- Speaker #0
Bonjour, je suis très heureuse de recevoir Emma Nicolas dans la chronique L'Âme des Flammes aujourd'hui. Bonjour Emma, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bonjour Sarah, écoute, je vais bien, je te remercie. Et comment vas-tu toi avec ce beau pull jaune ?
- Speaker #0
Oui, j'ai mis un peu de soleil, faute d'en avoir tous les jours. Donc aujourd'hui, surtout pour parler de ce sujet, on va parler des blessures d'âme. C'est un vaste sujet. J'aimerais bien d'abord te poser la question... Qui est à l'origine de ces blessures d'âme et comment est-ce qu'il a été popularisé ?
- Speaker #1
C'est vrai que toi, tu vas le poser comme blessure d'âme, mais souvent, les gens vont plutôt l'entendre comme blessure narcissique. En fait, c'est Freud qui en a parlé au tout début. Et puis, un de ses élèves, Willem Reich, qui lui a théorisé dessus en expliquant que nos traumatismes d'enfance créait des sortes de cuirasses, enfin pas des sortes, mais des cuirasses physiques et psychologiques. Donc c'est parti de là. Et puis ensuite, dans les années 2000, il y a Lise Bourbeau, je pense que tout le monde en a entendu parler, en tout cas beaucoup, qui a écrit ce fameux best-seller, « Les cinq blessures qui empêchent d'être soi-même » . Et elle a vraiment, on va dire, réussi à vulgariser ce concept de blessure narcissique ou blessure d'âme, qui était quand même assez difficile. Elle s'est appuyée largement sur des travaux d'un psychiatre américain qui s'appelle John Pierrakos. C'est lui qui, le premier, a groupé ses blessures en cinq groupes. L'abandon, le rejet, l'humiliation, la trahison et l'injustice. Lise Bourbeau, dans ce fameux livre, a réussi, je trouve, un tour de force, parce qu'elle a vraiment réussi à simplifier, à synthétiser les choses. et à rendre accessible au commun des mortels, qui n'est pas psychologue, psychiatre et autres, mais avec des mots simples à comprendre.
- Speaker #0
Génial. Donc, premier tip, on vous conseille de lire ce livre si jamais vous ne l'avez pas encore lu, ou de l'avoir aussi à portée de main. C'est hyper important parce que c'est beaucoup plus riche que ce que nous, on va vous apporter des choses peut-être différentes, mais en tout cas, c'est bien de l'avoir en guide à la maison.
- Speaker #1
Oui, nous, ce qu'on avait envie de faire, c'était d'en parler parce que c'est vraiment une base de travail sur soi, avec quand même beaucoup de... de thérapeutes qui l'utilisent. Et puis surtout, en 20 minutes, ce qu'on souhaite, c'est un peu synthétiser, c'est donner les grandes lignes pour déjà pouvoir un peu comprendre de façon assez synthétique ce que sont ces cinq blessures.
- Speaker #0
Alors souvent, elles viennent de l'enfance, comme tu l'as dit.
- Speaker #1
Oui. Donc les deux premières, qui sont l'abandon et le rejet, sont celles qui s'installent vraiment très très tôt, voire même pendant la vie fétale. C'est-à-dire en fonction de comment la mère va vivre sa grossesse, mais même aussi ce qu'on appelle l'empreinte de naissance. Qu'est-ce qui se passe autour du bébé avec le père et des choses comme ça. Donc, c'est vraiment les deux blessures de base, abandon et rejet. Et ensuite, on a les trois autres qui vont se mettre en place pendant l'enfance. En général, c'est pendant l'enfance et l'adolescence.
- Speaker #0
Alors, déjà, j'ai une première question. On peut avoir plusieurs blessures en même temps, j'imagine ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. La plupart du temps, d'ailleurs, on… On a une sorte de mélange un petit peu, mais il y en a une qui peut être un peu plus prédominante que l'autre. Ou alors, on va être en contact ou identifier une première. Assez souvent, c'est celle qui est la moins forte. Même Lise Bourbeau dit dans son livre que le parent avec lequel on a le plus de problèmes, c'est souvent avec celui avec lequel on s'arrange le mieux quelque part. Parce qu'on veut tout faire pour que ça aille bien. Et donc, on va souvent aller adresser la première... première blessure on va dire et puis une fois qu'on aura commencé à bien avancer voir alors parce qu'on n'a jamais vraiment terminé mais en tout cas bien avancé hop il peut y avoir une autre qui arrive qui pointe comme ça alors on va essayer de les traiter un peu tout on va commencer par la blessure du rejet alors
- Speaker #0
comment est ce qu'elle se manifeste donc chez l'adulte on va pas parler de l'enfant comment elle se manifeste chez l'adulte alors la blessure de rejet ce qu'on appelle le comportement automatique
- Speaker #1
Donc, appelle Lisbourbeau le masque. Le comportement automatique qui correspond à la blessure de rejet, c'est la fuite. C'est la mise à distance. Quand on se retrouve dans une situation et on se dit, « Waouh, là, j'ai besoin de prendre de la distance. Je vais être mieux moi-même, tout seul. L'autre est le problème. Je dois me protéger de l'extérieur. » C'est vraiment, en fait, là, le signe, ce qu'on appelle le masque de fuite. On est dans la blessure de rejet. Et la blessure de rejet se met en place, en général, avec le parent du même sexe. Donc, si vous êtes une femme, c'est vis-à-vis de votre mère. Si vous êtes un homme, c'est vis-à-vis de votre père.
- Speaker #0
Donc, en gros, ce que tu expliques, c'est que le masque... C'est ce qu'on met pour « cacher » une émotion ou quelque chose. Et quand on a la blessure du rejet, le masque qu'on va utiliser pour ne pas trop ressentir, c'est fuir, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, alors le masque, moi je l'appelle plutôt le comportement automatique dans lequel on est projeté. Donc ça veut dire quoi ? C'est que quand on est adulte, si on vit une situation qui nous ramène de façon inconsciente ou consciente, au moment où cette essure ces mises en place à notre enfance, eh bien, on va avoir exactement le même comportement que ce qui s'est passé dans notre enfance quand on a inconsciemment essayé de gérer ce rejet. Donc, un rejet en tant que tel, comment est-ce qu'on va le vivre ? C'est ne pas être accepté pour qui on est. Ça peut être rejeter une idée, certes, mais la plupart du temps dans l'enfance, c'est ne pas avoir été accepté pour qui l'on était. C'est... Ça a pu se manifester par nier nos émotions, nier ce dont on avait besoin. Avoir un parent qui était émotionnellement absent, on va pouvoir potentiellement développer une blessure de rejet.
- Speaker #0
Et si on prend un exemple concret, parce que souvent on entend par exemple dans les relations amoureuses, lui il a la blessure du rejet, souvent c'est les hommes, j'en fais des gros raccourcis pour avoir un exemple très précis. Dans une relation amoureuse, un homme a souvent la blessure de rejet, donc il se met à fuir.
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas tout le temps non plus l'homme. Ça, c'est vrai, il y a des femmes qui ont quand même la blessure de rejet, il faut le savoir. La blessure de rejet, c'est vraiment quand on met de la distance. Et comment ça se manifeste ? Si on reste dans vraiment la relation amoureuse, quand la personne, celui qui est dans la blessure de rejet, arrive dans une intimité trop importante et sent que... qui dit intimité dit vulnérabilité, c'est-à-dire qu'on se montre tel qu'on est, va prendre peur et aura besoin de se fermer. Et le dialogue intérieur qui va être dit, c'est « je suis beaucoup mieux tout seul ou toute seule, je ne peux compter sur personne, je ne peux compter que sur moi, et l'autre ou l'extérieur est un danger dont je dois me protéger » . Voilà en fait comment ça se manifeste en général. Mais ça peut être tout à fait une femme, pas que un homme. Il y a des femmes qui ont la blessure de rejet. La blessure de rejet a pu aussi se mettre en place par rapport à un parent qui a pu être jaloux de son enfant. Et donc, l'enfant ne se sent pas accepté pour qui il est. Et c'est vraiment ça la différence, c'est ne pas se sentir accepté pour qui on est. Ça peut aider.
- Speaker #0
Alors, je vais te poser une question par rapport à la blessure de rejet. Qu'est-ce qui peut aider à apaiser justement cette blessure-là ?
- Speaker #1
Apaiser, alors je ne peux pas dire le mot apaiser. C'est vraiment là, là, on est vraiment sur aller travailler. et comment est-ce qu'on peut travailler sur... En fait... c'est vraiment de comprendre que ça s'est passé dans votre enfance et que c'est parce que vos parents eux-mêmes n'ont pas travaillé sur eux que vous avez dû vous habituer et trouver des mécanismes pour pouvoir gérer l'émotionnel inconstant de vos parents. Donc, dans le rejet, ce qui a souvent été présent, c'est des parents qui étaient émotionnellement absents. Ils pouvaient être présents, mais émotionnellement absents ou être dans une forme d'insécurité émotionnelle. Ce qui fait que quand vous veniez à la demande d'avoir un câlin, par exemple, on ne vous le donnait pas. Donc, vous avez appris à vous retirer et à ne jamais demander. parce que demander un câlin, c'est être vulnérable, et on vous a dit non. Donc, à l'âge adulte, quand vous comprenez que demander un câlin ou être plus intime avec quelqu'un, et je ne parle pas de sexuellement, je parle d'émotionnellement, eh bien, ça reste un danger, donc il ne faut surtout pas y aller. À la différence des gens qui sont dans la blessure d'abandon.
- Speaker #0
Tu me fais une transition parfaite, parce que je pense qu'on avait fait le tour de la blessure du rejet. En synthétisant, après, vous pouvez lire le livre de Lise Bourbeau, parce que c'est quand même très synthétique, très simple, accessible. Et là, on va plus parler aussi de... Souvent, même dans notre physique, on a des choses qui peuvent ressortir dans le physique, dans...
- Speaker #1
Oui, tout à fait, puisque le corps reflète ce qui se passe dans notre psyché. Donc, en effet, dans ce livre, Lise Bourbeau fait un lien entre l'aspect physique et ses blessures. Mais à nouveau, attention à ne pas le regarder de façon trop littérale, puisque comme... on a souvent plusieurs blessures associées et qu'au fur et à mesure de notre vie, on évolue aussi. Donc notre physique peut ne pas forcément correspondre exactement à ce qui est dit. Mais ce qui est intéressant, c'est de trouver et voir si en effet, il n'y a pas des petites choses.
- Speaker #0
Donc, on arrive à cette fameuse blessure d'abandon. Alors, qu'est-ce que c'est la différence entre la blessure d'abandon et aussi la peur d'être seule ? Parce que je pense que c'est assez lié aussi, ça peut ressortir.
- Speaker #1
Alors, dans la blessure d'abandon, en effet, ce qui est très présent, c'est la peur que l'on quitte. Donc, c'est en ça la grande différence avec le rejet, c'est que celui qui est dans la blessure d'abandon, il ne va pas mettre de distance. Au contraire. il va être celui qui veut absolument fusionner. Donc, dans la blessure de rejet, on parlait du masque ou du comportement automatique qui était la distance, la fuite. Dans la blessure d'abandon, on aura excessivement besoin d'être tout le temps, tout le temps en contact. Et d'ailleurs, on va aller de plus en plus, plus on est stressé, plus on est anxieux, plus on va essayer de garder un lien par l'explication, par la présence physique ou par d'autres comportements. Donc, c'est vraiment la différence. Et donc... être abandonné, ça ne s'est pas forcément mis en place parce qu'un de nos parents, là en l'occurrence c'est le parent du sexe opposé, n'a pas été physiquement présent. Il peut très bien être physiquement présent, mais ne pas avoir joué son rôle émotionnel avec vous. Ou alors, c'est avoir demandé ou attendu de son enfant. que son enfant le répare ou prenne en charge ses émotions. Et donc, l'enfant était un peu un parent et le parent, plutôt l'enfant dans l'histoire. Donc, vraiment, la blessure d'abandon, ce n'est pas parce que votre parent ne vous a pas abandonné que vous n'avez pas la blessure d'abandon. On peut être abandonné aussi d'une autre manière. C'est-à-dire, c'est vraiment quand le parent nous demande de prendre en charge ses propres émotions, où là, on va développer en fait un système d'hypervigilance. On est tout le temps sur le qui-vive à se dire, ah là là, il faut que je ménage un tel, il faut que je ménage un tel, à lui aussi, elle aussi, à maman ou papa, il ne faut surtout pas qu'il soit en colère ou qu'il soit triste. Donc l'enfant, en fait, est dans cette hyper-vigilance et fait tout. Il est toujours là, tout le temps, tout le temps là. Et alors, il y a deux situations. Soit on le valide, le parent le valide en lui donnant un mot de clin, ou alors dans l'autre situation, il n'est absolument pas validé. Et il fait toujours de mieux en mieux ou essaie de faire de mieux en mieux parce qu'il voit bien qu'il n'arrive pas à calmer les émotions ou l'état émotionnel de son parent. Donc, ce qu'on va souvent dire à l'adulte, c'est que vous vous êtes abandonné vous-même.
- Speaker #0
Et donc, comment, là tu me donnes une petite perche, comment est-ce qu'on peut justement apprendre à se sentir plus en sécurité ? avec soi-même quand on a cette blessure activée. Parce que ce n'est pas facile quand elle s'active. Du coup, on peut se sentir abandonné et vachement seul et essayer de s'agripper à autre chose qu'à soi.
- Speaker #1
Donc, c'est vraiment prendre conscience que la personne qui est abandonnée, c'est nous et c'est nous qui nous abandonnons nous-mêmes. Parce que très souvent, on se sacrifie, on s'oublie soi. On pense que c'est vraiment prendre conscience de ça. On pense qu'en faisant encore plus, on va être aimé. Non. Ça, c'était enfant. On a cru comprendre ça ou nos parents ont induit ça. Mais aujourd'hui, en tant qu'adulte, c'est regarder la situation. Est-ce que ça fait un moment que j'essaye, j'essaye, j'essaye et en fait, rien ne change. J'ai beau me plier en quatre, rien ne change. Là, vous pouvez être certain ou certaine que vous êtes dedans. Et c'est justement prendre conscience de ça qui va vous permettre de faire cette fameuse pause et de changer votre dialogue intérieur, en tout cas essayer, mais surtout de prendre conscience à quel point... Vous avez été programmé, petit et petite, à vraiment ménager les émotions des autres et à être toujours celui qui allait venir éteindre le feu émotionnel de quelqu'un. Prendre conscience de cela, c'est déjà un énorme pas et ça va aussi beaucoup apaiser d'une certaine manière. Alors oui, on va se dire mais qu'est-ce que je vais faire maintenant puisque j'ai l'habitude ? Bien, c'est aussi d'apprendre à être, mais ça c'est pour toutes les blessures, apprendre à ressentir même cette anxiété et à ne pas se dire qu'on va mourir quelque part. Parce que l'enfant, quand il développe tous ces mécanismes de protection, il a le sentiment qu'il va mourir. Donc l'idée maintenant, c'est de se dire non, mais on est un adulte en fait. On n'est plus un enfant. Donc on va réussir.
- Speaker #0
Donc cette blessure, elle nous demande d'être beaucoup plus doux avec nous et de nous prendre en considération et de nous mettre au centre, si je comprends bien.
- Speaker #1
En fait, toutes les blessures nous demandent ça. Toutes. Pape plus celle de l'abandon que du rejet, mais toutes en fait. Et ce qui est intéressant en effet, au départ, c'est vraiment de regarder combien on s'oublie. Mais même quand on est dans la blessure de fuite où on a le sentiment qu'on revient vers soi, d'une certaine manière, on s'oublie aussi puisqu'on se coupe du lien social. pourrait être hyper nourrissant. En fait, on est dans les deux extrêmes. Dans l'abandon, on veut absolument coller, et très souvent on colle aux mauvaises personnes. Et puis dans la fuite, qui est le rejet, là on se coupe de tout. Donc en fait, aucune des deux positions. L'idée c'est de trouver un équilibre entre les deux, de faire coexister, savoir mettre des limites. Ça c'est vraiment pour les gens qui sont dans la blessure d'abandon. Savoir mettre des limites, dire stop, je me respecte. Et puis, celle qui est dans la blessure de rejet, c'est d'ouvrir un peu plus, ne pas voir systématiquement l'autre comme je dois m'en protéger.
- Speaker #0
Donc ça, le rejet et l'abandon, c'est les majeurs, entre guillemets, si on peut dire.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut avoir les deux ? Oui, c'est possible, non ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. On peut avoir les deux. Il y a une qui va souvent s'exprimer un peu plus que l'autre. Et puis, quand on a les deux, on défaut. En fonction des situations, c'est plutôt dans le rejet qu'on va être ou plutôt dans l'abandon qu'on va être. En fait, il faut savoir qu'on a tous plus ou moins ces différentes blessures qui s'expriment. Le plus ou moins vient de ce qu'on a vécu en termes de traumatisme dans l'enfance. Et il n'y a pas eu besoin d'avoir des traumas, ce qu'on va qualifier, je n'aime pas mettre une hiérarchie, mais bon, hyper durs, pour avoir développé une blessure de rejet ou d'abandon. Par exemple, si on a des parents qui sont trop présents, trop protecteurs, ils nous ont demandé de nous oublier. Donc, on peut développer aussi ces blessures-là, même si on a été élevé dans un cocon. Enfin, ce qu'on pensait être un cocon, pour le coup.
- Speaker #0
Bon, génial, tout un super programme. Donc, on va passer aux trois autres petites blessures. On va les appeler comme ça parce que c'est quand même des grosses blessures aussi. Donc, on va commencer par la blessure d'humiliation. souvent elle est un peu moins connue parce que l'abandon et le rejet on connait quand même pas mal et comment est-ce que tu la définirais cette blessure là ?
- Speaker #1
Alors l'humiliation, est-ce qu'on pourrait commencer déjà par les deux autres ou alors je vais le poser comme ça au fur et à mesure en tout cas moi de mon travail et puis aussi je sais que Lise Bobo en a parlé après dans des podcasts et des choses comme ça parfois c'est pas les blessures d'abandon ou de rejet avec lesquelles on est en lien en premier Ça peut être soit l'injustice ou la trahison. On va parler un peu plus tard de l'humiliation parce que celle-là, elle est un peu différente. Mais maintenant, ce que moi j'ai pu voir dans ma pratique et donc ce qui a aussi été décrit par Lise et certainement d'autres thérapeutes à côté, c'est que la blessure de trahison est très souvent en lien avec la blessure d'abandon. Et la blessure d'injustice est très souvent en lien avec la blessure de rejet. Et donc, les personnes vont être plus en lien avec soit la blessure d'injustice, si on la prend, celle-là, Parce que la blessure de rejet est trop souffrante. Donc on va commencer par travailler la blessure d'injustice, et petit à petit, on va voir qu'elle nous amène à la blessure de rejet. Et de la même manière, la blessure de trahison, si c'est plus celle-là qui est présente, quand on va commencer à la travailler, eh bien, on va tout doucement aller vers la blessure d'abandon.
- Speaker #0
Donc si on commence par la blessure de trahison, qui est connectée à la blessure de l'abandon, Est-ce qu'elle est souvent liée au contrôle ou la confiance dans les relations ? Est-ce qu'il y a un lien comme ça ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors oui, la confiance. Justement, le fameux masque ou le comportement automatique, c'est la confiance et le contrôle. On a besoin de contrôler énormément et on fait peu confiance à l'autre. On a vraiment du mal parce qu'on a vécu quelque chose ou on a été trahi. Et donc... Et ce qui va se mettre en place de façon automatique, c'est une croyance qu'on ne peut pas faire confiance aux autres. Et donc, on va contrôler notre environnement. Comme ça, on va vraiment s'assurer à qui on a affaire et surtout de se protéger. Donc, c'est vraiment cela. On aura du mal à aller vers, à pleinement s'ouvrir à des relations parce que justement, on aura été trahi. Et on aura été trahi en tant qu'enfant. Pourquoi ? Parce que ça peut être très trivial, un parent qui nous promet quelque chose et qui ne nous le donne pas. Mais c'est souvent la répétition de ce qu'on nous dit qui va être fait et qui ne va pas être fait. Un autre type de trahison beaucoup plus profonde, c'est le sentiment de sécurité. Un parent doit être là normalement pour apporter de la sécurité. Et si ce parent n'apporte pas cette sécurité dont a besoin l'enfant, il aura le sentiment d'être trahi. Il ne pourra plus faire confiance à ce parent, puisque si le parent est très versatile, on va toujours être sur des coquilles d'œufs, on marche sur des œufs. Et on va se dire, mais est-ce que là... D'où aussi le développement de cette hypervigilance et ça explique pourquoi on a le sentiment d'être abandonné à un moment donné.
- Speaker #0
Donc c'est super dur d'apprendre à faire confiance sans se surprotéger. Parce que quand on a cette blessure, c'est compliqué.
- Speaker #1
Oui, exactement. Donc là, c'est à nouveau regarder de façon très factuelle si en effet, une personne à qui on a donné sa confiance nous a trahis plusieurs fois. Eh bien, ce n'est pas forcément qu'on est dans la blessure de trahison. Mais si par contre, on remarque qu'on est un peu trop, comment on va dire ça, je n'arrive pas à trouver le mot, méfiant, Si on est très méfiant de base, il y a de fortes chances qu'en effet, ça soit la traduction de la blessure de trahison.
- Speaker #0
Ok, et si on commence par notre travail en voyant ça, on a de grandes chances, si on creuse un peu le travail, d'arriver à la blessure d'abandon.
- Speaker #1
Oui, il y a de fortes chances, en effet.
- Speaker #0
Et si on faisait la blessure d'injustice, comment est-ce qu'on peut reconnaître cette blessure-là ?
- Speaker #1
Alors, en général, le masque, donc le comportement automatique, c'est la rigidité. On est hyper rigide. On aime bien que les règles soient suivies. Certains peuvent être un peu comme des gendarmes avec les autres. Ils savent beaucoup. Ils savent mieux. Voilà, on est vraiment là-dedans. Pourquoi ? Parce que quand il y a une injustice, c'est un peu comme être vent debout. On est vraiment, mais c'est comme si un volcan à l'intérieur de nous s'ouvrait. Là, vous êtes en plein dans votre blessure d'injustice. Et même parfois, on peut devenir un peu le côté sauveur d'autres personnes, tellement on a cette blessure d'injustice à l'intérieur de nous. Et donc, pourquoi c'est en lien avec la blessure de rejet ? Puisque très souvent, si on va creuser un petit peu... On caricature un petit peu, évidemment, il y a des nuances. Là, on était dans un but de synthèse un petit peu. Donc, dans le rejet, on est dans la non-acceptation de soi. Très souvent, quand on trouve que c'est injuste, ça vient appuyer là-dessus. Sur on n'accepte pas ce à quoi je crois ou ce qui est important pour moi. C'était important, tu ne m'as pas traité correctement de la manière dont il était nécessaire, de façon juste, avec la justesse et parfois aussi la justice. Donc, c'est pour ça que ces deux blessures sont souvent en lien et qu'une couvre l'autre.
- Speaker #0
Merci pour toutes ces indications sur ces blessures. Et comme on a fait un super teasing sur la super blessure d'humiliation, est-ce qu'on peut en parler maintenant ? Comment est-ce qu'on la définirait ? Parce qu'elle n'est pas simple, elle est moins évidente, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Oui, et surtout, elle ne s'installe pas avec un parent particulier. Cette blessure d'humiliation, le comportement automatique qui est associé au masque, c'est le masochisme. Et c'est quoi le masochisme ? Moi, je le compare souvent, enfin en tout cas, je le mets en évidence par de l'auto-sabotage. On a l'habitude de s'auto-saboter. Donc avec un dialogue intérieur du style, je ne suis pas à la hauteur, je n'en vaux pas la peine, ça ne sert à rien. Vraiment de la dévaluation. Et comment ça se met en place ? Eh bien, c'est si jamais on a entendu justement des phrases où on a vécu de façon récurrente, c'est la récurrence, si on a vécu vraiment de façon récurrente des situations humiliantes. Donc ça peut être des petites phrases toutes anodines, mais qui, répétées, répétées, répétées, font que notre estime de nous, donc l'image que l'on a de nous, voire même l'identité que l'on a de nous, est très négative. Et donc ce qu'on va faire, c'est qu'on va s'auto-saboter. C'est-à-dire que par exemple, on pense qu'on n'est pas à la hauteur, donc on va casser une relation amicale ou amoureuse en disant de toute façon, moi je ne suis pas à la hauteur, il ou elle est beaucoup mieux. On met souvent l'autre sur un piédestal en pensant que nous on n'est vraiment pas digne de la personne ou digne de la situation. Et là on est vraiment dans la blessure d'humiliation. Et il y a souvent des comportements qui vont avec. Ce sont les comportements destructeurs, donc toutes les addictions, où on peut vraiment se maltraiter. Avec l'alcool, la drogue, l'alimentation, enfin voilà, toutes les dépendances qu'on peut imaginer. Certaines personnes qui sont dans ces dépendances-là l'utilisent pour pouvoir en fait se maltraiter psychiquement, on va dire. Et maintenir cette croyance qu'on n'est pas à la hauteur ou qu'on ne vaut pas le coup.
- Speaker #0
Alors, est-ce que la douceur, ça change ? Dans la réparation de cette blessure, est-ce que ça peut changer si on se met plus doux avec soi ? C'est peut-être un petit tip, quand on a l'humiliation, apporter beaucoup de douceur, ça peut aussi nous aider à être moins durs avec nous-mêmes et à moins se maltraiter, justement.
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment ça. En fait, souvent, en effet, les personnes ont besoin de cette douceur-là, mais ils ont énormément de mal à se la donner. Cette blessure-là, elle est plus difficile à identifier parce qu'elle a pu se mettre en place de façon hyper... super sournoise, comme je disais, des petites phrases complètement anodines. Ce n'est pas forcément des maltraitances en tant que telles physiques, mais des petites phrases assassines, qui fait qu'il y a beaucoup de croyances qu'on peut avoir qui sont dues à des petites phrases qu'on a pu nous dire, des petites réflexions qu'on a pu entendre, comme quoi on n'était pas à la hauteur. De toute façon, tu es juste un bon à rien ou une bonne à rien. De toute façon, tu es juste bonne à faire la cuisine et tu n'es pas bonne en maths. Plein de petites choses comme ça, qui ont l'air toutes anodines, mais répétées, répétées, répétées, vont faire qu'en termes d'estime de soi, oui, on aurait besoin de se donner de la douceur. C'est un vrai travail. C'est un vrai travail d'apprendre à se redonner de la valeur. Là, c'est vraiment se redonner de la valeur. Comme pour toutes les autres blessures, en effet. C'est rare que la blessure d'humiliation soit toute seule. Elle est souvent en plus des autres. On a rarement une personne qui n'a que la blessure d'immigration.
- Speaker #0
Et donc, du coup, grande question, est-ce qu'on peut vraiment « guérir » ou apprendre à vivre autrement quand on a ces blessures ? Parce qu'on les a tous, mais comment est-ce qu'elles peuvent s'estomper quand même un petit peu ?
- Speaker #1
Oui, alors, elles vont s'estomper. Guérir, non. En fait, il y aura toujours une sorte de cicatrice, on va dire, qui va être là. pouvoir être activée, mais on n'y répondra plus de la même manière.
- Speaker #0
Ça peut être un baromètre aussi, parce qu'une fois qu'on se connaît bien, qu'on connaît bien les blessures qu'on a en nous, quand on sent qu'elles sont activées, on peut justement se dire, oh là là, alors attention, là, par exemple, si c'est l'humiliation, il faut que je me donne beaucoup plus de douceur, donc là, cette semaine, je vais vraiment faire attention à moi, parce que là, c'est normal, être plus doux avec soi, ça, ça compte pour toutes les blessures, j'imagine. Mais c'est vrai que c'est un bon baromètre de savoir aussi si les gens qui nous entourent sont positifs ou non, ou si ça fait en sorte que ça réactive ça. Comment est-ce que je dois changer d'interlocuteur ou est-ce que moi je dois encore plus apprendre à vivre avec quoi ?
- Speaker #1
Oui. En fait, il y a une étape dans tout le travail par rapport à ces blessures qui est parfois pas évidente à entendre et à comprendre. C'est que pour pouvoir y avoir accès et travailler dessus, donc les désactiver d'une certaine manière, Oh. C'est d'accepter à un moment donné de notre parcours, de traverser ces émotions qu'on n'a surtout pas envie de ressentir. Ce sentiment d'abandon, la peur de l'abandon, la peur du rejet, la peur qu'on ne nous accepte pas pour qui on est, la peur qu'on ne nous respecte pas en tant qu'intégrité, nos valeurs, des choses comme ça par rapport à l'injustice, ou qu'on nous trahisse tout simplement. Donc par rapport à ces émotions. Ce qui est souvent difficile au départ, c'est d'accepter qu'il va être nécessaire à un moment donné de les ressentir. Et c'est parce qu'on va, ce qu'on appelle traverser l'émotion, donc c'est les ressentir, qu'on va pouvoir avoir accès à cette part de nous, cet enfant intérieur qui s'exprime. Donc c'est la raison pour laquelle on va pouvoir justement identifier au moment où elle s'active, on va dire, ah tiens oui, là je ressens ça, je suis en plein en lien là avec ma blessure d'abandon. et si Parce qu'on va la ressentir, qu'on va pouvoir s'en éloigner. Beaucoup de gens pensent que tout le travail sur soi, sur nous, correspond à ne plus ressentir nos émotions. C'est l'erreur. En fait, c'est apprendre à les accueillir et ne plus être submergé par elles.
- Speaker #0
C'est aussi un superbe remède de ressentir ses émotions.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ne plus avoir peur de ressentir ses émotions parce que justement, nos émotions sont nos meilleurs alliés. Ce sont nos meilleurs indicateurs pour dire si on est aligné ou pas par rapport à une situation.
- Speaker #1
Mais la super nouvelle, c'est qu'on a prévu de faire une émission là-dessus le mois prochain. Donc le mois prochain, vous aurez l'émission sur les émotions qu'on fera avec Emma tous les deux parce qu'en plus, nous, on adore les émotions. C'est un peu notre dada. Donc je pense que ça va être très chouette pour que ça devienne vraiment nos alliés. Et souvent, il y a... beaucoup de gens dans notre société, surtout aujourd'hui, on se coupe avec nos émotions. Parce que c'est trop. Et on pense qu'on est dans une société où il ne faut pas pleurer, il faut être toujours fort. Mais en même temps, quand on se coupe avec une émotion, on se coupe avec toute. Donc c'est une vie plus triste, j'ai envie de dire.
- Speaker #0
Oui. Et donc, il était aussi important, justement, avant de pouvoir commencer à parler de ces émotions, qu'on redéfinisse un petit peu les cinq blessures. C'est pour ça que cette émission a lieu avant. l'autre. Mais oui, il y a quelque chose de très important, en effet, pour travailler sur vos blessures. Vous allez visiter d'abord la peur de ressentir cet abandon, ce rejet, cette trahison. Et en fait, c'est parce que vous allez tout doucement, à votre rythme, commencer à être plus confortable. Ce n'est pas forcément le terme, mais un peu plus. Vous allez apprivoiser, en fait, ces peurs. que vous allez pouvoir en sortir et vous en détacher.
- Speaker #1
Je pense qu'on avait un beau teaser pour l'émission du mois prochain. En tout cas, est-ce qu'on rajouterait un petit truc sur les blessures avant qu'on se quitte ? Comment on commence le travail sur ces blessures ? On a déjà dit beaucoup de choses, mais...
- Speaker #0
Oui, alors déjà, la première chose, c'est de connaître un peu la théorie, parce qu'on ne peut pas travailler sur quelque chose qu'on ne connaît pas. Donc ça, c'est soit vous le travaillez avec votre thérapeute, ou soit vous lisez toutes les sources dont on a pu parler. Et puis ensuite, c'est dans notre quotidien, se rendre compte, prendre conscience à quel moment, en fait, on a ce sentiment d'être vraiment abandonné ou d'être vraiment rejeté et se poser la question, mais est-ce qu'on l'est vraiment ou pas ? Est-ce que là, c'est notre enfant intérieur qui parle ou est-ce que c'est l'adulte qui parle ?
- Speaker #1
En tout cas, merci Emma pour toutes ces jolies précisions sur nos blessures qui font de nous des êtres complexes, on va dire ça comme ça.
- Speaker #0
Oui, des êtres humains. passionnant aussi.
- Speaker #1
Bon, en tout cas, nous, ça nous passionne. J'espère qu'on vous a passionnés avec cette émission. Et moi, il m'a acheté du au mois prochain pour parler des émotions. Et moi, je vous dis à la semaine prochaine.
- Speaker #2
Oui. Bon mois de février.