- Speaker #0
Flamme des années 80.
- Speaker #1
Le podcast qui allume la femme.
- Speaker #0
Avant de plonger dans l'épisode, j'avais envie de te dire que si ce podcast résonne pour toi, si mon énergie te parle et que tu ressens l'envie d'aller plus loin, je peux t'accompagner en coaching, en individuel ou en groupe, pour t'aider à révéler ta flamme et prendre ta place. Je suis coach certifié RNCP et je crée des espaces bienveillants, sécurisants et transformateurs. Je propose aussi une retraite, donc la prochaine aura lieu du 10 au 14 octobre 2026, près d'Aix-en-Provence, autour des constellations familiales et de la libération émotionnelle, avec Emma Nicolas de la chronique L'âme des flammes. Tu peux retrouver toutes ces infos sur mon site sarahginac.com, le lien est dans la description. Et maintenant, je te laisse avec l'épisode de la semaine. Bonjour ! Alors, je suis très heureuse aujourd'hui de recevoir Manon. On va parler de cul, en fait, tout simplement.
- Speaker #1
Ravie d'être là, merci pour l'invitation, c'est trop cool.
- Speaker #0
Donc Manon, tu fais beaucoup de choses, tu es un peu une experte, tu as un super instinct. C'est un peu l'experte quoi.
- Speaker #1
Ouais, j'ai toujours peur quand on dit experte parce que tu es obligée du coup d'avoir tout ça. Je me dis, mon Dieu, il faut avoir la réponse à tout. Mais non, oui, je parle de culture du cul. Je suis passionnée par la culture de la sexualité, l'histoire, son ancrage dans notre société, etc.
- Speaker #0
C'est trop intéressant parce qu'on voit aussi historiquement plein de choses sur ton Insta. Il s'appelle Le Cunu. Je vous invite vraiment, si vous ne connaissez pas, à aller tout de suite vous abonner. Et surtout, tu fais plein d'autres choses. Tu fais une coordonnatrice d'intimité. On va parler un petit peu de plein de sujets qui restent toujours autour de cette base.
- Speaker #1
Du Huc, absolument.
- Speaker #0
Et du coup, comment ça t'est venu ? Parce que tu es hyper jeune en plus.
- Speaker #1
J'ai 30 ans. Bon, écoute, oui, on n'a qu'à dire que c'est hyper jeune. Ça me va très bien.
- Speaker #0
Pour nous, Flamme, des années 80, tu n'es pas des années 80.
- Speaker #1
Non, ça va, j'ai une 95. Si une 95, je lèverais ça. Comment ça m'est venu, du coup ?
- Speaker #0
Oui, parce que ça fait quand même deux ans que tu fais tout ça.
- Speaker #1
En fait, à la base, je me suis passionnée par la culture du cul et de la sexualité quand j'étais ado, parce que je faisais ce qui s'appelle du vaginisme. C'est une contraction involontaire des muscles pelviens. C'est-à-dire que tu ne peux pas avoir de pénétration vaginale. Et moi, à l'époque, j'ai 15 ans. Et je me dis, ok, si je ne peux pas être pénétrée vaginalement, je ne suis pas une femme, je suis cassée, je ne pourrai jamais faire l'amour, tu vois. Donc j'étais un peu paniquée et il s'avère que le hasard des choses a fait qu'un jour, je suis allée au planning familial, j'en ai parlé à une sexologue qui a été adorable et qui d'un coup m'a dit, tu sais, on peut faire l'amour sans pénétration. Et elle a commencé à... Donc à l'époque, il n'y avait pas encore eu MeToo et tout ça, on n'avait pas encore tous les discours un peu plus déconstruits et un peu plus évolués sur la sexualité. Mais c'est elle qui m'a expliqué ce qu'était le clitoris, le consentement, et aussi ce qu'était le vaginisme et comment on pouvait avancer ensemble. Et en fait, elle m'a apprise un peu sous son aile. Je suis allée régulièrement au planning familial à l'époque, en secret, sans que mes parents sachent, pour comprendre ce que j'avais. Et en fait, je me suis rendue compte que j'aimais trop apprendre des choses sur la sexualité, mais aussi sa culture. Elle me donnait des livres, il y en a certains que j'ai rendus, d'autres jamais, parce qu'elles s'en foutaient. Et voilà, elle m'a un peu ouvert une voie. Et j'ai continué à me... à m'éduquer après, ensuite, à acheter des livres, tout ça, et mon argent de poche. Et je devenais la meuf un peu drôle en soirée qui était là. Est-ce que vous connaissez la taille du pénis des baleines ? Non, je vais vous dire. Voilà, j'étais un peu passionnée par des trucs, que tout le monde s'en fout, mais que je trouvais drôle. Et quand je suis arrivée à Paris, je me retrouve au chômage et puis je décide de créer le cul nu. Donc au départ, c'était il y a six ans que je l'avais créé. Je l'ai entretenu six mois et après, je l'ai mis à l'arrêt pendant pratiquement trois ans, trois ans et demi, à cause du harcèlement. Et là, ça fait 12 ans.
- Speaker #0
À cause du harcèlement, parce que tu étais harcelée par des...
- Speaker #1
Ouais, j'étais harcelée hardcore parce que j'avais fait une interview sur Slash où j'expliquais que beaucoup de femmes hétérosexuelles simulaient dans leur vie. C'était au moment de MeToo. Donc, il y a eu, je pense, une vague de sujets, de dénonciations qui ont trop bousculé certaines personnes, qui avaient besoin de cibles. Et donc, j'ai fait partie de ces cibles. Et donc, trop de harcèlement. C'était des menaces de viol et de mort au quotidien. J'étais en fait flemme à la base. Je faisais ça pour m'amuser. Moi, j'avais mon travail à côté. Donc, j'ai décidé de tout lâcher. Et oui, il y a deux ans, deux ans et demi, une envie. Je me suis dit non, en fait, c'est ma passion. J'ai envie d'en vivre. Donc, je me suis mise dans la merde. J'ai quitté mon taf et je me suis dit allez, on consacre son temps à ça. Voilà.
- Speaker #0
Ça ne marche pas trop mal quand même.
- Speaker #1
Ça va. C'était dur au début, honnêtement. Il y a eu 2-3 mois où j'étais « C'est super bon les glaçons, on va manger des glaçons. » Et au final, après, ça s'est bien avancé. Mais non, c'est cool. J'avais des économies, je pouvais me permettre de le faire. Et voilà, aujourd'hui, ça marche bien, je suis contente. J'ai la chance de pouvoir travailler avec France TV Slash et Canal Plus Love. Mon but, c'était d'ancrer le sujet dans les médias. Donc, pour l'instant, on y est, on y travaille bien. Donc, c'est cool.
- Speaker #0
C'est trop chouette. En plus, tu as créé ton podcast, là, il n'y a pas longtemps.
- Speaker #1
Oui, oui, oui, je suis super contente. En fait, c'est trop bien les réseaux. Tu vois, on utilise tous les réseaux et on sait qu'on a quand même une capacité de concentration qui est assez courte. Donc, tu vois, sur Instagram ou quoi, je faisais des formats d'une minute. Et en fait, c'était trop bien. Mais il y a eu un moment où j'étais là, non, non, il y a des sujets, je ne peux pas les aborder. J'ai besoin de beaucoup plus de temps, beaucoup plus d'exemples. Et donc, j'ai essayé de me lancer sur YouTube. et de cette matière YouTube, de la transformer aussi en podcast. Et je suis super contente, on a un super lancement, c'est incroyable. Donc, trop bien.
- Speaker #0
Tu peux donner le titre, du coup ?
- Speaker #1
Oui, alors sur YouTube, vous trouverez ça au nom de Manon Lugam, et sur Spotify, ça s'appelle Le Cunu. Et les formats, je les ai appelés Fesses cachées, parce que j'aime bien les jeux de mots de merde, et je trouve que ça marche bien. Et le but, c'est d'introduire des notions de sexualité qui sont un peu niches, un peu compliquées, mais par le biais. de phénomènes qui appartiennent à la culture populaire. L'exemple que j'aime bien prendre, c'est, j'ai parlé du climat incestuel, donc notion un peu compliquée parce que très peu connue, ce qui est différent de l'inceste, mais j'en ai parlé par l'émission Qui veut épouser mon fils. Et c'est plutôt cool parce que tout le monde voit l'émission. Donc c'est un exemple, si tu veux, qui me permet de nourrir la notion du climat incestuel, de l'expliquer. Puis après, je suis allée sur des exemples qu'on trouve sur TikTok, etc. Donc l'idée, c'est de prendre quelque chose qui appartient à notre quotidien et le déconstruire et expliquer certains concepts. Voilà.
- Speaker #0
Trop bien, j'ai trop hâte.
- Speaker #1
Je m'éclate.
- Speaker #0
Ouais, c'est trop chouette. Ce qui est génial dans le podcast, je ne vais pas dire le contraire, c'est aussi cette intimité, ce fait d'avoir le temps et d'approfondir des sujets, de ne pas rester en surface de ce qu'on peut raconter. Puis en plus, on est avec les écouteurs, donc on peut vraiment se plonger aussi dans quelque chose sans être devant un écran. C'est quelque chose que moi, je trouve ça super.
- Speaker #1
C'est bien de mettre dans les oreilles, pendant que tu fais le ménage, ton sport, que tu marches dans la rue, tu as l'impression d'avoir un moment un peu d'intimité, d'une autre panière, je trouve. Moi, j'aime bien ça.
- Speaker #0
C'est top. Et donc, du coup, on va commencer peut-être avec un petit jeu ou je ne sais pas.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Un petit jeu. Ce n'est pas vraiment un jeu, mais je me suis dit, j'adore en fait toutes les références historiques du cul que tu proposes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et du coup, si je te dis, pas du tout préparé, les auditeurs et les auditeuses, s'il y en a une, c'est le, quand tu les as découvertes, c'est laquelle qui te marque le plus ou qui t'a marqué le plus ? Tu peux avoir un top 1, 2 ou 3. Les premières qui te viennent, tu vois, qui ne sont pas forcément extraordinaires.
- Speaker #1
Il y en a plein, mais je pense que... Oh là là, il y en a une... En fait, non, il y en a plein. J'aime beaucoup parler de... Je me suis beaucoup passionnée pour les actions des suffragettes pendant un temps. Mais ce n'est pas vraiment sexo, donc c'est un peu de la triche. C'est plus vraiment accès féminisme parce qu'il y a plein d'actions. ultra badass que les suffragettes ont fait et dont on n'a jamais parlé. Par exemple, il y avait...
- Speaker #0
Déjà, c'est quoi une suffragette ? Parce que tout le monde n'est pas forcément au courant.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Pendant à peu près 50 à 60, 70 ans, il y a eu quand même des actions féministes qui sont restées vraiment dans l'ombre de femmes qui se battaient pour demander le droit de vote. Et les plus actives, c'était des femmes qui ont lutté, manifesté en Angleterre. Et en fait, on connaît les suffragettes dans les livres d'histoire. Tu avais les petits... Les petites photos des nanas avec leurs panneaux, elles sont 10 et elles ont leurs petits panneaux. On veut le droit de vote et tout le monde s'en fout autour. Moi, c'est comme ça que je les ai connues. Et en fait, un jour, j'ai dû animer une conférence sur les suffragettes. Et je me suis dit, bon, il est temps de vraiment s'éduquer dessus. Donc, j'ai passé trois mois à lire plein de livres, plein de trucs, me buter sur le sujet. Et en fait, c'était une rencontre avec des actions militantes de nanas hyper créatives. Et en fait, dans les suffragettes, il y a des femmes qui avaient... qui avaient des moyens financiers de pouvoir étendre leur militantisme et donc qui ne se contentaient pas de juste aller dans la rue et militer. Notamment, il y avait une femme qui a loué un dirigeable qui a fait des tonnes de prospectus et qui, le jour de... Je ne sais plus quel jour c'était, mais le jour... où ils mettaient en avant le Premier ministre en Angleterre, etc. Donc, tout le monde était dans la rue pour fêter ça. Elle a pris son dirigeable et elle a lâché tous ses prospectus autour de tout le monde. Alors, ce jour-là, il y avait du vent. Donc, il y en a beaucoup qui sont tombés, etc. Dans des endroits où il n'y avait pas de manifestation. Mais la meuf, elle a quand même loué un dirigeable pour faire du militantisme. Et je me dis, c'est quand même incroyable. Et la série Casa de Papel s'est inspirée de cette action pour la scène d'entrée de la saison 2. Quand ils ont mis, tu vois, il y a un moment, t'as les héros de la Casa, des papels qui survolent, je crois, New York et qui lâchent plein de billets. Je crois que c'est New York, je ne sais plus. C'est directement inspiré de cette suffragette. Je me dis, c'est fou. Il y a des actions comme ça dont on ne nous parle pas parce qu'il ne faut pas toujours trop éduquer les gens à se rebeller, tu vois. Mais j'ai trouvé ça génial. Il y en avait une qui s'était enchaînée au Parlement. Il y en a une autre qui a foutu le feu à un club de gentlemen. Donc, je trouve ça... incroyables, je me dis, mais il y a des nanas qui sont vraiment arrivées avec leurs bols, enfin leurs gros ovaires et qui ont fait des trucs incroyables, donc voilà, les suffragistes ça m'avait marquée parce que j'avais la vision des petites dames dans la rue avec leurs petits panneaux, tu vois, et en fait pas du tout il y en a plein qui ont fait des actions incroyables donc celle-là je pense que c'est celle qui m'a le plus marquée et sinon j'aime beaucoup toute la sexualité du 18ème siècle, parce que dans l'histoire de la prostitution il y a eu beaucoup de choses, il y a eu beaucoup de prostituées qui ont marqué l'histoire On se souvient que d'elles, malheureusement, que celles qui font les coups de poing. Mais j'aime beaucoup les 18e. Il y a plein de choses. Il y a plein de meufs qui ont fait des trucs doux.
- Speaker #0
Oui, il y a même des trucs. Moi, sur ton Instagram, il y avait les mecs qui mettaient des choses pour ne pas éjaculer. J'ai vu ça. Non, mais il y a plein de trucs comme ça. Hyper drôle. Allez voir sur Instagram, parce que c'est hyper drôle. Ça, on dirait un instrument de torture quand même.
- Speaker #1
Oui, c'est complètement. Aujourd'hui, c'est utilisé dans le milieu PDSM. Donc, tu avais des choses pour éviter l'éjaculation. C'était normalement des sortes de... de liens strangulants au niveau de l'érection à mettre pour éviter l'éjac, etc. Parce que l'éjaculation était mal perçue, que ce soit par la morale, l'aspect religieux, etc. Et aujourd'hui, c'est des outils. En fait, tous les outils d'onanisme sont utilisés aujourd'hui par des communautés qui cherchent la douleur, notamment BDSM. Et tu dis, c'est drôle de savoir ça.
- Speaker #0
On n'a rien inventé.
- Speaker #1
Je trouve ça génial. Non, mais quand tu regardes un peu en arrière, tu te rends compte qu'aujourd'hui, oui, on n'a rien inventé. Et qu'on fait que des boucles. On revient à des croyances parfois moyenâgeuses. On revient parfois à des... En fait, quand tu prends un peu de recul, tu te dis, oh là là, on est nulle. On a un peu évolué sur des trucs, mais on est quand même sacrément nulle encore sur le sexe. Donc moi, c'est ça que j'adore.
- Speaker #0
Non, mais c'est trop bien. Et le dernier, parce que j'ai trop aimé les petits tétons qui sortaient avec le rouge à lèvres.
- Speaker #1
Je trouvais ça trop mignon. C'est génial. Te dire qu'à l'époque, donc oui, à l'époque, en fait, on peignait les tétons avec du rouge à lèvres ou du rose à lèvres pour les faire ressortir. parce que Donc c'était très mal vu évidemment de sortir ses tétons, mais c'était un signe de noblesse pour les femmes qui étaient au-dessus, qui pouvaient se permettre de le faire. Donc ça voulait dire un peu je suis au-dessus de toi parce que de toute façon tu ne me diras rien que je sorte mes tétons. Et aujourd'hui tu regardes en certaines formes de militantisme montrer ses tétons, c'est réutilisé comme manière de manifester, de se démarquer. donc j'adore savoir qu'à la base ça menait des corsets trop serrés qui faisaient sortir la poitrine et les corsets les plus serrés c'était les plus onéreux et donc les femmes les plus nobles et donc au final ça se rejoint de... Dans ce marqueur de noblesse, j'adore savoir que peut-être que nos ancêtres aient peigné les tétons avant d'aller en soirée. Moi, je trouve ça fou et je me dis aujourd'hui, tu as un téton un peu apparent à travers un t-shirt, on te fait un procès. Bon ben non, quand tu regardes dans l'histoire, il y en a qui auraient fait deux, trois crises.
- Speaker #0
Non, mais ça, j'adore. Franchement, c'est vraiment super intéressant parce que c'est en fait, j'ai l'impression que la sexualité, là, on se rend compte que les gens ont toujours une sexualité de tout temps et qu'elle était... moins ou pas moins forcément exubérante qu'aujourd'hui. C'était juste différent parce que je pense que tu as plein d'exemples où dans l'histoire, quand tu prends même les Romains ou les Grecs, aujourd'hui, on imagine qu'on peut se lâcher alors qu'en fait, pas tant que ça.
- Speaker #1
En fait, en termes d'activité, il y a des époques où il y a eu plus d'activité qu'aujourd'hui. Mais par contre, ça ne veut pas dire qu'il y avait du consentement ou du plaisir. Ça ne veut pas dire qu'aujourd'hui, on met ceux qui sont plus éduqués sur le consentement ou le plaisir non plus. En fait, on a toujours l'impression d'être les plus éduqués. et les plus libres. Mais non, non, en effet, il y avait un accès au sexe qui est différent d'époque en époque, et il y a des personnalités de l'histoire qui se sont bien régalées, ma foi, qui se sont bien amusées. Et tu vois, c'est un peu drôle quand aujourd'hui, on visite Versailles en se disant, c'est noble, c'est beau, c'est l'histoire, c'est prestigieux. Oui, mais Versailles, c'était un lieu de libertinage énorme, c'était une démonstration sexuelle perpétuelle, parce que c'est comme ça qu'on affirmait sa supériorité, c'était en ayant accès au sexe. et que autant les hommes que les femmes puissent prendre un pouvoir sur le sexe, puissent l'utiliser comme instrument. Donc, quand on fait un peu un regard sur le passé, tu te dis qu'il y a quand même des périodes de l'humanité où, en effet, on s'amusait peut-être un peu plus sexuellement. Peut-être que c'était plus plaisant, peut-être pas. On manque, de toute façon, d'écrits ou de témoignages pour savoir. Mais, tu vois, il n'y a pas longtemps, j'ai parlé des communautés BDSM et quelqu'un a mis en commentaire... C'est la nouvelle lubie du 21e siècle. Les gens se font chier, donc ils ont envie de se faire taper. Mais en fait, les communautés BDSM, c'est vieux comme le monde. Le BDSM, ça s'est transformé, etc. Mais tu avais des maisons closes dédiées à la douleur. Tu avais des expériences dédiées à l'expérimentation de la douleur. Et ça ne venait pas de personnes précaires qui subissaient. C'était des personnes nobles. Et c'est normal parce qu'il y avait plus de flagellation à l'époque. Donc en fait, quand tu retraces tout ça, c'est juste que tu n'es pas du tout éduqué, on ne t'a pas expliqué cette culture. Et si tu prends le temps de t'éduquer, tu remarques qu'aujourd'hui, ce n'est pas plus qu'un an.
- Speaker #0
On a fait des émissions sur le BDSM, justement, et c'est hyper intéressant, même de prendre le fondement religieux, même de base.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
C'est ça qui est assez extraordinaire.
- Speaker #1
Incroyable. Moi, j'adore. Et tu vois, il n'y a pas longtemps, je parlais d'Eugénie Guillou, qui est très sous-cotée, qui était une nonne qui s'est transformée en dominatrice. Mais elle s'est transformée en dominatrice parce qu'en effet, dans la religion, il y avait une flagellation pour se nettoyer des péchés qui était régulière. En fait, ça développe un attrait pour la flagellation. Donc c'est normal que derrière, elle s'intéresse à la domination parce qu'au départ, elle voulait se faire flageoler. Au final, elle trouvait que les hommes étaient très nuls parce qu'elles n'étaient pas éduquées. Donc elle a fini par flageoler des hommes qui la payaient pour ça et des femmes aussi. Bon, en fait, tu dis que c'est quand même un continuum. C'est quelque chose d'assez logique dans son trajet de vie. Je ne trouve pas ça si choquant, même si quand tu regardes dans le titre une nonne qui devient dominatrice, on se dit « c'est quand même incroyable » . Non, finalement, quand on s'intéresse à sa vie, ça fait un peu sens.
- Speaker #0
et en plus quand on s'intéresse vraiment au BDSM évidemment si c'est bien fait dans des bonnes pratiques avec des gens qui s'y connaissent énormément ça peut même être thérapeutique pour des femmes qui ont vécu des violences c'est ça qui est hyper intéressant c'est quand tu tires le fil c'est ça que j'adore dans ton travail c'est à la fois hyper rigolo, hyper divertissant mais quand tu tires le fil, il y a vraiment un fond il y a vraiment une histoire qui permet de mieux comprendre comment on vit sa sexualité aujourd'hui et surtout comment on peut se réparer c'est gentil,
- Speaker #1
c'est flatteur
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai. J'invite des gens bien dans des émissions. Non, mais c'est vrai. Du coup, je suis hyper contente que tu crées ta chaîne aussi, enfin, ta chaîne, ton podcast, où tu peux aller plus en profondeur. Parce qu'on le sent vraiment quand on voit ton travail, que ce n'est pas juste que je fais des blagues, c'est que c'est vraiment très construit, c'est recherché.
- Speaker #1
C'est un plaisir, merci. Non,
- Speaker #0
mais c'est sincère.
- Speaker #1
Pardon.
- Speaker #0
Vas-y, vas-y.
- Speaker #1
Non, non, c'est juste qu'on ne nous a tellement pas appris à penser tout ça. Moi, j'ai eu la chance de tomber sur des gens, mais encore aujourd'hui, je m'éduque. grâce à plein de monde et très souvent des communautés qui sont mal perçues, qui sont méprisées, qui m'ont tellement éduquée surtout. Et comme tu dis, ça peut être thérapeutique et en fait, c'est juste des gens en recherche. C'est génial en communauté BDSM parce que le terme parle à tout le monde, mais il y a plein d'autres choses qui sont très peu connues. Et moi, je trouve que ça fait vraiment la beauté de notre espèce. Tu vois, quand tu t'intéresses un peu à tout ce que le sexe ou ces communautés ou ces variantes peut t'amener, c'est hyper riche. Je trouve ça trop dommage qu'on ne prenne pas plus le temps de s'éduquer là-dessus parce qu'on se prive vraiment d'une richesse. Ça ne veut pas dire qu'il faut baiser plus, qu'il faut aimer baiser ou quoi. Mais voilà, je pense qu'on se prive vraiment de quelque chose quand on ne s'y intéresse pas.
- Speaker #0
Surtout, c'est une façon honnête aussi de voir sa sexualité, d'être honnête avec soi-même et d'être alignée parce qu'en fait, on peut vouloir des choses. On a fait des émissions aussi sur le polyamour, sur la liberté sexuelle. En fait, c'est beaucoup plus honnête que finalement d'avoir un mari ou une nana qui va aller coucher ailleurs. par derrière et c'est une forme de polyamour qui ne l'est pas forcément assumée donc sans prendre autant de plaisir qu'on pourrait le faire peut-être. Donc c'est vrai que c'est aller pousser les curseurs, c'est ça qui est chouette.
- Speaker #1
Un peu, oui. C'est ce que j'essaie de faire.
- Speaker #0
Mais ce que j'ai beaucoup aimé aussi c'est, parce qu'on n'en parle pas beaucoup, enfin je trouve, on en parle mais on en parle beaucoup moins. Moi je suis née dans les années 80, moi j'ai été élevée Dans une communauté, mes parents avaient pas mal d'amis homosexuels. Et le sida, c'était quand même quelque chose, moi, qui m'a profondément marquée. Et je pense qu'à ta génération, peut-être un peu moins. Et qu'en fait, là, aujourd'hui, tu vois, les jeunes, mais non, mais le sida, on s'en fout, on n'en meurt pas. On peut prendre les cachets, donc la preps.
- Speaker #1
La prep.
- Speaker #0
La prep. Désolée.
- Speaker #1
T'inquiète, c'est bon.
- Speaker #0
On peut prendre la prep, on va pas en mourir et tout. Et en fait, c'est vrai que les jeunes ou les moins jeunes, La protection aujourd'hui, c'est passé un peu genre. « Bon, on s'en fout un peu, quoi. » Et je trouve que c'est vachement... Dans ton Insta, tu les as mis en épinglés. Est-ce que tu peux nous en parler un peu ? Parce que je trouve que c'est vraiment... Ça fait partie de la sexualité pour avoir une sexualité épanouie aussi.
- Speaker #1
En fait, par exemple, on a des générations aujourd'hui qui sont plus marquées par le Covid parce qu'on l'a vécu et donc on se rappelle ce truc d'avoir parfois malheureusement perdu des proches ou avoir été très malade, avoir vu des gens dans un mauvais état, d'avoir vu... Donc en fait, quand tu vis quelque chose, t'es plus marquée. Ma génération, on n'a pas vécu la montée du sida, son apparition, donc c'est moins concret. Et donc, il y a des personnes, tant qu'ils n'ont pas un proche qui a contracté le VIH, ils ne comprennent pas exactement ce que ça engage, ce que c'est. Et moi, encore une fois, c'est beaucoup de gens qui m'ont éduquée, des gens qui ont soit le VIH, soit des personnes qui interviennent auprès de personnes avec le VIH, soit des assos. Enfin bref, j'ai eu la chance d'être hyper éduquée par ces gens. Et quand tu vois concrètement ce que c'est, concrètement les risques que c'est, la vie que c'est, et ensuite quand tu as atteint du VIH, en fait oui, tu as envie quand même de faire de la prévention et d'expliquer aux jeunes que trop bien, on a les moyens de se protéger, en fait c'est tout court. Et en plus, on a le moyen de détecter une IST en 24 heures. En fait, on a tout. Il faut juste le faire. Bon, mais ça, c'est des choses qui, dans la vie de certains jeunes, ou même pas jeunes, parce que, tu vois, c'est facile de dire les jeunes ne sont pas éduqués. En vrai, aujourd'hui, tu as autant des adultes qui font un déni complètement sur tout ça.
- Speaker #0
Surtout, en plus, quand tu vieillis, le nombre de mecs qui te disent, ben non, parce que c'est souvent très masculin. Ah non, mais je sens rien, j'ai pas envie de mettre la cape. Enfin, tu vois, t'es là. Maintenant, direct, c'est... Ah non, moi, maintenant, tu ne vas pas me faire le coup de ne pas mettre de capote. On casse le délire et tout, mais c'est tout le temps... Mais même, entre copines...
- Speaker #1
On l'a toutes déjà vécu, malheureusement. Aujourd'hui, il y a toutes les tailles de capote. Tu m'aurais dit ça début 19e, je ne te dis pas. Il n'y avait qu'une taille de préservatif. Il y en avait plusieurs, mais c'était très peu, et c'était compliqué, et c'était onéreux. Aujourd'hui, on a la preuve qu'il y a toutes les tailles de capote qui existent, qu'il y a toutes les matières qui existent, qu'il y a Il y a tout. C'est un dispositif médical. Il fait partie des plus complets. Tu n'as aucune excuse aujourd'hui si tu n'utilises pas, si ce n'est les responsabilités. C'est la seule chose qui fait que tu n'utilises pas de capote et que tu te mets en danger et que tu mets les autres en danger. Mais après, c'est beaucoup de parlotte. Tu vois ce que je dis, moi ça m'est déjà arrivé. Un jour, putain, j'ai pris un risque et je t'avais mes chiffres connes. Alors que je suis hyper attentive à tout ça. Ça peut arriver à tout le monde. Mais dans ce cas, il faut apprendre de ses erreurs et évoluer autrement. Aujourd'hui, les jeunes, ils sont hyper éduqués sur plein de sujets, le consentement, le plaisir et tout. Mais c'est vrai que la prévention et la sensibilisation, ils le sont moins. Mais aussi parce que ce travail ne repose que sur les associations qui ont la moitié de budget d'il y a 10 ans, qui sont seules, qui sont méprisées, qui ne sont pas du tout aidées par l'État. Donc, il y a aussi ce truc où tu es un peu en mode, bon, il faut faire plus de prévention, mais on ne donne pas plus de moyens aux gens qui doivent en faire. Donc, on s'étonne que les 15-24 ans n'utilisent pas de capote. Ah par contre ils sont plus éduqués sur le consentement Oui mais quand ils en parlent avec leurs parents, leurs parents méprisent leur position, méprisent le côté Ah les jeunes vous baisez moins En fait on est dans une lutte des idéologies, on est dans un sexe conscientisé mais mal appliqué C'est normal parce que ça fait même pas dix ans qu'on a vécu MeToo qui est un surplus d'infos aujourd'hui quand tu scrolles sur Instagram Donc on peut pas espérer que les jeunes soient parfaits, c'est vrai, mais il faut prioriser les sujets et notamment la prévention on SIDA, IST, VIH, tout ça, je pense que ça devrait faire partie des priorités, malheureusement, et aussi addiction au porno, tu vois, mais malheureusement, c'est pas du tout priorité de l'État, et de toute façon, le sujet de la santé sexuelle n'a jamais été la priorité de notre pays, donc on peut pas espérer que ce soit pris en charge correctement aussi.
- Speaker #0
Mais bon, en tout cas, nous, on vous dit, protégez-vous !
- Speaker #1
Oui !
- Speaker #0
Ça n'enlève pas le plaisir, bon, après, on peut trouver plein d'excuses en disant, oui, c'est ci, c'est ça, mais dans tous les cas, Le plaisir de une heure et après se stresser pendant des semaines ou des angoisses. C'est terrible. Parce qu'il n'y a pas que le sida, il y a plein de merde qu'on peut attraper ou même des trucs qui ne sont pas forcément graves, mais qui peuvent le devenir.
- Speaker #1
Ne serait-ce que l'herpès, tu vois, on n'y pense pas. Mais l'herpès, c'est chiant. Après, une fois que tu l'as à vie, c'est compliqué. Alors qu'il y a plein de moyens de l'éviter. Il y a plein de choses comme ça, plein de gens ne connaissent pas et se protègent mal.
- Speaker #0
Et donc, je vais te... Parce que tu m'as donné une petite piste tout à l'heure par rapport... Par rapport à l'addiction justement au porno.
- Speaker #1
Yes.
- Speaker #0
Et ça, c'est aussi une de tes... Enfin, pas du tout que tu es addict au porno.
- Speaker #1
C'est un de tes points forts. C'est un de tes points forts.
- Speaker #0
Mais c'est un peu un de tes points forts parce que toi, tu es aussi coordonnatrice d'intimité.
- Speaker #1
Yes.
- Speaker #0
Et par rapport à tout ce qui peut être porno, tu peux nous raconter quand même pas mal de choses. Donc, comment tu es devenue coordonnatrice d'intimité ? Ce qui est assez extraordinaire quand même.
- Speaker #1
En fait, il y a quelques années, je m'amusais à, comme je te disais tout à l'heure, je ne prenais pas trop de plaisir par la pénétration et tout quand j'ai grandi dans ma sexualité. Donc, j'avais vu une nana à l'époque sur des blogs qui disait qu'il faut écrire ce qui vous fait du bien pour essayer de prendre du plaisir derrière tout ça. Donc, j'ai commencé à écrire ma sexualité et au final, j'ai commencé à écrire des scénarios érotiques que je mettais sur des blogs, sur des tumblers même, qui à l'époque marchaient un peu. Donc, c'était cool, tu vois, j'étais « Ah, j'aime bien écrire l'érotisme » . et ça marchait bien parce que j'étais une nana de 20 ans qui parlait de sexe et on était peu. Tu vois, ça, je l'ai caché pendant longtemps parce que j'en ai eu honte très longtemps. J'en parle que depuis un an, un an et demi. Même mes meilleurs amis n'étaient pas au courant à l'époque. Et il y a eu un jour où je me suis dit, en fait, il y a deux ans, c'était cool à l'époque d'écrire l'érotisme. Ça fait plusieurs fois qu'on me demande pour écrire des scénarios audio érotiques pour des podcasts, pour des films, d'écrire des scènes et tout. Est-ce qu'il n'est pas temps de mettre ça en scène, en fait, de vraiment le chorégraphier ? Et donc, j'ai eu la chance de rencontrer Monia Haït et Isabella Bartizel, qui sont des coordinatrices d'intimité. Il y en a une dans le cinéma, une dans le porno. Et les deux m'ont éduquée au métier. J'ai fait des formations, je me suis éduquée au sujet parce que j'étais là, mais je veux absolument apprendre à faire la chorégraphie des scènes de sexe dans les films, parce que je trouvais ça génial. Et c'est vrai que ça fait donc un peu moins de deux ans maintenant. Que je suis coordinatrice, j'adore ça. Mais c'est vrai que j'apprécie plus de la coordination d'intimité dans le porno. Quand je dis porno, c'est éthique, ce n'est pas la pornographie qu'on retrouve gratuitement sur Google, parce que c'est souvent des choses qui sont produites sans contrat, sans les consentements des acteurs-actrices, qui sont faites dans une chambre d'hôtel au téléphone. C'est un terrain de violence qui peut être très grave. Alors on ne va pas mettre tout le monde dans le même sac, mais il y a quand même une majorité de personnes qui ne font ça pas très bien. Mais il y a aussi des productions qui sont souvent en plus dirigées soit par des femmes, soit par des hommes accompagnés de femmes, qui ont envie de changer les choses et de proposer des scénarios moins sexistes, moins violents, moins racistes, plus réalistes. Et dans ces cas-là, ils font aussi appel à des coordinatrices d'intimité. Et moi, j'ai la chance de travailler avec ces gens-là. Et j'adore ça. Je trouve ça génial. Parce que j'ai des neveux et nièces aujourd'hui de 14-15 ans. Je sais qu'un jour, ils vont regarder de la pandographie s'il ne s'est pas déjà fait. Je pense que statistiquement, il y a des chances pour que ce soit fait. terrifient, qu'ils aillent sur la pornographie gratos, qu'ils apprennent des violences, qu'ils les répètent. Je préférais largement, même si l'idée qu'ils regardent la pornographie me terrifie, mais je préférais largement qu'ils regardent ce genre de film avec des corps plus réalistes, avec des gens qui demandent le consentement, plein de pratiques différentes, tu vois, mais un truc un peu plus réaliste, quitte à suivre un modèle. Donc voilà, c'est un plaisir pour moi d'intervenir dans ces communautés-là. J'en parle peu parce qu'on m'a déjà refusé des contrats, on m'a déjà refusé... de l'apparition sur des médias parce que j'assumais travailler en tant que coordinatrice d'intimité dans la pornoéthique, parce qu'il y a un gros problème sur ce sujet dans notre société. Et c'est tellement un gros tabou et un gros problème qu'on ne fait rien et qu'on laisse nos pré-ados regarder Pornhub.
- Speaker #0
En plus, ce que tu dis là, ça m'a sauté aux yeux quand tu dis que tu as deux styles de pornographie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et la pornographie gratuite, où il y a beaucoup de violence, ou pas de consentement et tout, en fait, moi je suis très... Dans Flamme des années 80, on croit vraiment aussi à tout ce qui est énergie. Mais ça coule de source. Quand tu regardes quelque chose, tu vas capter cette énergie de violence et tu la mets sur ta sexualité. Donc t'imagines que ta sexualité, ça doit être cette énergie-là, ça doit vibrer ça. Et donc en fait, on grandit avec cette vibration-là. Et après, tous les mecs qui essayent de reproduire... Les nanas, c'est pareil, parce que les mecs qui reproduisent... Mais t'as vu les... Les mouvements, on ne respire pas, on s'étouffe, on doit être comme ci, comme ça. Mais en fait, ce n'est pas du tout du plaisir.
- Speaker #1
Ah non, c'est de la performance. Mais parce que la pornographie, elle vend du spectacle. Et on ne peut pas aller en vouloir, c'est son métier. C'est comme, c'était Jamila Jamil qui disait ça et que je trouvais ça très drôle, mais c'est vrai. Elle disait, on n'apprend pas à conduire en regardant Drive. C'est la même chose, on n'apprend pas à faire du sexe en regardant du spectacle. Le porno, c'est fait pour... Et en plus, c'est une industrie qui se pète la gueule. donc ils font en sorte d'être toujours plus dans... dans le toujours plus justement et peut-être dans le spectacle prononcé, il faut savoir qu'il y a des effets spéciaux il faut savoir qu'il y a plein de choses qu'on ne comprend pas qu'on ne sait pas sur le porno mais qui est très réel mais c'est une industrie du spectacle donc évidemment que ce n'est pas réaliste mais en plus il bascule vers des notions très problématiques comme tu vois il n'y a pas une page de porno sans vocabulaire intrafamilial donc belle-sœur, belle-fille etc qui pousse aussi à une notion de climat incestuel justement Il y a des pratiques hyper violentes. Je ne sais plus le chiffre, parce que je n'aimerais pas dire de bêtises, mais je crois que c'est 40% entre comme ça. En Angleterre, c'était une étude qui disait que beaucoup de femmes se sont retrouvées giflées sans leur consentement pendant un rapport sexuel. Ça vient d'où une gifle ? Ça vient du porno. Je n'ai pas envie de mettre la pierre sur le porno. D'un autre côté, ils sont aussi responsables de certaines choses, mais d'un autre côté, on n'a jamais cherché à encadrer tout ça, à protéger nos enfants. à essayer de proposer des alternatives plus saines. Enfin, c'est facile de dire le gros méchant loup du porno. Oui, mais en attendant, est-ce que notre pays s'inquiète ? Sachant que la France, en Europe, c'est le pays le plus gros consommateur de porno. Est-ce qu'on s'inquiète un minimum pour à la fois l'état de nos travailleurs du sexe et de l'autre côté, comment est-ce qu'on peut protéger nos enfants et les adultes ? Parce qu'il y a beaucoup d'adultes addicts aussi, on n'y a pas que les enfants. De tout ça, il leur proposait quelque chose de plus.
- Speaker #0
En admettant que tout le monde regarde du porno. Et ceux qui n'en regardent pas, ils se stimulent peut-être autrement. Et en fait, ce tabou, finalement, ça entretient un terrain terrible de répétition, d'influence, hyper reviant. Moi, je suis hyper contente de faire partie du changement qui peut choquer quand je dis que je suis coordinatrice d'intimité dans le porno. Et de toute façon, je travaille de plus en plus dans le porno parce que le cinéma ne veut plus travailler avec moi. Certains, en tout cas, producteurs, m'ont envoyé dans la gueule qu'ils ne voulaient plus parce que j'étais associée à cette image de coordinatrice dans le porno. Mais moi, je suis hyper fière de collecter le consentement des actrices, des acteurs, de savoir que quand ils rentrent chez eux le soir, ils ont fait une performance qui n'était pas apparente à un viol, simplement.
- Speaker #1
Oui, et surtout, à la fois, c'est une façon aussi d'éduquer les jeunes générations et de rééduquer pour faire des choses qui sont plus éthiques. Et je trouve ça génial parce que c'est comme si on ne va pas mettre un couvercle, ça n'existe pas et du coup, on ne s'en occupe pas. Donc non, c'est vachement bien d'y aller et de s'en occuper.
- Speaker #0
À fois mille, oui. Et je pense que c'est encore un gros travail, mais l'addiction à la pornographie, c'est un gros chantier que personne n'a envie de se mettre à dire. On prend la pétose et on creuse. Non, personne n'a trop envie. Donc c'est un peu dommage, je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire en France, mais on est très en retard sur plein de sujets par rapport à nos voisins. Et je pense que ça n'avancera pas tout de suite, malheureusement.
- Speaker #1
Et pour faire un peu plus de légèreté dans la chronique. Parce que moi, j'ai vu la dernière fois, c'était pas ça, mais je tombais sur une vidéo, je ne sais plus qui c'est, donc je ne pouvais pas citer. Justement, une coordonnatrice d'intimité qui a expliqué, elle avait plein de tips, c'était hyper rigolo. J'ai vu ta story Insta avec ta valise, avec plein de cafés, du numérifiant, des trucs. Tu te dis, mais tu crées des ustensiles pour faire aussi du bruit, pour faire... Est-ce que tu peux nous raconter un peu des trucs un peu rigolos là-dessus ? Ça m'amuse.
- Speaker #0
En fait, déjà... Dans le cinéma, surtout, on ne fait aucune référence à une génitalité ou une forme de sexualisation. Donc, on ne va pas parler de toucher la poitrine, de toucher les seins, on va dire. Contact au niveau du torse, contact au niveau de la poitrine, contact au niveau du relief, etc. Donc, on va changer notre langage. Dans le porno, on va utiliser un langage un peu plus franc, mais on ne va pas inciter à une sursexualisation non plus des intervenants et intervenantes. Mais on peut utiliser des effets spéciaux. Par exemple, il n'y a pas longtemps, longtemps, j'avais une actrice qui devait simuler une forme de mouille, comme si elle mouillait de l'entrejambe. Bon, on n'allait pas utiliser sa mouille, on en fait des caisses. Dans ces cas-là, on utilise du sérum fille, parce que le sérum fille, c'est du liquide très léger et qui est totalement adapté aux muqueuses. Dans ces cas-là, tu prends un maximum de sérum fille et en fait, si tu veux une sorte d'éclat de mouille entrejambe sans même montrer l'entrejambe, il suffit d'en mettre dans ta main et de serrer ta main et ça fait une petite éclaboussure. Ça ressemble à de la mouille. Bon, ça, c'est ce qu'on appelle des effets spéciaux pour éviter à l'actrice de lui demander de faire quelque chose qu'elle ne peut peut-être pas faire. Ne pas abîmer ses muqueuses. Et en plus, ne pas avoir besoin de faire une performance anatomique énorme et qui ait quand même l'effet. Une chose avec le sperme, on va utiliser du gaviscon. Parce que c'est ce qui lui ressemble le plus.
- Speaker #1
C'est hyper drôle.
- Speaker #0
C'est terrible parce que maintenant, quand je prends du gaviscon, je suis là...
- Speaker #1
On ne doit plus gêner du gaviscon de la même manière.
- Speaker #0
j'arrive pas à m'allonger mais pareil tu forces pas un acteur d'éjaculer s'il a pas d'éjaculation donc là c'est vraiment porno mais du coup tu mets du gaviscon et comme il faut que parfois dans certaines scènes l'éjaculation soit visible on va pas lui imposer de se faire mal et on prend du gaviscon et c'est réglé et c'est très bien, ça marche très bien c'est un peu, c'est drôle quand tu vois ça dans ton tournage qu'est-ce que je fais de ma vie finalement ? Et t'as le gaviscon comme ça, c'est un peu drôle. Et dans le cinéma, on va utiliser plus des prothèses, on va utiliser des strings adhésifs pour donner une impression nudité. Par exemple, il n'y a pas longtemps, j'avais une actrice qui devait se donner semblant d'être nue. Elle était très à l'aise avec la poitrine, mais pas du tout avec son entrejambe. Dans ces cas-là, t'as des petits strings qui se collent au niveau du monde Vénus et de la Ré. Et en fait, après, on la faisait marcher et tous les objets... Il y avait des valeurs de plan qui disaient que les objets en premier plan cachaient à chaque fois ces parties intimes et tu avais quand même l'impression qu'elles étaient nues. Ça permet de se sentir mieux en plateau, de se sentir mieux dans les images aussi qui vont être prises, de savoir qu'on ne vous a pas pris de parties de nudité qui sont à vous et qui sont un peu perdues dans le montage, etc. Ça rassure un peu.
- Speaker #1
C'est vraiment hyper rassurant. Ça fait longtemps que je suis actrice et j'ai eu des scènes, même pas de sexe, mais de nudité où la caméra, finalement, ça se rapprochait. J'étais sans nu. Mais j'avais un string qu'on m'a coupé au fur et à mesure.
- Speaker #0
Oh, wow !
- Speaker #1
Et au bout d'un moment, j'étais là. Et puis, il ne restait plus grand-chose, mais ça gâchait juste. Et il disait, pour ce qui reste, on ne peut pas l'enlever. Et j'étais là, ben ouais, non. En fait, je n'ai pas du tout envie. Je n'étais pas du tout prévenue. Genre, c'est que des poils, tu vois. Mais on peut. Et c'est vrai que dans ce consentement, sur le moment où tu as plein de gens autour, que c'est vrai que tu es quasiment à poil, tu vois ce truc de dire, au point où j'en suis, mais je ne l'ai pas fait. Enfin, je ne l'ai pas fait. En plus, j'étais une morte, tu vois. Mais tu vois, il y a un espèce de truc où à un moment... C'est compliqué de ne pas avoir quelqu'un. Donc, je trouve ça trop chouette d'avoir quelqu'un qui est là et qui gère ce truc-là. Du coup, c'est important.
- Speaker #0
Oui, mais parce qu'on incarne une neutralité. Tu vois, là, tu étais actrice. On sait combien c'est dur pour les interprètes d'avoir des rôles. Le jour où tu as un premier rôle dans un film où tu sais que ça va cartonner, ça peut changer ta carrière. Malheureusement, beaucoup d'acteurs et actrices, par les dynamiques de pouvoir, se retrouvent à accepter tout et n'importe quoi. Et normal, c'est un milieu compétitif, souvent précaire même. Donc en fait... On ne peut pas en vouloir à des actrices d'avoir dit oui et derrière de dire dans des interviews « Je crois que je ne voulais pas le faire. » On ne peut pas. Parce que quand tu vois les tournages, ça va vite. Tu ne veux pas enlever le strict, mais de toute façon, il reste quoi ? Il ne reste rien, 3 cm, enlève-le. Et puis nous, on fera un montage. Bon, mais quand ça va vite sur le tournage, que tu es enceinte sur le tournage et que tu as 10 personnes qui te regardent, etc. Tu n'es plus tenté de dire oui que d'être la personne qui incarne le non, qui incarne le frein, qui va faire perdre du temps. C'est terrible. Donc nous, on est censés incarner cette neutralité, dire non, non. En fait, on garde le string. Il n'y a pas tant besoin de voir plus, parce que là, votre scène, elle est prête, donc on y va. Et aussi de questionner parfois les choix. Moi, il n'y a pas longtemps, j'étais sur un tournage, le réel voulait des plans poitrine. Les actrices étaient OK avec les plans poitrine, mais ce n'est pas parce qu'on est d'accord qu'on est d'accord pour être exploité d'un point de commun. Bon, mais d'ailleurs, dans le montage, il avait mis huit plans poitrine. Et à un moment, moi, j'ai eu la chance de pouvoir intervenir sur la post-prod de ce tournage. J'étais là, est-ce que vous pouvez m'expliquer la pertinence de 8 plans poitrines ?
- Speaker #1
Parce que toi, t'es aussi au montage.
- Speaker #0
Ça dépend des projets. Parfois oui, parfois non. Dans le porno, toujours. Enfin, pratiquement à 90%. Dans le cinéma, rarement. Mais là, comme on sentait que c'était un peu un terrain compliqué, les actrices sont demandées, enfin, étant en mode, si elle intervient, c'est avant, pendant, après. Donc, très cool. Et donc, on a commencé à questionner la pertinence de huit plans poitrine à une scène de trois minutes. Qu'est-ce que ça apporte ? Et en fait, quand on voit que le réel a du mal à l'expliquer, on va peut-être revoir un peu le montage, parce que ce n'est pas parce qu'on a dit oui qu'on est OK pour une sur-sexualisation, une sur-exploitation. Et au final, on a remonté un truc où le réel, derrière, est encore plus content. Et c'est ça qui est génial, c'est que derrière, il est en mode, ah mais oui, c'est mieux comme ça, j'adore, ah non, c'est magnifique et tout. C'est juste parce que tu as regardé cette scène par tes biais d'homme. hétéro qui sexualise, tu t'es dit c'est mieux si on voit huit fois sa patrine. Pas du tout. Il n'y a pas besoin de l'avoir huit fois. C'est énorme, huit fois. Six ou huit fois, je ne sais plus. Huit fois, je crois. Je ne sais plus. Et en fait, dans ces cas-là, t'es là... Un oui ne veut pas dire n'importe comment, tu vois.
- Speaker #1
Mais c'est intéressant ce que tu dis par rapport à ce qui se passe en tournage. Et moi, j'ai l'impression qu'en fait, ce qui se passe sur un plateau, parce qu'en fait il y a beaucoup de témoins et il y a beaucoup de choses, c'est aussi ce qui peut se passer dans notre intimité. Sauf qu'on ne peut pas avoir un coordinateur d'intimité. Avec nous, mais dans des débuts, ou même dans des milliers, ou même dans des fins de relations, il n'y a pas de stade. Ce consentement, surtout que même si ça fait longtemps, est-ce qu'on le perd un peu, peut-être ? Cette notion de dire, bon, ça ira plus vite, allez, on y va, la performance, le truc. Mine de rien, on est tellement bercés là-dedans que je crois que c'est difficile de se dire le lendemain, attends, mais est-ce que j'avais vraiment envie ? Ça fait partie aussi de tout ce... Cette nouvelle génération depuis MeToo où on se pose quand même des questions, mais c'est quand même bébé.
- Speaker #0
En fait, dans ton quotidien aujourd'hui, à part peut-être les contrats et encore, il n'y a rien qui te demande à te poser la question de « est-ce que je suis consentante ou pas ? » Par exemple, quand tu vas chez le médecin, on ne te demande pas forcément ton consentement pour t'insculter, te toucher, te regarder, etc. En fait, on n'a jamais ancré, jamais conscientisé le fait que l'on puisse avoir le temps. de réfléchir à est-ce que je suis d'accord pour faire ça ou ça. Et donc en fait, au quotidien, ça se ressent aussi dans tes rapports avec tes amis, avec tes partenaires, avec ta famille. On n'a jamais appris à avoir ce cheminement de réflexion. Donc aujourd'hui, on trouve ça étonnant quand on entend, ah oui, mais elle n'a pas su dire non ou il n'a pas su dire qu'il n'était pas d'accord. Mais est-ce qu'on a appris une seule fois dans nos vies à pouvoir réfléchir comme ça ? Et donc, ce que j'aime bien dans ce métier, c'est qu'au début, toujours, tous les acteurs et actrices à qui je parle, ils sont toujours chauds pour tout. Ils sont toujours en mode, ah oui, non mais t'inquiète, c'est bon, ça le fait et tout. Parce que pour eux, ça traduit aussi de leur compétence de tout accepter. Et puis au fur et à mesure, quand tu parles avec eux, ils se rendent compte que, oui, non, si on peut ne pas faire ça, c'est vrai que j'aime bien. Ah ben en vrai, c'est vrai que telle partie du corps, j'aime bien ne pas la montrer. Et en fait, d'un coup, tu leur apprends à juste réfléchir à leur limite. Et moi, je me dis juste, si j'ai pu au moins planter cette graine de réflexion au quotidien, de se dire, je crois que j'ai pas envie de faire ça ou je crois que j'aime pas qu'on me fasse ça, c'est déjà énorme. C'est trop cool.
- Speaker #1
Oui, parce que, tu vois, quand on prend, par exemple, un acteur ou une actrice, elle va le faire, puis après, tu vas regarder, puis après, tu vas dans une salle de cinéma, il y aura plein de gens qui vont voir ce truc-là, qui, pour eux, ne s'en rendent pas compte. Et donc, en fait, tu vas vivre avec cette espèce de phénomène pendant hyper longtemps, comme dans ta propre vie, quand tu dis oui alors que tu ne voulais pas forcément dire non, ça te dure, et puis des fois, ça te dure vachement plus longtemps que ce que tu avais imaginé. Tout ça pour être tranquille, par exemple, une heure, en fait, tu vas avoir des semaines ou peut-être des années, des fois, selon... La gravité de ton oui alors que tu voulais pas. Et c'est vrai que pour gagner du temps ou pour se faire bien voir ou pour imaginer, au final, c'est nous qui en pâtissons pendant longtemps.
- Speaker #0
Oui, complètement. Et je pense que ça, les gens ne réalisent pas toujours l'impact sur l'après, comme tu dis. Et aussi, parfois, on est persuadé qu'on peut tout supporter. Et il s'avère que non. Et en fait, parfois, on ne se rend pas compte que les plans, ça ne donne pas exactement ce qu'on espérait, qu'en fait, on n'aime pas notre image, qu'en fait, on n'aime pas... être associé à ça ou ça. Ce n'est pas n'importe quel impact dans la vie. Donc, c'est cool d'y réfléchir. Et c'est cool aussi de développer les pistes créatives parce qu'il y a quand même un appauvrissement aussi à ne jamais réfléchir à comment on représente le sexe à l'écran. On a tous vu cette scène de missionnaire sous la couette. La femme grise, ça veut dire qu'elle a un orgasme super. En fait, c'est un peu nul. Donc, peut-être qu'on peut aussi apporter du relief par les scènes de sexe, apporter quelque chose d'un peu intéressant. Comment votre personnage baise ? Qu'est-ce que ça veut dire, ta sexualité ? Plutôt que de faire des scènes de sexe pour montrer les corps nus des acteurs, parce que c'est longtemps ce qui a été fait, Brigitte Bardot, je ne la soutiens pas dans tout ce qu'elle fait évidemment, a été quand même une de ces victimes, de ces mécaniques-là, d'exposer les corps nus des actrices, des acteurs pour faire vendre des films. Et ce que là, finalement, on peut se dire, la nudité, elle peut apporter un peu de relief, elle peut apporter quelque chose à l'histoire, et pas juste être là pour faire vendre plus de places de cinéma, tout simplement.
- Speaker #1
C'est trop bien ! J'adore parler de ces sujets avec toi, je trouve ça génial. On va... Allez, on finit, j'hésitais, mais est-ce qu'on parle de toutes ces industries et tout, et ce qui est aussi rigolo, c'est que tu nous donnes des tips sur tes réseaux, justement, pour le dating, parce que là, on parle de regarder les films, de faire les films, de la sexualité, de se protéger, de l'histoire du cul, mais concrètement, comment on fait aujourd'hui pour rencontrer quelqu'un et pour avoir une sexualité épanouie ?
- Speaker #0
dur comme question. Non, mais c'est super dur. En vrai, c'est un cheminement, c'est un travail quotidien. Moi, je suis célibataire. Donc, la rencontre, j'y suis exposée tous les jours. Et tu vois, autant pendant un temps, j'étais très enjouée des applications et tout. Et aujourd'hui, je sens un retour de la rencontre en vrai. Je sens que les gens, ils ont envie de re-rencontrer en vrai, d'aborder dans les bars et tout ça, sans importuner ou pas. pour autant, mais en étant respectueux. Je ne sais pas si tout le monde le fait, mais il y en a qui y arrivent quand même. Donc, c'est que c'est possible. Et moi, il n'y a pas longtemps, avec Canal+, on a dû faire des expériences où je date, on me voit me filmer dater des gens pour essayer de... C'est-à-dire qu'il y a toute une équipe chez Canal qui essaie de me trouver un mec là. Donc, on en est là dans l'histoire de ma vie de célibataire et dans les tips, c'est aussi toujours s'écouter, tu vois. Dans la déconstruction, on est toujours en train de se demander est-ce qu'on fait ça parce qu'on exige ça de nous ? Est-ce qu'on a envie ? La même chose pour le sexe et le dating. Et le dating, je trouve que c'est plus dur à déconstruire, à faire un travail de reconstruction des croyances que le sexe. Parce que je crois qu'il y a un gros tabou autour du célibat. Moi,
- Speaker #1
je suis célibataire aussi.
- Speaker #0
C'est fou.
- Speaker #1
Ça fait un petit moment que je suis célibataire, mais je pense que c'est aussi... Je n'ai pas besoin qu'on essaie de me gazer non plus. Je suis très bien, en fait.
- Speaker #0
C'est cool d'être seule. En fait, t'apprends à vivre seule, tu vois.
- Speaker #1
Puis même dans ta sexualité, t'apprends énormément de choses aussi. Parce que j'ai fait une émission il n'y a pas longtemps avec justement la sexualité sacrée. Et c'était hyper intéressant. Et juste d'apprendre justement ce chemin toute seule pour avoir des orgasmes plus puissants, pour se sentir en pleine puissance de son corps, seule, c'est déjà la première porte pour pouvoir après le partager et partager la sexualité. Mais pour moi, je pense que partir de ce... Et quand on est seul, on n'a plus de temps pour le faire. Quand tu es tout le temps avec quelqu'un dans ton lit et tout, c'est même pour se connaître en fait. Je trouve que c'est vachement bien d'être seul. Savoir qu'est-ce que tu aimes, comment tu l'aimes, qui tu as envie de voir, partager des moments seuls.
- Speaker #0
Mais fois mille. Et puis en fait, on se rend vite compte que la sexualité, ce n'est pas une affaire avec les autres. C'est d'abord une affaire avec soi. Et c'est vrai que quand tu grandis et que tu n'as jamais eu le temps dans ta vie d'être célibataire et de faire ce chubinement, c'est quelque chose qui peut te retourner dans la gueule 20 ans plus tard. Non, moi, je trouve que le célibat, c'est incroyable. Moi, j'aime beaucoup ça. Ça ne veut pas dire que je n'aime pas le couple, parce que les gens ont tendance à vouloir créer une rivalité. Mais c'est juste qu'il faut aimer autant le célibat que le couple, quoi. Il ne faut pas voir ça comme une punition de la vie. Alors moi, tu vois, je cherche... J'ai envie aujourd'hui de trouver quelqu'un qui me donne envie d'avoir des enfants, parce que je cherche une personne avec qui... créer un enfant. Mais ça ne veut pas dire que c'est l'amour tel qu'on l'a construit, ça ne veut pas dire que c'est le couple uni à vie. Non, je veux quelqu'un que j'aime assez pour que dans la vie, on se suive et qu'on aille voir un enfant ensemble. Ça ne veut pas dire qu'on sera en exclusivité, ça ne veut pas dire qu'on sera dans le schéma traditionnaliste, tu vois. Ça veut dire aussi que parfois, j'aurais besoin d'être seule, etc. Et moi, remettre ça en question, j'aime bien parce que je fais face parfois à des hommes qui ne comprennent absolument pas et d'autres qui comprennent fois mille et qui sont d'une bienveillance folle, quoi. Je ne sais pas, je trouve qu'on a la chance d'être dans une ère qui offre la possibilité de questionner tout ça. Et de revoir comment on fait famille, de revoir comment on fait l'amour et comment on se fait l'amour aussi. Oui,
- Speaker #1
c'est trop chouette. Et en plus, regardez son insta, parce que maintenant, il y a plein de choses qui sont créées pour rencontrer des gens autres que par les applis.
- Speaker #0
Vraiment, il y a plein d'événements drôles. En fait, c'est devenu un peu un spectacle, je dirais, de se mettre en couple. Pas longtemps, mais Lucas, on a fait un événement où c'est un powerpoint. PowerPoint où tu présentes ton pote par PowerPoint. Je l'avais fait à Lucas. Là, il n'y a pas longtemps, c'était un humoriste qui choisit quelqu'un dans le public pour toi. Oui, c'est un pote à moi qui est monté sur scène qui m'a fait une déclat, un truc improbable. Mais si vous voulez voir ça, allez sur Canal Plus Love. Mais voilà, c'est devenu un spectacle et c'est assez drôle. Moi, j'aime bien. C'est cool de pouvoir s'amuser de ça, en vrai. C'est trop chouette.
- Speaker #1
En tout cas, c'était trop bien de t'avoir au micro.
- Speaker #0
Merci, c'était génial d'être reçu. Merci. Bienveillance folle, c'est trop bien.
- Speaker #1
Et puis, on te souhaite plein de bonheur et de succès dans le nouveau podcast.
- Speaker #0
Adorable. Merci à toi aussi.
- Speaker #1
Et puis, j'espère à bientôt. En tout cas, moi, je vous dis à la semaine prochaine pour des nouvelles expériences. Parce qu'en ce moment, on fait plein d'expériences avec Flamme des années 80.
- Speaker #0
On adore, en fait. Trop bien. À plus. Flamme des années 80.
- Speaker #1
Le podcast qui allume la femme.