Speaker #0Sauf que ça, c'est pas un vrai entraînement mental, c'est juste une intention. Parce qu'en réalité, rien n'est stabilisé intérieurement. Alors le gros déclic, c'est de comprendre que le mental fonctionne comme une compétence. Parce que la différence entre les riders qui progressent mentalement et ceux qui stagnent, c'est souvent ça. Les uns improvisent quand les autres préparent. Bienvenue dans Glisse Intérieur, le podcast qui explore l'autre phase des sports de glisse, celle qui se joue... dans la tête. Je suis Sébastien Daletetra, préparateur mental spécialisé dans les sports de bicep. Et à chaque épisode, on plonge ensemble dans des mécanismes invisibles qui forgent confiance, fluidité et performance. Ici, on parle de mindset, d'équilibre, de flow. Et ces instants suspendus, le coup devient simple, évident et naturel. Alors, respire, relâche. On part à l'intérieur. Dans le dernier épisode, je t'expliquais quelque chose d'essentiel. D'ailleurs, si tu ne l'as pas déjà écouté, je t'invite à commencer par celui-là. Donc le 18 du coup. On a parlé dans celui-là du fait que beaucoup de riders renforcent inconsciemment leurs erreurs en repassant constamment leurs blocages, leurs chutes, leurs hésitations, en pensant pourtant bien faire. Et du coup, forcément, une question arrive derrière ça. Ok, si ça, ce n'est pas la bonne manière de travailler son mental, alors comment on fait réellement ? Comment on progresse mentalement sans tourner en rond pendant des années ? Comment certains riders arrivent à devenir stables, engagés, solides sous pression, alors que d'autres alternent constamment entre des jours incroyables et des jours où tout s'écroule. Parce que oui, le vrai problème, ce n'est pas juste le mental finalement, c'est l'absence de méthode. Aujourd'hui, énormément de riders essayent d'être plus confiants. Et énormément de riders ont compris l'importance de structurer leur mental. Mais ils le font sans réel système, sans structure, sans entraînement mental concret. Et du coup, ils improvisent et l'improvisation mentale fonctionne rarement quand l'engagement monte. Aujourd'hui, la majorité des riders fonctionnent à peu près comme ça. Ils vivent une session, puis après, ils analysent, ils regardent leurs erreurs, ils essayent de comprendre, ils se remotivent et ils repartent rider. Encore et encore. Le problème, c'est que ce système est incomplet. Parce qu'il repose énormément sur l'émotion du moment. Pour comprendre, prenons un exemple en BMX Race. Tu fais une grosse journée d'entraînement. Et sur certaines manches, tu te sens agressif, explosif, confiant. Et puis sur une autre, tu hésites dans une section, tu freines, tu perds du rythme. Et après la session, tu te dis, demain, il faut que je m'engage plus. Sauf que ça, ce n'est pas un vrai entraînement mental. C'est juste une intention. Et les intentions seules ne tiennent pas longtemps quand ton cerveau entre en stress. C'est pareil en windsurf. Un jour, tu engages, tu accélères fort, tu voles au-dessus du clapot. Tout paraît fluide, facile et évident. Et le lendemain, même spot, même matos, mais tes sensations sont complètement différentes. Tu te crispes, tu retiens, tu sur-contrôles, et souvent tu ne comprends pas pourquoi. Parce qu'en réalité, rien n'est stabilisé intérieurement. Tu fonctionnes uniquement aux sensations du jour. Et ça, ça crée énormément d'irrégularité. Alors le gros déclic, c'est de comprendre que le mental fonctionne comme une compétence, pas comme une motivation. Et une compétence, ça se construit. C'est comme un trick, comme un geste technique, comme un start, comme un virage coupé, ou un jibe par exemple. Quand tu bosses un mouvement en BMX, un manual ou un saut, qu'est-ce que tu fais ? Tu ne te contentes pas de vouloir le réussir. Tu décomposes, tu travailles le timing, les appuis, la vitesse, la posture, la répétition. Ton mental doit suivre exactement la même logique. Et beaucoup de riders attendent que le mental apparaisse naturellement. Comme si finalement la confiance devait tomber du ciel. Alors qu'en réalité, les meilleurs athlètes préparent énormément leur état intérieur. Prenons un exemple en ski de compétition. Un skieur qui prépare une manche importante ne fait pas juste un repérage technique. Il prépare aussi son état mental. Avant le départ, il sait où il doit être agressif, où il doit respirer, où il doit relâcher, où il doit rester patient. En fait, il prépare ses intentions, il prépare son focus. Il prépare même parfois les réactions qu'il veut avoir si quelque chose ne se passe pas exactement comme prévu. Donc quand il arrive dans le portillon, il ne découvre pas la situation. Son cerveau a déjà commencé à la vivre. Et ça change énormément de choses. Parce que la différence entre les riders qui progressent mentalement et ceux qui stagnent, c'est souvent ça. Les uns improvisent quand les autres préparent. Alors si on analyse un peu plus tout ça, on observe toujours ce phénomène. Et je suis sûr que tu l'as forcément déjà vécu. Un jour, tout est simple, tu engages, tu ne réfléchis pas, tu es relâché. Le timing est naturel. Et parfois même, tu te demandes pourquoi tu n'es pas toujours comme ça. Puis, deux jours après, plus rien. Tu surpenses, tu hésites, tu perds ton flow. Pourquoi ? Parce que beaucoup de riders fonctionnent uniquement à l'état émotionnel du moment. Et pas du tout avec une structure stable. Reprenons le windsurf. Il y a des jours où le vent est parfait, tu es détendu, tu te sens fort, ton cerveau est disponible. Donc tout paraît facile. Mais dès que le plan d'eau devient chaotique, Que tu tombes une fois violemment, que tu prends un peu plus de peur, ou que tu te mets de la pression avec une compétition par exemple, et bien là tout change. Parce qu'il n'y a pas de fondation mentale solide. C'est pareil en BMX Race. Quand la confiance est haute, le pilote attaque. Mais dès qu'il se fait peur sur une section pro par exemple, et bien son engagement peut s'effondrer pendant plusieurs sessions. Et lui il pense, j'ai perdu confiance. Mais souvent, il n'avait simplement pas construit de stabilité mentale. Il fonctionnait sur un équilibre fragile. Et dès qu'un élément perturbateur arrive, tout bouge. Les grands riders, ce n'est pas ceux qui n'ont jamais peur. Ce sont souvent ceux qui savent revenir plus vite à un état émotionnel stable. Et ça, ça se travaille. Alors on l'a vu, si tu veux réellement progresser mentalement, il te faut une structure. Et cette structure, elle se repose sur trois piliers. Déjà, la clarté. Parce que la plupart des riders disent « j'ai un blocage » . Ok, mais... Ils ne savent pas précisément quand est-ce qu'il apparaît, ce qu'il déclenche, ce qu'ils ressentent vraiment, ce qu'ils pensent, et même ce qui change dans leur corps. Et du coup, sans clarté, c'est impossible d'agir précisément. En ski, par exemple, un compétiteur peut croire qu'il manque de technique dans un mur glacé, alors qu'en réalité, son problème principal, c'est peut-être une crispation liée à quelque chose du passé, un regard qui se fige et qui analyse mal. Ou une perte d'engagement après une faute. En fait, avoir de la clarté sur ce qui se passe, ça change tout. C'est aussi nécessaire d'avoir des outils précis. Le mental, ce n'est pas juste se motiver. Ça, c'est beaucoup trop vague. Il faut des outils concrets. Par exemple, savoir où placer et comment placer son attention. Savoir respirer pour faire redescendre la tension. Savoir visualiser correctement. Savoir reconstruire une référence positive. Savoir réagir après une erreur. Prenons à nouveau un rider BMX avant une manche. Au lieu d'arriver avec un cerveau qui part dans tous les sens, parce qu'il est capté par le public, parce qu'il analyse ce que vient de lui dire son coach. Donc au lieu d'arriver avec les pensées qui se baladent, il peut avoir une routine mentale précise, toujours la même, qui peut passer par la respiration, la visualisation, un travail sur les intentions, sur le focus. Et petit à petit, le cerveau associe cette routine à un état de performance. Ça devient extrêmement puissant. Et puis ce qui compte, c'est la répétition. Et ça, c'est probablement le plus important. Parce que beaucoup de riders découvrent des concepts, mais ne les répètent jamais assez. Donc rien de sang. Car le cerveau apprend par répétition. Comme le corps. Tu ne deviens pas solide techniquement en réussissant une fois un passage, tu deviens solide en le répétant. Et bien le mental suit exactement les mêmes règles. Et c'est là que beaucoup se perdent. Parce que construire ça seul, c'est beaucoup plus compliqué qu'on peut le penser. Pourquoi ? Parce que... Quand tu es dans l'action, tu manques énormément de recul, tu interprètes mal ce que tu vis, tu confonds parfois même peur et fatigue, manque de confiance et surcharge mentale, problèmes techniques et tensions émotionnelles, et du coup, beaucoup de riders appliquent des solutions génériques. Ils se disent, il faut juste envoyer, il faut être plus confiant, il faut arrêter de réfléchir, mais ça, ça ne fonctionne pas durablement parce que le problème est souvent bien plus profond. Ça, c'est juste de la pensée positive, mais ce n'est pas si simple que ça. Prenons l'exemple d'un rider en fold qui bloque dans le vent fort. Souvent, il pense « je manque d'engagement » . Et parfois, le vrai problème, c'est une mauvaise expérience passée, un système nerveux en surcharge, une anticipation négative, des images mentales de chute qui sont répétées. Et tant que ça ne s'est pas identifié correctement, il continue de tourner en rond, en faisant beaucoup d'efforts, mais dans la mauvaise direction. Alors, à partir du moment où tu comprends tout ça, tu ne vois plus tes sessions de la même manière. Tu ne cherches plus seulement à envoyer plus fort, tu cherches à construire quelque chose de stable, une manière de fonctionner, un état, des automatismes mentaux solides. Et là, l'entraînement change complètement. Parce que chaque session devient une occasion d'observer, d'ajuster, de renforcer les bons schémas, de construire progressivement une stabilité intérieure. Et c'est ça qui rapproche réellement un rider de son plein potentiel. Pas juste l'intensité. La qualité de ce qu'il construit mentalement. On en reparle très vite. Merci d'avoir écouté Glisse Intérieur. Si cet épisode t'a aidé ou inspiré, n'hésite pas à le partager, à t'abonner et à laisser une note. On se retrouve très vite pour continuer à explorer la puissance mentale dans l'esprit de Glisse. D'ici là, concentre ton esprit et garde le flow.