- Speaker #0
Je suis sûre que tu t'intéresses aux différents types de français parlé dans la francophonie. C'est le cas de beaucoup de mes étudiants. On essaye de regarder des films différents pour pouvoir s'habituer au français parlé dans tous les pays francophones. Et aujourd'hui, on va parler particulièrement du français parlé en Belgique. Et pour ça, j'ai une invitée très spéciale qui connaît la Belgique sur le bout des doigts. C'est Yasmine Lecyr. Yasmine Lecyr, elle, est professeure et créatrice... de l'école I Learn French, une école où tu peux apprendre le français si tu es à Paris, mais tu peux aussi apprendre le français en ligne. C'est une école de français que je connais très bien et que je peux te recommander fois mille. J'y ai enseigné, j'y ai aussi appris les bases de l'enseignement. Donc je suis très heureuse de recevoir aujourd'hui ma collègue et amie et business friend aussi, Yasmine Lecyr. Je te laisse nous rejoindre dans cette conversation.
- Speaker #1
My flowers are beautiful !
- Speaker #0
De l'or ! Bonjour Yasmine !
- Speaker #2
Salut Marion !
- Speaker #0
Très heureuse de t'avoir ici enfin !
- Speaker #2
C'est la première fois que je viens dans ta chaîne !
- Speaker #0
Mais oui ! Alors que moi je suis déjà venue au moins plein de fois dans ton podcast, mais ça me fait très plaisir et aussi ça me fait très plaisir de parler de ce sujet avec toi parce que je sais que... Tu es une spécialiste et que tu vas pouvoir nous dire plein de trucs sur la Belgique que moi, je ne sais pas. Du coup, on va parler ensemble des films belges. Est-ce que peut-être tu peux nous raconter un peu ton histoire avec la Belgique quand même, qu'on comprenne pourquoi toi, tu viens nous parler de ces films ?
- Speaker #2
Avec plaisir ! Alors, rapidement, je suis comme toi professeur de français langue étrangère et je suis née à Lille, mais j'ai grandi en Belgique. Et après, j'ai beaucoup voyagé dans ma vie, mais j'ai passé le plus longtemps de ma vie en Belgique. Et donc, la culture belge, c'est quelque chose qui me tient vraiment à cœur. Et je suis partie à Paris, je vais fêter mes 10 ans cette année. Mais ça n'empêche que la Belgitude fait partie de mon ADN. Donc, je pense belge, je mange belge. Je reste convaincue que, par exemple, les meilleures frites, sont belges. Et donc aujourd'hui, je suis très contente de partager un peu de belgitude dans ta chaîne YouTube.
- Speaker #0
Merci. Mais tu as aussi commencé ton école à Bruxelles, si je ne me trompe pas.
- Speaker #2
Oui, j'ai commencé mes tout premiers cours de FLE, donc de français langue étrangère, je les ai commencé à Madrid. J'habitais en Espagne à l'époque et c'était un job alimentaire. Et je n'étais pas du tout une très, très bonne élève à l'école. Donc, je n'ai jamais rêvé de devenir professeure. C'est une copine qui m'a demandé de la remplacer. Et ça s'est hyper bien passé. Et donc, j'ai adoré enseigner. Donc, j'ai commencé à donner des cours en Espagne, à Madrid. Et puis après, je suis retournée à Bruxelles et j'ai commencé à donner des cours à Bruxelles. Donc, des cours particuliers à des expatriés qui venaient d'arriver. Et puis après, j'ai commencé à développer l'école, avoir des clients, des entreprises, le Parlement européen. Et en 2016, je suis partie pour conquérir le marché parisien qui a été très compliqué, comme à chaque fois les pages blanches.
- Speaker #0
Mais que tu as conquis quand même, on peut le dire.
- Speaker #2
J'ai conquis, difficilement, mais j'ai conquis. Et donc aujourd'hui, je suis basée à Paris, toujours avec une connexion très, très forte avec la Belgique, la culture belge. Et donc, j'essaie aussi, avec mon podcast depuis mars 2020, de faire aussi la promotion de la langue française qui n'est justement pas parigo-centrée et de faire la promotion de la diversité au sein de la francophonie parce qu'il n'y a pas que Paris qui est important et il n'y a aussi pas que le français standard. Donc, c'est quand même important de le noter. Donc, j'essaie un peu de dépoussiérer la langue française avec mes moyens. tous les jeudis matins dans le podcast Le français avec Yasmine que tu connais dans lequel tu es déjà venu deux fois et comme on dit en français jamais deux sans trois donc tu reviendras probablement très bientôt je l'espère on va mettre tous les liens ici dans la description pour que vous puissiez aller écouter le podcast et tous les épisodes très intéressants ça fait combien d'épisodes maintenant ? j'arrive tout doucement à l'épisode 300 waouh ouais hum
- Speaker #0
Et alors, puisqu'on en est là, est-ce qu'on peut dire... Pourquoi moi, je dis Bruxelles et pourquoi toi, tu dis Bruxelles ? J'imagine que les gens, jusqu'à maintenant, l'ont entendu.
- Speaker #2
Alors, c'est donc déjà une ville à visiter, absolument. Donc, à voir et à revoir. Et il y a un débat sur la prononciation de cette ville. Donc, en anglais, on est tous d'accord, Brussels, voilà. mais pour les francophones en Belgique, on dit Bruxelles, même si c'est écrit avec un X. Par contre, en France, très souvent, les personnes disent Bruxelles et donc les Belges francophones, quand on dit Bruxelles, ils se vexent, ils font « Oh ! » Non, c'est un peu l'équivalent.
- Speaker #0
Ce n'est pas les nôtres.
- Speaker #2
Voilà, donc on sait directement si la personne a un lien fort. avec la Belgique, si elle dit Bruxelles ou Bruxelles. Moi, je dis toujours Bruxelles. J'enseigne les deux à mes élèves. Et par exemple, mon copain qui est maintenant mon mari dit Bruxelles aussi. Donc, il est français et il s'est adapté. J'ai aussi fait la promotion du 70 et 90. Donc, à la maison, on ne dit pas 70.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #2
Oui, oui. C'est trop compliqué 70. C'est beaucoup plus logique. Et à tes élèves aussi,
- Speaker #0
tu le fais comme ça ou tu leur donnes les deux ?
- Speaker #2
Je dis les deux. En général, en cours, je dis 70.
- Speaker #0
Peut-être ceux qui habitent en Belgique. OK, mais c'est vrai que ça peut être... Je pense qu'il y a des... Je ne sais pas si ça existe encore, mais j'imagine que oui. Qu'il y a encore des Français qui n'ont jamais entendu 70 et 90.
- Speaker #2
Ah oui, j'ai des amis. Parfois, je dis 70. Ils me regardent un peu bizarrement. En fait, en général, c'est des personnes qui ne parlent pas d'autres langues étrangères. Parce que les personnes qui parlent, par exemple, portugais comme toi ou espagnol, ils arrivent à percevoir un petit peu la base, la structure, la racine. Oui, voilà. Donc, c'est Tintin et des choses comme ça. Et les autres, parfois, il y a un doute. Donc, dans mon podcast, je dis les deux. Je vais dire 90 pour les Belges et les Suisses et 90. pour ceux qui sont en France, mais je préfère 90. Ça restera mon chouchou, mon plus logique. Quand je vais au supermarché, je galère avec 90. C'est dur.
- Speaker #0
Mais oui, c'est horrible. C'est vraiment difficile. Je suis d'accord avec toi. Non, mais c'est vrai. Franchement, des fois, je souffre pour ma fille qui apprend les chiffres en français. Je me dis, mais franchement, si on devait tous adopter 70, 90, ce serait tellement plus facile, même pour les enfants, quoi, à l'heure de 90. 70, vraiment, ça alourdit la tâche. C'est fou.
- Speaker #2
En plus, ta fille, elle parle portugais.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et donc, pour elle, c'est beaucoup plus logique en portugais. Tu arrives avec la version française.
- Speaker #0
Je ne vais surtout pas lui en parler parce que sinon, c'est fini. D'ailleurs, on a vu ça dans le club, le French Film Fancy Club que j'ai avec mes étudiants qui apprennent le français. On a vu un film des frères d'Ardennes qui sont donc belges. Et dedans, pareil, il y avait septante et quelques belgicismes comme ça, comme le GSM et tout ça.
- Speaker #2
GSM,
- Speaker #0
oui. Mais on en reparlera dans notre... Donc à la suite de cette vidéo, vous pourrez retrouver un dossier, un petit dossier à télécharger avec pas mal de bonus très très cool sur la Belgique, dont une vidéo où on va vous expliquer un peu quelques belgicismes d'un film très culte belge, on peut le dire. Et puis des épisodes spéciaux du podcast autour de la Belgique, donc on vous mettra tout ça ici en description. On y va alors, quel est le premier film belge que tu aimerais recommander et pourquoi ?
- Speaker #2
Ok, alors il y a première chose, avant de commencer sur nous lancer dans les films, il faut savoir que moi, mon truc, c'est pas les films. Et donc à chaque fois, je recommande toujours Marion. Mais...
- Speaker #1
je suis claire
- Speaker #2
Voilà, donc pour apprendre le français avec les films, c'est de toute façon avec le français, il n'y a vraiment aucun doute là-dessus. Mais j'ai quand même une petite base, il y a quand même des films cultes que j'ai vus dans ma vie. Et le tout premier qui ressort, qui est vraiment recommandé comme un classique de chez Classique, c'est un film qui s'appelle C'est arrivé près de chez vous. Il est sorti en 1992. avec Benoit Poulvorde et c'est, je pense, son premier film qui est très très trash. Donc il faut avoir le cœur bien accroché, c'est sans filtre, c'est cru. C'est pas un film qu'on regarde tranquillement avec sa tasse de thé un dimanche après-midi, c'est un film, si on a envie d'avoir un peu le cerveau retourné, qu'on a envie de réfléchir, justement. Donc ça, c'est un film à voir. Et c'est ce film-là qui a propulsé la carrière de Benoît Poulevord. Et il me semble même qu'il avait eu des difficultés pour financer ce film. Donc c'est un peu un film amateur.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #2
Est-ce que tu l'as vu ?
- Speaker #0
J'ai vu des passages. Je ne l'ai pas vu en entier parce que vraiment, c'est très trash. Mais je me souviens qu'en école de cinéma, c'était un truc dont tout le monde parlait. c'était vraiment un espèce de... d'ovnis mais en même temps très très admiré par les personnes du milieu parce que c'était spécial la manière dont c'est filmé il y a un côté un peu caméra à l'épaule beaucoup d'improvisation avec son style, à lui Benoit Poulvard qui est quand même assez assez spécifique quoi il a un humour très noir très cru, très choquant, il l'aime choquer je pense
- Speaker #2
absolument et donc dans ce film il faut vraiment être accroché donc si on n'aime pas les films trash il ne faut pas commencer par celui-là ça c'est une certitude par contre si on est tout terrain si on aime les choses étranges si on aime les choses un peu décalées complètement barrées et qui sortent totalement de l'ordinaire du style cinématographique et qui veulent voir un monument cultissime il faut le voir mais voilà public averti quand même C'est vraiment pas pour tout le monde, vraiment pas pour les enfants. Il y a des meurtres dedans. Mais donc, oui, ce qui était vraiment innovant à l'époque, c'était ce style de documentaire complètement improvisé, pas du tout calculé. Des scènes qui sont vraiment sans préparation et qui, en fait, ont donné des scènes vraiment mythiques. Et donc, ça, c'est vraiment le premier à avoir.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais que d'un point de vue vocabulaire ou manière de parler, etc., aussi, il représente quelque chose de la culture belge, ce film ?
- Speaker #2
Alors, bon, déjà, il y a l'accent. Donc, l'accent en Belgique, il est différent en fonction des régions. Si je ne me trompe pas, Poulvoorde vient de Namur. Donc, ils ont un accent qui va être un peu différent de l'accent de Bruxelles ou de Mons ou de Charleroi. Il faut savoir que par exemple en France, ils adorent caricaturer l'accent belge et notamment avec cet humoriste qui est cultissime en France, qui s'appelle Coluche mais qui est détesté en Belgique parce que Coluche a fait des blagues sur les Belges et en plus il ne sait pas bien faire l'imitation de l'accent. Et donc s'il vous plaît, n'allez jamais en Belgique pour dire « Ah, j'ai vu un sketch de Coluche sur les Belges, je le trouve hyper drôle. » Vous allez être très très mal reçu. Donc, il ne faut vraiment pas prendre ce risque-là. Et donc, il y a l'accent qui est assez intéressant. Et ensuite, le film est très grossier. Donc, c'est un vocabulaire pas du tout élégant. Ce n'est pas du tout du français académique. C'est du français... Il crie dans le film. Il crie sur les gens. Il insulte les gens. Et il représente un personnage qui est très difficile à cerner. difficile à suivre et donc il part aussi dans des dialogues où tu te dis ce mec est vraiment très très très bizarre et en plus évidemment il y a plein de belgicisme parce qu'à l'époque ce film n'avait pas vocation à être sur les grands écrans ou à être diffusé et à devenir un film culte donc il n'y a pas de filtre pour toute la francophonie ça reste un film avec plein d'expressions belges et qui reste de vrai belgicisme Oui.
- Speaker #0
qui n'a pas du tout été, on va dire, nettoyé pour le reste du monde. Mais pour autant, c'est un truc qui a quand même fait le tour du monde. C'est arrivé près de chez vous. C'est un film qui reste un film assez connu, classique, en tout cas parmi les cinéphiles. Et puis, bien sûr, Benoît Polvoorde.
- Speaker #2
Oui, un classique. Et donc, ceux qui aiment bien Benoît Polvoorde et qui ont envie de voir... un petit peu le film qui l'a propulsé je recommande en sachant que il y a toujours vraiment cet avertissement et je mettrai ce film au niveau de violence peut-être au même niveau que la haine ou voir un peu plus, mais c'est ce style là si mes souvenirs sont bons le film en noir et blanc aussi donc regardez-la pour l'annonce ouais,
- Speaker #0
même peut-être un côté un peu cubrique, un peu violent pour violent quoi, genre orange mécanique ce genre de trucs clairement style d'image mais... Ok,
- Speaker #2
voilà, donc vous avez prévu. Voilà, c'est un film qui ne laisse pas du tout indifférent, mais voilà, vous êtes avertis. Ensuite, le deuxième film qui est un classique du cinéma belge, c'est Le huitième jour. Il est sorti quatre ans après C'est arrivé près de chez vous, en 1996 ou 1996. avec un acteur qui s'appelle Daniel Oteuil, qui a fait aussi après ce film, plein de films de succès. C'est un très très grand acteur. Je me demande même s'il n'a pas fait Cyrano de Bergerac ou quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Il est belge, Daniel Oteuil ?
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
J'ai loupé une info.
- Speaker #2
Non,
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a beaucoup d'acteurs d'origine belge dans le cinéma français ? Vraiment, de grands acteurs et de grandes actrices ? Je ne savais pas. Oui,
- Speaker #2
dans Virginie Effira.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
Il y a Merci.
- Speaker #0
Jérémy Régnier ok ah oui bah on l'a vu dans le film La fille inconnue dans le club il y a qui d'autre ?
- Speaker #2
François Damiens évidemment François Damiens bien sûr qui il y en a pas mal hein ouais mais là évidemment maintenant qu'on fait la vidéo évidemment il ne me sort pas de la déjà quatre qui sont quand même bah Cécile de France aussi bien sûr oui Cécile de France ouais des acteurs qui ont quand même fait des super films ouais Donc, le huitième jour, ce film est assez impactant parce que c'est un des premiers films pour le grand public avec une personne qui est trisomique dedans. Donc, ça nous met vraiment face à notre relation avec des personnes qui sont en situation d'handicap ou de trisomie parce qu'en général, ils ne sont pas médiatisés. Là, il y a un des films qui est sorti il n'y a pas longtemps avec Artus, je pense.
- Speaker #0
Un petit truc en plus.
- Speaker #2
Mais avant, les films avec des personnes handicapées ou trisomiques sont assez rares. Et donc là, c'était vraiment une première. Donc, je pense que c'est un film à voir qui va aussi retourner forcément, parce que c'est notre rapport face à ces personnes-là qui méritent d'être visibles, évidemment. Et on vit dans une société où la perfection prime. Il faut absolument être beau, il faut être lisse. Il faut être uniformisé. Tout est globalisé aussi. Et donc, en fait, ça, ça remet un peu l'église au milieu du village, comme on dit. Et face... Après, là, dans ce film, c'est la trisomie 21, mais il y a plein d'autres difficultés qu'il faut aussi pouvoir rendre les choses un peu plus inclusives. Et on est tous, évidemment, responsables. Donc, ça, c'était un peu très novateur à l'époque. C'était donc il y a 30 ans.
- Speaker #0
Ouais, j'ai jamais entendu parler de ce film, mais j'ai très envie de le voir maintenant, pour le coup. Je trouve que...
- Speaker #2
Je te le recommande, franchement. Encore une fois, c'est pas du tout dans la violence. Là, c'est vraiment plus dans notre perception des choses de la vie, qu'il est troublant et qu'il est perturbant. Et c'est bien, c'est vraiment un film qui fait réfléchir. Avec des incompréhensions de Daniel Othell face à la personne qui est trisomique et qui n'arrive pas à se comprendre et qui réfléchit d'une autre manière et qui ne comprend pas que lui ne comprend pas. Donc, c'est vraiment très, très intéressant. Donc, à voir. Ensuite, le troisième film... Ah, pardon.
- Speaker #0
Pardon. Et du coup, ce film, il est belge. Est-ce qu'il y a aussi des choses un petit peu qui font référence à la... culture belge ou à la vie quotidienne en Belgique dans ce film ? Est-ce que tu te souviens ?
- Speaker #2
Je me souviens. Je l'ai vu il y a très longtemps. Je l'ai vu quand j'étais petite et puis je l'ai revu encore quand j'étais adolescente, je pense, parce qu'on a dû le voir à l'école.
- Speaker #0
Ok, super.
- Speaker #2
Et il me semble que non, que là, ce n'est pas un film axé belgicisme, c'est plus un film axé production belge. Déjà, Daniel Oteuil, qui est un acteur français le... parle avec son accent français et il n'y a pas de belgicisme dedans. Donc, il faudrait peut-être le revoir pour confirmer s'il y a des belgicismes ou non.
- Speaker #0
Mais ça pourrait avoir lieu partout. Il n'y a pas forcément de... Mais c'est chouette qu'ils vous le montraient à l'école. C'est quand même une bonne...
- Speaker #2
Oui, ils essayaient à ce sujet-là d'être un peu inclusifs avec une sensibilisation aussi pour les personnes à mobilité réduite, les handicaps. Et euh... tout ce qui est un peu différent. En Belgique aussi, par exemple, il y a beaucoup de systèmes éducatifs qui sont très inclusifs, notamment pour les personnes qui sont autistes. Ils ont réussi à mettre en place des systèmes où les personnes avec des troubles autistiques puissent intégrer des écoles avec tout le monde. Les parents sont accompagnés, les enfants sont accompagnés. Et d'ailleurs, il y a énormément, je ne sais pas comment ça s'est réglé depuis, mais à l'époque, il y avait énormément de familles françaises qui envoyaient leurs enfants en Belgique, notamment parce que l'enseignement a été beaucoup plus adapté et qu'en France, en fait... On est à la ramasse. Oui, alors on est à la ramasse, mais en plus, comme on est à la ramasse, il y a plein d'enfants qui sont complètement exclus du système et dès qu'on ne rentre pas dans le moule, le train part sans nous. Alors que... En Belgique, ils ont vraiment mis en place un système où tout le monde est dans le même train. Et par exemple, les élèves qui sont autistes, ils ont par exemple quelques heures en plus par semaine de cours spécialisés avec des personnes qui sont formées pour l'enseignement de ces profils-là, mais ils ne sont pas exclus. Et donc, je sais que par exemple, il y a des personnes, notamment françaises, qui avaient critiqué le... le fait d'avoir envoyé leurs enfants en Belgique et de ne pas être restés en France. Mais en France, ils sont complètement à l'abandon. Même chose si on regarde la dyslexie, dysorthographie en France. Directement, pendant des années, ça a été considéré comme de la bêtise ou de la stupidité par le système scolaire, alors qu'il faut juste accompagner ces personnes pour qu'elles puissent continuer leur scolarité normalement avec cette... cette différence qui fait que ce ne sont pas des personnes qui sont stupides, loin de là. Mais en France, on a du mal à vraiment reconnaître la différence dans l'enseignement. Et si on ne rentre pas dedans, c'est tant pis.
- Speaker #0
C'est un système qui est fait pour que tout le monde rentre dans le moule. Et si tu ne rentres pas dans le moule, eh bien, bonne chance, parce que ce n'est vraiment pas facile. Non, ce n'est pas facile. Il n'y a pas beaucoup, en plus, d'aides. Il y a très peu... de moyens aussi qui sont accordés à ces aides-là. Je voyais, par exemple, il y a quelque temps, un article d'une maman qui avait une enfant, justement, je crois que c'était avec des troubles autistiques. Et en fait, jusqu'à maintenant, ces enfants-là, ils étaient aussi intégrés sur les heures du midi. Donc ça veut dire que sur les heures aussi de récréation avec les autres enfants, pour socialiser ou pour avoir le même type de socialisation que les autres, ils avaient quelqu'un qui les accompagnait pendant l'heure du déjeuner pour... qu'ils puissent socialiser en étant en sécurité. Et donc ça, ça a été retiré. À partir de maintenant, l'éducation nationale a dit que pour les heures du midi, c'était plus possible. Donc c'est hyper... Enfin, c'est très politique aussi.
- Speaker #2
Très politique.
- Speaker #0
Mais très en retard, visiblement, par rapport à la Belgique, du coup.
- Speaker #2
Oui, et donc heureusement, il y a le cinéma quand même, pour nous montrer, nous éduquer, parce que le cinéma éduque aussi. Et il faut faire ce type de film. Et donc là, le huitième jour, après le lien avec celui d'Artus, je l'ai vu en plus, je l'ai vu il n'y a pas longtemps. Et je l'ai trouvé très mignon. Une toute petite chose, c'est ça ?
- Speaker #0
Un petit truc en plus,
- Speaker #2
oui. Un petit truc en plus. À voir aussi. Franchement, très mignon, très chou. Et aussi... Très drôle.
- Speaker #0
Drôle. Ça restera un film culte, je pense. Tout comme... intouchables, etc. Je pense que ça resterait un film assez culte.
- Speaker #2
Oui, et puis après, culte parce qu'il montre des choses que les médias ne veulent pas montrer, les réseaux sociaux ne montrent pas trop. Après, il y a quand même des créateurs de contenu qui sont en situation de handicap, qui commencent un peu à créer eux-mêmes du contenu pour être plus visibles. Mais il disait aussi, par exemple, parce qu'il n'y a aucun... couturiers qui avaient accepté de les habiller pour le festival de Cannes. Voilà. Enfin bon.
- Speaker #0
Ça peut être un très long débat d'une autre vidéo. Allons-y, continuons. Le troisième film dont tu voulais nous parler.
- Speaker #2
Troisième film, le tout nouveau testament qui est sorti en 2015. Ici, il n'y a pas d'attrape pour le chiffre, c'est le même partout dans toute la francophonie. Et c'est encore une fois avec Benoit Poulvour. Moi, c'est mon chouchou, je l'adore. Ouais. Et alors, il faut faire attention à la bande-annonce. Parce que quand on regarde la bande-annonce, on a l'impression que c'est un film qui est rigolo. Et c'est avec... C'est une comédie. Ce n'est pas du tout une comédie. C'est un film long qui fait réfléchir, qui est accessible à tous. Et en fait, donc c'est... Benoît Boulevourt qui incarne Dieu mais quand tu vois comment il est dans le film, tu ne l'imagines pas du tout comme ça, il a des super pouvoirs et sa fille elle essaye un peu de déjouer ses super pouvoirs et de le piéger et dans les super pouvoirs, il y en a un par exemple où il peut par exemple dans la bande annonce parce que je n'ai pas tout raconté dans la bande annonce, il dit le pouvoir c'est de faire sonner le téléphone dès qu'une personne s'installe dans son bain. Un classique. Ah, je vais me relaxer. Et pouf, le téléphone qui sonne. Et donc, il a des petits super pouvoirs comme ça qui sont décrits dans le film. Et donc, c'est une manière mignonne, intéressante de voir aussi comment est le monde. Et là, toutes les scènes sont tournées à Bruxelles. Il y a beaucoup d'acteurs belges. Mais pas que, il y a même Catherine Deneuve dedans.
- Speaker #0
Ah ouais ? Je ne me rappelle plus.
- Speaker #2
Ouais. Oui, parfois, elle fait des apparitions. Et donc, c'est un film qui nous fait visiter Bruxelles en même temps. Le film est un peu sombre, pas du tout au niveau de cette arrivée près de chez vous. Donc ça, vraiment, c'est un film tout public à partir de l'adolescence, je dirais.
- Speaker #0
Oui, je me demande si je ne l'ai pas vu avec ma fille. Ah, ok. Oui. Il y a un côté un peu science-fiction, mais très satirique. Il y a un truc un peu noir dans la morale de l'histoire et la manière dont c'est dans les histoires des gens, etc. Mais ce n'est pas visuellement trash, on va dire.
- Speaker #2
Oui, ce n'est pas moche. Ce n'est pas moche, mais c'est la vie des personnages qui nous fait réfléchir.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
c'est vrai. C'est pas lissé, c'est pas instagrammable. Voilà, c'est pas du tout l'objectif du film.
- Speaker #0
Et c'est terne. Mais ce côté science-fiction est sympathique. C'est vrai que quand on imagine la vie de Dieu, on s'imagine quelqu'un supérieur aux autres. En fait, Dieu, c'est un peu monsieur tout le monde avec son ordinateur magique.
- Speaker #2
Oui, et c'est ça qui est drôle dans le film, parce que ça déconnecte complètement de ce qu'on a imaginé. Et puis, il y a même un extrait où il y a un des... des acteurs, enfin des personnages qui disent « Mon Dieu, mais je n'imaginais pas Dieu du tout comme ça. » Donc, il y a des petites pointes d'humour dans le film et ça fait réfléchir, ça bouleverse, notamment pour les personnes qui ont une foi et qui croient en Dieu. Ça peut aussi remettre en question certaines croyances, mais aussi une manière de percevoir sa foi, sa religion et tout ça. Donc, avoir, qu'on soit religieux et qu'on soit croyant ou non, C'est vraiment... un film chouette et ensuite le dernier on garde le meilleur pour la fin le meilleur pour la fin c'est le film Dikonek qui est sorti en 2006 donc on n'a pas fait par ordre chronologique parce qu'on voulait absolument garder notre préféré en dernier Dikonek qui vient du bruxelaire bruxelaire c'est un langage un dialecte de Bruxelles ou néerlandais aussi peut-être dit que c'est gros et nex c'est un gros coup donc c'est quelqu'un qui est un peu prétentieux orgueilleux et le film ici vraiment on est en pleine belgitude à 100% donc beaucoup de belgicisme plein d'expressions qu'on n'entendra qu'à Bruxelles des expressions qui sont très rigolotes qui sont reprises aussi par des personnes qui n'habitent pas en Belgique. Il y a des scènes cultissimes dans ce film. Est-ce qu'il faut le voir ? Oui. Est-ce qu'il faut le revoir ? Absolument. Et avec Marion, donc on l'a regardé, chacune de notre côté, et j'ai fait la liste des expressions qui sont susceptibles de ne pas être comprises.
- Speaker #0
dans le film qu'on a ajouté dans la ressource donc Marion si tu veux bien expliquer oui dans une petite on vous a créé un petit pack trop mignon juste pour vous pour célébrer la Belgique et dedans on a mis une petite vidéo dans laquelle on vous explique les expressions un peu cultes de Dick Heneck avec les extraits du film vous allez pouvoir aussi entendre cette manière de parler et le décrypter en direct avec nous parce que c'est quand même une autre notre prononciation, parfois il y a des choses qui peuvent être difficiles à comprendre aussi de par la prononciation, mais surtout, surtout, Dick Enec, ce qui est incroyable, c'est que ça va quand même vous ouvrir des portes en termes de culture française, c'est-à-dire que presque, je dirais, 60% des Français ont des références à Dick Enec, on va avoir de temps en temps des références culturelles dans un repas à Dick Enec, sortir des phrases, et tout le monde sait que ça vient de ce film, non, c'est vrai, vraiment, il y a quand même deux, trois expressions dans ce film qui sont restées. dans la culture populaire. Et c'est ça qu'on va aussi vous montrer dans cette vidéo.
- Speaker #2
J'essaie, attends, parce que je pense que j'en ai ici. J'ai gardé la note que j'avais faite d'Ikenek. Ah oui,
- Speaker #0
c'est excessivement énervant.
- Speaker #2
C'est excessivement énervant, exactement. Le GSM. C'est fort rouge. Quelle clé de se payer. Il y a plein de choses.
- Speaker #0
Voilà, il y aura aussi une partie un peu interdite au moins de 18 ans, parce qu'il y a quand même pas mal de vocabulaire assez vulgaire dans ce film. Donc ne prenez pas ce film comme un chef-d'oeuvre ou une oeuvre d'art. C'est un film qui a vraiment, je sais pas... D'ailleurs, un film dans lequel on retrouve des sacrés acteurs et actrices, notamment Marion Cotillard, François Damiens, bien sûr. et d'autres acteurs est-ce que Jérémy Régnier aussi ? Oui je pense qu'il est dedans c'est le petit jeune qui va aux hôtes et qui a sa voiture le blond c'est lui qui après va avec Florence Foresti il y a vraiment énormément d'acteurs et d'actrices qui sont aujourd'hui encore connues qui étaient tout jeunes dans ce film ce film c'est quoi ? C'est une grosse blague un espèce de spectacle de stand-up d'une heure et demie c'est complètement fou avec que... Grosse présence de François Damiens quand même qui est assez impressionnant. On y retrouve Mélanie Laurent aussi. Vraiment, il y a un sacré paquet d'acteurs et d'actrices aujourd'hui très connues qui ont fait des films incroyables. Donc voilà, dans la ressource gratuite qui sera dans la description, vous pourrez aussi comprendre ce film.
- Speaker #2
Dans la ressource gratuite, donc il faut absolument regarder ce film, oui ou oui, sans excuse. Et en plus, j'ai ajouté en bonus quelques épisodes de podcast, de mon podcast, avec la transcription, sur des aspects de la Belgique. Donc il y a un épisode sur les belgicismes, je pense qu'il y en a dix, si mes souvenirs sont bons. Et ensuite, j'ai ajouté un épisode de podcast que j'avais fait sur la frite. Évidemment, on ne peut pas parler de Belgique. sans parler de frites ou de chocolat ou de bière. Bon, cette fois-ci, c'est la frite. Et en fait, il y a un débat entre les Belges et les Français, de savoir qui a inventé la frite. Je ne vais pas vous le dire.
- Speaker #0
On dit French fries quand même. Moi, je dis ça.
- Speaker #2
Vous devez quitter la conversation.
- Speaker #0
Bon, en tout cas, si jamais vraiment, si vous êtes curieux de connaître un peu mieux la culture belge et d'ouvrir un peu aussi vos connaissances, du monde de la francophonie, cette ressource, elle est gratuite. Vous avez le lien ici dans la description. Vous avez juste à cliquer dessus et comme ça, ça vous donne encore plus de bonnes raisons de découvrir ou visiter la Belgique.
- Speaker #2
Et en plus, en utilisant votre français, donc voilà, on s'ouvre face à la francophonie, la diversité. La Belgique est un pays très, très accueillant. Vous allez voir dans les ressources.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Merci Yasmine. Dis-nous, comment est-ce qu'on peut venir apprendre le français avec toi ? Imaginons qu'on habite en Belgique et qu'on a très envie d'avoir aussi tes lumières sur la Belgitude. Quelles sont les manières de venir apprendre avec toi ?
- Speaker #2
Alors, la manière la moins chère, la gratuite, c'est dans mon podcast, donc lefrancaisavecjasmine.com, qui est diffusé sur toutes les plateformes de podcast, tous les jeudis à minuit, je pense, heure de Paris. Ensuite, il y a le... Mon site internet, donc le site de mon école, c'est... Je prononce en anglais avec mon accent français. Donc, c'est islandfrench.eu. Donc, j'apprends le français mais en anglais. islandfrench.eu. Je suis aussi très active sur LinkedIn. Donc, Yasmine Lecyre. Yasmine avec un Y. Lecyre. L-E-C-Y-R-E. Et j'imagine qu'il y aura les liens de mes... Oui, de mes... Voilà. Voilà.
- Speaker #0
Super. Merci beaucoup, Yasmine.
- Speaker #2
Merci beaucoup. Merci à toi. Vive les frites !
- Speaker #0
Au revoir ! Salut ! Voilà, tu as maintenant quatre films belges à voir. C'est arrivé près de chez vous, le huitième jour, le tout nouveau testament et Dick & Nick, notre préféré. Tu peux retrouver toutes les informations dont on t'a parlé dans cette vidéo ici dans la description et notre super package Belgitude. dans lequel tu vas retrouver des vidéos dans lesquelles on décrypte les scènes cultes du film Dick & Nick. Donc si tu as envie de comprendre toutes les blagues des Français à propos de ce film, tu dois absolument voir ces décryptages de vidéos. C'est gratuit, c'est vraiment un cadeau qu'on te fait pour te faire rentrer dans la culture belge et dans la Belgitude. J'espère que ça te plaira. Je vous dis à très bientôt et très bonne continuation avec votre apprentissage du français.