- Speaker #0
Je la connais et elle m'a connue, c'est la dernière à m'avoir connue, le plus enceinte, je crois, c'est le dernier chien que j'ai croisé deux jours avant d'accoucher.
- Speaker #1
Génial,
- Speaker #0
génial. Oui, c'est vrai que quand j'ai vu qu'elle t'avait été remise, ça m'a fait sourire aussi parce que c'est toujours émouvant de voir les chiens qu'on a vus en tant que futur chien guide quand ils sont vraiment remis à leur bénéficiaire.
- Speaker #1
C'est génial et pour information sur ma ville ici à Courbevoie. on a une des sœurs de Tori qui a été réformée qui a été donnée à sa famille d'accueil et donc à quelques mètres de chez elle il y a sa sœur réformée elles se sont croisées l'autre jour on s'est promis un jour d'aller faire une balade ensemble mais c'est assez sympa et un jour elle m'a croisé tu le sais je suis très présent sur les réseaux sociaux c'est je crois aussi une des manières de m'investir et donner de la visibilité au handicap c'est quelque chose qui m'anime et c'est quand même du coup la personne m'a trouvé elle était qu'on me voit, elle m'a trouvé sur Instagram et un jour elle a pris contact avec moi et puis en plus par le réseau des parents d'élèves, je suis aussi investi comme parent d'élèves, elle m'a retrouvé, elle m'a envoyé un message et puis un jour on s'est croisé à la sortie de mon immeuble. Voilà, tout simplement, par hasard, c'est assez fantastique. On s'est promis à un moment donné de prendre le temps d'aller faire une balade.
- Speaker #0
Salut, c'est Estelle et vous écoutez Futur Chien Guide, le podcast sur l'univers méconnu des chiens guides d'aveugles. Chaque mois, je vous invite à découvrir les aventures de celles et ceux qui vivent cet univers au quotidien et ce lien si précieux qui les unit à leurs chiens. Passionnés et bénévoles depuis des années, d'abord à Paris et aujourd'hui à Lyon, je suis persuadée que leurs histoires pourront vous toucher, vous informer et peut-être même vous donner envie de vous engager. Savez-vous justement que seuls 1% des déficients visuels sont accompagnés d'un chien guide ? Alors, si vous voulez en savoir plus sur l'actualité des chiens guides et les colisses du podcast, inscrivez-vous sans tarder à ma newsletter mensuelle. Avant de passer à l'épisode du jour, je laisse mon micro à Solène, mon amie créatrice du podcast Tribune et Podium, qui m'a laissé un petit message il y a quelques temps.
- Speaker #2
Coucou Estelle, coucou les auditorices de Futur Chien Guide. Alors pour ce que sont-ils devenus, moi le podcast il a changé quelque chose d'assez important dans ma vie, c'est-à-dire que j'ai une phobie des chiens, je change de trottoir quand je vois un chien, j'ai extrêmement peur des chiens. Mais alors depuis que j'écoute Futur Chien Guide et que je te côtoie, je prends un peu plus de recul sur ma peur, c'est-à-dire que certains chiens continuent de me faire extrêmement peur. et me tétanise, mais certains ont désormais une place dans ma vie. Je n'ai pas adopté de chien et je pense que je ne le ferai jamais. Je suis désolée pour ça, mais en l'occurrence, il y a des chiens maintenant que j'aime bien promener. Ceux de mes amis, par exemple, j'aime bien partir qu'ils soient là quand on part en week-end ensemble, etc. Et surtout, je suis plus attentive quand je croise des chiens guides dans la rue, à tel point que dès que j'en crois... croise, je t'envoie une photo pour te dire est-ce que c'est un chien guide ou est-ce que c'est juste un chien qui a un joli harnais ? Et tu me fais un retour là-dessus en général. Donc voilà ce que ça a changé, c'est que je fais plus attention à ça et j'ai aussi plus d'empathie et d'émotion pour les animaux, ce qui n'était pas du tout le cas avant. C'est-à-dire que maintenant je suis sincèrement heureuse quand je vois des chiens qui s'amusent et qui jouent et qui sont trop contents de... d'être à la mer ou de faire une rando en montagne, ce genre de choses. Alors, ce n'est pas forcément des chiens guines, mais en tout cas, j'ai plus d'empathie et d'émotion pour les animaux que je n'en avais auparavant puisqu'elle était simplement inexistante, cette empathie. Donc voilà ce que ça a changé pour moi. Je ne deviendrai pas famille d'accueil ni même adoptante de chien puisque j'ai quand même encore très, très peur et que ce n'est pas mon univers. Mais en tout cas, je suis contente de l'avoir découvert et de... d'ouvrir un peu cette porte-là dans ma vie, parce que peut-être un jour, j'espère que tu auras ton chien guide que tu accompagneras jusqu'à ce qu'il soit remis et que j'aurai l'occasion de le rencontrer. Des bisous à toi, Estelle, et des bisous à tes auditeurs et tes auditrices.
- Speaker #0
À l'occasion du podcaston, j'ai eu le plaisir d'échanger avec Vincent Julet, un homme engagé pour une meilleure visibilité du handicap. Fondateur de l'association Bien vivre au handicap à Courbevoie et membre actif de l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées, la PHPP, Vincent est d'aujourd'hui guidé par Florie, dont l'arrivée a marqué un tournant non seulement dans sa mobilité, mais aussi dans la manière dont il perçoit et accepte son propre handicap. Dans cet épisode, on parle de militantisme, d'accessibilité, de sensibilisation et du rôle parfois inattendu que peut jouer un chien guide dans un tel engagement. Et maintenant, place à l'épisode. Bonjour Vincent !
- Speaker #1
Bonjour Estelle.
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté mon invitation sur le podcast de Cherchenguide à l'occasion du podcaston. On est cette semaine dans un marathon, tu l'as appelé hackathon, moi je dis téléthon du podcast. C'est un événement que je fais chaque année, que je suis chaque année. C'est un peu l'opportunité de mettre une association en avant. Alors ok, moi j'en mets des associations à chaque podcast, à chaque épisode en avant, puisque l'univers des chiens guides d'aveugles et des chiens d'assistance est basé uniquement sur cette sphère-là. Mais aujourd'hui, on va aller un peu plus loin et j'ai voulu t'interroger. Désolé de ne pas avoir trouvé un moment pour prendre un café ensemble d'ailleurs.
- Speaker #1
C'est dommage, mais ce n'est que partie remise.
- Speaker #0
Exactement, on a essayé de se croiser. Je suis montée à Paris, tu es partie aussi faire autre chose. Et du coup, nos agendas ne se sont pas accordés. Donc, on se voit ici en visio. Moi, quand je t'ai découvert, je t'ai ouvert sur les réseaux sociaux. J'ai découvert que tu étais investie dans plein d'associations liées à ton handicap visuel. Est-ce que tu peux déjà nous donner, toi, trois mots, non pas pour décrire ton handicap visuel, mais pour te décrire toi ? je devais te rencontrer dans la rue, comment tu te définirais ?
- Speaker #1
Bientôt 48 ans, barbe mi-longue, cheveux grisonnants, mi-long. Généralement, soit en costume, mais sinon jean, chemise blanche, une veste. C'est à peu près mon style. Si tu me croises dans la rue à Courbevoie, tu vas souvent me croiser aussi en famille. Parce que je suis papa de trois enfants, donc une grande fille qui a 12 ans, un petit garçon qui a 2 ans aujourd'hui, au moment où on enregistre, et puis une petite fille qui a... qui a deux mois et demi maintenant. Et tu vas me croiser aussi. C'est aussi pour ça qu'on se rencontre aujourd'hui. Tu vas me croiser aussi avec, à ma main gauche, une très jolie labrador noire qui s'appelle Tori.
- Speaker #0
Et alors, trois mots qui te définissent, toi. Est-ce que trois adjectifs dans ta vie de tous les jours, engagé, moi, j'avais mis engagé dans mon mot, mais je pense que tu en as d'autres à donner.
- Speaker #1
Je crois qu'engagé, c'est un vrai mot. C'est un vrai mot qui me caractérise, c'est quelque chose qui m'anime. Je crois à l'engagement, je crois à l'engagement citoyen. Aujourd'hui d'ailleurs, si je devais donner un conseil, ou même un conseil, le mot peut-être est fort, mais si je devais réfléchir sur la vie que j'aimerais avoir, je dirais que je ne vois pas comment on pourrait aujourd'hui vivre son quotidien sans être engagé, sans être engagé pour ce qui nous anime. En l'occurrence, je suis multi-engagé pour la cause du handicap. En premier, je suis engagé aussi... pour mes associations de parents d'élèves, pour ma ville. Je suis aussi membre du Lyon's Club. Ce soir, j'ai une réunion aux Amis du Conservatoire. Je suis aussi multi-engagé parce que je crois que ce qu'on essaye de porter aussi, c'est aussi de donner… Moi, il y a quelques années, pendant le Covid, j'ai créé une association qui s'appelait Bien vivre sans handicap. Et l'objectif de l'association, c'est de créer du lien en local et donner une visibilité positive au handicap. Et je crois que ce que j'essaie aussi de faire en étant acteur de la cité, c'est de donner une visibilité aussi positive. à la vie de famille, mais aussi au handicap au sens large, c'est-à-dire de se dire qu'on est tous citoyens et avec une particularité, avec quelque chose qui nous différencie, on est en capacité de pouvoir vivre sa ville, sa cité, son pays comme tout un chacun. Et je crois que c'est ce qui m'anime au quotidien. Donc l'engagement, comme tu le disais, quelque chose d'assez fort. Après, oui, je dirais engagé, papa. Et puis, j'espère de dire à peu près sympa.
- Speaker #0
En tout cas, c'est l'image que tu donnes et c'est aussi ça qui m'avait attirée, c'est qu'on partage beaucoup de points en commun, je trouve, sur la partie maternité. Moi, je suis au tout début de ma maternité, Baby Boy a seulement deux ans et demi, comme ton petit garçon à peu près. Au final, je suis multi-engagée dans plein de sphères. Là, on parle Ausha, on parle handicap, les gens le savent, le podcast a cinq ans, je ne lâche rien. Mais je suis engagée en termes de musique. parents d'élèves, c'est encore un peu tôt, mais je fais plein d'autres choses à côté, bénévolement de toute façon. Ça m'a assez marquée dans tes communications de voir justement cet engagement que tu as pris à bras-le-corps, parce qu'on peut le dire, ton handicap visuel, tu cohabites avec lui depuis quelques années seulement, tu as eu une vie sans handicap visuel. Tu peux nous raconter un petit peu comment ça s'est passé pour toi ?
- Speaker #1
Bien sûr. Le temps passe très vite. Il se trouve que j'ai perdu la vue sur les deux yeux en 2007, maladie génétique. Donc en fait, c'est d'abord une atteinte sur un œil. La date, je m'en souviens comme si c'était hier, mais c'était le 29 octobre 2006. Et puis le deuxième œil, il est tombé à peu près quatre mois après. Concrètement, moi, j'ai du résidu visuel. Donc je vois à travers un gros brouillard sur un... et qui est plus ou moins opaque suivant l'œil. C'est à peu près ça, c'est comme ça que je le définirais. J'ai été pendant 15 ans directeur des ventes, directeur commercial jusqu'à 2020. Je me suis engagé localement pour la cause du handicap. Le Covid est passé par là. Beaucoup de gens ont pensé changer leur vie avec le Covid. Et pour l'instant, cinq ans après, je pense réellement pouvoir dire que j'ai changé mon orientation de vie. Et je crois que mon engagement pour les autres, s'engager pour soi, pour une entreprise, pour uniquement un salaire ou s'engager pour la communauté, ça nécessite parfois des sacrifices, mais qui valent la peine. Je crois que j'ai changé de vie depuis cinq ans en acceptant, et je crois que c'est un des points aussi importants, parce que tu me parles de ma maladie ou de mon handicap, en acceptant mon handicap. Jusqu'en 2021, j'étais en situation de handicap visuel, je n'avais pas de canne blanche. Je tombais, je générais beaucoup de quiproquos, on va en parler. Et puis... En 2021, j'ai pris une canne blanche sous le conseil de ma femme à l'époque, l'association Bien-Vivre son Handicap qu'on a créée, que j'ai créée pendant le confinement avec l'aide de ma compagne. Aujourd'hui, c'est une structure sur courbe de voie, on est à peu près 400 personnes. Donc, c'est une grosse structure locale. Mais ma femme me disait, tu ne peux pas, Vincent, dire qu'il faut accepter son handicap et ne pas le faire soi-même. Réellement, je crois que c'est ça le moteur, c'est de se dire oui. effectivement, on ne peut pas vouloir donner une visibilité positive au handicap et cacher le sien. Moi, je disais il y a quelques années, je ne suis pas handicapé, je suis gêné par l'absence de vision. C'était périphrase, quelque part, elle représente ce avec quoi beaucoup de personnes vivent, je crois, avec maintenant l'expérience que je peux avoir de ce monde-là. Donc, j'ai décidé effectivement à ce moment-là d'utiliser une canne blanche, de devenir un handicapé visible, visuel visible, si le terme peut être assez amusant. C'est là où effectivement tu m'as vu sur les réseaux majoritairement, c'est qu'ensuite ça m'a permis de rentrer à la PHPP, Association Nationale pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées, où l'objectif est de regrouper différents acteurs du monde politique, du monde économique et du monde associatif, pour porter le sujet du handicap dans tous les pans de la société, avec un très fort enjeu citoyenneté. Donc on voit que les choses sont quand même très communes, même si là il s'agit d'une action nationale, et on interface beaucoup de personnalités politiques de premier niveau. Voilà à peu près ce que je peux te dire en version assez longue par rapport à la question que tu m'as posée.
- Speaker #0
Non mais c'est intéressant parce que souvent, déjà moi je lutte un peu contre le fait qu'on colle un chien guide à tous les déficiences visuelles qu'on croise. Déjà c'est un choix et on le voit bien déjà dans ton parcours, la canne a mis du temps à arriver, entre la déficience qui est arrivée et ensuite la canne, il y a eu une bonne quinzaine d'années comme tu le disais. Le chien guide c'est encore une autre étape, on va en parler aussi. Mais entre temps tu as fait en effet ce pivot. que tu identifies toi-même en disant, voilà, reconnaître l'handicap, s'engager pour l'handicap. Alors, Bien vivre son handicap, c'est une association que tu as montée à Courbevoie, qui est, comme tu l'as dit, hyper active et qui t'a donné, je crois, la visibilité pour aller à l'APHPP, donc l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées, comme tu le disais. Comment ça s'est passé de l'un à l'autre ? On t'a vu beaucoup sur les réseaux et quelqu'un t'a dit, dans l'associatif et les fédérations, les syndicats, ça se passe souvent comme ça. Tiens, on a une association, on aurait besoin de quelqu'un. Comment ça s'est passé pour toi le cumul, on va dire, de bien vivre son handicap et de la PHPP, puisque tu n'as pas lâché l'une pour aller rejoindre l'autre. Tu fais les deux maintenant.
- Speaker #1
Je crois d'ailleurs que les deux sont importants, parce qu'effectivement, cet ancrage local, il est pour moi essentiel. Cet ancrage de citoyenneté locale est fondamental. Et puis, si on veut mettre aussi en application des choses qui sont pensées, portées au national, il est aussi essentiel pour moi d'avoir cet ancrage de proximité. Alors, l'histoire, elle est assez simple. Moi, j'avais... On était en échange sur Facebook avec Sébastien Breton, qui est le correspondant Grand Est de la PHPP. Sébastien, on a échangé sur le réseau, puis un jour on s'est dit, tiens, ce serait quand même bien que je ne sais plus, je ne suis pas capable de dire si c'est lui qui a pris contact avec moi, moi avec lui, si c'est moi qui ai voulu en savoir plus sur l'association ou si c'est lui qui a voulu en savoir plus sur moi. On a échangé au téléphone, puis il m'a dit, tiens, il faudrait que tu puisses échanger avec Mathieu Hanereau, Mathieu Hanereau qui lui est élu. Il est élu de la République, conseiller municipal sur la ville de Saint-Herblain, qui est une ville près de Nantes avec un peu plus de 50 000 personnes. Et lui, Mathieu, il avait monté en 2017 une association, la PHPP, dont l'objectif initial était de promouvoir l'engagement des personnes handicapées en politique. Donc ça, c'était le sujet de base en disant, si on veut que les choses bougent, il faut un engagement des personnes principalement concernées. Aujourd'hui, l'association a évolué vers, on appelle ça du lobbying politique, vers du plaidoyer, vers... de pouvoir parler du handicap un peu partout et de faire en sorte que ce soit un sujet fort. Après, par quel biais on le prend, c'est un autre sujet, mais faire en sorte que le sujet devienne enfin un sujet de société pour quelque chose qui concerne... On parle de 12 millions de personnes handicapées, de 11 millions d'aidants, donc on parlerait de plus d'un tiers de la population.
- Speaker #0
Oui, c'est un gros sujet, c'est ce qu'on entend souvent. Quand on rassemble tous les types de handicap, ça concerne beaucoup de personnes. C'est important, et comme tu rajoutes les aidants, tu vois, je n'avais pas le chiffre pour les aidants. C'était vraiment un pan très, très important de la société. Et c'est ça qui est intéressant aussi dans votre activité, c'est que c'est une seule voie pour tous les types de handicap. Il faut les abonder avec des représentants en interne qui connaissent peut-être les différents types de handicap, comme tu le dis, parce qu'il y a une multitude de sujets. plus tu mets de personnes, plus tu mets de diversité, plus c'est riche aussi, j'imagine, derrière en débat.
- Speaker #1
Tu sais, j'étais hier, j'animais une formation parce que 80% de mon activité est bénévole aujourd'hui, mais 100% de mon action va dans le même sens. C'est-à-dire, essayer de changer le regard de la population sur le handicap et en se disant, en essayant de montrer un maximum de personnes que le handicap est beaucoup plus large que ce qu'on peut penser. Je parlais des places de stationnement. J'expliquais que les places de stationnement, c'est assez encore amusant. même si petit à petit, on est en train d'évoluer. Mais regarde le logo qui est mentionné sur la place de stationnement, on parle d'un fauteuil roulant, alors que globalement, il s'agit d'une place prioritaire pour toutes les personnes qui ont une carte mobilité inclusion. Ça, on l'oublie. Et je crois qu'il est important de montrer que le handicap est beaucoup plus large. Le handicap, c'est complexe. C'est le handicap moteur, évidemment. C'est le fauteuil roulant, évidemment. Ça concerne à peine moins de 5% de la population. Moins de 5% des handicaps, c'est en gros 500 000 personnes. On a le handicap auditif, on a le handicap visuel, on a les maladies invalidantes, on a le handicap cognitif, psychique, mental. Tout ça, on l'oublie. Et je crois que ça, c'est quelque chose d'important parce que si on a du mal peut-être à parler d'une seule voix dans le monde du handicap, c'est qu'on a du mal à agglomérer une population. Moi, je vois sur ma ville à Courbevoie, on a 5 500 personnes qui ont officiellement une reconnaissance MDPH. C'est beaucoup.
- Speaker #0
Sur combien d'habitants à Courbevoie ?
- Speaker #1
82 000. Donc c'est beaucoup, ça fait à peu près 7% déjà officiellement avec une reconnaissance MDPH. Mais pour autant, si tu regardes comme ça, tu te balades dans la ville, tu ne te dirais jamais, il y a 5 500 handicapés. Parce que tu vois le handicap uniquement par le prisme du fauteuil, par le prisme de la canne, ou maintenant, ça peut être aussi une transition éventuellement, mais par le prisme du chien. Qui d'ailleurs est moins marqué, moins marquant, c'est-à-dire que c'est rigolo, beaucoup de gens, parce que moi j'ai un handicap qui ne se voit pas, je n'ai pas de lunettes noires, j'ai mes yeux qui ont... on peut le dire, on ressemble à des yeux qui fonctionnent normalement. Et donc, quand on me voit avec mon chien, parfois, on me dit, le chien est en éducation, vous êtes famille d'accueil, etc. Il est en formation, alors que c'est ma chaîne guide. Mais effectivement, cette notion de rendre visible le handicap, je crois que c'est quelque chose aussi d'important. Et moi, à l'origine, avant d'utiliser une canne, j'avais fait ma demande de chien, parce que c'était plus facile à accepter. Il y avait un côté un peu moins stigmatisant du chien versus la canne. Et puis en fait, moi j'ai eu mon chien au bout de trois ans, c'était deux ans et demi, un peu plus. Et donc, j'ai pris ma canne au début parce qu'on te demande quand tu as un chien d'être autonome à la canne, ce qui n'est pas intuitif. On te dit, tiens, ton chien il fait tout tout seul. Non, ton chien il ne fait pas tout tout seul.
- Speaker #0
Ah non, ce n'est pas un GPS magique.
- Speaker #1
Tu le sais du coup mieux quiconque, mais quand on te remet un chien, c'est une semaine... c'est un peu plus, mais au moins une semaine de stage intensif avec ton chien. Et moi, je crois qu'il m'a fallu quasiment 4 jours sur les 5 jours pour dire, mais en fait, c'est pas un GPS sur pattes. Et ça, c'est quand même quelque chose d'assez étonnant et pas intuitif pour les gens. Même ma grande-fille me disait l'autre jour, « Papa, est-ce qu'il existe des chiens qui sont capables de traverser au feu vert ou au feu rouge ? » Eh bien non, c'est pas comme ça qu'on fait. Le chien ne va pas aller se mettre sous les roues d'une voiture, mais la traversée, elle dépend du maître. Et ça, moi, il va très bien.
- Speaker #0
lui un peu de temps pour le compte je rebondis sur parce que je pense qu'on était connectés hier sans s'en rendre compte je rebondis sur ce que tu disais sur l'image du handicap et le logo avec le fauteuil roulant qu'on voit de partout parce qu'hier avec mon petit garçon c'était mercredi j'ai passé la journée avec lui et donc je me suis rendue on s'est pas garé sur une place réservée puisqu'on n'est pas concerné mais on passe et il me dit ah les places elles sont toutes bleues voilà il est dans l'âge où il apprend les couleurs et tout et je lui explique bah tu vois c'est tout bleu et je lui montre le logo alors au sol, mais surtout sur le panneau, parce que pour ses petits yeux de deux ans et demi, c'est compliqué de voir quelque chose qui était au sol, en lui disant, tu vois, ça, c'est une place. Et là, ma phrase a été complètement alambiquée, parce que, comme tu dis, c'est compliqué d'expliquer, en lui disant, c'est une place qui est prévue pour les personnes qui ont des difficultés, qui peuvent avoir un fauteuil roulant, mais pas que. Même si tu vois un fauteuil roulant sur l'image, et tu vois, c'est hyper, c'est comme tu disais, toi, hier, dans un contexte complètement différent. Du coup, je lui explique que ça peut être des gens qui ont des problèmes de vue, d'oreille ou plein d'autres choses qu'on ne peut pas forcément voir parce que finalement, il va grandir aujourd'hui. parce que j'ai un frère qui vient d'être diagnostiqué d'un type de handicap complètement invisible. Donc voilà, pour répondre aux gens, maintenant oui, je suis concernée par le handicap dans ma famille proche, mais pendant 27 ans, ce n'était pas le cas. Et donc, je lui explique tout ça et on rentre dans Jardiland, à côté de chez nous, un magasin dans lequel on va très souvent et souvent on y va à pied, donc il ne voit pas les places. Là, on était en voiture et je passais pour un autre engagement, pour aller chercher des sponsors pour mon comédie musicale, tu vois, qui se joue dans un mois. Et je lui ai raconté tout ça. Bref, on fait notre petit tour. Et là, on tombe sur un voisin de notre ville, Régis, avec son chien Népal, son chien guide. Et voilà. Et en fait, ça a complètement illustré le fait que, bon, même si Régis était avec sa femme et donc pas forcément sur cette place bleue, a priori, j'en sais rien, j'ai pas checké le parking. Mais ça illustre tellement que, comme tu disais, le logo CMI, mais réduit à un fauteuil roulant, n'est pas hyper explicite, on va dire.
- Speaker #1
Non, et on a besoin... on a véritablement besoin aussi de sensibiliser, j'allais dire éduquer, mais sensibiliser la population parce qu'il faut et je crois que c'est un des combats que je mène aussi associativement et que je mène un peu dans le combat de visibilité que je mène au quotidien parce que je crois que c'est un petit peu ça moi j'utilise quelque part ma tête, personne habillée certains disent que j'ai une tête de dandy des fois un peu cheveux longs, barbe alors des fois c'est pas le cas mais ... Et comme on est en audio, mais normalement une barbe pré-taillée, comme je disais, une chemise blanche, une veste, j'essaie plutôt d'être assez élégant, j'essaie d'être souriant. J'utilise cette image positive de visibilité pour dire, mais on peut être heureux en situation de handicap, on peut vivre sa vie comme tout le monde, on peut être citoyen, on peut être engagé, on peut être performant, on peut être ce qu'on a décidé d'être. Et je crois que c'est surtout ça, parce que moi, je propose un scénario. On a des gens, des rôles modèles, quelque part, comme Philippe Croison, qu'on connaît, comme Théo Curin, etc., qui sont... qui sont évidemment fantastiques, mais le handicap, ça n'est pas, et les rôles modèles, ce n'est pas forcément que des cadres amputés aussi remarquables soient-ils qui sont des sportifs de haut niveau. Ça peut être aussi, moi j'appelle ça les héros du quotidien. Moi j'essaie de porter une thématique, c'est de dire on peut être aussi cadre en situation de handicap, en faisant autrement, en allant chercher de la performance, en s'adaptant, mais il y a eu... Tout simplement faire ses courses, sortir de chez soi. On le voit déjà, rompre l'isolement, c'est quelque chose de compliqué. C'est de se dire qu'on a beaucoup de héros du quotidien qui doivent être mieux connus. Beaucoup de gens qui se lèvent le matin, on est dans le gémal, qui souffrent, c'est-à-dire je vais rester à la maison. Beaucoup de gens qui ont parfois une à deux heures de préparation pour pouvoir sortir de chez eux, pour pouvoir déplier leur corps. Des gens qui passent une à deux heures le soir pour pouvoir aller se coucher. Et tout ça, ça fait partie du quotidien et quand ces personnes-là, que je peux connaître aujourd'hui au quotidien, sortent de chez elles pour tout simplement être des citoyens, je crois que c'est la belle expression d'une diversité de la société qui s'exprime. Et je crois que, moi c'est un des combats que j'ai envie de mener en ce moment, on est quand même face à une société qui se fracture, à l'international, au national, au local. avec des messages souvent de haine, de rejet de l'autre. Et je crois que nous, quelque part, avec un handicap, qui acceptons notre difficulté du quotidien, on peut aller porter aussi un joli message de rassemblement. Je crois que ça, c'est aussi quelque chose d'essentiel et qu'il nous faut continuer à porter, je crois, le plus largement possible. En tout cas, moi, c'est ce qui m'anime.
- Speaker #0
Oui, et puis de montrer qu'il y a une grande diversité, mais qu'on peut aussi être des citoyens avec toute l'adaptation. station qu'il faut au quotidien pour sortir, pour vivre, comme tu disais, pour être citoyen, aller faire ses courses, qui prennent plus ou moins de temps, avec plus ou moins de difficultés. Comme tu dis, on est sur l'accessibilité un peu aussi, sur ces thématiques-là. Tu me parlais de ta demande de chien guide que tu as fait il y a longtemps, du coup. Les chiens guides, tu connaissais déjà ou pas du tout ? Quand tu as été déficient visuel, tout le monde t'a parlé de ça ou alors pas du tout. Comment tout ça est arrivé dans ta vie ?
- Speaker #1
Alors, on en a assez peu parlé. au début. J'ai beaucoup de personnes, j'avais 13 personnes issues de ma famille qui avaient la même maladie que moi. On en a assez peu parlé. La canne, d'ailleurs, était même assez peu utilisée par les gens qui avaient une pathologie. Et c'est sur Courbevoie où, là, en découvrant d'autres personnes, en m'investissant dans le monde associatif local, j'ai rencontré Aline, qui a eu une chienne guine pendant très longtemps, pendant plusieurs dizaines d'années. et qui m'a parlé de son chien, qu'on a pu rencontrer son chien. Et ça a été chouette, je me suis dit tiens, pourquoi pas ? C'est vrai qu'au moment de rendre visible mon handicap, parce que c'était quand même quelque chose qui était aussi important. Quand tu es en situation de handicap visuel non visible, quand tu arrives à la boulangerie, moi je prends souvent cet exemple, et tu demandes, excusez-moi, est-ce que vous pouvez me dire ce que vous avez comme sandwich, ce que vous avez comme dessert, et que la réponse qui t'est formulée, c'est une réponse, pour nous soit dit, tout à fait cohérente, c'est devant vous, c'est là. Le rendre visible le handicap, au-delà du fait que c'était aussi important pour moi-même en termes de sécurité, par la canne où le chien aujourd'hui sont... sont importants pour moi même en termes de sécurité, au-delà du côté associatif, militant, qui est de dire acceptons notre handicap et montrons-le, il y a cette troisième brique qui est de se dire aussi je facilite la vie des gens, et que quelque part je facilite les questions, puisque de toute façon c'est tellement compliqué à comprendre déjà pour nous-mêmes, à comprendre pour l'environnement, je crois que c'est encore plus complexe. Et c'est là où finalement, rendre visible son handicap, c'est aussi un service qu'on rend aux autres. Ça leur facilite le raisonnement, je dirais. Oui,
- Speaker #0
et l'adaptation en face.
- Speaker #1
Oui, clairement. Ça nous facilite aussi nos réponses.
- Speaker #0
C'est rigolo parce que cet exemple de la boulangère, j'ai un invité qui avait pris le même exemple, Romain, avec Ausha. C'est l'épisode 26, je crois. Il racontait en effet que dans son petit village, il était toujours allé chercher son pain sans canne, parce qu'il n'en avait pas forcément besoin dans le village, etc. Et que le jour où il y a eu Ausha, sa chienne guide, la boulangère a compris qu'il avait une déficience visuelle. Et du coup, a complètement adapté, mais de manière positive et cohérente. Et tu vois, pas lourde, on va dire. Remettre la monnaie dans la main, ce genre de choses où c'est un peu difficile, quand tu ne vois pas forcément bien, de positionner bien ta main au-dessous des pièces qu'on te confie. Et Romain disait qu'il n'avait pas forcément conscience lui-même. Et c'est très intéressant que tu dises que ça... t'aide aussi à comprendre des choses sur toi-même. Il n'avait pas forcément conscience que les gens étaient à ce point-là, loin de sa déficience visuelle. Il pensait qu'il y a quand même du blindiste, comme on peut dire, ou des choses qui sont difficiles à faire quand on est déficient visuel, avec toutes les nuances qu'il existe entre vous. Ça aide à la compréhension de l'autre, en tout cas, pour ceux qui veulent bien comprendre, je le souligne quand même. Il y en a toujours qui ne comprendront jamais, mais ça aide peut-être à une meilleure adaptation et une meilleure compréhension. avec les autres dans les deux sens.
- Speaker #1
C'est pour ça qu'on se bat, que ce soit bien-être ou handicap ou à l'APHPP, c'est aussi pour faire comprendre. Je crois que c'est essentiel. C'est pour ça qu'on se bat aussi, notamment pour la mise en place de sensibilisation handicap obligatoire à l'entreprise, de pouvoir lancer de gros plans de sensibilisation médias, parce qu'il est essentiel qu'on continue, j'ai utilisé le mot continuer, oui, à déconstruire les stéréotypes. Je crois que c'est fondamental. Moi, je voudrais quand même te parler d'une phrase qui est assez intéressante. C'est un ami, Jérôme. Quand j'ai décidé d'utiliser une canne blanche, j'ai fait un post sur les réseaux sociaux, sur LinkedIn, je crois qu'il a été vu plus de 10 millions de fois, c'est un truc qui est parti vraiment de manière virale. Et la première phrase de ce post, c'est « qu'est-ce qui t'est arrivé ? » . Et en fait, l'histoire était amusante, c'est que j'accompagnais ma fille Pauline à l'école, et je le faisais depuis un certain nombre d'années, et je marchais avec elle main dans la main, comme je faisais d'habitude, sauf que cette fois-ci, j'avais une canne blanche. Quand je suis arrivé devant l'école avec la canne, j'ai vu mon ami Jérôme qui m'a dit « Mais qu'est-ce qui t'est arrivé ? » Alors que ma vision n'avait pas changé. J'avais simplement rendu visible mon handicap. Et ça, quelque part, c'est assez représentatif de la vision des gens. C'est que puisqu'on rend visible, quelque chose d'autre s'est passé. Et c'est amusant parce que tout à l'heure, je me permets, tout à l'heure, je te disais que le chien, il était parfois vu comme moins... handicapant c'est à dire que quelque part comme mon handicap ne se voit pas les gens pensent qu'effectivement il est en formation il est en formation ma tori et en même temps c'est assez rigolo c'est que comme je suis passé de la canne au chien j'ai un nom important de personne qui dans les premières semaines quand ma chienne tori est arrivée on demandait si mon handicap s'était aggravé j'ai dit bah non pourquoi ? bah t'avais une canne avant maintenant t'as une chaîne j'imagine que ton handicap s'est aggravé c'est une autre vision la chienne a À les premiers moments, moi, je souffrais parce qu'avec ma canne, j'avançais tout droit quand je prenais le train. Et avec ma chienne, on avançait tout droit, mais il y avait des gens qui venaient shooter dedans parce que j'avais les mêmes mécanismes de mouvement. Je ne laissais pas ma chienne peut-être faire le travail à 100 %. Les gens venaient shooter dedans. Je disais, mais arrêtez de venir shooter dans ma chienne. Et il y avait quelque part cette violence qu'on peut imaginer. Moi, je suis à Corbevoie, donc on a Saint-Lazare qui n'est pas loin. Et il y avait cette violence quand on prend le train le matin, quand on met le métro à 8h30, etc. d'avoir effectivement cette agressivité où quelque part les gens venaient marcher sur le chien. Attention ! Et aujourd'hui je sais pas, c'est assez rigolo parce que je pensais que c'était quelque chose de constant.
- Speaker #0
Et maintenant qu'on s'est habitués l'un à l'autre, je ressens beaucoup moins cette violence. Je ne saurais pas l'expliquer.
- Speaker #1
Vous êtes accordé aussi l'un à l'autre. C'est ce que tu disais, à la différence de la canne. À la canne, les gens évitent, j'ai eu pas mal de témoignages de fils en yeux qui disaient malheureusement, elle était quand même piétinée, cette canne. Les gens ne voyaient pas l'utilité. Bref, il faut de tout pour faire un monde. Comment on va résumer cette situation comme ça ? Mais c'est vrai que le chien, les gens imaginent que le chien peut se décaler, alors qu'en fait, le rôle du chien guide, c'est de slalomer parmi les gens. Mais il va quand même essayer d'éviter un maximum. Mais il y a un moment quand les gens lui foncent dessus, il ne peut pas non plus se rendre transparent et disparaître à la seconde. Et donc, Tory, on en parle. Tu as fait ta demande quand ?
- Speaker #0
Écoute, je pense que c'était en septembre ou octobre 2021.
- Speaker #1
C'était un pas de... plus qui t'a été... Du coup, tu venais de prendre la canne pendant un an et là, tu t'es dit, peut-être qu'on peut faire mieux.
- Speaker #0
Je n'avais pas ma canne. C'était avant de prendre ma canne. C'était juste le mois avant. On a acheté une canne en parallèle qui est restée dans un placard pendant un mois. Je n'osais pas la sortir. Quelque part, pendant pas mal de temps, mon dossier de chien guide a été mis... Il a été envoyé le temps qu'il soit traité. Il y a quand même une vraie lenteur de... pour pouvoir effectivement passer du moment où on fait la demande à... On va découvrir l'école. Après, une fois qu'on a découvert l'école, au moment où on va essayer, où on va nous présenter l'animal. C'est assez intéressant d'ailleurs. J'avais un instructeur de locomotion qui était venu me voir. Et puis, on faisait des exemples avec le guidon, des essais avec le guidon, où j'avais le guidon à la main. C'était l'instructeur de locomotion qui... C'est le rôle du chien.
- Speaker #1
Oui, qui était au bout du guidon. Oui, c'est assez perturbant. Alors que la 4 pattes en précise, pour ceux qui nous écoutent, il est bien debout, il le tient avec une autre main aussi.
- Speaker #0
Oui, voilà, mais c'est perturbant. Parce qu'au début, j'ai dit, j'espère que les gens ne vont pas me voir en train d'être tiré par un monsieur avec un guide derrière un guidon. Mais c'était assez perturbant. J'étais assez gédé la première fois. Tout ça a mis deux ans et demi à peu près. Et puis après, j'ai fait un premier essai d'une chienne, mais qui ne convenait pas tout à fait à mon rythme de marche, qui était un peu lent par rapport à... à moi, à mon activité. Et puis finalement, on a fait un essai avec Tori. Il n'y avait qu'une seule chienne. Normalement, on nous présente, ce qu'on m'a dit, c'est qu'on nous présentait trois chiens pour pouvoir faire un choix et comprendre quel est l'animal qui nous correspond. Et là, c'était intéressant. Il n'y avait que Tori. Je pense qu'il n'y a qu'un seul chien. Mais je pense que vous devriez quand même l'essayer. Ça devrait vous correspondre. Et Tori, en fait, c'est assez amusant parce que c'est une première de la classe qui était vraiment... très appliquée, assez sensible comme chienne, et vraiment dans cette... Elle veut bien faire, et bon, c'est assez chouette. Et moi, j'avais... En fait, il fallait un double... L'enjeu pour moi, c'est qu'il me fallait une chienne qui puisse aller assez vite, assez dynamique, qui soit aussi capable, parce que j'ai une famille de trois enfants, donc de pouvoir aussi, même si ce n'était pas le premier critère, mais être une chienne de famille. Et puis, et ça, c'est quelque chose de compliqué, je fais beaucoup de réunions, de rendez-vous. La première fois, je crois que c'est en septembre dernier, je prends la parole à l'UNESCO. La salle n'était pas pleine, on devait être à 800-900 personnes devant moi quand même. Et là, je rentre, c'est la première fois où j'avais une apparition avec Tori. Je venais de la voir depuis assez peu de temps finalement. Et donc, on avance, on va se mettre à notre place. Je prends la parole, c'est une table ronde, on était 10 ou 15 sur la scène. Et je prends la parole 5 minutes, mais on est là une heure. Et je me dis, comment ça va se passer ? Et là, pendant cette heure-là, elle est restée tranquillement. allonger et ça, savoir s'allonger, savoir rester calme, ne pas faire de bruit quand il faut rester, quand il ne faut pas faire de bruit et de repartir en action quand il faut partir en action avec quelqu'un de très dynamique comme je peux être je crois, multi engagé dans beaucoup de directions. Elle a une journée peut-être plus fatigante que beaucoup d'autres chiens mais c'est une équation pas forcément simple à résoudre et je crois que aujourd'hui moi je suis Je suis heureux, je ne connaissais pas l'univers des chiens, mais je n'avais même pas d'appétence pour avoir un chien aujourd'hui. Mais aujourd'hui, pour être honnête, j'en rigolais un peu avant d'avoir une chienne à la maison. Mais oui, il y a quand même une vraie relation. J'allais utiliser ce terme-là, une relation d'amour avec le chien. Mais vraiment, une relation, c'est une des membres de la famille maintenant, tout en étant à la fois une chienne guide. C'est beaucoup plus qu'une canne sur pâte, c'est à la fois une membre de la famille. C'est assez chouette aussi aujourd'hui la relation qu'on a commencé à construire.
- Speaker #1
Je te disais juste avant d'enregistrer que Dory, moi je la connais. et qu'elle m'a rencontrée. Je recherchais les photos en te parlant, en t'écoutant. Et en fait, elle était toute petite quand je l'ai rencontrée, moi. C'était en juillet 2022. Donc, elle est de février. Si mes souvenirs sont bons.
- Speaker #0
27 février.
- Speaker #1
C'est ça. Et bien, je l'ai rencontrée le 28 juillet. Et ceux qui savent ce qui s'est passé l'été 2022, j'étais tout à fait très ronde. Et c'est la dernière chienne, en fait, à m'avoir vue très ronde. Puisque deux jours après, j'étais à la maternité, tout simplement. C'était un peu en avance par rapport à ce qui était prévu, mais c'était très bien aussi. Et oui, je l'ai rencontrée quand elle était avec Laurie, sa famille d'accueil, sa famille relais, pardon, pour une petite période à cet été 2022. C'est vrai que l'autre jour, quand je regardais un peu tes profils et que je revoyais le nom de Tori, tout de suite, en fait, ça m'a fait tilt en me disant, mais c'est celle-là. Est-ce que c'est vraiment celle-là ? Donc déjà, c'est la même couleur de chien, c'est la même race, c'est la même école. Il y avait très peu de chances pour que ce soit différent au sein de la même école. Mais donc oui, Tori, c'est très rigolo. Tu vois, de ces cinq mois quand je l'ai rencontrée, c'est rigolo parce qu'on était allé au restaurant après la détente et elle avait été très posée. On l'avait complètement oubliée. J'ai des belles photos d'elle. Je te ferai passer avec ses jolis yeux orange un petit peu qui sont magnifiques. Elle était vraiment très chou à cette époque. J'imagine, quand je vois les photos aujourd'hui, elle est vraiment... Tu disais que tu utilises aussi ton image bien loupe. bouquée, bien coiffée, bien barbue, etc. Mais du coup, depuis qu'elle est rentrée dans ta vie en juillet l'année dernière, elle fait partie aussi de ton image maintenant. On la voit tout le temps. Elle est tout le temps à côté de toi.
- Speaker #0
C'est une mini-starlette. Entendons-nous bien, je parle de handicap, je parle de responsable associatif ou de responsable politique que je rencontre. C'est surtout ce que j'essaie de faire dans les réseaux parce que c'est pas facile comme exercice. Je monte ma tête. Donc quand on monte sa tête, il y a un côté où naturellement, on décide de se mettre en avant. Puisque tu as vu mes communications, tu vois que généralement, j'essaie toujours de mettre du contenu. J'essaie toujours d'apporter quelque chose. Parce que je me dis, si quelqu'un lit deux lignes, il faut qu'il puisse apprendre quelque chose, qu'il puisse s'interroger. Et si quelqu'un décide d'aller jusqu'à la fin des 3000 caractères, qui est à peu près la place qu'on a sur LinkedIn, eh bien, il faut qu'il puisse s'interroger. qu'il puisse aussi apprendre quelque chose s'il a envie de le faire. Et je crois que c'est aussi ça, une grande partie de ce que j'essaie de faire, c'est de communiquer le plus largement possible, mais d'aller au-delà de « j'ai rencontré un tel, j'ai fait ça » , c'est de toujours réfléchir à « tiens, qu'est-ce que je peux aller raconter ? » Je prendrais cet exemple-là, hier c'était intéressant, j'ai eu une question en formation, et peut-être qu'il y aura un poste qui sortira sur LinkedIn dans les prochains temps là-dessus, mais c'était une des questions qui était de se dire « Vincent, moi je faisais le tour de table au début, quelles sont vos attentes ? » La personne disait, mais moi, en fait, souvent, je vais vers les personnes handicapées et elles ne veulent pas que je m'occupe d'elles et je ne comprends pas. C'est intéressant comme question. Je dis, pourquoi ? Bon, finalement, on a trouvé la solution après la fin de formation, mais il y avait une autre question qui était de se dire aussi, souvent, le problème, ce n'est pas avec les personnes handicapées, c'est avec leurs accompagnants. C'est intéressant comme question. Je crois qu'il y a plein de théories, quelque part, c'est notre... Oui, on est un binôme aujourd'hui, pour revenir là-dessus. On est un vrai binôme de vie, même si nous, on vit à six chez nous, avec elle. Mais on est un binôme de communication aussi. Et je crois qu'elle apporte aussi quelque chose de doux. Et puis moi, c'est aussi un des services que j'ai aussi envie de rendre à l'association des chiens guides de Paris. Parce qu'on le sait bien, ça coûte très cher d'élever un chien. C'est beaucoup de temps. Et je me dis que quelque part... Bien sûr qu'elle m'apporte dans le guidage au quotidien, mais ce que je peux rendre aussi, c'est quelque part donner directement ou indirectement de la visibilité au chien guide par mes communications.
- Speaker #1
Et si tu devais aujourd'hui, comme tu l'as fait pour toi au début de l'interview, un peu pour boucler la boucle, donner trois mots pour la décrire, comment tu la décrirais autre que physiquement ? On a dit que c'était un labrador noir, mais sur son caractère ?
- Speaker #0
C'est intéressant, parce qu'effectivement, je parlais d'amour du chien tout à l'heure. Et donc... Je dirais sensible, sérieuse, joueuse. Et ces points-là sont importants, c'est pour ça que j'ai voulu terminer par sérieuse et joueuse, parce que c'est souvent une des questions qu'on me pose sur des chiens, c'est quand même dommage parce que ce sont des chiens qui ne s'amusent pas. Et je peux vous assurer que non, c'est qu'en fait, quand on lui donne la possibilité de s'amuser, sincèrement, elle s'éclate. Si elle a... Quand ma femme, ma grande-fille joue avec, d'ailleurs il y a un comportement très différent avec les petits enfants où elle est vraiment très prudente. On sent qu'elle ne veut pas comme être d'un père. Moi avec mon fils Augustin qui a deux ans, maintenant il commence à venir lui faire des caresses et elle se laisse faire. Mais il y a très peu de temps, encore, elle l'évitait. Parce que quand on joue avec elle, elle joue. Mais elle est horrible, c'est 29 kilos de muscles. Pour un petit bonhomme qui fait 13 kilos, il faut faire attention. Là, j'ai ma petite Jeanne qui fait 4,5 kilos. Naturellement, on fait attention. De toute façon, il faut toujours faire attention. Elle est capable d'être... De temps en temps, la voix, elle dort. Elle est dans son panier, elle dort. Elle est en train de ronfler. sûrement elle n'a pas son toit à renfler elle est à l'aise et puis allez Tori on y va bon on sent qu'elle s'étire et puis bon allez on y va elle est presque aussi épanouie à sortir qu'elle dans son panier et
- Speaker #1
je crois que c'est ça qui est assez formidable sur cette chaîne moi je suis absolument ravi c'est une bonne chose qu'elle soit arrivée finalement par ici dans ta vie oui et tu vois j'ai quand même un point parce que
- Speaker #0
Je ne me posais pas cette question au début. Il y a eu une question de beaucoup de personnes quand j'ai fait une première communication avec Tory, et notamment de par les propriétaires de chiens, qui m'ont dit « est-ce que vous allez la garder à la fin ? » Et ça, question, parce que mine de rien, elle a 3 ans. Les chiens, globalement, guident, partent à la retraite à 10 ans. Ça veut dire que si je veux pouvoir continuer à avoir un chien guide, il va falloir que dans 5 ans, je me pose cette question. C'est à peu près ça. Eh bien, tu vois Estelle, je n'ai pas encore de... de réponse catégorique à donner.
- Speaker #1
Et puis, elle peut évoluer de toute façon.
- Speaker #0
Mais elle peut évoluer. Mais là, j'avais une question de ma fille l'autre jour qui me dit, oui, mais papa, c'est quand même bien parce que si jamais on la donne à quelqu'un d'autre, parce qu'au moins, on ne la verra pas mourir. Et moi, je lui dis, ouais, mais tu la vois la laisser mourir avec quelqu'un d'autre que nous. Et ouais, c'est des mots, une discussion quand même assez forte, mais qui prouve qu'au-delà du chien guide, elle a pris quand même aussi un autre statut chez nous.
- Speaker #1
Et tout ça en moins d'un an, puisque... On se parlait en février et elle est là avec toi depuis juillet.
- Speaker #0
C'est fantastique.
- Speaker #1
Ils prennent vite la place. Et c'est très bien. J'en parlais avec Mathis, que tu connais, qui a bossé un peu avec vous aussi à la PHPP. Nous, on a fait un épisode en immersion. Il m'a raconté pendant... Du coup, ça a été six, huit mois d'attente où on s'est raconté parmi ces deux ans d'attente. Et en fait, quand on a enregistré chez lui, en décembre... Ça faisait un mois qu'il avait eu Riel à ses côtés et en fait, on oublie vite la temps. Elle n'est pas négligeable, mais au final, le chien guide s'installe très rapidement dans la vie de son bénéficiaire et en devient vite indispensable, mais dans tous les côtés de la vie, comme tu disais, autant dans le guidage que dans la joie de vivre, dans le jeu, dans la famille, notamment. Dans ton cas, elle a pris sa place. Bon, écoute, merci. Je vois qu'on arrive au bout de notre temps donné dans nos agendas respectifs.
- Speaker #0
Merci, Estelle.
- Speaker #1
Merci à toi, en tout cas, Vincent. Je compte sur une prochaine fois à Paris pour essayer de te croiser pour boire ce café ou ce chocolat chaud, pour ma part. J'ai recroisé Tori, qui aura bien grandi depuis la dernière fois que je l'ai vue, avec laquelle j'avais joué, papoté, caressé. En tout cas, merci pour ton temps. Et puis, on continue à suivre les deux associations notamment que tu nous as données. Donc, la station que tu as fondée à Courbevoie, Bien vivre son handicap. et puis la PHPP donc je le redis l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées sur laquelle tu es aussi très engagé et puis on n'hésite pas à te suivre toi sur LinkedIn tu nous as donné tu nous as beaucoup parlé de ce réseau et sur Instagram et puis Facebook aussi où on en a moins parlé mais ah oui je suis en fait très
- Speaker #0
présent sur Facebook le gros de notre communauté locale vient de Facebook à l'origine c'était un groupe Facebook donc Facebook c'est notre Facebook c'est L'association, majoritairement, l'association locale et la famille. Instagram, c'est un peu tout le monde. LinkedIn, c'est du pro tout le monde. Un peu même sur X. J'ai gardé le réseau pour l'instant.
- Speaker #1
Tu as gardé le réseau. J'avoue que moi, j'ai un peu abandonné. Je me suis recentrée sur d'autres réseaux. J'ai dû faire des choix. Mais en tout cas, n'hésitez pas à aller suivre Vincent. Et puis Vincent, merci beaucoup pour ton temps et au plaisir de te croiser avec Tori et éventuellement ta petite famille sur Courbeauvoie ou ailleurs.
- Speaker #0
Mon plaisir également, Estelle.
- Speaker #1
Et voilà, c'est la fin de cet épisode avec Vincent Julot. Et j'espère qu'il vous a inspiré. Si son engagement vous parle, je vous recommande d'écouter l'épisode 11 où Arthur raconte comment sa chaîne guide, Loya, l'a poussé à défendre ses droits et à s'investir davantage. Et vous, êtes-vous engagé dans une association ou pour une cause qui vous tient à cœur ? Dites-le-moi en commentaire ou en message privé, j'adorerais en discuter avec vous. De mon côté, je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode sur l'univers méconnu des chaînes guides d'aveugles. Merci.