Speaker #0Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Philosophie, le podcast qui vous aide à trouver votre boussole intérieure et naviguer votre vie avec fluidité. Je suis Sophie Deligianis et pour moi il est essentiel d'incarner ce que l'on transmet. Avec le temps, j'ai développé cette capacité d'auto-observation, pas pour rester centré dans ma bulle, mais pour explorer les nuances et les subtilités de nos dynamiques relationnelles, parce que j'ai l'intime conviction que les relations que nous entretenons avec les autres ne sont en réalité que le reflet de ce qui se passe à l'intérieur de nous. Et donc, plus nous serons en paix avec nous-mêmes et plus nos relations seront apaisées et sereines. Dans cet épisode, je vous propose d'explorer ensemble la peur du jugement, cette peur qui peut influencer nos interactions avec les autres. Nous verrons aussi ce que nos jugements révèlent de nous et comment traverser cette peur pour retrouver plus de liberté dans nos relations. Alors, nous n'osons pas toujours exprimer notre avis, nous ne disons pas forcément ce que nous pensons réellement ou encore nous pouvons avoir tendance à aller dans le sens de notre interlocuteur. Pourquoi ? souvent par peur. Parmi ces peurs, il peut y avoir la peur du jugement. Mais au fond, qu'est-ce que le jugement ? Un jugement peut être positif ou négatif. Lorsque nous trouvons un objet joli, c'est un jugement. Lorsque nous n'apprécions pas un film, c'en est un aussi. Tout ce qui se passe autour de nous passe à travers nos propres filtres. C'est pour cela qu'un même événement ne sera jamais perçu de la même manière d'une personne à une autre. Un jugement n'est rien d'autre qu'une interprétation. Si nous allons un peu plus loin, il y a plusieurs années maintenant, j'ai découvert les travaux de Alessandra Stone, qui sont les fondateurs du dialogue intérieur. A ce moment-là, j'ai commencé à prendre du recul par rapport au jugement. Si nous partons du principe que nous sommes composés à l'intérieur de nous de plusieurs parts. Nous avons évolué dans une société qui a une vision assez dualiste. C'est bien, ce n'est pas bien. Il faut être comme ceci ou il ne faut pas être comme cela. Certaines parlent de nous. ont donc été valorisés, alors que d'autres ont été mis de côté. Par exemple, nous avons pu apprendre qu'il fallait être sage. Cela nous a poussé à renier une part plus impulsive de nous. En fait, chaque part à l'intérieur de nous a deux faces, une part ombre et une part lumière. Les deux coexistent. Que nous voulions ou non, cela ne signifie pas que nous devons tout incarner, mais accepter que ces deux facettes existent en nous nous permet d'être en paix avec nous-mêmes. En fait, à partir du moment où nous refusons leur existence, nous finissons par projeter à l'extérieur ce que nous ne voulons pas voir en nous. Et dès que quelqu'un incarne ce que nous renions, nous avons tendance à le juger ou à le critiquer. Et à partir du moment où j'ai compris ce mécanisme, j'ai commencé à prendre du recul sur les jugements des autres et aussi à observer mes propres jugements. En fait, c'est devenu une opportunité de mieux me connaître. Lorsque je me voyais juger quelqu'un, je me demandais qu'est-ce que cette personne me renvoie que je ne veux pas voir chez moi. Alors de nouveau, quand je parle de jugement, en fait, je n'avais pas forcément l'impression d'être dans le jugement, la critique, mais parfois, je voyais des personnes qui pouvaient m'agacer ou me mettre dans l'inconfort. Ça déclenchait quelque chose à l'intérieur de moi et je me disais, tiens, qu'est-ce qui te dérange en fait ? Qu'est-ce qu'elle te renvoie cette personne ? Et c'est ça qui me permettait finalement de mettre le projecteur sur quelque chose que peut-être je ne voulais pas voir à l'intérieur de moi. Et à ce propos, je vais vous partager une petite anecdote, je ne sais pas si c'est quelque chose que vous avez déjà vécu. Il m'est arrivé de croiser des personnes où, de prime abord, je pouvais avoir un a priori négatif. Alors c'est vrai que parfois on peut entendre le fait de se dire, tiens, les premières impressions ne trompent pas, généralement on le sent ou on ne le sent pas, et si on écoute cette petite voix, généralement elle se confirme par la suite. Et là, en ce qui me concerne, quand j'avais des a priori négatifs sur les personnes, je me suis rendu compte qu'une fois que j'ai échangé avec elle... En fait, c'était de très très belles rencontres et ça a été des personnes d'ailleurs avec qui je suis toujours en lien aujourd'hui. Et je me suis dit, mais quand même, c'est bizarre. Pourquoi ta boussole intérieure, elle est, j'allais dire, déréglée ? C'est-à-dire que tu peux te dire parfois, oh non, ça ne va pas le faire. Et puis en fait, au final, c'est une belle surprise. Et en fait, avec le recul, je me suis rendu compte que ces personnes, elles incarnaient quelque chose. En tout cas, il y a quelque chose qui se dégageait d'elles, qui renvoyait quelque chose à l'intérieur de moi que je n'assumais pas. Et ce n'est qu'avec le recul que je me suis dit « Tiens, En fait, elle incarnait ceci ou elle incarnait cela. Et maintenant que j'ai fait du chemin, je me rends compte que c'est ça qui déclenchait ces a priori négatifs. Parce que comme je disais, une fois que j'étais vraiment en contact avec elle, c'était fluide, enfin vraiment de très très belles rencontres et heureusement que j'ai dépassé ces a priori négatifs. Parce que je pense que je serais vraiment passée à côté de belles amitiés. Mais tout ça pour dire, c'est très subtil en fait. C'est que parfois, on peut projeter des choses sur l'autre. Il peut y avoir une confusion entre un a priori négatif qui est finalement un jugement et un ressenti qui est plus de l'ordre. Je le sens, je ne le sens pas. Je suis à l'aise, je suis mal à l'aise. Et c'est assez nuancé finalement. Alors je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé de croiser quelqu'un et d'avoir un a priori négatif. Et finalement, une fois que vous conversez avec la personne, vous vous dites tiens, finalement, je suis agréablement surpris. En tout cas, c'est des choses qui me sont arrivées quelques fois et je me suis dit tiens, la nuance est... est mince et pourtant elle a toute son importance. Et donc le fait de prendre conscience de ce qui se passe pour nous lors de nos interactions avec les autres, ça permet aussi de se dire, tiens, si ça se passe pour moi, il n'y a pas de raison que ça ne se passe pas pour les autres. Et c'est ça qui permet de prendre du recul face au jugement des autres. Lorsque quelqu'un nous juge, en fait, il est fort probable qu'on lui renvoie quelque chose qu'il ne veut pas voir chez lui. En fait, nous projetons en permanence, c'est humain, nous ne pouvons pas y échapper. En revanche, nous pouvons prendre du recul face à un jugement et finalement... choisir de ne pas le prendre personnellement et de nous dire que ce jugement, ça appartient à l'autre et de nous en détacher pour en être moins impacté. Tout comme nos jugements, ils nous appartiennent et ça permet justement de prendre du recul par rapport à nos projections. C'est vraiment ça qui va permettre d'apporter un peu plus de fluidité dans nos interactions avec les autres. Et donc en résumé, les jugements ne sont que des révélateurs qui nous montrent des parts qui demandent à être vues et à être reconnues. À partir du moment où on prend conscience de ça, ça permet vraiment de prendre de la distance face au jugement des autres, mais aussi face à nos propres jugements. Parce que parfois, on peut s'en vouloir de juger quelqu'un, surtout lorsqu'on a tendance à être dans une posture de non-jugement, et qu'on détecte parfois des critiques. Et on se dit « tiens, mais c'est pas bien de penser ci » ou « c'est pas bien de penser ça » . Et en fait, au contraire, c'est pas grave. L'idée, c'est juste de se dire, OK, qu'est-ce que ça vient chercher chez moi, en fait ? Et ça, c'est vraiment une clé essentielle. Et d'ailleurs, je parlais du jugement, mais l'admiration fonctionne de la même manière. On peut parfois admirer quelqu'un parce qu'elle nous inspire telle ou telle chose. Et c'est souvent des qualités qu'on a à l'intérieur de nous, mais simplement, on n'a pas encore mis de la conscience dessus. Et donc, du coup, on va le projeter à l'extérieur. Alors maintenant qu'on a compris ce que révèlent nos jugements, c'est une première étape, mais cela ne suffit pas à nous libérer de la peur du jugement. Parce que si on décortique un petit peu, derrière la peur du jugement, il y a la peur du regard des autres. Et souvent, cette peur, elle agit en arrière-plan. C'est-à-dire, on peut se retrouver dans des situations qui vont nous mettre dans l'inconfort à l'intérieur de nous. Et donc, ça va déclencher nos mécanismes de défense et donc enclencher des comportements que j'appelle automatiques. C'est pour ça que, par exemple, on peut se retrouver dans une situation où on va être mal à l'aise. et, j'allais dire, d'une manière quasi automatique, on va se retrouver à ce terre. ou à se plier à l'autre, ou au contraire à réagir d'une manière très virulente, ça va générer des comportements, une dynamique. Mais ce qui va générer tout ça, c'est comment on se sent à l'intérieur de nous. Et c'est ce que j'appelle la confiance intérieure. J'en ai fait d'ailleurs un podcast. Je vous mettrai le lien en légende de cet épisode. Donc je ne vais pas revenir dessus, mais c'est important de toujours revenir à la sphère émotionnelle parce que c'est vraiment là où on va pouvoir faire évoluer notre posture. Parce que de nouveau, nous ne pouvons pas changer les autres, nous ne pouvons pas contrôler les événements extérieurs, mais nous pouvons ajuster notre posture. Alors tout commence déjà par l'auto-observation, observer les moments où nous nous censurons, où nous n'osons pas dire les choses, où nous tournons autour du pot. Et surtout, faire le lien entre nos comportements et nos émotions et se dire, tiens, derrière ce comportement, comment je me sens en fait à l'intérieur de moi. Une émotion, c'est ce qui va nous mettre en mouvement, c'est d'ailleurs pour ça. que la joie crée un élan, à l'inverse, la tristesse va nous pousser à nous replier sur nous-mêmes. Alors l'idée n'est pas de s'analyser en permanence, mais simplement en fait, les situations qui se répètent, les situations qu'on n'a plus envie de vivre, c'est se dire, ok, si je veux avoir la main sur ces situations-là, je ne vais pas pouvoir les changer, par contre je vais pouvoir auto-observer mon comportement et remonter finalement à la source, comment je me sens, Et c'est à partir de là où il va y avoir un levier, j'allais dire, pour adopter une autre posture. C'est vraiment la clé. Pour moi, c'est toujours remonter à la racine parce que sinon, en fait, on va rester en surface. Et du coup, on peut voir des changements, mais ils ne vont pas forcément être durables. C'est vraiment important de se dire, OK, une fois que j'ai compris la dynamique de quelque chose, je remonte à quel est le comportement que ça génère, comment je me sens à l'intérieur de moi et comment je fais en fait pour... apporter de la confiance à l'intérieur de moi, ce qui va me permettre d'adopter un autre comportement, d'adopter une autre posture et donc de faire évoluer une situation. Alors si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le liker, le commenter ou à le partager autour de vous. Si vous souhaitez poursuivre votre exploration dans la philosophie, je propose différents espaces d'accompagnement en individuel et en groupe pour passer de la compréhension à l'intégration. Toutes les informations sont disponibles en légende de ce podcast. Je vous souhaite une très belle journée ou une très belle soirée et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine. A bientôt !