Speaker #0Tu ne perds pas ton niveau en compétition, tu changes juste de posture intérieure. Parce qu'à l'entraînement tu joues, et en compétition tu juges. Ce n'est pas un problème technique, c'est un problème d'orientation mentale. La nuance est fine, mais elle ne change plus. Bienvenue dans Glisse Intérieur, le podcast qui explore l'autre face des sports de glisse, celle qui se joue dans la tête. Je suis Sébastien Dalet-Tétra, préparateur mental spécialisé dans les sports de glisse. Et à chaque épisode, on plonge ensemble dans des mécanismes invisibles qui forgent confiance, punité et performance. Ici, on parle de mindset, d'équilibre, de flow, et de ces instants suspendus où tout devient simple, évident et naturel. Alors respire, relâche, on part à l'intérieur. Aujourd'hui, c'est déjà le dixième épisode de Glisse Intérieur. Alors j'espère que le contenu vous plaît. qu'il vous donne quelques clés mentales pour avancer dans votre pratique au quotidien. D'ailleurs, n'hésitez pas à me partager vos retours sur Instagram par exemple, ça m'aide beaucoup à faire évoluer le podcast. Allez, c'est parti pour cet épisode 10, bonne écoute. Il y a quelque chose d'étrange que presque tous les sportifs ont déjà vécu. À l'entraînement, tout est fluide, tu réussis tout, tous les gestes techniques te paraissent faciles, même ceux que tu bosses depuis des semaines, tu engages avec confiance, tu es relâché, créatif, connecté. Tu sens que tu progresses, que tu avances. Et puis, arrive la compétition. Et là, c'est toujours toi. Tu as le même matériel qu'à l'entraînement. Parfois même, la compétition est à la maison sur ton spot de tous les jours. Et pourtant, tout semble se dérégler. Tes jambes sont plus lourdes, tes appuis moins précis, tes décisions sont plus hésitantes. Et à la fin, tu as cette phrase qui revient. Je ne comprends pas, pourtant je sais faire. Alors, aujourd'hui, on va répondre à cette question. Pourquoi ton niveau de l'entraînement semble disparaître en compétition ? Bon déjà c'est assez évident mais je préfère le rappeler, non ton niveau ne disparaît pas évidemment. Aujourd'hui on va donc parler plutôt de transfert de performance, voire même plutôt de l'absence de transfert. Donc la première chose essentielle c'est que tu ne perds pas ton niveau. Tes compétences sont toujours là, tes heures d'entraînement sont là, ta mémoire motrice est là. Ce qui change c'est ton état interne. A l'entraînement ton cerveau est en mode exploration. Il est orienté vers l'apprentissage, l'ajustement, l'essai. Il accepte l'erreur, il tolère l'imperfection. Pour résumer, il joue. J'aime bien imager ces propos avec l'insouciance des enfants quand ils jouent justement. Ils ne s'attardent pas sur les conséquences de leurs actes. Quand ils retournent la maison pour créer des cabanes, l'idée par exemple qu'il va falloir tout ranger derrière ne leur traverse même pas l'esprit. Ils sont juste dans le moment, ils le vivent à 200%. Rien d'autre ne compte. Il n'y a pas d'autres enjeux que le plaisir. Et ça fonctionne. Et à l'inverse, en compétition, ton cerveau passe en mode évaluation. Et ça change tout. Parce que maintenant, il y a un classement, un regard extérieur, un score, une validation, une comparaison. Et subtilement, ton système nerveux détecte un enjeu. Et quand il détecte un enjeu, il ne cherche plus du tout à performer. Il cherche à protéger. Parce que c'est le propre de ton cerveau de te protéger. C'est cette fonction ancestrale qui nous a permis de perdurer et d'évoluer en tant qu'espèce sur la Terre. Le premier souci, c'est que cette protection nuit souvent à la performance, essentiellement parce qu'elle nous met dans un état défensif plutôt que combatif. Et le pire, c'est qu'on est tellement bien conçu pour faire ça, que c'est un mécanisme inconscient qui échappe à notre vigilance si on n'apprend pas à le reconnaître et à l'utiliser avantageusement. Alors il cherche à protéger quoi ? Ça peut être ton image, ton statut, ta crédibilité. Ton identité de rider ? Je ne parle pas ici forcément de celle qui est écrite noir sur blanc dans un palmarès ou sur une feuille de résultat, mais vraiment plutôt de l'image que tu as de toi, consciemment ou pas d'ailleurs. Et aussi de l'image, du statut ou de l'identité que tu penses avoir dans le regard des autres. Et là, sans que tu te rendes compte, ton attention bascule. Tu ne rides plus pour t'exprimer, tu rides pour ne pas te tromper. Et entre ces deux postures, il y a un monde. Parce que la performance en sport repose énormément sur la qualité de ton attention. A l'entraînement, ton attention est dans tes sensations, elle est dans la lecture du terrain, dans le timing, dans le plaisir d'ajuster. Et en compétition, elle glisse gentiment vers « est-ce que les juges regardent ? » « Il a fait mieux que moi. » « Si je rate, ça va être ridicule. » « Il faut que je fasse un score. » Ton attention quitte le présent. Et quand l'attention quitte le présent, la précision diminue. Parce que les sports de glisse ne sont pas des sports de contrôle forcés, ce sont des sports d'adaptation fine. Et quand tu surcontrôles un mouvement, tu le rigidifies. Et un corps rigide, perd en fluidité, perd en timing, perd en créativité. En fait, tu ne fais pas moins bien, tu fais juste plus tendu. Et cette tension coûte cher à ta performance. Et puis en compétition, il y a quelque chose d'encore plus subtil. Parfois quelque chose qu'on a du mal à s'avouer, mais qui pourtant pèse énormément dans la performance. Ton ego s'invite. À l'entraînement, tu es un rider en progression. En compétition, tu deviens un rider exposé. Et quand tu es exposé, tu veux confirmer. Confirmer ton niveau, ton image, confirmer que tu mérites ta place. Mais plus tu veux confirmer, plus tu perds en liberté. Parce que la performance optimale n'est pas une démonstration, c'est une expression. Un rider qui cherche à prouver ce temps, un rider qui cherche à s'exprimer souvent. La nuance est fine, mais elle change tout. Et puis il y a une autre bascule qui opère, c'est le piège du résultat. A l'entraînement, tu es centré sur le processus. En compétition, tu te focalises sur le résultat. Le problème, on l'a vu, c'est que le résultat n'est jamais totalement contrôlable. Tu ne contrôles pas les autres riders, les décisions, le score exact des juges par exemple, les conditions. Et quand ton attention se fixe sur quelque chose d'incertain, l'anxiété monte. Et quand l'anxiété monte, la précision descend. Ce n'est pas un problème technique, c'est un problème d'orientation mentale. Alors maintenant, la vraie question c'est comment recréer ton état d'entraînement le jour J ? La première clé à explorer, c'est de revenir à l'intention, pas l'objectif, non l'intention. D'ailleurs, j'ai parlé de la fixation d'objectif dans l'épisode 2 de Glisse Intérieur. Et si tu ne l'as pas déjà écouté, je te conseille vraiment de le faire, parce qu'ici les deux sujets se rejoignent. En effet, cette notion d'objectif est un vrai piège mental s'il est mal posé. Mais je ne vais pas refaire ici l'épisode 2. Donc, il faut distinguer un objectif. mal posé qui pourrait dire je veux faire un podium par exemple ou je veux être champion 2 ou je veux réussir tel ou tel trick et une intention qui aide dit je veux rider fluide, je veux être engagé je veux être précis parce que l'intention est sous ton contrôle le résultat, la réalisation de l'objectif lui ne l'est pas totalement la seconde clé c'est d'accepter l'enjeu au lieu de lutter contre lui ne cherche pas à supprimer le stress il est normal Je crois qu'apprendre à gérer, c'est le sujet numéro 1 des personnes que j'accompagne dans mes accompagnements personnalisés. Le stress, cette sensation, c'est un levier essentiel de la performance. Mais pour cela, il faut savoir l'identifier et le requalifier. Tout ça, évidemment, ça s'apprend et ça fait vraiment des différences énormes dans vos performances. Alors il faut apprendre à accepter le stress comme une activation, pas comme une menace. Pour la troisième clé, on va reparler de l'attention. Il faut savoir la ramener dans ton corps. pour faire fi de tous les éléments extérieurs sur lesquels, à nouveau, tu n'as aucun contrôle. Ce qui va mener au résultat, c'est la réalisation, pas l'inverse. Alors, concentre ton attention sur ton meilleur outil pour ça, ton corps, et ce qui se passe à l'intérieur de toi, là où tu peux prendre le contrôle. C'est ça aussi la préparation mentale. Avant ton run, essaie ces 2-3 tips pour recentrer ton attention sur ton corps. Inspire lentement, essaie de relâcher tes épaules, relâche ta mâchoire. Viens sentir tes appuis, tes pieds sur ta board, sur tes skis, sur tes pédales. Essaye de sentir tes mains sur ton wish, sur ton guidon. En fait, le corps est ton ancrage. Alors mets-le vraiment dans les bonnes dispositions pour l'emmener là où tu souhaites aller. Un corps relâché et canalisé est fluide. Un corps avec un esprit qui s'échappe et qui se laisse embarquer par ses émotions, ce crispe et ce temps. Et on l'a vu, on le sait tous, parce qu'on a tous déjà fait cette expérience. On sait dans quel état on a besoin d'être pour être efficace. Repense à tous ces gestes techniques que tu réalises. Repense à l'instant précis, au jour où le petit miracle s'est produit, le jour où tu les as réussi pour la première fois. Si tu y prêtes attention, tu verras que c'est toujours à un moment précis où tu as réussi à mettre du relâchement dans ton mouvement. Alors si tu devais retenir une seule chose de cet épisode, ça serait celle-ci. Tu ne perds pas ton niveau en compétition, tu changes juste de posture intérieure. Parce qu'à l'entraînement, tu joues. Et en compétition, tu juges. Le jour où tu accepteras d'être évalué sans te définir par le résultat, tu pourras aligner tes performances de l'entraînement avec celles en compétition. Parce que performer, ce n'est pas prouver, c'est être présent. Alors si cet épisode t'a parlé, partage-le à un rider qui se dit souvent « Je ne comprends pas, pourtant je sais faire » . Parce que non, il n'a pas perdu son niveau, il a juste déplacé son attention. Merci d'avoir écouté Glisse intérieur. Si cet épisode t'a aidé ou inspiré, n'hésite pas à le partager, à t'abonner et à laisser une note. On se retrouve très vite pour continuer à explorer la puissance mentale dans l'esprit de Glisse. D'ici là, concentre ton esprit et garde le chaud.