- Speaker #0
Flamme des années 80. Le podcast qui allume la femme. Bonjour, alors je suis très heureuse aujourd'hui de recevoir Sophie Loustalo.
- Speaker #1
Bonjour, très heureuse aussi d'être là.
- Speaker #0
Parce qu'on a décidé de vous faire une émission spéciale Saint-Valentin. Bon, même si c'était hier, on est un peu dans cette semaine, nous on l'enregistre quelques jours avant. Avant le spectacle Fantasme, justement. Est-ce que tu peux te présenter brièvement pour ceux qui ne te connaissent pas encore tes super vidéos sur Insta et ton spectacle ?
- Speaker #1
Alors moi je suis comédienne et humoriste donc du coup je fais du stand-up. J'ai un spectacle depuis un an maintenant qui s'appelle Fantasme. C'est pour toute la vie que je ne vis pas, tout est mis là-dedans. Du coup voilà c'est un spectacle que je joue une fois par semaine le mercredi à 19h30 au théâtre Beau Saint-Martin. C'est un petit théâtre à République, il faut venir découvrir ça. Et je fais effectivement aussi des vidéos. depuis pas très longtemps aussi. Depuis une petite année, je fais des vidéos sur Instagram, TikTok, sur, au départ, c'était vraiment le fait de voir des psys, d'être en dépression et tout ça. Ça s'est un petit peu élargi au fait d'être célibataire. Et voilà. Et après, aussi, plein de, parfois, retours sur des choses du quotidien qui nous font rire ou qui nous agacent. Et voilà.
- Speaker #0
Bon, en tout cas, moi, je vous invite vraiment à la suivre parce que c'est hyper drôle. Ça fait du bien. Et puis, t'as une énergie vraiment chouette.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Je vous invite tous à venir voir le spectacle à 19h30 au Théâtre Beau. Ouais,
- Speaker #1
Beau Saint-Martin ou Beau.
- Speaker #0
Beau Saint-Martin. Donc, comment on va faire cette petite émission spéciale Saint-Valentin ? J'ai envie de commencer par une première question. Alors, toutes ces vidéos genre fantasmes, oui, mythes ou réalité, est-ce que c'est vraiment, tu te livres vraiment ou est-ce que tu inventes un petit peu ?
- Speaker #1
Tout part de choses réelles, de choses, de sentiments vraiment sincères. Parce que sinon, moi, je n'arrive pas à écrire de l'humour si ça ne vient pas de moi. J'ai essayé parfois de prendre des sujets qui ne m'appartenaient pas et d'essayer d'en faire des blagues. Je n'y arrive pas parce que l'humour, ça vient de là. L'humour, c'est du drame au départ, je trouve. Et pour avoir du drame, il faut avoir émotionnellement senti quelque chose. Et du coup, oui, non, non, tout est vraiment sincère. Après, c'est grossi. C'est le principe de l'humour aussi. Et sur le mot fantasme, il y a quelque chose dans le spectacle qui explique pourquoi ce titre. Mais du coup, je ne vais évidemment pas le dire. Il faudra venir voir le spectacle.
- Speaker #0
C'est un petit teaser.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Oui, parce que l'humour, c'est un peu la meilleure arme. Enfin, c'est une arme hyper puissante, je trouve.
- Speaker #1
C'est une arme hyper puissante. C'est même une solution. C'est une décision, presque. Moi, tu vois, quand il s'est passé des choses pas forcément faciles dans ma vie, comme plein de gens. Et on peut soit choisir de s'en alourdir, soit au contraire de dire à un moment donné, je vais en rire. Je vais en rire et d'un seul coup, rien ne s'annule, mais tout devient un peu plus léger. Et c'est tellement plus agréable de déjouer une situation qui vient d'être lourde, qui vient d'être dure, qui vient d'être presque traumatisante, par une explosion de rire, en fait, parce que c'est un relâchement et ça fait du bien. Donc ouais, c'est presque un choix de vie, en fait, de décider d'en rire.
- Speaker #0
C'est une façon de reprendre son pouvoir aussi, d'en rire.
- Speaker #1
Bien sûr, de plus subir, en fait.
- Speaker #0
Et est-ce que, j'ai une petite question, est-ce que dans la salle, les hommes rient de la même manière que les femmes ? Ou est-ce qu'il y a beaucoup d'impliques féminins qui viennent te voir ? Ou c'est un petit piégé ?
- Speaker #1
J'ai de plus en plus d'hommes. D'ailleurs, c'est drôle, la semaine dernière, j'avais quatre mecs au premier rang qui m'ont presque intimidée un peu. C'était quatre beaux gosses. Je me disais, mais attends, ils viennent faire quoi, eux, là ? Et ils étaient là, puisqu'ils aimaient bien les vidéos et tout. Ça m'a encore plus fait plaisir, quoi, de toucher aussi des hommes. Dans un sujet de santé mentale qui est parfois un peu féminin et malheureusement qui devrait être plus universel. Mais non, ça arrive de la même manière. Après, ça n'arrive pas de la même manière si on est en couple, si on est célibataire ou si on est seul, tout simplement. Donc ça, c'est différent parce que forcément, j'attaque un peu les couples aussi. Je l'attaque aussi beaucoup moins et le fait d'être seul et d'être célibataire. Donc oui, non, ça n'arrive pas de la même manière plutôt dans ce sens-là que femmes-hommes.
- Speaker #0
En tout cas, moi, j'ai trop envie d'y aller. Petit spoiler, j'y vais ce soir. Je ne suis pas encore allée. Donc, on fait l'émission avant le spectacle. Du coup, j'ai trop envie d'y aller. Et du coup, en fait, pour toi, comme on est en spécial Saint-Valentin, comment est-ce que tu décrirais cette magnifique fête de la Saint-Valentin ? Même si on va dire qu'est-ce qu'on s'en fiche un petit peu. Genre, tout le monde, mais est-ce que c'est politique ? Est-ce que c'est à la fois ? Genre, comment tu le décris ? En vrai,
- Speaker #1
on s'en fiche un peu. Et en vrai, ça fait toujours un petit truc quand même d'être seule à ce moment-là. Mais comme ça fait toujours un petit truc d'être seule à Noël, comme ça fait toujours un petit truc d'être seule quand le printemps arrive. Donc oui, c'est beaucoup une fête commerciale aussi. Ça, on le sait très bien. Mais bon, je souhaite à ceux qui sont en couple de passer une très belle Saint-Valentin. Franchement, je ne suis pas aigrie à ce niveau-là. Et tout va bien. Moi, je serai sur scène à ce moment-là. Je ferai rire les couples et tout va bien.
- Speaker #0
Et du coup, comment ça t'est venu cette idée ? Donc, tu étais comédienne et après tu t'es dit, ah, je vais faire du stand-up.
- Speaker #1
Non, pas du tout. Comment ça m'est venu ? J'ai toujours fait du théâtre en amateur, entre guillemets, en prenant des cours et en pratiquant, en tout cas, en toujours pratiquant. J'avais un boulot avant que je faisais presque à temps plein, qui était de l'événementiel. Je travaillais dans le cinéma et dans la mode. Mais voilà, je n'ai jamais abandonné cette pratique de la comédie. Et ce boulot, je l'arrête à un moment donné un peu en burn-out, quoi. Et c'est un moment où j'ai très envie d'écrire. Et d'écrire, mais ce qui pour moi s'appelle à ce moment-là, du sketch, du one-woman show, je sais pas où je vais du tout. Je sais que l'idée est de faire rire, mais je sais pas du tout quelle forme ça va prendre, ni comment l'exercer, en fait. Je sais même pas que les plateaux de stand-up existent. Et donc je commence par écrire, et après je me renseigne un peu, je commence par faire une première scène. qui est un peu la seule scène qui laisse la chance sans du tout connaître la personne, n'avoir rien vu avant, qui est vraiment une... ça s'appelle les auditions à l'aveugle, c'est le principe, c'est au Café Oscar. Et donc c'est ma première scène, je fais 5-6 minutes, c'est ce qu'on nous donne comme temps, où je parle de ma famille, il me semble, de la dépression déjà, voire du suicide même, je ne sais plus exactement, mais je crois que c'était un peu lourd. Et c'est incroyable, c'est génial, la puissance de faire rire, elle est folle. La puissance de ne pas faire rire, c'est-à-dire de prendre un bide, elle est terrifiante aussi, mais quand on arrive à faire rire, c'est magique. Et à ce moment-là, j'ai vraiment compris ce que c'était que le stand-up, et j'ai travaillé beaucoup, pour être drôle, meilleure, plus incisive, me trouver aussi, parce que c'est un vrai challenge ça aussi. Quand on commence à faire du stand-up, on a tous envie de faire rire, c'est le principe, mais du coup, on écrit des blagues pour des blagues. Et au fur et à mesure, on se dit « Ok, qu'est-ce que je veux vraiment dire ? Comment je veux vraiment le dire ? Est-ce que ces blagues-là, oui, elles sont marrantes, mais est-ce que c'est vraiment moi que de dire ça ? » Non, pas forcément. Donc, on commence à faire du tri. Ça prend du temps.
- Speaker #0
Et en fait, j'ai envie de te dire, comme la source d'inspiration, c'est toi-même. Il y a des fois des moments où tu peux... Est-ce que tu vois des fois, tu vis peut-être des bides en amour ou des choses, tu vois, en te disant, est-ce que t'arrives à avoir le recul pendant que t'es en train de vivre, en se disant, ça va faire un super sketch ou pas du tout ?
- Speaker #1
Souvent, je vis des expériences en me disant, j'ai pas envie d'y aller. Je me dis, bon, vas-y, au pire, ça fera des blagues. Je me le dis, c'est vrai. Mais la réalité est qu'il faut quand même un peu de distance pour arriver à faire des blagues. C'est-à-dire que sur des choses un peu difficiles ou honteuses ou ce que tu veux... C'est parfois difficile de les raconter tout de suite. On a envie, mais on va un peu manquer de recul pour que ce soit vraiment drôle. Donc oui, mais pour plus tard, du coup. Je me souviens d'avoir fait un date un peu... Enfin, un peu beaucoup horrible il y a quelques mois. Et j'ai tout écrit en me disant, il faut que je m'en souvienne, mais trop tôt pour faire des blagues.
- Speaker #0
Oui, que les hommes se rassurent, si vous voulez la dater, elle ne va pas vous. J'ai directement,
- Speaker #1
pendant quelques années. Seulement, on a le temps de ne plus le voir.
- Speaker #0
Non, mais c'est intéressant parce que c'est un vrai sujet. Quand tu racontes, tu es exposée comme ça sur les réseaux et que tu es célibataire, mais que tu rencontres quelqu'un, tu peux faire vachement peur aussi de vouloir... Évidemment,
- Speaker #1
je suis sûre que ça fait hyper peur. Encore plus en étant une femme et tout. Mes collègues d'humoristes ont beaucoup plus de succès que nous, femmes humoristes. On fait beaucoup plus peur que les hommes. En ayant ce pouvoir de faire rire avec la vie et les choses qui nous arrivent.
- Speaker #0
C'est marrant parce que, est-ce que tu penses qu'être indépendante, ça fait peur à un homme ?
- Speaker #1
Je pense que ça fera pas peur à la bonne personne. Voilà, j'ai pas envie de dire les hommes ont peur de ça ou quoi, mais... Non, moi je pense que... Moi, j'admirerais quelqu'un qui a une grande liberté et qui a une grande indépendance. Je pense que les temps changent et que les couples vont de plus en plus être comme ça, il me semble. Je pense que là, on le voit bien. Il y a une crise, tout le monde, il y a le célibat mis en avant. Plus personne n'a envie d'être ensemble pour des années. Donc, je pense qu'il y a une mutation vraiment à ce niveau-là et qu'à un moment donné, on va apprendre à faire couple différemment. Et c'est pour des très bonnes choses que ça change. On n'est plus fait pour... Ça n'existe plus, la femme au foyer, l'homme qui ramène l'argent. Heureusement que ça change. Donc non, non. On n'est pas encore dans l'apothéose de cette période-là, mais elle va arriver.
- Speaker #0
Oui, tu as raison. Et puis surtout, je pense qu'en ce moment, on a encore envie du grand amour, mais on a surtout envie d'être en paix. On n'a plus envie d'être dans un grand amour à tout prix et de faire...
- Speaker #1
Ça, c'est l'âge aussi, je pense, non ? Je pense que quand on est plus jeune, on croit encore à... Et heureusement, parce qu'il faut vivre des passions, il faut y croire, parce que c'est très beau. Mais oui, on a envie de sérénité. On a envie que ça se passe bien, que ce soit calme, que ce soit cool.
- Speaker #0
Alors, j'aimerais qu'on fasse un petit jeu, parce que dans le spectacle, tu nous proposes un panel de psy, dont docteur psy, qui n'est pas forcément sympathique. Je pense que ça nous est tous arrivé des fois, parce que, bon, je fais une petite parenthèse, il y a des psy qui sont extraordinaires, mais c'est comme partout, il y a des psy qui sont moins extraordinaires. Et je trouvais ça...
- Speaker #1
Attention, un psy qui est dur n'est pas forcément un mauvais psy. Moi, j'ai eu des psy qui parlaient pas beaucoup, et puis quand ils parlaient, c'était toujours... Ça tombait... pique quoi, ça a été un peu violent on ressort, on est en larmes et tout, mais en vrai ça fait vachement avancer parfois, donc attention, mais c'est vrai que dans le spectacle souvent, je suis docteur psy un peu rentre dedans mais j'ai l'impression que c'est ce que veut le public aussi,
- Speaker #0
donc c'est ce que je leur donne et puis comme tu n'es pas vraiment psy,
- Speaker #1
de toute façon tu n'es pas extraordinairement fort je leur demande pas de repartir avec des conseils absolument, vraiment non, ça reste un jeu évidemment.
- Speaker #0
Et donc on pourrait jouer à ça si ça te dit ?
- Speaker #1
Bien sûr !
- Speaker #0
On va inviter Doc Théopsie parce qu'on a des questions à lui poser.
- Speaker #1
Oui, alors bonsoir, je suis donc Docteur C. J'ai un petit feu sur la langue parce que je me suis rendu compte dans toutes les séances que ça désamorçait les situations et que ça avait beau dire des trucs difficiles, les gens, ça les faisait rire.
- Speaker #0
Du coup, on va faire un petit jeu. Donc moi, j'ai préparé des petites questions qui ne sont pas forcément personnelles. Ce n'est pas ma vie personnelle, mais je précise juste pour le petit jeu. Donc bonjour Docteur.
- Speaker #1
Bonsoir.
- Speaker #0
Alors, en fait, je viens vous voir parce que j'ai vraiment le problème. J'ai l'impression que les hommes, ils disparaissent au bout de trois semaines que je les rencontre. Après, ils ghostent. En ce moment, il y a beaucoup de gens qui font ça.
- Speaker #1
Ils ghostent, c'est-à-dire ? Je ne connais pas cette expression.
- Speaker #0
Alors, ghoster, c'est un peu comme en anglais, c'est un peu un fantôme. C'est-à-dire que hop, il n'est plus là.
- Speaker #1
Vous n'avez plus du tout de nouvelles ?
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Ah, mais ça, il faut contacter la police. Moi, ça ne peut rien faire pour ça. C'est pas de recerche. Ou alors, il faut arrêter de voir les hommes, tout simplement. C'est ce que je vous conseille.
- Speaker #0
Je pense que la police, ils auraient beaucoup d'appels si jamais on... Parce que c'est quelque chose qui est assez fréquent. Enfin, je ne sais pas si vous n'êtes pas trop renseignée, mais le ghosting, c'est une nouvelle manière de...
- Speaker #1
Les hommes disparaissent. Ouais. En même temps, c'est vrai que moi, je les ai rarement vus dans mon cabinet. Donc, ça peut vous dire qu'effectivement, je ne les vois pas beaucoup. Écoutez, je pense que la meilleure solution est d'arrêter de voir les hommes. Comme ça, vous n'aurez pas à les recercher après.
- Speaker #0
Donc, il faut que je reste célibataire ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. C'est ça que je vous propose. Ça vous a beaucoup aidé ce que je viens de vous proposer ?
- Speaker #0
Ce n'est pas trop le projet, mais...
- Speaker #1
Mais si vous n'avez plus d'hommes, vous n'avez plus de problème.
- Speaker #0
Oui, mais du coup...
- Speaker #1
C'est binaire.
- Speaker #0
C'est un peu binaire, mais vous pensez que les hommes sont émotionnellement indisponibles ?
- Speaker #1
Je ne pense pas que tous les hommes sont émotionnellement indisponibles. Je pense que c'est vous qui cercez les hommes émotionnellement indisponibles. Difficile à dire.
- Speaker #0
D'accord, donc on attire ceux qu'on mérite, c'est ça que vous êtes en train de dire ?
- Speaker #1
Je pense que c'est d'ailleurs pour ça que vous êtes là.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
On a du travail ensemble.
- Speaker #0
Oui. Non, c'est très drôle. En tout cas, j'ai trop envie d'aller consulter ce docteur. Le docteur consulte à Disney. Le plus dur,
- Speaker #1
c'est de rester sérieux. Et c'est toujours, on me dit comment les psys font pour rester sérieux parfois.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai que...
- Speaker #1
C'est le plus difficile, je trouve. Évidemment, pendant le spectacle, je ne reste pas sérieuse. J'en rigole aussi parce qu'il faut rire. Mais c'est dur d'être psy, franchement. C'est d'écouter, d'essayer de conseiller. Parfois, c'est pour ça que je n'ai pas du tout cette prétention.
- Speaker #0
Moi, je suis coach, donc ce n'est pas psy. Mais quand même, j'ai beaucoup d'histoires. Et puis, on repart aussi avec ces histoires chez nous. C'est comme des phénomènes. J'avais fait une interview avec une thérapeute justement qui disait qu'on vit avec quand même pas mal de phénomènes autour de nous. Même le chat.
- Speaker #1
On témoigne.
- Speaker #0
On témoigne. Moi aussi, c'est ma... Oui, moi aussi, je supporte cette... Et c'est vrai que c'est assez compliqué. Après, c'est très drôle de pouvoir en rire. Et comme on disait en off, souvent, des fois, quand on a des... Il y a des psys qui peuvent être très incisifs et on a aussi besoin de ça pour sortir un peu de quelque chose.
- Speaker #1
Encore une fois, posée dans le spectacle, si je suis là juste pour faire un vrai psy qui va vraiment donner des vrais conseils, en fait, ce n'est pas drôle du tout. Donc, j'ai été obligée de prendre un peu le contre-pied, d'essayer de m'en moquer un peu aussi et de... Mais ce n'est même pas une caricature, c'est une fausse séance. C'est ce qui aurait été pire chez un psy, en fait. Donc oui, oui, c'est vraiment un personnage. Ce n'est pas du tout représentatif des psys. Et puis, il y a des gens qui me disent des vraies choses. Et ça m'est arrivé une fois. Et presque, j'ai regretté de ne pas avoir trouvé une blague. Parce qu'encore une fois, c'est mon métier de faire des blagues. Et de ne pas être dans la surempathie non plus. Même si je le suis beaucoup par la force des choses, mais une jeune fille qui s'est confiée sur le fait qu'elle était en procès contre un prêtre pour attouchement. Ouais, on était en plein spectacle et on te dit ça. Et je te jure que je m'en suis voulu de ne pas avoir trouvé une manière de désamorcer, mais pas du tout son histoire, une manière de désamorcer moi, le psy, pour quand même qu'on puisse en rire. Parce qu'encore une fois, c'est ça que je propose, et c'est ça que je veux passer comme message. Mais c'était trop intense ce qu'elle venait de dire, et on l'a juste écouté, on l'a juste applaudi, et on est passé à autre chose. Parfois, les histoires sont tellement fortes, elle a osé se confier dans un spectacle devant 50 personnes, je l'ai laissé faire. Je me dis, bon, là, c'est plus mon moment, c'est le sien, elle le prend, et c'est très bien aussi comme ça, c'est pas grave.
- Speaker #0
Oui, c'est particulier parce que moi, je me rends compte aussi, entre l'émission, le coaching, en fait, aujourd'hui, on a tous ces réseaux sociaux, on a les différences entre les hommes et les femmes. Dans une période aussi, on n'est pas en train de vivre la guerre, tout va bien. Enfin, pas encore. Nous, en tout cas, on a de la chance en France de ne pas le vivre. Mais c'est vrai que ce n'est pas forcément évident. Et je pense qu'en fait, les gens, ils ont vraiment besoin de parler et de laisser des espaces comme ça. Alors, même si c'est pour en rire. de dédramatiser, c'est vrai qu'il n'y a pas tout le monde qui a la chance d'avoir un cercle social aussi assez développé.
- Speaker #1
C'est clair. Et puis même si parfois on a des amis, ce n'est pas forcément les bonnes personnes à qui parler. C'est difficile d'être à l'écoute, juste à l'écoute. Et les amis, en général, la famille, on n'arrive pas à être juste à l'écoute. Parce qu'on a envie d'aider, parce qu'on a envie de conseiller, parce que parfois on n'a pas envie que quelqu'un d'autre nous parle de ses problèmes parce que pour soi, c'est trop dur à prendre. Et donc très vite, on va... Merci. Bref, c'est dur de trouver des gens à qui se plaindre ou à qui parler de ces problèmes. Parfois, pour des gens, c'est difficile d'aller voir un psy. C'est cher d'aller voir un psy.
- Speaker #0
Maintenant, il y a quand même 10 séances offertes par le gouvernement. C'est toujours ça.
- Speaker #1
C'est toujours ça, mais ce n'est pas grand-chose pour un travail de fond. C'est toujours ça, bien sûr. Ça aide sur un moment précis. Ça peut carrément aider, évidemment. Mais il faut aussi que tous les psys acceptent de jouer sur le jeu, parce que tous les psys ne le font pas. Donc oui, c'est pas rien, mais quand il a mis la santé mentale comme grand sujet de son quinquennat, on se moque un peu des gens, clairement. On n'aide pas les gens et on les laisse passer 10 heures sur TikTok, ce qui ne rend pas les gens plus heureux, moi la première.
- Speaker #0
Il y a toute cette amalgame entre être sur les réseaux, parce que c'est aussi comme ça qu'on arrive à se faire connaître, et aussi la balance entre les deux.
- Speaker #1
On peut trouver des choses très bien, comme on peut trouver des choses très bien, j'entends, mes réseaux, par exemple.
- Speaker #0
Évidemment.
- Speaker #1
Évidemment. Mais comme on peut aussi juste abrutir le cerveau, en fait. Mais pour revenir en tout cas au psy, au fait d'aider et d'entraider. Encore une fois, je joue le psy dans le spectacle pour rigoler de ça, pour créer un petit moment d'échange aussi avec les gens, pour dire que c'est OK de parler, de dire que ça ne va pas. On n'est pas des mauvaises personnes pour autant. On n'est pas des gens qui ont aigri. On a parfois juste envie de dire que ça ne va pas. Et c'est rigolo, et ce n'est pas grave. On en rigole après.
- Speaker #0
Tu as une super vidéo que je trouve kiffée. En fait, ça fait vachement bien de tes vidéos, parce que c'est aussi tellement sincère et tellement vrai que tu en as une où tu dis « j'ai envie de me plaindre » . Et souvent, des fois, t'as juste besoin de te plaindre et t'as pas forcément... Enfin, tu vois, si tu veux en parler de cette vidéo...
- Speaker #1
Bien sûr, c'est ça, c'est exactement ça. C'est-à-dire que dans cette vidéo, je commence à me dire, à dire à mon ami que ça va pas et tout, et tout de suite, il veut me trouver des solutions. Et je suis là, mais non, j'ai pas envie que tu me trouves des solutions. Moi, j'ai juste envie de me plaindre, en fait. J'ai envie, là, pendant 10 minutes, de dire que ça va pas. À la limite, si tu veux, tu me remets une petite pièce à mon moulin en me disant « Ah ouais, c'est dur ce qui t'arrive » , et moi, je repars et ça me va très bien. Et parfois, on a juste besoin de ça. Et apparemment, ce que je n'avais pas du tout pensé en faisant cette vidéo, et ce que j'ai vu après beaucoup dans les commentaires, à quel point c'était féminin de faire ça, et masculin de proposer une solution. Alors moi, je ne l'ai pas du tout pensé comme ça, mais c'est fou à quel point les gens se sont retrouvés là-dedans. Mais apparemment, c'est féminin, et apparemment, c'est masculin de vouloir trouver des solutions. Je ne me poserai pas d'avis là-dessus, parce qu'encore une fois, je ne l'ai pas pensé comme ça. Mais ce qu'il y a en tout cas, c'est que parfois, aider un pote ou une pote, c'est juste être là. être là et dire ah ouais c'est horrible et puis si à un moment donné on demande une solution et bah on propose mais je trouve que vouloir tout de suite trouver des solutions quand ça va pas il y a un petit côté genre oh la la me saoule pas avec tes problèmes vas-y mets un pansement et laisse moi tranquille non parfois on a juste envie de se plaindre et c'est très bien et
- Speaker #0
puis on a besoin aussi d'avoir des moments où on n'a pas la solution je pense que c'est aussi féminin en fait on l'a la solution,
- Speaker #1
on en a 40 on sait pas encore laquelle prendre et en attendant de la prendre on est angoissé et ce qu'on a juste envie c'est un peu de vider son sac qu'il y a Et ça va, on ne l'est pas non plus. On le fait dans une certaine mesure. On ne va pas saouler l'autre non plus. Mais les amis, souvent, on est là pour ça aussi.
- Speaker #0
Et c'est important d'avoir des amis justement pour les saouler.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et tu as fait aussi une super vidéo sur les célibataires et comment le regard extérieur qu'on peut avoir sur nous est de le transformer. Et ça, je trouve ça génial.
- Speaker #1
La norme fait qu'il faut être en couple. Et que du coup, l'anomalie, c'est d'être seule. Et encore une fois, seule et célibataire, pour moi, ce n'est pas la même chose.
- Speaker #0
C'est quoi du coup la différence pour toi ?
- Speaker #1
On peut être en couple et être seule. Tu vois ce que je veux dire ? Être célibataire, forcément, met un enjeu amoureux là-dedans, mais comme si on manquait de quelqu'un. Et du coup, il y a un point de vue négatif sur le fait d'être célibataire. Être seule, c'est encore autre chose. Mais oui, en tout cas, la société nous renvoie en permanence que « Ah, t'es célibataire, ça doit être dur. » Et encore, moi, j'en ris dans mon histoire, parce que moi, je suis célibataire depuis de nombreuses années, donc c'est encore plus « Oh ! » Et t'es encore célibataire encore maintenant, après tant de temps. Donc forcément, j'ai un problème. Forcément, ça vient de moi. Forcément, il y a un truc qui cloche. Et j'avais fait une vidéo comme ça en me disant que si on posait toutes ces phrases, mais qu'on les retournait contre les couples, de « Ah, t'es en couple depuis 12 ans, Ah mais c'est qu'il y a un problème, il y a un truc qui ne va pas chez toi, mais écoute, ça va pas tarder à te tomber dessus. Voilà, c'est quand on ne cherche pas qu'on trouve, mais vraiment à l'inverse, pour le couple, c'est bientôt la rupture, c'est sûr. Évidemment, quand on se pose sur le couple, on se dit, bah non, c'est pas sympa, mais c'est pareil pour les autres en fait. Donc voilà, c'est juste parfois dire, arrêtez de... Mais bon, c'est... Quand on parle encore des enfants, c'est encore un autre truc. D'être une femme, d'avoir passé la quarantaine et de ne pas avoir d'enfants, de ne pas en vouloir, mais mon Dieu, qui on est, quoi. Ça, c'est encore un vrai sujet. Et c'est des sujets qui éclatent aujourd'hui dans la société, je trouve. D'être célibataire, il y en a de plus en plus. On dit que dans 30 ans, il y aura 60% des femmes qui le seront. Les enfants, on en fait de moins en moins. Voilà, c'est en train de changer. C'est pas encore du tout valorisé. C'est pas encore du tout, comment dire... On reste des personnes anormales à être célibataire.
- Speaker #0
Et sans enfant aussi.
- Speaker #1
Et sans enfant et sans sexe. C'est encore un autre sujet, ça. J'ai un ami, un collègue humoriste qui me disait ça il y a quelques jours. Mais toi, du coup, vraiment, 8 ans sans relation et tout. Je fais, bah oui. Et c'est un vrai sujet, quoi. Ça questionne les gens. Et du coup, il y a un regard, je le sens, qui se pose sur moi de... Mais il est où le pourquoi ? Pourquoi ça ? C'est quoi le problème ? Parfois, il n'y a pas de problème. Parfois, c'est juste comme ça. Ça s'est passé comme ça.
- Speaker #0
Ou alors, un homme ou une femme qui a des relations sexuelles toutes les semaines avec une personne différente, peut-être que là aussi, ça peut... Oui, bien sûr,
- Speaker #1
cette personne-là sera beaucoup plus valorisée sociétalement que moi. Donc, c'est là où c'est très injuste. C'est là où, en plus de vivre ce qu'on vit, bien ou pas bien, parce que ça, c'est à chacun. Mais en plus, on doit se battre avec un regard de la société et parfois, on s'en passe bien.
- Speaker #0
Oui, parce que de vivre en couple et d'avoir des moments qui sont difficiles ou de moments de crise...
- Speaker #1
Je n'ai que des amis en couple, ça va mal, c'est dur.
- Speaker #0
Mais c'est normal, alors que quand nous, on ne vit pas bien en couple, c'est qu'on est célibataire, ça veut dire qu'on a peut-être un problème.
- Speaker #1
Exactement. Alors que vraiment, en ce moment, je n'ai que des amis qui sont en couple et qui vont, c'est très dur. Et même quand je vois mon frère et ma sœur qui ont des enfants, quand je les vois évoluer avec les enfants, les enfants qui grandissent, toutes les problématiques que ça engendre, moi-même qui suis la première à avoir voulu des enfants qui en veulent absolument, parfois je remets le truc en question en me disant « ouais, c'est dur en fait » . Et c'est pas juste dur de fatigue, de financier, c'est dur aussi parce que les questions psychologiques que ça entraîne, mon Dieu, être parent c'est difficile. ouais, pas n'importe comment, pas à n'importe quel prix, quoi. Il faut... Je pense que c'est vraiment très difficile et qu'il faut être armé, il faut être prêt.
- Speaker #0
Oui, tu devrais faire une vidéo sur tout ce qu'on peut te dire, je pense que tu l'as déjà fait, parce que j'ai pas l'air qu'avec toutes les vidéos de ton Insta, sur justement tout ce qu'on peut entendre sur « vas-y, mais pourquoi t'en fais pas ? Vas-y, prends n'importe qui, fais un enfant comme si c'était simple de faire un enfant. » Ben tu vois,
- Speaker #1
non, c'est... Quand je disais tout à l'heure, il faut prendre de la distance pour arriver à rigoler de certains sujets, pour le coup, les enfants, moi, j'ai 15 pages écrites, mais il n'y a pas de blague. Enfin, il y a des blagues, mais je n'ai... Merci. C'est le delivery qui ne fonctionne pas. Comme c'est très... Ça reste très sensible, tu vois. Rien que là, d'en parler, c'est compliqué. Mais donc, pour l'instant, je n'arrive pas à faire des bacs dessus. Ça reviendra parce que c'est écrit, c'est prêt, c'est là. Mais il y a même tout un passage dans le spectacle que j'ai enlevé parce que je n'ai pas assez de prix de distance sur le sujet. Je ne sais pas encore où je me positionne.
- Speaker #0
Tu as quel âge, si ce n'est pas indiscret ?
- Speaker #1
J'ai 35 ans.
- Speaker #0
Oui, mais 35 ans, pour une femme, je trouve que c'est un âge hyper difficile. Moi, j'ai 43. Et j'ai écrit un film sur le désir de maternité à 35 ans. Justement, j'ai interviewé plein de femmes là-dessus. ce film va sûrement réexister à un moment donné et c'est marrant j'avais une pression par rapport à la maternité à 35, j'ai 43 j'ai pas d'enfant, que j'ai beaucoup moins oui,
- Speaker #1
et parce que t'as pris une décision ? C'est clair dans ta tête ?
- Speaker #0
Non, je n'ai pas ni décision. Pour le moment, je suis célibataire. Je verrai, mais je laisse vraiment la vie faire. Mais à la différence, c'est qu'on ne me pose plus la question. Je préviens, parce que j'ai prévenu pas mal de copines pour les 35 ou 35 vraiment. Avant 35, on dit, mais c'est bon, tu as le temps de faire des enfants et tout. 35, c'est pourquoi tu n'en as pas fait ? C'est maintenant, tu es là. OK, les gars, il y a une semaine, j'avais le temps. Là, il faut que je fasse ça maintenant. Et à partir de 40 ans, moi, aujourd'hui, on me dit, donc pourquoi tu n'en as pas fait ?
- Speaker #1
C'est fini.
- Speaker #0
Alors qu'en fait, moi, je suis fertile. Il y a tout un rapport à la fertilité aussi. Aujourd'hui, j'ai des copines qui sont ménopausées. J'ai fait des émissions où il y a des femmes qui peuvent tomber enceintes à 46, 48. Et puis, il y a aussi un truc en disant, non, mais il ne faut pas les faire aussi tard. Une espèce de prisme absolument de cartes, comment ça doit se passer. Et assez infernal, en fait.
- Speaker #1
Oui, et puis ça, je trouve que c'est vraiment tellement personnel. Et tellement difficile d'être une femme pour ces questions-là. mon dieu si vraiment tu vois si j'arrive à écrire à continuer à vivre de ça et à faire un deuxième spectacle moi mon deuxième spectacle j'ai vraiment envie qu'il soit là-dessus sur le fait d'être une femme et pas pas avec un étendard absolument féministe ou quoi mais juste de dire putain que c'est difficile c'est difficile en plus de tout d'avoir ça dans le coeur dans le ventre physiquement et émotionnellement tu vois de se dire enfant, pas enfant maintenant, pas maintenant si c'est pas maintenant est-ce que j'y arriverai plus tard et en même temps avec Merci. Moi, je sais que j'ai une foi absolue là-dedans. Je ne suis pas quelqu'un de religieux, je suis athée, je ne crois pas en grand-chose, mais si je crois en une chose, c'est ça. Si j'ai envie, ça arrivera. Il se trouve que ce n'est pas maintenant. Ça doit arriver, ça arrivera. Et je crois vachement en ça, pour le coup, et c'est pour ces raisons-là que j'ai fait des choix. Voilà, après, on ne va pas rentrer dans un truc trop personnel, mais... Je trouve que c'est, pour beaucoup de ces questionnements-là, et tu vois, on parlait juste de célibataire, on se pense sans parler d'enfant, un homme célibataire n'est pas du tout traité comme une femme célibataire. Nous, on a les expressions de femme à chat, de machin, de truc, de vieille fille. Eux, ce sera jamais ça. Et je trouve ça très injuste, quoi. Vraiment très injuste qu'on doive se battre en plus de tout le reste avec ça. Et en même temps, je trouve ça sublime d'être une femme. Je préférais pas être un homme, tu vois ce que je veux dire ? Mais je trouve qu'on part avec un fardeau bien plus lourd. Et c'est bien pour ça d'ailleurs qu'on est plus vaillante, parce qu'on se bat tous les jours. C'est très engagé, mais je le pense vraiment. Et c'est dur aussi de faire des blagues sur ça, par exemple, parce que comment faire des blagues sur ça ? J'ai pas de blague en fait, que c'est très sérieux en fait comme sujet. J'ai très envie de faire des blagues là-dessus parce que j'ai très envie de parler de ça. Tous les jours en tout cas je m'indigne du fait qu'on n'ait pas le même traitement et la même vie.
- Speaker #0
C'est assez intéressant ce que tu racontes parce que c'est ce qu'on vit quotidiennement et chaque âge a son lot entre guillemets.
- Speaker #1
Chaque âge, chaque travail qu'on fait, il n'y a pas un travail où une femme, un homme n'est pas traité de la même manière. C'est fou quoi. j'ai pas fait mille trucs dans ma vie mais j'ai fait un peu des trucs différents la position de l'homme et de la femme n'a jamais été traitée de la même manière et encore une fois peut-être c'est normal parce qu'on n'est pas les mêmes personnes non
- Speaker #0
puis je pense que c'est aussi sociétal dans la mesure où le droit de vote et d'ouvrir un compte en banque c'était il n'y a pas assez longtemps c'était la semaine dernière j'ai envie de dire donc l'évolution se fait aussi en positif ça arrive petit à petit et les choses sont en train de changer et Et ça, c'est quand même chouette. Après, tout ce qui est du célibat, de la sexualité et en plus de la maternité, ou de la paternité, on en parle un peu de plus en plus, mais pour faire un enfant, spoiler, il faut avoir un papa aussi. C'est difficile aussi que...
- Speaker #1
Pas forcément, pas forcément.
- Speaker #0
Mais il faut quand même trouver des solutions. C'est-à-dire que trouver, soit aller maintenant, soit en pays étranger. Il faut quand même... On ne peut pas faire ça toute seule. C'est aussi un engagement. Ne serait-ce qu'on lui sait zovocyte, maintenant, c'est démocratisé. Mais en même temps, ce n'est pas rien.
- Speaker #1
On va pas se démocratiser. Et puis encore une fois, pour moi, ça, c'est une grande hypocrisie, tu vois, les ovocytes, parce que c'est... Bien sûr que c'est bien que ça existe. Ça a mis du temps et c'est pas encore très bien fait parce que c'est blindé, parce que ça n'est que dans le public et que du coup, c'est blindé. C'est des listes d'attente de malades et que souvent, du coup, on est un peu découragé avant même d'avoir commencé. Que ça existe dans le privé, mais ailleurs et cher, mais au moins, ça a le mérite d'exister ailleurs. Et que là, ça va beaucoup plus vite. Là, c'est rapide, c'est cool. Et que surtout, je ne sais pas si c'est problématique de dire ça ou pas, mais moi, je trouve qu'il faudrait dire ça beaucoup plus tôt.
- Speaker #0
Tu vois, offrir la possibilité à une femme de 20 ans de congeler ses ovocytes, elle voit la vie un peu différemment aussi, derrière. Puis il y a moins de stress. Puis ils sont en bonne santé à ce moment-là, les ovocytes. C'est pas à 37 ans, quand on va le faire, quand il reste la moitié des trucs, et qu'on est parasité par le monde pourri dans lequel on vit, avec des particules et que nos corps sont, comme tout le monde, un peu moins en forme. Pourquoi on fait pas ça beaucoup plus tôt ? Mais attention, faut pas toucher au corps humain, faut pas toucher à machin. Non, mais c'est... C'est la France, pour le coup, ça, on est... Je sais pas pourquoi, on a un temps de retard de malade sur ça, quoi. Sur ça, sur l'autre sujet, où on est méga en retard, c'est la possibilité d'euthanasie, le droit à mourir. Pareil, je trouve ça fou qu'on ait autant ce temps de retard. Comment ? Mais parce que les élites sont des hommes vieux de 80 ans qui sont là, non, faut surtout pas toucher à ça, ça touche à la moralité, je ne sais quoi. Bref. Deuxième spectacle, ce sera vraiment tout ça.
- Speaker #1
Donc deuxième spectacle sur les femmes.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Les trucs où je comprends pas pourquoi on avance pas plus vite. J'écoutais un gars tout à l'heure à la radio qui disait que les gens très fatigués sont des gens qui vivent avec un sentiment d'injustice permanent. Et je me disais, moi je suis très fatiguée tout le temps, et je me disais, putain mais j'ai pas l'impression de ressentir de l'injustice. Et là je me dis tout ça, et je me dis, ah oui c'est en fait de ouf. Pourquoi j'ai l'impression en permanence en fait de l'injustice ? Merci. Mais tu sais, c'est sous-jacent, on a appris à vivre avec. Mais oui, clairement.
- Speaker #1
Et tu penses que la fatigue, c'est aussi un vrai sujet plus féminin que masculin ?
- Speaker #0
Ça, je ne sais pas. Pour le coup, moi, j'ai l'impression d'être un ovni à ce niveau-là, d'avoir besoin de tellement de sommeil. Ou d'avoir besoin du sommeil, ou d'être fatigué en permanence, ou du coup d'être en permanence dépressif. Parce que quand on est en dépression, on l'est, fatigué tout le temps. Donc je ne sais pas, je me dis... Peut-être ça ou juste un manque de fer, je ne sais pas. Je ne sais plus trop où me situer en ce moment.
- Speaker #1
Et tu parles beaucoup de la dépression, c'est un vrai sujet. Est-ce que tu as déjà vécu une dépression éventuelle ?
- Speaker #0
C'est pour ça que je peux en parler. Et pour le coup, c'est quelque chose de plus ou moins résolu, même si je pense qu'à partir du moment où on l'a été, c'est une nature un peu. Donc ça reste un peu en soi toute la vie. Mais oui, en tout cas, c'est pour ça que je peux en faire des blagues et tout. C'est parce que je l'ai vécu que des proches à moi... dans ma famille l'ont vécu aussi, et que, oui, oui, je peux beaucoup témoigner de ça, quoi, de ce que c'est vraiment d'être à l'état limite, quoi, en tout cas, de ne plus vouloir être là, et tout en en faisant pas un drame, tout en disant, ça me soulagera, quoi. Ça, c'est quelque chose que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre quand je l'ai vu chez des proches, et puis que j'ai beaucoup compris quand ça m'est arrivé à moi, quoi, et que j'ai fait, ok, je peux comprendre, du coup, quoi. C'est très dur. Je parle évidemment de mettre fin à sa vie, hein. Mais c'est quelque chose que je peux vraiment comprendre. Au bout d'un moment, ça semble tellement être la solution. Je ne l'encourage pas du tout à le faire. Évidemment que non. Et il faut se faire aider. Et on peut évidemment s'en sortir.
- Speaker #1
Au contraire, tu es un super modèle, entre guillemets, justement de dire qu'à un moment donné, c'est un peu ma croyance, de tout ce qui nous arrive, c'est important de le transformer, d'en faire quelque chose et de le transmettre.
- Speaker #0
Mais sur le moment, c'est impossible d'entendre tout ça. quand on n'est pas bien et quand la vie est trop pesante. Mais il y a aussi quelque chose de très beau là-dedans, moi, je trouve, dans l'état dépressif et dans l'état un peu second dans lequel on se trouve dans ces moments-là. Second dans le sens où on a l'impression de ne plus faire partie du monde, on a l'impression de ne plus avoir aucun rapport avec ces gens qui marchent dans la rue, qui ont un sens, que personne n'a vraiment de sens à sa vie. En tout cas, qui donne l'impression d'en avoir, sent tellement à l'écart. Et c'est ça, en plus, qui renforce le sentiment d'isolement, quoi, dans la dépression. Mais en tout cas, il y a quelque chose de très beau dans le lâcher-prise que ça donne, je trouve. J'avais fait une vidéo là-dessus en disant que quand on touche le fond, évidemment, l'image est de remonter, bien sûr, mais il y a un truc vraiment de... Putain, on n'a plus rien à foutre de rien. Et il y a un truc très beau là-dedans. Moi, je ne me suis jamais autant sentie moi-même que dans ces moments-là. parfois c'est un peu cyclique, ça revient, il y a des périodes où je ne me sens pas bien, où je touche un peu le fond et je me dis c'est que mon corps doit y aller il faut qu'il y ait ce relâchement il faut qu'il y ait une sorte de plénitude là-dedans un peu étrange, un peu vraiment quand on ne l'a pas vécu, on ne sait pas trop de quoi on parle mais ceux qui l'ont vécu se reconnaîtront et là-dedans il faut prendre ce qu'il y a à prendre là-dedans aussi, il y a un truc épais je trouve on est vraiment Dans son centre, c'est se respecter aussi, que de se dire que ça ne va pas et accepter le mal-être. Et après, dès qu'on le sent, il faut prendre la main et la main de qu'on nous tend, ou en tout cas, voir un peu revenir à la surface.
- Speaker #1
En coaching, si je l'explique en quatre phases, parce que c'est assez intéressant et ce que je leur explique, c'est qu'on a une première phase, c'est le modèle Hudson, c'est la phase d'élan, où là, c'est comme quand on rencontre un mec, c'est génial, c'est fabuleux, c'est super, tout est génial. Et après, on a une deuxième phase qui est la phase de déclin. Et donc, cette phase de déclin, c'est finalement, il n'est pas si génial que ça. Il m'emmerde un peu avec ses histoires. Il n'y a pas toujours les mêmes. Enfin, au bout d'un moment, on est un peu en déclin. Et 80% des gens se disent, oh, ma grand, une petite transition. Et puis, on part en vacances une semaine. Et oh, c'est génial. En fait, il est super. Mais en fait, non, il fait chier. Et ça, en fait, on reste un peu dans une roue de hamster. Et ce qui se passe quand on peut faire une dépression, surtout une dépression ou quand on rentre dans une phase 3, c'est qu'on descend et c'est une phase de marasme. Et en fait... elle n'est pas assez valorisée cette phase-là, et c'est ce que tu dis très justement, parce que c'est dans ces phases-là où en fait on se rend compte de ce qu'on veut, ce qu'on n'a pas envie, comment on veut imaginer sa vie, quel sens on veut y mettre.
- Speaker #0
Et c'est très agréable, parce que c'est dans ces moments-là qu'on prend des décisions un peu folles. On prend des décisions de quitter son job, de quitter son mec, de quitter sa famille, je ne sais pas, c'est des décisions un peu folles. Mais c'est des décisions qu'on avait envie de prendre. Peut-être qu'on les regrettera ou quoi. Mais je veux dire, quand est-ce que t'as pris dernièrement une forte décision ? On n'arrive plus à prendre des décisions. C'est trop dur de prendre des décisions. Donc on est là, non, on a trop peur de... Mais si je fais ça, nanana... Et prendre des mauvaises décisions, ça fait du bien aussi, quoi. Alors c'est peut-être vindicatif. Elles sont peut-être un peu folles. Elles sont peut-être un peu... Mais quand je dis vraiment, ce moment de la dépression, il est important parce que, déjà, il ne va pas durer toute la vie.
- Speaker #1
Ça, c'est hyper important de le dire.
- Speaker #0
Bien sûr. Encore une fois, sur le moment, il nous semble qu'il va durer toute la vie. Il nous semble que c'est interminable et que ça ne se terminera pas. Et qu'on pense en plus qu'on n'a pas la force, le courage, tout ce qu'on veut pour s'en sortir. Mais il faut attendre. Vraiment, il faut attendre. Il faut prendre ce qu'il y a à prendre dans ces moments-là. Il va y avoir un second souffle et ce second souffle, il sera trop bien. Mais voilà, il faut attendre.
- Speaker #1
Après, il y a la phase 4, qui est la phase de réintégration, de comprendre un peu ce qui s'est passé. Et une fois qu'on a tout réintégré, qu'on est redevenu une nouvelle personne, et après, dans ce modèle, on repart à l'élan. On y repart directement.
- Speaker #0
Je les chéris presque ces moments-là, quand ils me réarrivent encore aujourd'hui, de me dire, bon, là, je ne suis pas bien, je suis dans le dur, ça va durer quelques jours, mais je ne lutte plus. Je les laisse arriver la tristesse, tous ces sentiments qui peuvent être un peu durs dans ces moments-là. Et je me dis, par expérience, il en sortira du bien.
- Speaker #1
Trop bien, mais il faut que je te laisse parce qu'il faut que tu ailles jouer. Et donc, en tout cas, c'était génial. On vous invite à venir au Théâtre Beau Saint-Martin à 19h30 tous les mercredis. Et est-ce que je te laisse un petit mot de la fin ?
- Speaker #0
Oui, surtout qu'on a dit des choses très lourdes et très importantes. Mais en tout cas, il faut en rire et c'est ça qu'il faut retenir.
- Speaker #1
En tout cas, moi, je vais aller rire ce soir. Je suis très contente. Bon, moi, je vous dis à la semaine prochaine.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Flamme des années 80. Le podcast qui allume la femme.