- Speaker #0
Pour moi, des flops, c'est sinistre. Des rigolasses, c'est fini.
- Speaker #1
Au final, c'est vrai que ça vous rapproche trop bien d'un rigoli. Il mettait les deux pieds dans la flaque d'eau et ça aspergeait partout. J'adorais. Ça me fait penser à la pluie qui tombe.
- Speaker #0
Salut, moi c'est Marine. Salut,
- Speaker #1
c'est Luce.
- Speaker #0
Vous écoutez le podcast Flop. Aujourd'hui, nous abordons nos croyances.
- Speaker #1
Épisode 1, nos croyances, conversation en zone floue. Bonjour mon flop. Wow !
- Speaker #0
Bonjour mon flop. Nous sommes de nouveau réunis pour un petit épisode autour des croyances. Alors, est-ce qu'on peut faire une petite mise en contexte avant de commencer ? Parce que si on est complètement honnête, c'est toi qui as amené comme ça cette thématique autour des croyances.
- Speaker #1
Je suis fervente croyante.
- Speaker #0
Fervente croyante que tu es. Ce qui m'a posé quand même globalement un petit souci, dans le sens où c'est vrai que quand on a eu l'idée de se dire « Ok, on va discuter de nos croyances personnelles très vite. » J'ai eu comme ça une sorte de zone de flou et d'interrogations assez poussées sur mais qu'est-ce que Luce entend par les petites croyances personnelles ? Parce que je pense qu'en fait au début j'étais partie sur vraiment la définition les croyances dans le sens un certain rapport en fait à la vérité quoi. Entre eux, est-ce que c'est possible, est-ce que c'est vrai ?
- Speaker #1
Croyances religieuses, croyances philosophiques, tout ça.
- Speaker #0
Ouais, et vachement le côté beaucoup plus rationnel et scientifique de la chose, de la preuve et tout. Et on va dire petit à petit... J'ai compris que la thématique, c'était plutôt... Les croyances, mais dans le sens, les petits mantras personnels, un certain rapport à une certitude, mais subjective. Un certain rapport au monde, à la vie. Un peu de ton appréciation de la vie, des relations, des choses, mais qui là, vient beaucoup plus d'un ordre affectif.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Un truc qui est relié à une certaine vérité pour toi, mais qui n'est pas... Et puis surtout, dans la notion de croyance, il y a aussi ce truc de... Tu sais que c'est une croyance, c'est pas non plus une vérité. Mais c'est un truc auquel tu crois et tu sais que tout le monde n'y croit pas non plus. Oui, voilà.
- Speaker #0
Après, je pense que c'est quand même discutable plus difficilement qu'une simple opinion. Oui, c'est sûr. Parce que c'est vrai qu'en fait, justement, quand j'ai commencé à réfléchir à... Ok, là, dans quelques jours, on parle de notre croyance. Quelles sont mes croyances personnelles ? Je tournais un peu en rond autour de... Autant je peux facilement me dire j'ai telle ou telle opinion, autant pour moi, une croyance, c'est comme un peu une sorte d'opinion, mais tu vois, version... C'est le dernier niveau de Boyzer dans Mario quoi.
- Speaker #1
Ouais. En rapport avec ce que tu viens de dire, j'ai dit ouais, j'ai...
- Speaker #0
Tu voulais me défendre. Tu n'avais pas à le faire.
- Speaker #1
Mais en plus tu sais que je me suis rendu compte que mes croyances sont souvent liées à des peurs aussi. Enfin je trouve que c'est aussi ça qui fait que c'est moins discutable, c'est que j'ai très peur aussi de l'inverse. Tu vois de... Enfin je sais pas, j'aime pas, ça s'explicitera un peu plus quand je te dirai, mais je trouve que c'est intimement lié.
- Speaker #0
Oui parce que justement en fait en réfléchissant je me disais mais qu'est-ce que je vais pouvoir dire à Luz qui est pas comme ça... des simples opinions, idées. Et en fait, je me suis dit, je crois que ce qu'on entend par cette sorte de petit noyau dur de croyances personnelles, il y a un truc vraiment de l'ordre de... C'est ce qui te donne un sentiment un peu de sécurité, de permanence. Quelque chose que tu te racontes et où tu te dis, en fait, ça te donne un peu la continuité de ton toi. Et quand on touche à tes croyances, c'est pour ça que je pense que c'est très douloureux. Tu dis, en fait, il y a la peur, parce qu'il y a la peur de si elle s'effondre. Il y a toute une partie de mon rapport au monde et de comment je me construis. qui part en sucette quoi en fait, tout simplement. Bref, immense mise en contexte. Mon flop.
- Speaker #1
Je commence ?
- Speaker #0
Première croyance.
- Speaker #1
Ok, bon alors la première croyance, je pense que tu le sais aussi, c'est un peu une croyance... Alors c'est horrible parce que quand j'ai fait mes croyances, j'ai vraiment l'impression d'être Luce Cucu Lapraline, mais ça a un peu plus de valeur que ça. Mais je crois un peu fondamentalement en l'amour. En ce truc un peu...
- Speaker #0
J'étais sûre, j'étais sûre. Je me suis dit, il n'y a pas un monde où tu ne me parles pas de l'amour.
- Speaker #1
Dans le sens où... Pour moi, c'est vraiment un truc en mode, c'est un sédiment, l'amour amoureux, l'amour qui dure, tout ça, c'est aussi ultra important pour moi. Mais l'amour en général, l'amour familial, pour moi, c'est vraiment une puissance qui a une force incommensurable et qui peut vraiment faire gravir des montagnes, remettre une société un peu en marche. Il y a tout un truc, je trouve, où c'est... Je trouve ça assez incroyable, la force que ça déploie, et j'y crois vraiment. Une de mes premières croyances, c'est ça, je pense.
- Speaker #0
mais parce qu'en fait j'ai l'impression que Pour toi, il y a vraiment ce truc de... l'amour est un peu la condition et le moteur de tout le reste. C'est-à-dire qu'il y a vraiment un rapport de tout ce qui reste avant, après, quoi qu'il arrive, c'est l'amour. C'est-à-dire qu'il y a la croyance beaucoup plus développée que certains qui vont te dire, ou tu vois, il y aurait justement la croyance inverse de « bah ouais mais en fait l'amour ne suffit pas » ou « l'amour ne peut pas » ou « c'est pas faute d'amour mais » . Et toi, c'est vrai que j'ai la sensation que tu as quand même une grande peur et difficulté, parfois justement... envisager l'hypothèse ou l'expérience de malgré l'amour ou...
- Speaker #1
Ouais. Bah c'est plus dur pour moi de voir qu'il y a vraiment ce truc de même quand il y a l'amour, c'est pas possible. C'est vraiment des trucs qui me mettent un peu à mal en mode, putain, normalement l'amour doit réussir.
- Speaker #0
Est-ce que t'aurais un exemple précis justement, où tu t'es dit, tiens, ça a corroboré un peu cette croyance de l'amour est surpuissant et permet d'amener, de dépasser les choses et de faire triompher tout le reste. Bon là, c'est vrai que dit comme ça, on dirait juste... Bah... Hollywood 1952.
- Speaker #1
En fait, c'est vrai que ça fait très happy ending et tout ça. Donc, en fait, c'est pas aussi... Enfin, moi, je sais que oui, mon exemple personnel, c'est en vrai l'amour de ma famille que j'ai eu depuis que je suis petite et qui m'a vraiment permis... Enfin, tu vois, dans mes périodes un peu collège où c'était compliqué, où j'ai subi du harcèlement. Enfin, en fait, je me suis rendue compte, mais des années plus tard, que j'avais subi du harcèlement parce que sur le moment donné, j'étais en mode, ouais, mais je manque pas d'amour dans ma famille. Donc, c'était un non-événement. j'étais en mode bah en fait tout l'amour qu'on donne et la... La considération, tout ça, ça me donne une telle force que quand j'arrive au collège, alors oui, c'est difficile et tout parce qu'il y a du harcèlement, mais je ne le vis pas comme tel. C'est juste que les gens ne comprennent pas.
- Speaker #0
Tu dirais que ta bulle d'amour t'a protégée.
- Speaker #1
Oui, totalement. Et même de ma capacité à voir que les autres me harcelaient. Il y a un truc où j'étais vraiment dans une bulle. J'arrivais avec ma bulle, je ressortais avec ma bulle.
- Speaker #0
The power of love.
- Speaker #1
j'aimerais tellement que la chanson parte en mode voilà l'us non mais du coup je me suis rendu compte et puis même en général je trouve que c'est enfin même mes parents incarnent aussi ce truc de amour amoureux pour le coup Merci. de relation, où l'amour est toujours questionné, où il y a un truc un peu grandiose. Même dans leur histoire personnelle, ils viennent d'univers totalement différents. Ça a été super compliqué à mettre en place comme relation, justement parce que ces univers ne fonctionnaient pas forcément entre eux de base. Ils ont construit une famille aimante. Ils ont eu des traumatismes chacun de leur côté, qui étaient quand même des gros traumatismes de vie. On n'en a rien perçu, nous, les enfants, quand on était petits. et on les a. compris un peu plus tard. Donc tu vois, il y a vraiment un truc où je me dis que ce soit l'amour familial comme l'amour amoureux, j'ai vraiment eu ces exemples de... Une force énorme quoi !
- Speaker #0
Oui et puis en plus je pense que chez toi il y a vachement ce côté de l'amour mais dans le sens le plus absolu et radical du terme quoi. C'est pour toi la vertu au delà de tout le reste et qui est complètement...
- Speaker #1
Ouais c'est vrai. Et si il y a l'amour, j'ai pas peur tu vois. Par exemple, je suis en train de me dire s'il y a une fin du monde, tu vois le truc, si je suis avec la personne que j'aime ou une des personnes que j'aime, bon bah c'est pas grave tu vois.
- Speaker #0
YOLO tranquille.
- Speaker #1
YOLO c'est pas grave, allons se faire bouffer par les zombies tu vois.
- Speaker #0
Mais est-ce que à l'inverse il y a eu un moment où cette croyance a été mise à mal ? Ou justement t'as douté de ce que ne peut pas l'amour ?
- Speaker #1
C'est une bonne question mais je crois pas. Je crois pas, enfin c'est mis à mal par exemple quand les gens me parlent autour de moi de rupture par exemple, quand tu m'as dit oh il y a Marion Cotillard et Guillaume Canet qui se sont séparés. Ça,
- Speaker #0
je suis dans la même semaine. Mario Cotillard, Guillaume Canet, 4 jours après, bim, Laetitia Casta, Lou Guerrelle. Ah,
- Speaker #1
tu savais pas pour Lou Guerrelle et Laetitia Casta ? Ah non ?
- Speaker #0
Ça a été annoncé.
- Speaker #1
Putain, mais voilà, tu vois, c'est le genre de truc où je suis un peu en mode, en vrai j'ai pas trop envie, je sais pas.
- Speaker #0
C'est pas la disparition de l'amour, c'est la disparition d'un amour.
- Speaker #1
Mais je me dis, putain, mais ils doivent être anéantis en vrai, quand t'as passé 20 ans de ta vie à construire un amour et tout avec quelqu'un. Moi, ça m'effraie un peu ce truc de reconstruction. Après, en effet, je pense que c'est pour le mieux quand tu le fais. Donc, il n'y a pas ce truc de « ils n'auraient pas dû le faire » . Mais, j'avoue que même autour de moi, quand on me raconte les ruptures qui se passent autour, les tromperies...
- Speaker #0
En fait, je pense que pour toi, c'est extrêmement sensible et douloureux dès qu'il y a une anecdote ou un exemple de quelque chose où justement le lien amoureux, mais au sens très large, est touché.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Parce que c'est vrai que pour toi, c'est tellement un peu ton rapport à la vie, en fait. Non,
- Speaker #1
mais c'est vrai. C'est vraiment le fondement de ma vie. Oui,
- Speaker #0
ce qui fait que pour toi, je pense qu'il y a un truc de... C'est une condition nécessaire et suffisante pour toi, quoi.
- Speaker #1
Ouais. Enfin,
- Speaker #0
c'est si à l'amour tout va, et il faut qu'il y ait l'amour, et jamais, jamais que ce soit attaqué, en fait.
- Speaker #1
Belle valeur, c'est beau mon flop, c'est beau, c'est beau. Et toi mon flop, quelle serait ta croyance ? Alors j'ai tellement hâte, parce que comme tu disais, du coup tu m'as un peu fait le suspense de la tomber.
- Speaker #0
Moi j'ai été délevé de mes croyances dans un bourbier intérieur pendant une semaine où je ne savais pas pourquoi. En fait j'avais beaucoup de mal à m'arrêter et à croire suffisamment mes propres croyances. Je pense que le doute était tellement fort que j'avais plutôt, à un moment je me suis même dit, mais c'est pas possible, je suis juste une illice, c'est pas possible, j'ai pas de croyances. C'est pas vrai, c'est pas que j'ai pas de croyances, c'est que j'ai un rapport peut-être beaucoup moins intuitif, spontané et confiant que toi. Tu vois, toi t'as une confiance dans ta croyance en l'amour. Moi mes croyances, elles sont sans cesse un peu remises en question et questionnées. Ce qui faisait que, mais vraiment d'une heure à l'autre je devenais folle. Je me disais, bah en fait ce que je viens de dire, je sais pas si je le crois vraiment. C'est juste que j'y crois. Ceci étant dit, il y a quand même une des premières croyances auxquelles j'ai pensé. C'est cette idée du bon moment, quand on dit le bon moment pour faire les choses ou le fait que les choses adviennent au bon moment ou pas. Croyance d'ailleurs auquel j'adhère finalement de plus en plus, notamment grâce à toi. Parce que c'est vrai qu'en grandissant, je me suis rendu compte que moult situations qui pourraient être vues comme ça sur le papier ou en théorie, comme le meilleur choix possible ou j'en sais rien. le travail de tes rêves, peu importe, un événement, un choix de vie, une situation donnée, en réalité le contexte et les circonstances de l'action de l'événement, je crois, sont au moins tout aussi importantes qu'un peu le contenu réel de ce qui pourrait t'arriver. Et donc un peu cette idée de « je ne suis pas certaine qu'il faille plus que ça s'arrêter à ce que seraient des vertus ou des bonnes situations dans l'absolu » . C'est un bon choix, une bonne situation pour toi à un moment donné. Ah oui,
- Speaker #1
ok, je comprends.
- Speaker #0
D'ailleurs j'avais pensé, pour faire un peu une référence insupe de Philodophe, de Machiavel, lui il appelle ça le kairos. L'art de gouverner au bon moment, l'instanté, l'opportunité. Donc lui c'est dans tout le champ politique.
- Speaker #1
Oui c'est de l'archéisme pur.
- Speaker #0
Exactement, et c'est ce rapport justement très cynique et pragmatique aux événements de, en fait il va te dire le prince ou le souverain. Peu importe en fait qu'il ait des qualités, d'ailleurs il n'y a pas de qualité intrinsèque, il y a des qualités qui vont se révéler si elles vont s'accorder à un temps donné. Et bon, donc là c'est poussé à l'extrême dans le temps politique. Oui,
- Speaker #1
lui il l'utilise en plus pas forcément à bon escient non plus.
- Speaker #0
Disons qu'il a une vision très cynique et pragmatique de l'art de gouverner. Oui c'est ça. Pour lui c'est en dehors de toute morale. Bref, là c'est le côté vachement philopolitique, mais même en fait je trouve dans mon quotidien et dans la vie et dans certaines choses qui sont arrivées. Je sais que je l'ai un petit peu réadapté, parce qu'il y avait notamment une... Enfin, ça vient d'un vers de Baudelaire, où, je ne sais plus, je crois c'est dans... J'avoue, j'ai un bug sur quel est le poème, où il dit « Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or » . Et moi, je me dis souvent l'inverse. Attention, l'or que tu me donnes peut devenir de la boue, voire de la gadoue, si justement,
- Speaker #1
ça n'arrive pas au bon moment. Ok,
- Speaker #0
donc j'ai rien à dire. Pour le coup, plutôt... pessimiste avec une forte crainte et appréhension de si c'est pas le bon moment mais typiquement sur vraiment des situations de...
- Speaker #1
Par exemple là si t'as un exemple un peu perso ou un truc ou une situation où ça s'incarne un peu ?
- Speaker #0
Bah disons que ça s'incarnerait sur quand de temps en temps j'ai une pression tu vois typiquement dans le travail je sais pas accepter une opportunité un taf, enfin je dis ça comme si je me pleuvais chez mes propositions Tous les jours,
- Speaker #1
je reçois ce film. Je ne sais pas trop si j'accepte le premier.
- Speaker #0
Non mais pas du tout. La Paul Dung,
- Speaker #1
vraiment.
- Speaker #0
Enfin bon, quand je trie un peu tout ce que je reçois. Pas du tout.
- Speaker #1
Absolument pas.
- Speaker #0
Non mais ce que je veux dire, c'est, je ne crois pas trop à ce côté de faire un tableau et le meilleur choix possible dans un truc de rentabilité. En revanche, là où je me mets souvent un peu comme ça, comme un warning, un auto-trigger, c'est attention non plus à peut-être pas se perdre dans cette quête de le meilleur moment. Oui, oui, de ouf. Parce que, et alors là, j'ai un exemple. Il n'y en a pas. C'est ça. Le meilleur moment n'arrive jamais. Et j'ai un exemple, je ne sais pas pourquoi, qui m'est revenu en tête, mais qui m'avait beaucoup marquée quand j'étais petite. C'est, attention la ref, c'est Brice dans Brice de Nice.
- Speaker #1
Wow. Sacré ref. Après Baudelaire.
- Speaker #0
Mais vraiment, d'un monde à l'autre. Non, mais parce que, en fait, je me souviens que c'est un des premiers films un peu d'adultes, ou en tout cas avec des acteurs réels que j'ai vus, mais vraiment toutes petites. Et je ne sais pas pourquoi, ça m'avait vraiment beaucoup marqué le fait, donc c'est un peu un éternel ado surfeur qui a la trentaine, qui habite à Nice, et qui en fait est piégé dans une posture, la posture du surfeur, puisqu'il attend la vague idéale pour surfer.
- Speaker #1
Ok, c'est ce que j'avais dit, la vague.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, c'est la vague idéale de, non, non, mais je ne vais pas, j'attends justement l'alignement parfait pour surfer, prendre la vague. Sauf que bon, déjà, c'est le truc absurde du film de, en fait, il est à Nice, donc il n'y a pas de vague. Et du coup, tout le film est construit sur ça de la vie passe, t'es dans ta posture et une illusion. Et en fait, évidemment, cet idéal de vogue parfaite n'arrive jamais. Et donc, il ne se passe rien. Et en fait, là, tu as un peu le pendant extrême opposé de la paralysie, l'inertie. En fait, tu procrastines sur mes relents de main et rien n'arrive jamais. Parce que tu attends un truc comme ça, absolu, impossible.
- Speaker #1
Oui, il faut être assez honnête avec soi-même. Après, je trouve que cette croyance, elle te va bien dans le sens où, de base, toi, tu es quelqu'un qui fonce beaucoup. Ah oui ? Donc, oui. Je dirais que si on dit un truc, tu vas dire oui direct.
- Speaker #0
Ah oui ? Non, ça, c'est juste de l'inconscience.
- Speaker #1
Non, mais je veux dire, tu ne vas pas... Je ne te catégorise pas comme quelqu'un qui dit non aux choses. Tu as plutôt tendance à voir dire oui. Mais du coup, c'est bien, je trouve que... C'est pondéré dans une personnalité où tu dis d'abord non. Et du coup, tu te soucies vachement ou tu as peur ou tu appréhendes. Là, c'est vrai qu'il faut faire attention à ça. Mais globalement, avec toi, cette croyance, je trouve qu'elle n'a pas trop de...
- Speaker #0
Tu veux dire sur le fait que j'oserais prendre la vague ? Oui. Si j'étais surfeuse ?
- Speaker #1
Oui, exactement. Si tu étais brissette ?
- Speaker #0
Attends mais surtout que Brice avait à la fin une rencontre non ?
- Speaker #1
Tu sais que j'ai jamais vu, en plus j'ai vu des extraits, notamment quand il choisit ses t-shirts jaunes, il est en mode Ah oui J'aime bien le champ du jardin Oui c'est le champ du jardin Quand j'ai une absence, j'étais en mode oula
- Speaker #0
Du coup il me fait rire mais non j'ai jamais vu vraiment entièrement Un vrai culte à regarder mais bref Voilà donc moi je dirais il y a vraiment cette question du bon moment
- Speaker #1
Ouais ok ça te va bien Bah il a mon ordre
- Speaker #0
De toute façon, je me disais que c'est une question de temps avant que tu me parles de l'amour.
- Speaker #1
Oui, non. Mais comme ça,
- Speaker #0
on dirait que je suis complètement cynique et gris, en fait.
- Speaker #1
Surtout que je pense que j'ai fait mes croyances un peu en mode décrescendo. Genre l'amour, c'est vraiment le truc. Ah, c'est intéressant, ouais. Ensuite, les deux autres, c'est un peu plus particulier le rapport de croyance que j'entretiens avec elles.
- Speaker #0
Ok, justement. Pour peut-être une deuxième croyance, est-ce que tu aurais un exemple précis ?
- Speaker #1
Ma deuxième croyance, ça fait encore un peu cucu. Mais c'est le fait que pour moi, au fond, les hommes sont bons. Tu vois, je suis à l'inverse de...
- Speaker #0
Attendez, sur ma toute dernière, je pense qu'on va être sur un choc d'études en mon flop.
- Speaker #1
Les humains, parce que je déteste en plus dire les hommes pour dire les hommes et les femmes, je dis les humains pour moi. Et puis en général, j'ai un peu une vision de la bonté est au sédiment, est au fond de nous tous.
- Speaker #0
C'est beau, c'est beau mon flop.
- Speaker #1
Voilà, après je trouve que ça a été un peu... C'est relativisé dans le sens où je trouve qu'aujourd'hui c'est pas une excuse non plus. C'est-à-dire par exemple Bertrand Cantat ou des trucs comme ça, tu peux pas partir du principe que toutes les personnes sont bonnes et que du coup il faut être indulgent et tout ça. Aucune conséquence pour moi sur comment ils doivent être traités.
- Speaker #0
Ok mais du coup c'est plutôt un postulat où tu te dis au fond de chacun de nous il y a quand même une bonté. Enfin c'est que tu pars du... Ouais, pour moi ça incarne exactement cette croyance de les uns et les autres sont bons.
- Speaker #1
Pour moi c'est à l'inverse de Hobbes qui dit que les hommes sont mauvais et que la société fait en sorte que les hommes soient bons. Pour moi c'est l'inverse. Voilà, moi c'est Rousseau, c'est les hommes sont bons et la société fait qu'en fait on devient mauvais entre nous parce qu'on se compare, parce qu'on a des pressions externes qui font qu'en fait on devient mauvais. Mais j'ai l'impression que dans le fond du fond, il y a plutôt une bonté. Et j'avoue ne pas savoir exactement comment l'expliquer, mais je pense que c'est un peu lié à l'amour. C'est que pour moi, à partir du moment aussi où tu es en capacité d'aimer, c'est que tu es en capacité de donner un minimum de bonté. Ah ouais, intéressant. Et du coup, pour moi, si tu as cette capacité intrinsèque en toi, c'est qu'il y a un truc qui est là, quoi, et qui peut bouger s'il y a une sorte de méchanceté.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu ne penses pas que c'est peut-être aussi lié chez toi au fait qu'en fait, tu as ultra envie et besoin d'y croire ? Oui. Parce que pour moi, ça touche en fait à un truc des croyances. C'est que pour moi, tu crois ce qui te semble nécessaire de croire un peu pour, tu vois, pouvoir avancer.
- Speaker #1
C'est pour ça que je trouve qu'elle est... Parce que je peux entendre aussi l'inverse. Et je trouve qu'en plus, comme ça n'excuse rien, et qu'aujourd'hui, il faut aussi arrêter de... Enfin, tu vois... Il y a des gens qui mériteraient d'avoir des sanctions par rapport aux actes qu'ils ont faits. Je trouve qu'elle peut être un peu plus mise à mal et ça me touche moins. Mais c'est juste que je préfère quand même croire intrinsèquement qu'on est bon. Oui,
- Speaker #0
voilà, c'est ça que j'allais te dire. Je crois que tu peux faire le choix de te dire, au bout du compte, quand bien même j'entends des comportements, des actions, et vraiment juste des parcours et des profils un peu horribles, où c'est de la merde de tous les côtés, c'est vrai que tu as une faculté à toujours, justement, ne jamais lâcher la croyance de... Non, non. jusqu'au bout du bout, tant qu'il m'est permis, je vais essayer de viser, de regarder ce qui pourrait être beau de la personne quand même. T'as beaucoup ce truc.
- Speaker #1
Ouais, en fait, je pense que ça apporte plus de choses aussi. Par exemple, typiquement, la prison ou les prisonniers, je suis pas sûre que l'univers carcéral, enfin, tu vois, de partir du principe que c'est des mauvaises personnes qui doivent purger leur peine, que ceci, que cela, donc c'est le cas aussi. Mais il y a un peu un truc de, je pense qu'on mériterait un peu plus essayer de sauver les meubles et de se dire qu'il y a des trucs à sauver. Et je trouve que ce serait un rapport un peu plus sain, même, en général. Et pour l'anecdote, du coup, on s'était dit, un peu anecdote personnelle, non personnelle, Star Wars, mais je sais pas si tu l'as vu mon flop.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
je l'ai vu. Tu l'as vu ?
- Speaker #0
Je l'ai vu.
- Speaker #1
Où il y a le truc un peu de Anakin, qui devient du coup Dark Vador, donc spoiler alert, mais je pense que tout le monde est au courant de ça. Et tu vois, il y a vraiment ce truc où tu suis, moi, qui m'a fait vraiment beaucoup de mal de voir Anakin déchanter totalement, en mode il a un amour, il est très amoureux, il a envie de reconstruire une société, il est plein de bonté. Se transformer petit à petit en un monstre, quoi, horrible. Et j'ai vu récemment la suite où il enlève son masque et il sauve Luke à la fin. Je trouvais que c'est drôle parce que je pense que c'est aussi un truc que construit la société du happy end. En fait, il est bon et il va sauver le truc. Mais c'est vrai que ça m'a fait quand même du bien. Quand j'ai vu Dark Vador à la fin qui est en mode, ok, vas-y, je me sacrifie pour Luke. J'étais en mode, je suis soulagée. Parce que vraiment, le moment où Anakin devient Dark Vador. En fait, il y a tellement de souffrance. Je trouve que souvent, ce qui amène le malheur, c'est la souffrance. Et je me dis, putain, c'était horrible à voir. vraiment de me dire Alors qu'en plus, je ne suis pas une fan de Star Wars non plus, mais je me souviens que cet épisode, j'étais vraiment en larmes. J'étais en mode « Oh ! » C'était horrible, mais cette personne qui était vouée à tout, qui avait un enfant avec sa femme, qui devient brûlée dans la lave en Dark Vador en mode « Je vais te faire venir l'enfer » . Oui,
- Speaker #0
en mode de garder la gentillesse, ce truc de transformation, mais dans un sens monstrueux. Oui,
- Speaker #1
de voir tous les petits trucs externes qui arrivent dans sa vie, qui vont l'amener de manière irrémédiable vers un mal.
- Speaker #0
Mais en fait, c'est drôle que tu aies pu garder... aussi fortement cette croyance justement sur ce socle comme ça, un peu de gentillesse, de bonté des individus. Parce que tu vois, j'ai l'impression que la plupart des références culturelles qu'on a, c'est souvent basé sur justement un peu des sortes de voyages initiatiques, de romans d'apprentissage, où j'ai l'impression qu'il y a une sorte comme ça, justement, de parallèle assez rapide entre grandir, c'est se rendre compte que le monde... Et une infinité de nuances de gris qui du coup recèlent toujours des choses pas si belles.
- Speaker #1
C'est pour ça que je te dis que je garde mon truc dans le monde est mauvais, mais c'est pas de la faute intrinsèque des gens. Ah oui, oui,
- Speaker #0
oui. Ok. Pour toi, il y a le noyau dur de l'individu et c'est le reste qui pourrit le bazar.
- Speaker #1
Vas-y, c'est à ton tour. Pardon, attaque deuxième croyance.
- Speaker #0
Je dirais ma deuxième croyance, assez forte. En fait, c'est un peu étrange parce que c'est une superposition de deux mouvements un peu contraires. C'est le d'un côté tout passe, tout passe à...
- Speaker #1
C'est vrai qu'il lise à chaque fois en italien.
- Speaker #0
Tout passe, ouais. En italien, c'est tutto passa. J'y crois beaucoup, justement. Cette idée que rien n'est immuable. Et en fait, presque aussi le pendant inversé de tout passe, trois petits points et tout revient.
- Speaker #1
En fait,
- Speaker #0
j'ai un rapport assez cyclique à la vie et aux choses. Et c'est vrai qu'à un niveau très personnel, c'est pour le coup typiquement une sorte de petite balise et de voie intérieure que je me répète assez souvent. qui je trouve a certains avantages par exemple quand tu es dans des situations compliquées ou à un niveau mais vraiment assez simple de tu ressens une émotion extrêmement forte par exemple tu viens de te disputer avec un ami, tu as une émotion comme ça tu sais quand tu as un peu tout d'un coup cet emballement intérieur où tu te dis oh là là plus jamais rien ne sera comme avant, on s'est disputé où tu sais tu as vachement tout d'un coup une sorte de terreur de ok il y aura un avant et un après de ce moment Et là, ça me semble impossible de me dire que je vais pouvoir continuer. En fait, quand tu as un choc, et que tu as un peu ce truc d'effondrement, mais là, c'est impossible. Je ne vais plus pouvoir... Comme on a compris, vraiment un sac de nœuds émotionnels qui te dégoulinent de toutes parts.
- Speaker #1
Et du coup, tout revient. Parce que c'est vrai que c'est intriguant, ce truc de tout passe, mais pas vraiment du coup.
- Speaker #0
Attends, sur la partie un peu tout passe, je sais que j'ai beaucoup tendance, dans une situation, à beaucoup me dire, rappelle-toi Marine. Il y a deux ans, tu as été exactement dans la même situation, où tu avais ressenti, je ne sais pas, telle émotion, dans tel contexte, avec telle personne. Tu as cru aussi à l'époque que jamais rien ne serait comme avant et qu'en fait, ça allait complètement conditionner ta manière d'être. Et en fait, le temps est passé. Donc, il y a le versant positif, je trouve, parfois, à l'adversité de se raccrocher à cette croyance de tout-passe qui va avec cette idée de le temps fait bien les choses. Bon, toi, même si tu as l'impression d'être piégé ou d'être un peu coincé dans un... Dans un sac de nœuds d'un moment, le temps, lui... Il avance tout le temps. Après, le versant un peu plus parfois pessimiste, c'est cette idée de tout passe, même les bons moments. Et donc, il y a cette idée de rien n'est... Il n'y a rien qui se fiche. Oui,
- Speaker #1
je comprends.
- Speaker #0
Mais alors, en fait, le tout revient, ça semble contradictoire, mais pour moi, c'est lié. C'est que tout passe, mais comme tu es dans mon vécu et mon appréciation un peu du monde, des situations des uns et des autres, en fait, on passe notre temps à revivre aussi des situations similaires. et un peu ce truc de répétition très fort moi je sais que souvent bon là on dirait que ça y est je prouve que le dernier rempart avant la chupée est en train de tomber tu vois mais souvent dans plein de situations j'aime dire mais c'est fou à quel point on passe notre temps à se dire et à vivre les mêmes choses, en fait ce sentiment de tout revient,
- Speaker #1
tout se répète mais c'est vrai que c'est un truc que tu me dis souvent en mode tu fais des petites connexions de putain mais c'est la même chose que c'est ceci qui se lasse, qui t'aide en vrai un peu aussi sur ce truc de tout passe c'est ça
- Speaker #0
C'est ça aussi ce qui fait que... Exactement. C'est vraiment, tu sais, la médaille avec les deux... Comment on appelle ça ? Les deux faces ? Ouais. Les deux faces de la médaille.
- Speaker #1
Ouais. C'est le...
- Speaker #0
Le revers de la médaille. On repart en épisode. Expression et proverbe. Oui, le revers de la médaille. Mais voilà, c'est vraiment les deux versants, un peu, je trouve, de la même chose. Et typiquement, un peu pour les références, une fois encore, la petite minute reloue philo, c'est un peu le côté le mythe de l'éternel retour chez Nietzsche.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
ce truc de répétition et de tu vas revivre en fait un à simplement les mêmes choses, et un niveau un peu plus ciné, idem, je sais que quand j'étais petite, mais parce que c'était vraiment rentré en résonance avec une impression que j'ai, mais presque au quotidien, de me dire, mais est-ce que les uns et les autres se rendent compte qu'ils disent les mêmes choses, qu'ils rient au même moment pour les mêmes situations, qu'ils pensent en fait dire une nouveauté, mais en fait ils ont totalement oublié qu'ils ont dit la même chose il y a six mois, tu vois. un peu cette idée de ... en fait, il n'y a pas tant d'évolution et de progression. En fait, on se fait une mise en récit, on se raconte des choses, mais en fait, on est quand même un peu dans une roue. C'est reparti pour un tour de manège.
- Speaker #1
Et ça ne t'angoisse pas un peu ?
- Speaker #0
Bah si, je trouve ça assez angoissant, parce que j'ai l'impression de constamment avoir un focus sur... En fait, les choses reviennent quand même. Mais même, tu vois, le film qui pour moi incarnait ça, mais évidemment, là, c'est la caricature et au paroxysme, c'était le Un jour sans fin.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est quand même très angoissant.
- Speaker #0
C'est le Un jour sans fin avec Bill Murray, où en fait, pour faire le mini-synopsis du film, c'est un météorologue, il est en Pennsylvanie, et en fait, par une sorte de phénomène inexpliqué, il se retrouve coincé dans la même journée, où en fait, il est météorologue, et c'est le jour de la marmotte. Et il doit venir expliquer, parce que ça va prédire jusqu'à quand va durer l'hiver. Et en fait, je ne sais pas pourquoi, pareil, je l'avais vu en primaire, ce film, alors c'était... pas tant parce qu'en fait dans le film il y a vraiment cette idée de comme en fait il a accès à vraiment juste 24 heures sans échappatoire possible qui se rejouent sans cesse il finit par avoir une sorte de progression intérieure sur son rapport à la même situation et en fait beaucoup ce qui se passe aussi pour nous globalement il y a beaucoup de choses qui se répètent et c'est notre rapport aux choses qui peut être...
- Speaker #1
C'est ton appréciation du quotidien qui fait que ça va changer ou pas.
- Speaker #0
Exactement, mais j'avais eu le versant extrêmement angoissant de ce film alors que c'est quand même plutôt, tu vois quand les gens t'en parlent c'est rarabba ... Voilà la comédie un jour sans fin, tu vois. Et moi je suis là, mais j'ai des souvenirs de... Mais l'angoisse de voir ce Bill Murray qui en fait ne peut plus s'illusionner, se raconter autre chose que le fait que... Tout se répète. Et ça, c'est vraiment une croyance. C'est au-delà d'une croyance. C'est vraiment quelque chose que je ressens.
- Speaker #1
Ah ouais, putain, c'est fou.
- Speaker #0
J'ai l'impression d'être quand même, globalement, la plupart du temps, bloquée comme ça dans des situations. Ou même, tu vois, un mini-exemple, mais moi qui me terrorise, c'est par exemple sur, justement, un épisode qu'on avait enregistré ensemble il y a quelques temps, quand tout d'un coup, on se met à réécouter ce qu'on s'est dit. Un petit moment de rush. Et en fait, c'est drôle parce qu'inconsciemment, comme on se connaît, la même dynamique se recrée. Et en fait, on faisait en voix off. avant ce qu'on allait dire, la même chose, où toi, tu allais réagir avec la même phrase au même moment, moi, j'allais presque avoir le même rire, qu'on entendait ensuite dans le rush. Je me disais, mais c'est terrible, en fait. On est bloqués en nous-mêmes. Enfin, bref.
- Speaker #1
Est-ce que c'est cette croyance-là où tu es en mode... Tu sais, tu m'avais dit, il y a une croyance où pour moi, ce n'est même pas une croyance, c'est une vérité. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
C'est que là, je sais que pour moi, ça frôle un peu une sorte comme ça de conviction chevillée au corps. de est-ce que, je serais curieuse de me dire, mais est-ce que les uns et les autres... peuvent se dire autre chose que ce tout passe et tout revient.
- Speaker #1
Pour moi, il y a un peu ce truc de si on le cherche, oui. Si on le cherche pas, je suis pas sûre. Je suis d'accord sur le fait que il y a beaucoup de situations qui vont être les mêmes, mais elles vont être les mêmes selon quoi ? Selon certaines choses que tu peux ressentir ou certains points. Tu vois, pour moi, l'entièreté de la situation ne sera pas la même. Tu vois ?
- Speaker #0
Oui, en fait, je crois que ce que tu veux dire, c'est que c'est vrai que j'ai une sorte de biais où je vais toujours faire un focus sur un peu justement les ressemblances.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. En fait,
- Speaker #0
j'ai un peu cette obsession de comparer et voir ce qui est déjà devenu, ce que j'ai déjà ressenti, ce que j'ai déjà vécu, ce qui a déjà été dit. Et donc en fait, j'ai toujours, je pense, une tendance à regarder ce qui était semblable ou à vouloir regarder ce qu'il y a encore.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que sur ça, en vrai, toi, tu m'as par exemple un peu aidée sur ce truc de tout passe, tu vois. Et tout passe et tout revient dans le sens où, quelquefois, c'est vrai que moi, j'ai l'impression de beaucoup chercher tout le temps la nouveauté ou même quand je vis des choses, je me dis, non, mais c'est la première fois que je les vis. il y a un truc un peu dur quelquefois sur le moment et en fait ça m'aide de quand justement tu me dis t'inquiète pas en vrai ça va passer t'as déjà vécu ça tu l'as déjà surpassé aussi il y a un truc un peu rassurant de se dire ok ah ouais moi je vois vraiment en fait ça m'aide mais c'est vrai que je le pousse pas au bout un peu angoissant de en fait c'est une éternel de...
- Speaker #0
t'as pas besoin d'angoisser alors que grâce à un an tu vas être mal du matin au soir super et puis en plus je crois que j'ai un peu peur de ça tu vois justement de...
- Speaker #1
je te conviens que c'est complètement effrayant ouais je pense que j'essaye de fuir moi dans mon quotidien Tu vois, par exemple, quand j'ai deux, trois journées qui se ressemblent, très vite, je vais avoir le mort. Je vais être en mode « Oh, putain, c'est dur à vivre. Il faut que je fasse un truc qui me change de cette boucle. » Et tu vois, notamment, je me suis rendu compte d'un truc. Quand je vais dans un taf, par exemple, qui n'est pas le taf de cinéma que j'aimerais faire, qui est un autre taf où c'est vraiment des trucs de bureau un peu, où tu te réveilles, tu prends le même petit déjeuner, tu prends le même métro, tu t'assoies à la même place de ton bureau, tu es avec les mêmes collègues. à la même heure, vous avez la même pause midi. Le soir tu rentres, tu te fais le dîner, ça c'est une angoisse et j'ai l'impression de très peu pouvoir le vivre longtemps. Donc c'est pour ça que souvent mes expériences dans ce genre de type de vie, elles durent deux mois grand max. Parce que je trouve qu'après deux mois,
- Speaker #0
j'ai la phobie de l'esthétisme,
- Speaker #1
de l'oral, mais c'est vraiment très dur à vivre quoi. Vraiment, je suis en mode, bah en fait là je suis malheureuse quoi, vraiment je suis malheureuse.
- Speaker #0
Mais après tu vois, je te dirais là, c'est presque un autre niveau.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est que je pense que toi, tu as vachement ce truc de phobie un peu de la monotonie. et cette idée de se dire qu'il faut qu'il y ait toujours des choses qui soient réinjectées pour que ça vive, qu'il y ait ce mouvement. Et que justement, on ait l'impression beaucoup plus agréable qu'on est en mouvement et qu'on n'est pas là passif à attendre la mort au coin de la rue. Encore un épisode vraiment plein d'espoir et de joie. Mais alors que moi, ce n'est pas tant. Parce que sur ça, je suis vachement plutôt raccord avec toi. Je ne dirais pas qu'on est quand même des profils. Le quotidien, la monotonie et les rituels, en fait, très vite me saoulent. mais par contre c'est vraiment je te dis c'est chevillé au corps ad vitam aeternam et j'ai du mal à m'en défaire de cette idée de tout passe tout revient enfin tu sais une sorte d'extrême relativisme mais attention que je me dis tu vois de loin loin c'est mon mot rationnel parce que quand je vis une émotion c'est pas du tout ce qui se passe quoi oui oui mais ça ça t'aide aussi en fait bon et justement comme tout passe passons à cette troisième dernière croyance je sais d'un tout je suis globalement d'une subtilité assez déconcertante mais je suis toujours impressionnée
- Speaker #1
Alors, mon troisième truc, je me demande si tu l'as. Parce que je pense que tu l'avais un peu la deuxième, non ? Sur moi, sur le fait que je pense que les personnes sont bonnes.
- Speaker #0
Bah non, moi j'allais te dire, là où je ne suis pas ok avec toi, c'est que je pense qu'elles ne le sont pas tant que ça, mais je fais le choix de vouloir y croire quand même. Moi c'est plutôt les gens sont médiocres, mais je les aime quand même.
- Speaker #1
Bon, j'attends la fin de ton truc pour ressortir un truc que j'attendais que tu me dises. Non, ma troisième croyance, alors c'est particulier, mais je crois un peu au fantastique.
- Speaker #0
Oh, ah oui !
- Speaker #1
Alors, comment dire ? Comment expliquer ça ? J'ai un peu des mini-croyances dans la fantaisie, un peu cachées dans notre monde réel. Tout de suite, on dirait que je suis une grosse allumée, mais... Par exemple, les bagues. En fait, j'ai un petit rituel de, quand il y a un moment important dans ma vie, je m'achète une bague. Et cette bague, je la garde à mon doigt toute ma vie jusqu'à ce que quelque chose lui arrive. Et pour moi, ce que je lis à cette bague est un peu vrai. Par exemple, je suis sortie d'une pièce de théâtre de Alice au Pays des Merveilles qu'on avait vue au théâtre de la ville avec mes parents, qui m'avait beaucoup marquée sur le fait qu'il faut toujours suivre ses rêves et qu'il faut faire attention à ne pas justement tomber dans un truc ultra pessimiste de la vie. et qu'il faut toujours le voir avec plein de couleurs et tout. Je trouve par exemple Alice, c'est un bon exemple de ce truc un peu de merveille, un petit lapin qui rit de l'heure, j'aime beaucoup, ça me parle énormément. Et du coup je m'étais acheté une bague que j'ai depuis, mais je pense que j'ai dû l'acheter à 16 ans, donc ça fait quand même longtemps, elle ne m'a jamais quitté le doigt, et c'est un peu une sorte de truc auquel je crois qu'il me rattache. J'ai d'autres bagues qui peuvent par exemple être liées à des individus. Et en fait, par exemple, si je perds la bague, je suis en mode, ça veut dire un truc. Genre ça m'annonce un petit truc. Mais j'y crois un peu quand même. Tu vois ? Oui,
- Speaker #0
un peu de petits signes, de petits objets qui ont pour toi une symbolique et qui t'indiquent vraiment quelque chose en vrai.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. J'ai l'impression que si j'écoute Le Monde, je peux découvrir des trucs un peu... Donc ça peut aller de bague. Tu vois, par exemple, je sais que ma grand-mère, elle me disait si tu vois un papillon blanc à côté de toi, c'est qu'on t'a envoyé un message ou que quelqu'un pense à toi. Donc c'est vrai que dès que je vois un papillon blanc, je suis en mode « Qui est-ce en train de pousser ? »
- Speaker #0
Oh mon plat ! Mais est-ce que ça c'est t'as envie d'y croire parce que tu trouves que ça te fait du bien ou t'y crois justement ?
- Speaker #1
véritablement tu te dis bah voilà là cette bague je l'ai pas perdue par hasard ça fait sens avec le fait que par exemple cette relation s'est disloquée et que cette personne est sortie de ma vie bah ouais je pense en fait je pense enfin comment dire j'y crois et j'ai envie d'y croire c'est un peu les deux comme j'ai envie de croire et je trouve qu'il y en a une qui était assez drôle mais tu vois par exemple j'ai une bague que j'ai remise qui est très liée au cinéma je l'ai acheté un an je me suis dit, quand je commençais mes études de cinéma Cette bague-là, elle est liée au cinéma et ça veut dire plus ou moins un truc sur ma carrière et tout. Et en fait, j'ai fait une allergie à cette bague. Mais au moment où en fait c'était plus dur, donc tu vois, un peu il y a... Enfin, sortie d'école où c'était un peu plus compliqué, où il y avait plein de trucs de remise en question de qu'est-ce que c'est le cinéma pour moi, j'ai commencé à avoir une allergie. Donc je ne pouvais plus porter cette bague. Et en fait, à chaque fois j'essayais de la remettre et j'étais en mode non, non, c'est pas possible. mais ensuite l'été est venu, mon doigt particulièrement lui grossissait, je pouvais pas mettre la bague. Putain c'est fou parce que c'est pile au moment où j'y crois plus trop au cinéma. Où il y a un peu un truc de... J'ai une grosse remise en question de... Est-ce que je vais travailler dedans ou pas ? Est-ce que c'est vraiment ma voix ? Est-ce que ceci, ce que cela ? Et là je l'ai remise aujourd'hui. Donc on verra. Et en fait je me suis rendue compte en la regardant qu'il y avait des sortes de petits... Il y avait des petits trucs coincés à l'intérieur qui me provoquaient sûrement une allergie à mon doigt. Et du coup je les ai enlevés et là je la remets un peu en mode c'est bon j'y recrois. Mais du coup voilà, tu vois c'est des petits trucs où je me dis, bah en vrai empiriquement... ça se confirme aussi un petit peu. Oui,
- Speaker #0
tu capes les petits signes du monde avec la portée un peu symbolique, fantastique. En fait, je tends l'oreille et j'écoute ce qu'on va me dire. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et en fait, je rêve d'un jour, mais bon, ça c'est mon truc de gamine, mais tu vois, de me dire, j'ai vu une fée. Enfin, tu vois, genre des trucs... C'est vrai ? Ouais. Et du coup, je suis allée voir d'ailleurs, c'était le truc que je voulais lire, je suis allée voir sur Reddit, je ne sais pas si tu connais. Un peu en mode, bon allez, je vais chercher, est-ce que des gens ont déjà vu des fées, tu vois ? Ou des petits trucs un peu, justement, de l'ordre du merveilleux. Et il y a tout un truc où j'ai lu, en fait ça paraît tellement réel et j'ai envie d'y croire.
- Speaker #0
Je suis un peu enfouie, je suis en train d'imaginer la conversation Reddit, parce qu'on sait ce que ça peut donner.
- Speaker #1
Non mais surtout ce site-là, Reddit, tu vois, t'es en mode bon.
- Speaker #0
Après Reddit, pour moi, ça reste moins pire que, tu sais, Forum Blabla ou Jeu Vidéo.com.
- Speaker #1
Non, bien sûr. Tu sais,
- Speaker #0
t'as genre, je sais pas moi, Maryse, qui en 2005 a envoyé un message de détresse comme qu'elle se sentait extrêmement seule. T'as Francis qui a répondu six mois après, bah bouge-toi le cul et va dehors, ça ira mieux. et ensuite genre vraiment littéralement 12 ans après Anaïs qui répond en 2014 Coucou Maryse, j'espère que tu vas mieux Quand je vois ça C'est souvent des moments de déroute Intérieurs qui font que t'es toi-même dans un état particulier Je veux dire,
- Speaker #1
sur jeuxvideo.com t'as ça ? Non,
- Speaker #0
je te jure Après parce que c'est des trucs chelous Ça m'est déjà arrivé de lire Mais tu sais j'ai toujours l'impression qu'il y a trois personnages types qui reviennent De la personne en détresse seule Où je suis là purée il faut être à un niveau de détresse pour aller Parler et commenter sur jeuxvideo.com Ensuite t'as toujours les grilles de service Où je suis là mais Mais pourquoi, en fait, tu veux broyer cette âme qui va déjà mal ? Ensuite, tu as la personne hors contexte. Je suis là, mais pourquoi t'interviens pour commenter en 2014 ? Bref,
- Speaker #1
on s'est réclamés. Mais du coup, Reddit, c'est quand même un site qui est connu pour avoir un peu tout et n'importe quoi. Mais je t'avoue que j'étais très curieuse. Du coup, j'ai lu. Tu as vraiment, par exemple, à un moment, une personne qui dit, j'ai lu un livre sur les faits. Parce que je me dis même, c'est sûr que ça existe. Un bouquin qui recense les faits, où est-ce qu'elles vivent, ce qu'elles font, les trucs pour les trouver et tout. Et elle, elle avait ce bouquin-là. Donc déjà, moi, c'est ce genre de bouquin, quand j'étais petite, c'était le dinguerie. C'est vraiment mon grimoire en mode « Oh, mais je vais découvrir l'autre monde ! »
- Speaker #0
J'adore. En plus, là, la tension commence à monter en mon fort intérieur parce que je me dis « Mais c'est pas une marche, c'est un monde entier qui va séparer ta croyance de ma dernière croyance ! » Je me dis « Mais je suis juste un être profondément noir, en fait ! »
- Speaker #1
Non, non, mais...
- Speaker #0
C'est vraiment une psychanalyse à ciel ouvert. Ce qui se passe, je suis en train de me dire « Oh,
- Speaker #1
waouh ! » Mais tu sais qu'en plus, moi, ce qui me fait un peu peur dans ça, c'est que souvent, quand j'étais très petite, j'ai eu cette peur d'être folle. Dans le sens où j'ai très peur, un jour, si quelqu'un s'assoit à côté de moi... Donc tu l'es ? C'est vrai, je suis déjà hystérique.
- Speaker #0
Tu peux complètement te défaire de cette illusion, nous le sommes.
- Speaker #1
Non mais tu vois par exemple quelqu'un s'assied à côté de moi et me dit Luce Je vois des fantômes la nuit. Je te jure, ils me parlent, ils me disent des trucs. Je vais avoir beaucoup de mal à être en mode « Luce, cette personne, elle a peut-être des soucis mentaux, peut-être que ceci, peut-être que cela. » Je vais tout de suite être vraiment... Incroyable. Attends, mais qu'est-ce qu'ils te disent, les fantômes, tu vois ? Je pense que je vais avoir ce truc de « Ok, Luce, attention, tu ne sais pas qui est cette personne. Voyons. » Mais tu vois, par exemple, quelqu'un de proche de moi, qui me dit « Luce, je vois des fantômes. » Je suis en mode « Wow. » Wow, wow, wow. Genre à tout moment, tu vois, je... Allons chercher les fantômes ensemble.
- Speaker #0
Oui, mais je pense que pour le coup, tu lis vite la croyance à celui qui va dire quelque chose. Là, au moins, quand tu m'as dit ça, je me suis quand même rappelée à l'instant d'un exemple. J'ai eu une relation amicale quand j'étais en primaire avec une fille dont je ne vais pas nommer. Et non, je ne veux pas des raids de haters. Et on a eu une relation quand même assez asymétrique où j'étais avec l'occu, je pense, dans un rapport un peu d'emprise, en fait. Dans le sens où elle avait justement une sorte d'aura et de charisme assez fort comparé. au petit poisson d'huit ans que j'étais. En fait, elle avait vraiment un pouvoir et une influence assez folle sur moi. Et justement, elle me faisait croire beaucoup de choses. En fait, j'étais dans une situation où je me laissais croire qu'elle avait vraiment ses pouvoirs. Parce qu'après, c'est aussi un moment où on avait quoi, 7-8 ans, donc t'as encore parfois une sorte de zone grise et de flou entre la réalité, la fiction, le réel, non réel. Et j'ai des souvenirs très précis, ça a duré longtemps, sur le CE1, le CE2, où en fait, elle me faisait croire qu'elle avait accès à des choses. auquel moi je n'avais pas accès. Tu vois, de voir des gens, pareil, cette sorte d'idée de fantôme, de recevoir des messages. Et typiquement, comme on le voit, j'ai plutôt à côté un esprit assez... C'est même pas cartésien, mais c'est juste que je préfère vraiment tout de suite préparer mon petit parachute, sauter, et dire que ça n'existe pas, que tout est faux. Justement, en fait, je veux me défaire de mes illusions le plus rapidement possible.
- Speaker #1
Pas que ça te fasse mal. Voilà,
- Speaker #0
exactement. Truc de protection intense, de souffrons dès le début.
- Speaker #1
Voilà,
- Speaker #0
il n'y aura pas de déception au coin de la rue. sauf avec cet ami mais honnêtement tu vois c'est là où je... non mais ce qui me fait...
- Speaker #1
mais moi elle m'aurait détruite mais ce qui me fait croire...
- Speaker #0
ouais mais ça me fait penser parce que tu vois tu disais oui mais en fait c'est aussi des personnes qui te font croire oui c'est sûr mais tu vois sans les personnes je peux un peu y croire oui toi tu te crois vite ouais je peux croire vite moi je ne peux plus faire attention tu vois alors moi c'était je la crois elle ah oui ouais tu vois il y a que elle qui peut voir ces personnes ces fantômes et avoir ces pouvoirs c'est pas j'y crois dans l'absolu c'est cette personne justement a un pouvoir intense sur moi donc j'y crois donc j'y crois ouais
- Speaker #1
Moi, c'est plus en mode, je peux y croire. Donc, si quelqu'un de confiance me fait y croire...
- Speaker #0
Oui, non, moi,
- Speaker #1
je suis en défendant ça.
- Speaker #0
J'y crois déjà un peu.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
si tu le verbalises, c'est fini.
- Speaker #1
Oui, voilà. Mais c'est pour ça aussi, je pense qu'en faisant ce petit truc, je me suis rendu compte que, tu vois, par exemple, tous les Miyazaki, c'est totalement ma déa, en fait. J'aime bien le fait, poétiquement, que les choses s'incarnent dans des choses un peu mystérieuses. Tu vois, que sous le détour d'un petit chemin, et ça rejoint un peu aussi ce truc de, pour moi, quelquefois je crois pas trop au hasard tu étais là à ce moment-là, qu'il y a eu ça. Enfin, tu vois, j'ai un petit truc de... Il y a un petit mystère qui flotte qui n'est lié à aucune croyance religieuse, tu vois. Vraiment aucune. Mais il y a peut-être des petites forces qui sont en jeu, ou des petits êtres, ou des petits trucs. Et donc moi, ce serait mon rêve un jour de me rendre compte que en fait, il y a tout un monde qu'on ne voit pas.
- Speaker #0
Bah, écoute, je sais pas. S'il y a des auditeurs qui vont vraiment nous écrire de...
- Speaker #1
J'adorerais, mais je vais lire tout. Non mais pourquoi tu me... T'imagines,
- Speaker #0
il y a un commentaire en disant, ça tombe bien, encore l'autre jour, il y avait une fée en bas de chez moi, on s'est tapé la bise.
- Speaker #1
Non mais en plus, justement, quand il décrivait la fée, j'étais en mode, en vrai, si c'est faux, c'est bien fait. Dans le sens où, il explique qu'il va avec son petit carnet, qu'il a vu comment repérer les fées et qu'en gros, il ne faut pas les effrayer. On dirait vraiment une folle un peu, mais il ne faut pas les effrayer. Donc il faut rester souvent au même endroit et tout.
- Speaker #0
Est-ce que c'est pour ça que tu fais attention à jamais faire peur autour de toi, aux uns et aux autres ?
- Speaker #1
Non, en vrai, non. Je pense que c'est pas lié.
- Speaker #0
Non, je sais pas, j'allais me dire, ça se trouve, tu penses qu'il y a des faits que...
- Speaker #1
Non, non, non, faut pas non plus... Non, non.
- Speaker #0
Mais que des fées ou des êtres aussi ? Parce que tu vois, pour le coup, j'ai beaucoup plus d'images de les sortes d'esprits ou de fantômes cachés.
- Speaker #1
Ouais. Ah bah ça, ouais. Tu vois, par exemple, entrer dans une maison hantée en mode « Haha, c'est trop drôle » ou faire un Ouija. Moi, je suis en mode « Ouais, les gars,
- Speaker #0
hors de question » .
- Speaker #1
Moi, j'avoue ne pas avoir... Enfin, tu vois, quelqu'un a le malheur, par exemple, de bouger le truc sans que je le vois ou que le truc... Mais je ne dors pas pendant trois jours. Je suis vraiment en mode « Putain, putain, putain, putain » . Et en même temps, j'ai envie, j'ai très peur aussi. Tu vois, j'ai très peur de ça. justement par ce truc un peu de folie, j'ai l'impression qu'il me guette.
- Speaker #0
J'ai vu ton mouvement de main, j'étais là en train de me décrire un fil directeur. C'est le fil conducteur de ma vie.
- Speaker #1
Non, mais voilà. Mais c'est pour ça qu'elle vient en troisième, parce que j'y crois et j'ai envie d'y croire aussi. C'est pour ça que souvent, dans les trucs...
- Speaker #0
T'as envie de croire à la poésie ?
- Speaker #1
Ouais, voilà. Pas dans les Miyazaki, quand tu vois les petites boules noires, quand tu vois qu'il y a des petits trucs... Je sais pas, je trouve ça... Le symbolique, je trouve, est très joli. Quand tu donnes de la symbolique aux choses, aux gens et aux endroits. Je trouve que c'est beau, et du coup j'ai envie d'y croire. Tu n'as pas renié de notre amitié mon flop ? Non absolument pas. Ok.
- Speaker #0
En plus c'est le moment de faire une petite confession.
- Speaker #1
Vas-y mon peuple
- Speaker #0
J'ai vu une fée.
- Speaker #1
Ah non,
- Speaker #0
j'arrête.
- Speaker #1
Pourquoi tu me dis un jour que t'as vu une fée ? C'est vrai ? Attends, mais là, toi qui es à l'opposé de...
- Speaker #0
Je veux dire, toi qui as un pouvoir d'emprise énorme sur moi. Attends, mais là...
- Speaker #1
Vas-y mon flop, dis-moi ta troisième croyance.
- Speaker #0
Ça va être compliqué de passer de la croyance dans les fées à...
- Speaker #1
Non mais attends, je ne crois pas en fées. Alors, oui, oui,
- Speaker #0
non mais je plaisante mon flop. Mais je vois très bien ce que tu veux dire sur ce rapport un peu au mystérieux et à la magie. Alors je dirais, dernière croyance, on est en... En dehors de tout fantasme et merveilleux, c'est une phrase que je répète souvent. Et d'ailleurs, en préparant un tout petit peu l'épisode, je me suis rendue compte que c'est une citation, mais en fait, qui n'existe pas. Enfin, une citation, je veux dire une expression plutôt, pardon, qui n'existe pas. Parce que je dis souvent, et je pense que tu l'as déjà entendu, oui, mais de toute façon, les gens, les individus ont un sous-sol de cadavre.
- Speaker #1
Ah oui, tu me le dis tout le temps. Ah bah c'est ça que j'attendais. Voilà.
- Speaker #0
Les uns et les autres ont un sous-sol de cadavre. Je pense que l'image parle d'elle-même. premier apprentissage, en regardant sur internet j'ai réalisé que cette expression n'existait même pas vraiment, donc je me suis dit, est-ce que je suis à l'initiative ?
- Speaker #1
Est-ce que tu as des cadavres ? Ouais vraiment,
- Speaker #0
la meuf qui part en délire mégalomane Elle n'a pas des cadavres dans son sous-sol ? Je ne sais pas pourquoi, j'étais persuadée que je l'avais entendue, que c'était une réelle expression tu sais,
- Speaker #1
labellisée à titre C'est vrai que tu l'as tellement dit que moi je pensais
- Speaker #0
En regardant, j'ai vu qu'il y avait plus un équivalent mais plutôt en langue anglaise ... sur le squelette dans le placard. Ça, c'est la version un peu glauque et dégénérée. Ou si je la mettais un peu plus large, c'est vrai que j'ai souvent cette croyance et de manière immédiate tendance à croire que les uns et les autres sont plus étranges qu'ils n'y paraissent.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Donc, le sous-sol de cadavre, il est vraiment glauqueuse. Donc, je ne dis pas qu'on a activement des corps chez nous. qu'on a décapité, mais en fait non, c'est vraiment cette idée de me dire, je ne sais pas pourquoi, les uns et les autres pensent toujours que, tu vois, l'étrangeté, la folie, c'est sur des trucs complètement hors normes et à part. Alors que moi j'ai beaucoup pour le coup ce truc de, mais franchement, globalement si tu regardes autour de toi, le monde est étrange. Les uns et les autres sont étranges, nous sommes étranges. Et donc sur ça, ce qui est trop drôle, c'est qu'il y a eu un truc qui m'a beaucoup... Oula, les mots ne viennent plus. Enfin et aller dans le sens de cette croyance, c'est il n'y a pas longtemps, je suis allée... à une sorte de séance de ciné qui était comme une sorte un peu d'hommage rétrospective au cinéma de David Lynch. Lui, dans ce film, a beaucoup traité de l'étrangeté, la bizarrerie. Et pour le coup, il y a un moment où il y avait un extrait d'un documentaire, où il fait tout le tralala de son enfance, de comment il est venu au cinéma. Et la chose qui, pour le coup, est rentrée assez fortement en résonance avec ma propre croyance, c'est quand tout d'un coup, il dit « très tôt, j'ai réalisé... » que pour moi, c'était de l'ordre de l'évidence. Pour lui, c'est une croyance, mais de certitude. L'étrangeté est au coin de la rue. Il parlait, par exemple, quand j'étais petite, j'avais une voisine qui imitait la poule au fond du jardin. Elle faisait des bruits de poule au fond du jardin. Et donc, j'ai baigné dans un monde où, franchement, les gens complètement chelous et désaxés, ils sont partout. Et je ne sais pas pourquoi, après, on a toujours tendance à croire que... Mais après, c'est aussi cette histoire de le vernis social. fait en sorte que les uns et les autres vont le cacher au maximum. Mais moi, j'ai vraiment cette croyance très forte de « si tu grattes, tu trouves » . Et il y a toujours sous le vernis des bizarreries, des choses inavouables, mais qui ne sont pas forcément dans un sens catastrophique.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
J'avoue que c'est sur mon parti pris sur les choses, je suis rarement surprise, tu vois, parce que pour le coup, j'ai l'impression que parfois, il y a un peu cette croyance inverse de les fameux gens bien comme il faut, bien sous tout rapport, les fameux normaux.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Pour le coup, j'ai rarement ce sentiment de surprise où on va m'apprendre quelque chose et je vais me dire « Ah bon ? » Non, tu vois, je vais me dire « En vrai, oui. » « Oui, bah évidemment qu'il est. » Non mais tu vois. Ok. Voilà. Et ça, j'avoue, c'est quand même une croyance où parfois, justement, j'essaye un peu de la pondérer. Parce que je me dis que ce n'est pas très agréable de constamment avoir un peu en tête de, tu vois, la transgression, la limite de ce qu'il y a derrière. Parce que parfois, je vais même me dire « Est-ce que je ne m'invente pas de manière un peu excessive cette idée de choses cachées ? »
- Speaker #1
En vrai, moi, je suis d'accord avec toi. Il y a beaucoup plus d'étrangeté. Enfin, sur cette notion d'étrangeté, je suis un peu raccord. Je pense qu'on a tous un truc un peu étrange et qui, justement, fait, quelquefois, aussi, la beauté des choses. Enfin, on n'est pas lisse, lisse. Après, sur ce truc un peu plus cynique du cadavre, enfin, tu vois, pas... Après ? Non, mais je veux dire, des trucs inavouables. Je peux... Enfin, moi, ça me fait un peu peur, tu vois, de me dire... Mais j'ai peur. Je pense que c'est un peu vrai.
- Speaker #0
J'ai peur.
- Speaker #1
Je te le dis, j'ai peur. Mais moi, avec ça, je ne dors plus la nuit. Tu vois, des trucs de... Putain, mais mon voisin à côté, c'est un tueur. Tu vois, quelquefois, je m'étais dit... Tu as des stats en mode... Forcément, dans une population, tu as un tueur en série, tu as un mec qui est ceci, un mec qui est cela. Je me dis, en fait, quand je marche dans la rue, quelquefois, je me dis que je cohabite avec des gens qui sont ces pourcentages-là. Tu sais ? Oui, ouais. C'est pas à nous.
- Speaker #0
C'est pas à nous. Alors que moi j'ai plutôt cette tendance, mais tu sais, parce que pour le coup, c'est vrai qu'entre nous, j'ai l'impression que très quotidiennement, quand on va avoir des conversations, que je parle aux uns et aux autres, j'ai l'impression que n'importe quel sujet, je vais le caser. Tatata tatata, non mais de toute façon, voilà, les gens ont un sous-sol de cadavre, ne l'oublie jamais. Mais en fait, on y revient, c'est que tu vois, là où toi, tu ne vas pas vouloir y croire parce que ça va activer et déclencher une peur un peu incontrôlable et assez paralysante, moi à l'inverse j'ai l'impression que le fait de me prémunir contre une certaine peur, c'est de tout de suite me liquider avant. Mes croyances sont basées sur on ne va pas se raconter de salade. Mais qui du coup donne un tableau horrible en fait, je suis en train de me dire. Toi tu parles des faits et moi je te dis,
- Speaker #1
en fait,
- Speaker #0
descend dans ta cave. Tu vas y trouver des choses et tu seras assez surpris de ce que tu vas y trouver.
- Speaker #1
En même temps, je trouve que c'est un peu rassurant. Je sais que quelquefois tu me le sortais sur des trucs où j'étais un peu en mode putain j'ai honte de moi. Là, je ne suis vraiment pas fière de ce que j'ai fait. Oui,
- Speaker #0
alors je te dis, mais t'inquiète pas.
- Speaker #1
Oui, voilà. Mais t'inquiète pas,
- Speaker #0
si tu savais.
- Speaker #1
À côté, il a tué et suicidé des gens. Non, attends,
- Speaker #0
je ne suis pas suicidée de ça non plus.
- Speaker #1
Non, non, mais bien sûr. Mais ce que je veux dire, je trouve que c'est quand même bien, quelquefois, d'avoir cette vision de c'est OK, en fait. Oui. On n'est pas tous parfaits. Oui,
- Speaker #0
parce que je pense que, renvoyons, on se raconte, mutuellement, on est pris comme ça dans un manège du vernis social, alors que mascarade,
- Speaker #1
l'immense mascarade. Amitié est notre... Je me dis, je veux dire, le monde qui est complotiste,
- Speaker #0
attention, le monde qui est n'est pas celui que vous croyez. Non, mais bon. Voilà, donc je dirais, pour conclure un peu cette série sur nos petites croyances personnelles, que c'est assez drôle. Toi, c'est beaucoup, j'ai l'impression, associé à des choses qui te permettent, en fait, de te nourrir et de faire du bien.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Pour avancer et ce que t'as envie de croire. Tandis que moi, c'est plutôt un peu en creux. Toutes les peurs que je vais sortir les monstres du placard le plus vite possible, comme ça. Parce que là, dit comme ça, on dirait que franchement, je suis un être terrible, alors que pas du tout.
- Speaker #1
Mais pas du tout. Mais je pense que moi, on dirait que je suis un être aussi, c'est bon, qu'elle redescende sur Terre. Mais oui,
- Speaker #0
alors pas du tout, mon flop. On sait très bien que tu dors pas vraiment avec tes fées. Mais oui,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
Même si bon.
- Speaker #1
En plus, tu sais que c'est drôle, parce que je me faisais juste la réflexion que, par exemple, dans mes dessins ou dans les histoires que j'écris, quelquefois, c'est même à l'opposé, mais ça me fait du bien, parce que du coup, je me dis, c'est juste des histoires. Tu vois ce que je veux dire ? Oui alors J'ai plus de facilité à vraiment écrire des histoires Qu'est-ce que c'est ultra glauque Je suis en mode bah
- Speaker #0
Oui c'est comme ça que tu extériorises. Mon flop c'était très intéressant. C'est des anecdotes, c'est surtout ses croyances personnelles. Notamment l'amour et les fées sont au cœur de tout. Dernière question qui est sans doute la plus importante. On va essayer de lire toutes tes croyances d'un coup. Est-ce que tu pourrais tomber amoureuse d'une fée même si elle n'est pas pleine de bonté ?
- Speaker #1
La réponse est non. Ah bah si !
- Speaker #0
On commence à réfléchir comme s'il y avait un vrai enjeu.
- Speaker #1
Si, en vrai. Moi, quand j'étais petite, je regardais tous les trucs fantasy. Justement, il y a un film qui m'a marqué que j'ai vu six ou dix fois. Mais j'étais obsédée. C'était une personne qui se rendait compte qu'en fait, elle était entourée de fantômes, de chasseurs, de trucs. Elle tombe amoureuse du chasseur qui lui montre tout. C'est quoi le film ? Je ne sais plus, en fait. Et c'est joué avec... Je n'ai pas trouvé son nom non plus. C'est celle qui joue Emeline Paris.
- Speaker #0
Ah oui !
- Speaker #1
J'ai pas le nom en plus.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
décevant. Elle a fait un film sur ça et je l'ai vu tellement de fois. C'est très stylé quand même. J'aurais aimé cette personne.
- Speaker #0
On va se quitter sur cet envolé féerique. Oui.
- Speaker #1
Je suis désolée,
- Speaker #0
je n'arrive pas à penser à autre chose. T'as acheté un petit costume de...
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
mais je plaisante. Je trouve ça tout simplement adorable.
- Speaker #1
Toute ma crédibilité est partie. Non,
- Speaker #0
excuse-moi. J'en pense que dès que je les regarde un peu au fond des yeux, ils sont en train de me dire qu'au fond de leur sous-sol, il y a plusieurs cadavres et corps qui sont en train de pourrir. Donc, ce n'est pas forcément mieux. Je pense que c'est bien. On est pour les caricatures.
- Speaker #1
Bon,
- Speaker #0
allez. Allez,
- Speaker #1
des bisous. Allez,
- Speaker #0
ciao. Vous venez d'écouter Nos croyances, conversation en zone floue, un épisode de la série Nos croyances du podcast FLOP.
- Speaker #1
Écriture, montage et réalisation, Luce Paz, Marine Boudalier et Manon Jutel. Musique originale, Georges Paz et Thomas Paz. Identité visuelle, Paul Ardant-Hérignac et Luce Paz.