🩼97 - Vincent et Tauri - S’engager pour la visibilitĂ© du handicap avec l’APHPP cover
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Futur Chien Guide

🩼97 - Vincent et Tauri - S’engager pour la visibilitĂ© du handicap avec l’APHPP

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44min |19/03/2025
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Description

Pour le Podcasthon, découvrez l'Association pour la Prise en compte du Handicap dans les Politiques Publiques et Privées (APHPP) avec Vincent Julé, son vice-président !


🩼 C'est quoi cette histoire de Podcasthon ?
C'est le téléthon du podcast qui a pour objectif de vous faire découvrir des assos via vos podcasts préférés !


Vincent Ɠuvre pour rendre le handicap plus visible et faire Ă©voluer les politiques publiques en faveur de l’accessibilitĂ©.


Depuis juillet 2023, il est accompagnĂ© par Tauri, sa chienne guide, dont l’arrivĂ©e a marquĂ© une vĂ©ritable Ă©volution dans son rapport Ă  son propre handicap.


đŸŸ Dans cet Ă©pisode, dĂ©couvrez :
✔ Le rĂŽle de l’APHPP et les actions menĂ©es pour l’accessibilitĂ©.
✔ Le parcours de Vincent et son engagement associatif.
✔ L’impact de Tauri sur sa perception et son quotidien.
✔ Pourquoi il est essentiel de donner plus de visibilitĂ© aux personnes en situation de handicap.
✔ Comment chacun peut contribuer Ă  faire bouger les lignes.


đŸ¶ Et vous, ĂȘtes-vous engagĂ© dans une association ou pour une cause qui vous tient Ă  cƓur ? Dites-le-moi en commentaire ou en message privĂ©, j’adorerais en discuter avec vous !


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Création originale : Estelle Boullu

Production, enregistrement : Estelle Boullu

Montage : Alice Krief - Les Belles Fréquences

Musique originale : It's a Date de Frédéric Auger


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Je la connais et elle m'a connue, c'est la derniÚre à m'avoir connue, le plus enceinte, je crois, c'est le dernier chien que j'ai croisé deux jours avant d'accoucher.

  • Speaker #1

    GĂ©nial,

  • Speaker #0

    génial. Oui, c'est vrai que quand j'ai vu qu'elle t'avait été remise, ça m'a fait sourire aussi parce que c'est toujours émouvant de voir les chiens qu'on a vus en tant que futur chien guide quand ils sont vraiment remis à leur bénéficiaire.

  • Speaker #1

    C'est gĂ©nial et pour information sur ma ville ici Ă  Courbevoie. on a une des sƓurs de Tori qui a Ă©tĂ© rĂ©formĂ©e qui a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  sa famille d'accueil et donc Ă  quelques mĂštres de chez elle il y a sa sƓur rĂ©formĂ©e elles se sont croisĂ©es l'autre jour on s'est promis un jour d'aller faire une balade ensemble mais c'est assez sympa et un jour elle m'a croisĂ© tu le sais je suis trĂšs prĂ©sent sur les rĂ©seaux sociaux c'est je crois aussi une des maniĂšres de m'investir et donner de la visibilitĂ© au handicap c'est quelque chose qui m'anime et c'est quand mĂȘme du coup la personne m'a trouvĂ© elle Ă©tait qu'on me voit, elle m'a trouvĂ© sur Instagram et un jour elle a pris contact avec moi et puis en plus par le rĂ©seau des parents d'Ă©lĂšves, je suis aussi investi comme parent d'Ă©lĂšves, elle m'a retrouvĂ©, elle m'a envoyĂ© un message et puis un jour on s'est croisĂ© Ă  la sortie de mon immeuble. VoilĂ , tout simplement, par hasard, c'est assez fantastique. On s'est promis Ă  un moment donnĂ© de prendre le temps d'aller faire une balade.

  • Speaker #0

    Salut, c'est Estelle et vous Ă©coutez Futur Chien Guide, le podcast sur l'univers mĂ©connu des chiens guides d'aveugles. Chaque mois, je vous invite Ă  dĂ©couvrir les aventures de celles et ceux qui vivent cet univers au quotidien et ce lien si prĂ©cieux qui les unit Ă  leurs chiens. PassionnĂ©s et bĂ©nĂ©voles depuis des annĂ©es, d'abord Ă  Paris et aujourd'hui Ă  Lyon, je suis persuadĂ©e que leurs histoires pourront vous toucher, vous informer et peut-ĂȘtre mĂȘme vous donner envie de vous engager. Savez-vous justement que seuls 1% des dĂ©ficients visuels sont accompagnĂ©s d'un chien guide ? Alors, si vous voulez en savoir plus sur l'actualitĂ© des chiens guides et les colisses du podcast, inscrivez-vous sans tarder Ă  ma newsletter mensuelle. Avant de passer Ă  l'Ă©pisode du jour, je laisse mon micro Ă  SolĂšne, mon amie crĂ©atrice du podcast Tribune et Podium, qui m'a laissĂ© un petit message il y a quelques temps.

  • Speaker #2

    Coucou Estelle, coucou les auditorices de Futur Chien Guide. Alors pour ce que sont-ils devenus, moi le podcast il a changĂ© quelque chose d'assez important dans ma vie, c'est-Ă -dire que j'ai une phobie des chiens, je change de trottoir quand je vois un chien, j'ai extrĂȘmement peur des chiens. Mais alors depuis que j'Ă©coute Futur Chien Guide et que je te cĂŽtoie, je prends un peu plus de recul sur ma peur, c'est-Ă -dire que certains chiens continuent de me faire extrĂȘmement peur. et me tĂ©tanise, mais certains ont dĂ©sormais une place dans ma vie. Je n'ai pas adoptĂ© de chien et je pense que je ne le ferai jamais. Je suis dĂ©solĂ©e pour ça, mais en l'occurrence, il y a des chiens maintenant que j'aime bien promener. Ceux de mes amis, par exemple, j'aime bien partir qu'ils soient lĂ  quand on part en week-end ensemble, etc. Et surtout, je suis plus attentive quand je croise des chiens guides dans la rue, Ă  tel point que dĂšs que j'en crois... croise, je t'envoie une photo pour te dire est-ce que c'est un chien guide ou est-ce que c'est juste un chien qui a un joli harnais ? Et tu me fais un retour lĂ -dessus en gĂ©nĂ©ral. Donc voilĂ  ce que ça a changĂ©, c'est que je fais plus attention Ă  ça et j'ai aussi plus d'empathie et d'Ă©motion pour les animaux, ce qui n'Ă©tait pas du tout le cas avant. C'est-Ă -dire que maintenant je suis sincĂšrement heureuse quand je vois des chiens qui s'amusent et qui jouent et qui sont trop contents de... d'ĂȘtre Ă  la mer ou de faire une rando en montagne, ce genre de choses. Alors, ce n'est pas forcĂ©ment des chiens guines, mais en tout cas, j'ai plus d'empathie et d'Ă©motion pour les animaux que je n'en avais auparavant puisqu'elle Ă©tait simplement inexistante, cette empathie. Donc voilĂ  ce que ça a changĂ© pour moi. Je ne deviendrai pas famille d'accueil ni mĂȘme adoptante de chien puisque j'ai quand mĂȘme encore trĂšs, trĂšs peur et que ce n'est pas mon univers. Mais en tout cas, je suis contente de l'avoir dĂ©couvert et de... d'ouvrir un peu cette porte-lĂ  dans ma vie, parce que peut-ĂȘtre un jour, j'espĂšre que tu auras ton chien guide que tu accompagneras jusqu'Ă  ce qu'il soit remis et que j'aurai l'occasion de le rencontrer. Des bisous Ă  toi, Estelle, et des bisous Ă  tes auditeurs et tes auditrices.

  • Speaker #0

    À l'occasion du podcaston, j'ai eu le plaisir d'Ă©changer avec Vincent Julet, un homme engagĂ© pour une meilleure visibilitĂ© du handicap. Fondateur de l'association Bien vivre au handicap Ă  Courbevoie et membre actif de l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, la PHPP, Vincent est d'aujourd'hui guidĂ© par Florie, dont l'arrivĂ©e a marquĂ© un tournant non seulement dans sa mobilitĂ©, mais aussi dans la maniĂšre dont il perçoit et accepte son propre handicap. Dans cet Ă©pisode, on parle de militantisme, d'accessibilitĂ©, de sensibilisation et du rĂŽle parfois inattendu que peut jouer un chien guide dans un tel engagement. Et maintenant, place Ă  l'Ă©pisode. Bonjour Vincent !

  • Speaker #1

    Bonjour Estelle.

  • Speaker #0

    Merci d'avoir accepté mon invitation sur le podcast de Cherchenguide à l'occasion du podcaston. On est cette semaine dans un marathon, tu l'as appelé hackathon, moi je dis téléthon du podcast. C'est un événement que je fais chaque année, que je suis chaque année. C'est un peu l'opportunité de mettre une association en avant. Alors ok, moi j'en mets des associations à chaque podcast, à chaque épisode en avant, puisque l'univers des chiens guides d'aveugles et des chiens d'assistance est basé uniquement sur cette sphÚre-là. Mais aujourd'hui, on va aller un peu plus loin et j'ai voulu t'interroger. Désolé de ne pas avoir trouvé un moment pour prendre un café ensemble d'ailleurs.

  • Speaker #1

    C'est dommage, mais ce n'est que partie remise.

  • Speaker #0

    Exactement, on a essayé de se croiser. Je suis montée à Paris, tu es partie aussi faire autre chose. Et du coup, nos agendas ne se sont pas accordés. Donc, on se voit ici en visio. Moi, quand je t'ai découvert, je t'ai ouvert sur les réseaux sociaux. J'ai découvert que tu étais investie dans plein d'associations liées à ton handicap visuel. Est-ce que tu peux déjà nous donner, toi, trois mots, non pas pour décrire ton handicap visuel, mais pour te décrire toi ? je devais te rencontrer dans la rue, comment tu te définirais ?

  • Speaker #1

    BientĂŽt 48 ans, barbe mi-longue, cheveux grisonnants, mi-long. GĂ©nĂ©ralement, soit en costume, mais sinon jean, chemise blanche, une veste. C'est Ă  peu prĂšs mon style. Si tu me croises dans la rue Ă  Courbevoie, tu vas souvent me croiser aussi en famille. Parce que je suis papa de trois enfants, donc une grande fille qui a 12 ans, un petit garçon qui a 2 ans aujourd'hui, au moment oĂč on enregistre, et puis une petite fille qui a... qui a deux mois et demi maintenant. Et tu vas me croiser aussi. C'est aussi pour ça qu'on se rencontre aujourd'hui. Tu vas me croiser aussi avec, Ă  ma main gauche, une trĂšs jolie labrador noire qui s'appelle Tori.

  • Speaker #0

    Et alors, trois mots qui te définissent, toi. Est-ce que trois adjectifs dans ta vie de tous les jours, engagé, moi, j'avais mis engagé dans mon mot, mais je pense que tu en as d'autres à donner.

  • Speaker #1

    Je crois qu'engagĂ©, c'est un vrai mot. C'est un vrai mot qui me caractĂ©rise, c'est quelque chose qui m'anime. Je crois Ă  l'engagement, je crois Ă  l'engagement citoyen. Aujourd'hui d'ailleurs, si je devais donner un conseil, ou mĂȘme un conseil, le mot peut-ĂȘtre est fort, mais si je devais rĂ©flĂ©chir sur la vie que j'aimerais avoir, je dirais que je ne vois pas comment on pourrait aujourd'hui vivre son quotidien sans ĂȘtre engagĂ©, sans ĂȘtre engagĂ© pour ce qui nous anime. En l'occurrence, je suis multi-engagĂ© pour la cause du handicap. En premier, je suis engagĂ© aussi... pour mes associations de parents d'Ă©lĂšves, pour ma ville. Je suis aussi membre du Lyon's Club. Ce soir, j'ai une rĂ©union aux Amis du Conservatoire. Je suis aussi multi-engagĂ© parce que je crois que ce qu'on essaye de porter aussi, c'est aussi de donner
 Moi, il y a quelques annĂ©es, pendant le Covid, j'ai crĂ©Ă© une association qui s'appelait Bien vivre sans handicap. Et l'objectif de l'association, c'est de crĂ©er du lien en local et donner une visibilitĂ© positive au handicap. Et je crois que ce que j'essaie aussi de faire en Ă©tant acteur de la citĂ©, c'est de donner une visibilitĂ© aussi positive. Ă  la vie de famille, mais aussi au handicap au sens large, c'est-Ă -dire de se dire qu'on est tous citoyens et avec une particularitĂ©, avec quelque chose qui nous diffĂ©rencie, on est en capacitĂ© de pouvoir vivre sa ville, sa citĂ©, son pays comme tout un chacun. Et je crois que c'est ce qui m'anime au quotidien. Donc l'engagement, comme tu le disais, quelque chose d'assez fort. AprĂšs, oui, je dirais engagĂ©, papa. Et puis, j'espĂšre de dire Ă  peu prĂšs sympa.

  • Speaker #0

    En tout cas, c'est l'image que tu donnes et c'est aussi ça qui m'avait attirĂ©e, c'est qu'on partage beaucoup de points en commun, je trouve, sur la partie maternitĂ©. Moi, je suis au tout dĂ©but de ma maternitĂ©, Baby Boy a seulement deux ans et demi, comme ton petit garçon Ă  peu prĂšs. Au final, je suis multi-engagĂ©e dans plein de sphĂšres. LĂ , on parle Ausha, on parle handicap, les gens le savent, le podcast a cinq ans, je ne lĂąche rien. Mais je suis engagĂ©e en termes de musique. parents d'Ă©lĂšves, c'est encore un peu tĂŽt, mais je fais plein d'autres choses Ă  cĂŽtĂ©, bĂ©nĂ©volement de toute façon. Ça m'a assez marquĂ©e dans tes communications de voir justement cet engagement que tu as pris Ă  bras-le-corps, parce qu'on peut le dire, ton handicap visuel, tu cohabites avec lui depuis quelques annĂ©es seulement, tu as eu une vie sans handicap visuel. Tu peux nous raconter un petit peu comment ça s'est passĂ© pour toi ?

  • Speaker #1

    Bien sĂ»r. Le temps passe trĂšs vite. Il se trouve que j'ai perdu la vue sur les deux yeux en 2007, maladie gĂ©nĂ©tique. Donc en fait, c'est d'abord une atteinte sur un Ɠil. La date, je m'en souviens comme si c'Ă©tait hier, mais c'Ă©tait le 29 octobre 2006. Et puis le deuxiĂšme Ɠil, il est tombĂ© Ă  peu prĂšs quatre mois aprĂšs. ConcrĂštement, moi, j'ai du rĂ©sidu visuel. Donc je vois Ă  travers un gros brouillard sur un... et qui est plus ou moins opaque suivant l'Ɠil. C'est Ă  peu prĂšs ça, c'est comme ça que je le dĂ©finirais. J'ai Ă©tĂ© pendant 15 ans directeur des ventes, directeur commercial jusqu'Ă  2020. Je me suis engagĂ© localement pour la cause du handicap. Le Covid est passĂ© par lĂ . Beaucoup de gens ont pensĂ© changer leur vie avec le Covid. Et pour l'instant, cinq ans aprĂšs, je pense rĂ©ellement pouvoir dire que j'ai changĂ© mon orientation de vie. Et je crois que mon engagement pour les autres, s'engager pour soi, pour une entreprise, pour uniquement un salaire ou s'engager pour la communautĂ©, ça nĂ©cessite parfois des sacrifices, mais qui valent la peine. Je crois que j'ai changĂ© de vie depuis cinq ans en acceptant, et je crois que c'est un des points aussi importants, parce que tu me parles de ma maladie ou de mon handicap, en acceptant mon handicap. Jusqu'en 2021, j'Ă©tais en situation de handicap visuel, je n'avais pas de canne blanche. Je tombais, je gĂ©nĂ©rais beaucoup de quiproquos, on va en parler. Et puis... En 2021, j'ai pris une canne blanche sous le conseil de ma femme Ă  l'Ă©poque, l'association Bien-Vivre son Handicap qu'on a crĂ©Ă©e, que j'ai crĂ©Ă©e pendant le confinement avec l'aide de ma compagne. Aujourd'hui, c'est une structure sur courbe de voie, on est Ă  peu prĂšs 400 personnes. Donc, c'est une grosse structure locale. Mais ma femme me disait, tu ne peux pas, Vincent, dire qu'il faut accepter son handicap et ne pas le faire soi-mĂȘme. RĂ©ellement, je crois que c'est ça le moteur, c'est de se dire oui. effectivement, on ne peut pas vouloir donner une visibilitĂ© positive au handicap et cacher le sien. Moi, je disais il y a quelques annĂ©es, je ne suis pas handicapĂ©, je suis gĂȘnĂ© par l'absence de vision. C'Ă©tait pĂ©riphrase, quelque part, elle reprĂ©sente ce avec quoi beaucoup de personnes vivent, je crois, avec maintenant l'expĂ©rience que je peux avoir de ce monde-lĂ . Donc, j'ai dĂ©cidĂ© effectivement Ă  ce moment-lĂ  d'utiliser une canne blanche, de devenir un handicapĂ© visible, visuel visible, si le terme peut ĂȘtre assez amusant. C'est lĂ  oĂč effectivement tu m'as vu sur les rĂ©seaux majoritairement, c'est qu'ensuite ça m'a permis de rentrer Ă  la PHPP, Association Nationale pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, oĂč l'objectif est de regrouper diffĂ©rents acteurs du monde politique, du monde Ă©conomique et du monde associatif, pour porter le sujet du handicap dans tous les pans de la sociĂ©tĂ©, avec un trĂšs fort enjeu citoyennetĂ©. Donc on voit que les choses sont quand mĂȘme trĂšs communes, mĂȘme si lĂ  il s'agit d'une action nationale, et on interface beaucoup de personnalitĂ©s politiques de premier niveau. VoilĂ  Ă  peu prĂšs ce que je peux te dire en version assez longue par rapport Ă  la question que tu m'as posĂ©e.

  • Speaker #0

    Non mais c'est intĂ©ressant parce que souvent, dĂ©jĂ  moi je lutte un peu contre le fait qu'on colle un chien guide Ă  tous les dĂ©ficiences visuelles qu'on croise. DĂ©jĂ  c'est un choix et on le voit bien dĂ©jĂ  dans ton parcours, la canne a mis du temps Ă  arriver, entre la dĂ©ficience qui est arrivĂ©e et ensuite la canne, il y a eu une bonne quinzaine d'annĂ©es comme tu le disais. Le chien guide c'est encore une autre Ă©tape, on va en parler aussi. Mais entre temps tu as fait en effet ce pivot. que tu identifies toi-mĂȘme en disant, voilĂ , reconnaĂźtre l'handicap, s'engager pour l'handicap. Alors, Bien vivre son handicap, c'est une association que tu as montĂ©e Ă  Courbevoie, qui est, comme tu l'as dit, hyper active et qui t'a donnĂ©, je crois, la visibilitĂ© pour aller Ă  l'APHPP, donc l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, comme tu le disais. Comment ça s'est passĂ© de l'un Ă  l'autre ? On t'a vu beaucoup sur les rĂ©seaux et quelqu'un t'a dit, dans l'associatif et les fĂ©dĂ©rations, les syndicats, ça se passe souvent comme ça. Tiens, on a une association, on aurait besoin de quelqu'un. Comment ça s'est passĂ© pour toi le cumul, on va dire, de bien vivre son handicap et de la PHPP, puisque tu n'as pas lĂąchĂ© l'une pour aller rejoindre l'autre. Tu fais les deux maintenant.

  • Speaker #1

    Je crois d'ailleurs que les deux sont importants, parce qu'effectivement, cet ancrage local, il est pour moi essentiel. Cet ancrage de citoyennetĂ© locale est fondamental. Et puis, si on veut mettre aussi en application des choses qui sont pensĂ©es, portĂ©es au national, il est aussi essentiel pour moi d'avoir cet ancrage de proximitĂ©. Alors, l'histoire, elle est assez simple. Moi, j'avais... On Ă©tait en Ă©change sur Facebook avec SĂ©bastien Breton, qui est le correspondant Grand Est de la PHPP. SĂ©bastien, on a Ă©changĂ© sur le rĂ©seau, puis un jour on s'est dit, tiens, ce serait quand mĂȘme bien que je ne sais plus, je ne suis pas capable de dire si c'est lui qui a pris contact avec moi, moi avec lui, si c'est moi qui ai voulu en savoir plus sur l'association ou si c'est lui qui a voulu en savoir plus sur moi. On a Ă©changĂ© au tĂ©lĂ©phone, puis il m'a dit, tiens, il faudrait que tu puisses Ă©changer avec Mathieu Hanereau, Mathieu Hanereau qui lui est Ă©lu. Il est Ă©lu de la RĂ©publique, conseiller municipal sur la ville de Saint-Herblain, qui est une ville prĂšs de Nantes avec un peu plus de 50 000 personnes. Et lui, Mathieu, il avait montĂ© en 2017 une association, la PHPP, dont l'objectif initial Ă©tait de promouvoir l'engagement des personnes handicapĂ©es en politique. Donc ça, c'Ă©tait le sujet de base en disant, si on veut que les choses bougent, il faut un engagement des personnes principalement concernĂ©es. Aujourd'hui, l'association a Ă©voluĂ© vers, on appelle ça du lobbying politique, vers du plaidoyer, vers... de pouvoir parler du handicap un peu partout et de faire en sorte que ce soit un sujet fort. AprĂšs, par quel biais on le prend, c'est un autre sujet, mais faire en sorte que le sujet devienne enfin un sujet de sociĂ©tĂ© pour quelque chose qui concerne... On parle de 12 millions de personnes handicapĂ©es, de 11 millions d'aidants, donc on parlerait de plus d'un tiers de la population.

  • Speaker #0

    Oui, c'est un gros sujet, c'est ce qu'on entend souvent. Quand on rassemble tous les types de handicap, ça concerne beaucoup de personnes. C'est important, et comme tu rajoutes les aidants, tu vois, je n'avais pas le chiffre pour les aidants. C'Ă©tait vraiment un pan trĂšs, trĂšs important de la sociĂ©tĂ©. Et c'est ça qui est intĂ©ressant aussi dans votre activitĂ©, c'est que c'est une seule voie pour tous les types de handicap. Il faut les abonder avec des reprĂ©sentants en interne qui connaissent peut-ĂȘtre les diffĂ©rents types de handicap, comme tu le dis, parce qu'il y a une multitude de sujets. plus tu mets de personnes, plus tu mets de diversitĂ©, plus c'est riche aussi, j'imagine, derriĂšre en dĂ©bat.

  • Speaker #1

    Tu sais, j'Ă©tais hier, j'animais une formation parce que 80% de mon activitĂ© est bĂ©nĂ©vole aujourd'hui, mais 100% de mon action va dans le mĂȘme sens. C'est-Ă -dire, essayer de changer le regard de la population sur le handicap et en se disant, en essayant de montrer un maximum de personnes que le handicap est beaucoup plus large que ce qu'on peut penser. Je parlais des places de stationnement. J'expliquais que les places de stationnement, c'est assez encore amusant. mĂȘme si petit Ă  petit, on est en train d'Ă©voluer. Mais regarde le logo qui est mentionnĂ© sur la place de stationnement, on parle d'un fauteuil roulant, alors que globalement, il s'agit d'une place prioritaire pour toutes les personnes qui ont une carte mobilitĂ© inclusion. Ça, on l'oublie. Et je crois qu'il est important de montrer que le handicap est beaucoup plus large. Le handicap, c'est complexe. C'est le handicap moteur, Ă©videmment. C'est le fauteuil roulant, Ă©videmment. Ça concerne Ă  peine moins de 5% de la population. Moins de 5% des handicaps, c'est en gros 500 000 personnes. On a le handicap auditif, on a le handicap visuel, on a les maladies invalidantes, on a le handicap cognitif, psychique, mental. Tout ça, on l'oublie. Et je crois que ça, c'est quelque chose d'important parce que si on a du mal peut-ĂȘtre Ă  parler d'une seule voix dans le monde du handicap, c'est qu'on a du mal Ă  agglomĂ©rer une population. Moi, je vois sur ma ville Ă  Courbevoie, on a 5 500 personnes qui ont officiellement une reconnaissance MDPH. C'est beaucoup.

  • Speaker #0

    Sur combien d'habitants Ă  Courbevoie ?

  • Speaker #1

    82 000. Donc c'est beaucoup, ça fait Ă  peu prĂšs 7% dĂ©jĂ  officiellement avec une reconnaissance MDPH. Mais pour autant, si tu regardes comme ça, tu te balades dans la ville, tu ne te dirais jamais, il y a 5 500 handicapĂ©s. Parce que tu vois le handicap uniquement par le prisme du fauteuil, par le prisme de la canne, ou maintenant, ça peut ĂȘtre aussi une transition Ă©ventuellement, mais par le prisme du chien. Qui d'ailleurs est moins marquĂ©, moins marquant, c'est-Ă -dire que c'est rigolo, beaucoup de gens, parce que moi j'ai un handicap qui ne se voit pas, je n'ai pas de lunettes noires, j'ai mes yeux qui ont... on peut le dire, on ressemble Ă  des yeux qui fonctionnent normalement. Et donc, quand on me voit avec mon chien, parfois, on me dit, le chien est en Ă©ducation, vous ĂȘtes famille d'accueil, etc. Il est en formation, alors que c'est ma chaĂźne guide. Mais effectivement, cette notion de rendre visible le handicap, je crois que c'est quelque chose aussi d'important. Et moi, Ă  l'origine, avant d'utiliser une canne, j'avais fait ma demande de chien, parce que c'Ă©tait plus facile Ă  accepter. Il y avait un cĂŽtĂ© un peu moins stigmatisant du chien versus la canne. Et puis en fait, moi j'ai eu mon chien au bout de trois ans, c'Ă©tait deux ans et demi, un peu plus. Et donc, j'ai pris ma canne au dĂ©but parce qu'on te demande quand tu as un chien d'ĂȘtre autonome Ă  la canne, ce qui n'est pas intuitif. On te dit, tiens, ton chien il fait tout tout seul. Non, ton chien il ne fait pas tout tout seul.

  • Speaker #0

    Ah non, ce n'est pas un GPS magique.

  • Speaker #1

    Tu le sais du coup mieux quiconque, mais quand on te remet un chien, c'est une semaine... c'est un peu plus, mais au moins une semaine de stage intensif avec ton chien. Et moi, je crois qu'il m'a fallu quasiment 4 jours sur les 5 jours pour dire, mais en fait, c'est pas un GPS sur pattes. Et ça, c'est quand mĂȘme quelque chose d'assez Ă©tonnant et pas intuitif pour les gens. MĂȘme ma grande-fille me disait l'autre jour, « Papa, est-ce qu'il existe des chiens qui sont capables de traverser au feu vert ou au feu rouge ? » Eh bien non, c'est pas comme ça qu'on fait. Le chien ne va pas aller se mettre sous les roues d'une voiture, mais la traversĂ©e, elle dĂ©pend du maĂźtre. Et ça, moi, il va trĂšs bien.

  • Speaker #0

    lui un peu de temps pour le compte je rebondis sur parce que je pense qu'on Ă©tait connectĂ©s hier sans s'en rendre compte je rebondis sur ce que tu disais sur l'image du handicap et le logo avec le fauteuil roulant qu'on voit de partout parce qu'hier avec mon petit garçon c'Ă©tait mercredi j'ai passĂ© la journĂ©e avec lui et donc je me suis rendue on s'est pas garĂ© sur une place rĂ©servĂ©e puisqu'on n'est pas concernĂ© mais on passe et il me dit ah les places elles sont toutes bleues voilĂ  il est dans l'Ăąge oĂč il apprend les couleurs et tout et je lui explique bah tu vois c'est tout bleu et je lui montre le logo alors au sol, mais surtout sur le panneau, parce que pour ses petits yeux de deux ans et demi, c'est compliquĂ© de voir quelque chose qui Ă©tait au sol, en lui disant, tu vois, ça, c'est une place. Et lĂ , ma phrase a Ă©tĂ© complĂštement alambiquĂ©e, parce que, comme tu dis, c'est compliquĂ© d'expliquer, en lui disant, c'est une place qui est prĂ©vue pour les personnes qui ont des difficultĂ©s, qui peuvent avoir un fauteuil roulant, mais pas que. MĂȘme si tu vois un fauteuil roulant sur l'image, et tu vois, c'est hyper, c'est comme tu disais, toi, hier, dans un contexte complĂštement diffĂ©rent. Du coup, je lui explique que ça peut ĂȘtre des gens qui ont des problĂšmes de vue, d'oreille ou plein d'autres choses qu'on ne peut pas forcĂ©ment voir parce que finalement, il va grandir aujourd'hui. parce que j'ai un frĂšre qui vient d'ĂȘtre diagnostiquĂ© d'un type de handicap complĂštement invisible. Donc voilĂ , pour rĂ©pondre aux gens, maintenant oui, je suis concernĂ©e par le handicap dans ma famille proche, mais pendant 27 ans, ce n'Ă©tait pas le cas. Et donc, je lui explique tout ça et on rentre dans Jardiland, Ă  cĂŽtĂ© de chez nous, un magasin dans lequel on va trĂšs souvent et souvent on y va Ă  pied, donc il ne voit pas les places. LĂ , on Ă©tait en voiture et je passais pour un autre engagement, pour aller chercher des sponsors pour mon comĂ©die musicale, tu vois, qui se joue dans un mois. Et je lui ai racontĂ© tout ça. Bref, on fait notre petit tour. Et lĂ , on tombe sur un voisin de notre ville, RĂ©gis, avec son chien NĂ©pal, son chien guide. Et voilĂ . Et en fait, ça a complĂštement illustrĂ© le fait que, bon, mĂȘme si RĂ©gis Ă©tait avec sa femme et donc pas forcĂ©ment sur cette place bleue, a priori, j'en sais rien, j'ai pas checkĂ© le parking. Mais ça illustre tellement que, comme tu disais, le logo CMI, mais rĂ©duit Ă  un fauteuil roulant, n'est pas hyper explicite, on va dire.

  • Speaker #1

    Non, et on a besoin... on a vĂ©ritablement besoin aussi de sensibiliser, j'allais dire Ă©duquer, mais sensibiliser la population parce qu'il faut et je crois que c'est un des combats que je mĂšne aussi associativement et que je mĂšne un peu dans le combat de visibilitĂ© que je mĂšne au quotidien parce que je crois que c'est un petit peu ça moi j'utilise quelque part ma tĂȘte, personne habillĂ©e certains disent que j'ai une tĂȘte de dandy des fois un peu cheveux longs, barbe alors des fois c'est pas le cas mais ... Et comme on est en audio, mais normalement une barbe prĂ©-taillĂ©e, comme je disais, une chemise blanche, une veste, j'essaie plutĂŽt d'ĂȘtre assez Ă©lĂ©gant, j'essaie d'ĂȘtre souriant. J'utilise cette image positive de visibilitĂ© pour dire, mais on peut ĂȘtre heureux en situation de handicap, on peut vivre sa vie comme tout le monde, on peut ĂȘtre citoyen, on peut ĂȘtre engagĂ©, on peut ĂȘtre performant, on peut ĂȘtre ce qu'on a dĂ©cidĂ© d'ĂȘtre. Et je crois que c'est surtout ça, parce que moi, je propose un scĂ©nario. On a des gens, des rĂŽles modĂšles, quelque part, comme Philippe Croison, qu'on connaĂźt, comme ThĂ©o Curin, etc., qui sont... qui sont Ă©videmment fantastiques, mais le handicap, ça n'est pas, et les rĂŽles modĂšles, ce n'est pas forcĂ©ment que des cadres amputĂ©s aussi remarquables soient-ils qui sont des sportifs de haut niveau. Ça peut ĂȘtre aussi, moi j'appelle ça les hĂ©ros du quotidien. Moi j'essaie de porter une thĂ©matique, c'est de dire on peut ĂȘtre aussi cadre en situation de handicap, en faisant autrement, en allant chercher de la performance, en s'adaptant, mais il y a eu... Tout simplement faire ses courses, sortir de chez soi. On le voit dĂ©jĂ , rompre l'isolement, c'est quelque chose de compliquĂ©. C'est de se dire qu'on a beaucoup de hĂ©ros du quotidien qui doivent ĂȘtre mieux connus. Beaucoup de gens qui se lĂšvent le matin, on est dans le gĂ©mal, qui souffrent, c'est-Ă -dire je vais rester Ă  la maison. Beaucoup de gens qui ont parfois une Ă  deux heures de prĂ©paration pour pouvoir sortir de chez eux, pour pouvoir dĂ©plier leur corps. Des gens qui passent une Ă  deux heures le soir pour pouvoir aller se coucher. Et tout ça, ça fait partie du quotidien et quand ces personnes-lĂ , que je peux connaĂźtre aujourd'hui au quotidien, sortent de chez elles pour tout simplement ĂȘtre des citoyens, je crois que c'est la belle expression d'une diversitĂ© de la sociĂ©tĂ© qui s'exprime. Et je crois que, moi c'est un des combats que j'ai envie de mener en ce moment, on est quand mĂȘme face Ă  une sociĂ©tĂ© qui se fracture, Ă  l'international, au national, au local. avec des messages souvent de haine, de rejet de l'autre. Et je crois que nous, quelque part, avec un handicap, qui acceptons notre difficultĂ© du quotidien, on peut aller porter aussi un joli message de rassemblement. Je crois que ça, c'est aussi quelque chose d'essentiel et qu'il nous faut continuer Ă  porter, je crois, le plus largement possible. En tout cas, moi, c'est ce qui m'anime.

  • Speaker #0

    Oui, et puis de montrer qu'il y a une grande diversitĂ©, mais qu'on peut aussi ĂȘtre des citoyens avec toute l'adaptation. station qu'il faut au quotidien pour sortir, pour vivre, comme tu disais, pour ĂȘtre citoyen, aller faire ses courses, qui prennent plus ou moins de temps, avec plus ou moins de difficultĂ©s. Comme tu dis, on est sur l'accessibilitĂ© un peu aussi, sur ces thĂ©matiques-lĂ . Tu me parlais de ta demande de chien guide que tu as fait il y a longtemps, du coup. Les chiens guides, tu connaissais dĂ©jĂ  ou pas du tout ? Quand tu as Ă©tĂ© dĂ©ficient visuel, tout le monde t'a parlĂ© de ça ou alors pas du tout. Comment tout ça est arrivĂ© dans ta vie ?

  • Speaker #1

    Alors, on en a assez peu parlĂ©. au dĂ©but. J'ai beaucoup de personnes, j'avais 13 personnes issues de ma famille qui avaient la mĂȘme maladie que moi. On en a assez peu parlĂ©. La canne, d'ailleurs, Ă©tait mĂȘme assez peu utilisĂ©e par les gens qui avaient une pathologie. Et c'est sur Courbevoie oĂč, lĂ , en dĂ©couvrant d'autres personnes, en m'investissant dans le monde associatif local, j'ai rencontrĂ© Aline, qui a eu une chienne guine pendant trĂšs longtemps, pendant plusieurs dizaines d'annĂ©es. et qui m'a parlĂ© de son chien, qu'on a pu rencontrer son chien. Et ça a Ă©tĂ© chouette, je me suis dit tiens, pourquoi pas ? C'est vrai qu'au moment de rendre visible mon handicap, parce que c'Ă©tait quand mĂȘme quelque chose qui Ă©tait aussi important. Quand tu es en situation de handicap visuel non visible, quand tu arrives Ă  la boulangerie, moi je prends souvent cet exemple, et tu demandes, excusez-moi, est-ce que vous pouvez me dire ce que vous avez comme sandwich, ce que vous avez comme dessert, et que la rĂ©ponse qui t'est formulĂ©e, c'est une rĂ©ponse, pour nous soit dit, tout Ă  fait cohĂ©rente, c'est devant vous, c'est lĂ . Le rendre visible le handicap, au-delĂ  du fait que c'Ă©tait aussi important pour moi-mĂȘme en termes de sĂ©curitĂ©, par la canne oĂč le chien aujourd'hui sont... sont importants pour moi mĂȘme en termes de sĂ©curitĂ©, au-delĂ  du cĂŽtĂ© associatif, militant, qui est de dire acceptons notre handicap et montrons-le, il y a cette troisiĂšme brique qui est de se dire aussi je facilite la vie des gens, et que quelque part je facilite les questions, puisque de toute façon c'est tellement compliquĂ© Ă  comprendre dĂ©jĂ  pour nous-mĂȘmes, Ă  comprendre pour l'environnement, je crois que c'est encore plus complexe. Et c'est lĂ  oĂč finalement, rendre visible son handicap, c'est aussi un service qu'on rend aux autres. Ça leur facilite le raisonnement, je dirais. Oui,

  • Speaker #0

    et l'adaptation en face.

  • Speaker #1

    Oui, clairement. Ça nous facilite aussi nos rĂ©ponses.

  • Speaker #0

    C'est rigolo parce que cet exemple de la boulangĂšre, j'ai un invitĂ© qui avait pris le mĂȘme exemple, Romain, avec Ausha. C'est l'Ă©pisode 26, je crois. Il racontait en effet que dans son petit village, il Ă©tait toujours allĂ© chercher son pain sans canne, parce qu'il n'en avait pas forcĂ©ment besoin dans le village, etc. Et que le jour oĂč il y a eu Ausha, sa chienne guide, la boulangĂšre a compris qu'il avait une dĂ©ficience visuelle. Et du coup, a complĂštement adaptĂ©, mais de maniĂšre positive et cohĂ©rente. Et tu vois, pas lourde, on va dire. Remettre la monnaie dans la main, ce genre de choses oĂč c'est un peu difficile, quand tu ne vois pas forcĂ©ment bien, de positionner bien ta main au-dessous des piĂšces qu'on te confie. Et Romain disait qu'il n'avait pas forcĂ©ment conscience lui-mĂȘme. Et c'est trĂšs intĂ©ressant que tu dises que ça... t'aide aussi Ă  comprendre des choses sur toi-mĂȘme. Il n'avait pas forcĂ©ment conscience que les gens Ă©taient Ă  ce point-lĂ , loin de sa dĂ©ficience visuelle. Il pensait qu'il y a quand mĂȘme du blindiste, comme on peut dire, ou des choses qui sont difficiles Ă  faire quand on est dĂ©ficient visuel, avec toutes les nuances qu'il existe entre vous. Ça aide Ă  la comprĂ©hension de l'autre, en tout cas, pour ceux qui veulent bien comprendre, je le souligne quand mĂȘme. Il y en a toujours qui ne comprendront jamais, mais ça aide peut-ĂȘtre Ă  une meilleure adaptation et une meilleure comprĂ©hension. avec les autres dans les deux sens.

  • Speaker #1

    C'est pour ça qu'on se bat, que ce soit bien-ĂȘtre ou handicap ou Ă  l'APHPP, c'est aussi pour faire comprendre. Je crois que c'est essentiel. C'est pour ça qu'on se bat aussi, notamment pour la mise en place de sensibilisation handicap obligatoire Ă  l'entreprise, de pouvoir lancer de gros plans de sensibilisation mĂ©dias, parce qu'il est essentiel qu'on continue, j'ai utilisĂ© le mot continuer, oui, Ă  dĂ©construire les stĂ©rĂ©otypes. Je crois que c'est fondamental. Moi, je voudrais quand mĂȘme te parler d'une phrase qui est assez intĂ©ressante. C'est un ami, JĂ©rĂŽme. Quand j'ai dĂ©cidĂ© d'utiliser une canne blanche, j'ai fait un post sur les rĂ©seaux sociaux, sur LinkedIn, je crois qu'il a Ă©tĂ© vu plus de 10 millions de fois, c'est un truc qui est parti vraiment de maniĂšre virale. Et la premiĂšre phrase de ce post, c'est « qu'est-ce qui t'est arrivĂ© ? » . Et en fait, l'histoire Ă©tait amusante, c'est que j'accompagnais ma fille Pauline Ă  l'Ă©cole, et je le faisais depuis un certain nombre d'annĂ©es, et je marchais avec elle main dans la main, comme je faisais d'habitude, sauf que cette fois-ci, j'avais une canne blanche. Quand je suis arrivĂ© devant l'Ă©cole avec la canne, j'ai vu mon ami JĂ©rĂŽme qui m'a dit « Mais qu'est-ce qui t'est arrivĂ© ? » Alors que ma vision n'avait pas changĂ©. J'avais simplement rendu visible mon handicap. Et ça, quelque part, c'est assez reprĂ©sentatif de la vision des gens. C'est que puisqu'on rend visible, quelque chose d'autre s'est passĂ©. Et c'est amusant parce que tout Ă  l'heure, je me permets, tout Ă  l'heure, je te disais que le chien, il Ă©tait parfois vu comme moins... handicapant c'est Ă  dire que quelque part comme mon handicap ne se voit pas les gens pensent qu'effectivement il est en formation il est en formation ma tori et en mĂȘme temps c'est assez rigolo c'est que comme je suis passĂ© de la canne au chien j'ai un nom important de personne qui dans les premiĂšres semaines quand ma chienne tori est arrivĂ©e on demandait si mon handicap s'Ă©tait aggravĂ© j'ai dit bah non pourquoi ? bah t'avais une canne avant maintenant t'as une chaĂźne j'imagine que ton handicap s'est aggravĂ© c'est une autre vision la chienne a À les premiers moments, moi, je souffrais parce qu'avec ma canne, j'avançais tout droit quand je prenais le train. Et avec ma chienne, on avançait tout droit, mais il y avait des gens qui venaient shooter dedans parce que j'avais les mĂȘmes mĂ©canismes de mouvement. Je ne laissais pas ma chienne peut-ĂȘtre faire le travail Ă  100 %. Les gens venaient shooter dedans. Je disais, mais arrĂȘtez de venir shooter dans ma chienne. Et il y avait quelque part cette violence qu'on peut imaginer. Moi, je suis Ă  Corbevoie, donc on a Saint-Lazare qui n'est pas loin. Et il y avait cette violence quand on prend le train le matin, quand on met le mĂ©tro Ă  8h30, etc. d'avoir effectivement cette agressivitĂ© oĂč quelque part les gens venaient marcher sur le chien. Attention ! Et aujourd'hui je sais pas, c'est assez rigolo parce que je pensais que c'Ă©tait quelque chose de constant.

  • Speaker #0

    Et maintenant qu'on s'est habitués l'un à l'autre, je ressens beaucoup moins cette violence. Je ne saurais pas l'expliquer.

  • Speaker #1

    Vous ĂȘtes accordĂ© aussi l'un Ă  l'autre. C'est ce que tu disais, Ă  la diffĂ©rence de la canne. À la canne, les gens Ă©vitent, j'ai eu pas mal de tĂ©moignages de fils en yeux qui disaient malheureusement, elle Ă©tait quand mĂȘme piĂ©tinĂ©e, cette canne. Les gens ne voyaient pas l'utilitĂ©. Bref, il faut de tout pour faire un monde. Comment on va rĂ©sumer cette situation comme ça ? Mais c'est vrai que le chien, les gens imaginent que le chien peut se dĂ©caler, alors qu'en fait, le rĂŽle du chien guide, c'est de slalomer parmi les gens. Mais il va quand mĂȘme essayer d'Ă©viter un maximum. Mais il y a un moment quand les gens lui foncent dessus, il ne peut pas non plus se rendre transparent et disparaĂźtre Ă  la seconde. Et donc, Tory, on en parle. Tu as fait ta demande quand ?

  • Speaker #0

    Écoute, je pense que c'Ă©tait en septembre ou octobre 2021.

  • Speaker #1

    C'Ă©tait un pas de... plus qui t'a Ă©tĂ©... Du coup, tu venais de prendre la canne pendant un an et lĂ , tu t'es dit, peut-ĂȘtre qu'on peut faire mieux.

  • Speaker #0

    Je n'avais pas ma canne. C'Ă©tait avant de prendre ma canne. C'Ă©tait juste le mois avant. On a achetĂ© une canne en parallĂšle qui est restĂ©e dans un placard pendant un mois. Je n'osais pas la sortir. Quelque part, pendant pas mal de temps, mon dossier de chien guide a Ă©tĂ© mis... Il a Ă©tĂ© envoyĂ© le temps qu'il soit traitĂ©. Il y a quand mĂȘme une vraie lenteur de... pour pouvoir effectivement passer du moment oĂč on fait la demande Ă ... On va dĂ©couvrir l'Ă©cole. AprĂšs, une fois qu'on a dĂ©couvert l'Ă©cole, au moment oĂč on va essayer, oĂč on va nous prĂ©senter l'animal. C'est assez intĂ©ressant d'ailleurs. J'avais un instructeur de locomotion qui Ă©tait venu me voir. Et puis, on faisait des exemples avec le guidon, des essais avec le guidon, oĂč j'avais le guidon Ă  la main. C'Ă©tait l'instructeur de locomotion qui... C'est le rĂŽle du chien.

  • Speaker #1

    Oui, qui était au bout du guidon. Oui, c'est assez perturbant. Alors que la 4 pattes en précise, pour ceux qui nous écoutent, il est bien debout, il le tient avec une autre main aussi.

  • Speaker #0

    Oui, voilĂ , mais c'est perturbant. Parce qu'au dĂ©but, j'ai dit, j'espĂšre que les gens ne vont pas me voir en train d'ĂȘtre tirĂ© par un monsieur avec un guide derriĂšre un guidon. Mais c'Ă©tait assez perturbant. J'Ă©tais assez gĂ©dĂ© la premiĂšre fois. Tout ça a mis deux ans et demi Ă  peu prĂšs. Et puis aprĂšs, j'ai fait un premier essai d'une chienne, mais qui ne convenait pas tout Ă  fait Ă  mon rythme de marche, qui Ă©tait un peu lent par rapport Ă ... Ă  moi, Ă  mon activitĂ©. Et puis finalement, on a fait un essai avec Tori. Il n'y avait qu'une seule chienne. Normalement, on nous prĂ©sente, ce qu'on m'a dit, c'est qu'on nous prĂ©sentait trois chiens pour pouvoir faire un choix et comprendre quel est l'animal qui nous correspond. Et lĂ , c'Ă©tait intĂ©ressant. Il n'y avait que Tori. Je pense qu'il n'y a qu'un seul chien. Mais je pense que vous devriez quand mĂȘme l'essayer. Ça devrait vous correspondre. Et Tori, en fait, c'est assez amusant parce que c'est une premiĂšre de la classe qui Ă©tait vraiment... trĂšs appliquĂ©e, assez sensible comme chienne, et vraiment dans cette... Elle veut bien faire, et bon, c'est assez chouette. Et moi, j'avais... En fait, il fallait un double... L'enjeu pour moi, c'est qu'il me fallait une chienne qui puisse aller assez vite, assez dynamique, qui soit aussi capable, parce que j'ai une famille de trois enfants, donc de pouvoir aussi, mĂȘme si ce n'Ă©tait pas le premier critĂšre, mais ĂȘtre une chienne de famille. Et puis, et ça, c'est quelque chose de compliquĂ©, je fais beaucoup de rĂ©unions, de rendez-vous. La premiĂšre fois, je crois que c'est en septembre dernier, je prends la parole Ă  l'UNESCO. La salle n'Ă©tait pas pleine, on devait ĂȘtre Ă  800-900 personnes devant moi quand mĂȘme. Et lĂ , je rentre, c'est la premiĂšre fois oĂč j'avais une apparition avec Tori. Je venais de la voir depuis assez peu de temps finalement. Et donc, on avance, on va se mettre Ă  notre place. Je prends la parole, c'est une table ronde, on Ă©tait 10 ou 15 sur la scĂšne. Et je prends la parole 5 minutes, mais on est lĂ  une heure. Et je me dis, comment ça va se passer ? Et lĂ , pendant cette heure-lĂ , elle est restĂ©e tranquillement. allonger et ça, savoir s'allonger, savoir rester calme, ne pas faire de bruit quand il faut rester, quand il ne faut pas faire de bruit et de repartir en action quand il faut partir en action avec quelqu'un de trĂšs dynamique comme je peux ĂȘtre je crois, multi engagĂ© dans beaucoup de directions. Elle a une journĂ©e peut-ĂȘtre plus fatigante que beaucoup d'autres chiens mais c'est une Ă©quation pas forcĂ©ment simple Ă  rĂ©soudre et je crois que aujourd'hui moi je suis Je suis heureux, je ne connaissais pas l'univers des chiens, mais je n'avais mĂȘme pas d'appĂ©tence pour avoir un chien aujourd'hui. Mais aujourd'hui, pour ĂȘtre honnĂȘte, j'en rigolais un peu avant d'avoir une chienne Ă  la maison. Mais oui, il y a quand mĂȘme une vraie relation. J'allais utiliser ce terme-lĂ , une relation d'amour avec le chien. Mais vraiment, une relation, c'est une des membres de la famille maintenant, tout en Ă©tant Ă  la fois une chienne guide. C'est beaucoup plus qu'une canne sur pĂąte, c'est Ă  la fois une membre de la famille. C'est assez chouette aussi aujourd'hui la relation qu'on a commencĂ© Ă  construire.

  • Speaker #1

    Je te disais juste avant d'enregistrer que Dory, moi je la connais. et qu'elle m'a rencontrée. Je recherchais les photos en te parlant, en t'écoutant. Et en fait, elle était toute petite quand je l'ai rencontrée, moi. C'était en juillet 2022. Donc, elle est de février. Si mes souvenirs sont bons.

  • Speaker #0

    27 février.

  • Speaker #1

    C'est ça. Et bien, je l'ai rencontrĂ©e le 28 juillet. Et ceux qui savent ce qui s'est passĂ© l'Ă©tĂ© 2022, j'Ă©tais tout Ă  fait trĂšs ronde. Et c'est la derniĂšre chienne, en fait, Ă  m'avoir vue trĂšs ronde. Puisque deux jours aprĂšs, j'Ă©tais Ă  la maternitĂ©, tout simplement. C'Ă©tait un peu en avance par rapport Ă  ce qui Ă©tait prĂ©vu, mais c'Ă©tait trĂšs bien aussi. Et oui, je l'ai rencontrĂ©e quand elle Ă©tait avec Laurie, sa famille d'accueil, sa famille relais, pardon, pour une petite pĂ©riode Ă  cet Ă©tĂ© 2022. C'est vrai que l'autre jour, quand je regardais un peu tes profils et que je revoyais le nom de Tori, tout de suite, en fait, ça m'a fait tilt en me disant, mais c'est celle-lĂ . Est-ce que c'est vraiment celle-lĂ  ? Donc dĂ©jĂ , c'est la mĂȘme couleur de chien, c'est la mĂȘme race, c'est la mĂȘme Ă©cole. Il y avait trĂšs peu de chances pour que ce soit diffĂ©rent au sein de la mĂȘme Ă©cole. Mais donc oui, Tori, c'est trĂšs rigolo. Tu vois, de ces cinq mois quand je l'ai rencontrĂ©e, c'est rigolo parce qu'on Ă©tait allĂ© au restaurant aprĂšs la dĂ©tente et elle avait Ă©tĂ© trĂšs posĂ©e. On l'avait complĂštement oubliĂ©e. J'ai des belles photos d'elle. Je te ferai passer avec ses jolis yeux orange un petit peu qui sont magnifiques. Elle Ă©tait vraiment trĂšs chou Ă  cette Ă©poque. J'imagine, quand je vois les photos aujourd'hui, elle est vraiment... Tu disais que tu utilises aussi ton image bien loupe. bouquĂ©e, bien coiffĂ©e, bien barbue, etc. Mais du coup, depuis qu'elle est rentrĂ©e dans ta vie en juillet l'annĂ©e derniĂšre, elle fait partie aussi de ton image maintenant. On la voit tout le temps. Elle est tout le temps Ă  cĂŽtĂ© de toi.

  • Speaker #0

    C'est une mini-starlette. Entendons-nous bien, je parle de handicap, je parle de responsable associatif ou de responsable politique que je rencontre. C'est surtout ce que j'essaie de faire dans les rĂ©seaux parce que c'est pas facile comme exercice. Je monte ma tĂȘte. Donc quand on monte sa tĂȘte, il y a un cĂŽtĂ© oĂč naturellement, on dĂ©cide de se mettre en avant. Puisque tu as vu mes communications, tu vois que gĂ©nĂ©ralement, j'essaie toujours de mettre du contenu. J'essaie toujours d'apporter quelque chose. Parce que je me dis, si quelqu'un lit deux lignes, il faut qu'il puisse apprendre quelque chose, qu'il puisse s'interroger. Et si quelqu'un dĂ©cide d'aller jusqu'Ă  la fin des 3000 caractĂšres, qui est Ă  peu prĂšs la place qu'on a sur LinkedIn, eh bien, il faut qu'il puisse s'interroger. qu'il puisse aussi apprendre quelque chose s'il a envie de le faire. Et je crois que c'est aussi ça, une grande partie de ce que j'essaie de faire, c'est de communiquer le plus largement possible, mais d'aller au-delĂ  de « j'ai rencontrĂ© un tel, j'ai fait ça » , c'est de toujours rĂ©flĂ©chir Ă  « tiens, qu'est-ce que je peux aller raconter ? » Je prendrais cet exemple-lĂ , hier c'Ă©tait intĂ©ressant, j'ai eu une question en formation, et peut-ĂȘtre qu'il y aura un poste qui sortira sur LinkedIn dans les prochains temps lĂ -dessus, mais c'Ă©tait une des questions qui Ă©tait de se dire « Vincent, moi je faisais le tour de table au dĂ©but, quelles sont vos attentes ? » La personne disait, mais moi, en fait, souvent, je vais vers les personnes handicapĂ©es et elles ne veulent pas que je m'occupe d'elles et je ne comprends pas. C'est intĂ©ressant comme question. Je dis, pourquoi ? Bon, finalement, on a trouvĂ© la solution aprĂšs la fin de formation, mais il y avait une autre question qui Ă©tait de se dire aussi, souvent, le problĂšme, ce n'est pas avec les personnes handicapĂ©es, c'est avec leurs accompagnants. C'est intĂ©ressant comme question. Je crois qu'il y a plein de thĂ©ories, quelque part, c'est notre... Oui, on est un binĂŽme aujourd'hui, pour revenir lĂ -dessus. On est un vrai binĂŽme de vie, mĂȘme si nous, on vit Ă  six chez nous, avec elle. Mais on est un binĂŽme de communication aussi. Et je crois qu'elle apporte aussi quelque chose de doux. Et puis moi, c'est aussi un des services que j'ai aussi envie de rendre Ă  l'association des chiens guides de Paris. Parce qu'on le sait bien, ça coĂ»te trĂšs cher d'Ă©lever un chien. C'est beaucoup de temps. Et je me dis que quelque part... Bien sĂ»r qu'elle m'apporte dans le guidage au quotidien, mais ce que je peux rendre aussi, c'est quelque part donner directement ou indirectement de la visibilitĂ© au chien guide par mes communications.

  • Speaker #1

    Et si tu devais aujourd'hui, comme tu l'as fait pour toi au début de l'interview, un peu pour boucler la boucle, donner trois mots pour la décrire, comment tu la décrirais autre que physiquement ? On a dit que c'était un labrador noir, mais sur son caractÚre ?

  • Speaker #0

    C'est intĂ©ressant, parce qu'effectivement, je parlais d'amour du chien tout Ă  l'heure. Et donc... Je dirais sensible, sĂ©rieuse, joueuse. Et ces points-lĂ  sont importants, c'est pour ça que j'ai voulu terminer par sĂ©rieuse et joueuse, parce que c'est souvent une des questions qu'on me pose sur des chiens, c'est quand mĂȘme dommage parce que ce sont des chiens qui ne s'amusent pas. Et je peux vous assurer que non, c'est qu'en fait, quand on lui donne la possibilitĂ© de s'amuser, sincĂšrement, elle s'Ă©clate. Si elle a... Quand ma femme, ma grande-fille joue avec, d'ailleurs il y a un comportement trĂšs diffĂ©rent avec les petits enfants oĂč elle est vraiment trĂšs prudente. On sent qu'elle ne veut pas comme ĂȘtre d'un pĂšre. Moi avec mon fils Augustin qui a deux ans, maintenant il commence Ă  venir lui faire des caresses et elle se laisse faire. Mais il y a trĂšs peu de temps, encore, elle l'Ă©vitait. Parce que quand on joue avec elle, elle joue. Mais elle est horrible, c'est 29 kilos de muscles. Pour un petit bonhomme qui fait 13 kilos, il faut faire attention. LĂ , j'ai ma petite Jeanne qui fait 4,5 kilos. Naturellement, on fait attention. De toute façon, il faut toujours faire attention. Elle est capable d'ĂȘtre... De temps en temps, la voix, elle dort. Elle est dans son panier, elle dort. Elle est en train de ronfler. sĂ»rement elle n'a pas son toit Ă  renfler elle est Ă  l'aise et puis allez Tori on y va bon on sent qu'elle s'Ă©tire et puis bon allez on y va elle est presque aussi Ă©panouie Ă  sortir qu'elle dans son panier et

  • Speaker #1

    je crois que c'est ça qui est assez formidable sur cette chaĂźne moi je suis absolument ravi c'est une bonne chose qu'elle soit arrivĂ©e finalement par ici dans ta vie oui et tu vois j'ai quand mĂȘme un point parce que

  • Speaker #0

    Je ne me posais pas cette question au dĂ©but. Il y a eu une question de beaucoup de personnes quand j'ai fait une premiĂšre communication avec Tory, et notamment de par les propriĂ©taires de chiens, qui m'ont dit « est-ce que vous allez la garder Ă  la fin ? » Et ça, question, parce que mine de rien, elle a 3 ans. Les chiens, globalement, guident, partent Ă  la retraite Ă  10 ans. Ça veut dire que si je veux pouvoir continuer Ă  avoir un chien guide, il va falloir que dans 5 ans, je me pose cette question. C'est Ă  peu prĂšs ça. Eh bien, tu vois Estelle, je n'ai pas encore de... de rĂ©ponse catĂ©gorique Ă  donner.

  • Speaker #1

    Et puis, elle peut évoluer de toute façon.

  • Speaker #0

    Mais elle peut Ă©voluer. Mais lĂ , j'avais une question de ma fille l'autre jour qui me dit, oui, mais papa, c'est quand mĂȘme bien parce que si jamais on la donne Ă  quelqu'un d'autre, parce qu'au moins, on ne la verra pas mourir. Et moi, je lui dis, ouais, mais tu la vois la laisser mourir avec quelqu'un d'autre que nous. Et ouais, c'est des mots, une discussion quand mĂȘme assez forte, mais qui prouve qu'au-delĂ  du chien guide, elle a pris quand mĂȘme aussi un autre statut chez nous.

  • Speaker #1

    Et tout ça en moins d'un an, puisque... On se parlait en février et elle est là avec toi depuis juillet.

  • Speaker #0

    C'est fantastique.

  • Speaker #1

    Ils prennent vite la place. Et c'est trĂšs bien. J'en parlais avec Mathis, que tu connais, qui a bossĂ© un peu avec vous aussi Ă  la PHPP. Nous, on a fait un Ă©pisode en immersion. Il m'a racontĂ© pendant... Du coup, ça a Ă©tĂ© six, huit mois d'attente oĂč on s'est racontĂ© parmi ces deux ans d'attente. Et en fait, quand on a enregistrĂ© chez lui, en dĂ©cembre... Ça faisait un mois qu'il avait eu Riel Ă  ses cĂŽtĂ©s et en fait, on oublie vite la temps. Elle n'est pas nĂ©gligeable, mais au final, le chien guide s'installe trĂšs rapidement dans la vie de son bĂ©nĂ©ficiaire et en devient vite indispensable, mais dans tous les cĂŽtĂ©s de la vie, comme tu disais, autant dans le guidage que dans la joie de vivre, dans le jeu, dans la famille, notamment. Dans ton cas, elle a pris sa place. Bon, Ă©coute, merci. Je vois qu'on arrive au bout de notre temps donnĂ© dans nos agendas respectifs.

  • Speaker #0

    Merci, Estelle.

  • Speaker #1

    Merci Ă  toi, en tout cas, Vincent. Je compte sur une prochaine fois Ă  Paris pour essayer de te croiser pour boire ce cafĂ© ou ce chocolat chaud, pour ma part. J'ai recroisĂ© Tori, qui aura bien grandi depuis la derniĂšre fois que je l'ai vue, avec laquelle j'avais jouĂ©, papotĂ©, caressĂ©. En tout cas, merci pour ton temps. Et puis, on continue Ă  suivre les deux associations notamment que tu nous as donnĂ©es. Donc, la station que tu as fondĂ©e Ă  Courbevoie, Bien vivre son handicap. et puis la PHPP donc je le redis l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es sur laquelle tu es aussi trĂšs engagĂ© et puis on n'hĂ©site pas Ă  te suivre toi sur LinkedIn tu nous as donnĂ© tu nous as beaucoup parlĂ© de ce rĂ©seau et sur Instagram et puis Facebook aussi oĂč on en a moins parlĂ© mais ah oui je suis en fait trĂšs

  • Speaker #0

    prĂ©sent sur Facebook le gros de notre communautĂ© locale vient de Facebook Ă  l'origine c'Ă©tait un groupe Facebook donc Facebook c'est notre Facebook c'est L'association, majoritairement, l'association locale et la famille. Instagram, c'est un peu tout le monde. LinkedIn, c'est du pro tout le monde. Un peu mĂȘme sur X. J'ai gardĂ© le rĂ©seau pour l'instant.

  • Speaker #1

    Tu as gardé le réseau. J'avoue que moi, j'ai un peu abandonné. Je me suis recentrée sur d'autres réseaux. J'ai dû faire des choix. Mais en tout cas, n'hésitez pas à aller suivre Vincent. Et puis Vincent, merci beaucoup pour ton temps et au plaisir de te croiser avec Tori et éventuellement ta petite famille sur Courbeauvoie ou ailleurs.

  • Speaker #0

    Mon plaisir Ă©galement, Estelle.

  • Speaker #1

    Et voilĂ , c'est la fin de cet Ă©pisode avec Vincent Julot. Et j'espĂšre qu'il vous a inspirĂ©. Si son engagement vous parle, je vous recommande d'Ă©couter l'Ă©pisode 11 oĂč Arthur raconte comment sa chaĂźne guide, Loya, l'a poussĂ© Ă  dĂ©fendre ses droits et Ă  s'investir davantage. Et vous, ĂȘtes-vous engagĂ© dans une association ou pour une cause qui vous tient Ă  cƓur ? Dites-le-moi en commentaire ou en message privĂ©, j'adorerais en discuter avec vous. De mon cĂŽtĂ©, je vous dis Ă  trĂšs bientĂŽt pour un prochain Ă©pisode sur l'univers mĂ©connu des chaĂźnes guides d'aveugles. Merci.

Description

Pour le Podcasthon, découvrez l'Association pour la Prise en compte du Handicap dans les Politiques Publiques et Privées (APHPP) avec Vincent Julé, son vice-président !


🩼 C'est quoi cette histoire de Podcasthon ?
C'est le téléthon du podcast qui a pour objectif de vous faire découvrir des assos via vos podcasts préférés !


Vincent Ɠuvre pour rendre le handicap plus visible et faire Ă©voluer les politiques publiques en faveur de l’accessibilitĂ©.


Depuis juillet 2023, il est accompagnĂ© par Tauri, sa chienne guide, dont l’arrivĂ©e a marquĂ© une vĂ©ritable Ă©volution dans son rapport Ă  son propre handicap.


đŸŸ Dans cet Ă©pisode, dĂ©couvrez :
✔ Le rĂŽle de l’APHPP et les actions menĂ©es pour l’accessibilitĂ©.
✔ Le parcours de Vincent et son engagement associatif.
✔ L’impact de Tauri sur sa perception et son quotidien.
✔ Pourquoi il est essentiel de donner plus de visibilitĂ© aux personnes en situation de handicap.
✔ Comment chacun peut contribuer Ă  faire bouger les lignes.


đŸ¶ Et vous, ĂȘtes-vous engagĂ© dans une association ou pour une cause qui vous tient Ă  cƓur ? Dites-le-moi en commentaire ou en message privĂ©, j’adorerais en discuter avec vous !


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Création originale : Estelle Boullu

Production, enregistrement : Estelle Boullu

Montage : Alice Krief - Les Belles Fréquences

Musique originale : It's a Date de Frédéric Auger


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Je la connais et elle m'a connue, c'est la derniÚre à m'avoir connue, le plus enceinte, je crois, c'est le dernier chien que j'ai croisé deux jours avant d'accoucher.

  • Speaker #1

    GĂ©nial,

  • Speaker #0

    génial. Oui, c'est vrai que quand j'ai vu qu'elle t'avait été remise, ça m'a fait sourire aussi parce que c'est toujours émouvant de voir les chiens qu'on a vus en tant que futur chien guide quand ils sont vraiment remis à leur bénéficiaire.

  • Speaker #1

    C'est gĂ©nial et pour information sur ma ville ici Ă  Courbevoie. on a une des sƓurs de Tori qui a Ă©tĂ© rĂ©formĂ©e qui a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  sa famille d'accueil et donc Ă  quelques mĂštres de chez elle il y a sa sƓur rĂ©formĂ©e elles se sont croisĂ©es l'autre jour on s'est promis un jour d'aller faire une balade ensemble mais c'est assez sympa et un jour elle m'a croisĂ© tu le sais je suis trĂšs prĂ©sent sur les rĂ©seaux sociaux c'est je crois aussi une des maniĂšres de m'investir et donner de la visibilitĂ© au handicap c'est quelque chose qui m'anime et c'est quand mĂȘme du coup la personne m'a trouvĂ© elle Ă©tait qu'on me voit, elle m'a trouvĂ© sur Instagram et un jour elle a pris contact avec moi et puis en plus par le rĂ©seau des parents d'Ă©lĂšves, je suis aussi investi comme parent d'Ă©lĂšves, elle m'a retrouvĂ©, elle m'a envoyĂ© un message et puis un jour on s'est croisĂ© Ă  la sortie de mon immeuble. VoilĂ , tout simplement, par hasard, c'est assez fantastique. On s'est promis Ă  un moment donnĂ© de prendre le temps d'aller faire une balade.

  • Speaker #0

    Salut, c'est Estelle et vous Ă©coutez Futur Chien Guide, le podcast sur l'univers mĂ©connu des chiens guides d'aveugles. Chaque mois, je vous invite Ă  dĂ©couvrir les aventures de celles et ceux qui vivent cet univers au quotidien et ce lien si prĂ©cieux qui les unit Ă  leurs chiens. PassionnĂ©s et bĂ©nĂ©voles depuis des annĂ©es, d'abord Ă  Paris et aujourd'hui Ă  Lyon, je suis persuadĂ©e que leurs histoires pourront vous toucher, vous informer et peut-ĂȘtre mĂȘme vous donner envie de vous engager. Savez-vous justement que seuls 1% des dĂ©ficients visuels sont accompagnĂ©s d'un chien guide ? Alors, si vous voulez en savoir plus sur l'actualitĂ© des chiens guides et les colisses du podcast, inscrivez-vous sans tarder Ă  ma newsletter mensuelle. Avant de passer Ă  l'Ă©pisode du jour, je laisse mon micro Ă  SolĂšne, mon amie crĂ©atrice du podcast Tribune et Podium, qui m'a laissĂ© un petit message il y a quelques temps.

  • Speaker #2

    Coucou Estelle, coucou les auditorices de Futur Chien Guide. Alors pour ce que sont-ils devenus, moi le podcast il a changĂ© quelque chose d'assez important dans ma vie, c'est-Ă -dire que j'ai une phobie des chiens, je change de trottoir quand je vois un chien, j'ai extrĂȘmement peur des chiens. Mais alors depuis que j'Ă©coute Futur Chien Guide et que je te cĂŽtoie, je prends un peu plus de recul sur ma peur, c'est-Ă -dire que certains chiens continuent de me faire extrĂȘmement peur. et me tĂ©tanise, mais certains ont dĂ©sormais une place dans ma vie. Je n'ai pas adoptĂ© de chien et je pense que je ne le ferai jamais. Je suis dĂ©solĂ©e pour ça, mais en l'occurrence, il y a des chiens maintenant que j'aime bien promener. Ceux de mes amis, par exemple, j'aime bien partir qu'ils soient lĂ  quand on part en week-end ensemble, etc. Et surtout, je suis plus attentive quand je croise des chiens guides dans la rue, Ă  tel point que dĂšs que j'en crois... croise, je t'envoie une photo pour te dire est-ce que c'est un chien guide ou est-ce que c'est juste un chien qui a un joli harnais ? Et tu me fais un retour lĂ -dessus en gĂ©nĂ©ral. Donc voilĂ  ce que ça a changĂ©, c'est que je fais plus attention Ă  ça et j'ai aussi plus d'empathie et d'Ă©motion pour les animaux, ce qui n'Ă©tait pas du tout le cas avant. C'est-Ă -dire que maintenant je suis sincĂšrement heureuse quand je vois des chiens qui s'amusent et qui jouent et qui sont trop contents de... d'ĂȘtre Ă  la mer ou de faire une rando en montagne, ce genre de choses. Alors, ce n'est pas forcĂ©ment des chiens guines, mais en tout cas, j'ai plus d'empathie et d'Ă©motion pour les animaux que je n'en avais auparavant puisqu'elle Ă©tait simplement inexistante, cette empathie. Donc voilĂ  ce que ça a changĂ© pour moi. Je ne deviendrai pas famille d'accueil ni mĂȘme adoptante de chien puisque j'ai quand mĂȘme encore trĂšs, trĂšs peur et que ce n'est pas mon univers. Mais en tout cas, je suis contente de l'avoir dĂ©couvert et de... d'ouvrir un peu cette porte-lĂ  dans ma vie, parce que peut-ĂȘtre un jour, j'espĂšre que tu auras ton chien guide que tu accompagneras jusqu'Ă  ce qu'il soit remis et que j'aurai l'occasion de le rencontrer. Des bisous Ă  toi, Estelle, et des bisous Ă  tes auditeurs et tes auditrices.

  • Speaker #0

    À l'occasion du podcaston, j'ai eu le plaisir d'Ă©changer avec Vincent Julet, un homme engagĂ© pour une meilleure visibilitĂ© du handicap. Fondateur de l'association Bien vivre au handicap Ă  Courbevoie et membre actif de l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, la PHPP, Vincent est d'aujourd'hui guidĂ© par Florie, dont l'arrivĂ©e a marquĂ© un tournant non seulement dans sa mobilitĂ©, mais aussi dans la maniĂšre dont il perçoit et accepte son propre handicap. Dans cet Ă©pisode, on parle de militantisme, d'accessibilitĂ©, de sensibilisation et du rĂŽle parfois inattendu que peut jouer un chien guide dans un tel engagement. Et maintenant, place Ă  l'Ă©pisode. Bonjour Vincent !

  • Speaker #1

    Bonjour Estelle.

  • Speaker #0

    Merci d'avoir accepté mon invitation sur le podcast de Cherchenguide à l'occasion du podcaston. On est cette semaine dans un marathon, tu l'as appelé hackathon, moi je dis téléthon du podcast. C'est un événement que je fais chaque année, que je suis chaque année. C'est un peu l'opportunité de mettre une association en avant. Alors ok, moi j'en mets des associations à chaque podcast, à chaque épisode en avant, puisque l'univers des chiens guides d'aveugles et des chiens d'assistance est basé uniquement sur cette sphÚre-là. Mais aujourd'hui, on va aller un peu plus loin et j'ai voulu t'interroger. Désolé de ne pas avoir trouvé un moment pour prendre un café ensemble d'ailleurs.

  • Speaker #1

    C'est dommage, mais ce n'est que partie remise.

  • Speaker #0

    Exactement, on a essayé de se croiser. Je suis montée à Paris, tu es partie aussi faire autre chose. Et du coup, nos agendas ne se sont pas accordés. Donc, on se voit ici en visio. Moi, quand je t'ai découvert, je t'ai ouvert sur les réseaux sociaux. J'ai découvert que tu étais investie dans plein d'associations liées à ton handicap visuel. Est-ce que tu peux déjà nous donner, toi, trois mots, non pas pour décrire ton handicap visuel, mais pour te décrire toi ? je devais te rencontrer dans la rue, comment tu te définirais ?

  • Speaker #1

    BientĂŽt 48 ans, barbe mi-longue, cheveux grisonnants, mi-long. GĂ©nĂ©ralement, soit en costume, mais sinon jean, chemise blanche, une veste. C'est Ă  peu prĂšs mon style. Si tu me croises dans la rue Ă  Courbevoie, tu vas souvent me croiser aussi en famille. Parce que je suis papa de trois enfants, donc une grande fille qui a 12 ans, un petit garçon qui a 2 ans aujourd'hui, au moment oĂč on enregistre, et puis une petite fille qui a... qui a deux mois et demi maintenant. Et tu vas me croiser aussi. C'est aussi pour ça qu'on se rencontre aujourd'hui. Tu vas me croiser aussi avec, Ă  ma main gauche, une trĂšs jolie labrador noire qui s'appelle Tori.

  • Speaker #0

    Et alors, trois mots qui te définissent, toi. Est-ce que trois adjectifs dans ta vie de tous les jours, engagé, moi, j'avais mis engagé dans mon mot, mais je pense que tu en as d'autres à donner.

  • Speaker #1

    Je crois qu'engagĂ©, c'est un vrai mot. C'est un vrai mot qui me caractĂ©rise, c'est quelque chose qui m'anime. Je crois Ă  l'engagement, je crois Ă  l'engagement citoyen. Aujourd'hui d'ailleurs, si je devais donner un conseil, ou mĂȘme un conseil, le mot peut-ĂȘtre est fort, mais si je devais rĂ©flĂ©chir sur la vie que j'aimerais avoir, je dirais que je ne vois pas comment on pourrait aujourd'hui vivre son quotidien sans ĂȘtre engagĂ©, sans ĂȘtre engagĂ© pour ce qui nous anime. En l'occurrence, je suis multi-engagĂ© pour la cause du handicap. En premier, je suis engagĂ© aussi... pour mes associations de parents d'Ă©lĂšves, pour ma ville. Je suis aussi membre du Lyon's Club. Ce soir, j'ai une rĂ©union aux Amis du Conservatoire. Je suis aussi multi-engagĂ© parce que je crois que ce qu'on essaye de porter aussi, c'est aussi de donner
 Moi, il y a quelques annĂ©es, pendant le Covid, j'ai crĂ©Ă© une association qui s'appelait Bien vivre sans handicap. Et l'objectif de l'association, c'est de crĂ©er du lien en local et donner une visibilitĂ© positive au handicap. Et je crois que ce que j'essaie aussi de faire en Ă©tant acteur de la citĂ©, c'est de donner une visibilitĂ© aussi positive. Ă  la vie de famille, mais aussi au handicap au sens large, c'est-Ă -dire de se dire qu'on est tous citoyens et avec une particularitĂ©, avec quelque chose qui nous diffĂ©rencie, on est en capacitĂ© de pouvoir vivre sa ville, sa citĂ©, son pays comme tout un chacun. Et je crois que c'est ce qui m'anime au quotidien. Donc l'engagement, comme tu le disais, quelque chose d'assez fort. AprĂšs, oui, je dirais engagĂ©, papa. Et puis, j'espĂšre de dire Ă  peu prĂšs sympa.

  • Speaker #0

    En tout cas, c'est l'image que tu donnes et c'est aussi ça qui m'avait attirĂ©e, c'est qu'on partage beaucoup de points en commun, je trouve, sur la partie maternitĂ©. Moi, je suis au tout dĂ©but de ma maternitĂ©, Baby Boy a seulement deux ans et demi, comme ton petit garçon Ă  peu prĂšs. Au final, je suis multi-engagĂ©e dans plein de sphĂšres. LĂ , on parle Ausha, on parle handicap, les gens le savent, le podcast a cinq ans, je ne lĂąche rien. Mais je suis engagĂ©e en termes de musique. parents d'Ă©lĂšves, c'est encore un peu tĂŽt, mais je fais plein d'autres choses Ă  cĂŽtĂ©, bĂ©nĂ©volement de toute façon. Ça m'a assez marquĂ©e dans tes communications de voir justement cet engagement que tu as pris Ă  bras-le-corps, parce qu'on peut le dire, ton handicap visuel, tu cohabites avec lui depuis quelques annĂ©es seulement, tu as eu une vie sans handicap visuel. Tu peux nous raconter un petit peu comment ça s'est passĂ© pour toi ?

  • Speaker #1

    Bien sĂ»r. Le temps passe trĂšs vite. Il se trouve que j'ai perdu la vue sur les deux yeux en 2007, maladie gĂ©nĂ©tique. Donc en fait, c'est d'abord une atteinte sur un Ɠil. La date, je m'en souviens comme si c'Ă©tait hier, mais c'Ă©tait le 29 octobre 2006. Et puis le deuxiĂšme Ɠil, il est tombĂ© Ă  peu prĂšs quatre mois aprĂšs. ConcrĂštement, moi, j'ai du rĂ©sidu visuel. Donc je vois Ă  travers un gros brouillard sur un... et qui est plus ou moins opaque suivant l'Ɠil. C'est Ă  peu prĂšs ça, c'est comme ça que je le dĂ©finirais. J'ai Ă©tĂ© pendant 15 ans directeur des ventes, directeur commercial jusqu'Ă  2020. Je me suis engagĂ© localement pour la cause du handicap. Le Covid est passĂ© par lĂ . Beaucoup de gens ont pensĂ© changer leur vie avec le Covid. Et pour l'instant, cinq ans aprĂšs, je pense rĂ©ellement pouvoir dire que j'ai changĂ© mon orientation de vie. Et je crois que mon engagement pour les autres, s'engager pour soi, pour une entreprise, pour uniquement un salaire ou s'engager pour la communautĂ©, ça nĂ©cessite parfois des sacrifices, mais qui valent la peine. Je crois que j'ai changĂ© de vie depuis cinq ans en acceptant, et je crois que c'est un des points aussi importants, parce que tu me parles de ma maladie ou de mon handicap, en acceptant mon handicap. Jusqu'en 2021, j'Ă©tais en situation de handicap visuel, je n'avais pas de canne blanche. Je tombais, je gĂ©nĂ©rais beaucoup de quiproquos, on va en parler. Et puis... En 2021, j'ai pris une canne blanche sous le conseil de ma femme Ă  l'Ă©poque, l'association Bien-Vivre son Handicap qu'on a crĂ©Ă©e, que j'ai crĂ©Ă©e pendant le confinement avec l'aide de ma compagne. Aujourd'hui, c'est une structure sur courbe de voie, on est Ă  peu prĂšs 400 personnes. Donc, c'est une grosse structure locale. Mais ma femme me disait, tu ne peux pas, Vincent, dire qu'il faut accepter son handicap et ne pas le faire soi-mĂȘme. RĂ©ellement, je crois que c'est ça le moteur, c'est de se dire oui. effectivement, on ne peut pas vouloir donner une visibilitĂ© positive au handicap et cacher le sien. Moi, je disais il y a quelques annĂ©es, je ne suis pas handicapĂ©, je suis gĂȘnĂ© par l'absence de vision. C'Ă©tait pĂ©riphrase, quelque part, elle reprĂ©sente ce avec quoi beaucoup de personnes vivent, je crois, avec maintenant l'expĂ©rience que je peux avoir de ce monde-lĂ . Donc, j'ai dĂ©cidĂ© effectivement Ă  ce moment-lĂ  d'utiliser une canne blanche, de devenir un handicapĂ© visible, visuel visible, si le terme peut ĂȘtre assez amusant. C'est lĂ  oĂč effectivement tu m'as vu sur les rĂ©seaux majoritairement, c'est qu'ensuite ça m'a permis de rentrer Ă  la PHPP, Association Nationale pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, oĂč l'objectif est de regrouper diffĂ©rents acteurs du monde politique, du monde Ă©conomique et du monde associatif, pour porter le sujet du handicap dans tous les pans de la sociĂ©tĂ©, avec un trĂšs fort enjeu citoyennetĂ©. Donc on voit que les choses sont quand mĂȘme trĂšs communes, mĂȘme si lĂ  il s'agit d'une action nationale, et on interface beaucoup de personnalitĂ©s politiques de premier niveau. VoilĂ  Ă  peu prĂšs ce que je peux te dire en version assez longue par rapport Ă  la question que tu m'as posĂ©e.

  • Speaker #0

    Non mais c'est intĂ©ressant parce que souvent, dĂ©jĂ  moi je lutte un peu contre le fait qu'on colle un chien guide Ă  tous les dĂ©ficiences visuelles qu'on croise. DĂ©jĂ  c'est un choix et on le voit bien dĂ©jĂ  dans ton parcours, la canne a mis du temps Ă  arriver, entre la dĂ©ficience qui est arrivĂ©e et ensuite la canne, il y a eu une bonne quinzaine d'annĂ©es comme tu le disais. Le chien guide c'est encore une autre Ă©tape, on va en parler aussi. Mais entre temps tu as fait en effet ce pivot. que tu identifies toi-mĂȘme en disant, voilĂ , reconnaĂźtre l'handicap, s'engager pour l'handicap. Alors, Bien vivre son handicap, c'est une association que tu as montĂ©e Ă  Courbevoie, qui est, comme tu l'as dit, hyper active et qui t'a donnĂ©, je crois, la visibilitĂ© pour aller Ă  l'APHPP, donc l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, comme tu le disais. Comment ça s'est passĂ© de l'un Ă  l'autre ? On t'a vu beaucoup sur les rĂ©seaux et quelqu'un t'a dit, dans l'associatif et les fĂ©dĂ©rations, les syndicats, ça se passe souvent comme ça. Tiens, on a une association, on aurait besoin de quelqu'un. Comment ça s'est passĂ© pour toi le cumul, on va dire, de bien vivre son handicap et de la PHPP, puisque tu n'as pas lĂąchĂ© l'une pour aller rejoindre l'autre. Tu fais les deux maintenant.

  • Speaker #1

    Je crois d'ailleurs que les deux sont importants, parce qu'effectivement, cet ancrage local, il est pour moi essentiel. Cet ancrage de citoyennetĂ© locale est fondamental. Et puis, si on veut mettre aussi en application des choses qui sont pensĂ©es, portĂ©es au national, il est aussi essentiel pour moi d'avoir cet ancrage de proximitĂ©. Alors, l'histoire, elle est assez simple. Moi, j'avais... On Ă©tait en Ă©change sur Facebook avec SĂ©bastien Breton, qui est le correspondant Grand Est de la PHPP. SĂ©bastien, on a Ă©changĂ© sur le rĂ©seau, puis un jour on s'est dit, tiens, ce serait quand mĂȘme bien que je ne sais plus, je ne suis pas capable de dire si c'est lui qui a pris contact avec moi, moi avec lui, si c'est moi qui ai voulu en savoir plus sur l'association ou si c'est lui qui a voulu en savoir plus sur moi. On a Ă©changĂ© au tĂ©lĂ©phone, puis il m'a dit, tiens, il faudrait que tu puisses Ă©changer avec Mathieu Hanereau, Mathieu Hanereau qui lui est Ă©lu. Il est Ă©lu de la RĂ©publique, conseiller municipal sur la ville de Saint-Herblain, qui est une ville prĂšs de Nantes avec un peu plus de 50 000 personnes. Et lui, Mathieu, il avait montĂ© en 2017 une association, la PHPP, dont l'objectif initial Ă©tait de promouvoir l'engagement des personnes handicapĂ©es en politique. Donc ça, c'Ă©tait le sujet de base en disant, si on veut que les choses bougent, il faut un engagement des personnes principalement concernĂ©es. Aujourd'hui, l'association a Ă©voluĂ© vers, on appelle ça du lobbying politique, vers du plaidoyer, vers... de pouvoir parler du handicap un peu partout et de faire en sorte que ce soit un sujet fort. AprĂšs, par quel biais on le prend, c'est un autre sujet, mais faire en sorte que le sujet devienne enfin un sujet de sociĂ©tĂ© pour quelque chose qui concerne... On parle de 12 millions de personnes handicapĂ©es, de 11 millions d'aidants, donc on parlerait de plus d'un tiers de la population.

  • Speaker #0

    Oui, c'est un gros sujet, c'est ce qu'on entend souvent. Quand on rassemble tous les types de handicap, ça concerne beaucoup de personnes. C'est important, et comme tu rajoutes les aidants, tu vois, je n'avais pas le chiffre pour les aidants. C'Ă©tait vraiment un pan trĂšs, trĂšs important de la sociĂ©tĂ©. Et c'est ça qui est intĂ©ressant aussi dans votre activitĂ©, c'est que c'est une seule voie pour tous les types de handicap. Il faut les abonder avec des reprĂ©sentants en interne qui connaissent peut-ĂȘtre les diffĂ©rents types de handicap, comme tu le dis, parce qu'il y a une multitude de sujets. plus tu mets de personnes, plus tu mets de diversitĂ©, plus c'est riche aussi, j'imagine, derriĂšre en dĂ©bat.

  • Speaker #1

    Tu sais, j'Ă©tais hier, j'animais une formation parce que 80% de mon activitĂ© est bĂ©nĂ©vole aujourd'hui, mais 100% de mon action va dans le mĂȘme sens. C'est-Ă -dire, essayer de changer le regard de la population sur le handicap et en se disant, en essayant de montrer un maximum de personnes que le handicap est beaucoup plus large que ce qu'on peut penser. Je parlais des places de stationnement. J'expliquais que les places de stationnement, c'est assez encore amusant. mĂȘme si petit Ă  petit, on est en train d'Ă©voluer. Mais regarde le logo qui est mentionnĂ© sur la place de stationnement, on parle d'un fauteuil roulant, alors que globalement, il s'agit d'une place prioritaire pour toutes les personnes qui ont une carte mobilitĂ© inclusion. Ça, on l'oublie. Et je crois qu'il est important de montrer que le handicap est beaucoup plus large. Le handicap, c'est complexe. C'est le handicap moteur, Ă©videmment. C'est le fauteuil roulant, Ă©videmment. Ça concerne Ă  peine moins de 5% de la population. Moins de 5% des handicaps, c'est en gros 500 000 personnes. On a le handicap auditif, on a le handicap visuel, on a les maladies invalidantes, on a le handicap cognitif, psychique, mental. Tout ça, on l'oublie. Et je crois que ça, c'est quelque chose d'important parce que si on a du mal peut-ĂȘtre Ă  parler d'une seule voix dans le monde du handicap, c'est qu'on a du mal Ă  agglomĂ©rer une population. Moi, je vois sur ma ville Ă  Courbevoie, on a 5 500 personnes qui ont officiellement une reconnaissance MDPH. C'est beaucoup.

  • Speaker #0

    Sur combien d'habitants Ă  Courbevoie ?

  • Speaker #1

    82 000. Donc c'est beaucoup, ça fait Ă  peu prĂšs 7% dĂ©jĂ  officiellement avec une reconnaissance MDPH. Mais pour autant, si tu regardes comme ça, tu te balades dans la ville, tu ne te dirais jamais, il y a 5 500 handicapĂ©s. Parce que tu vois le handicap uniquement par le prisme du fauteuil, par le prisme de la canne, ou maintenant, ça peut ĂȘtre aussi une transition Ă©ventuellement, mais par le prisme du chien. Qui d'ailleurs est moins marquĂ©, moins marquant, c'est-Ă -dire que c'est rigolo, beaucoup de gens, parce que moi j'ai un handicap qui ne se voit pas, je n'ai pas de lunettes noires, j'ai mes yeux qui ont... on peut le dire, on ressemble Ă  des yeux qui fonctionnent normalement. Et donc, quand on me voit avec mon chien, parfois, on me dit, le chien est en Ă©ducation, vous ĂȘtes famille d'accueil, etc. Il est en formation, alors que c'est ma chaĂźne guide. Mais effectivement, cette notion de rendre visible le handicap, je crois que c'est quelque chose aussi d'important. Et moi, Ă  l'origine, avant d'utiliser une canne, j'avais fait ma demande de chien, parce que c'Ă©tait plus facile Ă  accepter. Il y avait un cĂŽtĂ© un peu moins stigmatisant du chien versus la canne. Et puis en fait, moi j'ai eu mon chien au bout de trois ans, c'Ă©tait deux ans et demi, un peu plus. Et donc, j'ai pris ma canne au dĂ©but parce qu'on te demande quand tu as un chien d'ĂȘtre autonome Ă  la canne, ce qui n'est pas intuitif. On te dit, tiens, ton chien il fait tout tout seul. Non, ton chien il ne fait pas tout tout seul.

  • Speaker #0

    Ah non, ce n'est pas un GPS magique.

  • Speaker #1

    Tu le sais du coup mieux quiconque, mais quand on te remet un chien, c'est une semaine... c'est un peu plus, mais au moins une semaine de stage intensif avec ton chien. Et moi, je crois qu'il m'a fallu quasiment 4 jours sur les 5 jours pour dire, mais en fait, c'est pas un GPS sur pattes. Et ça, c'est quand mĂȘme quelque chose d'assez Ă©tonnant et pas intuitif pour les gens. MĂȘme ma grande-fille me disait l'autre jour, « Papa, est-ce qu'il existe des chiens qui sont capables de traverser au feu vert ou au feu rouge ? » Eh bien non, c'est pas comme ça qu'on fait. Le chien ne va pas aller se mettre sous les roues d'une voiture, mais la traversĂ©e, elle dĂ©pend du maĂźtre. Et ça, moi, il va trĂšs bien.

  • Speaker #0

    lui un peu de temps pour le compte je rebondis sur parce que je pense qu'on Ă©tait connectĂ©s hier sans s'en rendre compte je rebondis sur ce que tu disais sur l'image du handicap et le logo avec le fauteuil roulant qu'on voit de partout parce qu'hier avec mon petit garçon c'Ă©tait mercredi j'ai passĂ© la journĂ©e avec lui et donc je me suis rendue on s'est pas garĂ© sur une place rĂ©servĂ©e puisqu'on n'est pas concernĂ© mais on passe et il me dit ah les places elles sont toutes bleues voilĂ  il est dans l'Ăąge oĂč il apprend les couleurs et tout et je lui explique bah tu vois c'est tout bleu et je lui montre le logo alors au sol, mais surtout sur le panneau, parce que pour ses petits yeux de deux ans et demi, c'est compliquĂ© de voir quelque chose qui Ă©tait au sol, en lui disant, tu vois, ça, c'est une place. Et lĂ , ma phrase a Ă©tĂ© complĂštement alambiquĂ©e, parce que, comme tu dis, c'est compliquĂ© d'expliquer, en lui disant, c'est une place qui est prĂ©vue pour les personnes qui ont des difficultĂ©s, qui peuvent avoir un fauteuil roulant, mais pas que. MĂȘme si tu vois un fauteuil roulant sur l'image, et tu vois, c'est hyper, c'est comme tu disais, toi, hier, dans un contexte complĂštement diffĂ©rent. Du coup, je lui explique que ça peut ĂȘtre des gens qui ont des problĂšmes de vue, d'oreille ou plein d'autres choses qu'on ne peut pas forcĂ©ment voir parce que finalement, il va grandir aujourd'hui. parce que j'ai un frĂšre qui vient d'ĂȘtre diagnostiquĂ© d'un type de handicap complĂštement invisible. Donc voilĂ , pour rĂ©pondre aux gens, maintenant oui, je suis concernĂ©e par le handicap dans ma famille proche, mais pendant 27 ans, ce n'Ă©tait pas le cas. Et donc, je lui explique tout ça et on rentre dans Jardiland, Ă  cĂŽtĂ© de chez nous, un magasin dans lequel on va trĂšs souvent et souvent on y va Ă  pied, donc il ne voit pas les places. LĂ , on Ă©tait en voiture et je passais pour un autre engagement, pour aller chercher des sponsors pour mon comĂ©die musicale, tu vois, qui se joue dans un mois. Et je lui ai racontĂ© tout ça. Bref, on fait notre petit tour. Et lĂ , on tombe sur un voisin de notre ville, RĂ©gis, avec son chien NĂ©pal, son chien guide. Et voilĂ . Et en fait, ça a complĂštement illustrĂ© le fait que, bon, mĂȘme si RĂ©gis Ă©tait avec sa femme et donc pas forcĂ©ment sur cette place bleue, a priori, j'en sais rien, j'ai pas checkĂ© le parking. Mais ça illustre tellement que, comme tu disais, le logo CMI, mais rĂ©duit Ă  un fauteuil roulant, n'est pas hyper explicite, on va dire.

  • Speaker #1

    Non, et on a besoin... on a vĂ©ritablement besoin aussi de sensibiliser, j'allais dire Ă©duquer, mais sensibiliser la population parce qu'il faut et je crois que c'est un des combats que je mĂšne aussi associativement et que je mĂšne un peu dans le combat de visibilitĂ© que je mĂšne au quotidien parce que je crois que c'est un petit peu ça moi j'utilise quelque part ma tĂȘte, personne habillĂ©e certains disent que j'ai une tĂȘte de dandy des fois un peu cheveux longs, barbe alors des fois c'est pas le cas mais ... Et comme on est en audio, mais normalement une barbe prĂ©-taillĂ©e, comme je disais, une chemise blanche, une veste, j'essaie plutĂŽt d'ĂȘtre assez Ă©lĂ©gant, j'essaie d'ĂȘtre souriant. J'utilise cette image positive de visibilitĂ© pour dire, mais on peut ĂȘtre heureux en situation de handicap, on peut vivre sa vie comme tout le monde, on peut ĂȘtre citoyen, on peut ĂȘtre engagĂ©, on peut ĂȘtre performant, on peut ĂȘtre ce qu'on a dĂ©cidĂ© d'ĂȘtre. Et je crois que c'est surtout ça, parce que moi, je propose un scĂ©nario. On a des gens, des rĂŽles modĂšles, quelque part, comme Philippe Croison, qu'on connaĂźt, comme ThĂ©o Curin, etc., qui sont... qui sont Ă©videmment fantastiques, mais le handicap, ça n'est pas, et les rĂŽles modĂšles, ce n'est pas forcĂ©ment que des cadres amputĂ©s aussi remarquables soient-ils qui sont des sportifs de haut niveau. Ça peut ĂȘtre aussi, moi j'appelle ça les hĂ©ros du quotidien. Moi j'essaie de porter une thĂ©matique, c'est de dire on peut ĂȘtre aussi cadre en situation de handicap, en faisant autrement, en allant chercher de la performance, en s'adaptant, mais il y a eu... Tout simplement faire ses courses, sortir de chez soi. On le voit dĂ©jĂ , rompre l'isolement, c'est quelque chose de compliquĂ©. C'est de se dire qu'on a beaucoup de hĂ©ros du quotidien qui doivent ĂȘtre mieux connus. Beaucoup de gens qui se lĂšvent le matin, on est dans le gĂ©mal, qui souffrent, c'est-Ă -dire je vais rester Ă  la maison. Beaucoup de gens qui ont parfois une Ă  deux heures de prĂ©paration pour pouvoir sortir de chez eux, pour pouvoir dĂ©plier leur corps. Des gens qui passent une Ă  deux heures le soir pour pouvoir aller se coucher. Et tout ça, ça fait partie du quotidien et quand ces personnes-lĂ , que je peux connaĂźtre aujourd'hui au quotidien, sortent de chez elles pour tout simplement ĂȘtre des citoyens, je crois que c'est la belle expression d'une diversitĂ© de la sociĂ©tĂ© qui s'exprime. Et je crois que, moi c'est un des combats que j'ai envie de mener en ce moment, on est quand mĂȘme face Ă  une sociĂ©tĂ© qui se fracture, Ă  l'international, au national, au local. avec des messages souvent de haine, de rejet de l'autre. Et je crois que nous, quelque part, avec un handicap, qui acceptons notre difficultĂ© du quotidien, on peut aller porter aussi un joli message de rassemblement. Je crois que ça, c'est aussi quelque chose d'essentiel et qu'il nous faut continuer Ă  porter, je crois, le plus largement possible. En tout cas, moi, c'est ce qui m'anime.

  • Speaker #0

    Oui, et puis de montrer qu'il y a une grande diversitĂ©, mais qu'on peut aussi ĂȘtre des citoyens avec toute l'adaptation. station qu'il faut au quotidien pour sortir, pour vivre, comme tu disais, pour ĂȘtre citoyen, aller faire ses courses, qui prennent plus ou moins de temps, avec plus ou moins de difficultĂ©s. Comme tu dis, on est sur l'accessibilitĂ© un peu aussi, sur ces thĂ©matiques-lĂ . Tu me parlais de ta demande de chien guide que tu as fait il y a longtemps, du coup. Les chiens guides, tu connaissais dĂ©jĂ  ou pas du tout ? Quand tu as Ă©tĂ© dĂ©ficient visuel, tout le monde t'a parlĂ© de ça ou alors pas du tout. Comment tout ça est arrivĂ© dans ta vie ?

  • Speaker #1

    Alors, on en a assez peu parlĂ©. au dĂ©but. J'ai beaucoup de personnes, j'avais 13 personnes issues de ma famille qui avaient la mĂȘme maladie que moi. On en a assez peu parlĂ©. La canne, d'ailleurs, Ă©tait mĂȘme assez peu utilisĂ©e par les gens qui avaient une pathologie. Et c'est sur Courbevoie oĂč, lĂ , en dĂ©couvrant d'autres personnes, en m'investissant dans le monde associatif local, j'ai rencontrĂ© Aline, qui a eu une chienne guine pendant trĂšs longtemps, pendant plusieurs dizaines d'annĂ©es. et qui m'a parlĂ© de son chien, qu'on a pu rencontrer son chien. Et ça a Ă©tĂ© chouette, je me suis dit tiens, pourquoi pas ? C'est vrai qu'au moment de rendre visible mon handicap, parce que c'Ă©tait quand mĂȘme quelque chose qui Ă©tait aussi important. Quand tu es en situation de handicap visuel non visible, quand tu arrives Ă  la boulangerie, moi je prends souvent cet exemple, et tu demandes, excusez-moi, est-ce que vous pouvez me dire ce que vous avez comme sandwich, ce que vous avez comme dessert, et que la rĂ©ponse qui t'est formulĂ©e, c'est une rĂ©ponse, pour nous soit dit, tout Ă  fait cohĂ©rente, c'est devant vous, c'est lĂ . Le rendre visible le handicap, au-delĂ  du fait que c'Ă©tait aussi important pour moi-mĂȘme en termes de sĂ©curitĂ©, par la canne oĂč le chien aujourd'hui sont... sont importants pour moi mĂȘme en termes de sĂ©curitĂ©, au-delĂ  du cĂŽtĂ© associatif, militant, qui est de dire acceptons notre handicap et montrons-le, il y a cette troisiĂšme brique qui est de se dire aussi je facilite la vie des gens, et que quelque part je facilite les questions, puisque de toute façon c'est tellement compliquĂ© Ă  comprendre dĂ©jĂ  pour nous-mĂȘmes, Ă  comprendre pour l'environnement, je crois que c'est encore plus complexe. Et c'est lĂ  oĂč finalement, rendre visible son handicap, c'est aussi un service qu'on rend aux autres. Ça leur facilite le raisonnement, je dirais. Oui,

  • Speaker #0

    et l'adaptation en face.

  • Speaker #1

    Oui, clairement. Ça nous facilite aussi nos rĂ©ponses.

  • Speaker #0

    C'est rigolo parce que cet exemple de la boulangĂšre, j'ai un invitĂ© qui avait pris le mĂȘme exemple, Romain, avec Ausha. C'est l'Ă©pisode 26, je crois. Il racontait en effet que dans son petit village, il Ă©tait toujours allĂ© chercher son pain sans canne, parce qu'il n'en avait pas forcĂ©ment besoin dans le village, etc. Et que le jour oĂč il y a eu Ausha, sa chienne guide, la boulangĂšre a compris qu'il avait une dĂ©ficience visuelle. Et du coup, a complĂštement adaptĂ©, mais de maniĂšre positive et cohĂ©rente. Et tu vois, pas lourde, on va dire. Remettre la monnaie dans la main, ce genre de choses oĂč c'est un peu difficile, quand tu ne vois pas forcĂ©ment bien, de positionner bien ta main au-dessous des piĂšces qu'on te confie. Et Romain disait qu'il n'avait pas forcĂ©ment conscience lui-mĂȘme. Et c'est trĂšs intĂ©ressant que tu dises que ça... t'aide aussi Ă  comprendre des choses sur toi-mĂȘme. Il n'avait pas forcĂ©ment conscience que les gens Ă©taient Ă  ce point-lĂ , loin de sa dĂ©ficience visuelle. Il pensait qu'il y a quand mĂȘme du blindiste, comme on peut dire, ou des choses qui sont difficiles Ă  faire quand on est dĂ©ficient visuel, avec toutes les nuances qu'il existe entre vous. Ça aide Ă  la comprĂ©hension de l'autre, en tout cas, pour ceux qui veulent bien comprendre, je le souligne quand mĂȘme. Il y en a toujours qui ne comprendront jamais, mais ça aide peut-ĂȘtre Ă  une meilleure adaptation et une meilleure comprĂ©hension. avec les autres dans les deux sens.

  • Speaker #1

    C'est pour ça qu'on se bat, que ce soit bien-ĂȘtre ou handicap ou Ă  l'APHPP, c'est aussi pour faire comprendre. Je crois que c'est essentiel. C'est pour ça qu'on se bat aussi, notamment pour la mise en place de sensibilisation handicap obligatoire Ă  l'entreprise, de pouvoir lancer de gros plans de sensibilisation mĂ©dias, parce qu'il est essentiel qu'on continue, j'ai utilisĂ© le mot continuer, oui, Ă  dĂ©construire les stĂ©rĂ©otypes. Je crois que c'est fondamental. Moi, je voudrais quand mĂȘme te parler d'une phrase qui est assez intĂ©ressante. C'est un ami, JĂ©rĂŽme. Quand j'ai dĂ©cidĂ© d'utiliser une canne blanche, j'ai fait un post sur les rĂ©seaux sociaux, sur LinkedIn, je crois qu'il a Ă©tĂ© vu plus de 10 millions de fois, c'est un truc qui est parti vraiment de maniĂšre virale. Et la premiĂšre phrase de ce post, c'est « qu'est-ce qui t'est arrivĂ© ? » . Et en fait, l'histoire Ă©tait amusante, c'est que j'accompagnais ma fille Pauline Ă  l'Ă©cole, et je le faisais depuis un certain nombre d'annĂ©es, et je marchais avec elle main dans la main, comme je faisais d'habitude, sauf que cette fois-ci, j'avais une canne blanche. Quand je suis arrivĂ© devant l'Ă©cole avec la canne, j'ai vu mon ami JĂ©rĂŽme qui m'a dit « Mais qu'est-ce qui t'est arrivĂ© ? » Alors que ma vision n'avait pas changĂ©. J'avais simplement rendu visible mon handicap. Et ça, quelque part, c'est assez reprĂ©sentatif de la vision des gens. C'est que puisqu'on rend visible, quelque chose d'autre s'est passĂ©. Et c'est amusant parce que tout Ă  l'heure, je me permets, tout Ă  l'heure, je te disais que le chien, il Ă©tait parfois vu comme moins... handicapant c'est Ă  dire que quelque part comme mon handicap ne se voit pas les gens pensent qu'effectivement il est en formation il est en formation ma tori et en mĂȘme temps c'est assez rigolo c'est que comme je suis passĂ© de la canne au chien j'ai un nom important de personne qui dans les premiĂšres semaines quand ma chienne tori est arrivĂ©e on demandait si mon handicap s'Ă©tait aggravĂ© j'ai dit bah non pourquoi ? bah t'avais une canne avant maintenant t'as une chaĂźne j'imagine que ton handicap s'est aggravĂ© c'est une autre vision la chienne a À les premiers moments, moi, je souffrais parce qu'avec ma canne, j'avançais tout droit quand je prenais le train. Et avec ma chienne, on avançait tout droit, mais il y avait des gens qui venaient shooter dedans parce que j'avais les mĂȘmes mĂ©canismes de mouvement. Je ne laissais pas ma chienne peut-ĂȘtre faire le travail Ă  100 %. Les gens venaient shooter dedans. Je disais, mais arrĂȘtez de venir shooter dans ma chienne. Et il y avait quelque part cette violence qu'on peut imaginer. Moi, je suis Ă  Corbevoie, donc on a Saint-Lazare qui n'est pas loin. Et il y avait cette violence quand on prend le train le matin, quand on met le mĂ©tro Ă  8h30, etc. d'avoir effectivement cette agressivitĂ© oĂč quelque part les gens venaient marcher sur le chien. Attention ! Et aujourd'hui je sais pas, c'est assez rigolo parce que je pensais que c'Ă©tait quelque chose de constant.

  • Speaker #0

    Et maintenant qu'on s'est habitués l'un à l'autre, je ressens beaucoup moins cette violence. Je ne saurais pas l'expliquer.

  • Speaker #1

    Vous ĂȘtes accordĂ© aussi l'un Ă  l'autre. C'est ce que tu disais, Ă  la diffĂ©rence de la canne. À la canne, les gens Ă©vitent, j'ai eu pas mal de tĂ©moignages de fils en yeux qui disaient malheureusement, elle Ă©tait quand mĂȘme piĂ©tinĂ©e, cette canne. Les gens ne voyaient pas l'utilitĂ©. Bref, il faut de tout pour faire un monde. Comment on va rĂ©sumer cette situation comme ça ? Mais c'est vrai que le chien, les gens imaginent que le chien peut se dĂ©caler, alors qu'en fait, le rĂŽle du chien guide, c'est de slalomer parmi les gens. Mais il va quand mĂȘme essayer d'Ă©viter un maximum. Mais il y a un moment quand les gens lui foncent dessus, il ne peut pas non plus se rendre transparent et disparaĂźtre Ă  la seconde. Et donc, Tory, on en parle. Tu as fait ta demande quand ?

  • Speaker #0

    Écoute, je pense que c'Ă©tait en septembre ou octobre 2021.

  • Speaker #1

    C'Ă©tait un pas de... plus qui t'a Ă©tĂ©... Du coup, tu venais de prendre la canne pendant un an et lĂ , tu t'es dit, peut-ĂȘtre qu'on peut faire mieux.

  • Speaker #0

    Je n'avais pas ma canne. C'Ă©tait avant de prendre ma canne. C'Ă©tait juste le mois avant. On a achetĂ© une canne en parallĂšle qui est restĂ©e dans un placard pendant un mois. Je n'osais pas la sortir. Quelque part, pendant pas mal de temps, mon dossier de chien guide a Ă©tĂ© mis... Il a Ă©tĂ© envoyĂ© le temps qu'il soit traitĂ©. Il y a quand mĂȘme une vraie lenteur de... pour pouvoir effectivement passer du moment oĂč on fait la demande Ă ... On va dĂ©couvrir l'Ă©cole. AprĂšs, une fois qu'on a dĂ©couvert l'Ă©cole, au moment oĂč on va essayer, oĂč on va nous prĂ©senter l'animal. C'est assez intĂ©ressant d'ailleurs. J'avais un instructeur de locomotion qui Ă©tait venu me voir. Et puis, on faisait des exemples avec le guidon, des essais avec le guidon, oĂč j'avais le guidon Ă  la main. C'Ă©tait l'instructeur de locomotion qui... C'est le rĂŽle du chien.

  • Speaker #1

    Oui, qui était au bout du guidon. Oui, c'est assez perturbant. Alors que la 4 pattes en précise, pour ceux qui nous écoutent, il est bien debout, il le tient avec une autre main aussi.

  • Speaker #0

    Oui, voilĂ , mais c'est perturbant. Parce qu'au dĂ©but, j'ai dit, j'espĂšre que les gens ne vont pas me voir en train d'ĂȘtre tirĂ© par un monsieur avec un guide derriĂšre un guidon. Mais c'Ă©tait assez perturbant. J'Ă©tais assez gĂ©dĂ© la premiĂšre fois. Tout ça a mis deux ans et demi Ă  peu prĂšs. Et puis aprĂšs, j'ai fait un premier essai d'une chienne, mais qui ne convenait pas tout Ă  fait Ă  mon rythme de marche, qui Ă©tait un peu lent par rapport Ă ... Ă  moi, Ă  mon activitĂ©. Et puis finalement, on a fait un essai avec Tori. Il n'y avait qu'une seule chienne. Normalement, on nous prĂ©sente, ce qu'on m'a dit, c'est qu'on nous prĂ©sentait trois chiens pour pouvoir faire un choix et comprendre quel est l'animal qui nous correspond. Et lĂ , c'Ă©tait intĂ©ressant. Il n'y avait que Tori. Je pense qu'il n'y a qu'un seul chien. Mais je pense que vous devriez quand mĂȘme l'essayer. Ça devrait vous correspondre. Et Tori, en fait, c'est assez amusant parce que c'est une premiĂšre de la classe qui Ă©tait vraiment... trĂšs appliquĂ©e, assez sensible comme chienne, et vraiment dans cette... Elle veut bien faire, et bon, c'est assez chouette. Et moi, j'avais... En fait, il fallait un double... L'enjeu pour moi, c'est qu'il me fallait une chienne qui puisse aller assez vite, assez dynamique, qui soit aussi capable, parce que j'ai une famille de trois enfants, donc de pouvoir aussi, mĂȘme si ce n'Ă©tait pas le premier critĂšre, mais ĂȘtre une chienne de famille. Et puis, et ça, c'est quelque chose de compliquĂ©, je fais beaucoup de rĂ©unions, de rendez-vous. La premiĂšre fois, je crois que c'est en septembre dernier, je prends la parole Ă  l'UNESCO. La salle n'Ă©tait pas pleine, on devait ĂȘtre Ă  800-900 personnes devant moi quand mĂȘme. Et lĂ , je rentre, c'est la premiĂšre fois oĂč j'avais une apparition avec Tori. Je venais de la voir depuis assez peu de temps finalement. Et donc, on avance, on va se mettre Ă  notre place. Je prends la parole, c'est une table ronde, on Ă©tait 10 ou 15 sur la scĂšne. Et je prends la parole 5 minutes, mais on est lĂ  une heure. Et je me dis, comment ça va se passer ? Et lĂ , pendant cette heure-lĂ , elle est restĂ©e tranquillement. allonger et ça, savoir s'allonger, savoir rester calme, ne pas faire de bruit quand il faut rester, quand il ne faut pas faire de bruit et de repartir en action quand il faut partir en action avec quelqu'un de trĂšs dynamique comme je peux ĂȘtre je crois, multi engagĂ© dans beaucoup de directions. Elle a une journĂ©e peut-ĂȘtre plus fatigante que beaucoup d'autres chiens mais c'est une Ă©quation pas forcĂ©ment simple Ă  rĂ©soudre et je crois que aujourd'hui moi je suis Je suis heureux, je ne connaissais pas l'univers des chiens, mais je n'avais mĂȘme pas d'appĂ©tence pour avoir un chien aujourd'hui. Mais aujourd'hui, pour ĂȘtre honnĂȘte, j'en rigolais un peu avant d'avoir une chienne Ă  la maison. Mais oui, il y a quand mĂȘme une vraie relation. J'allais utiliser ce terme-lĂ , une relation d'amour avec le chien. Mais vraiment, une relation, c'est une des membres de la famille maintenant, tout en Ă©tant Ă  la fois une chienne guide. C'est beaucoup plus qu'une canne sur pĂąte, c'est Ă  la fois une membre de la famille. C'est assez chouette aussi aujourd'hui la relation qu'on a commencĂ© Ă  construire.

  • Speaker #1

    Je te disais juste avant d'enregistrer que Dory, moi je la connais. et qu'elle m'a rencontrée. Je recherchais les photos en te parlant, en t'écoutant. Et en fait, elle était toute petite quand je l'ai rencontrée, moi. C'était en juillet 2022. Donc, elle est de février. Si mes souvenirs sont bons.

  • Speaker #0

    27 février.

  • Speaker #1

    C'est ça. Et bien, je l'ai rencontrĂ©e le 28 juillet. Et ceux qui savent ce qui s'est passĂ© l'Ă©tĂ© 2022, j'Ă©tais tout Ă  fait trĂšs ronde. Et c'est la derniĂšre chienne, en fait, Ă  m'avoir vue trĂšs ronde. Puisque deux jours aprĂšs, j'Ă©tais Ă  la maternitĂ©, tout simplement. C'Ă©tait un peu en avance par rapport Ă  ce qui Ă©tait prĂ©vu, mais c'Ă©tait trĂšs bien aussi. Et oui, je l'ai rencontrĂ©e quand elle Ă©tait avec Laurie, sa famille d'accueil, sa famille relais, pardon, pour une petite pĂ©riode Ă  cet Ă©tĂ© 2022. C'est vrai que l'autre jour, quand je regardais un peu tes profils et que je revoyais le nom de Tori, tout de suite, en fait, ça m'a fait tilt en me disant, mais c'est celle-lĂ . Est-ce que c'est vraiment celle-lĂ  ? Donc dĂ©jĂ , c'est la mĂȘme couleur de chien, c'est la mĂȘme race, c'est la mĂȘme Ă©cole. Il y avait trĂšs peu de chances pour que ce soit diffĂ©rent au sein de la mĂȘme Ă©cole. Mais donc oui, Tori, c'est trĂšs rigolo. Tu vois, de ces cinq mois quand je l'ai rencontrĂ©e, c'est rigolo parce qu'on Ă©tait allĂ© au restaurant aprĂšs la dĂ©tente et elle avait Ă©tĂ© trĂšs posĂ©e. On l'avait complĂštement oubliĂ©e. J'ai des belles photos d'elle. Je te ferai passer avec ses jolis yeux orange un petit peu qui sont magnifiques. Elle Ă©tait vraiment trĂšs chou Ă  cette Ă©poque. J'imagine, quand je vois les photos aujourd'hui, elle est vraiment... Tu disais que tu utilises aussi ton image bien loupe. bouquĂ©e, bien coiffĂ©e, bien barbue, etc. Mais du coup, depuis qu'elle est rentrĂ©e dans ta vie en juillet l'annĂ©e derniĂšre, elle fait partie aussi de ton image maintenant. On la voit tout le temps. Elle est tout le temps Ă  cĂŽtĂ© de toi.

  • Speaker #0

    C'est une mini-starlette. Entendons-nous bien, je parle de handicap, je parle de responsable associatif ou de responsable politique que je rencontre. C'est surtout ce que j'essaie de faire dans les rĂ©seaux parce que c'est pas facile comme exercice. Je monte ma tĂȘte. Donc quand on monte sa tĂȘte, il y a un cĂŽtĂ© oĂč naturellement, on dĂ©cide de se mettre en avant. Puisque tu as vu mes communications, tu vois que gĂ©nĂ©ralement, j'essaie toujours de mettre du contenu. J'essaie toujours d'apporter quelque chose. Parce que je me dis, si quelqu'un lit deux lignes, il faut qu'il puisse apprendre quelque chose, qu'il puisse s'interroger. Et si quelqu'un dĂ©cide d'aller jusqu'Ă  la fin des 3000 caractĂšres, qui est Ă  peu prĂšs la place qu'on a sur LinkedIn, eh bien, il faut qu'il puisse s'interroger. qu'il puisse aussi apprendre quelque chose s'il a envie de le faire. Et je crois que c'est aussi ça, une grande partie de ce que j'essaie de faire, c'est de communiquer le plus largement possible, mais d'aller au-delĂ  de « j'ai rencontrĂ© un tel, j'ai fait ça » , c'est de toujours rĂ©flĂ©chir Ă  « tiens, qu'est-ce que je peux aller raconter ? » Je prendrais cet exemple-lĂ , hier c'Ă©tait intĂ©ressant, j'ai eu une question en formation, et peut-ĂȘtre qu'il y aura un poste qui sortira sur LinkedIn dans les prochains temps lĂ -dessus, mais c'Ă©tait une des questions qui Ă©tait de se dire « Vincent, moi je faisais le tour de table au dĂ©but, quelles sont vos attentes ? » La personne disait, mais moi, en fait, souvent, je vais vers les personnes handicapĂ©es et elles ne veulent pas que je m'occupe d'elles et je ne comprends pas. C'est intĂ©ressant comme question. Je dis, pourquoi ? Bon, finalement, on a trouvĂ© la solution aprĂšs la fin de formation, mais il y avait une autre question qui Ă©tait de se dire aussi, souvent, le problĂšme, ce n'est pas avec les personnes handicapĂ©es, c'est avec leurs accompagnants. C'est intĂ©ressant comme question. Je crois qu'il y a plein de thĂ©ories, quelque part, c'est notre... Oui, on est un binĂŽme aujourd'hui, pour revenir lĂ -dessus. On est un vrai binĂŽme de vie, mĂȘme si nous, on vit Ă  six chez nous, avec elle. Mais on est un binĂŽme de communication aussi. Et je crois qu'elle apporte aussi quelque chose de doux. Et puis moi, c'est aussi un des services que j'ai aussi envie de rendre Ă  l'association des chiens guides de Paris. Parce qu'on le sait bien, ça coĂ»te trĂšs cher d'Ă©lever un chien. C'est beaucoup de temps. Et je me dis que quelque part... Bien sĂ»r qu'elle m'apporte dans le guidage au quotidien, mais ce que je peux rendre aussi, c'est quelque part donner directement ou indirectement de la visibilitĂ© au chien guide par mes communications.

  • Speaker #1

    Et si tu devais aujourd'hui, comme tu l'as fait pour toi au début de l'interview, un peu pour boucler la boucle, donner trois mots pour la décrire, comment tu la décrirais autre que physiquement ? On a dit que c'était un labrador noir, mais sur son caractÚre ?

  • Speaker #0

    C'est intĂ©ressant, parce qu'effectivement, je parlais d'amour du chien tout Ă  l'heure. Et donc... Je dirais sensible, sĂ©rieuse, joueuse. Et ces points-lĂ  sont importants, c'est pour ça que j'ai voulu terminer par sĂ©rieuse et joueuse, parce que c'est souvent une des questions qu'on me pose sur des chiens, c'est quand mĂȘme dommage parce que ce sont des chiens qui ne s'amusent pas. Et je peux vous assurer que non, c'est qu'en fait, quand on lui donne la possibilitĂ© de s'amuser, sincĂšrement, elle s'Ă©clate. Si elle a... Quand ma femme, ma grande-fille joue avec, d'ailleurs il y a un comportement trĂšs diffĂ©rent avec les petits enfants oĂč elle est vraiment trĂšs prudente. On sent qu'elle ne veut pas comme ĂȘtre d'un pĂšre. Moi avec mon fils Augustin qui a deux ans, maintenant il commence Ă  venir lui faire des caresses et elle se laisse faire. Mais il y a trĂšs peu de temps, encore, elle l'Ă©vitait. Parce que quand on joue avec elle, elle joue. Mais elle est horrible, c'est 29 kilos de muscles. Pour un petit bonhomme qui fait 13 kilos, il faut faire attention. LĂ , j'ai ma petite Jeanne qui fait 4,5 kilos. Naturellement, on fait attention. De toute façon, il faut toujours faire attention. Elle est capable d'ĂȘtre... De temps en temps, la voix, elle dort. Elle est dans son panier, elle dort. Elle est en train de ronfler. sĂ»rement elle n'a pas son toit Ă  renfler elle est Ă  l'aise et puis allez Tori on y va bon on sent qu'elle s'Ă©tire et puis bon allez on y va elle est presque aussi Ă©panouie Ă  sortir qu'elle dans son panier et

  • Speaker #1

    je crois que c'est ça qui est assez formidable sur cette chaĂźne moi je suis absolument ravi c'est une bonne chose qu'elle soit arrivĂ©e finalement par ici dans ta vie oui et tu vois j'ai quand mĂȘme un point parce que

  • Speaker #0

    Je ne me posais pas cette question au dĂ©but. Il y a eu une question de beaucoup de personnes quand j'ai fait une premiĂšre communication avec Tory, et notamment de par les propriĂ©taires de chiens, qui m'ont dit « est-ce que vous allez la garder Ă  la fin ? » Et ça, question, parce que mine de rien, elle a 3 ans. Les chiens, globalement, guident, partent Ă  la retraite Ă  10 ans. Ça veut dire que si je veux pouvoir continuer Ă  avoir un chien guide, il va falloir que dans 5 ans, je me pose cette question. C'est Ă  peu prĂšs ça. Eh bien, tu vois Estelle, je n'ai pas encore de... de rĂ©ponse catĂ©gorique Ă  donner.

  • Speaker #1

    Et puis, elle peut évoluer de toute façon.

  • Speaker #0

    Mais elle peut Ă©voluer. Mais lĂ , j'avais une question de ma fille l'autre jour qui me dit, oui, mais papa, c'est quand mĂȘme bien parce que si jamais on la donne Ă  quelqu'un d'autre, parce qu'au moins, on ne la verra pas mourir. Et moi, je lui dis, ouais, mais tu la vois la laisser mourir avec quelqu'un d'autre que nous. Et ouais, c'est des mots, une discussion quand mĂȘme assez forte, mais qui prouve qu'au-delĂ  du chien guide, elle a pris quand mĂȘme aussi un autre statut chez nous.

  • Speaker #1

    Et tout ça en moins d'un an, puisque... On se parlait en février et elle est là avec toi depuis juillet.

  • Speaker #0

    C'est fantastique.

  • Speaker #1

    Ils prennent vite la place. Et c'est trĂšs bien. J'en parlais avec Mathis, que tu connais, qui a bossĂ© un peu avec vous aussi Ă  la PHPP. Nous, on a fait un Ă©pisode en immersion. Il m'a racontĂ© pendant... Du coup, ça a Ă©tĂ© six, huit mois d'attente oĂč on s'est racontĂ© parmi ces deux ans d'attente. Et en fait, quand on a enregistrĂ© chez lui, en dĂ©cembre... Ça faisait un mois qu'il avait eu Riel Ă  ses cĂŽtĂ©s et en fait, on oublie vite la temps. Elle n'est pas nĂ©gligeable, mais au final, le chien guide s'installe trĂšs rapidement dans la vie de son bĂ©nĂ©ficiaire et en devient vite indispensable, mais dans tous les cĂŽtĂ©s de la vie, comme tu disais, autant dans le guidage que dans la joie de vivre, dans le jeu, dans la famille, notamment. Dans ton cas, elle a pris sa place. Bon, Ă©coute, merci. Je vois qu'on arrive au bout de notre temps donnĂ© dans nos agendas respectifs.

  • Speaker #0

    Merci, Estelle.

  • Speaker #1

    Merci Ă  toi, en tout cas, Vincent. Je compte sur une prochaine fois Ă  Paris pour essayer de te croiser pour boire ce cafĂ© ou ce chocolat chaud, pour ma part. J'ai recroisĂ© Tori, qui aura bien grandi depuis la derniĂšre fois que je l'ai vue, avec laquelle j'avais jouĂ©, papotĂ©, caressĂ©. En tout cas, merci pour ton temps. Et puis, on continue Ă  suivre les deux associations notamment que tu nous as donnĂ©es. Donc, la station que tu as fondĂ©e Ă  Courbevoie, Bien vivre son handicap. et puis la PHPP donc je le redis l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es sur laquelle tu es aussi trĂšs engagĂ© et puis on n'hĂ©site pas Ă  te suivre toi sur LinkedIn tu nous as donnĂ© tu nous as beaucoup parlĂ© de ce rĂ©seau et sur Instagram et puis Facebook aussi oĂč on en a moins parlĂ© mais ah oui je suis en fait trĂšs

  • Speaker #0

    prĂ©sent sur Facebook le gros de notre communautĂ© locale vient de Facebook Ă  l'origine c'Ă©tait un groupe Facebook donc Facebook c'est notre Facebook c'est L'association, majoritairement, l'association locale et la famille. Instagram, c'est un peu tout le monde. LinkedIn, c'est du pro tout le monde. Un peu mĂȘme sur X. J'ai gardĂ© le rĂ©seau pour l'instant.

  • Speaker #1

    Tu as gardé le réseau. J'avoue que moi, j'ai un peu abandonné. Je me suis recentrée sur d'autres réseaux. J'ai dû faire des choix. Mais en tout cas, n'hésitez pas à aller suivre Vincent. Et puis Vincent, merci beaucoup pour ton temps et au plaisir de te croiser avec Tori et éventuellement ta petite famille sur Courbeauvoie ou ailleurs.

  • Speaker #0

    Mon plaisir Ă©galement, Estelle.

  • Speaker #1

    Et voilĂ , c'est la fin de cet Ă©pisode avec Vincent Julot. Et j'espĂšre qu'il vous a inspirĂ©. Si son engagement vous parle, je vous recommande d'Ă©couter l'Ă©pisode 11 oĂč Arthur raconte comment sa chaĂźne guide, Loya, l'a poussĂ© Ă  dĂ©fendre ses droits et Ă  s'investir davantage. Et vous, ĂȘtes-vous engagĂ© dans une association ou pour une cause qui vous tient Ă  cƓur ? Dites-le-moi en commentaire ou en message privĂ©, j'adorerais en discuter avec vous. De mon cĂŽtĂ©, je vous dis Ă  trĂšs bientĂŽt pour un prochain Ă©pisode sur l'univers mĂ©connu des chaĂźnes guides d'aveugles. Merci.

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Description

Pour le Podcasthon, découvrez l'Association pour la Prise en compte du Handicap dans les Politiques Publiques et Privées (APHPP) avec Vincent Julé, son vice-président !


🩼 C'est quoi cette histoire de Podcasthon ?
C'est le téléthon du podcast qui a pour objectif de vous faire découvrir des assos via vos podcasts préférés !


Vincent Ɠuvre pour rendre le handicap plus visible et faire Ă©voluer les politiques publiques en faveur de l’accessibilitĂ©.


Depuis juillet 2023, il est accompagnĂ© par Tauri, sa chienne guide, dont l’arrivĂ©e a marquĂ© une vĂ©ritable Ă©volution dans son rapport Ă  son propre handicap.


đŸŸ Dans cet Ă©pisode, dĂ©couvrez :
✔ Le rĂŽle de l’APHPP et les actions menĂ©es pour l’accessibilitĂ©.
✔ Le parcours de Vincent et son engagement associatif.
✔ L’impact de Tauri sur sa perception et son quotidien.
✔ Pourquoi il est essentiel de donner plus de visibilitĂ© aux personnes en situation de handicap.
✔ Comment chacun peut contribuer Ă  faire bouger les lignes.


đŸ¶ Et vous, ĂȘtes-vous engagĂ© dans une association ou pour une cause qui vous tient Ă  cƓur ? Dites-le-moi en commentaire ou en message privĂ©, j’adorerais en discuter avec vous !


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Création originale : Estelle Boullu

Production, enregistrement : Estelle Boullu

Montage : Alice Krief - Les Belles Fréquences

Musique originale : It's a Date de Frédéric Auger


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Je la connais et elle m'a connue, c'est la derniÚre à m'avoir connue, le plus enceinte, je crois, c'est le dernier chien que j'ai croisé deux jours avant d'accoucher.

  • Speaker #1

    GĂ©nial,

  • Speaker #0

    génial. Oui, c'est vrai que quand j'ai vu qu'elle t'avait été remise, ça m'a fait sourire aussi parce que c'est toujours émouvant de voir les chiens qu'on a vus en tant que futur chien guide quand ils sont vraiment remis à leur bénéficiaire.

  • Speaker #1

    C'est gĂ©nial et pour information sur ma ville ici Ă  Courbevoie. on a une des sƓurs de Tori qui a Ă©tĂ© rĂ©formĂ©e qui a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  sa famille d'accueil et donc Ă  quelques mĂštres de chez elle il y a sa sƓur rĂ©formĂ©e elles se sont croisĂ©es l'autre jour on s'est promis un jour d'aller faire une balade ensemble mais c'est assez sympa et un jour elle m'a croisĂ© tu le sais je suis trĂšs prĂ©sent sur les rĂ©seaux sociaux c'est je crois aussi une des maniĂšres de m'investir et donner de la visibilitĂ© au handicap c'est quelque chose qui m'anime et c'est quand mĂȘme du coup la personne m'a trouvĂ© elle Ă©tait qu'on me voit, elle m'a trouvĂ© sur Instagram et un jour elle a pris contact avec moi et puis en plus par le rĂ©seau des parents d'Ă©lĂšves, je suis aussi investi comme parent d'Ă©lĂšves, elle m'a retrouvĂ©, elle m'a envoyĂ© un message et puis un jour on s'est croisĂ© Ă  la sortie de mon immeuble. VoilĂ , tout simplement, par hasard, c'est assez fantastique. On s'est promis Ă  un moment donnĂ© de prendre le temps d'aller faire une balade.

  • Speaker #0

    Salut, c'est Estelle et vous Ă©coutez Futur Chien Guide, le podcast sur l'univers mĂ©connu des chiens guides d'aveugles. Chaque mois, je vous invite Ă  dĂ©couvrir les aventures de celles et ceux qui vivent cet univers au quotidien et ce lien si prĂ©cieux qui les unit Ă  leurs chiens. PassionnĂ©s et bĂ©nĂ©voles depuis des annĂ©es, d'abord Ă  Paris et aujourd'hui Ă  Lyon, je suis persuadĂ©e que leurs histoires pourront vous toucher, vous informer et peut-ĂȘtre mĂȘme vous donner envie de vous engager. Savez-vous justement que seuls 1% des dĂ©ficients visuels sont accompagnĂ©s d'un chien guide ? Alors, si vous voulez en savoir plus sur l'actualitĂ© des chiens guides et les colisses du podcast, inscrivez-vous sans tarder Ă  ma newsletter mensuelle. Avant de passer Ă  l'Ă©pisode du jour, je laisse mon micro Ă  SolĂšne, mon amie crĂ©atrice du podcast Tribune et Podium, qui m'a laissĂ© un petit message il y a quelques temps.

  • Speaker #2

    Coucou Estelle, coucou les auditorices de Futur Chien Guide. Alors pour ce que sont-ils devenus, moi le podcast il a changĂ© quelque chose d'assez important dans ma vie, c'est-Ă -dire que j'ai une phobie des chiens, je change de trottoir quand je vois un chien, j'ai extrĂȘmement peur des chiens. Mais alors depuis que j'Ă©coute Futur Chien Guide et que je te cĂŽtoie, je prends un peu plus de recul sur ma peur, c'est-Ă -dire que certains chiens continuent de me faire extrĂȘmement peur. et me tĂ©tanise, mais certains ont dĂ©sormais une place dans ma vie. Je n'ai pas adoptĂ© de chien et je pense que je ne le ferai jamais. Je suis dĂ©solĂ©e pour ça, mais en l'occurrence, il y a des chiens maintenant que j'aime bien promener. Ceux de mes amis, par exemple, j'aime bien partir qu'ils soient lĂ  quand on part en week-end ensemble, etc. Et surtout, je suis plus attentive quand je croise des chiens guides dans la rue, Ă  tel point que dĂšs que j'en crois... croise, je t'envoie une photo pour te dire est-ce que c'est un chien guide ou est-ce que c'est juste un chien qui a un joli harnais ? Et tu me fais un retour lĂ -dessus en gĂ©nĂ©ral. Donc voilĂ  ce que ça a changĂ©, c'est que je fais plus attention Ă  ça et j'ai aussi plus d'empathie et d'Ă©motion pour les animaux, ce qui n'Ă©tait pas du tout le cas avant. C'est-Ă -dire que maintenant je suis sincĂšrement heureuse quand je vois des chiens qui s'amusent et qui jouent et qui sont trop contents de... d'ĂȘtre Ă  la mer ou de faire une rando en montagne, ce genre de choses. Alors, ce n'est pas forcĂ©ment des chiens guines, mais en tout cas, j'ai plus d'empathie et d'Ă©motion pour les animaux que je n'en avais auparavant puisqu'elle Ă©tait simplement inexistante, cette empathie. Donc voilĂ  ce que ça a changĂ© pour moi. Je ne deviendrai pas famille d'accueil ni mĂȘme adoptante de chien puisque j'ai quand mĂȘme encore trĂšs, trĂšs peur et que ce n'est pas mon univers. Mais en tout cas, je suis contente de l'avoir dĂ©couvert et de... d'ouvrir un peu cette porte-lĂ  dans ma vie, parce que peut-ĂȘtre un jour, j'espĂšre que tu auras ton chien guide que tu accompagneras jusqu'Ă  ce qu'il soit remis et que j'aurai l'occasion de le rencontrer. Des bisous Ă  toi, Estelle, et des bisous Ă  tes auditeurs et tes auditrices.

  • Speaker #0

    À l'occasion du podcaston, j'ai eu le plaisir d'Ă©changer avec Vincent Julet, un homme engagĂ© pour une meilleure visibilitĂ© du handicap. Fondateur de l'association Bien vivre au handicap Ă  Courbevoie et membre actif de l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, la PHPP, Vincent est d'aujourd'hui guidĂ© par Florie, dont l'arrivĂ©e a marquĂ© un tournant non seulement dans sa mobilitĂ©, mais aussi dans la maniĂšre dont il perçoit et accepte son propre handicap. Dans cet Ă©pisode, on parle de militantisme, d'accessibilitĂ©, de sensibilisation et du rĂŽle parfois inattendu que peut jouer un chien guide dans un tel engagement. Et maintenant, place Ă  l'Ă©pisode. Bonjour Vincent !

  • Speaker #1

    Bonjour Estelle.

  • Speaker #0

    Merci d'avoir accepté mon invitation sur le podcast de Cherchenguide à l'occasion du podcaston. On est cette semaine dans un marathon, tu l'as appelé hackathon, moi je dis téléthon du podcast. C'est un événement que je fais chaque année, que je suis chaque année. C'est un peu l'opportunité de mettre une association en avant. Alors ok, moi j'en mets des associations à chaque podcast, à chaque épisode en avant, puisque l'univers des chiens guides d'aveugles et des chiens d'assistance est basé uniquement sur cette sphÚre-là. Mais aujourd'hui, on va aller un peu plus loin et j'ai voulu t'interroger. Désolé de ne pas avoir trouvé un moment pour prendre un café ensemble d'ailleurs.

  • Speaker #1

    C'est dommage, mais ce n'est que partie remise.

  • Speaker #0

    Exactement, on a essayé de se croiser. Je suis montée à Paris, tu es partie aussi faire autre chose. Et du coup, nos agendas ne se sont pas accordés. Donc, on se voit ici en visio. Moi, quand je t'ai découvert, je t'ai ouvert sur les réseaux sociaux. J'ai découvert que tu étais investie dans plein d'associations liées à ton handicap visuel. Est-ce que tu peux déjà nous donner, toi, trois mots, non pas pour décrire ton handicap visuel, mais pour te décrire toi ? je devais te rencontrer dans la rue, comment tu te définirais ?

  • Speaker #1

    BientĂŽt 48 ans, barbe mi-longue, cheveux grisonnants, mi-long. GĂ©nĂ©ralement, soit en costume, mais sinon jean, chemise blanche, une veste. C'est Ă  peu prĂšs mon style. Si tu me croises dans la rue Ă  Courbevoie, tu vas souvent me croiser aussi en famille. Parce que je suis papa de trois enfants, donc une grande fille qui a 12 ans, un petit garçon qui a 2 ans aujourd'hui, au moment oĂč on enregistre, et puis une petite fille qui a... qui a deux mois et demi maintenant. Et tu vas me croiser aussi. C'est aussi pour ça qu'on se rencontre aujourd'hui. Tu vas me croiser aussi avec, Ă  ma main gauche, une trĂšs jolie labrador noire qui s'appelle Tori.

  • Speaker #0

    Et alors, trois mots qui te définissent, toi. Est-ce que trois adjectifs dans ta vie de tous les jours, engagé, moi, j'avais mis engagé dans mon mot, mais je pense que tu en as d'autres à donner.

  • Speaker #1

    Je crois qu'engagĂ©, c'est un vrai mot. C'est un vrai mot qui me caractĂ©rise, c'est quelque chose qui m'anime. Je crois Ă  l'engagement, je crois Ă  l'engagement citoyen. Aujourd'hui d'ailleurs, si je devais donner un conseil, ou mĂȘme un conseil, le mot peut-ĂȘtre est fort, mais si je devais rĂ©flĂ©chir sur la vie que j'aimerais avoir, je dirais que je ne vois pas comment on pourrait aujourd'hui vivre son quotidien sans ĂȘtre engagĂ©, sans ĂȘtre engagĂ© pour ce qui nous anime. En l'occurrence, je suis multi-engagĂ© pour la cause du handicap. En premier, je suis engagĂ© aussi... pour mes associations de parents d'Ă©lĂšves, pour ma ville. Je suis aussi membre du Lyon's Club. Ce soir, j'ai une rĂ©union aux Amis du Conservatoire. Je suis aussi multi-engagĂ© parce que je crois que ce qu'on essaye de porter aussi, c'est aussi de donner
 Moi, il y a quelques annĂ©es, pendant le Covid, j'ai crĂ©Ă© une association qui s'appelait Bien vivre sans handicap. Et l'objectif de l'association, c'est de crĂ©er du lien en local et donner une visibilitĂ© positive au handicap. Et je crois que ce que j'essaie aussi de faire en Ă©tant acteur de la citĂ©, c'est de donner une visibilitĂ© aussi positive. Ă  la vie de famille, mais aussi au handicap au sens large, c'est-Ă -dire de se dire qu'on est tous citoyens et avec une particularitĂ©, avec quelque chose qui nous diffĂ©rencie, on est en capacitĂ© de pouvoir vivre sa ville, sa citĂ©, son pays comme tout un chacun. Et je crois que c'est ce qui m'anime au quotidien. Donc l'engagement, comme tu le disais, quelque chose d'assez fort. AprĂšs, oui, je dirais engagĂ©, papa. Et puis, j'espĂšre de dire Ă  peu prĂšs sympa.

  • Speaker #0

    En tout cas, c'est l'image que tu donnes et c'est aussi ça qui m'avait attirĂ©e, c'est qu'on partage beaucoup de points en commun, je trouve, sur la partie maternitĂ©. Moi, je suis au tout dĂ©but de ma maternitĂ©, Baby Boy a seulement deux ans et demi, comme ton petit garçon Ă  peu prĂšs. Au final, je suis multi-engagĂ©e dans plein de sphĂšres. LĂ , on parle Ausha, on parle handicap, les gens le savent, le podcast a cinq ans, je ne lĂąche rien. Mais je suis engagĂ©e en termes de musique. parents d'Ă©lĂšves, c'est encore un peu tĂŽt, mais je fais plein d'autres choses Ă  cĂŽtĂ©, bĂ©nĂ©volement de toute façon. Ça m'a assez marquĂ©e dans tes communications de voir justement cet engagement que tu as pris Ă  bras-le-corps, parce qu'on peut le dire, ton handicap visuel, tu cohabites avec lui depuis quelques annĂ©es seulement, tu as eu une vie sans handicap visuel. Tu peux nous raconter un petit peu comment ça s'est passĂ© pour toi ?

  • Speaker #1

    Bien sĂ»r. Le temps passe trĂšs vite. Il se trouve que j'ai perdu la vue sur les deux yeux en 2007, maladie gĂ©nĂ©tique. Donc en fait, c'est d'abord une atteinte sur un Ɠil. La date, je m'en souviens comme si c'Ă©tait hier, mais c'Ă©tait le 29 octobre 2006. Et puis le deuxiĂšme Ɠil, il est tombĂ© Ă  peu prĂšs quatre mois aprĂšs. ConcrĂštement, moi, j'ai du rĂ©sidu visuel. Donc je vois Ă  travers un gros brouillard sur un... et qui est plus ou moins opaque suivant l'Ɠil. C'est Ă  peu prĂšs ça, c'est comme ça que je le dĂ©finirais. J'ai Ă©tĂ© pendant 15 ans directeur des ventes, directeur commercial jusqu'Ă  2020. Je me suis engagĂ© localement pour la cause du handicap. Le Covid est passĂ© par lĂ . Beaucoup de gens ont pensĂ© changer leur vie avec le Covid. Et pour l'instant, cinq ans aprĂšs, je pense rĂ©ellement pouvoir dire que j'ai changĂ© mon orientation de vie. Et je crois que mon engagement pour les autres, s'engager pour soi, pour une entreprise, pour uniquement un salaire ou s'engager pour la communautĂ©, ça nĂ©cessite parfois des sacrifices, mais qui valent la peine. Je crois que j'ai changĂ© de vie depuis cinq ans en acceptant, et je crois que c'est un des points aussi importants, parce que tu me parles de ma maladie ou de mon handicap, en acceptant mon handicap. Jusqu'en 2021, j'Ă©tais en situation de handicap visuel, je n'avais pas de canne blanche. Je tombais, je gĂ©nĂ©rais beaucoup de quiproquos, on va en parler. Et puis... En 2021, j'ai pris une canne blanche sous le conseil de ma femme Ă  l'Ă©poque, l'association Bien-Vivre son Handicap qu'on a crĂ©Ă©e, que j'ai crĂ©Ă©e pendant le confinement avec l'aide de ma compagne. Aujourd'hui, c'est une structure sur courbe de voie, on est Ă  peu prĂšs 400 personnes. Donc, c'est une grosse structure locale. Mais ma femme me disait, tu ne peux pas, Vincent, dire qu'il faut accepter son handicap et ne pas le faire soi-mĂȘme. RĂ©ellement, je crois que c'est ça le moteur, c'est de se dire oui. effectivement, on ne peut pas vouloir donner une visibilitĂ© positive au handicap et cacher le sien. Moi, je disais il y a quelques annĂ©es, je ne suis pas handicapĂ©, je suis gĂȘnĂ© par l'absence de vision. C'Ă©tait pĂ©riphrase, quelque part, elle reprĂ©sente ce avec quoi beaucoup de personnes vivent, je crois, avec maintenant l'expĂ©rience que je peux avoir de ce monde-lĂ . Donc, j'ai dĂ©cidĂ© effectivement Ă  ce moment-lĂ  d'utiliser une canne blanche, de devenir un handicapĂ© visible, visuel visible, si le terme peut ĂȘtre assez amusant. C'est lĂ  oĂč effectivement tu m'as vu sur les rĂ©seaux majoritairement, c'est qu'ensuite ça m'a permis de rentrer Ă  la PHPP, Association Nationale pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, oĂč l'objectif est de regrouper diffĂ©rents acteurs du monde politique, du monde Ă©conomique et du monde associatif, pour porter le sujet du handicap dans tous les pans de la sociĂ©tĂ©, avec un trĂšs fort enjeu citoyennetĂ©. Donc on voit que les choses sont quand mĂȘme trĂšs communes, mĂȘme si lĂ  il s'agit d'une action nationale, et on interface beaucoup de personnalitĂ©s politiques de premier niveau. VoilĂ  Ă  peu prĂšs ce que je peux te dire en version assez longue par rapport Ă  la question que tu m'as posĂ©e.

  • Speaker #0

    Non mais c'est intĂ©ressant parce que souvent, dĂ©jĂ  moi je lutte un peu contre le fait qu'on colle un chien guide Ă  tous les dĂ©ficiences visuelles qu'on croise. DĂ©jĂ  c'est un choix et on le voit bien dĂ©jĂ  dans ton parcours, la canne a mis du temps Ă  arriver, entre la dĂ©ficience qui est arrivĂ©e et ensuite la canne, il y a eu une bonne quinzaine d'annĂ©es comme tu le disais. Le chien guide c'est encore une autre Ă©tape, on va en parler aussi. Mais entre temps tu as fait en effet ce pivot. que tu identifies toi-mĂȘme en disant, voilĂ , reconnaĂźtre l'handicap, s'engager pour l'handicap. Alors, Bien vivre son handicap, c'est une association que tu as montĂ©e Ă  Courbevoie, qui est, comme tu l'as dit, hyper active et qui t'a donnĂ©, je crois, la visibilitĂ© pour aller Ă  l'APHPP, donc l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, comme tu le disais. Comment ça s'est passĂ© de l'un Ă  l'autre ? On t'a vu beaucoup sur les rĂ©seaux et quelqu'un t'a dit, dans l'associatif et les fĂ©dĂ©rations, les syndicats, ça se passe souvent comme ça. Tiens, on a une association, on aurait besoin de quelqu'un. Comment ça s'est passĂ© pour toi le cumul, on va dire, de bien vivre son handicap et de la PHPP, puisque tu n'as pas lĂąchĂ© l'une pour aller rejoindre l'autre. Tu fais les deux maintenant.

  • Speaker #1

    Je crois d'ailleurs que les deux sont importants, parce qu'effectivement, cet ancrage local, il est pour moi essentiel. Cet ancrage de citoyennetĂ© locale est fondamental. Et puis, si on veut mettre aussi en application des choses qui sont pensĂ©es, portĂ©es au national, il est aussi essentiel pour moi d'avoir cet ancrage de proximitĂ©. Alors, l'histoire, elle est assez simple. Moi, j'avais... On Ă©tait en Ă©change sur Facebook avec SĂ©bastien Breton, qui est le correspondant Grand Est de la PHPP. SĂ©bastien, on a Ă©changĂ© sur le rĂ©seau, puis un jour on s'est dit, tiens, ce serait quand mĂȘme bien que je ne sais plus, je ne suis pas capable de dire si c'est lui qui a pris contact avec moi, moi avec lui, si c'est moi qui ai voulu en savoir plus sur l'association ou si c'est lui qui a voulu en savoir plus sur moi. On a Ă©changĂ© au tĂ©lĂ©phone, puis il m'a dit, tiens, il faudrait que tu puisses Ă©changer avec Mathieu Hanereau, Mathieu Hanereau qui lui est Ă©lu. Il est Ă©lu de la RĂ©publique, conseiller municipal sur la ville de Saint-Herblain, qui est une ville prĂšs de Nantes avec un peu plus de 50 000 personnes. Et lui, Mathieu, il avait montĂ© en 2017 une association, la PHPP, dont l'objectif initial Ă©tait de promouvoir l'engagement des personnes handicapĂ©es en politique. Donc ça, c'Ă©tait le sujet de base en disant, si on veut que les choses bougent, il faut un engagement des personnes principalement concernĂ©es. Aujourd'hui, l'association a Ă©voluĂ© vers, on appelle ça du lobbying politique, vers du plaidoyer, vers... de pouvoir parler du handicap un peu partout et de faire en sorte que ce soit un sujet fort. AprĂšs, par quel biais on le prend, c'est un autre sujet, mais faire en sorte que le sujet devienne enfin un sujet de sociĂ©tĂ© pour quelque chose qui concerne... On parle de 12 millions de personnes handicapĂ©es, de 11 millions d'aidants, donc on parlerait de plus d'un tiers de la population.

  • Speaker #0

    Oui, c'est un gros sujet, c'est ce qu'on entend souvent. Quand on rassemble tous les types de handicap, ça concerne beaucoup de personnes. C'est important, et comme tu rajoutes les aidants, tu vois, je n'avais pas le chiffre pour les aidants. C'Ă©tait vraiment un pan trĂšs, trĂšs important de la sociĂ©tĂ©. Et c'est ça qui est intĂ©ressant aussi dans votre activitĂ©, c'est que c'est une seule voie pour tous les types de handicap. Il faut les abonder avec des reprĂ©sentants en interne qui connaissent peut-ĂȘtre les diffĂ©rents types de handicap, comme tu le dis, parce qu'il y a une multitude de sujets. plus tu mets de personnes, plus tu mets de diversitĂ©, plus c'est riche aussi, j'imagine, derriĂšre en dĂ©bat.

  • Speaker #1

    Tu sais, j'Ă©tais hier, j'animais une formation parce que 80% de mon activitĂ© est bĂ©nĂ©vole aujourd'hui, mais 100% de mon action va dans le mĂȘme sens. C'est-Ă -dire, essayer de changer le regard de la population sur le handicap et en se disant, en essayant de montrer un maximum de personnes que le handicap est beaucoup plus large que ce qu'on peut penser. Je parlais des places de stationnement. J'expliquais que les places de stationnement, c'est assez encore amusant. mĂȘme si petit Ă  petit, on est en train d'Ă©voluer. Mais regarde le logo qui est mentionnĂ© sur la place de stationnement, on parle d'un fauteuil roulant, alors que globalement, il s'agit d'une place prioritaire pour toutes les personnes qui ont une carte mobilitĂ© inclusion. Ça, on l'oublie. Et je crois qu'il est important de montrer que le handicap est beaucoup plus large. Le handicap, c'est complexe. C'est le handicap moteur, Ă©videmment. C'est le fauteuil roulant, Ă©videmment. Ça concerne Ă  peine moins de 5% de la population. Moins de 5% des handicaps, c'est en gros 500 000 personnes. On a le handicap auditif, on a le handicap visuel, on a les maladies invalidantes, on a le handicap cognitif, psychique, mental. Tout ça, on l'oublie. Et je crois que ça, c'est quelque chose d'important parce que si on a du mal peut-ĂȘtre Ă  parler d'une seule voix dans le monde du handicap, c'est qu'on a du mal Ă  agglomĂ©rer une population. Moi, je vois sur ma ville Ă  Courbevoie, on a 5 500 personnes qui ont officiellement une reconnaissance MDPH. C'est beaucoup.

  • Speaker #0

    Sur combien d'habitants Ă  Courbevoie ?

  • Speaker #1

    82 000. Donc c'est beaucoup, ça fait Ă  peu prĂšs 7% dĂ©jĂ  officiellement avec une reconnaissance MDPH. Mais pour autant, si tu regardes comme ça, tu te balades dans la ville, tu ne te dirais jamais, il y a 5 500 handicapĂ©s. Parce que tu vois le handicap uniquement par le prisme du fauteuil, par le prisme de la canne, ou maintenant, ça peut ĂȘtre aussi une transition Ă©ventuellement, mais par le prisme du chien. Qui d'ailleurs est moins marquĂ©, moins marquant, c'est-Ă -dire que c'est rigolo, beaucoup de gens, parce que moi j'ai un handicap qui ne se voit pas, je n'ai pas de lunettes noires, j'ai mes yeux qui ont... on peut le dire, on ressemble Ă  des yeux qui fonctionnent normalement. Et donc, quand on me voit avec mon chien, parfois, on me dit, le chien est en Ă©ducation, vous ĂȘtes famille d'accueil, etc. Il est en formation, alors que c'est ma chaĂźne guide. Mais effectivement, cette notion de rendre visible le handicap, je crois que c'est quelque chose aussi d'important. Et moi, Ă  l'origine, avant d'utiliser une canne, j'avais fait ma demande de chien, parce que c'Ă©tait plus facile Ă  accepter. Il y avait un cĂŽtĂ© un peu moins stigmatisant du chien versus la canne. Et puis en fait, moi j'ai eu mon chien au bout de trois ans, c'Ă©tait deux ans et demi, un peu plus. Et donc, j'ai pris ma canne au dĂ©but parce qu'on te demande quand tu as un chien d'ĂȘtre autonome Ă  la canne, ce qui n'est pas intuitif. On te dit, tiens, ton chien il fait tout tout seul. Non, ton chien il ne fait pas tout tout seul.

  • Speaker #0

    Ah non, ce n'est pas un GPS magique.

  • Speaker #1

    Tu le sais du coup mieux quiconque, mais quand on te remet un chien, c'est une semaine... c'est un peu plus, mais au moins une semaine de stage intensif avec ton chien. Et moi, je crois qu'il m'a fallu quasiment 4 jours sur les 5 jours pour dire, mais en fait, c'est pas un GPS sur pattes. Et ça, c'est quand mĂȘme quelque chose d'assez Ă©tonnant et pas intuitif pour les gens. MĂȘme ma grande-fille me disait l'autre jour, « Papa, est-ce qu'il existe des chiens qui sont capables de traverser au feu vert ou au feu rouge ? » Eh bien non, c'est pas comme ça qu'on fait. Le chien ne va pas aller se mettre sous les roues d'une voiture, mais la traversĂ©e, elle dĂ©pend du maĂźtre. Et ça, moi, il va trĂšs bien.

  • Speaker #0

    lui un peu de temps pour le compte je rebondis sur parce que je pense qu'on Ă©tait connectĂ©s hier sans s'en rendre compte je rebondis sur ce que tu disais sur l'image du handicap et le logo avec le fauteuil roulant qu'on voit de partout parce qu'hier avec mon petit garçon c'Ă©tait mercredi j'ai passĂ© la journĂ©e avec lui et donc je me suis rendue on s'est pas garĂ© sur une place rĂ©servĂ©e puisqu'on n'est pas concernĂ© mais on passe et il me dit ah les places elles sont toutes bleues voilĂ  il est dans l'Ăąge oĂč il apprend les couleurs et tout et je lui explique bah tu vois c'est tout bleu et je lui montre le logo alors au sol, mais surtout sur le panneau, parce que pour ses petits yeux de deux ans et demi, c'est compliquĂ© de voir quelque chose qui Ă©tait au sol, en lui disant, tu vois, ça, c'est une place. Et lĂ , ma phrase a Ă©tĂ© complĂštement alambiquĂ©e, parce que, comme tu dis, c'est compliquĂ© d'expliquer, en lui disant, c'est une place qui est prĂ©vue pour les personnes qui ont des difficultĂ©s, qui peuvent avoir un fauteuil roulant, mais pas que. MĂȘme si tu vois un fauteuil roulant sur l'image, et tu vois, c'est hyper, c'est comme tu disais, toi, hier, dans un contexte complĂštement diffĂ©rent. Du coup, je lui explique que ça peut ĂȘtre des gens qui ont des problĂšmes de vue, d'oreille ou plein d'autres choses qu'on ne peut pas forcĂ©ment voir parce que finalement, il va grandir aujourd'hui. parce que j'ai un frĂšre qui vient d'ĂȘtre diagnostiquĂ© d'un type de handicap complĂštement invisible. Donc voilĂ , pour rĂ©pondre aux gens, maintenant oui, je suis concernĂ©e par le handicap dans ma famille proche, mais pendant 27 ans, ce n'Ă©tait pas le cas. Et donc, je lui explique tout ça et on rentre dans Jardiland, Ă  cĂŽtĂ© de chez nous, un magasin dans lequel on va trĂšs souvent et souvent on y va Ă  pied, donc il ne voit pas les places. LĂ , on Ă©tait en voiture et je passais pour un autre engagement, pour aller chercher des sponsors pour mon comĂ©die musicale, tu vois, qui se joue dans un mois. Et je lui ai racontĂ© tout ça. Bref, on fait notre petit tour. Et lĂ , on tombe sur un voisin de notre ville, RĂ©gis, avec son chien NĂ©pal, son chien guide. Et voilĂ . Et en fait, ça a complĂštement illustrĂ© le fait que, bon, mĂȘme si RĂ©gis Ă©tait avec sa femme et donc pas forcĂ©ment sur cette place bleue, a priori, j'en sais rien, j'ai pas checkĂ© le parking. Mais ça illustre tellement que, comme tu disais, le logo CMI, mais rĂ©duit Ă  un fauteuil roulant, n'est pas hyper explicite, on va dire.

  • Speaker #1

    Non, et on a besoin... on a vĂ©ritablement besoin aussi de sensibiliser, j'allais dire Ă©duquer, mais sensibiliser la population parce qu'il faut et je crois que c'est un des combats que je mĂšne aussi associativement et que je mĂšne un peu dans le combat de visibilitĂ© que je mĂšne au quotidien parce que je crois que c'est un petit peu ça moi j'utilise quelque part ma tĂȘte, personne habillĂ©e certains disent que j'ai une tĂȘte de dandy des fois un peu cheveux longs, barbe alors des fois c'est pas le cas mais ... Et comme on est en audio, mais normalement une barbe prĂ©-taillĂ©e, comme je disais, une chemise blanche, une veste, j'essaie plutĂŽt d'ĂȘtre assez Ă©lĂ©gant, j'essaie d'ĂȘtre souriant. J'utilise cette image positive de visibilitĂ© pour dire, mais on peut ĂȘtre heureux en situation de handicap, on peut vivre sa vie comme tout le monde, on peut ĂȘtre citoyen, on peut ĂȘtre engagĂ©, on peut ĂȘtre performant, on peut ĂȘtre ce qu'on a dĂ©cidĂ© d'ĂȘtre. Et je crois que c'est surtout ça, parce que moi, je propose un scĂ©nario. On a des gens, des rĂŽles modĂšles, quelque part, comme Philippe Croison, qu'on connaĂźt, comme ThĂ©o Curin, etc., qui sont... qui sont Ă©videmment fantastiques, mais le handicap, ça n'est pas, et les rĂŽles modĂšles, ce n'est pas forcĂ©ment que des cadres amputĂ©s aussi remarquables soient-ils qui sont des sportifs de haut niveau. Ça peut ĂȘtre aussi, moi j'appelle ça les hĂ©ros du quotidien. Moi j'essaie de porter une thĂ©matique, c'est de dire on peut ĂȘtre aussi cadre en situation de handicap, en faisant autrement, en allant chercher de la performance, en s'adaptant, mais il y a eu... Tout simplement faire ses courses, sortir de chez soi. On le voit dĂ©jĂ , rompre l'isolement, c'est quelque chose de compliquĂ©. C'est de se dire qu'on a beaucoup de hĂ©ros du quotidien qui doivent ĂȘtre mieux connus. Beaucoup de gens qui se lĂšvent le matin, on est dans le gĂ©mal, qui souffrent, c'est-Ă -dire je vais rester Ă  la maison. Beaucoup de gens qui ont parfois une Ă  deux heures de prĂ©paration pour pouvoir sortir de chez eux, pour pouvoir dĂ©plier leur corps. Des gens qui passent une Ă  deux heures le soir pour pouvoir aller se coucher. Et tout ça, ça fait partie du quotidien et quand ces personnes-lĂ , que je peux connaĂźtre aujourd'hui au quotidien, sortent de chez elles pour tout simplement ĂȘtre des citoyens, je crois que c'est la belle expression d'une diversitĂ© de la sociĂ©tĂ© qui s'exprime. Et je crois que, moi c'est un des combats que j'ai envie de mener en ce moment, on est quand mĂȘme face Ă  une sociĂ©tĂ© qui se fracture, Ă  l'international, au national, au local. avec des messages souvent de haine, de rejet de l'autre. Et je crois que nous, quelque part, avec un handicap, qui acceptons notre difficultĂ© du quotidien, on peut aller porter aussi un joli message de rassemblement. Je crois que ça, c'est aussi quelque chose d'essentiel et qu'il nous faut continuer Ă  porter, je crois, le plus largement possible. En tout cas, moi, c'est ce qui m'anime.

  • Speaker #0

    Oui, et puis de montrer qu'il y a une grande diversitĂ©, mais qu'on peut aussi ĂȘtre des citoyens avec toute l'adaptation. station qu'il faut au quotidien pour sortir, pour vivre, comme tu disais, pour ĂȘtre citoyen, aller faire ses courses, qui prennent plus ou moins de temps, avec plus ou moins de difficultĂ©s. Comme tu dis, on est sur l'accessibilitĂ© un peu aussi, sur ces thĂ©matiques-lĂ . Tu me parlais de ta demande de chien guide que tu as fait il y a longtemps, du coup. Les chiens guides, tu connaissais dĂ©jĂ  ou pas du tout ? Quand tu as Ă©tĂ© dĂ©ficient visuel, tout le monde t'a parlĂ© de ça ou alors pas du tout. Comment tout ça est arrivĂ© dans ta vie ?

  • Speaker #1

    Alors, on en a assez peu parlĂ©. au dĂ©but. J'ai beaucoup de personnes, j'avais 13 personnes issues de ma famille qui avaient la mĂȘme maladie que moi. On en a assez peu parlĂ©. La canne, d'ailleurs, Ă©tait mĂȘme assez peu utilisĂ©e par les gens qui avaient une pathologie. Et c'est sur Courbevoie oĂč, lĂ , en dĂ©couvrant d'autres personnes, en m'investissant dans le monde associatif local, j'ai rencontrĂ© Aline, qui a eu une chienne guine pendant trĂšs longtemps, pendant plusieurs dizaines d'annĂ©es. et qui m'a parlĂ© de son chien, qu'on a pu rencontrer son chien. Et ça a Ă©tĂ© chouette, je me suis dit tiens, pourquoi pas ? C'est vrai qu'au moment de rendre visible mon handicap, parce que c'Ă©tait quand mĂȘme quelque chose qui Ă©tait aussi important. Quand tu es en situation de handicap visuel non visible, quand tu arrives Ă  la boulangerie, moi je prends souvent cet exemple, et tu demandes, excusez-moi, est-ce que vous pouvez me dire ce que vous avez comme sandwich, ce que vous avez comme dessert, et que la rĂ©ponse qui t'est formulĂ©e, c'est une rĂ©ponse, pour nous soit dit, tout Ă  fait cohĂ©rente, c'est devant vous, c'est lĂ . Le rendre visible le handicap, au-delĂ  du fait que c'Ă©tait aussi important pour moi-mĂȘme en termes de sĂ©curitĂ©, par la canne oĂč le chien aujourd'hui sont... sont importants pour moi mĂȘme en termes de sĂ©curitĂ©, au-delĂ  du cĂŽtĂ© associatif, militant, qui est de dire acceptons notre handicap et montrons-le, il y a cette troisiĂšme brique qui est de se dire aussi je facilite la vie des gens, et que quelque part je facilite les questions, puisque de toute façon c'est tellement compliquĂ© Ă  comprendre dĂ©jĂ  pour nous-mĂȘmes, Ă  comprendre pour l'environnement, je crois que c'est encore plus complexe. Et c'est lĂ  oĂč finalement, rendre visible son handicap, c'est aussi un service qu'on rend aux autres. Ça leur facilite le raisonnement, je dirais. Oui,

  • Speaker #0

    et l'adaptation en face.

  • Speaker #1

    Oui, clairement. Ça nous facilite aussi nos rĂ©ponses.

  • Speaker #0

    C'est rigolo parce que cet exemple de la boulangĂšre, j'ai un invitĂ© qui avait pris le mĂȘme exemple, Romain, avec Ausha. C'est l'Ă©pisode 26, je crois. Il racontait en effet que dans son petit village, il Ă©tait toujours allĂ© chercher son pain sans canne, parce qu'il n'en avait pas forcĂ©ment besoin dans le village, etc. Et que le jour oĂč il y a eu Ausha, sa chienne guide, la boulangĂšre a compris qu'il avait une dĂ©ficience visuelle. Et du coup, a complĂštement adaptĂ©, mais de maniĂšre positive et cohĂ©rente. Et tu vois, pas lourde, on va dire. Remettre la monnaie dans la main, ce genre de choses oĂč c'est un peu difficile, quand tu ne vois pas forcĂ©ment bien, de positionner bien ta main au-dessous des piĂšces qu'on te confie. Et Romain disait qu'il n'avait pas forcĂ©ment conscience lui-mĂȘme. Et c'est trĂšs intĂ©ressant que tu dises que ça... t'aide aussi Ă  comprendre des choses sur toi-mĂȘme. Il n'avait pas forcĂ©ment conscience que les gens Ă©taient Ă  ce point-lĂ , loin de sa dĂ©ficience visuelle. Il pensait qu'il y a quand mĂȘme du blindiste, comme on peut dire, ou des choses qui sont difficiles Ă  faire quand on est dĂ©ficient visuel, avec toutes les nuances qu'il existe entre vous. Ça aide Ă  la comprĂ©hension de l'autre, en tout cas, pour ceux qui veulent bien comprendre, je le souligne quand mĂȘme. Il y en a toujours qui ne comprendront jamais, mais ça aide peut-ĂȘtre Ă  une meilleure adaptation et une meilleure comprĂ©hension. avec les autres dans les deux sens.

  • Speaker #1

    C'est pour ça qu'on se bat, que ce soit bien-ĂȘtre ou handicap ou Ă  l'APHPP, c'est aussi pour faire comprendre. Je crois que c'est essentiel. C'est pour ça qu'on se bat aussi, notamment pour la mise en place de sensibilisation handicap obligatoire Ă  l'entreprise, de pouvoir lancer de gros plans de sensibilisation mĂ©dias, parce qu'il est essentiel qu'on continue, j'ai utilisĂ© le mot continuer, oui, Ă  dĂ©construire les stĂ©rĂ©otypes. Je crois que c'est fondamental. Moi, je voudrais quand mĂȘme te parler d'une phrase qui est assez intĂ©ressante. C'est un ami, JĂ©rĂŽme. Quand j'ai dĂ©cidĂ© d'utiliser une canne blanche, j'ai fait un post sur les rĂ©seaux sociaux, sur LinkedIn, je crois qu'il a Ă©tĂ© vu plus de 10 millions de fois, c'est un truc qui est parti vraiment de maniĂšre virale. Et la premiĂšre phrase de ce post, c'est « qu'est-ce qui t'est arrivĂ© ? » . Et en fait, l'histoire Ă©tait amusante, c'est que j'accompagnais ma fille Pauline Ă  l'Ă©cole, et je le faisais depuis un certain nombre d'annĂ©es, et je marchais avec elle main dans la main, comme je faisais d'habitude, sauf que cette fois-ci, j'avais une canne blanche. Quand je suis arrivĂ© devant l'Ă©cole avec la canne, j'ai vu mon ami JĂ©rĂŽme qui m'a dit « Mais qu'est-ce qui t'est arrivĂ© ? » Alors que ma vision n'avait pas changĂ©. J'avais simplement rendu visible mon handicap. Et ça, quelque part, c'est assez reprĂ©sentatif de la vision des gens. C'est que puisqu'on rend visible, quelque chose d'autre s'est passĂ©. Et c'est amusant parce que tout Ă  l'heure, je me permets, tout Ă  l'heure, je te disais que le chien, il Ă©tait parfois vu comme moins... handicapant c'est Ă  dire que quelque part comme mon handicap ne se voit pas les gens pensent qu'effectivement il est en formation il est en formation ma tori et en mĂȘme temps c'est assez rigolo c'est que comme je suis passĂ© de la canne au chien j'ai un nom important de personne qui dans les premiĂšres semaines quand ma chienne tori est arrivĂ©e on demandait si mon handicap s'Ă©tait aggravĂ© j'ai dit bah non pourquoi ? bah t'avais une canne avant maintenant t'as une chaĂźne j'imagine que ton handicap s'est aggravĂ© c'est une autre vision la chienne a À les premiers moments, moi, je souffrais parce qu'avec ma canne, j'avançais tout droit quand je prenais le train. Et avec ma chienne, on avançait tout droit, mais il y avait des gens qui venaient shooter dedans parce que j'avais les mĂȘmes mĂ©canismes de mouvement. Je ne laissais pas ma chienne peut-ĂȘtre faire le travail Ă  100 %. Les gens venaient shooter dedans. Je disais, mais arrĂȘtez de venir shooter dans ma chienne. Et il y avait quelque part cette violence qu'on peut imaginer. Moi, je suis Ă  Corbevoie, donc on a Saint-Lazare qui n'est pas loin. Et il y avait cette violence quand on prend le train le matin, quand on met le mĂ©tro Ă  8h30, etc. d'avoir effectivement cette agressivitĂ© oĂč quelque part les gens venaient marcher sur le chien. Attention ! Et aujourd'hui je sais pas, c'est assez rigolo parce que je pensais que c'Ă©tait quelque chose de constant.

  • Speaker #0

    Et maintenant qu'on s'est habitués l'un à l'autre, je ressens beaucoup moins cette violence. Je ne saurais pas l'expliquer.

  • Speaker #1

    Vous ĂȘtes accordĂ© aussi l'un Ă  l'autre. C'est ce que tu disais, Ă  la diffĂ©rence de la canne. À la canne, les gens Ă©vitent, j'ai eu pas mal de tĂ©moignages de fils en yeux qui disaient malheureusement, elle Ă©tait quand mĂȘme piĂ©tinĂ©e, cette canne. Les gens ne voyaient pas l'utilitĂ©. Bref, il faut de tout pour faire un monde. Comment on va rĂ©sumer cette situation comme ça ? Mais c'est vrai que le chien, les gens imaginent que le chien peut se dĂ©caler, alors qu'en fait, le rĂŽle du chien guide, c'est de slalomer parmi les gens. Mais il va quand mĂȘme essayer d'Ă©viter un maximum. Mais il y a un moment quand les gens lui foncent dessus, il ne peut pas non plus se rendre transparent et disparaĂźtre Ă  la seconde. Et donc, Tory, on en parle. Tu as fait ta demande quand ?

  • Speaker #0

    Écoute, je pense que c'Ă©tait en septembre ou octobre 2021.

  • Speaker #1

    C'Ă©tait un pas de... plus qui t'a Ă©tĂ©... Du coup, tu venais de prendre la canne pendant un an et lĂ , tu t'es dit, peut-ĂȘtre qu'on peut faire mieux.

  • Speaker #0

    Je n'avais pas ma canne. C'Ă©tait avant de prendre ma canne. C'Ă©tait juste le mois avant. On a achetĂ© une canne en parallĂšle qui est restĂ©e dans un placard pendant un mois. Je n'osais pas la sortir. Quelque part, pendant pas mal de temps, mon dossier de chien guide a Ă©tĂ© mis... Il a Ă©tĂ© envoyĂ© le temps qu'il soit traitĂ©. Il y a quand mĂȘme une vraie lenteur de... pour pouvoir effectivement passer du moment oĂč on fait la demande Ă ... On va dĂ©couvrir l'Ă©cole. AprĂšs, une fois qu'on a dĂ©couvert l'Ă©cole, au moment oĂč on va essayer, oĂč on va nous prĂ©senter l'animal. C'est assez intĂ©ressant d'ailleurs. J'avais un instructeur de locomotion qui Ă©tait venu me voir. Et puis, on faisait des exemples avec le guidon, des essais avec le guidon, oĂč j'avais le guidon Ă  la main. C'Ă©tait l'instructeur de locomotion qui... C'est le rĂŽle du chien.

  • Speaker #1

    Oui, qui était au bout du guidon. Oui, c'est assez perturbant. Alors que la 4 pattes en précise, pour ceux qui nous écoutent, il est bien debout, il le tient avec une autre main aussi.

  • Speaker #0

    Oui, voilĂ , mais c'est perturbant. Parce qu'au dĂ©but, j'ai dit, j'espĂšre que les gens ne vont pas me voir en train d'ĂȘtre tirĂ© par un monsieur avec un guide derriĂšre un guidon. Mais c'Ă©tait assez perturbant. J'Ă©tais assez gĂ©dĂ© la premiĂšre fois. Tout ça a mis deux ans et demi Ă  peu prĂšs. Et puis aprĂšs, j'ai fait un premier essai d'une chienne, mais qui ne convenait pas tout Ă  fait Ă  mon rythme de marche, qui Ă©tait un peu lent par rapport Ă ... Ă  moi, Ă  mon activitĂ©. Et puis finalement, on a fait un essai avec Tori. Il n'y avait qu'une seule chienne. Normalement, on nous prĂ©sente, ce qu'on m'a dit, c'est qu'on nous prĂ©sentait trois chiens pour pouvoir faire un choix et comprendre quel est l'animal qui nous correspond. Et lĂ , c'Ă©tait intĂ©ressant. Il n'y avait que Tori. Je pense qu'il n'y a qu'un seul chien. Mais je pense que vous devriez quand mĂȘme l'essayer. Ça devrait vous correspondre. Et Tori, en fait, c'est assez amusant parce que c'est une premiĂšre de la classe qui Ă©tait vraiment... trĂšs appliquĂ©e, assez sensible comme chienne, et vraiment dans cette... Elle veut bien faire, et bon, c'est assez chouette. Et moi, j'avais... En fait, il fallait un double... L'enjeu pour moi, c'est qu'il me fallait une chienne qui puisse aller assez vite, assez dynamique, qui soit aussi capable, parce que j'ai une famille de trois enfants, donc de pouvoir aussi, mĂȘme si ce n'Ă©tait pas le premier critĂšre, mais ĂȘtre une chienne de famille. Et puis, et ça, c'est quelque chose de compliquĂ©, je fais beaucoup de rĂ©unions, de rendez-vous. La premiĂšre fois, je crois que c'est en septembre dernier, je prends la parole Ă  l'UNESCO. La salle n'Ă©tait pas pleine, on devait ĂȘtre Ă  800-900 personnes devant moi quand mĂȘme. Et lĂ , je rentre, c'est la premiĂšre fois oĂč j'avais une apparition avec Tori. Je venais de la voir depuis assez peu de temps finalement. Et donc, on avance, on va se mettre Ă  notre place. Je prends la parole, c'est une table ronde, on Ă©tait 10 ou 15 sur la scĂšne. Et je prends la parole 5 minutes, mais on est lĂ  une heure. Et je me dis, comment ça va se passer ? Et lĂ , pendant cette heure-lĂ , elle est restĂ©e tranquillement. allonger et ça, savoir s'allonger, savoir rester calme, ne pas faire de bruit quand il faut rester, quand il ne faut pas faire de bruit et de repartir en action quand il faut partir en action avec quelqu'un de trĂšs dynamique comme je peux ĂȘtre je crois, multi engagĂ© dans beaucoup de directions. Elle a une journĂ©e peut-ĂȘtre plus fatigante que beaucoup d'autres chiens mais c'est une Ă©quation pas forcĂ©ment simple Ă  rĂ©soudre et je crois que aujourd'hui moi je suis Je suis heureux, je ne connaissais pas l'univers des chiens, mais je n'avais mĂȘme pas d'appĂ©tence pour avoir un chien aujourd'hui. Mais aujourd'hui, pour ĂȘtre honnĂȘte, j'en rigolais un peu avant d'avoir une chienne Ă  la maison. Mais oui, il y a quand mĂȘme une vraie relation. J'allais utiliser ce terme-lĂ , une relation d'amour avec le chien. Mais vraiment, une relation, c'est une des membres de la famille maintenant, tout en Ă©tant Ă  la fois une chienne guide. C'est beaucoup plus qu'une canne sur pĂąte, c'est Ă  la fois une membre de la famille. C'est assez chouette aussi aujourd'hui la relation qu'on a commencĂ© Ă  construire.

  • Speaker #1

    Je te disais juste avant d'enregistrer que Dory, moi je la connais. et qu'elle m'a rencontrée. Je recherchais les photos en te parlant, en t'écoutant. Et en fait, elle était toute petite quand je l'ai rencontrée, moi. C'était en juillet 2022. Donc, elle est de février. Si mes souvenirs sont bons.

  • Speaker #0

    27 février.

  • Speaker #1

    C'est ça. Et bien, je l'ai rencontrĂ©e le 28 juillet. Et ceux qui savent ce qui s'est passĂ© l'Ă©tĂ© 2022, j'Ă©tais tout Ă  fait trĂšs ronde. Et c'est la derniĂšre chienne, en fait, Ă  m'avoir vue trĂšs ronde. Puisque deux jours aprĂšs, j'Ă©tais Ă  la maternitĂ©, tout simplement. C'Ă©tait un peu en avance par rapport Ă  ce qui Ă©tait prĂ©vu, mais c'Ă©tait trĂšs bien aussi. Et oui, je l'ai rencontrĂ©e quand elle Ă©tait avec Laurie, sa famille d'accueil, sa famille relais, pardon, pour une petite pĂ©riode Ă  cet Ă©tĂ© 2022. C'est vrai que l'autre jour, quand je regardais un peu tes profils et que je revoyais le nom de Tori, tout de suite, en fait, ça m'a fait tilt en me disant, mais c'est celle-lĂ . Est-ce que c'est vraiment celle-lĂ  ? Donc dĂ©jĂ , c'est la mĂȘme couleur de chien, c'est la mĂȘme race, c'est la mĂȘme Ă©cole. Il y avait trĂšs peu de chances pour que ce soit diffĂ©rent au sein de la mĂȘme Ă©cole. Mais donc oui, Tori, c'est trĂšs rigolo. Tu vois, de ces cinq mois quand je l'ai rencontrĂ©e, c'est rigolo parce qu'on Ă©tait allĂ© au restaurant aprĂšs la dĂ©tente et elle avait Ă©tĂ© trĂšs posĂ©e. On l'avait complĂštement oubliĂ©e. J'ai des belles photos d'elle. Je te ferai passer avec ses jolis yeux orange un petit peu qui sont magnifiques. Elle Ă©tait vraiment trĂšs chou Ă  cette Ă©poque. J'imagine, quand je vois les photos aujourd'hui, elle est vraiment... Tu disais que tu utilises aussi ton image bien loupe. bouquĂ©e, bien coiffĂ©e, bien barbue, etc. Mais du coup, depuis qu'elle est rentrĂ©e dans ta vie en juillet l'annĂ©e derniĂšre, elle fait partie aussi de ton image maintenant. On la voit tout le temps. Elle est tout le temps Ă  cĂŽtĂ© de toi.

  • Speaker #0

    C'est une mini-starlette. Entendons-nous bien, je parle de handicap, je parle de responsable associatif ou de responsable politique que je rencontre. C'est surtout ce que j'essaie de faire dans les rĂ©seaux parce que c'est pas facile comme exercice. Je monte ma tĂȘte. Donc quand on monte sa tĂȘte, il y a un cĂŽtĂ© oĂč naturellement, on dĂ©cide de se mettre en avant. Puisque tu as vu mes communications, tu vois que gĂ©nĂ©ralement, j'essaie toujours de mettre du contenu. J'essaie toujours d'apporter quelque chose. Parce que je me dis, si quelqu'un lit deux lignes, il faut qu'il puisse apprendre quelque chose, qu'il puisse s'interroger. Et si quelqu'un dĂ©cide d'aller jusqu'Ă  la fin des 3000 caractĂšres, qui est Ă  peu prĂšs la place qu'on a sur LinkedIn, eh bien, il faut qu'il puisse s'interroger. qu'il puisse aussi apprendre quelque chose s'il a envie de le faire. Et je crois que c'est aussi ça, une grande partie de ce que j'essaie de faire, c'est de communiquer le plus largement possible, mais d'aller au-delĂ  de « j'ai rencontrĂ© un tel, j'ai fait ça » , c'est de toujours rĂ©flĂ©chir Ă  « tiens, qu'est-ce que je peux aller raconter ? » Je prendrais cet exemple-lĂ , hier c'Ă©tait intĂ©ressant, j'ai eu une question en formation, et peut-ĂȘtre qu'il y aura un poste qui sortira sur LinkedIn dans les prochains temps lĂ -dessus, mais c'Ă©tait une des questions qui Ă©tait de se dire « Vincent, moi je faisais le tour de table au dĂ©but, quelles sont vos attentes ? » La personne disait, mais moi, en fait, souvent, je vais vers les personnes handicapĂ©es et elles ne veulent pas que je m'occupe d'elles et je ne comprends pas. C'est intĂ©ressant comme question. Je dis, pourquoi ? Bon, finalement, on a trouvĂ© la solution aprĂšs la fin de formation, mais il y avait une autre question qui Ă©tait de se dire aussi, souvent, le problĂšme, ce n'est pas avec les personnes handicapĂ©es, c'est avec leurs accompagnants. C'est intĂ©ressant comme question. Je crois qu'il y a plein de thĂ©ories, quelque part, c'est notre... Oui, on est un binĂŽme aujourd'hui, pour revenir lĂ -dessus. On est un vrai binĂŽme de vie, mĂȘme si nous, on vit Ă  six chez nous, avec elle. Mais on est un binĂŽme de communication aussi. Et je crois qu'elle apporte aussi quelque chose de doux. Et puis moi, c'est aussi un des services que j'ai aussi envie de rendre Ă  l'association des chiens guides de Paris. Parce qu'on le sait bien, ça coĂ»te trĂšs cher d'Ă©lever un chien. C'est beaucoup de temps. Et je me dis que quelque part... Bien sĂ»r qu'elle m'apporte dans le guidage au quotidien, mais ce que je peux rendre aussi, c'est quelque part donner directement ou indirectement de la visibilitĂ© au chien guide par mes communications.

  • Speaker #1

    Et si tu devais aujourd'hui, comme tu l'as fait pour toi au début de l'interview, un peu pour boucler la boucle, donner trois mots pour la décrire, comment tu la décrirais autre que physiquement ? On a dit que c'était un labrador noir, mais sur son caractÚre ?

  • Speaker #0

    C'est intĂ©ressant, parce qu'effectivement, je parlais d'amour du chien tout Ă  l'heure. Et donc... Je dirais sensible, sĂ©rieuse, joueuse. Et ces points-lĂ  sont importants, c'est pour ça que j'ai voulu terminer par sĂ©rieuse et joueuse, parce que c'est souvent une des questions qu'on me pose sur des chiens, c'est quand mĂȘme dommage parce que ce sont des chiens qui ne s'amusent pas. Et je peux vous assurer que non, c'est qu'en fait, quand on lui donne la possibilitĂ© de s'amuser, sincĂšrement, elle s'Ă©clate. Si elle a... Quand ma femme, ma grande-fille joue avec, d'ailleurs il y a un comportement trĂšs diffĂ©rent avec les petits enfants oĂč elle est vraiment trĂšs prudente. On sent qu'elle ne veut pas comme ĂȘtre d'un pĂšre. Moi avec mon fils Augustin qui a deux ans, maintenant il commence Ă  venir lui faire des caresses et elle se laisse faire. Mais il y a trĂšs peu de temps, encore, elle l'Ă©vitait. Parce que quand on joue avec elle, elle joue. Mais elle est horrible, c'est 29 kilos de muscles. Pour un petit bonhomme qui fait 13 kilos, il faut faire attention. LĂ , j'ai ma petite Jeanne qui fait 4,5 kilos. Naturellement, on fait attention. De toute façon, il faut toujours faire attention. Elle est capable d'ĂȘtre... De temps en temps, la voix, elle dort. Elle est dans son panier, elle dort. Elle est en train de ronfler. sĂ»rement elle n'a pas son toit Ă  renfler elle est Ă  l'aise et puis allez Tori on y va bon on sent qu'elle s'Ă©tire et puis bon allez on y va elle est presque aussi Ă©panouie Ă  sortir qu'elle dans son panier et

  • Speaker #1

    je crois que c'est ça qui est assez formidable sur cette chaĂźne moi je suis absolument ravi c'est une bonne chose qu'elle soit arrivĂ©e finalement par ici dans ta vie oui et tu vois j'ai quand mĂȘme un point parce que

  • Speaker #0

    Je ne me posais pas cette question au dĂ©but. Il y a eu une question de beaucoup de personnes quand j'ai fait une premiĂšre communication avec Tory, et notamment de par les propriĂ©taires de chiens, qui m'ont dit « est-ce que vous allez la garder Ă  la fin ? » Et ça, question, parce que mine de rien, elle a 3 ans. Les chiens, globalement, guident, partent Ă  la retraite Ă  10 ans. Ça veut dire que si je veux pouvoir continuer Ă  avoir un chien guide, il va falloir que dans 5 ans, je me pose cette question. C'est Ă  peu prĂšs ça. Eh bien, tu vois Estelle, je n'ai pas encore de... de rĂ©ponse catĂ©gorique Ă  donner.

  • Speaker #1

    Et puis, elle peut évoluer de toute façon.

  • Speaker #0

    Mais elle peut Ă©voluer. Mais lĂ , j'avais une question de ma fille l'autre jour qui me dit, oui, mais papa, c'est quand mĂȘme bien parce que si jamais on la donne Ă  quelqu'un d'autre, parce qu'au moins, on ne la verra pas mourir. Et moi, je lui dis, ouais, mais tu la vois la laisser mourir avec quelqu'un d'autre que nous. Et ouais, c'est des mots, une discussion quand mĂȘme assez forte, mais qui prouve qu'au-delĂ  du chien guide, elle a pris quand mĂȘme aussi un autre statut chez nous.

  • Speaker #1

    Et tout ça en moins d'un an, puisque... On se parlait en février et elle est là avec toi depuis juillet.

  • Speaker #0

    C'est fantastique.

  • Speaker #1

    Ils prennent vite la place. Et c'est trĂšs bien. J'en parlais avec Mathis, que tu connais, qui a bossĂ© un peu avec vous aussi Ă  la PHPP. Nous, on a fait un Ă©pisode en immersion. Il m'a racontĂ© pendant... Du coup, ça a Ă©tĂ© six, huit mois d'attente oĂč on s'est racontĂ© parmi ces deux ans d'attente. Et en fait, quand on a enregistrĂ© chez lui, en dĂ©cembre... Ça faisait un mois qu'il avait eu Riel Ă  ses cĂŽtĂ©s et en fait, on oublie vite la temps. Elle n'est pas nĂ©gligeable, mais au final, le chien guide s'installe trĂšs rapidement dans la vie de son bĂ©nĂ©ficiaire et en devient vite indispensable, mais dans tous les cĂŽtĂ©s de la vie, comme tu disais, autant dans le guidage que dans la joie de vivre, dans le jeu, dans la famille, notamment. Dans ton cas, elle a pris sa place. Bon, Ă©coute, merci. Je vois qu'on arrive au bout de notre temps donnĂ© dans nos agendas respectifs.

  • Speaker #0

    Merci, Estelle.

  • Speaker #1

    Merci Ă  toi, en tout cas, Vincent. Je compte sur une prochaine fois Ă  Paris pour essayer de te croiser pour boire ce cafĂ© ou ce chocolat chaud, pour ma part. J'ai recroisĂ© Tori, qui aura bien grandi depuis la derniĂšre fois que je l'ai vue, avec laquelle j'avais jouĂ©, papotĂ©, caressĂ©. En tout cas, merci pour ton temps. Et puis, on continue Ă  suivre les deux associations notamment que tu nous as donnĂ©es. Donc, la station que tu as fondĂ©e Ă  Courbevoie, Bien vivre son handicap. et puis la PHPP donc je le redis l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es sur laquelle tu es aussi trĂšs engagĂ© et puis on n'hĂ©site pas Ă  te suivre toi sur LinkedIn tu nous as donnĂ© tu nous as beaucoup parlĂ© de ce rĂ©seau et sur Instagram et puis Facebook aussi oĂč on en a moins parlĂ© mais ah oui je suis en fait trĂšs

  • Speaker #0

    prĂ©sent sur Facebook le gros de notre communautĂ© locale vient de Facebook Ă  l'origine c'Ă©tait un groupe Facebook donc Facebook c'est notre Facebook c'est L'association, majoritairement, l'association locale et la famille. Instagram, c'est un peu tout le monde. LinkedIn, c'est du pro tout le monde. Un peu mĂȘme sur X. J'ai gardĂ© le rĂ©seau pour l'instant.

  • Speaker #1

    Tu as gardé le réseau. J'avoue que moi, j'ai un peu abandonné. Je me suis recentrée sur d'autres réseaux. J'ai dû faire des choix. Mais en tout cas, n'hésitez pas à aller suivre Vincent. Et puis Vincent, merci beaucoup pour ton temps et au plaisir de te croiser avec Tori et éventuellement ta petite famille sur Courbeauvoie ou ailleurs.

  • Speaker #0

    Mon plaisir Ă©galement, Estelle.

  • Speaker #1

    Et voilĂ , c'est la fin de cet Ă©pisode avec Vincent Julot. Et j'espĂšre qu'il vous a inspirĂ©. Si son engagement vous parle, je vous recommande d'Ă©couter l'Ă©pisode 11 oĂč Arthur raconte comment sa chaĂźne guide, Loya, l'a poussĂ© Ă  dĂ©fendre ses droits et Ă  s'investir davantage. Et vous, ĂȘtes-vous engagĂ© dans une association ou pour une cause qui vous tient Ă  cƓur ? Dites-le-moi en commentaire ou en message privĂ©, j'adorerais en discuter avec vous. De mon cĂŽtĂ©, je vous dis Ă  trĂšs bientĂŽt pour un prochain Ă©pisode sur l'univers mĂ©connu des chaĂźnes guides d'aveugles. Merci.

Description

Pour le Podcasthon, découvrez l'Association pour la Prise en compte du Handicap dans les Politiques Publiques et Privées (APHPP) avec Vincent Julé, son vice-président !


🩼 C'est quoi cette histoire de Podcasthon ?
C'est le téléthon du podcast qui a pour objectif de vous faire découvrir des assos via vos podcasts préférés !


Vincent Ɠuvre pour rendre le handicap plus visible et faire Ă©voluer les politiques publiques en faveur de l’accessibilitĂ©.


Depuis juillet 2023, il est accompagnĂ© par Tauri, sa chienne guide, dont l’arrivĂ©e a marquĂ© une vĂ©ritable Ă©volution dans son rapport Ă  son propre handicap.


đŸŸ Dans cet Ă©pisode, dĂ©couvrez :
✔ Le rĂŽle de l’APHPP et les actions menĂ©es pour l’accessibilitĂ©.
✔ Le parcours de Vincent et son engagement associatif.
✔ L’impact de Tauri sur sa perception et son quotidien.
✔ Pourquoi il est essentiel de donner plus de visibilitĂ© aux personnes en situation de handicap.
✔ Comment chacun peut contribuer Ă  faire bouger les lignes.


đŸ¶ Et vous, ĂȘtes-vous engagĂ© dans une association ou pour une cause qui vous tient Ă  cƓur ? Dites-le-moi en commentaire ou en message privĂ©, j’adorerais en discuter avec vous !


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Création originale : Estelle Boullu

Production, enregistrement : Estelle Boullu

Montage : Alice Krief - Les Belles Fréquences

Musique originale : It's a Date de Frédéric Auger


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Je la connais et elle m'a connue, c'est la derniÚre à m'avoir connue, le plus enceinte, je crois, c'est le dernier chien que j'ai croisé deux jours avant d'accoucher.

  • Speaker #1

    GĂ©nial,

  • Speaker #0

    génial. Oui, c'est vrai que quand j'ai vu qu'elle t'avait été remise, ça m'a fait sourire aussi parce que c'est toujours émouvant de voir les chiens qu'on a vus en tant que futur chien guide quand ils sont vraiment remis à leur bénéficiaire.

  • Speaker #1

    C'est gĂ©nial et pour information sur ma ville ici Ă  Courbevoie. on a une des sƓurs de Tori qui a Ă©tĂ© rĂ©formĂ©e qui a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  sa famille d'accueil et donc Ă  quelques mĂštres de chez elle il y a sa sƓur rĂ©formĂ©e elles se sont croisĂ©es l'autre jour on s'est promis un jour d'aller faire une balade ensemble mais c'est assez sympa et un jour elle m'a croisĂ© tu le sais je suis trĂšs prĂ©sent sur les rĂ©seaux sociaux c'est je crois aussi une des maniĂšres de m'investir et donner de la visibilitĂ© au handicap c'est quelque chose qui m'anime et c'est quand mĂȘme du coup la personne m'a trouvĂ© elle Ă©tait qu'on me voit, elle m'a trouvĂ© sur Instagram et un jour elle a pris contact avec moi et puis en plus par le rĂ©seau des parents d'Ă©lĂšves, je suis aussi investi comme parent d'Ă©lĂšves, elle m'a retrouvĂ©, elle m'a envoyĂ© un message et puis un jour on s'est croisĂ© Ă  la sortie de mon immeuble. VoilĂ , tout simplement, par hasard, c'est assez fantastique. On s'est promis Ă  un moment donnĂ© de prendre le temps d'aller faire une balade.

  • Speaker #0

    Salut, c'est Estelle et vous Ă©coutez Futur Chien Guide, le podcast sur l'univers mĂ©connu des chiens guides d'aveugles. Chaque mois, je vous invite Ă  dĂ©couvrir les aventures de celles et ceux qui vivent cet univers au quotidien et ce lien si prĂ©cieux qui les unit Ă  leurs chiens. PassionnĂ©s et bĂ©nĂ©voles depuis des annĂ©es, d'abord Ă  Paris et aujourd'hui Ă  Lyon, je suis persuadĂ©e que leurs histoires pourront vous toucher, vous informer et peut-ĂȘtre mĂȘme vous donner envie de vous engager. Savez-vous justement que seuls 1% des dĂ©ficients visuels sont accompagnĂ©s d'un chien guide ? Alors, si vous voulez en savoir plus sur l'actualitĂ© des chiens guides et les colisses du podcast, inscrivez-vous sans tarder Ă  ma newsletter mensuelle. Avant de passer Ă  l'Ă©pisode du jour, je laisse mon micro Ă  SolĂšne, mon amie crĂ©atrice du podcast Tribune et Podium, qui m'a laissĂ© un petit message il y a quelques temps.

  • Speaker #2

    Coucou Estelle, coucou les auditorices de Futur Chien Guide. Alors pour ce que sont-ils devenus, moi le podcast il a changĂ© quelque chose d'assez important dans ma vie, c'est-Ă -dire que j'ai une phobie des chiens, je change de trottoir quand je vois un chien, j'ai extrĂȘmement peur des chiens. Mais alors depuis que j'Ă©coute Futur Chien Guide et que je te cĂŽtoie, je prends un peu plus de recul sur ma peur, c'est-Ă -dire que certains chiens continuent de me faire extrĂȘmement peur. et me tĂ©tanise, mais certains ont dĂ©sormais une place dans ma vie. Je n'ai pas adoptĂ© de chien et je pense que je ne le ferai jamais. Je suis dĂ©solĂ©e pour ça, mais en l'occurrence, il y a des chiens maintenant que j'aime bien promener. Ceux de mes amis, par exemple, j'aime bien partir qu'ils soient lĂ  quand on part en week-end ensemble, etc. Et surtout, je suis plus attentive quand je croise des chiens guides dans la rue, Ă  tel point que dĂšs que j'en crois... croise, je t'envoie une photo pour te dire est-ce que c'est un chien guide ou est-ce que c'est juste un chien qui a un joli harnais ? Et tu me fais un retour lĂ -dessus en gĂ©nĂ©ral. Donc voilĂ  ce que ça a changĂ©, c'est que je fais plus attention Ă  ça et j'ai aussi plus d'empathie et d'Ă©motion pour les animaux, ce qui n'Ă©tait pas du tout le cas avant. C'est-Ă -dire que maintenant je suis sincĂšrement heureuse quand je vois des chiens qui s'amusent et qui jouent et qui sont trop contents de... d'ĂȘtre Ă  la mer ou de faire une rando en montagne, ce genre de choses. Alors, ce n'est pas forcĂ©ment des chiens guines, mais en tout cas, j'ai plus d'empathie et d'Ă©motion pour les animaux que je n'en avais auparavant puisqu'elle Ă©tait simplement inexistante, cette empathie. Donc voilĂ  ce que ça a changĂ© pour moi. Je ne deviendrai pas famille d'accueil ni mĂȘme adoptante de chien puisque j'ai quand mĂȘme encore trĂšs, trĂšs peur et que ce n'est pas mon univers. Mais en tout cas, je suis contente de l'avoir dĂ©couvert et de... d'ouvrir un peu cette porte-lĂ  dans ma vie, parce que peut-ĂȘtre un jour, j'espĂšre que tu auras ton chien guide que tu accompagneras jusqu'Ă  ce qu'il soit remis et que j'aurai l'occasion de le rencontrer. Des bisous Ă  toi, Estelle, et des bisous Ă  tes auditeurs et tes auditrices.

  • Speaker #0

    À l'occasion du podcaston, j'ai eu le plaisir d'Ă©changer avec Vincent Julet, un homme engagĂ© pour une meilleure visibilitĂ© du handicap. Fondateur de l'association Bien vivre au handicap Ă  Courbevoie et membre actif de l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, la PHPP, Vincent est d'aujourd'hui guidĂ© par Florie, dont l'arrivĂ©e a marquĂ© un tournant non seulement dans sa mobilitĂ©, mais aussi dans la maniĂšre dont il perçoit et accepte son propre handicap. Dans cet Ă©pisode, on parle de militantisme, d'accessibilitĂ©, de sensibilisation et du rĂŽle parfois inattendu que peut jouer un chien guide dans un tel engagement. Et maintenant, place Ă  l'Ă©pisode. Bonjour Vincent !

  • Speaker #1

    Bonjour Estelle.

  • Speaker #0

    Merci d'avoir accepté mon invitation sur le podcast de Cherchenguide à l'occasion du podcaston. On est cette semaine dans un marathon, tu l'as appelé hackathon, moi je dis téléthon du podcast. C'est un événement que je fais chaque année, que je suis chaque année. C'est un peu l'opportunité de mettre une association en avant. Alors ok, moi j'en mets des associations à chaque podcast, à chaque épisode en avant, puisque l'univers des chiens guides d'aveugles et des chiens d'assistance est basé uniquement sur cette sphÚre-là. Mais aujourd'hui, on va aller un peu plus loin et j'ai voulu t'interroger. Désolé de ne pas avoir trouvé un moment pour prendre un café ensemble d'ailleurs.

  • Speaker #1

    C'est dommage, mais ce n'est que partie remise.

  • Speaker #0

    Exactement, on a essayé de se croiser. Je suis montée à Paris, tu es partie aussi faire autre chose. Et du coup, nos agendas ne se sont pas accordés. Donc, on se voit ici en visio. Moi, quand je t'ai découvert, je t'ai ouvert sur les réseaux sociaux. J'ai découvert que tu étais investie dans plein d'associations liées à ton handicap visuel. Est-ce que tu peux déjà nous donner, toi, trois mots, non pas pour décrire ton handicap visuel, mais pour te décrire toi ? je devais te rencontrer dans la rue, comment tu te définirais ?

  • Speaker #1

    BientĂŽt 48 ans, barbe mi-longue, cheveux grisonnants, mi-long. GĂ©nĂ©ralement, soit en costume, mais sinon jean, chemise blanche, une veste. C'est Ă  peu prĂšs mon style. Si tu me croises dans la rue Ă  Courbevoie, tu vas souvent me croiser aussi en famille. Parce que je suis papa de trois enfants, donc une grande fille qui a 12 ans, un petit garçon qui a 2 ans aujourd'hui, au moment oĂč on enregistre, et puis une petite fille qui a... qui a deux mois et demi maintenant. Et tu vas me croiser aussi. C'est aussi pour ça qu'on se rencontre aujourd'hui. Tu vas me croiser aussi avec, Ă  ma main gauche, une trĂšs jolie labrador noire qui s'appelle Tori.

  • Speaker #0

    Et alors, trois mots qui te définissent, toi. Est-ce que trois adjectifs dans ta vie de tous les jours, engagé, moi, j'avais mis engagé dans mon mot, mais je pense que tu en as d'autres à donner.

  • Speaker #1

    Je crois qu'engagĂ©, c'est un vrai mot. C'est un vrai mot qui me caractĂ©rise, c'est quelque chose qui m'anime. Je crois Ă  l'engagement, je crois Ă  l'engagement citoyen. Aujourd'hui d'ailleurs, si je devais donner un conseil, ou mĂȘme un conseil, le mot peut-ĂȘtre est fort, mais si je devais rĂ©flĂ©chir sur la vie que j'aimerais avoir, je dirais que je ne vois pas comment on pourrait aujourd'hui vivre son quotidien sans ĂȘtre engagĂ©, sans ĂȘtre engagĂ© pour ce qui nous anime. En l'occurrence, je suis multi-engagĂ© pour la cause du handicap. En premier, je suis engagĂ© aussi... pour mes associations de parents d'Ă©lĂšves, pour ma ville. Je suis aussi membre du Lyon's Club. Ce soir, j'ai une rĂ©union aux Amis du Conservatoire. Je suis aussi multi-engagĂ© parce que je crois que ce qu'on essaye de porter aussi, c'est aussi de donner
 Moi, il y a quelques annĂ©es, pendant le Covid, j'ai crĂ©Ă© une association qui s'appelait Bien vivre sans handicap. Et l'objectif de l'association, c'est de crĂ©er du lien en local et donner une visibilitĂ© positive au handicap. Et je crois que ce que j'essaie aussi de faire en Ă©tant acteur de la citĂ©, c'est de donner une visibilitĂ© aussi positive. Ă  la vie de famille, mais aussi au handicap au sens large, c'est-Ă -dire de se dire qu'on est tous citoyens et avec une particularitĂ©, avec quelque chose qui nous diffĂ©rencie, on est en capacitĂ© de pouvoir vivre sa ville, sa citĂ©, son pays comme tout un chacun. Et je crois que c'est ce qui m'anime au quotidien. Donc l'engagement, comme tu le disais, quelque chose d'assez fort. AprĂšs, oui, je dirais engagĂ©, papa. Et puis, j'espĂšre de dire Ă  peu prĂšs sympa.

  • Speaker #0

    En tout cas, c'est l'image que tu donnes et c'est aussi ça qui m'avait attirĂ©e, c'est qu'on partage beaucoup de points en commun, je trouve, sur la partie maternitĂ©. Moi, je suis au tout dĂ©but de ma maternitĂ©, Baby Boy a seulement deux ans et demi, comme ton petit garçon Ă  peu prĂšs. Au final, je suis multi-engagĂ©e dans plein de sphĂšres. LĂ , on parle Ausha, on parle handicap, les gens le savent, le podcast a cinq ans, je ne lĂąche rien. Mais je suis engagĂ©e en termes de musique. parents d'Ă©lĂšves, c'est encore un peu tĂŽt, mais je fais plein d'autres choses Ă  cĂŽtĂ©, bĂ©nĂ©volement de toute façon. Ça m'a assez marquĂ©e dans tes communications de voir justement cet engagement que tu as pris Ă  bras-le-corps, parce qu'on peut le dire, ton handicap visuel, tu cohabites avec lui depuis quelques annĂ©es seulement, tu as eu une vie sans handicap visuel. Tu peux nous raconter un petit peu comment ça s'est passĂ© pour toi ?

  • Speaker #1

    Bien sĂ»r. Le temps passe trĂšs vite. Il se trouve que j'ai perdu la vue sur les deux yeux en 2007, maladie gĂ©nĂ©tique. Donc en fait, c'est d'abord une atteinte sur un Ɠil. La date, je m'en souviens comme si c'Ă©tait hier, mais c'Ă©tait le 29 octobre 2006. Et puis le deuxiĂšme Ɠil, il est tombĂ© Ă  peu prĂšs quatre mois aprĂšs. ConcrĂštement, moi, j'ai du rĂ©sidu visuel. Donc je vois Ă  travers un gros brouillard sur un... et qui est plus ou moins opaque suivant l'Ɠil. C'est Ă  peu prĂšs ça, c'est comme ça que je le dĂ©finirais. J'ai Ă©tĂ© pendant 15 ans directeur des ventes, directeur commercial jusqu'Ă  2020. Je me suis engagĂ© localement pour la cause du handicap. Le Covid est passĂ© par lĂ . Beaucoup de gens ont pensĂ© changer leur vie avec le Covid. Et pour l'instant, cinq ans aprĂšs, je pense rĂ©ellement pouvoir dire que j'ai changĂ© mon orientation de vie. Et je crois que mon engagement pour les autres, s'engager pour soi, pour une entreprise, pour uniquement un salaire ou s'engager pour la communautĂ©, ça nĂ©cessite parfois des sacrifices, mais qui valent la peine. Je crois que j'ai changĂ© de vie depuis cinq ans en acceptant, et je crois que c'est un des points aussi importants, parce que tu me parles de ma maladie ou de mon handicap, en acceptant mon handicap. Jusqu'en 2021, j'Ă©tais en situation de handicap visuel, je n'avais pas de canne blanche. Je tombais, je gĂ©nĂ©rais beaucoup de quiproquos, on va en parler. Et puis... En 2021, j'ai pris une canne blanche sous le conseil de ma femme Ă  l'Ă©poque, l'association Bien-Vivre son Handicap qu'on a crĂ©Ă©e, que j'ai crĂ©Ă©e pendant le confinement avec l'aide de ma compagne. Aujourd'hui, c'est une structure sur courbe de voie, on est Ă  peu prĂšs 400 personnes. Donc, c'est une grosse structure locale. Mais ma femme me disait, tu ne peux pas, Vincent, dire qu'il faut accepter son handicap et ne pas le faire soi-mĂȘme. RĂ©ellement, je crois que c'est ça le moteur, c'est de se dire oui. effectivement, on ne peut pas vouloir donner une visibilitĂ© positive au handicap et cacher le sien. Moi, je disais il y a quelques annĂ©es, je ne suis pas handicapĂ©, je suis gĂȘnĂ© par l'absence de vision. C'Ă©tait pĂ©riphrase, quelque part, elle reprĂ©sente ce avec quoi beaucoup de personnes vivent, je crois, avec maintenant l'expĂ©rience que je peux avoir de ce monde-lĂ . Donc, j'ai dĂ©cidĂ© effectivement Ă  ce moment-lĂ  d'utiliser une canne blanche, de devenir un handicapĂ© visible, visuel visible, si le terme peut ĂȘtre assez amusant. C'est lĂ  oĂč effectivement tu m'as vu sur les rĂ©seaux majoritairement, c'est qu'ensuite ça m'a permis de rentrer Ă  la PHPP, Association Nationale pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, oĂč l'objectif est de regrouper diffĂ©rents acteurs du monde politique, du monde Ă©conomique et du monde associatif, pour porter le sujet du handicap dans tous les pans de la sociĂ©tĂ©, avec un trĂšs fort enjeu citoyennetĂ©. Donc on voit que les choses sont quand mĂȘme trĂšs communes, mĂȘme si lĂ  il s'agit d'une action nationale, et on interface beaucoup de personnalitĂ©s politiques de premier niveau. VoilĂ  Ă  peu prĂšs ce que je peux te dire en version assez longue par rapport Ă  la question que tu m'as posĂ©e.

  • Speaker #0

    Non mais c'est intĂ©ressant parce que souvent, dĂ©jĂ  moi je lutte un peu contre le fait qu'on colle un chien guide Ă  tous les dĂ©ficiences visuelles qu'on croise. DĂ©jĂ  c'est un choix et on le voit bien dĂ©jĂ  dans ton parcours, la canne a mis du temps Ă  arriver, entre la dĂ©ficience qui est arrivĂ©e et ensuite la canne, il y a eu une bonne quinzaine d'annĂ©es comme tu le disais. Le chien guide c'est encore une autre Ă©tape, on va en parler aussi. Mais entre temps tu as fait en effet ce pivot. que tu identifies toi-mĂȘme en disant, voilĂ , reconnaĂźtre l'handicap, s'engager pour l'handicap. Alors, Bien vivre son handicap, c'est une association que tu as montĂ©e Ă  Courbevoie, qui est, comme tu l'as dit, hyper active et qui t'a donnĂ©, je crois, la visibilitĂ© pour aller Ă  l'APHPP, donc l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es, comme tu le disais. Comment ça s'est passĂ© de l'un Ă  l'autre ? On t'a vu beaucoup sur les rĂ©seaux et quelqu'un t'a dit, dans l'associatif et les fĂ©dĂ©rations, les syndicats, ça se passe souvent comme ça. Tiens, on a une association, on aurait besoin de quelqu'un. Comment ça s'est passĂ© pour toi le cumul, on va dire, de bien vivre son handicap et de la PHPP, puisque tu n'as pas lĂąchĂ© l'une pour aller rejoindre l'autre. Tu fais les deux maintenant.

  • Speaker #1

    Je crois d'ailleurs que les deux sont importants, parce qu'effectivement, cet ancrage local, il est pour moi essentiel. Cet ancrage de citoyennetĂ© locale est fondamental. Et puis, si on veut mettre aussi en application des choses qui sont pensĂ©es, portĂ©es au national, il est aussi essentiel pour moi d'avoir cet ancrage de proximitĂ©. Alors, l'histoire, elle est assez simple. Moi, j'avais... On Ă©tait en Ă©change sur Facebook avec SĂ©bastien Breton, qui est le correspondant Grand Est de la PHPP. SĂ©bastien, on a Ă©changĂ© sur le rĂ©seau, puis un jour on s'est dit, tiens, ce serait quand mĂȘme bien que je ne sais plus, je ne suis pas capable de dire si c'est lui qui a pris contact avec moi, moi avec lui, si c'est moi qui ai voulu en savoir plus sur l'association ou si c'est lui qui a voulu en savoir plus sur moi. On a Ă©changĂ© au tĂ©lĂ©phone, puis il m'a dit, tiens, il faudrait que tu puisses Ă©changer avec Mathieu Hanereau, Mathieu Hanereau qui lui est Ă©lu. Il est Ă©lu de la RĂ©publique, conseiller municipal sur la ville de Saint-Herblain, qui est une ville prĂšs de Nantes avec un peu plus de 50 000 personnes. Et lui, Mathieu, il avait montĂ© en 2017 une association, la PHPP, dont l'objectif initial Ă©tait de promouvoir l'engagement des personnes handicapĂ©es en politique. Donc ça, c'Ă©tait le sujet de base en disant, si on veut que les choses bougent, il faut un engagement des personnes principalement concernĂ©es. Aujourd'hui, l'association a Ă©voluĂ© vers, on appelle ça du lobbying politique, vers du plaidoyer, vers... de pouvoir parler du handicap un peu partout et de faire en sorte que ce soit un sujet fort. AprĂšs, par quel biais on le prend, c'est un autre sujet, mais faire en sorte que le sujet devienne enfin un sujet de sociĂ©tĂ© pour quelque chose qui concerne... On parle de 12 millions de personnes handicapĂ©es, de 11 millions d'aidants, donc on parlerait de plus d'un tiers de la population.

  • Speaker #0

    Oui, c'est un gros sujet, c'est ce qu'on entend souvent. Quand on rassemble tous les types de handicap, ça concerne beaucoup de personnes. C'est important, et comme tu rajoutes les aidants, tu vois, je n'avais pas le chiffre pour les aidants. C'Ă©tait vraiment un pan trĂšs, trĂšs important de la sociĂ©tĂ©. Et c'est ça qui est intĂ©ressant aussi dans votre activitĂ©, c'est que c'est une seule voie pour tous les types de handicap. Il faut les abonder avec des reprĂ©sentants en interne qui connaissent peut-ĂȘtre les diffĂ©rents types de handicap, comme tu le dis, parce qu'il y a une multitude de sujets. plus tu mets de personnes, plus tu mets de diversitĂ©, plus c'est riche aussi, j'imagine, derriĂšre en dĂ©bat.

  • Speaker #1

    Tu sais, j'Ă©tais hier, j'animais une formation parce que 80% de mon activitĂ© est bĂ©nĂ©vole aujourd'hui, mais 100% de mon action va dans le mĂȘme sens. C'est-Ă -dire, essayer de changer le regard de la population sur le handicap et en se disant, en essayant de montrer un maximum de personnes que le handicap est beaucoup plus large que ce qu'on peut penser. Je parlais des places de stationnement. J'expliquais que les places de stationnement, c'est assez encore amusant. mĂȘme si petit Ă  petit, on est en train d'Ă©voluer. Mais regarde le logo qui est mentionnĂ© sur la place de stationnement, on parle d'un fauteuil roulant, alors que globalement, il s'agit d'une place prioritaire pour toutes les personnes qui ont une carte mobilitĂ© inclusion. Ça, on l'oublie. Et je crois qu'il est important de montrer que le handicap est beaucoup plus large. Le handicap, c'est complexe. C'est le handicap moteur, Ă©videmment. C'est le fauteuil roulant, Ă©videmment. Ça concerne Ă  peine moins de 5% de la population. Moins de 5% des handicaps, c'est en gros 500 000 personnes. On a le handicap auditif, on a le handicap visuel, on a les maladies invalidantes, on a le handicap cognitif, psychique, mental. Tout ça, on l'oublie. Et je crois que ça, c'est quelque chose d'important parce que si on a du mal peut-ĂȘtre Ă  parler d'une seule voix dans le monde du handicap, c'est qu'on a du mal Ă  agglomĂ©rer une population. Moi, je vois sur ma ville Ă  Courbevoie, on a 5 500 personnes qui ont officiellement une reconnaissance MDPH. C'est beaucoup.

  • Speaker #0

    Sur combien d'habitants Ă  Courbevoie ?

  • Speaker #1

    82 000. Donc c'est beaucoup, ça fait Ă  peu prĂšs 7% dĂ©jĂ  officiellement avec une reconnaissance MDPH. Mais pour autant, si tu regardes comme ça, tu te balades dans la ville, tu ne te dirais jamais, il y a 5 500 handicapĂ©s. Parce que tu vois le handicap uniquement par le prisme du fauteuil, par le prisme de la canne, ou maintenant, ça peut ĂȘtre aussi une transition Ă©ventuellement, mais par le prisme du chien. Qui d'ailleurs est moins marquĂ©, moins marquant, c'est-Ă -dire que c'est rigolo, beaucoup de gens, parce que moi j'ai un handicap qui ne se voit pas, je n'ai pas de lunettes noires, j'ai mes yeux qui ont... on peut le dire, on ressemble Ă  des yeux qui fonctionnent normalement. Et donc, quand on me voit avec mon chien, parfois, on me dit, le chien est en Ă©ducation, vous ĂȘtes famille d'accueil, etc. Il est en formation, alors que c'est ma chaĂźne guide. Mais effectivement, cette notion de rendre visible le handicap, je crois que c'est quelque chose aussi d'important. Et moi, Ă  l'origine, avant d'utiliser une canne, j'avais fait ma demande de chien, parce que c'Ă©tait plus facile Ă  accepter. Il y avait un cĂŽtĂ© un peu moins stigmatisant du chien versus la canne. Et puis en fait, moi j'ai eu mon chien au bout de trois ans, c'Ă©tait deux ans et demi, un peu plus. Et donc, j'ai pris ma canne au dĂ©but parce qu'on te demande quand tu as un chien d'ĂȘtre autonome Ă  la canne, ce qui n'est pas intuitif. On te dit, tiens, ton chien il fait tout tout seul. Non, ton chien il ne fait pas tout tout seul.

  • Speaker #0

    Ah non, ce n'est pas un GPS magique.

  • Speaker #1

    Tu le sais du coup mieux quiconque, mais quand on te remet un chien, c'est une semaine... c'est un peu plus, mais au moins une semaine de stage intensif avec ton chien. Et moi, je crois qu'il m'a fallu quasiment 4 jours sur les 5 jours pour dire, mais en fait, c'est pas un GPS sur pattes. Et ça, c'est quand mĂȘme quelque chose d'assez Ă©tonnant et pas intuitif pour les gens. MĂȘme ma grande-fille me disait l'autre jour, « Papa, est-ce qu'il existe des chiens qui sont capables de traverser au feu vert ou au feu rouge ? » Eh bien non, c'est pas comme ça qu'on fait. Le chien ne va pas aller se mettre sous les roues d'une voiture, mais la traversĂ©e, elle dĂ©pend du maĂźtre. Et ça, moi, il va trĂšs bien.

  • Speaker #0

    lui un peu de temps pour le compte je rebondis sur parce que je pense qu'on Ă©tait connectĂ©s hier sans s'en rendre compte je rebondis sur ce que tu disais sur l'image du handicap et le logo avec le fauteuil roulant qu'on voit de partout parce qu'hier avec mon petit garçon c'Ă©tait mercredi j'ai passĂ© la journĂ©e avec lui et donc je me suis rendue on s'est pas garĂ© sur une place rĂ©servĂ©e puisqu'on n'est pas concernĂ© mais on passe et il me dit ah les places elles sont toutes bleues voilĂ  il est dans l'Ăąge oĂč il apprend les couleurs et tout et je lui explique bah tu vois c'est tout bleu et je lui montre le logo alors au sol, mais surtout sur le panneau, parce que pour ses petits yeux de deux ans et demi, c'est compliquĂ© de voir quelque chose qui Ă©tait au sol, en lui disant, tu vois, ça, c'est une place. Et lĂ , ma phrase a Ă©tĂ© complĂštement alambiquĂ©e, parce que, comme tu dis, c'est compliquĂ© d'expliquer, en lui disant, c'est une place qui est prĂ©vue pour les personnes qui ont des difficultĂ©s, qui peuvent avoir un fauteuil roulant, mais pas que. MĂȘme si tu vois un fauteuil roulant sur l'image, et tu vois, c'est hyper, c'est comme tu disais, toi, hier, dans un contexte complĂštement diffĂ©rent. Du coup, je lui explique que ça peut ĂȘtre des gens qui ont des problĂšmes de vue, d'oreille ou plein d'autres choses qu'on ne peut pas forcĂ©ment voir parce que finalement, il va grandir aujourd'hui. parce que j'ai un frĂšre qui vient d'ĂȘtre diagnostiquĂ© d'un type de handicap complĂštement invisible. Donc voilĂ , pour rĂ©pondre aux gens, maintenant oui, je suis concernĂ©e par le handicap dans ma famille proche, mais pendant 27 ans, ce n'Ă©tait pas le cas. Et donc, je lui explique tout ça et on rentre dans Jardiland, Ă  cĂŽtĂ© de chez nous, un magasin dans lequel on va trĂšs souvent et souvent on y va Ă  pied, donc il ne voit pas les places. LĂ , on Ă©tait en voiture et je passais pour un autre engagement, pour aller chercher des sponsors pour mon comĂ©die musicale, tu vois, qui se joue dans un mois. Et je lui ai racontĂ© tout ça. Bref, on fait notre petit tour. Et lĂ , on tombe sur un voisin de notre ville, RĂ©gis, avec son chien NĂ©pal, son chien guide. Et voilĂ . Et en fait, ça a complĂštement illustrĂ© le fait que, bon, mĂȘme si RĂ©gis Ă©tait avec sa femme et donc pas forcĂ©ment sur cette place bleue, a priori, j'en sais rien, j'ai pas checkĂ© le parking. Mais ça illustre tellement que, comme tu disais, le logo CMI, mais rĂ©duit Ă  un fauteuil roulant, n'est pas hyper explicite, on va dire.

  • Speaker #1

    Non, et on a besoin... on a vĂ©ritablement besoin aussi de sensibiliser, j'allais dire Ă©duquer, mais sensibiliser la population parce qu'il faut et je crois que c'est un des combats que je mĂšne aussi associativement et que je mĂšne un peu dans le combat de visibilitĂ© que je mĂšne au quotidien parce que je crois que c'est un petit peu ça moi j'utilise quelque part ma tĂȘte, personne habillĂ©e certains disent que j'ai une tĂȘte de dandy des fois un peu cheveux longs, barbe alors des fois c'est pas le cas mais ... Et comme on est en audio, mais normalement une barbe prĂ©-taillĂ©e, comme je disais, une chemise blanche, une veste, j'essaie plutĂŽt d'ĂȘtre assez Ă©lĂ©gant, j'essaie d'ĂȘtre souriant. J'utilise cette image positive de visibilitĂ© pour dire, mais on peut ĂȘtre heureux en situation de handicap, on peut vivre sa vie comme tout le monde, on peut ĂȘtre citoyen, on peut ĂȘtre engagĂ©, on peut ĂȘtre performant, on peut ĂȘtre ce qu'on a dĂ©cidĂ© d'ĂȘtre. Et je crois que c'est surtout ça, parce que moi, je propose un scĂ©nario. On a des gens, des rĂŽles modĂšles, quelque part, comme Philippe Croison, qu'on connaĂźt, comme ThĂ©o Curin, etc., qui sont... qui sont Ă©videmment fantastiques, mais le handicap, ça n'est pas, et les rĂŽles modĂšles, ce n'est pas forcĂ©ment que des cadres amputĂ©s aussi remarquables soient-ils qui sont des sportifs de haut niveau. Ça peut ĂȘtre aussi, moi j'appelle ça les hĂ©ros du quotidien. Moi j'essaie de porter une thĂ©matique, c'est de dire on peut ĂȘtre aussi cadre en situation de handicap, en faisant autrement, en allant chercher de la performance, en s'adaptant, mais il y a eu... Tout simplement faire ses courses, sortir de chez soi. On le voit dĂ©jĂ , rompre l'isolement, c'est quelque chose de compliquĂ©. C'est de se dire qu'on a beaucoup de hĂ©ros du quotidien qui doivent ĂȘtre mieux connus. Beaucoup de gens qui se lĂšvent le matin, on est dans le gĂ©mal, qui souffrent, c'est-Ă -dire je vais rester Ă  la maison. Beaucoup de gens qui ont parfois une Ă  deux heures de prĂ©paration pour pouvoir sortir de chez eux, pour pouvoir dĂ©plier leur corps. Des gens qui passent une Ă  deux heures le soir pour pouvoir aller se coucher. Et tout ça, ça fait partie du quotidien et quand ces personnes-lĂ , que je peux connaĂźtre aujourd'hui au quotidien, sortent de chez elles pour tout simplement ĂȘtre des citoyens, je crois que c'est la belle expression d'une diversitĂ© de la sociĂ©tĂ© qui s'exprime. Et je crois que, moi c'est un des combats que j'ai envie de mener en ce moment, on est quand mĂȘme face Ă  une sociĂ©tĂ© qui se fracture, Ă  l'international, au national, au local. avec des messages souvent de haine, de rejet de l'autre. Et je crois que nous, quelque part, avec un handicap, qui acceptons notre difficultĂ© du quotidien, on peut aller porter aussi un joli message de rassemblement. Je crois que ça, c'est aussi quelque chose d'essentiel et qu'il nous faut continuer Ă  porter, je crois, le plus largement possible. En tout cas, moi, c'est ce qui m'anime.

  • Speaker #0

    Oui, et puis de montrer qu'il y a une grande diversitĂ©, mais qu'on peut aussi ĂȘtre des citoyens avec toute l'adaptation. station qu'il faut au quotidien pour sortir, pour vivre, comme tu disais, pour ĂȘtre citoyen, aller faire ses courses, qui prennent plus ou moins de temps, avec plus ou moins de difficultĂ©s. Comme tu dis, on est sur l'accessibilitĂ© un peu aussi, sur ces thĂ©matiques-lĂ . Tu me parlais de ta demande de chien guide que tu as fait il y a longtemps, du coup. Les chiens guides, tu connaissais dĂ©jĂ  ou pas du tout ? Quand tu as Ă©tĂ© dĂ©ficient visuel, tout le monde t'a parlĂ© de ça ou alors pas du tout. Comment tout ça est arrivĂ© dans ta vie ?

  • Speaker #1

    Alors, on en a assez peu parlĂ©. au dĂ©but. J'ai beaucoup de personnes, j'avais 13 personnes issues de ma famille qui avaient la mĂȘme maladie que moi. On en a assez peu parlĂ©. La canne, d'ailleurs, Ă©tait mĂȘme assez peu utilisĂ©e par les gens qui avaient une pathologie. Et c'est sur Courbevoie oĂč, lĂ , en dĂ©couvrant d'autres personnes, en m'investissant dans le monde associatif local, j'ai rencontrĂ© Aline, qui a eu une chienne guine pendant trĂšs longtemps, pendant plusieurs dizaines d'annĂ©es. et qui m'a parlĂ© de son chien, qu'on a pu rencontrer son chien. Et ça a Ă©tĂ© chouette, je me suis dit tiens, pourquoi pas ? C'est vrai qu'au moment de rendre visible mon handicap, parce que c'Ă©tait quand mĂȘme quelque chose qui Ă©tait aussi important. Quand tu es en situation de handicap visuel non visible, quand tu arrives Ă  la boulangerie, moi je prends souvent cet exemple, et tu demandes, excusez-moi, est-ce que vous pouvez me dire ce que vous avez comme sandwich, ce que vous avez comme dessert, et que la rĂ©ponse qui t'est formulĂ©e, c'est une rĂ©ponse, pour nous soit dit, tout Ă  fait cohĂ©rente, c'est devant vous, c'est lĂ . Le rendre visible le handicap, au-delĂ  du fait que c'Ă©tait aussi important pour moi-mĂȘme en termes de sĂ©curitĂ©, par la canne oĂč le chien aujourd'hui sont... sont importants pour moi mĂȘme en termes de sĂ©curitĂ©, au-delĂ  du cĂŽtĂ© associatif, militant, qui est de dire acceptons notre handicap et montrons-le, il y a cette troisiĂšme brique qui est de se dire aussi je facilite la vie des gens, et que quelque part je facilite les questions, puisque de toute façon c'est tellement compliquĂ© Ă  comprendre dĂ©jĂ  pour nous-mĂȘmes, Ă  comprendre pour l'environnement, je crois que c'est encore plus complexe. Et c'est lĂ  oĂč finalement, rendre visible son handicap, c'est aussi un service qu'on rend aux autres. Ça leur facilite le raisonnement, je dirais. Oui,

  • Speaker #0

    et l'adaptation en face.

  • Speaker #1

    Oui, clairement. Ça nous facilite aussi nos rĂ©ponses.

  • Speaker #0

    C'est rigolo parce que cet exemple de la boulangĂšre, j'ai un invitĂ© qui avait pris le mĂȘme exemple, Romain, avec Ausha. C'est l'Ă©pisode 26, je crois. Il racontait en effet que dans son petit village, il Ă©tait toujours allĂ© chercher son pain sans canne, parce qu'il n'en avait pas forcĂ©ment besoin dans le village, etc. Et que le jour oĂč il y a eu Ausha, sa chienne guide, la boulangĂšre a compris qu'il avait une dĂ©ficience visuelle. Et du coup, a complĂštement adaptĂ©, mais de maniĂšre positive et cohĂ©rente. Et tu vois, pas lourde, on va dire. Remettre la monnaie dans la main, ce genre de choses oĂč c'est un peu difficile, quand tu ne vois pas forcĂ©ment bien, de positionner bien ta main au-dessous des piĂšces qu'on te confie. Et Romain disait qu'il n'avait pas forcĂ©ment conscience lui-mĂȘme. Et c'est trĂšs intĂ©ressant que tu dises que ça... t'aide aussi Ă  comprendre des choses sur toi-mĂȘme. Il n'avait pas forcĂ©ment conscience que les gens Ă©taient Ă  ce point-lĂ , loin de sa dĂ©ficience visuelle. Il pensait qu'il y a quand mĂȘme du blindiste, comme on peut dire, ou des choses qui sont difficiles Ă  faire quand on est dĂ©ficient visuel, avec toutes les nuances qu'il existe entre vous. Ça aide Ă  la comprĂ©hension de l'autre, en tout cas, pour ceux qui veulent bien comprendre, je le souligne quand mĂȘme. Il y en a toujours qui ne comprendront jamais, mais ça aide peut-ĂȘtre Ă  une meilleure adaptation et une meilleure comprĂ©hension. avec les autres dans les deux sens.

  • Speaker #1

    C'est pour ça qu'on se bat, que ce soit bien-ĂȘtre ou handicap ou Ă  l'APHPP, c'est aussi pour faire comprendre. Je crois que c'est essentiel. C'est pour ça qu'on se bat aussi, notamment pour la mise en place de sensibilisation handicap obligatoire Ă  l'entreprise, de pouvoir lancer de gros plans de sensibilisation mĂ©dias, parce qu'il est essentiel qu'on continue, j'ai utilisĂ© le mot continuer, oui, Ă  dĂ©construire les stĂ©rĂ©otypes. Je crois que c'est fondamental. Moi, je voudrais quand mĂȘme te parler d'une phrase qui est assez intĂ©ressante. C'est un ami, JĂ©rĂŽme. Quand j'ai dĂ©cidĂ© d'utiliser une canne blanche, j'ai fait un post sur les rĂ©seaux sociaux, sur LinkedIn, je crois qu'il a Ă©tĂ© vu plus de 10 millions de fois, c'est un truc qui est parti vraiment de maniĂšre virale. Et la premiĂšre phrase de ce post, c'est « qu'est-ce qui t'est arrivĂ© ? » . Et en fait, l'histoire Ă©tait amusante, c'est que j'accompagnais ma fille Pauline Ă  l'Ă©cole, et je le faisais depuis un certain nombre d'annĂ©es, et je marchais avec elle main dans la main, comme je faisais d'habitude, sauf que cette fois-ci, j'avais une canne blanche. Quand je suis arrivĂ© devant l'Ă©cole avec la canne, j'ai vu mon ami JĂ©rĂŽme qui m'a dit « Mais qu'est-ce qui t'est arrivĂ© ? » Alors que ma vision n'avait pas changĂ©. J'avais simplement rendu visible mon handicap. Et ça, quelque part, c'est assez reprĂ©sentatif de la vision des gens. C'est que puisqu'on rend visible, quelque chose d'autre s'est passĂ©. Et c'est amusant parce que tout Ă  l'heure, je me permets, tout Ă  l'heure, je te disais que le chien, il Ă©tait parfois vu comme moins... handicapant c'est Ă  dire que quelque part comme mon handicap ne se voit pas les gens pensent qu'effectivement il est en formation il est en formation ma tori et en mĂȘme temps c'est assez rigolo c'est que comme je suis passĂ© de la canne au chien j'ai un nom important de personne qui dans les premiĂšres semaines quand ma chienne tori est arrivĂ©e on demandait si mon handicap s'Ă©tait aggravĂ© j'ai dit bah non pourquoi ? bah t'avais une canne avant maintenant t'as une chaĂźne j'imagine que ton handicap s'est aggravĂ© c'est une autre vision la chienne a À les premiers moments, moi, je souffrais parce qu'avec ma canne, j'avançais tout droit quand je prenais le train. Et avec ma chienne, on avançait tout droit, mais il y avait des gens qui venaient shooter dedans parce que j'avais les mĂȘmes mĂ©canismes de mouvement. Je ne laissais pas ma chienne peut-ĂȘtre faire le travail Ă  100 %. Les gens venaient shooter dedans. Je disais, mais arrĂȘtez de venir shooter dans ma chienne. Et il y avait quelque part cette violence qu'on peut imaginer. Moi, je suis Ă  Corbevoie, donc on a Saint-Lazare qui n'est pas loin. Et il y avait cette violence quand on prend le train le matin, quand on met le mĂ©tro Ă  8h30, etc. d'avoir effectivement cette agressivitĂ© oĂč quelque part les gens venaient marcher sur le chien. Attention ! Et aujourd'hui je sais pas, c'est assez rigolo parce que je pensais que c'Ă©tait quelque chose de constant.

  • Speaker #0

    Et maintenant qu'on s'est habitués l'un à l'autre, je ressens beaucoup moins cette violence. Je ne saurais pas l'expliquer.

  • Speaker #1

    Vous ĂȘtes accordĂ© aussi l'un Ă  l'autre. C'est ce que tu disais, Ă  la diffĂ©rence de la canne. À la canne, les gens Ă©vitent, j'ai eu pas mal de tĂ©moignages de fils en yeux qui disaient malheureusement, elle Ă©tait quand mĂȘme piĂ©tinĂ©e, cette canne. Les gens ne voyaient pas l'utilitĂ©. Bref, il faut de tout pour faire un monde. Comment on va rĂ©sumer cette situation comme ça ? Mais c'est vrai que le chien, les gens imaginent que le chien peut se dĂ©caler, alors qu'en fait, le rĂŽle du chien guide, c'est de slalomer parmi les gens. Mais il va quand mĂȘme essayer d'Ă©viter un maximum. Mais il y a un moment quand les gens lui foncent dessus, il ne peut pas non plus se rendre transparent et disparaĂźtre Ă  la seconde. Et donc, Tory, on en parle. Tu as fait ta demande quand ?

  • Speaker #0

    Écoute, je pense que c'Ă©tait en septembre ou octobre 2021.

  • Speaker #1

    C'Ă©tait un pas de... plus qui t'a Ă©tĂ©... Du coup, tu venais de prendre la canne pendant un an et lĂ , tu t'es dit, peut-ĂȘtre qu'on peut faire mieux.

  • Speaker #0

    Je n'avais pas ma canne. C'Ă©tait avant de prendre ma canne. C'Ă©tait juste le mois avant. On a achetĂ© une canne en parallĂšle qui est restĂ©e dans un placard pendant un mois. Je n'osais pas la sortir. Quelque part, pendant pas mal de temps, mon dossier de chien guide a Ă©tĂ© mis... Il a Ă©tĂ© envoyĂ© le temps qu'il soit traitĂ©. Il y a quand mĂȘme une vraie lenteur de... pour pouvoir effectivement passer du moment oĂč on fait la demande Ă ... On va dĂ©couvrir l'Ă©cole. AprĂšs, une fois qu'on a dĂ©couvert l'Ă©cole, au moment oĂč on va essayer, oĂč on va nous prĂ©senter l'animal. C'est assez intĂ©ressant d'ailleurs. J'avais un instructeur de locomotion qui Ă©tait venu me voir. Et puis, on faisait des exemples avec le guidon, des essais avec le guidon, oĂč j'avais le guidon Ă  la main. C'Ă©tait l'instructeur de locomotion qui... C'est le rĂŽle du chien.

  • Speaker #1

    Oui, qui était au bout du guidon. Oui, c'est assez perturbant. Alors que la 4 pattes en précise, pour ceux qui nous écoutent, il est bien debout, il le tient avec une autre main aussi.

  • Speaker #0

    Oui, voilĂ , mais c'est perturbant. Parce qu'au dĂ©but, j'ai dit, j'espĂšre que les gens ne vont pas me voir en train d'ĂȘtre tirĂ© par un monsieur avec un guide derriĂšre un guidon. Mais c'Ă©tait assez perturbant. J'Ă©tais assez gĂ©dĂ© la premiĂšre fois. Tout ça a mis deux ans et demi Ă  peu prĂšs. Et puis aprĂšs, j'ai fait un premier essai d'une chienne, mais qui ne convenait pas tout Ă  fait Ă  mon rythme de marche, qui Ă©tait un peu lent par rapport Ă ... Ă  moi, Ă  mon activitĂ©. Et puis finalement, on a fait un essai avec Tori. Il n'y avait qu'une seule chienne. Normalement, on nous prĂ©sente, ce qu'on m'a dit, c'est qu'on nous prĂ©sentait trois chiens pour pouvoir faire un choix et comprendre quel est l'animal qui nous correspond. Et lĂ , c'Ă©tait intĂ©ressant. Il n'y avait que Tori. Je pense qu'il n'y a qu'un seul chien. Mais je pense que vous devriez quand mĂȘme l'essayer. Ça devrait vous correspondre. Et Tori, en fait, c'est assez amusant parce que c'est une premiĂšre de la classe qui Ă©tait vraiment... trĂšs appliquĂ©e, assez sensible comme chienne, et vraiment dans cette... Elle veut bien faire, et bon, c'est assez chouette. Et moi, j'avais... En fait, il fallait un double... L'enjeu pour moi, c'est qu'il me fallait une chienne qui puisse aller assez vite, assez dynamique, qui soit aussi capable, parce que j'ai une famille de trois enfants, donc de pouvoir aussi, mĂȘme si ce n'Ă©tait pas le premier critĂšre, mais ĂȘtre une chienne de famille. Et puis, et ça, c'est quelque chose de compliquĂ©, je fais beaucoup de rĂ©unions, de rendez-vous. La premiĂšre fois, je crois que c'est en septembre dernier, je prends la parole Ă  l'UNESCO. La salle n'Ă©tait pas pleine, on devait ĂȘtre Ă  800-900 personnes devant moi quand mĂȘme. Et lĂ , je rentre, c'est la premiĂšre fois oĂč j'avais une apparition avec Tori. Je venais de la voir depuis assez peu de temps finalement. Et donc, on avance, on va se mettre Ă  notre place. Je prends la parole, c'est une table ronde, on Ă©tait 10 ou 15 sur la scĂšne. Et je prends la parole 5 minutes, mais on est lĂ  une heure. Et je me dis, comment ça va se passer ? Et lĂ , pendant cette heure-lĂ , elle est restĂ©e tranquillement. allonger et ça, savoir s'allonger, savoir rester calme, ne pas faire de bruit quand il faut rester, quand il ne faut pas faire de bruit et de repartir en action quand il faut partir en action avec quelqu'un de trĂšs dynamique comme je peux ĂȘtre je crois, multi engagĂ© dans beaucoup de directions. Elle a une journĂ©e peut-ĂȘtre plus fatigante que beaucoup d'autres chiens mais c'est une Ă©quation pas forcĂ©ment simple Ă  rĂ©soudre et je crois que aujourd'hui moi je suis Je suis heureux, je ne connaissais pas l'univers des chiens, mais je n'avais mĂȘme pas d'appĂ©tence pour avoir un chien aujourd'hui. Mais aujourd'hui, pour ĂȘtre honnĂȘte, j'en rigolais un peu avant d'avoir une chienne Ă  la maison. Mais oui, il y a quand mĂȘme une vraie relation. J'allais utiliser ce terme-lĂ , une relation d'amour avec le chien. Mais vraiment, une relation, c'est une des membres de la famille maintenant, tout en Ă©tant Ă  la fois une chienne guide. C'est beaucoup plus qu'une canne sur pĂąte, c'est Ă  la fois une membre de la famille. C'est assez chouette aussi aujourd'hui la relation qu'on a commencĂ© Ă  construire.

  • Speaker #1

    Je te disais juste avant d'enregistrer que Dory, moi je la connais. et qu'elle m'a rencontrée. Je recherchais les photos en te parlant, en t'écoutant. Et en fait, elle était toute petite quand je l'ai rencontrée, moi. C'était en juillet 2022. Donc, elle est de février. Si mes souvenirs sont bons.

  • Speaker #0

    27 février.

  • Speaker #1

    C'est ça. Et bien, je l'ai rencontrĂ©e le 28 juillet. Et ceux qui savent ce qui s'est passĂ© l'Ă©tĂ© 2022, j'Ă©tais tout Ă  fait trĂšs ronde. Et c'est la derniĂšre chienne, en fait, Ă  m'avoir vue trĂšs ronde. Puisque deux jours aprĂšs, j'Ă©tais Ă  la maternitĂ©, tout simplement. C'Ă©tait un peu en avance par rapport Ă  ce qui Ă©tait prĂ©vu, mais c'Ă©tait trĂšs bien aussi. Et oui, je l'ai rencontrĂ©e quand elle Ă©tait avec Laurie, sa famille d'accueil, sa famille relais, pardon, pour une petite pĂ©riode Ă  cet Ă©tĂ© 2022. C'est vrai que l'autre jour, quand je regardais un peu tes profils et que je revoyais le nom de Tori, tout de suite, en fait, ça m'a fait tilt en me disant, mais c'est celle-lĂ . Est-ce que c'est vraiment celle-lĂ  ? Donc dĂ©jĂ , c'est la mĂȘme couleur de chien, c'est la mĂȘme race, c'est la mĂȘme Ă©cole. Il y avait trĂšs peu de chances pour que ce soit diffĂ©rent au sein de la mĂȘme Ă©cole. Mais donc oui, Tori, c'est trĂšs rigolo. Tu vois, de ces cinq mois quand je l'ai rencontrĂ©e, c'est rigolo parce qu'on Ă©tait allĂ© au restaurant aprĂšs la dĂ©tente et elle avait Ă©tĂ© trĂšs posĂ©e. On l'avait complĂštement oubliĂ©e. J'ai des belles photos d'elle. Je te ferai passer avec ses jolis yeux orange un petit peu qui sont magnifiques. Elle Ă©tait vraiment trĂšs chou Ă  cette Ă©poque. J'imagine, quand je vois les photos aujourd'hui, elle est vraiment... Tu disais que tu utilises aussi ton image bien loupe. bouquĂ©e, bien coiffĂ©e, bien barbue, etc. Mais du coup, depuis qu'elle est rentrĂ©e dans ta vie en juillet l'annĂ©e derniĂšre, elle fait partie aussi de ton image maintenant. On la voit tout le temps. Elle est tout le temps Ă  cĂŽtĂ© de toi.

  • Speaker #0

    C'est une mini-starlette. Entendons-nous bien, je parle de handicap, je parle de responsable associatif ou de responsable politique que je rencontre. C'est surtout ce que j'essaie de faire dans les rĂ©seaux parce que c'est pas facile comme exercice. Je monte ma tĂȘte. Donc quand on monte sa tĂȘte, il y a un cĂŽtĂ© oĂč naturellement, on dĂ©cide de se mettre en avant. Puisque tu as vu mes communications, tu vois que gĂ©nĂ©ralement, j'essaie toujours de mettre du contenu. J'essaie toujours d'apporter quelque chose. Parce que je me dis, si quelqu'un lit deux lignes, il faut qu'il puisse apprendre quelque chose, qu'il puisse s'interroger. Et si quelqu'un dĂ©cide d'aller jusqu'Ă  la fin des 3000 caractĂšres, qui est Ă  peu prĂšs la place qu'on a sur LinkedIn, eh bien, il faut qu'il puisse s'interroger. qu'il puisse aussi apprendre quelque chose s'il a envie de le faire. Et je crois que c'est aussi ça, une grande partie de ce que j'essaie de faire, c'est de communiquer le plus largement possible, mais d'aller au-delĂ  de « j'ai rencontrĂ© un tel, j'ai fait ça » , c'est de toujours rĂ©flĂ©chir Ă  « tiens, qu'est-ce que je peux aller raconter ? » Je prendrais cet exemple-lĂ , hier c'Ă©tait intĂ©ressant, j'ai eu une question en formation, et peut-ĂȘtre qu'il y aura un poste qui sortira sur LinkedIn dans les prochains temps lĂ -dessus, mais c'Ă©tait une des questions qui Ă©tait de se dire « Vincent, moi je faisais le tour de table au dĂ©but, quelles sont vos attentes ? » La personne disait, mais moi, en fait, souvent, je vais vers les personnes handicapĂ©es et elles ne veulent pas que je m'occupe d'elles et je ne comprends pas. C'est intĂ©ressant comme question. Je dis, pourquoi ? Bon, finalement, on a trouvĂ© la solution aprĂšs la fin de formation, mais il y avait une autre question qui Ă©tait de se dire aussi, souvent, le problĂšme, ce n'est pas avec les personnes handicapĂ©es, c'est avec leurs accompagnants. C'est intĂ©ressant comme question. Je crois qu'il y a plein de thĂ©ories, quelque part, c'est notre... Oui, on est un binĂŽme aujourd'hui, pour revenir lĂ -dessus. On est un vrai binĂŽme de vie, mĂȘme si nous, on vit Ă  six chez nous, avec elle. Mais on est un binĂŽme de communication aussi. Et je crois qu'elle apporte aussi quelque chose de doux. Et puis moi, c'est aussi un des services que j'ai aussi envie de rendre Ă  l'association des chiens guides de Paris. Parce qu'on le sait bien, ça coĂ»te trĂšs cher d'Ă©lever un chien. C'est beaucoup de temps. Et je me dis que quelque part... Bien sĂ»r qu'elle m'apporte dans le guidage au quotidien, mais ce que je peux rendre aussi, c'est quelque part donner directement ou indirectement de la visibilitĂ© au chien guide par mes communications.

  • Speaker #1

    Et si tu devais aujourd'hui, comme tu l'as fait pour toi au début de l'interview, un peu pour boucler la boucle, donner trois mots pour la décrire, comment tu la décrirais autre que physiquement ? On a dit que c'était un labrador noir, mais sur son caractÚre ?

  • Speaker #0

    C'est intĂ©ressant, parce qu'effectivement, je parlais d'amour du chien tout Ă  l'heure. Et donc... Je dirais sensible, sĂ©rieuse, joueuse. Et ces points-lĂ  sont importants, c'est pour ça que j'ai voulu terminer par sĂ©rieuse et joueuse, parce que c'est souvent une des questions qu'on me pose sur des chiens, c'est quand mĂȘme dommage parce que ce sont des chiens qui ne s'amusent pas. Et je peux vous assurer que non, c'est qu'en fait, quand on lui donne la possibilitĂ© de s'amuser, sincĂšrement, elle s'Ă©clate. Si elle a... Quand ma femme, ma grande-fille joue avec, d'ailleurs il y a un comportement trĂšs diffĂ©rent avec les petits enfants oĂč elle est vraiment trĂšs prudente. On sent qu'elle ne veut pas comme ĂȘtre d'un pĂšre. Moi avec mon fils Augustin qui a deux ans, maintenant il commence Ă  venir lui faire des caresses et elle se laisse faire. Mais il y a trĂšs peu de temps, encore, elle l'Ă©vitait. Parce que quand on joue avec elle, elle joue. Mais elle est horrible, c'est 29 kilos de muscles. Pour un petit bonhomme qui fait 13 kilos, il faut faire attention. LĂ , j'ai ma petite Jeanne qui fait 4,5 kilos. Naturellement, on fait attention. De toute façon, il faut toujours faire attention. Elle est capable d'ĂȘtre... De temps en temps, la voix, elle dort. Elle est dans son panier, elle dort. Elle est en train de ronfler. sĂ»rement elle n'a pas son toit Ă  renfler elle est Ă  l'aise et puis allez Tori on y va bon on sent qu'elle s'Ă©tire et puis bon allez on y va elle est presque aussi Ă©panouie Ă  sortir qu'elle dans son panier et

  • Speaker #1

    je crois que c'est ça qui est assez formidable sur cette chaĂźne moi je suis absolument ravi c'est une bonne chose qu'elle soit arrivĂ©e finalement par ici dans ta vie oui et tu vois j'ai quand mĂȘme un point parce que

  • Speaker #0

    Je ne me posais pas cette question au dĂ©but. Il y a eu une question de beaucoup de personnes quand j'ai fait une premiĂšre communication avec Tory, et notamment de par les propriĂ©taires de chiens, qui m'ont dit « est-ce que vous allez la garder Ă  la fin ? » Et ça, question, parce que mine de rien, elle a 3 ans. Les chiens, globalement, guident, partent Ă  la retraite Ă  10 ans. Ça veut dire que si je veux pouvoir continuer Ă  avoir un chien guide, il va falloir que dans 5 ans, je me pose cette question. C'est Ă  peu prĂšs ça. Eh bien, tu vois Estelle, je n'ai pas encore de... de rĂ©ponse catĂ©gorique Ă  donner.

  • Speaker #1

    Et puis, elle peut évoluer de toute façon.

  • Speaker #0

    Mais elle peut Ă©voluer. Mais lĂ , j'avais une question de ma fille l'autre jour qui me dit, oui, mais papa, c'est quand mĂȘme bien parce que si jamais on la donne Ă  quelqu'un d'autre, parce qu'au moins, on ne la verra pas mourir. Et moi, je lui dis, ouais, mais tu la vois la laisser mourir avec quelqu'un d'autre que nous. Et ouais, c'est des mots, une discussion quand mĂȘme assez forte, mais qui prouve qu'au-delĂ  du chien guide, elle a pris quand mĂȘme aussi un autre statut chez nous.

  • Speaker #1

    Et tout ça en moins d'un an, puisque... On se parlait en février et elle est là avec toi depuis juillet.

  • Speaker #0

    C'est fantastique.

  • Speaker #1

    Ils prennent vite la place. Et c'est trĂšs bien. J'en parlais avec Mathis, que tu connais, qui a bossĂ© un peu avec vous aussi Ă  la PHPP. Nous, on a fait un Ă©pisode en immersion. Il m'a racontĂ© pendant... Du coup, ça a Ă©tĂ© six, huit mois d'attente oĂč on s'est racontĂ© parmi ces deux ans d'attente. Et en fait, quand on a enregistrĂ© chez lui, en dĂ©cembre... Ça faisait un mois qu'il avait eu Riel Ă  ses cĂŽtĂ©s et en fait, on oublie vite la temps. Elle n'est pas nĂ©gligeable, mais au final, le chien guide s'installe trĂšs rapidement dans la vie de son bĂ©nĂ©ficiaire et en devient vite indispensable, mais dans tous les cĂŽtĂ©s de la vie, comme tu disais, autant dans le guidage que dans la joie de vivre, dans le jeu, dans la famille, notamment. Dans ton cas, elle a pris sa place. Bon, Ă©coute, merci. Je vois qu'on arrive au bout de notre temps donnĂ© dans nos agendas respectifs.

  • Speaker #0

    Merci, Estelle.

  • Speaker #1

    Merci Ă  toi, en tout cas, Vincent. Je compte sur une prochaine fois Ă  Paris pour essayer de te croiser pour boire ce cafĂ© ou ce chocolat chaud, pour ma part. J'ai recroisĂ© Tori, qui aura bien grandi depuis la derniĂšre fois que je l'ai vue, avec laquelle j'avais jouĂ©, papotĂ©, caressĂ©. En tout cas, merci pour ton temps. Et puis, on continue Ă  suivre les deux associations notamment que tu nous as donnĂ©es. Donc, la station que tu as fondĂ©e Ă  Courbevoie, Bien vivre son handicap. et puis la PHPP donc je le redis l'association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es sur laquelle tu es aussi trĂšs engagĂ© et puis on n'hĂ©site pas Ă  te suivre toi sur LinkedIn tu nous as donnĂ© tu nous as beaucoup parlĂ© de ce rĂ©seau et sur Instagram et puis Facebook aussi oĂč on en a moins parlĂ© mais ah oui je suis en fait trĂšs

  • Speaker #0

    prĂ©sent sur Facebook le gros de notre communautĂ© locale vient de Facebook Ă  l'origine c'Ă©tait un groupe Facebook donc Facebook c'est notre Facebook c'est L'association, majoritairement, l'association locale et la famille. Instagram, c'est un peu tout le monde. LinkedIn, c'est du pro tout le monde. Un peu mĂȘme sur X. J'ai gardĂ© le rĂ©seau pour l'instant.

  • Speaker #1

    Tu as gardé le réseau. J'avoue que moi, j'ai un peu abandonné. Je me suis recentrée sur d'autres réseaux. J'ai dû faire des choix. Mais en tout cas, n'hésitez pas à aller suivre Vincent. Et puis Vincent, merci beaucoup pour ton temps et au plaisir de te croiser avec Tori et éventuellement ta petite famille sur Courbeauvoie ou ailleurs.

  • Speaker #0

    Mon plaisir Ă©galement, Estelle.

  • Speaker #1

    Et voilĂ , c'est la fin de cet Ă©pisode avec Vincent Julot. Et j'espĂšre qu'il vous a inspirĂ©. Si son engagement vous parle, je vous recommande d'Ă©couter l'Ă©pisode 11 oĂč Arthur raconte comment sa chaĂźne guide, Loya, l'a poussĂ© Ă  dĂ©fendre ses droits et Ă  s'investir davantage. Et vous, ĂȘtes-vous engagĂ© dans une association ou pour une cause qui vous tient Ă  cƓur ? Dites-le-moi en commentaire ou en message privĂ©, j'adorerais en discuter avec vous. De mon cĂŽtĂ©, je vous dis Ă  trĂšs bientĂŽt pour un prochain Ă©pisode sur l'univers mĂ©connu des chaĂźnes guides d'aveugles. Merci.

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