- Speaker #0
Flamme des années 80. Le podcast qui allume la femme. Bonjour, je suis très heureuse aujourd'hui d'être dans la chronique L'âme des flammes avec Emma Nicolas. Comment vas-tu Emma ?
- Speaker #1
Je vais bien. Bonjour à tous, bonjour Sarah.
- Speaker #0
Donc le mois dernier, on vous avait fait un petit teaser et on a décidé de parler des émotions. Donc on va essayer de les définir, de les comprendre et de voir qu'est-ce qu'on fait de tout ça. Et puis des fois, on n'est pas connecté avec ces émotions et déjà de s'en rendre compte, c'est déjà un premier pas. Donc, on va commencer par la base. Emma, comment est-ce que tu définirais une émotion ?
- Speaker #1
Une émotion, c'est quelque chose qui naît et que vous ne créez pas. Déjà, là pour le coup, c'est la différence entre émotion et sentiment. Une émotion, c'est vraiment ce que vous ressentez qui naît dans votre corps. La joie est une émotion, la colère est une émotion, la tristesse est une émotion, la culpabilité est une émotion. Et la peur est aussi une émotion. Alors après, en fonction des écoles, la vie c'est un peu plus exhaustif ou pas. Moi j'aime bien poser ces cinq là. Et puis les sentiments, c'est ce qu'on va créer par-dessus intellectuellement. La joie, c'est une émotion. Le bonheur, c'est sentir heureux, c'est un sentiment. Mais les émotions, c'est vraiment quelque chose que vous n'intellectualisez pas. C'est quelque chose que vous ressentez dans votre corps.
- Speaker #0
Et donc du coup, ça sert à quoi ? dans notre vie ?
- Speaker #1
Ah ! Super bonne question ! En fait, là, on pourrait passer des heures à en parler. Alors, les émotions, et là, je vais parler vraiment, moi, de ma vision des émotions. Pour moi, les émotions, c'est le premier moyen qu'utilise notre inconscient pour dialoguer avec nous. Si on ne prend pas conscience de quelque chose, eh bien, notre inconscient vient nous le dire à travers des émotions. Donc, les émotions, qu'est-ce qu'elles viennent nous dire ? C'est qu'on est désaligné. avec notre besoin, c'est-à-dire notre moi intérieur, notre âme, qui on est, est en train de dire, s'il y a de la colère, ou même en joie, ou triste, que l'expérience de vie qu'on est en train de vivre n'est pas alignée, ne nous correspond pas, on ne se respecte pas, ou c'est quelque chose de traumatisant.
- Speaker #0
Même avec la joie ?
- Speaker #1
Alors non, évidemment. pas la joie. Là, je parle des quatre autres émotions, mais la joie, c'est aussi venir prendre conscience quand on s'arrête et on se dit « Waouh, je suis dans cette joie incroyable intérieure » , eh bien, qu'on est en train de vivre quelque chose qui nous correspond beaucoup. Donc, c'est bien quelque chose qui vient répondre à un besoin.
- Speaker #0
Oui, c'est un bon baromètre pour ce qu'on disait le mois dernier. C'est ce qu'on disait le mois dernier, c'est un bon baromètre pour savoir si on est en bon endroit ou pas. Quand on ressent de la joie, en général, c'est qu'on est au vert, on est voyant vert, c'est super. Quand on commence à ressentir de la colère, de la frustration, peut-être qu'il faut se poser la question de savoir pourquoi est-ce qu'on ressent tout ça.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et donc, pourquoi est-ce que je disais que les émotions, c'est quelque part la première face à la porte qui va nous donner accès à ce qui se passe à l'intérieur de nous. Dans notre société, ce qui se passe, c'est qu'on fait tout pour ne pas ressentir nos émotions. On parle souvent de contrôler nos émotions. Et qu'est-ce que c'est contrôler une émotion ? C'est un peu essayer de la mettre sous le tapis, de mettre un gros coussin dessus et de s'asseoir. Et je suis super content, je contrôle mes émotions. En gros, c'est j'attends d'être complètement neutre et que ressentir de la joie, mais je ne veux surtout pas sentir de la colère, pas de la tristesse ou des choses comme ça. Ça, c'est l'erreur.
- Speaker #0
Est-ce que le développement personnel, là je fais un peu l'avocat du diable, nous influence aussi à ne sentir que la joie et ne pas forcément aller sentir ce qu'on sait sous le développement personnel ou autre chose, mais c'est un peu ce qu'on prône aujourd'hui dans notre société. On peut montrer la joie, mais on ne peut pas montrer les autres émotions.
- Speaker #1
Alors oui, et c'est vraiment le problème parce que quelque part, on n'a le droit que d'être content et de tout le temps montrer qu'on réussit, des choses comme ça. Or, si les émotions existent, c'est qu'elles ont une fonction. tellement complexe qu'il ne va pas s'amuser, je mets des guillemets, s'amuser à créer de la colère ou nous permettre d'être en colère, nous permettre d'être triste, ça ne sert à rien. Donc, l'idée, c'est que nos émotions, ce sont nos meilleurs alliés. Nos émotions, c'est comme des petits drapeaux qui viennent nous dire, hé Sarah, hé Emma, viens voir là, tu te sens en colère ? Mais prends 10 secondes, arrête-toi, viens me poser la question, mais qu'est-ce qui se passe en fait ? Pourquoi est-ce que je suis en colère ? Alors très souvent on va dire, ouais, c'est parce qu'un tel, ceci ou un tel, cela. Non, non, non, ce n'est pas ça. C'est qu'est-ce qui se passe à l'intérieur de moi ? Comment je me ressens à l'intérieur de moi ?
- Speaker #0
Et ce que je disais tout à l'heure sur le développement personnel, je finis ma boucle. C'est-à-dire qu'à un moment donné, on ne peut pas souhaiter travailler sur soi pour ne ressentir que de la joie. Ça n'arrivera jamais en fait, c'est dans l'heure. C'est-à-dire qu'on va ressentir de la joie, mais on va ressentir tout le package de toutes les émotions qui vont avec, qui vont être, comme tu dis, des warnings pour nous indiquer quand on est sur le bon chemin. Ou alors même si on ressent de la colère, c'est peut-être que c'est le bon chemin, mais qu'il va falloir s'armer différemment et puis pouvoir poser ses limites par exemple. On va remettre la colère quand on oppose ses limites.
- Speaker #1
Par exemple, ça peut être la colère, mais ça peut être aussi la tristesse. On peut être triste de s'oublier. Donc, se poser aussi des limites, c'est important. Et oui, si je rebondis, en effet, tu as tout à fait raison. Les gens aimeraient ou pensent que quand ils travaillent sur eux, le graal ou l'objectif de travailler sur soi, c'est d'être neutre émotionnellement. Mais en fait, pas du tout. Quand on travaille sur soi à un moment donné de ce chemin, on se rend compte qu'on va apprendre à se connecter encore plus à soi. Et si on se reconnecte encore plus à soi, à son âme, c'est qu'on est beaucoup plus en lien avec nos émotions. Donc ça veut dire quoi ? Qu'on va en effet apprendre à accueillir notre colère, apprendre à accueillir notre tristesse, apprendre à accueillir notre frustration, notre culpabilité et aller chercher ce qu'elle vient nous raconter. Si on n'est pas connecté à nos émotions, on ne peut pas savoir ce qui se passe à l'intérieur de nous.
- Speaker #0
Et surtout, c'est comme si on arrivait au début du travail, c'est comme si on faisait un grand ménage. On a souvent des gens qui sont tout le temps en colère, mais ils ne savent même plus pourquoi ils sont en colère. Parce qu'en fait, ça a pris le dessus sur toutes les émotions. Donc en fait, ce n'est plus un baromètre à ce moment-là. C'est-à-dire que là, le baromètre est complètement édonc. C'est ça qui fait défaut à la colère. Parce que quand la colère est bien, quand c'est bien réglé et qu'il se passe quelque chose, moi par exemple, je sais que je n'ai aucun problème avec la colère. Mais quand je ressens de la colère, chose qui m'arrive régulièrement, mais pas... tout le temps, je suis bien réglée, je sais qu'il y a un truc qui va pas en fait. Parce que je sais, je connais bien mes émotions, et si je ressens de la colère, c'est qu'à un moment donné, il y a un truc qui est pas forcément juste ou qui fait en sorte que ça vient répondre à quelque chose de gros warning, qu'est-ce qui se passe ? Et donc c'est vachement précieux. Parce que si on le ressentait jamais, on peut tout... C'est comme si on ressentait pas la chaleur quand on met sur une poêle. Quand on met notre main sur une poêle, si c'est chaud, on l'enlève directement. C'est pareil avec les émotions. Quand on fait quelque chose, on est normal, hop, on devient, c'est comme si on se met en colère ou il y a un truc épidermique comme ça. Là, c'est qu'il y a un problème. Donc, c'est génial, en fait.
- Speaker #1
Oui, parce que tant qu'on pense qu'être submergé par nos émotions, c'est un problème et donc qu'il faut les contrôler, on ne pourra jamais avoir accès à l'intérieur de ce qui se passe. Donc, quand tu es en colère, comme tu dis, ce que ça raconte, c'est qu'il y a un besoin à l'intérieur de toi qui n'est pas couvert ou que tu n'écoutes pas. Donc c'est ça qui est important. Donc si on ne parle plus de contrôler ses émotions, mais gérer ses émotions, la différence c'est que gérer une émotion, c'est on l'accueille, on n'essaie pas de la faire taire. On l'accueille, on lui dit, viens, viens en colère en fait, t'es là, ok, viens, assieds-toi à côté de moi. Ok, raconte-moi en fait ce qui se passe. C'est ça, accueillir son émotion. C'est qu'on va savoir écouter. Son corps, son inconscient, son intérieur. Quelle est la part d'ombre qui est en train de remonter, qui est en train de nous dire « il y a quelque chose là que tu n'as pas écouté, viens voir » .
- Speaker #0
Là on parle de la colère, mais pour la peur par exemple, parce que la peur c'est aussi quelque chose d'assez spécial, parce que selon notre histoire on peut avoir peur de plein de choses ou pas du tout. La peur c'est aussi un moteur qui est assez extraordinaire, parce que la peur c'est de nous prévenir d'un danger potentiel, mais est-ce qu'elle est bien alignée ? Ou est-ce que ce n'est pas des choses qu'on se met dans notre... Comment est-ce qu'on pourrait faire ?
- Speaker #1
Alors, justement, on va maintenant pouvoir faire le lien avec notre précédente chronique qui était sur les blessures narcissiques. C'est que ces émotions sont en lien avec notre enfant intérieur. Donc, justement, l'idée, c'est que quand on s'autorise à ressentir la colère, à ressentir la peur, comment est-ce qu'on sort de cela ? Si on allait voir qui est en train de parler, est-ce que c'est l'adulte qui parle ou est-ce que c'est votre enfant intérieur qui parle ? La plupart du temps, c'est votre enfant intérieur. Et donc, ça va vous permettre d'identifier quelle est la blessure qui est sous-jacente à cela. Quand tu as peur, tu vas te poser la question, mais pourquoi est-ce que j'ai peur ? Et pourquoi est-ce que j'ai peur ? Ce n'est pas parce qu'un tel, un tel, ceci ou un tel situation, mais c'est à l'intérieur, comment je me sens moi ? Est-ce que je me sens abandonnée ? Est-ce que je me sens rejetée ? Est-ce que je me sens trahi ? Et vous savez quoi ? L'émotion, elle va disparaître. Parce que justement... on commence à venir interroger l'intérieur, on commence à prendre soin de notre besoin.
- Speaker #0
Et souvent, par exemple, avec ces émotions, ça peut être aussi logé dans le corps. C'est une bonne façon de comprendre.
- Speaker #1
Alors oui, parfois, enfin parfois, même pas parfois, très souvent, quand on n'exprime pas ces émotions, comme elles doivent sortir, elles vont sortir par des symptômes dans le corps. Donc, en fonction des personnes que nous sommes, notre génétique n'est pas identique. ou bien... elles vont aller se loger à des endroits plutôt qu'à d'autres. Et donc, nous n'allons pas forcément avoir les mêmes symptômes, même si ce sont les mêmes types d'émotions que l'on internalise. Intériorise. Intériorise, oui. Eh bien, ça ne va pas se localiser au même endroit en fonction des gens, puisque génétiquement, nous sommes tous différents.
- Speaker #0
Donc, ce que tu es en train de dire, c'est qu'une émotion non exprimée, ça peut devenir une tension, de la fatigue aussi, une douleur. Et à un moment donné, c'est vrai que quand on a plein le dos, on a mal au dos, on a des douleurs lombaires, on ne sait pas trop comment faire. Je prends cet exemple parce que c'est assez fréquent. C'est souvent qu'on a beaucoup d'émotions qu'on a gardées, qu'on n'a pas extériorisées et qui se sont retournées contre nous, en fait.
- Speaker #1
Oui, d'ailleurs, comment justement faire le lien entre émotions et symptômes ? La langue française étant très imagée, c'est très intéressant, en effet. C'est de quoi avez-vous plein le dos ?
- Speaker #0
Oui, mais ça, c'est quand on ne les extrime pas. Mais par contre, quand elles arrivent, quand on est un peu connecté à ces émotions, ou même si on veut apprendre à se connecter à ces émotions, parce que des fois on a coupé, mais on a toujours les signaux. Par exemple, je sais que moi, quand je sens que je commence à me mettre en colère, je sens que j'ai l'impression de commencer à avoir comme quelque chose qui monte, comme ça, une espèce de sensation où je peux presque devenir rouge. J'ai un truc comme ça qui arrive dans mon corps et qu'on ne peut pas cacher, en fait. C'est-à-dire que le corps, des fois, parlent avant que notre psyché est interrogé. « Ah oui, là, je suis en colère, mais comment ça se fait ? » Non, on est en colère. Alors des fois, si on ne gère pas trop ses émotions, ça peut sortir immédiatement comme une espèce de bombe. Le but, ce n'est pas forcément de faire ça, c'est d'en prendre conscience. Et il y a des signaux corporels, la respiration, le rythme cardiaque. Il y a des choses qui se passent tout le temps. Là, on parle de colère ou de peur, mais... Quand on a même un sentiment amoureux ou une joie qui arrive, on va sentir en fait que notre... On en avait parlé avec justement Gabriel, qui est sexologue. Quand on a un désir ou quelque chose, c'est notre corps qui parle, c'est pas notre tête. C'est-à-dire qu'avant, c'est le corps et après, si on n'a pas envie de le montrer, c'est trop tard parce que ça s'est vu. Donc c'est assez intéressant, quoi. Et le corps le fait souvent avant la tête, non ? T'es pas d'accord ?
- Speaker #1
Ah, le corps, de toute façon, toujours le premier, la tête. vient dans un deuxième temps. La tête, elle est là, le cerveau est là pour analyser toutes les informations qu'il reçoit. Donc c'est à la fois analyser ce qui est dans le présent, donc ce qu'il reçoit du corps, et le mettre en contexte ou recontextualiser par rapport à ce qu'il a gardé des expériences du passé. Donc en effet, le corps prévaut toujours par rapport à l'analyse du cerveau.
- Speaker #0
Et comment on fait pour accueillir ces émotions ? Parce que des fois, on peut être submergé, surtout si on n'a pas trop l'habitude. Comment on peut les accueillir en prenant du recul ?
- Speaker #1
Alors, la métaphore que j'ai déjà dû donner, je crois, dans un des podcasts, c'est la machine à laver versus le tourbillon dans une rivière qui descend très fort. Être supergé par ces émotions, c'est avoir le sentiment d'être dans une machine à laver. Et vous êtes pris dans le tambour et surtout, vous ne savez pas quand ça va s'arrêter. En fait, c'est souvent ça. On a le sentiment que ça ne va jamais s'arrêter et donc c'est ce qui nous crée de l'anxiété. Alors que si on sait qu'à un moment donné, ça va s'arrêter, ce qui est le cas, eh bien, la notion de submersion va disparaître. Et donc, on va être plutôt dans un tourbillon. Certes, dans des rapides, mais dans un tourbillon. Et c'est vraiment cette notion de se dire, mais... à un moment donné, ça va s'arrêter. Et surtout si on part du principe maintenant que notre émotion, ce n'est pas quelque chose de casse-pied dont il faut se mettre à distance, mais au contraire, vite, vite, vite, l'accueillir parce que c'est un drapeau, c'est notre meilleur ami, c'est super en fait, je ressens ma colère, ça va me permettre de savoir ce qui se passe à l'intérieur de moi, comment mon enfant intérieur me parle, et bien, c'est un peu comme si vous étiez sur ce radeau dans le tourbillon, avec un petit drone au-dessus de vous qui est en train de vous dire, « Eh, t'inquiète Emma ou t'inquiète Sarah, tu sais quoi, dans 20 mètres, tu continues un petit peu et tu vas voir, les eaux vont être beaucoup plus calmes. » Savoir que ça ne va pas perdurer indéfiniment vous aide. Et justement, comment est-ce que ça ne dure pas, ces émotions ? C'est aller voir quelle est votre part de vous, quelle est la part de l'enfant intérieur qui est blessé et qui s'exprime à ce moment-là.
- Speaker #0
C'est là où on renvoie sur les blessures pour voir à quoi elles correspondent.
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
Mais souvent, des fois, par exemple, quand on va ressentir de la peur ou de la tristesse, c'est souvent, je le prononce, je le formule comme ça, mais à cause de. Donc, par exemple, on va dire, mais cette personne m'a fait ressentir de la peur, de la tristesse, et on va blâmer la personne en face. Et donc, notre premier réflexe, ça va être de couper avec cette personne ou de rentrer dans le train de Cartman avec elle ou de faire en sorte, en fait, de vouloir avoir raison. Voilà, donc quelque chose comme ça.
- Speaker #1
Oui, là, quelque part, on se victimise, puisque c'est l'autre qui est la raison de notre peine. Ça peut être parfois le cas, en effet. Mais une manière de travailler là-dessus et donc de reprendre notre pouvoir, c'est-à-dire de reprendre aussi la responsabilité qui est partagée quand on est en interaction avec l'autre, l'autre va être un miroir pour nous. Donc justement, revenir vers nous, venir poser la question, mais quel est le besoin à l'intérieur de moi que je n'ai pas écouté ? C'est prendre ces responsabilités de se dire, mais mince là en fait, c'est pas, ok, l'autre, notre environnement sera toujours un interrupteur, sera toujours un déclencheur, ça c'est clair. Maintenant, ce qui nous appartient, c'est la manière dont on va y répondre. Soit on reste dans cette fameuse victimisation, c'est la faute de l'autre et tout ça, ou alors on se dit, comment est-ce que je pourrais gérer cette situation d'une autre manière ?
- Speaker #0
Et là, je fais une parenthèse parce qu'on a fait une mission avec Christelle Petit-Colin et moi, j'ai animé une conférence sur les manipulateurs et les pervers narcissiques, tous ces gens qui sont 4% de la population. C'est-à-dire que ça, ça marche si on n'est pas en rapport avec ces 4% de la population. Quand on est en rapport avec des gens toxiques et avec des gens qui vont nous faire ressentir toutes les émotions fois mille et que ce sera toujours de notre faute et que nous, on va se remettre en question, évidemment, là, il faut faire quand même une part de la part des choses. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui sont 4% de la population avec qui tout ce qu'on est en train de dire ne fonctionne pas et fait en sorte qu'il faut couper avec ces gens-là. Ce n'est pas une solution. Ce n'est pas une solution de rester en contact. Pour tout ce qui est 96 autres pourcents de la population, c'est vachement important de prendre du recul et de s'interroger soi-même et de pouvoir nous-mêmes... Des fois, ça peut être roulé aussi, mais ça peut être aussi le faire en conscience en se disant « Ok, là, ce n'est pas bon pour moi. Là, peut-être, je n'arrive pas à gérer ça avec cette personne. Donc, moi, je vais le gérer de mon côté. Je n'ai pas besoin d'être tout le temps en miroir avec ça parce que ça me fait souffrir. » Ou au contraire, de s'en servir pour évoluer, mais de prendre toujours de la distance et de se mettre toujours au centre. C'est nous qui sommes le plus important, en fait.
- Speaker #1
Si on prend une solution, puisque le miroir, c'est ce qu'il vient nous apprendre, mais après, oui, dans le cas où on peut décider de mettre de la distance, ce n'est pas être dans la blessure de rejet, c'est juste mettre de la distance. Ce n'est pas contre nous, c'est pour nous. Et ça aussi, c'est un petit tips qui peut vous aider. En tout cas, moi, dans mon cheminement personnel, des fois... me redire que c'est pour moi que je prends cette décision, c'est pour moi que je mets cette limite et ce n'est pas contre l'autre. En fait, ça nous fait sortir de la culpabilité totale et ça nous remet, nous, au centre des choses. C'est nous dire, ok, moi je mets cette limite, c'est important, j'ai besoin qu'elle soit respectée par autrui, donc c'est pour moi que je le fais.
- Speaker #0
Et ce qui peut être intéressant aussi, c'est de formuler à l'autre comment il nous a fait sentir en disant, quand tu fais ça, par exemple, je me sens triste. j'aurais eu besoin, parce qu'il faut toujours arriver avec un besoin, que tu me prennes plus en considération, que tu fasses attention, parce que ça me fait sentir comme ça, et proposer une solution. Est-ce que tu penses que tu pourrais faire ça pour que moi je me sente mieux ? Ça c'est la communication non-violente. On fera peut-être une émission là-dessus, parce que moi j'adore. Et c'est intéressant en fait, mais encore une fois, ces outils sont géniaux, mais ne marchent pas avec tout le monde.
- Speaker #1
Et à condition que l'on ait appris à identifier ces émotions et à les accueillir. Parce que très souvent, on n'a pas encore utilisé ce terme-là, mais en tout cas cette notion, il y a le mot cliver. Il y a beaucoup de gens qui vont se cliver de leurs émotions. Et cliver des émotions, c'est vraiment quand on ne les ressent plus. Ou alors on les a tellement bien refoulées qu'on n'y a pas complètement accès. Ou qu'elles ne peuvent pas sortir parce qu'il y a deux niveaux de clivage. Soit celui où on ne ressent plus rien du tout, ou alors on est bien à l'intérieur et puis on... En fonction du moment, on y a accès, on n'y a pas accès, mais on clive, c'est-à-dire qu'on reste dans notre tête et notre corps, en fait, n'est pas important.
- Speaker #0
Et ça, souvent, ça peut être un principe qui se met dans une survie, quand on vit quelque chose de trop fort. On l'a tous déjà vécu à un moment donné. Une séparation, un deuil, quelque chose qui arrive, un événement climatique où on a vraiment peur. Vous voyez ce sentiment où on coupe, on est en pilote automatique et on regarde. Mais ça, des fois, quand ça nous arrive, on peut y rester là-dedans. Parce que trop peur de ressentir quelque chose, c'était trop fort. Donc aussi, le cerveau et le corps humain sont très bien faits. Parce que des émotions, des fois, peuvent être tellement fortes que ça pourrait nous détruire. Donc, on se met un peu en distance. Mais souvent, après, les gens, ils sont habitués à faire ça tout le temps. Donc, l'idée, c'est de faire ça quand on a besoin, dans nos situations extrêmes, de pouvoir justement se protéger en agissant comme ça. Mais quand on agit comme ça tout le temps, c'est là où il y a un souci.
- Speaker #1
Oui. Et donc, en effet, travailler avec votre thérapeute, quand vous avez eu l'habitude de vous cliver, eh bien, ça va être un cheminement de pas à pas. Parce qu'il y a une peur sous-jacente à cela, on a très peur que c'est un peu comme une boîte de Pandore, c'est qu'on ouvre et tout ressort et donc on se retrouve submergé par cette émotion première dans laquelle on a été pris lors du fameux trauma. Donc pour les personnes qui ne sont pas en lien avec leurs émotions et pas en lien avec leur corps, en effet ça se fait étape par étape. où on reprend confiance, on apprend à ressentir ce que c'est une colère, à ne pas en avoir peur, ou s'il y a une tristesse ou une culpabilité, peu importe laquelle, et on va le faire pas à pas, pour apprendre aussi à ne pas complètement tout dégoupiller, comme tu disais, parce qu'autrement on peut être à nouveau submergé, voire décompensé, mais le faire petit à petit, et apprendre à fermer, à ouvrir, fermer, ouvrir, ce qui nous donne vraiment confiance, et aussi à bien sentir qu'on ne va pas être submergé, ou si on ne l'est, on ne va pas. mourir, cette fameuse peur primale qui est de ressentir ce que l'embryon ou l'enfant ou le nourrisson a pu ressentir les premières fois.
- Speaker #0
Et ça, de faire ça, c'est un acte déjà très courageux et surtout c'est un acte de puissance parce que quand on est connecté avec ses émotions, comme on l'a dit tout à l'heure, on est quelqu'un de beaucoup plus puissant pour soi et on arrive à vraiment plus trouver sa place, j'ai envie de dire.
- Speaker #1
Quand on est connecté à ses émotions, à l'inverse de ce que les gens peuvent... pensées, on les gère, on les contrôle, entre guillemets. C'est-à-dire que quand on ressent la colère, par exemple, on peut décider de comment on va la faire sortir. Les gens qui éclatent quand ils sont en colère sont des gens qui ne gèrent pas du tout leurs émotions. Alors que quand on est en colère, on peut faire sortir sa colère de plein de manières différentes. On peut la faire sortir en criant, on peut la faire sortir en parlant de façon très froide, on peut hausser les épaules, on peut tourner les talons, on peut se taire. Il y a plein de manières, en fait, de faire sortir sa colère. Et c'est parce qu'on va choisir la manière dont on fait sortir sa colère que l'on gère sa colère. Contrôler, c'est mettre un catenard et bien visser,
- Speaker #0
J'ai envie de te poser une question un peu rigolote. Si une émotion, donc choisie celle que tu veux, pouvait parler, qu'est-ce qu'elle nous dirait, surtout aux femmes le plus souvent ? Qu'est-ce qu'elle pourrait nous dire ?
- Speaker #1
Oh, la tristesse ! La tristesse, c'est je me suis oubliée. Je me suis tellement oubliée. Je suis tellement triste, en fait. Je fais passer tout le monde avant et la seule personne dont je ne me suis pas occupée, c'est moi. Et je suis tellement triste, en fait, de t'avoir oubliée.
- Speaker #0
C'est très féminin, ça, pour le coup.
- Speaker #1
Alors, j'ai envie de dire à toutes les femmes qui nous écoutent, et puis, bon, aux hommes aussi, si jamais vous êtes dans une grande tristesse, Posez-vous la question. Est-ce que peut-être qu'en vous donnant un peu de douceur, en vous donnant un peu plus de place, de temps, vous allez apprendre à gérer cette tristesse ?
- Speaker #0
Oui, et puis il peut sortir et ce n'est pas grave parce que c'est vachement bien de pleurer. Je le disais tout le temps à mes coachés qui pleurent souvent avec moi, je leur dis mais vous n'excusez jamais de pleurer parce que c'est un cadeau, vous vous sentez vachement mieux après. L'idée,
- Speaker #1
ce n'est pas uniquement d'expulser l'émotion, c'est important, mais aussi de lui mettre du sens. Alors parfois, on n'a pas forcément besoin de savoir ce qu'on excrète quelque part, ce qu'on fait sortir quand on pleure. Mais mettre du sens va aussi aider à avancer au fur et à mesure.
- Speaker #0
J'espère qu'on a mis un petit peu de sens sur les émotions. C'est un vaste sujet, donc on a essayé de faire très synthétique. Mais en tout cas, n'hésitez pas à nous dire si vous avez envie qu'on... Après, quand on parle d'une émotion plus en particulier dans une autre émission ou d'une blessure, si vous voulez qu'on creuse un peu ce sujet, n'hésitez pas.
- Speaker #1
Des cas particuliers même, des cas de situations que vous avez pu vivre, qu'on peut analyser aussi, tout à fait.
- Speaker #0
Moi, je te remercie, Emma. Et je vous remercie. Je vous dis moi à la semaine prochaine. Et toi, au mois prochain.
- Speaker #1
Ça y est, le beau temps va arriver. Ça va être trop cool. Je vous souhaite un beau mois de mars à tous et à toutes.
- Speaker #0
Et moi, je vous dis à la semaine prochaine. Flamme des années 80. Le podcast qui allume la femme.