Description
Ce matin, une question qui m'interroge profondément en tant que scientifique : pourquoi acceptons-nous si facilement le tarot, le pendule, les rituels de magie blanche — et pourquoi refusons-nous le surnaturel chrétien ? Il y a quelque chose d'étrange dans cette asymétrie.
Pierre vient de voir quelque chose d'incompréhensible — Jésus transfiguré, Moïse et Élie présents, une gloire divine éclatante. Et sa première réaction est de vouloir construire trois tentes. Skenas treis — des tabernacles, pour fixer cette présence, la retenir, l'organiser. Et Luc dit avec une précision bienveillante : mē eidōs ho legei — il ne savait pas ce qu'il disait.
Mais l'erreur de Pierre n'est pas d'avoir voulu rester. C'est de n'avoir pas compris les trois phases. Car Moïse et Élie ne parlent pas de la gloire — ils parlent de l'exodon de Jésus, son exode, sa mort à Jérusalem. La transfiguration annonce la Passion. La gloire montre celui qui va mourir. Et entre la révélation et l'accomplissement, il y a toujours Jerusalem. Il faut descendre de la montagne.
C'est l'erreur que nous faisons tous face aux grâces divines — aux yadas, aux moments de présence extraordinaire. On veut y rester. On veut que ça continue. On risque d'idolâtrer la manifestation plutôt que Celui qui se manifeste. Et certains passent leur vie à rechercher une autre visitation, parce que sans preuve sensorielle, Dieu semble absent. Mais rappelez-vous hier : nous vivons en lui — sans avoir besoin que nos sens perçoivent quelque chose d'incroyable.
Et pendant que Pierre parle encore — kai eti autou legontos — la nuée arrive. Dieu n'attend pas qu'il finisse sa phrase. La voix dit : akoue autou — écoutez-le. Pas : construis. Pas : reste. Écoute.
Si Dieu interrompt nos projets, c'est qu'il y a une raison. Pour arriver à la résurrection, il faut suivre son chemin — pas le nôtre.
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