- Speaker #0
Bon, comment vas-tu déjà ?
- Speaker #1
Ça va super, et toi ?
- Speaker #0
Ça va, ça va. Tu ne te perturbes pas trop dans ton organisation ?
- Speaker #1
Non, pas du tout.
- Speaker #0
Tu ne savais pas trop, du coup, où est-ce que tu en étais en ce moment ?
- Speaker #1
Là, je suis en train de faire le Q&A, donc ça va. Ok, c'est tranquille.
- Speaker #0
Bon, écoute, on se donne une petite heure d'enregistrement, ça te va ?
- Speaker #1
Oui, nickel.
- Speaker #0
Bah écoute, l'idée, c'est de parler de ton parcours, bien sûr de Pita, hein ? Sinon, ce n'est pas drôle. Et puis, que tu me racontes un petit peu comment... Donc, mon temps est arrivé. Salut, c'est Estelle, et vous écoutez Futur Shanguide, le podcast sur l'univers méconnu des Shanguides d'aveugles. Chaque mois, je vous invite à découvrir les aventures de celles et ceux qui vivent cet univers au quotidien. et ce lien si précieux qui les unit à leurs chiens. Passionnés et bénévoles depuis des années, d'abord à Paris et aujourd'hui à Lyon, je suis persuadée que leurs histoires pourront vous toucher, vous informer et peut-être même vous donner envie de vous engager. Savez-vous justement que seuls 1% des déficients visuels sont accompagnés d'un chien guide ? Alors, si vous voulez en savoir plus sur l'actualité des chiens guides et les coulisses du podcast, inscrivez-vous sans tarder à ma newsletter mensuelle. Avant de passer à l'épisode du jour, je laisse mon micro à Élodie qui m'a laissé un petit message il y a quelques temps.
- Speaker #2
Hello Estelle ! Et bonjour à tous et à toutes. Déjà, merci Estelle de nous donner la possibilité de nous exprimer en tant qu'auditeur. Alors, j'ai connu ton podcast Futur Chien Guide par le biais de la maman d'un bénéficiaire de la Fondation Frédéric Gaillanne où je suis famille d'accueil depuis avril 2023. Mon podcast m'a permis de voir une autre vision des chiens guides que je n'avais pas, à travers des bénéficiaires, mais aussi des éducateurs, des familles d'accueil. Et plus particulièrement, ton dernier podcast avec Ciao Paris m'a énormément touchée. La vision et le fait que Christian n'acceptait pas d'avoir un chien guide pendant un long moment m'ont fait prendre conscience que certains malvoyants ne veulent pas. pas deux suites de chiens guides mais quand ils en ont un ça leur apporte du bonheur et de la lumière un petit peu sous leurs pas. Donc à travers ce petit message je voulais te remercier toi Estelle d'avoir créé ce podcast Futur Chien Guide mais également à tous tes invités pour faire découvrir le monde du chien guide à des familles d'accueil des bénéficiaires, des éducateurs mais aussi à des personnes qui ne connaissent pas encore le le monde du chien guide ou du chien d'assistance. Et j'espère vraiment que tu continueras encore un long moment tes podcasts sur les chiens guides ou les chiens d'assistance.
- Speaker #0
Dans cet épisode, je vous emmène à la rencontre de Lou, championne de parasseurs, mais aussi bénéficiaire de la Fondation Frédéric Gaillanne, la seule en France à remettre des chiens guides à des enfants de 12 à 18 ans. Malgré son engagement dans le sport de haut niveau, Lou a longtemps eu du mal à accepter son handicap. Et c'est finalement l'arrivée de Pita. son chien guide qui va tout changer. Un déclic, une nouvelle confiance et l'envie de ne plus se cacher. Aujourd'hui, Lou est fier de Pita, fier de ce qu'ils vivent ensemble et déterminé à le faire savoir. Un témoignage puissant sur l'acceptation de soi, la visibilité du handicap et le rôle transformateur d'un chien guide. Et maintenant, place à l'épisode. Bonjour Lou.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté mon invitation et d'avoir trouvé un créneau dans ton emploi du temps assez chargé pour mon podcast du coup Future Shine Guide. Tu vas être le dernier épisode de cette saison puisque c'est le 99e et le prochain, je serai solo à mon micro. Donc voilà, j'étais super contente qu'on puisse trouver un créneau ensemble. Est-ce que pour commencer, tu peux nous raconter un petit peu toi, ta vie d'aujourd'hui, qu'est-ce que tu faisais cette semaine ? Comment s'organise tes journées ? Parce qu'il me semble que tu as plein d'activités sportives. Pita, des petits mots qui vont jalonner un petit peu notre interview.
- Speaker #1
Moi, du coup, je suis athlète de haut niveau en parasurf. Donc, c'est du surf adapté pour les personnes en situation de handicap. Du coup, moi, pour surfer, je suis accompagnée de mon coach qui est à 3 mètres de moi et qui me décrit tout, mais il n'y a zéro contact physique.
- Speaker #0
Tu surfes aussi ou pas forcément ?
- Speaker #1
Je surf sur une planche, avec des palmes, ça dépend de lui et des conditions. Et du coup, je suis triple championne du monde. Bon, deux fois... en équipe avec l'équipe de France.
- Speaker #0
Félicitations !
- Speaker #1
Et aussi, j'ai eu l'honneur de porter la flamme avec Pita, la flamme olympique. À Bordeaux.
- Speaker #0
À Bordeaux, on a vu ça. Pour cette flamme olympique, tu étais donc accompagnée de Pita. Pita, c'est ta chien guide ?
- Speaker #1
C'est un chien guide, oui.
- Speaker #0
C'est ton chien guide, pardon.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Comment t'en es arrivée, toi, à tout mener de front, à demander un chien guide ? Est-ce que c'est une déficience que tu as depuis la naissance ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors moi, en fait, c'est à mes deux ans et demi qu'on a découvert que j'étais malvoyante, due à une tumeur cérébrale, une éroptique.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et du coup, j'ai des chimiothérapies de mes deux ans et demi jusqu'à mes sept ans pour la stabiliser. Donc, elle est toujours bien là, mais stable. Et du coup, oui, moi, ça m'a toujours grandi avec des animaux, en fait. Quand j'ai appris qu'on pouvait être accompagné par un chien plutôt qu'une canne, la canne, c'est très... ça met de la distance avec les autres. Et c'est vrai que directement, moi, je me suis dit, oui, ça doit être tellement mieux d'avoir un chien qui nous accompagne partout. On doit se sentir plus en sécurité, plus en confiance. parce que c'est difficile de faire confiance en notre canne. Alors qu'en notre chien, ma canne, je n'ai jamais fait confiance, même à 10%, alors que mon chien fait confiance à 100%. J'ai vite fait les démarches pour avoir ce chien, Pita. Du coup, j'ai fait les démarches près de la Fondation Frédéric Gaillane, qui est la seule école en Europe à remettre des chiens guides aux mineurs.
- Speaker #0
Parce que toi, tu as appris l'existence de la Fondation des chiens guides ? très tôt ou plutôt sur le tard ?
- Speaker #1
Assez tôt.
- Speaker #0
Par rapport à ta démarche.
- Speaker #1
Ouais. Donc, moi, c'était vers mes 8-9 ans. On m'a dit que c'était possible, mais il fallait que j'attende mes 11-12 ans, je crois qu'on m'avait dit. Et donc, j'en pouvais plus. J'avais qu'une hâte. J'avais préparé comme une lettre de motivation pour leur envoyer, de pourquoi je voulais un chien guide. Et du coup, une fois arrivée mes 12 ans, je leur ai envoyé cette fameuse lettre. Et puis après, tout a commencé. Ça a pris pas mal de temps parce que vu le Covid, ça a pris 3-4 ans. Avant, c'était très compliqué. Quand on m'appelait, on me disait « c'est pas pour tout de suite » . Je m'effondrais. J'avais les harnais de préparer, les colliers roses-bleus pour au cas où c'est une fille ou un mâle, les lèces de prête, tapis d'hiver, tapis d'été prêt. J'avais vraiment tout préparé et je n'en pouvais plus. très dur. Et ça,
- Speaker #0
c'était le premier contact ou la première classe découverte,
- Speaker #1
par exemple ? D'abord, il y a eu le premier stage de découverte. Là, j'étais tombée malade à 42 fièvres, donc impossible de bouger. J'ai dû revenir un an après, du coup. Et après, ça a été le Covid. Donc, on a réussi à un moment donné à placer une semaine de stage. Donc là, j'étais trop contente. Je me disais c'est bon, on avance. Et ce qui était dur, c'est que pendant ces semaines, on s'attachait aux chiens. C'est des chiens pour tester, entre guillemets, pour voir qu'est-ce que ça fait d'avoir un chien guide. Et on s'y rattache. Moi, les animaux, en 30 secondes, je suis déjà attachée. Donc là, une semaine, c'était super compliqué. Et on repartait avec à la fois des étoiles dans les yeux, mais à la fois la boule au ventre, parce qu'on repart sans notre petit loulou, pour se récupérer. Et quelques temps après... on me semble que c'est un an ou deux après on m'a contacté pour me dire que ça y est, c'est la remise c'est mon tour alors là, j'en pouvais plus, j'avais qu'une hâte c'était d'y aller et quand on est arrivés les deux premiers jours on voyait avec quel chien on matchait le plus et ils nous ont dit après quel chien on avait et donc le jour où on me l'a annoncé Paul sortait de sa de son enclos tout content c'était magique et franchement au final de maintenant je me dis j'ai attendu des années, c'était compliqué mais c'est parce qu'il me fallait Pita
- Speaker #0
Pita tu l'avais rencontré juste pour la classe de remise ou un petit peu avant ?
- Speaker #1
Ah non, je l'avais rencontré à la classe de remise ça a été un coup de coeur ou pas du tout ? En fait, coup de coeur oui parce qu'on ne peut pas ne pas l'aimer sous l'objectivité du très calme, très doux. Il a plein d'amour à donner. C'est un chien peluche, quoi. C'est vraiment le chien de rêve, quoi. En toute objectivité, bien sûr. Mais je ne pensais pas qu'on allait être ensemble pour un petit bout de chemin parce que Pita est très lent, marche très lentement. Il aime prendre son temps. Et moi, je trace. Donc, au début, il est très calme. Moi, j'ai beaucoup d'énergie. Et au final, les éducateurs ont dit que justement, ça permettait d'avoir un équilibre. Moi, je me détends et puis il s'active un petit peu quand même. Et effectivement, il s'active un petit peu maintenant. Et moi, il m'a beaucoup calmée, franchement. Il m'a beaucoup aidée.
- Speaker #0
Pour le bon, du coup,
- Speaker #1
pour le positif. Ah oui, clairement.
- Speaker #0
Tu peux dire trois mots qui te représentent, toi, si tu devais te décrire un peu dans ton caractère, des choses comme ça ?
- Speaker #1
Impulsive, sociable et je ne sais pas trop comment dire, mais je suis très... Un peu prendre tout à la rigolade. Je rigole souvent. J'essaie de toujours tourner les choses de manière drôle, de manière positive, etc.
- Speaker #0
Et quand tu parles d'impulsivité, qu'est-ce que tu mets derrière ce mot-là ?
- Speaker #1
Moi, je le vois pas forcément en négatif. Tout le temps, en fait, c'est que juste mes émotions sont là. Donc, je suis toujours à 100% dans mes émotions. C'est dans ce sens-là.
- Speaker #0
Et puis sociable, on le voit un peu aujourd'hui. C'est vrai que tu communiques beaucoup au final sur l'handicap, sur ton activité de parasurfeuse. Et tu sensibilises beaucoup aussi, c'est quelque chose qui te touche. J'ai l'impression de partager encore plus ce que toi tu apprends et ce que tu as appris.
- Speaker #1
Alors, je trouve ça super important.
- Speaker #0
C'est moi qui vais dire le contraire.
- Speaker #1
Justement, c'est qu'on est riche de nos différences et c'est important qu'on apprenne des différences des autres. Et par exemple, moi, j'aime beaucoup faire des sensibilisations auprès des écoles, parce que j'ai subi du harcèlement. Donc, ça me paraît important d'aller en parler et de montrer que c'est la norme, en fait. La norme, c'est de ne pas être comme les autres. Et du coup, je trouve ça important. Aussi, j'aime beaucoup aller en parler auprès de certaines entreprises, pour leur expliquer aussi comment ne pas paraître maladroit. face à une personne qui a une différence, quelle qu'elle soit, et comment aider sans offusquer la personne. Ce n'est pas toujours facile.
- Speaker #0
Et ça, c'est quelque chose que tu envisageais de faire avant d'avoir un chien guide, ou c'est venu avec la vie, avec le chien guide ?
- Speaker #1
Pita m'a beaucoup aidée. Il m'a aidée à accepter mon handicap. Avant, j'en avais honte, au point où je me mettais en danger. Pour donner une idée, mon oeil gauche ne voit rien à part la lumière, et mon oeil droit, j'ai un vingtième sur une partie de mon oeil. donc je vois pas grand chose et des fois j'avais tellement honte que je pliais ma canne je la mettais dans mon sac et je me disais si je tombe je tombe, je préfère tomber devant les gens qu'ils sachent que je suis handicapée en fait et combien de fois j'ai failli me faire renverser j'ai eu beaucoup de chance je faisais que tomber tout le temps je ratais des marches ou des choses comme ça j'avais pas envie de le cacher parce que je suis fière il est très beau l'objectivité c'est le plus beau déchet au monde Merci. J'ai envie que tout le monde le voit. Si je pouvais le porter et le mettre en hauteur pour que tout le monde le voit, je le ferais. Même si, grâce à sa beauté, je n'ai pas besoin de faire ça. Maintenant, l'approche des gens, quand j'avais la canne blanche, c'était plus des regards que je sentais très lourds, très pesants. Ils n'osaient pas poser leurs questions. Ils avaient peur de poser les questions et de tenter une approche. Alors que maintenant, avec Pita, c'est « Oh là là, mais il est super beau, c'est quelle race, etc. » Et puis après, ça va très vite. Des questions sans aucun tabou sur mon handicap. Et c'est tellement plus agréable parce que je me sens normale. Je me sens comme les autres. Et ça m'a beaucoup aidée, même à l'école. Alors oui, il y a quelques personnes qui ont voulu se rapprocher, etc. Mais ils n'étaient toujours pas très gentils avec moi. C'était plus Pita qu'ils aimaient, mais moi, non. Donc, je n'avais pas d'amis, mais j'avais Pita. C'était le meilleur des amis que je pouvais avoir, en fait. Donc, quand je n'allais pas bien, hop, j'allais m'enfermer dans les toilettes avec lui, dans un coin de camp, qu'il n'y avait personne. J'ai eu des gros câlins, des bisous. Et puis après, hop, ça allait mieux. Et oui, on repartait de plus belle avec Pita. C'est vrai qu'il est de toutes les occasions,
- Speaker #0
au final.
- Speaker #1
C'est ça. C'est vraiment, au-delà d'être un chien guide, Il m'a aidée mentalement, il m'a aidée... professionnellement, il m'a aidée sportivement, il m'a aidée vraiment dans tout, dans tout, dans tout. Il m'aide beaucoup. C'est mon sauveur. Voilà.
- Speaker #0
Et comment tu as fait la transition avec le monde étudiant et ton monde parasurfeux et tu es déjà bien imbriquée, je pense, avant. Tu n'étais pas mise du jour au lendemain à devenir championne aussi talentueuse que tu es. Comment tu en es venue au surf déjà, au parasurf ? Et comment tu as connu la discipline ? Est-ce que tu as testé d'autres disciplines sportives ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors oui. J'adore le sport, donc oui. Moi, j'ai testé la danse en tout premier. Je n'avais pas eu un gros coup de cœur sur la danse. Je ne me sentais pas bien. Je ne me sentais pas comme libérée à la fin. C'était vraiment cette recherche-là que j'avais en faisant du sport. Et mon frère me parlait souvent de surf, de la liberté, justement, qu'on ressentait, l'épanouissement dans l'eau, etc. Et je me suis dit, OK, il faut que je teste. Sauf qu'à ce moment-là, j'étais sous chimiothérapie, donc beaucoup trop faible pour aller me battre contre les vagues. Et du coup, j'ai dû attendre la fin. Et à mes 7 ans, directement, je suis allée surfer. Alors, au tout début, j'ai demandé au coach de mon frère si c'était possible. Parce que le para-surfer, c'est très récent. En France, il arrive en 2012. Et le premier championnat du monde, c'était en 2015. Donc, voilà. C'est tout jeune. Et il m'a dit, écoute, je ne sais pas. Je n'ai jamais vu, jamais entendu parler. Mais on va trouver. On ne sait pas, mais il faut qu'on trouve comment, en fait. C'est tout. Et du coup, après, il m'a fait surfer. Quelques temps après, j'ai pris contact avec une association qui s'appelle Seesir, qui fait surfer des personnes individuelles. Et j'ai imaginé, mais oui, c'est totalement possible, tout ça. Et donc, c'était parti. Moi, j'étais folle amoureuse de ce sport déjà. Ça y est, c'était fini. J'étais déjà tout le temps dans l'eau étant petite, donc ça me semblait assez logique que je fasse un sport dans l'eau. Si je n'étais pas dans la mer, j'étais dans mon bain. donc il fallait tout le temps que je sois dans l'eau et puis après oui j'ai essayé d'autres sports là je suis en ce moment bon mon épaule est un peu blessée donc je fais une petite pause mais je fais du Jiu-Jitsu et du Krav Maga que j'aime beaucoup et oui j'ai essayé le skate j'essaye un peu de sport à Ausha droite mais sans forcément prendre des cours voilà c'est pour m'amuser de temps en temps et oui c'est vrai que ça arrivait quand même assez d'un seul coup les compétitions moi c'est assez Et... rapidement que je voulais faire des compétitions. Parce que depuis petite, je m'étais battue. Je m'étais battue contre ma maladie pour vivre. Et d'un seul coup, à mes 7 ans, j'avais l'impression que je n'avais plus de combat. J'avais l'impression que ma vie n'avait plus vraiment de sens, parce que ça ne me paraissait pas normal de vivre pour vivre, comme ça. Et du coup, je me suis dit, cette fois-ci, je veux un combat, mais positif. Et je me suis dit, je vais faire des compétitions. Moi, j'adore la compétition. En plus, il y a l'air d'avoir une ambiance de dingue. On rencontre des gens, c'est trop bien. Et du coup, assez vite, on m'a proposé les championnats de Gironde. J'avais 13 ans, je suis directement acceptée. Et après, ça a été les France et après les Mondiaux. On m'a annoncé que j'étais prise dans l'équipe de France pour faire les championnats du monde à 13 ans. Donc, c'était juste... Waouh ! J'étais la première mineure à avoir intégré à l'équipe de France de paracer.
- Speaker #0
Oui, ça a été super rapide du coup pour toi.
- Speaker #1
Et franchement, je ne réalisais pas. J'étais arrivée en Californie, je ne réalisais pas. Tant que je n'avais pas vu de palmier, je n'arrivais pas à croire que j'étais en Californie. Donc c'était un rêve éveillé. Franchement, je crois qu'il m'a fallu quelques mois, une fois que j'étais rentrée pour réaliser. Il y avait le confinement juste après, donc ça nous a permis de s'en rendre compte. Et à ce moment-là, je n'avais pas encore Pita. Donc c'était encore un peu compliqué. Et c'est vraiment Pita qui m'a permis de me débloquer et vraiment de me lâcher à fond, d'être à fond, à 100%. J'étais heureuse de représenter la France, mais j'avais honte de dire que je faisais du para-surf au collège. Je disais que je faisais du surf, comme disait Para-surf. Ou alors, je ne me sentais pas comme... Comme disait les athlètes de haut niveau, t'es quatrième mondiale, je me sentais... Je trouvais ça pas fou, parce que je me disais, ouais, mais je suis handicapée. Donc, vu que c'est en para, c'est moins impressionnant. Enfin, voilà, quoi. c'est vraiment Pita qui est venu remettre du peps dans ma vie et quand il est arrivé, même mes championnats du monde se sont déroulés de manière beaucoup plus positive on va dire Oui ça a vraiment apporté de la confiance en toi et une vision différente du handicap du coup Ouais mais clairement et ce qui est bien c'est que vraiment la vision du handicap je l'avais que sur moi une autre personne en situation de handicap je me disais bah ouais non c'est quelqu'un comme tout le monde en fait mais sur moi, vu qu'on m'avait répété sans cesse que bah c'était horrible, j'étais une handicapée Berk, tout ça dans ma tête c'était moi en fait vraiment moi, je représentais le mauvais handicap et je me suis dit justement pourquoi pas représenter le handicap mais de manière positive parce que moi petite j'aurais bien aimé qu'il y ait une personne qui ait le même handicap que moi ou un handicap et qui dise bah non, c'est une force en fait tu peux en faire une force donc ouais, je trouve ça important d'en parler
- Speaker #0
Et Pita, si tu peux nous le présenter, tu as dit que si tu devais donner trois mots, à l'instar des deux mots que tu as donnés pour toi, je crois que j'en ai deviné quelques-uns avec la présentation que tu nous as faite depuis le début, mais tes trois mots pour décrire Pita, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Trois mots, c'est tellement peu pour décrire. Amour. C'est une boule d'amour. Tendresse et très sensible. Très à l'écoute. C'est une éponge. Vraiment, tous les animaux, c'est un peu des éponges. Ils freinent nos émotions. Mais c'est vrai que vraiment, si je suis mal, il ne va pas être bien. Et ça m'a aussi beaucoup aidée à gérer mes émotions. Parce que je fais attention à ne pas montrer que je ne suis pas bien, à me détendre pour que mon chien ne soit pas stressé. Parce que sinon, je vais culpabiliser. Je vais me dire, oh non, il n'est pas bien à cause de moi. C'est compliqué. Donc, oui, il est sensible aussi. C'est un petit cœur sensible.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut dire aussi que ça t'a donné une responsabilité ?
- Speaker #1
Oui, franchement, je me suis dit, OK, il y a quelqu'un le matin, quand je me réveille, qui m'attend, qui veut que je m'occupe de lui. Ça fait du bien en soi. C'est-à-dire que le matin, il y a quelqu'un qui vient, qui nous fait la fête. Il y a mes parents, mes parents me font la fête quand je me réveille en général.
- Speaker #0
C'est pas des petits petits remue-la-queues.
- Speaker #1
Ouais, non. Quand je propose des gâteaux, ils ne sautent pas.
- Speaker #0
Ils t'accompagnent du coup. Comment ça s'organise pour toi les semaines ? Est-ce que tu as des semaines, j'imagine, de compétition où tu es un petit peu à droite, à gauche, partout dans le monde, on va dire. J'en ai suivi quelques-unes. Comment ça s'organise ton quotidien avec les entraînements, avec les compétitions et avec ton temps de sensibilisation, justement ?
- Speaker #1
Je veux m'entraîner tous les jours. Je peux avoir un ou deux jours de pause dans la semaine. Mais bon, voilà, c'est une possibilité. Après, je vais avoir de temps en temps des compétitions. On ne sait pas tout le temps. C'est entre mars et novembre déjà. Et donc les sensibilisations, en général, j'essaie de les caler plus entre novembre et mars.
- Speaker #0
Pour avoir vraiment deux temps. Ton temps de sportive, on va dire, et ton temps un peu plus...
- Speaker #1
Voilà. Mais après, bien sûr, j'en cale aussi sur mes compétitions. Pendant le temps de compétition, quand je n'en ai pas trop, ça va quand c'est un petit temps de plus. Après, oui, c'est répondre aux mails, envoyer des messages un peu tombes pour prendre des nouvelles, pour dire « c'est quand qu'on va surfer ? » . Le premier coach qui m'a dit que c'était possible, d'ailleurs, avec qui je resurfe en ce moment. Les entraînements, c'est un peu comme les baguevels. Et quand on peut aussi, quand la personne qui m'accompagne peut.
- Speaker #0
Oui, parce que tu ne t'entraînes jamais seule, du coup.
- Speaker #1
C'est ça. Mais du coup, j'ai plein de binômes pour essayer de multiplier les chances d'aller à l'eau. Donc, oui, c'est ça. J'envoie des messages, je les penche. « Hé, les conditions, elles sont cool, là ! » Après, il y a de l'entraînement mental. Aussi, quelque chose qui est un peu tabou, mais le psy. Le psy, c'est très important, surtout dans ma période où je n'ai pas de surf, enfin de compétition. C'est un moment de tronc en fait. On pense à nos compétitions, aux performances qu'on a pu faire, qu'est-ce qu'on aurait pu faire de mieux, qu'est-ce qu'on aurait pas dû faire. Bref, c'est très compliqué. C'est ça. Et c'est un moment de flou. C'est un moment où on se dit, est-ce que je continue ? Bah ouais, mais j'aime trop, mais ça me met super mal. Et donc c'est hyper important d'avoir toujours ce suivi-là, tout le long de l'année. Ça fait partie de mon emploi du temps, d'aller voir mon psychiatre. Et puis, il t'aime beaucoup parce qu'il s'endort. Il s'endort direct quand il est là-bas.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire. Au final, il ne t'accompagne pas à l'eau.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Pas tout le temps. Il reste plutôt côté sable.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Il joue avec ses copains, s'il en trouve un sur la plage. Et puis après, il perd son souci et il attend maman. Bien sûr,
- Speaker #0
il t'accompagne. J'ai vu une photo il y a peu de temps, justement, où tu étais avec Valentine. Oui. Notre élite de la fondation qui a récemment eu son chien Torrent et au Torrent, pardon,
- Speaker #1
je l'ai dit.
- Speaker #0
Torrent.
- Speaker #1
Et du coup,
- Speaker #0
on se croise souvent avec Valentine.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Pendant les compétitions, on se croise. Donc, avec Valentine, on s'entend super bien. Elle est super marrante, adorable. Et oui, on a rencontré Torrent il n'y a pas longtemps, du coup, au stage en Bretagne. Ah bah, alors putain, il a bien joué avec lui quand ils avaient le harnais, les deux, quand ils étaient en détente. Ils ont bien joué entre collègues. Ils sont trop mignons ensemble. Je suis super contente aussi que Valentine puisse connaître ce bonheur. Et aussi que Pita ait un copain.
- Speaker #0
Oui, c'est la remise de novembre. Parce que là, dans tous tes collègues parasurfeurs, c'est tout de la déficience visuelle ?
- Speaker #1
Alors non. Il y a neuf catégories en tout. Il y a du surf allongé, à genoux. debout avec assistance ou non selon les freins rencontrés. Et en fait, il y a tout type de handicap, il y a quoi être réamputé, malvoyant, non-voyant. il y a vraiment plein d'handicaps donc tout le monde n'a pas un chinguide c'est ça que je voulais ne peut pas avoir un chinguide on est que deux à avoir un chinguide c'est ça les deux stars Pita et Toron j'ai croisé la photo justement ils sont sur la plage en train de de courir tous les deux les oreilles au fond c'est beau c'est cool c'est cool cette vie elle avait adoré la Bretagne Pita elle s'est éclatée c'est chouette en tout cas ouais elle s'est éclatée comme ça ah bah c'est clair ça fait plaisir
- Speaker #0
et sur ton temps un peu plus terre à terre, là où tu es un peu moins dans l'eau, ta saison un peu off comment ça se passe tes sensibilisations c'est toi qui es en démarche ou tu es à quelqu'un, les gens te contactent parce qu'on te voit quand même pas mal diffuser, je sais que tu es très active aussi sur LinkedIn pour partager justement toutes tes présences à droite à gauche comment ça s'organise, tu es dans un collectif dis-nous tout
- Speaker #1
Euh, ben, non. C'est des personnes qui me démarchent suite au poste LinkedIn, justement. Et je demande qu'est-ce qui les intéresse, quel aspect de mon intervention les intéresse. Et après, je suis toujours partante pour y aller. Et oui, après, c'est majoritairement sur LinkedIn.
- Speaker #0
Ce n'est pas forcément des réseaux dans lesquels tu es où ça circule ?
- Speaker #1
Pas spécialement. Après, des fois, on va me dire peut-être que... Ou après, ça peut être des sponsors aussi, par exemple, des sponsors, des partenaires, à qui je vais proposer de venir faire une intervention. Ça me semble important qu'ils m'apportent beaucoup, donc je veux aussi leur apporter le maximum que je peux. Et du coup, à chaque fois, ils proposent des interventions, donc ils acceptent en général. C'est chouette.
- Speaker #0
Et oui, parce que dans ta vie de sportive, il y a aussi toutes les gestions des sponsors, les gestions des partenaires, ça c'est des choses que Moi, je connais un petit peu parce que j'ai un cousin qui était sportif de haut niveau et du coup, on avait eu l'occasion d'en discuter plusieurs fois. Mais c'est vrai que c'est un peu la face cachée. Pas si tabou que ça, je pense. Tu parlais des tabous et de la préparation aussi. Mais je pense que les sponsors, c'est plus quelque chose où on se dit est-ce que tu as un agent qui le fait pour toi ? Est-ce que tu gères tout seul ou pas ?
- Speaker #1
Moi, depuis peu, j'ai un agent d'image qui m'accompagne parce que c'est très compliqué, honnêtement. Si on se prend un refus un peu violent, des fois, qui pique un peu. Après, on doit repartir avec le sourire et se dire, allez, c'est bon, c'est pas grave, on y retourne. Et c'est compliqué, c'est pas facile. Des fois, les personnes ne nous disent pas franchement non, donc on continue. Mais c'est pas facile de se dire, la personne nous a dit, rappelle-moi dans un mois, je rappelle un mois après, on me répond pas. C'est plein de choses un peu compliquées. Mais au début surtout. Maintenant, on a l'habitude, on se dit, allez. De toute façon, eux aussi, ils sont débordés. Donc voilà, on n'est pas les seuls à aller des marchés. Donc voilà, c'est normal. Donc maintenant, oui, on arrive un peu à relativiser. Eux aussi, ils sont débordés, donc c'est rien. Mais c'est vrai que ce n'était pas facile, surtout au début. Puis avec l'agent d'image, ça facilite beaucoup aussi.
- Speaker #0
Oui, du coup, ça te permet d'avoir un filtre et de moins... C'est ça.
- Speaker #1
Mais après, c'est vrai qu'aujourd'hui, Une année, pour faire toutes les compétitions que je voudrais faire, pour m'entraîner, ce serait 85 000 euros à l'année. Ok. Voilà. C'est une petite somme. Ce n'est pas complet pour l'instant, le budget, mais c'est important, les sponsors. Clairement, sans sponsor, on ne fait rien. C'est quasi impossible, en tout cas.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, pour revenir à Pita, est-ce que ça joue un peu dans tes argumentaires sponsors ou pas du tout ?
- Speaker #1
Oui, forcément, ils ont un intérêt particulier pour les animaux. Par exemple, Pita a reçu une dry-robe, un manteau que tous les surfers adorent, parce que c'est un manteau super chaud. Et Pita, il est fan de ce manteau. Quand il ne fait pas beau dehors, il me regarde, j'attrape la dry-robe, il est tout content. Il n'aime pas trop la pluie, ce chat. Il adore ce manteau. Il est très frileux, en plus. Il y a plein de choses comme ça. Les gens sont hyper attendus par Pita aussi. Franchement, oui. Je pense que Pita aide beaucoup avec sa petite bouille. Franchement, moi personnellement, si on m'approche avec un Pita, je ne vais pas le refuser. Si c'est Pita qui demande, voyons. Ça se voit. Rien que dans les magasins, je n'arrive à rien lui refuser. Je suis très faible. Très très faible.
- Speaker #0
Pita a même son compte Instagram du coup.
- Speaker #1
Oui, mais oui.
- Speaker #0
loupita.6 Je mettrai toutes les petites notes. dans la description de l'épisode.
- Speaker #1
Je suis tellement fan de lui que je le prends tout le temps en photo. Oui, dans ma galerie. Il est partout.
- Speaker #0
En même temps, à chaque fois, on dirait qu'il fait des poses de mannequin. On dirait qu'il sait qu'il a un compte Insta à gérer. Oui !
- Speaker #1
Donc, toi, tu es le manager de Pita. Et toi, tu es un manager.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et parmi toutes les choses que tu n'aurais jamais envisagé de faire sans Pita, est-ce qu'il y a un truc que tu te dis, là, franchement, c'est grâce à lui ? Ou grâce à lui, à mes côtés, j'ai dit oui ? Ou on m'a demandé, tu vois, ce genre de truc ?
- Speaker #0
Je dirais déjà sortir seule, sans avoir peur. Avant, j'avais très peur. Donc, oui, sortir seule sans avoir peur. Il m'a appris qu'on pouvait m'aimer aussi, malgré mon handicap. Franchement, il y a tellement de choses. La liste, elle est tellement longue. Il m'a appris à avoir conscience en moi et à m'aimer. Et ça a débloqué tellement de choses, du coup, grâce à ce déclic-là. Il m'a fait grandir. C'est mon sauveur, comme je dis. Vraiment, il m'a tendu sa patte.
- Speaker #1
Et toi, quand tu avais ce projet de chien guide, tu pensais aller si loin avec lui ?
- Speaker #0
Ou tu pensais qu'il allait juste guider ? Je savais que ça allait être magique, parce que moi, j'ai toujours été gaga des animaux. Une poule, j'en peux plus, je suis gaga. Donc, je savais que ça allait être beau, que ça allait être magique, mais pas à ce point-là. Je pense que personne ne peut s'imaginer à quel point c'est magique. Et je ne sais même pas si, honnêtement, si ce n'est pas juste ça qui est magique, en fait. Je pense que tous les chiens sont magiques, mais Pita, je me dis vraiment, c'est pas un chien comme les autres. Il est pur, quoi. Il est vraiment... C'est dingue. C'est ma moitié, en fait. C'est vraiment... Je me dis, ça va être mon chien, quoi. Donc, je savais que ça allait être plus qu'un chien guide, bien sûr. Avant d'être un chien guide, c'est un chien. Donc, il a besoin d'amour, il a besoin de jouer, tout ça. Mais je savais pas que ça allait être ma moitié, que ça allait devenir... Ouais, c'est mon oxygène, quoi. C'est mes poumons, Pita. C'est vraiment toute ma vie. Ah ouais, non, vraiment. Et je n'aurais jamais pu croire qu'une telle relation puisse exister. Au-delà d'une telle relation avec un animal, si une telle relation puisse exister, enfin, p'tite heure, je lui fais confiance à 1000%, quoi. Voilà, vraiment, je lui fais confiance les yeux fermés.
- Speaker #1
Oui, par rapport au moins de 10% auquel tu faisais confiance à la CAD, ça fait une différence dans ton quotidien.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est clair. Il m'a retiré un poids, juste... énorme, une boule au ventre que j'avais tout le temps, un nœud à la gorge que j'avais décomparé de mon handicap. Il m'a retiré tout ça en positif et il m'a rajouté le sourire. Donc, franchement, je n'aurais jamais pensé ça. Je me dis, même si là, je le raconte, personne ne pourra imaginer à quel point c'est fort. C'est impossible. Franchement, c'est magique, honnêtement.
- Speaker #1
Il faut le vivre pour y croire.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est clair. Et c'est pour ça qu'après, on me dit, ah là là, mais tu n'arrives rien à lui refuser. Ben non, mais c'est impossible. Si je pouvais, je ne sais même pas, mais je lui achèterais un paquet de friandises énormes. Mais bon, il grossirait trop, la vétérinaire SMR. Déjà que là, il est en régime, donc il faut qu'il fasse attention à sa vie. Il a pris un kilo en trop, là. Ce n'est pas bon.
- Speaker #1
Il faut préparer le summer body de Pita.
- Speaker #0
C'est ça, là. On le fait courir à fond. Donc ouais, on lui a dit non, allez hop. on arrête de manger et faire la sieste on va courir
- Speaker #1
Bon et quels sont vos prochains projets à tous les deux du coup ?
- Speaker #0
Alors il faut multiplier les compétitions et si je suis prise au championnat du monde essayer de grimper sur la deuxième place et toujours regarder la première place en équipe pour remonter sur ce podium en Californie avec Pita et j'espère aussi qu'on sera Au Jeux 2032. Oui. Parce que notre discipline n'est toujours pas au Jeux paralympique. Il y a le surf aux Jeux olympiques, mais il n'y a pas le parasurf. D'accord. Ah oui. Donc, on croise les doigts pour en Australie. Il n'y aura pas en 2028 à Los Angeles, malheureusement. Mais bon, on y croit, on y croit fort. Et peut-être qu'en 2032, on verra Pita, en gros. S'il n'est pas à la retraite, d'ailleurs.
- Speaker #1
Oui, parce que ça fait aussi partie...
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Des perspectives pour toi, j'imagine.
- Speaker #0
C'est ça. Et puis aussi, on va se faire un... Non, c'est pas un tatouage en commun parce qu'il veut pas se tatouer. Il a dit non. Moi, c'est pas mon délire, mais les tatouages. Mais aussi, l'un de nos projets, c'est de me faire tatouer son empreinte de patte sur moi. Voilà. Pour l'avoir toujours avec moi, mon loulou.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
Même quand il sera à la retraite, comme ça.
- Speaker #1
Comment tu envisages la retraite ? Tu y as déjà pensé ou pas du tout ?
- Speaker #0
Alors, voilà, on va rester à la maison. Du coup, il y a des possibilités. soit la famille d'accueil, soit des proches à nous. Soit on peut le garder. On a la chance de pouvoir le garder. Donc, il pourra gambader tranquille dans le jardin avec ses chien, les Ausha, tout ça. Et du coup, moi, je ferai des démarches pour avoir un autre chien guide en espérant que ce soit à peu près aussi intense. C'est vrai que là, j'ai du mal à me projeter avec un autre chien, honnêtement.
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
mais ça va se faire de la petite manière. Mais là, actuellement, il a 6 ans. Il reste encore 3-4 ans de vie active, on va dire. donc bon j'essaie de ne pas penser à sa retraite on vit au jour le jour tu as bien raison juste après d'ailleurs je vais lui faire un gros câlin et des gros bisous il me manque, ça fait quoi les 30 minutes 40 minutes là que je ne l'ai pas vu il est pas dans la même pièce que toi ? non il est parti jouer avec le copain chien c'est cool aussi il est avec ses doudous il est tout le temps avec son doudou c'est un grand passionné de doudou
- Speaker #1
Oui, je vois que tu mets beaucoup de photos. Il a toutes les peluches, les cadeaux.
- Speaker #0
Ah oui, mais les fans, tout le temps, ils me réclament des doudous. Dès qu'on passe devant des rayons doudous, ils me regardent, ils regardent les doudous. Je dis bon, allez, je les aime. Pareil pour les friandises, il est malin. Il sait où est le rayon et il m'y amène. Ah bon ? Oui, oui. Quand j'ai dit cherche maman, parce que du coup, je vais rajouter l'ordre de chercher ma mère quand on fait les courses. Et il est trop fort. En plus, il adore faire ça. Et quand je lui dis « cherche mamie » , parce que c'est sa grand-mère, il me ramène toujours un petit peu discrètement, genre elle va remarquer dans le rayon des friandises. Et du coup, moi, je frange « cherche maman, ton petit-fils, il veut ça » . Et après, bon, allez. Elle ne résiste pas non plus.
- Speaker #1
Elle ne dit jamais non non plus, c'est ce que je voulais dire.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas facile, franchement. Avec sa petite bouille, on ne peut rien lui refuser. Et puis avec tout ce qu'il fait. On sent comme... C'est naturel, quoi.
- Speaker #1
Oui, je vois que c'est parti du job de mamie.
- Speaker #0
Oui. C'est ça. Et puis, elle était très reconnaissante aussi de ce qu'il fait pour moi. Et puis, mon entourage a vu le changement que Pitta a apporté dans ma vie. Donc, ils sont très reconnaissants de ça. Enfin, à chaque fois, quand elle passe devant Pitta, puis t'as fait « Oh, merci ! » « Merci, mon petit-fils ! » Donc, ouais, ouais, ouais. Vraiment, c'est un lien très, très fort. C'est vraiment un membre de la famille, mais vraiment extrêmement... un lien extrêmement fort.
- Speaker #1
En tout cas, moi, je connais bien la fondation maintenant puisque je suis leur community manager, comme j'avais pu le te dire. Mais c'est vrai que c'est touchant. Et le fait de finir cette saison par un épilogue avec toi, c'était un peu la boucle qui est bouclée. aussi de montrer que ces chiens apportent bien plus que ce que vous pouvez penser en étant comme vous faites.
- Speaker #0
Au-delà de nos yeux, c'est mes poumons, comme je disais. Au début, c'était mes yeux et puis c'est devenu mes poumons, mon cœur. Il commence à prendre tous mes organes. Ça devient inquiétant. Mais ouais, ouais, c'est vraiment toute ma vie. Quand je dis que c'est toute ma vie, c'est en tout cas mon chien. Mon Dieu ! et quand je fais des cauchemars comme ça c'est horrible,
- Speaker #1
pire cauchemar que je puisse faire en tout cas on te souhaite plein de podiums à venir du parasurf en Australie ce serait chouette quand même d'ajouter cette petite poutine et de faire des jolies eaux si
- Speaker #0
t'as rêve d'aller en Australie quoi, non mais mince quand même faut qu'elle s'y achète un doudou pour...
- Speaker #1
2032, tu m'as dit ?
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Il ira avec son meilleur ami. Vous avez formé un joli trio.
- Speaker #0
Voilà, le gang des chiens guides.
- Speaker #1
Et puis, Valentine, j'espère aussi à tes côtés.
- Speaker #0
Ah oui, c'est clair.
- Speaker #1
Ça doit être chouette aussi de partager ça avec elle.
- Speaker #0
Oui, franchement, surtout qu'avec Valentine, on est assez proches. On s'entend super bien, sans vouloir offusquer les autres de l'équipe. à peu près la plus grande date. Après, maintenant, c'est vrai qu'il commence à y avoir de plus en plus de jeunes. On a été les premières plus jeunes dans l'équipe de France. Le lien s'est créé assez vite. En plus, déficience visuelle. Tout le temps, des blagues sur notre handicap. Ça rapproche. Et puis oui, on rigole ensemble. On râle ensemble. Franchement, maintenant, voir nos chiens jouer ensemble, on adore. On est trop contentes. C'est trop bien. Ouais, on est toujours heureux quand on voit nos chiens bien s'amuser. En plus... Il s'amuse bien avec le chien d'une personne qu'on aime bien. C'est toujours mieux.
- Speaker #1
Bon, mais je vous souhaite en tout cas une bonne continuation, plein de podiums, plein de câlins. Et merci d'avoir pris du temps bien chargé pour cette petite interview. Et à bientôt,
- Speaker #0
peut-être. Et à bientôt. Et merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci,
- Speaker #0
Lou.
- Speaker #2
Et voilà, c'est la fin de cet épisode avec Lou et Peter. Si son témoignage t'a touché, je te recommande aussi l'épisode 71 avec Léana, elle aussi bénéficiaire de la Fondation Frédérique Gaillan. Avant de rencontrer Swing, elle avait peur des chiens. Et aujourd'hui, elle lui a même dédié une chanson. Et toi, est-ce que ton engagement dans l'univers des chiens guides a aussi changé ta vie ? Viens m'en parler en vrai au 5 ans du podcast, le samedi 24 mai, au Jardin du Luxembourg à Paris. Ce sera de 10h à 14h30, avec des échanges, des rencontres, des invités du podcast et peut-être des surprises. Alors à bientôt, pour un nouvel épisode sur l'univers méconnu. Des chingudes d'ave