Speaker #0Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Philosophie, le podcast qui vous aide à trouver votre boussole intérieure et naviguer votre vie avec fluidité. Je suis Sophie Deligianis et j'ai la conviction profonde que l'important n'est pas tant ce qui nous arrive, mais ce que nous choisissons d'en faire. Lorsque nous prenons soin de ce qui nous touche, de ce qui s'active à l'intérieur de nous, Nous transformons notre manière d'être en relation avec nous-mêmes et avec les autres. Nous créons ainsi des liens plus apaisés, plus authentiques et plus justes. Je pense aussi que le fait de prendre soin de soi a un impact au niveau collectif. Plus on est en phase avec nous-mêmes, plus ça se propage à l'extérieur. Ça fait une sorte d'effet domino. Alors pour venir au sujet qui nous intéresse aujourd'hui, nous allons explorer cet état intérieur qui influence profondément notre manière d'être en relation avec les autres. Alors on entend souvent parler de confiance en soi, d'affirmation de soi. du fait de prendre sa place, du fait d'oser, d'oser être soi, d'oser parler, d'oser dire ce qu'on pense. Et derrière ces termes, il y a un des piliers qui est la confiance, qu'on associe souvent au fait d'être capable d'eux. Et là, j'aimerais mettre en lumière la notion de confiance intérieure. Et là, je fais référence à un terme anglais, safety, qui correspond à la sûreté, la protection, la confiance, la fiabilité, mais aussi le calme. C'est-à-dire, c'est cet état intérieur. où en fait on sent un aplomb, on se sent présent, on se sent dans son centre, on se sent dans son axe. C'est de cet état dont je parle. Alors on va prendre deux exemples. Imaginons que nous envoyons un message à quelqu'un qui compte pour nous. Quelques heures passent, pas de réponse. Et là on ressent un malaise, on va commencer à relire le message, voire à interpréter le silence. Et là des questions surgissent. Est-ce que la personne a mal pris mon message ? Est-ce que j'en ai trop dit ? Est-ce que je me suis mal exprimé ? Dois-je lui renvoyer un message pour clarifier ce que je voulais dire ? Qu'est-ce que je fais si la personne ne me répond pas ? Bref, le doute et la confusion s'installent. On va prendre une autre situation qu'on peut vivre par exemple dans la sphère professionnelle. On présente une idée en réunion ou à des collègues, et là quelqu'un fronce les sourcils, ou personne ne réagit, et là notre esprit commence à s'emballer. Mon idée n'est pas bonne, je ne suis peut-être pas légitime. En fait, ce que je veux montrer par là, c'est que nous vivons à longueur de journée des événements, même les plus anecdotiques. qui soient, qui vont en fait changer notre état intérieur. Et c'est vrai qu'on peut être tenté de se dire, tiens, je ne me sens pas bien à cause du comportement de telle personne ou parce que j'ai vécu telle situation, alors qu'en fait, ce qui se passe à l'extérieur ne sont que des déclencheurs de ce qui est déjà présent à l'intérieur de soi. C'est pour ça d'ailleurs qu'un même événement ne sera pas perçu, ne sera pas vécu de la même manière d'une personne à l'autre. Pourquoi ? Parce que nous n'avons pas la même histoire, nous n'avons pas le même vécu, nous n'avons pas les mêmes charges. Et peut-être que vous avez déjà vécu cette situation. Parfois, en fait, on peut se dire, tiens, t'as vu comment elle m'a parlé ? Ça m'a vraiment blessée. Et une personne peut dire, bah écoute, ouais, mais peut-être que c'était pas aussi grave que ça. Moi, je trouve que bon, c'était peut-être maladroit, mais voilà, ne le prends pas personnellement. Oui, mais en fait, si ça vient activer quelque chose à l'intérieur de vous, la personne aura beau vous dire Comment elle, elle l'aperçut ? Elle le voit avec son propre filtre, tout comme vous le voyez avec votre propre filtre. Et en fait, c'est ça. C'est pour ça que d'ailleurs, parfois, on a du mal à se comprendre les uns les autres, parce qu'en fait, notre perception, elle est vraiment purement personnelle. Et à partir du moment où on comprend que ce qui se passe à l'extérieur ne sont que des déclencheurs de ce qui est présent à l'intérieur de soi, et c'est là justement qu'on peut retrouver notre marge de manœuvre. À partir du moment où quelque chose se révèle à l'intérieur de soi, c'est qu'il est prêt à être accueilli et donc potentiellement libéré. Et c'est justement là qu'on peut agir. Comment ? En prenant soin de ce qui émerge. Et selon moi, c'est ce que je dis souvent en formation, c'est là où réside notre responsabilité personnelle. Très souvent, on ne sait pas quoi faire de ce qu'on ressent, de ce qui s'est activé à l'intérieur de nous. Donc du coup, on va le projeter à l'extérieur, à travers des reproches, des réactions vives, ou alors on va le retourner contre nous. Et là, en fait, on va sentir quelque chose nous ronger de l'intérieur. Donc ça va se manifester à travers des tensions, à travers des mots M-A-U-X, une rumination mentale. Bien sûr, il y a plein d'autres symptômes. Mais en tout cas, c'est ça l'idée. C'est que soit on l'extériorise, soit on l'intériorise. Mais en fait, on n'en prend pas soin parce qu'on ne sait pas quoi en faire. Et à partir du moment où justement on prend soin de ce qui s'active, parce que ça, ça nous est personnel, ça nous appartient. Je veux dire, si quelqu'un nous active, parfois ce n'est même pas volontaire. C'est juste qu'il a appuyé sur le bouton qui a fait que. Et là, on retrouve vraiment notre marge de manœuvre. C'est là le cœur, en tout cas pour moi, d'interaction sereine, apaisée et équilibrée. Parce qu'on ne renvoie pas la patate chaude à l'autre, ou alors on la garde à l'intérieur de soi, et les couches se superposent, et puis à un moment donné, ça explose, soit par le biais de burn-out, soit on sort de nos gonds. Mais pour pouvoir prendre soin de ce qui émerge à l'intérieur de soi, Encore faut-il prendre le recul suffisant. Et c'est vrai que ce n'est pas toujours facile. Lorsque l'événement nous active intensément ou lorsqu'il se répète, on se retrouve complètement happé. Et donc, du coup, on n'arrive plus à voir qu'est-ce qui m'appartient et qu'est-ce qui ne m'appartient pas. Parce que ça aussi, c'est important de clarifier les choses. Dans une relation, on est deux, voire plus. On est co-responsable. Tout n'est pas de notre responsabilité. On est bien d'accord. Ce n'est pas du tout le sens de mes propos. C'est que simplement... Là où... Les personnes ne pourront pas agir à notre place, c'est ce qui s'active à l'intérieur de nous, parce que ça, ça nous appartient. Par contre, la relation en elle-même, c'est autre chose. Mais c'est qu'est-ce que je fais de ce que je ressens ? Qu'est-ce que je fais de ce qui se passe à l'intérieur de moi ? Ça, j'en fais quoi ? Ça, ça m'appartient. Et donc, pour vous aider à identifier les différents états qu'on traverse à longueur de journée, chacune et chacun d'entre nous, on va faire référence à la théorie polyvagale. Il y a trois principaux états, de façon très schématique. Il y a l'état vagal-ventral, c'est cet état où on se sent ouvert, créatif, en lien avec les autres. À ce moment-là, on porte des lunettes qui nous font voir les choses sous de bons angles. Tout nous semble possible. C'est cet état de confiance intérieure dont je parlais au début du podcast. Et il suffit qu'il y ait un événement, même anodin, qui se passe, un silence, un regard, un ton différent que d'habitude, un comportement inhabituel, une situation. et on peut passer... soit en mode sympathique, c'est-à-dire que ça va activer le mode attaque ou fuite. Donc, par exemple, on va réagir d'une manière assez virulente ou on va quitter la pièce, on va sentir une sorte d'agitation. Enfin, voilà, ça se manifeste comme ça. Après, il y a le vagal dorsal, où là, en fait, c'est plus le mode figement, repli sur soi. Là, on peut sentir un découragement. voir les choses de manière assez négative. On verra plutôt le verre à moitié vide qu'à moitié plein. C'est aussi cet état où on peut se sentir un peu cotonneux. On est là, mais on n'est pas vraiment là. Du coup, on traverse à longueur de journée ces trois états selon les événements qui se passent au cours d'une journée. Et parfois, on peut être bloqué dans un état sur plusieurs jours. Et c'est là où, justement, on peut parfois être plutôt déprimé, plutôt morose. Ou au contraire, très agité, on fait plein de choses, on ne s'arrête jamais en fait. Voilà, donc ça c'est intéressant de l'observer parce qu'à chaque état, on porte certaines lunettes qui nous font voir les choses à travers cet état émotionnel. Et du coup, à partir du moment où on prend conscience de l'état dans lequel on est, on peut aussi prendre soin à ce moment-là et ce que j'appelle faire de la ressource, c'est-à-dire prendre soin de comment on se sent. Et là, il y a un point encore un peu plus subtil, où j'aimerais mettre aussi le projecteur, on va dire, c'est que certains états, même inconfortables, peuvent nous être familiers. Si par exemple, nous avons évolué dans des relations où nous étions souvent sur le qui-vive, ou méfiant, ou sur la défensive, cet état en fait, il est connu. Et donc, ce sera, entre guillemets, même si je n'aime pas ce terme, notre zone de confort émotionnel. Et donc du coup, si par exemple un jour on vit une relation stable, fluide, plutôt confiante, si c'est inhabituel pour nous, ça va nous sembler suspect. Et donc du coup, notre système nerveux va s'activer, pas parce que la relation n'est pas bonne, parce que c'est inhabituel par rapport à ce qu'il a eu l'habitude de vivre. Et donc du coup, c'est là où c'est compliqué parfois de le repérer, parce qu'un État... pourtant qui nous est désagréable, finalement est rassurant, parce qu'on connaît. Et que finalement, quelque chose qui est bon pour nous, parce qu'on ne connaît pas, c'est quelque chose qui peut activer notre système nerveux. Et je vais vous partager à ce propos une anecdote personnelle. Moi, je faisais partie, enfin je fais toujours partie d'ailleurs, de ces personnes qui sont beaucoup dans le mental, parce que je réfléchis beaucoup, j'analyse beaucoup, j'aime beaucoup comprendre, etc. Sauf que c'est vrai que... Avec le temps, j'ai appris à reconnecter la tête et le corps. Je ne suis plus toujours en haut, mais j'ai vraiment cette communication, on va dire, qui s'est faite entre le mental et le corps. C'est justement ce que je veux transmettre aujourd'hui, parce que j'ai vraiment vu la différence entre mentaliser ses émotions et vraiment les traverser. Et ce que j'ai remarqué dans les périodes de transition que j'ai pu traverser, c'est-à-dire ces passages... d'un point A à un point B, c'est-à-dire j'étais plus dans l'ancien mais je n'étais pas encore dans le nouveau. Ce n'est pas forcément très rassurant puisqu'en fait, on sait ce qu'on quitte mais on ne sait pas vers où on va. Et là, en fait, j'avais tendance à vraiment ressentir une surcharge mentale. Alors déjà parce que je me pose 15 milliards de questions et j'ai des idées à la minute, mais aussi parce que je me suis rendue compte, et c'est là où c'est très subtil, qu'en fait, le fait d'être dans mon mental, ça me rassurait. Et que finalement, cet état qui était pourtant inconfortable pour moi, c'était finalement une ressource. Et à partir du moment où j'ai mis le doigt dessus, il y a quelque chose qui s'est transformé petit à petit, c'est-à-dire qu'à un moment donné, c'est comme une rééducation, j'ai réussi à me dire « Oula ! » Là, je suis dans ma tête, je vais revenir dans mon corps. Ça me permettait de reconnecter le mental au corps. Et c'est là où c'est très subtil et pas toujours facile de le voir, surtout quand on a la tête dans le guidon. C'est qu'en fait, on traverse ces différents états nerveux dont je vous ai parlé à l'instant, mais il y en a certains qui nous sont plus habituels que d'autres. Donc du coup, même s'ils ne sont pas confortables, ça peut être une ressource pour nous. Et justement, c'est là où il y a un « déconditionnement » à faire. pour justement, j'allais dire, amener notre système nerveux à se sentir bien dans quelque chose qui est bon pour lui et pas à se sentir bien dans quelque chose qui finalement n'est pas bon pour lui. C'est assez subtil, mais c'est vraiment une clé essentielle quand on veut vraiment apporter un changement durable, que ce soit avec nous-mêmes, mais aussi avec les autres, puisque ça, c'est vraiment pour moi la clé. Si on est bien avec nous-mêmes, on est bien avec les autres. Et c'est là où on se dit... Tiens, on ne peut pas changer les autres, on ne peut pas changer les situations. Par contre, si on prend soin de ce qui se passe à l'intérieur de nous, il y a quand même quelque chose qui peut se propager à l'extérieur. Et c'est plutôt positif. Et donc, pour résumer cet épisode, dans nos interactions, nous avons tendance à nous demander qu'est-ce que l'autre a mal fait ou qu'est-ce que j'ai mal fait. Mais selon moi, une autre question peut changer la donne. C'est dans quel état je me sens maintenant ? Dans quel état je suis à ce moment-là ? C'est là que nous pouvons agir pour prendre soin de nous et rétablir cette confiance intérieure. Parce qu'en fait, dans les interactions, à partir du moment où il y a cette confiance intérieure, en fait, les relations, elles sont fluides. À partir du moment où nous, où notre interlocuteur a le système nerveux dérégulé, c'est-à-dire il se met en mode sympathique ou en mode dorsal, en fait, nos mécanismes de défense vont s'enclencher. Ils vont se matérialiser comment ? Par le biais de comportements qui nous sont naturels, mais qui sont quand même automatiques, c'est-à-dire on ne les fait pas en conscience. Si par exemple on n'aime pas les discussions qui sont trop intimes, Du coup, on va avoir tendance à quitter la pièce. Ça, typiquement, c'est un comportement automatique qui a été enclenché par un mécanisme de défense. Parce qu'en fait, à ce moment-là, on n'est pas à l'aise. Et donc, du coup, on se dit, hop, mode fuite. Bon, là, c'est un exemple. Mais à longueur de journée, en fait, sans s'en rendre compte, on a des comportements qui nous sont habituels, mais qui sont automatiques. Alors, bien évidemment, en soi, ces comportements ne posent pas de problème. L'idée n'est pas de nous changer. C'est comme ça qu'on fonctionne. Mais là où c'est important de mettre le projecteur dessus, c'est lorsqu'on se retrouve. bloqués dans des situations où on ne voit pas d'issue, ou alors lorsqu'on a l'impression de revivre toujours les mêmes situations. Et donc du coup, ces schémas répétitifs sont bien dus à des comportements. Alors bien évidemment, quand on est en interaction, on est deux, mais si nous, on change notre positionnement face à la situation ou face à notre interlocuteur, du coup, ça va donner une autre dynamique. Et c'est là en fait où c'est important de se dire, tiens, où est-ce que je me sens bloqué ou qu'est-ce qui se répète dans ma vie ? Et donc, du coup, de se dire, OK, Quels sont les comportements que j'adopte ? Dans quel état je me sens ? En fait, c'est remonter à la source du problème. Parce que très souvent, on veut trouver une solution à notre problème. Mais on va le traiter en surface. C'est un peu comme, j'allais dire, une maladie. Si on traite le symptôme, peut-être qu'elle va partir, mais ce n'est pas impossible qu'elle ne revienne pas. Parce qu'on n'a pas traité la cause. À partir du moment où on remonte le fil et qu'on remonte à la source, et là le changement, il est durable dans le temps. Parce qu'on est allé à la source. En soi, nos comportements, même automatiques, ne posent pas de problème, parce que c'est même bien, on ne peut pas être en conscience H24. Mais là où ça peut être intéressant, c'est au moment où on vit des situations qui ne nous conviennent plus, où on vit des schémas répétitifs qu'on a envie de faire évoluer. C'est là où, justement, il faut remonter le fil pour retrouver notre marge de manœuvre. Et la bonne nouvelle, c'est que c'est possible. Et il y a une autre bonne nouvelle, c'est qu'à partir du moment où ça se révèle, c'est que c'est prêt à être transformé. Et c'est quelque chose que j'ai pris du temps à comprendre. Parce que c'est vrai qu'il y avait des fois où je me disais, « Ah, cette situation, elle m'agace. » Et parfois, on me disait, « Mais ça veut dire que c'est prêt, en fait, à être transmuté. » Et je me disais, « Je ne sais pas, parce que moi, franchement, la situation, elle m'agace. » Et en fait, oui, parce que ça vient déclencher quelque chose chez moi. Et donc, du coup, si je vais voir ce qui se passe à l'intérieur de moi, là, effectivement, je vais retrouver une marge de manœuvre vers évoluer la situation. Donc, c'est top. Donc en résumé, partir de soi, c'est la clé d'un réel changement. Alors, si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le liker, le commenter ou à le partager autour de vous. Si vous souhaitez poursuivre votre exploration dans la philosophie, je propose différents espaces d'accompagnement en individuel et en groupe pour passer de la compréhension à l'intégration. Toutes les informations sont disponibles en légende de ce podcast. Je vous souhaite une très belle journée, une très belle soirée et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine. A bientôt !