa carrière, c'est d'en discuter avec son conjoint ou conjointe et de lui dire, ok, j'ai besoin qu'aujourd'hui, qu'à l'heure actuelle, tu sois peut-être un peu plus présent pour les enfants parce que moi, j'ai besoin d'être... complètement disponible pour mon poste parce que j'ai envie d'évoluer. Quand on est dans un couple uni et qui est en parfaite harmonie entre les deux, je pense que ça peut s'entendre et que l'autre peut faire un effort s'il n'est pas dans la même dynamique pour vous aider à évoluer dans votre carrière. Et ce qui peut permettre aussi d'avoir moins de culpabilité parce qu'on sait que l'autre sera présent. Après, ça c'est possible quand on a un couple. Si vous êtes mère célibataire, c'est encore un autre dynamisme. En tout cas, pour terminer cet épisode, j'avais envie de vous dire que concilier carrière et maternité, ce n'est pas cocher toutes les cases. C'est construire une trajectoire qui est vivante, imparfaite, mais surtout qui est alignée avec vos valeurs et vos désirs. Vous avez le droit de vouloir évoluer. Vous avez le droit. d'avoir envie de ralentir au contraire et de prendre du temps pour votre famille. Vous avez le droit de changer d'avis, d'avoir envie un jour de mettre votre carrière en priorité et peut-être les mois suivants de prioriser votre famille et vous avez le droit de changer de chemin en cours de route. Chez Femmes 360, on croit à une chose essentielle, ta valeur ne dépend ni de ton titre ni de ton sacrifice. C'est sur ces mots que j'ai envie de terminer l'épisode. Donc si cet épisode vous a parlé, n'hésitez pas à le partager autour de vous. A une femme qui, à l'heure actuelle, vit ce grand écart entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Si vous avez aimé l'épisode, merci de mettre une note sur votre application d'écoute. Pourquoi pas de me laisser un commentaire et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.