- Speaker #0
Bienvenue sur GoodVisa, le podcast voyage. Aujourd'hui, partez à l'aventure avec Caro et Fred. Ils voyagent ensemble depuis plus de 15 ans. Dans cette première partie, on aborde leur tour du monde en sac à dos, leurs expériences de volontariat au Cambodge et au Pérou, la vie en van à travers l'Europe et leur road trip jusqu'en Inde. On va aussi parler des rencontres bouleversantes qu'ils ont eues en Iran et au Pakistan. Cet épisode est une invitation à parier sur vous. Je m'appelle Camille et je vous souhaite une bonne écoute, ou plutôt un bon voyage. Bonjour à tous, bonjour à toutes, bonjour Caro, bonjour Fred.
- Speaker #1
Salut Camille.
- Speaker #0
Alors, vous avez passé presque la moitié de votre vie ensemble, ça fait 18 ans que vous vous êtes trouvés, et depuis en fait votre vie ça a été un... Un enchaînement de folles aventures, d'expériences uniques et de rencontres, puisque si on regroupe un petit peu tout, alors dans la chronologie plus ou moins exacte, mais vous avez passé en tout 4 ans de votre vie dans les Caraïbes, vous avez fait un tour du monde sur un an, 3 ans de road trip en van à travers l'Europe et l'Asie, vous avez fait un voyage en 4x4 en Afrique australe, mais vous êtes aussi allé au Proche-Orient, vous avez fait 3000 km à pied en Nouvelle-Zélande, plus de 14 000 km à vélo de la France jusqu'à la Malaisie et tant d'autres aventures. Et aujourd'hui, vous êtes en Inde pour un tout nouveau projet. Quand vous entendez tout ça, comment vous pourriez résumer, je vais vous demander à chacun de faire l'exercice, en deux mots, ces 15 ans d'aventure ?
- Speaker #2
Moi, je trouve que c'est fou. Ça va faire beaucoup plus que deux mots, mais j'ai du mal à réaliser qu'on a fait tout ça et en même temps, je crois que c'est comme ça qu'on est heureux.
- Speaker #0
Donc, fou et heureux. Oui, voilà.
- Speaker #1
C'est un enchaînement de rêves qu'on a réalisés. Et que des fois, j'ai encore du mal à y croire. Et quand on écrit nos histoires ou quand on revoit les photos, tout redevient réel et c'est assez fou.
- Speaker #0
Et c'est effectivement fou. Donc, on pourrait dire pour toi, ça serait l'enchaînement de rêves. Et donc, on va revenir sur tout ça. On va d'abord se focaliser sur un gros bloc. Donc, ce premier épisode, ça va être un gros bloc de... ces différentes aventures autour du monde. Et on se le disait avant en off, en fait, j'aurais pu faire une saison dédiée à votre vie et vos 15 ans d'aventure et faire un épisode dédié à chaque bloc. Donc, c'est pour préparer l'audience qu'on va essayer de passer dans l'essentiel chacun de ces blocs d'aventure. Et on fera une autre partie sur l'Inde puisque vous avez une relation quand même très particulière et toute une histoire avec ce pays. Mais donc là, si on rembobine un petit peu, ça a quand même commencé déjà par votre rencontre. Est-ce qu'on peut vous poser la question de comment vous vous êtes rencontré ? Parce que ça fait déjà 18 ans et en fait plus de 15 ans de voyage dans tout ça, donc presque la moitié de votre vie ensemble. Donc où est-ce que vous vous êtes rencontré ?
- Speaker #2
Alors, on s'est rencontré parce que moi, pour être honnête, je suis l'ex du meilleur ami de Doudou. Voilà. Donc, on s'est rencontrés comme ça, en Mayenne. Et il a fallu que tous les deux, on se sépare de nos amoureux et amoureuses, qu'on aille à un festival de musique qui s'appelle les Papillons de nuit. On arrose un petit peu tout ça, il faut le dire. Et que finalement, on tombe sous le charme l'un de l'autre. Et depuis, on ne s'est plus quittés, quoi.
- Speaker #1
C'est très mal raconté.
- Speaker #2
Du coup, c'est la vérité.
- Speaker #1
Oui, c'est la vérité. On est tous les deux originaires de... Non, moi, je ne suis pas originaire de la Mayenne, mais on s'est rencontrés en Mayenne. Il faut savoir qu'elle était séparée de mon meilleur ami quand on s'est mis ensemble.
- Speaker #0
Oui, j'aime bien la précision.
- Speaker #1
Voilà, je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïté.
- Speaker #0
Mais en tout cas, les papillons de Nice, je trouve ça incroyable comme début de rencontre. Et donc, vous l'expliquez sur vos réseaux parce que vous êtes connus avec votre compte Cascades et Baskets. Vous êtes partie en fait, vous expatriez en Guadeloupe. Alors ça a été entrecoupé d'aventures mais vous y avez passé en tout 4 ans. Qu'est-ce qui fait qu'on décide de s'expatrier dans les Caraïbes ?
- Speaker #2
Alors en fait moi je crois que j'avais, comment dire, la vie en France. Un peu ce côté aussi un peu routinier et tout, je crois que ça ne me plaisait plus. Je sentais que j'étais arrivée au bout d'un truc. Je parlais déjà à Doudou d'un tour du monde ou de partir. Et en fait, d'abord, on s'est dit, on tente notre chance dans les Caraïbes. En Guadeloupe, il y a déjà le climat qui est plus sympa. Et puis on voit de tout quitter et de recommencer à zéro. On voit qu'on va peut-être partir trois mois, quatre mois, on n'en sait rien. On part et on verra. Et en fait, c'était vraiment de quitter une vie qui ne nous correspondait plus pour commencer autre chose.
- Speaker #1
Alors en fait, on s'en est vite rendu compte finalement. Parce qu'on a commencé à travailler tous les deux. On avait tous les deux un CDI. Et en fait, très rapidement, on s'est dit, notre vie ne peut pas ressembler à ça. Enfin, ça ne nous correspondait pas. Et première chose, on va en Guadeloupe tenter notre chance là-bas. Évidemment, il y avait une petite envie de soleil.
- Speaker #2
Oui, clairement. Parce qu'on vient de la Mayenne, je répète. Le climat n'est pas un atout du département. Et ouais, après...
- Speaker #1
Mais ça restait dans l'idée que ça soit un premier pas avant un tour du monde. On avait déjà l'idée du tour du monde en tête.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #0
Et pourquoi la Guadeloupe et pas la Martinique ou un autre endroit des Caraïbes ?
- Speaker #1
Alors, moi, j'ai un des frères de mon père, donc un oncle qui habite en Guadeloupe et qui nous a beaucoup facilité, en fait, notre arrivée là-bas. Et c'est la seule et unique raison en vrai. Oui. Parce que ça aurait pu être la Martinique ou la Réunion, on y avait pensé aussi. On s'est dit la Guadeloupe, c'était quelque part un peu la facilité pour nous.
- Speaker #0
Facilité, c'est quand même pas non plus tout le monde qui déciderait de tout quitter pour aller s'installer dans les Caraïbes. Mais il me semble aussi que c'est de là que vient ce fameux surnom doudou que vous utilisez beaucoup sur les réseaux.
- Speaker #2
Bah ouais, on l'utilise tout le temps en fait. C'est Doudou et Doudou. Ça vient vraiment de là-bas parce que là-bas, Doudou, c'est chéri, quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est le surnom pour les chéris. Et au final, quand tu ne m'appelles pas Doudou, c'est qu'il y a un problème.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Donc quand même, on peut dire, j'imagine, que dès le début, vous vous êtes bien trouvés parce que vous avez senti que le voyage allait être un socle hyper important dans votre couple et que ça ne vous correspondait plus votre vie ensemble.
- Speaker #2
Vous avez senti dès le début que vous étiez bien trouvés. En fait, je crois qu'on s'est mis ensemble et c'est comme si ça ouvrait le champ des possibilités.
- Speaker #1
On dit souvent qu'on se met des petites barrières de peur, de la peur de se lancer. Et c'est vrai, le jour où on s'est mis ensemble, on a fait sauter toutes les barrières. C'est vraiment ce qui nous a propulsés dans l'objectif de réaliser nos rêves.
- Speaker #0
Et du coup, en parlant de rêve, c'est donc en 2014 que vous êtes lancé pour un tour du monde. Et vous aimez bien répéter, que ce soit sur votre compte Instagram ou même sur votre blog, qu'en fait, niveau voyage, vous étiez quand même avec une expérience, on va dire, de débutant, où il y avait quelques séjours familiaux en Inde de par ta famille frêne. Mais que rien ne vous prédestinait à se dire, OK, nous, on n'a pas une famille de baroudeurs, on n'a pas passé notre enfance à voyager, mais vous vous êtes dit, let's go.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Je fais bien de le remarquer dans le sens où nos familles, ce n'est pas des voyageurs.
- Speaker #2
Non,
- Speaker #1
non. Dans l'ensemble. Moi, je faisais des allers-retours en Inde depuis petit pour voir la famille du côté de mes parents. Mais à part ça,
- Speaker #2
j'ai peur. Moi, ça se résumait à des vacances juste en France. Et l'ouverture que j'avais sur le monde, c'était vraiment... Par contre, mon père regardait beaucoup d'émissions de voyages. Ça, là, ça, envoyé spécial. Et j'en passe. Et ça a été juste ça, la petite fenêtre que j'avais. Mais on ne voyageait pas en dehors de la France très peu. Pas du tout.
- Speaker #0
Mais j'aime bien que tu le soulignes parce que ça montre aussi que c'est une autre façon de voyager. Peut-être que oui, tes parents ne partaient pas constamment à l'autre bout du monde, mais peut-être que mine de rien, le fait que tu vois tout le temps ces émissions, ça a quand même apporté aussi sa petite graine d'ouverture sur le monde. Et c'est un petit peu ça aussi le podcast, de se dire qu'on peut voyager différemment en écoutant le podcast sans forcément partir tous les 3-4 matins. Et du coup, dans votre parcours, vous avez choisi de prendre, un petit peu comme Laura que j'ai interviewée dans un autre épisode, des billets spécifiques tour du monde. Vous avez pu aller, donc j'ai la liste sous les yeux, vous me direz si je me trompe, vous êtes passé de Paris jusqu'à Dubaï, puis après en Inde, ensuite vous êtes passé par la Thaïlande, le Laos, alors il y a des endroits où c'était par la terre avec par exemple le Cambodge, ensuite le Japon, ensuite la Nouvelle-Zélande, ensuite Santiago, Lima avec le Pérou, l'Argentine, le Brésil, et ensuite vous avez fini par rentrer sur Paris. Est-ce que c'est ça pour la big... picture, on va dire.
- Speaker #2
C'est tout à fait ça, ouais, ouais, ouais.
- Speaker #0
Et est-ce que vous aviez des pays qui vous attiraient en particulier avant de vous lancer ?
- Speaker #2
Alors, très honnêtement, on n'a pas de pays dont on rêve vraiment. Tu vois ce que je veux dire ? Il n'y en a pas un où on s'était dit, là, je peux vraiment y aller. On avait juste envie d'y aller, d'aller voir ce qui se passe ailleurs.
- Speaker #1
Au fur et à mesure du podcast, on prend des décisions de voyage. Des fois, il n'y a rien de très cohérent. Même là, ce tour du monde, en soi, on n'a pas tant réfléchi à comment on le faisait, où est-ce qu'on allait. On s'est dit, on fait un tour du monde, on peut passer par l'Inde. Je sais que j'avais très envie d'aller au Japon aussi. Entre l'Inde et le Japon, il y avait l'Asie du Sud-Est. On va découvrir un peu là-bas. Mais c'est vrai qu'on n'a pas pris beaucoup de renseignements avant de partir. Non,
- Speaker #2
on ne prend pas de renseignements. On y va et on voit de nous-mêmes.
- Speaker #0
Donc, ça peut peut-être rassurer des gens qui se disent « Oh là là, mais se lancer dans un tour du monde, il va falloir des mois et des mois de préparation. » Bon, il y en a qui partent et qui improvisent aussi. Et ça se fait tout à fait.
- Speaker #1
Oui. C'est que ça.
- Speaker #2
C'est que de l'improvisation. Très peu de préparation.
- Speaker #0
J'adore parce que dans mes proches, quand je parle du podcast, il y en a plein qui me disent mais moi, je n'oserais jamais me lancer là-dedans. Et de par toute l'organisation, toutes les questions qu'il peut y avoir. Donc, merci de souligner ça. Et quand vous repensez à ce tour du monde, c'était à peu près il y a plus ou moins dix ans. Est-ce que, parce que là, ça va être compliqué, j'imagine, de le résumer en quelques mots. mais quand vous y pensez Chacun, si vous pouvez me donner votre réponse, est-ce qu'il y a deux, trois images qui viennent en premier ?
- Speaker #1
Moi, j'ai envie de dire, comme on n'était pas beaucoup préparés, j'ai envie de dire vraiment débutants, dans le sens où sac beaucoup trop lourd, on essayait de prendre des fois des transports en commun, où j'ai une image de Caro, on prend le train en Inde, on n'achète pas les bons petits pieds, on se retrouve dans un wagon bondé, où on n'arrive pas à rentrer, Caro elle reste là. accroché à la porte, le train est pas, enfin, il est grand n'importe quoi, mais en fait, moi, ce tour du monde, j'ai envie de dire, c'est apprentissage, débrouille et quand même volontariat.
- Speaker #2
Ouais, ouais, ouais, je suis assez d'accord dans le sens où, quand on est parti pour ce tour du monde, au bout d'un mois en Inde, j'ai dit à Doudou, mais en fait, pourquoi on part ? Qu'est-ce qu'on veut vraiment faire ? Parce que moi, j'ai pas envie juste de faire des sites. touristiques et d'aller de pays en pays juste en me disant dans ces sites-là, j'ai envie de faire autre chose. Et à ce moment-là, on rencontre un couple de Brésiliens qui nous parlent du site Workaway pour faire du volontariat. Et en fait, on va faire du volontariat à peu près dans tous les pays où on est passés. Beaucoup dans des cafés d'ailleurs. On a beaucoup travaillé dans différents cafés, mais aussi dans des orphelinats, dans des parcs animaliers. On a fait et en fait, tout a pris. pris du sens à partir de ce moment-là. On a très vite compris que dans le voyage, nous, ce qui nous nourrissait, c'était avant tout les rencontres et les expériences plutôt que les paysages, les sites touristiques et les choses comme ça.
- Speaker #1
Je crois que sur les 12 mois de voyage en cumulé, on a dû faire entre 6 et 7 mois de volontariat.
- Speaker #0
Wow, impressionnant. Et c'est faux que vous reparliez de Workaway, parce que Nata et Vince, que j'ai interviewés, qui sont sur les routes depuis 4 ans en moto, ils faisaient beaucoup ça aussi avec Workaway. Donc je remettrai le lien pour les gens s'ils veulent aller creuser. Et ça m'intrigue beaucoup quand tu dis Orphelina, vous avez fait ça dans quel pays ?
- Speaker #1
Alors, on a eu beaucoup de chance, j'ai envie de dire, parce qu'on était au Cambodge à ce moment-là. on s'était quand même arrêté au niveau de... de Semri pour visiter les temples dans le Korwat. Et après, honnêtement, on n'avait pas de plan. On ne savait pas quoi faire au Cambodge. Et sachant que notre premier tour du monde, on va dire, on n'avait vraiment pas les moyens. On cherchait vraiment des coins où dormir, pas cher, ou sinon, les volontariats, ça servait à ça aussi. Et là, on avait trouvé un volontariat, mais il ne nous bottait pas du tout. C'était sur le bord de mer, en sud de Cambodge.
- Speaker #2
Oui, ça s'appelait Sianouville. C'est genre connu pour la fête,
- Speaker #1
la grossesse des étrangers. Honnêtement, on n'était pas du tout là-dedans. Et on s'est dit, on n'a trouvé qu'un volontariat là-bas, on va y aller, mais on y allait vraiment à contre-cœur. Et pendant qu'on était à Siem Reap, on reçoit un message sur le site Workaway, parce qu'en fait, les gens qui accueillent sur Workaway peuvent aussi envoyer des messages s'ils ont besoin d'aide. Et là, c'est M. Kim qui nous envoie un message sur Workaway. C'est le seul et unique message qu'on a reçu sur Workaway et qui nous demande, on a besoin d'aide, on a un orphelinat, on est au Cambodge, pas très loin de la capitale. Et il nous dit, est-ce que vous pouvez venir ? Mais on a répondu, mais oui, tout de suite, on arrive. Parce qu'en plus, c'était un appel à l'aide, entre guillemets. C'est pas refusable pour nous.
- Speaker #2
On sentait que c'était un peu dans l'urgence. Et on s'est dit, de toute façon, qu'est-ce qu'on a à perdre ? Rien, quoi.
- Speaker #1
C'était vraiment dans un village un peu paumé. Mais l'expérience était complètement dingue.
- Speaker #2
Ouais, en fait, pour en dire juste un petit peu plus sur cette expérience, on est donc tombé sur Monsieur Kim, qui est un monsieur handicapé de naissance. C'est ça, il n'a plus de bras, plus de jambes. Il est en fauteuil.
- Speaker #1
Il avait juste un seul morceau d'un bras qu'il pouvait utiliser pour attraper des choses.
- Speaker #2
Voilà, et en fait, lui, il a eu une enfance ultra difficile où en gros, son père l'a rejeté. Il a été éduqué par ses grands-parents à l'école avec son handicap, on ne voulait pas de lui. Et il a tout appris en restant à l'entrée des classes, en écoutant les cours comme ça. Et il a très vite compris que l'anglais était méga important pour communiquer avec d'autres. Et en fait, de toute cette expérience de vie, il s'est dit qu'au Cambodge, il essayait de faire des choses pour les enfants qui avaient des problèmes. des choses pas faciles pour pouvoir éduquer certains enfants, pour ne pas avoir accès à cette éducation, qui habitent soit dans des coins trop reculés, qui n'ont pas les moyens. Donc, ce n'était pas un orphelinat dans le sens où les enfants, ils avaient tous leurs parents, mais ils venaient dans cette petite baraque pour étudier, en fait, et pour aller à l'école, et pour étudier l'anglais en plus.
- Speaker #1
Et il y en avait 10-15 qui restaient dormir sur place parce que soit les parents habitaient trop loin, et où les parents n'avaient pas les moyens de les élever, tout simplement.
- Speaker #0
Et vous êtes restés combien de temps ?
- Speaker #1
On est restés deux semaines, en fait. Ça a été un moment où on a pu apporter quelques petits cours d'anglais, mais il y avait beaucoup, beaucoup à faire sur le terrain, en fait. Beaucoup d'aménagements, beaucoup d'aménagements du terrain, le jardin.
- Speaker #2
Il y avait du confort à apporter, en fait, au-delà du fait que moi, c'est ce que j'ai dit à M. Kim, je l'ai dit franchement. Je ne suis pas bilingue. L'anglais, ce n'est pas ma langue maternelle. Et je trouvais que j'avais encore trop de lacunes. C'était le début du tour du monde. On ne va pas se mentir, à cette époque-là, en France, apprendre l'anglais, on n'était pas au top. Enfin, de mon côté, du coup, et bien meilleur que moi. Et du coup, on a plutôt apporté une aide au point de vue de l'aménagement de la maison pour les enfants, essayer de leur apporter un peu plus de confort et qu'ils soient un peu mieux, dans des meilleures conditions, on va dire.
- Speaker #1
Oui, c'était vraiment impressionnant de voir la La discipline et la gentillesse des enfants qui dormaient à l'étage. En fait, c'était un bâtiment où il y avait un étage, il y avait trois chambres et dans chaque chambre, il y avait cinq, six lits. Monsieur Kim ne pouvait pas monter les escaliers, donc lui, il restait en bas. Et quand on est arrivé sur place, la personne qui nous a accueillis là-haut, elle avait 11 ans, je crois que c'était la personne la plus âgée dans les enfants. Et c'était clean, mais à un point, c'était propre. Et tu te dis, il n'y a pas un adulte qui monte à cet étage. je ne sais pas Quand nous, on est arrivés là-dedans, ça nous a... J'étais choqué, tout simplement, j'étais choqué de la discipline, du respect qu'ils avaient entre eux et de la connaissance, de la chance qu'ils avaient d'avoir Monsieur Kim et d'être là, quoi.
- Speaker #0
Et est-ce que c'est pas bouleversant, même si c'était voilà, deux, trois semaines ? Donc, tu disais, Caro, que tu voulais pas être là juste à voyager, faire... Faire les sites touristiques. Alors après, il y a des gens pour qui ça correspond, ce type de voyage, et on n'est pas du tout là pour dire c'est mieux de faire ci ou de faire ça. Mais donc, j'imagine que plus vous faisiez ce genre d'expérience, plus vous trouviez du sens, comme tu disais, Caro. Et en même temps, je me dis, ça doit être quand même assez chamboulant d'enchaîner ce type d'expérience-là.
- Speaker #2
Ah bah oui, moi, j'ai tellement pleuré. Je crois que ça m'a beaucoup endurci aujourd'hui.
- Speaker #1
Endurci, je ne sais pas. C'est accepter ces émotions-là.
- Speaker #2
Oui, parce que c'est vrai que tout allait tellement vite, les connexions, les histoires de vie incroyables. Et on se donnait les uns aux autres tout en tellement peu de temps. Et on faisait partie des familles très vite. Et quand ça allait partir, le cœur sur Miette, ça a été des moments très forts en émotions. Et c'est vrai que moi, ça m'a appris à gérer un peu tout ça aussi. mais c'était... Ça nous a tellement apporté ces expériences-là, surtout qu'on avait quel âge ? 24 ? 25 ?
- Speaker #1
Oui, c'est un déchirement à chaque fois. Je ne sais plus qui c'est qui m'avait dit ça. On ne se reverra peut-être jamais, mais aujourd'hui, je sais que tu existes.
- Speaker #0
J'en ai des frissons aussi. Je me demande si ce n'est pas Rendez-vous en Terre inconnue avec Frédéric Lopez qui a dit ça parce que c'est une grande source d'inspiration. J'ai tout de suite pensé à ça. C'est ça,
- Speaker #1
exactement. Cette phrase, elle me marque et j'y pense à chaque fois. Et en fait, ça me fait du bien parce que se dire tout le temps, on va se revoir, je reviendrai te voir et tout, on sait que c'est faux quelque part. Oui. Il y a tellement d'expériences qu'on vit différentes à droite, à gauche. On ne va pas revoir tout le monde qu'on a croisé aux quatre points du monde. Mais par contre, je sais que ces gens-là, qui sont bienveillantes, gentilles, elles vont accueillir d'autres voyageurs, elles vont être bienveillantes. En fait, ça donne une confiance en l'humanité qui est énorme. Et en fait, ces personnes-là, on sait qu'elles existent. Et ça fait du bien juste de le savoir.
- Speaker #0
J'en ai, voilà, je me répète, mais j'en ai des frissons et j'en suis très, vraiment... Hyper émue aussi parce que je crois que c'est sur un de vos posts Instagram que tu mentionnais ça justement Fred, se dire d'autant plus en ce moment, voilà là on enregistre au mois d'octobre, c'est quand même très compliqué partout dans le monde comme toujours j'ai envie de dire, mais c'est vrai que la période n'est pas facile et se rappeler en fait qu'à travers ces rencontres... personnellement je sais que je vis aussi beaucoup pour ça et de ce que je comprends vous aussi de se dire on retrouve un peu d'humanité dans ces moments où c'est hyper précieux, c'est très court et en fait ça rebooste pour la journée quand on a des rencontres marquantes tellement,
- Speaker #2
c'est tellement ça et ouais et tu fais bien aussi de mentionner cette période un peu particulière là qui nous touche aussi beaucoup mais c'est vrai que par nos expériences on a tellement Ciao ! foi en l'humanité.
- Speaker #1
C'est ça. Plus le temps passe, et moi, je suis quelqu'un d'assez sensible aussi, et j'ai du mal des fois à absorber, en fait, les violences, ce qu'on peut voir par rapport, des fois, à la société, les choses qui ne nous vont pas, et comment les choses évoluent, des fois, ça peut faire peur. Et à côté de ça, en fait, moi, je trouve du bonheur, et vraiment du bonheur à l'étape. pure à la rencontre des gens et à l'humanité en fait. En fait, je ne perds pas la foi en l'humanité et ça, ça me fait vraiment du bien. Et je le retrouve en voyage, mais si souvent qu'en fait, on est accro à ces sensations-là finalement.
- Speaker #0
Et je me permets aussi de rajouter que pour les auditeurs, auditrices qui vont nous écouter, et vous me direz si vous êtes d'accord, même si j'ai quand même ma petite idée, j'avoue qu'au final, on peut les retrouver partout, ces rencontres, ça peut même être... Des simples moments avec nos proches où des fois on se dit, ben voilà, c'est ça qui compte plutôt que tout ce qui est matériel et ainsi de suite. Et de se dire, même par exemple, aller dans un restaurant. Alors je fais la parenthèse 3615 my life, mais j'ai découvert ce week-end un restaurant géorgien. Et en fait, le directeur du restaurant est venu à notre table et nous a beaucoup parlé de son pays, de sa culture. Et ça a duré quoi ? Quelques heures en fait ce passage dans le restaurant. Et j'ai repensé en fait à ce que t'avais dit Fred, et je me suis dit, ben oui, c'est ça, ces interactions où on se dit, je sais que t'existes, je sais que ton pays existe, ta culture existe, et qu'il faut garder foi en l'humanité en fait.
- Speaker #1
C'est vrai, complètement. Et quand on a ouvert notre coffee shop à Lacanau, c'était exactement ce qu'on voulait retransmettre aux gens. J'espère qu'on a réussi, mais avec les retours qu'on a eus de nos habitués, des choses comme ça, en fait, juste prendre le temps. Avec les gens, juste communiquer.
- Speaker #2
S'inquiéter de l'autre. S'inquiéter de l'autre.
- Speaker #1
Le premier degré, lui demander comment il va, même si on ne le connaît pas. Est-ce qu'il y a quelque chose que je pourrais faire aujourd'hui, à l'instant T, pour que tu te sentes bien ? Oui.
- Speaker #0
Et en parlant de café, justement, il me semble qu'une autre expérience de volontariat vous a mis petit à petit sur cette voie.
- Speaker #2
Oui. Alors, à ce moment-là, on a rejoint le continent américain. On est très exactement au Pérou. On est dans un petit village un peu paumé derrière la Cordillère des Andes, près de la forêt amazonienne.
- Speaker #1
Je me rappelle, c'est 8 heures de bus depuis Lima.
- Speaker #2
Oui, 8 heures de bus, c'est ça. Et là, on tombe en volontariat chez un couple métissé. Elle, elle est anglaise, lui-ci, et lui est péruvien. Et en fait, ils ont un petit café dans ce village. Et on commence à faire du volontariat dans ce café. Doudou, toi, tu es au service et moi, je suis aux préparations au début. On se retrouve très vite tous les deux derrière le comptoir. Et très vite aussi, Lucie, elle nous laisse gérer l'endroit. Il y avait deux employés avec nous. Et ça se passe tellement bien qu'un jour, Lucie, elle nous dit « Mais en fait, vous deux, je pense qu'un jour, vous aurez un coffee shop. Vous aurez un café. » Et j'aimerais trop juste la retrouver pour lui dire Lucie, tu avais raison, on l'a fait.
- Speaker #1
On a cherché, mais c'est vrai qu'à cette époque-là, on était beaucoup moins sur les réseaux sociaux. Eux n'y étaient pas du tout. On a essayé de retrouver sur la carte du Pérou. On a retrouvé le village, évidemment, mais on n'a pas retrouvé le... le petit point coffee shop, je sais même pas s'il est encore ouvert. On a envie de lui dire, Lucie, on a ouvert notre coffee shop, on a réussi, ça a fonctionné, t'avais raison.
- Speaker #0
C'est fou. Et en fait, ça, ça fait partie aussi de la narrative, de votre histoire, qu'en fait, vos voyages vous ont construit, vous, en tant qu'individu, en tant que couple, mais aussi par rapport à vos projets persos, en fait.
- Speaker #2
Ah ouais, totalement, en fait. Et avec... Avec Boudou, on aime bien se dire qu'on a toujours plein de projets en tête et qu'en fait, grâce à nos expériences, aux opportunités, on se laisse un peu porter en se disant, il y a un moment, un endroit où ça va être là, là maintenant.
- Speaker #1
D'ailleurs, si je peux rajouter un petit truc, pendant ce tour du monde, on est passés en Nouvelle-Zélande.
- Speaker #2
Ah oui.
- Speaker #1
Et quand on est passés en Nouvelle-Zélande, on a fait trois volontariats là-bas et c'est un pays qui est un peu plus cher. Et sur les un mois et demi qu'on a passé en Nouvelle-Zélande, on a eu une semaine où on n'était pas en volontariat. Et il y avait le temps de route en plus. Et il y a eu juste, pendant qu'on faisait la route d'un volontariat à l'autre, on s'est arrêté quelque part, on a fait une petite randonnée. Et sur cette randonnée, j'ai vu une pancarte « Teararoa » . Et j'ai tapé sur Internet ce que c'était. Et j'ai vu que c'était un des plus grands GR du monde. Et je me suis dit, un jour, on viendra le faire. Et cette idée-là, elle est née aussi pendant le tour du monde.
- Speaker #0
Et toi, Caro, quand tu vois cette rando, tu te dis quoi ? Ok, vas-y, on fonce pour ce nouveau projet plus tard ?
- Speaker #2
Alors, moi, ça reste plus ou moins dans un coin de ma tête. Mais après, j'avoue que j'étais passée à autre chose. Et quand on en reparlera quelques années plus tard, je savais que pour Doudou, c'était genre un rêve de faire une grande randonnée. Et je lui ai dit, bon, allez, let's go ! Mais moi, je me lance sans jamais savoir dans quoi je me lance. Après, je réalise. Mais c'est cool.
- Speaker #0
Et c'est quand même une chance aussi, j'imagine, Fred, d'avoir pu trouver une partenaire qui dit OK à tous tes rêves les plus fous, en fait.
- Speaker #1
Mais tellement, mais tellement. Surtout sur la marche. Moi, je sais que quand on était en Guadeloupe, déjà au début quand on était ensemble, on avait fait des to-do list. Et je ne sais pas pourquoi, moi, j'avais fait un petit tiré, j'avais marché 1000 kilomètres. Je voulais juste... savoir ce que c'était de marcher mille kilomètres, qu'est-ce que ça me ferait et qu'est-ce que ça t'apporterait ça m'apporterait et là il y a 3000 kilomètres en Nouvelle-Zélande et toi c'était pas quelque chose que tu voulais faire forcément mais non j'avais pas trop ça dans ma tête quoi mais finalement je suis trop contente d'avoir fait ça trop
- Speaker #0
bien et donc là on parlait de de café, coffee shop donc ça ça va venir un petit peu plus tard Puisque avant ça, si on passe sur un autre bloc dans vos aventures, donc vous êtes rentré de ce tour du monde, vous êtes reparti ensuite en Guadeloupe pour un petit bout de temps et ensuite vous vous êtes dit bon on a besoin d'une nouvelle dose d'aventure. Donc on va partir en road trip sur la route de la soie pour relier la France à l'Inde par voie terrestre. Donc là on est à peu près en début 2020. Est-ce que, Fred, tu peux nous expliquer pourquoi ce choix de road trip ?
- Speaker #1
Ce choix de road trip, déjà, il est arrivé... Enfin, moi, j'avais un rêve, mais j'avais oublié ce rêve, quelque part. C'était quelque chose... Quand j'étais petit enfant, avec mon grand frère et un de mes tontons, je lui avais dit, j'aimerais trop aller jusqu'en Inde par Ouattara. Elle me disait, oui, on sera dans une Jeep. tous les trois et on traversera les pays de la France jusqu'en Inde et on fera cette route par voie terrestre quand tu seras plus vieux. Et lorsqu'on a fait notre tour d'Europe, parce qu'on a commencé par là en van, on est arrivés, je crois que c'était en Bulgarie. Toi, tu m'as dit, la Turquie, c'est juste là. Et moi, je t'ai dit, quand j'étais petit, j'avais un rêve, c'est d'aller jusqu'en Inde par voie terrestre. Et c'est Caro qui m'a dit, let's go, c'est le moment de le faire. Mais comme... On avait démarré, entre guillemets, la van life, comme d'habitude, complètement à l'arrache. C'est-à-dire qu'on était en Guadeloupe, on a acheté un van sur le Boncoin, on ne l'a pas vu. On rentre de Guadeloupe en septembre 2017, on se marie.
- Speaker #2
Oui, on se marie.
- Speaker #1
Et en octobre 2017, on prend la route. C'est-à-dire qu'on a acheté un van qui était déjà aménagé, mais complètement ghetto.
- Speaker #2
Oui, il était aménagé vraiment, enfin, pas très confort, quoi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais on est partis pendant un an en Europe comme ça. Et on s'est rendu compte que ce n'était pas possible parce que l'hiver, il y a tout qui gelait à l'intérieur. On n'avait pas d'eau, on n'avait rien. On s'est dit, mais ce n'est pas possible. Heureusement qu'on a la couette de mamie là pour ne pas mourir sur la mine. Et du coup, on s'est dit, on va aller jusqu'en Inde. Mais d'abord, on rentre en France, on réaménage le van et après, on repart.
- Speaker #1
Oui, parce que aussi, pour avoir, pendant ce voyage en Europe, on avait rencontré beaucoup de voyageurs en van et on a vu ce qu'il était possible de faire. pour aménager son véhicule. Et on s'est dit, en plus, ça nous fera une expérience supplémentaire. Donc, let's go, quoi. On rentre en France, on enlève tout ce qu'il y a dans le van et on le refait de A à Z pour qu'il nous corresponde plus et qu'il corresponde plus à cette route juste en l'un.
- Speaker #0
Oui, parce que pour nous, c'est le début d'Instagram, ça aussi, le Tour d'Europe. Et en fait, avec le van, ça a pris un petit peu déjà dès le départ et on a vite rencontré pas mal d'autres personnes qui voyageaient en van via les réseaux sociaux. On avait même créé un groupe à l'époque, les Nouveaux Nomades. Enfin, c'était super. On a organisé un festival en rentrant en France, le premier Van Life Fest.
- Speaker #1
Oui, le premier festival du van aménagé, comment dire, pas pro quoi, du van aménagé par nous-mêmes.
- Speaker #0
Oui, avec l'ICTF, enfin, c'était plein d'expériences. Et après, on a pris la route pour l'Inde.
- Speaker #2
Quand vous repensez à cette Van Life, comme tout à l'heure qu'elles sont, est-ce qu'il y a peut-être un moment qui vous revient en tête comme ça ?
- Speaker #1
Waouh ! Alors ouais, c'est trois ans et demi de notre vie. On va être sûr que je pense qu'on a appris plutôt à vivre simplement, je veux dire, genre dans un petit espace, à vivre tous les deux vraiment H24 dans un petit espace, à savoir cuisiner avec pas grand-chose, ouais, avoir une vie simple quoi.
- Speaker #0
Quand là on était en van, on avait zéro plan. Et en fait, ça nous a donné beaucoup de temps, très précieux. Et ce temps-là, on s'est rendu compte qu'en fait, on a développé des compétences. On a développé des sticks qu'on ne s'imaginait pas. Genre, quand on s'est mis à écrire, on s'est rendu compte qu'on adorait ça. Raconter les histoires, écrire, la photo, plein de choses qui nous ont passionnés petit à petit et auxquelles on n'aurait jamais consacré de temps avant. La vanlife nous a appris que c'est des choses qui... qui nous plaisait énormément, en fait.
- Speaker #1
J'ai quand même une autre réponse aussi à donner. C'est que je trouve que le voyage en van, tu passes par les frontières terrestres et tu te rends compte du point commun qu'il y a entre les pays, tu vois. C'est vachement moins dépaysant que de prendre un avion, d'atterrir quelque part et de te prendre, tu sais, dans...
- Speaker #0
Une vague,
- Speaker #1
ouais. Une vague de cultures différentes, tout d'un coup, quoi. Là, tout se fait progressivement et tu te rends compte qu'il y a plein de choses qui sont liées, en fait, entre les pays. comprend aussi beaucoup mieux certaines choses.
- Speaker #2
Et aussi cette idée que tout ne se coupe pas brutalement aux frontières.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est vraiment ça, je pense.
- Speaker #0
C'est exactement ça. Et puis en plus, avec toutes les populations qu'on a rencontrées qui vivent entre deux pays, c'est encore plus le cas. Que ce soit les Kurdes, les Balouches, c'est encore plus le cas dans le sens où c'est la même population d'un côté ou de l'autre de la frontière. Tu te rends compte que même les langues sont un peu connectées les unes aux autres, les cultures sont connectées les unes aux autres, et ça a beaucoup plus de sens que le trait qu'on a fait sur une carte.
- Speaker #2
Et tu parlais quand même, avant de passer au bloc suivant avec la route sur la soie, tu mentionnais, Fred, que c'est à partir de ce moment-là que vous êtes lancé sur les réseaux. Est-ce que vous pouvez quand même peut-être expliquer pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas, pourquoi ce choix de casquettes et baskets ?
- Speaker #0
Wabaaah ! Au tout début de notre aventure, dans notre van, on avait que dalle. Et par contre, j'avais une dizaine de casquettes. Caro avait bien une dizaine de baskets. On était vraiment... Moi, j'étais accro aux casquettes, c'était mon truc.
- Speaker #1
Oui, parce qu'à ce moment-là, tu n'avais pas de coupe de cheveux très définie. Et la casquette, ce que permet d'assumer ta personnalité. Non, mais oui, en plus, on a toujours beaucoup aimé, j'avoue, la mode et tout. Et la casquette basse. Ça nous définissait un petit peu dans nos personnalités aussi. Et on est resté là-dessus. Maintenant, on pourrait être doudou et doudou.
- Speaker #0
Oui, ça, c'est resté. C'est les origines.
- Speaker #1
Oui, c'est les origines.
- Speaker #2
Mais oui, on n'oublie pas d'où on vient.
- Speaker #0
Mais tu fais bien de demander parce que c'est vrai que ça n'a aucun sens. Caskette et basket, c'est des choses.
- Speaker #1
Tout le monde s'appelle road trip, trip machin, family truc. Nous, c'est casquette, basket, quoi.
- Speaker #2
Mais voilà. Ça définit qui vous êtes et ça fait votre originalité. Et donc vous le mentionnez, dans cette vanlife, c'est là qu'a commencé à germer aussi ce projet de partir en Inde. Et donc début 2019, vous vous êtes dit, on va partir direction l'Inde par la voie terrestre. Et vous avez choisi de partir comment ?
- Speaker #0
Alors là, on a repris le van et on s'est dit, on va traverser l'Europe assez rapidement, entre guillemets, pour rejoindre la Turquie et après commencer notre voyage au-delà des frontières de l'Europe. Et après, ça s'est construit petit à petit, l'itinéraire.
- Speaker #1
Oui, en fonction des rencontres, en fonction des possibilités aussi, des frontières. Mais oui, du coup, la seule chose qu'on savait quand même, c'est qu'on voulait passer par l'Iran.
- Speaker #0
Oui. Alors l'Iran, c'est un pays qui nous attirait énormément des retours qu'on avait d'autres voyageurs qui l'avaient fait. Mais on s'était aussi dit que c'était une route incontournable si on voulait rejoindre l'Inde par voie terrestre. Parce que passer par la Chine, c'était quasiment infaisable financièrement. Et voilà, on s'est dit qu'on passerait par l'Iran, le Pakistan pour arriver en Inde.
- Speaker #2
Et là, tu parles effectivement de finance. C'est vrai que des gens vont peut-être se demander au cours de cet épisode, je me permets la parenthèse si c'est OK pour vous, mais comment ils faisaient en fait financièrement pour tous ces projets ?
- Speaker #1
Alors, financièrement, en fait, on a beaucoup fait sur nos petites économies, sachant qu'en vanne, très clairement, la principale dépense, c'est vite l'essence finalement. et en fait On a aussi eu l'opportunité d'écrire des articles pour un magazine spécialisé dans ce qui est van et camping-car, qui s'appelle Van Life Mag. Ces petites piges qu'on faisait pour ce magazine, ça nous permettait aussi de rentrer un petit peu d'argent.
- Speaker #0
Ça nous suffisait quelque part. On peut vraiment dire que quand on est en voyage, on dépense, mais pas beaucoup d'argent. Quand on était en van, c'était le carburant qui était la principale source de dépense. Mais à partir du moment que tu es en Turquie, en Iran, on n'en parle même pas, mais le carburant ne coûte plus rien non plus. En fait, on se rendait compte qu'on ne dépensait que très peu. Et c'est ce qu'on dit aux gens souvent. En général, quand on est en voyage, on dépense beaucoup moins que quelqu'un qui vit sa vie en France, par exemple.
- Speaker #1
Après, sachant que nous, on n'a pas de... Comment dire ? On n'a pas de prêts, on n'a pas de maison, on n'a pas d'enfants. Je vais dire, on n'a pas de grosses... dépenses ou de choses financières vraiment à payer quoi, très cher ?
- Speaker #0
Financièrement, même quand on gagnait de l'argent, c'est-à-dire nos deux fois deux ans en Guadeloupe, par exemple, on avait tous les deux re-signé des CDI et on avait bossé. On n'a jamais eu de très gros salaires mais par contre, on a toujours vécu très simplement et on s'est toujours dit que l'argent qu'on gagnait, on le mettrait de côté pour financer des projets. On n'a jamais été très matérialiste, on n'a jamais été dans la dépense ou autre.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #2
Et donc là, pour ce road trip, vous êtes passé, vous le disiez, en Iran. Vous avez passé deux mois sur place et je suis vraiment contente qu'on puisse en parler parce qu'on entend tout un tas de choses sur l'Iran. Alors, rappelez quand même que vous étiez fin 2019, donc bien évidemment, la situation a évolué depuis. Mais je suis contente qu'on puisse aborder l'Iran d'une autre façon. Une des choses qui m'a marquée dans vos récits par rapport à ce pays, vous expliquez qu'en huit ans de voyage, vous n'avez jamais connu un tel accueil.
- Speaker #1
Ah ouais, je crois que les Iraniens, ils sont numéro un de l'accueil chaleureux.
- Speaker #0
En fait, c'était choquant. Autant en Turquie, on a vécu beaucoup d'accueil chez les familles, on a passé beaucoup de temps et tout ça. En Iran ? On se baladait dans la rue, les gens voulaient venir à notre contact tous les jours. Les gens nous disaient « Venez à la maison, venez dormir à la maison » . On n'arrivait pas à avancer en Iran tellement on disait oui, on était accueillis, on échangeait. Même des choses simples, une fois on croise quelqu'un à Téhéran, dans la rue… Oui,
- Speaker #1
on marche et ils nous interpellent.
- Speaker #0
Ils nous interpellent et disent « Venez avec moi » . Ils nous emmènent dans une librairie. Il achète un bouquin de poésie perse traduit en anglais et il me l'offre. Et il me dit, la culture iranienne, c'est ça. Ce n'est pas autre chose, tu vois. Et il s'en va comme ça. Ça s'unit comme ça. Ce bouquin, on l'a encore. On l'a en Inde. Et je me dis, en fait, c'était que ça, l'Iran. C'est des gens qui sont hyper éduqués. C'est des gens qui ont une fibre artistique.
- Speaker #1
Ouais, et une ouverture d'esprit. En fait, l'Iran, je trouve, c'est vraiment l'image du pays où un gouvernement ne représente pas sa population. Je veux dire, c'est tout l'opposé. Et en fait, on s'est rendu compte que nous, en tant que voyageurs, on leur a apporté cette fenêtre pour montrer eux qui ils étaient. Et en fait, ils nous remerciaient souvent de venir en Iran parce qu'ils savent qu'en tant que voyageurs, ce n'est pas non plus une destination entre guillemets facile parce que pour un tas de choses, pour les visas et tout ça. Ils nous remerciaient de venir à leur rencontre, de venir voir. par nos propres yeux ce qu'étaient l'Iran et les Iraniens. Et eux voulaient nous montrer aussi vraiment ce que c'était et qui ils étaient. Et je pense que ces deux mois, on a vécu tellement de choses, tellement de rencontres, tellement de moments de partage. Ça a été tellement fort en émotions, l'Iran. Aussi en beauté de paysage.
- Speaker #0
Dans les villes, l'architecture, les mosquées. C'est complètement fou comme pays. magnifique, accueillant.
- Speaker #2
Et tu mentionnais les paysages, enfin, vous mentionnez... Et vous mentionnez les paysages, ça aussi, moi, j'ai été bluffée par certaines images du désert de... Donc, c'est Lutte, il me semble ?
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. C'est un de nos plus beaux Nouvel An, je crois, au milieu de ce désert qui est incroyable parce qu'en plus, il n'y a vraiment personne. Je veux dire, ce n'est pas touristique. Et en plus, on y était à une période où il y avait une saison des pluies assez forte.
- Speaker #0
Il y avait eu des pluies où d'habitude, il n'y avait pas de pluie.
- Speaker #1
Oui, ça avait créé des espèces de petits lacs d'un bleu turquoise dans ce désert qui était assez incroyable. Et oui, c'est des paysages que tu n'imagines même pas presque en Iran. Et oui, c'était vraiment trop beau.
- Speaker #2
Et quand on parlait de la culture, il y avait aussi, il me semble, ce code de politesse iranien où vous avez dû naviguer un petit peu dans ce code culturel.
- Speaker #0
Oui, il y a quelque chose qui s'appelle le tarouf. Et en fait, ils vont toujours t'offrir de base. Mais il faut toujours refuser. C'est un truc de politesse qu'il y a là-bas. Ils vont toujours te l'offrir, mais même dans un magasin. C'est ça qui est un peu... Tu arrives à la caisse, ils vont te dire non, non, non, tu ne payes pas. Tu dois vouloir payer et il faut absolument le faire. Oui,
- Speaker #1
mais en gros, tu as un peu trois essais. Si la personne insiste trois fois, ça veut dire vraiment que là, tu peux accepter en gros son offre.
- Speaker #0
Nous, on a déjà vu des Iraniens qui nous ont dit que ce n'est pas ta offre.
- Speaker #2
Incroyable.
- Speaker #1
Voilà, ils désamorçaient en disant non, mais là, vraiment, ce n'est pas ta offre. C'est offert.
- Speaker #0
Et puis après, il y a des fois, c'était clairement offert. Quand un gars, une fois, on est rentré dans un magasin pour s'acheter à manger, et il y a un des clients qui était dans le magasin, il nous a acheté du pain et il nous a offert du pain.
- Speaker #2
Juste comme ça ?
- Speaker #0
Juste comme ça, il est parti.
- Speaker #1
Mais oui, on a fini dans des mariages. On a fait tellement de choses en Iran.
- Speaker #0
On passe la frontière iranienne, on arrive dans la ville de...
- Speaker #1
Tabriz.
- Speaker #0
Tabriz. On cherche un endroit où laver nos vêtements. une machine, une laverie et on demande dans une première boutique et il nous prend les vêtements et il nous dit il a une laverie et le gars bossait dans un magasin de téléphonie mais il habitait à côté et il a mis la machine chez lui et il a dit repassez tout à l'heure je vous donne ça tout à l'heure et je lui dis mais qu'est-ce qu'il se passe c'est fou donc en fait c'était que des enchaînements comme ça d'actes
- Speaker #2
de bienveillance et il me semble aussi Caro que tu as eu des rencontres quand même assez marquantes Avec les femmes sur place ?
- Speaker #1
Ah bah ouais, moi les femmes, elles m'ont accueillie, elles m'ont parlé tellement simplement. Je me souviens d'une jeune fille qu'on avait rencontrée à Issa et qui m'a abordée, elle avait les cheveux roses fluos sous son voile et elle a commencé à me parler un petit peu. peu de ses pensées et tout ça. Et elle m'a dit, elle me dit, André, tu sais que si on m'écoute là, mais je finis en prison, voire pire. Mais les femmes, elles avaient, ouais, elles se laissaient tomber toutes ces barrières-là et elles se confiaient assez facilement, quoi. Elles avaient vraiment... En fait, quand j'y repense, quand on était en Iran, on sentait cette espèce de, comment dire, cette envie de faire changer les choses qui étaient chez les gens. Et d'autant plus chez les femmes, on sentait que s'il y avait un mouvement qui se préparait, ça allait vraiment venir des femmes. On sentait que les hommes étaient là en soutien, qu'ils étaient un peu plus « fatigués » , mais que les femmes, elles avaient envie de faire bouger les choses.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. On ne va pas rentrer dans le détail de la politique iranienne et tout ça. C'est vrai qu'on a eu beaucoup de discussions autour de ces sujets-là, et tu sentais que la population était prête à en découdre. Oui,
- Speaker #2
et c'est fou. Vous, c'était il y a presque un peu plus de six ans. La situation aujourd'hui, je ne me sens pas du tout légitime qu'on rentre effectivement dans le débat politique. Mais en tout cas, merci de nous apporter cette vision pour qu'on se dise que ce n'est pas... uniquement ce qu'on entend aux infos et dans l'actualité aujourd'hui. Et peut-être aussi toucher deux, trois mots sur le Pakistan, où là aussi, c'est une région du monde dont on parle très peu, qui a quand même une image assez particulière. Et de par tes origines indiennes, Fred, il me semble qu'au début, vous avez dit, bon, ça ne va peut-être pas être très simple, parce que les relations entre le Pakistan et l'Inde, ce n'est pas évident. Mais en fait, ça s'est quand même plutôt bien passé pour vous, il me semble.
- Speaker #0
Alors oui, nous, quand on était en Iran et quand ma famille en Inde a su qu'on allait traverser le Pakistan pour arriver en Inde, ils m'ont tout de suite dit, mais fais attention, surtout ne dis pas que t'es indien. Ils m'ont beaucoup répété ça. Alors effectivement, quand je suis rentré au Pakistan, j'ai eu une petite appréhension. Surtout qu'en fait, le Pakistan, les Pakistanais, on se ressemble. On est la même population. Et donc au début, je ne parlais pas trop. Et petit à petit, quand ils m'ont demandé d'où est-ce que je venais, je disais forcément la France, parce que je suis français. Mais ils disaient oui, mais d'origine. On ne voit bien qu'à... T'as des origines, quand même. Et je disais tout le temps indien. Et j'ai dit ça beaucoup aux forces de police, parce qu'on a été escortés au début sur une partie du Baïchistan. Et en fait, ils me disaient, mais on est cousins, on est frères. En tout cas, ils me disaient, oui, oui, tu ressembles carrément à un gars de cette région-là du Pakistan. On est des cousins, on est des frères, ce qui se passe là-haut, ça ne nous regarde pas. Tout le monde, tous ceux que j'ai rencontrés avaient ce discours-là. Et en plus, on parle de gens qui étaient soit dans la police parfois ou à l'armée. Donc ça, ça m'a beaucoup fait bien, en fait. Je ne cachais plus du tout et on avait des discussions beaucoup plus profondes sur... Sur la population qui vit entre la frontière iranienne et pakistanaise, c'est très particulier comme région. Pour nous, le Pakistan, ça a été hyper intéressant et ça a été un moment très spécial de notre voyage jusqu'en Inde. C'est là qu'on a vécu les plus grosses émotions.
- Speaker #1
Oui, parce qu'on a aussi eu une grosse galère mécanique avec notre van qui a fait que sous escorte, en fait, policière, donc on est tombé genre là. panne, mais la panne du siècle. On ne pouvait plus avancer. Je me souviens être au milieu de ces montagnes, au milieu d'une énorme flaque d'eau où le van s'arrête totalement et on se rend compte qu'on ne peut vraiment plus avancer.
- Speaker #0
On était sous escorte donc les militaires nous ont dit qu'on avait la chance d'avoir un ami qui était en van aussi, qui lui n'avait pas tellement de plans. On a fait une petite dédicace à Charles. Et lui, il n'avait pas vraiment de plan. Et on lui a dit, on t'invite à notre mariage en Inde. Et il s'est dit, allez-y, je vais en Inde avec vous. Et en fait, il traverse, il était roulé devant nous. Mon véhicule s'arrête au milieu d'une rivière. On n'était pas censé traverser de rivière, mais il y avait eu beaucoup, beaucoup de pluie. Et du coup, ça avait créé des genres de torrents qui traversaient les routes. Avec un Renault Master, ce que c'était vraiment, le véhicule pas du tout tout terrain. Et en fait, le moteur s'arrête. Et de là, en fait, notre ami Chance. et notre véhicule, on s'accroche avec ma slackline et en fait, il va rouler 250 km au milieu des montagnes pour rejoindre la ville de Quetta. Tout le long, on va être sous escorte policière, ça va être que des galères, galères sur galères, un état de fatigue pas possible jusqu'à Quetta où on va se rendre compte à la station de police de Quetta où on est obligé de rester parce qu'on n'a pas le droit de sortir de là sans escorte. Le véhicule est quasiment mort en fait, parce que c'est la courroie de distribution qui a pété. Donc là, on se retrouve coincé à la station de police de Quetta. Il n'y a pas de Renault évidemment au Pakistan, donc il nous faut une nouvelle courroie de distribution. Ils ne trouvent pas. Au final, elle va mettre dix jours à arriver parce qu'il y a une tempête de neige qui arrive. Et j'ai envie de rajouter, Shams, il aurait pu partir à ce moment-là. Mais c'est un amour parce que notre van était beaucoup moins confortable que le sien. Lui, il avait une douche chauffée dans son van. Il est resté avec nous pendant 10 jours à la station de police.
- Speaker #1
Oui, et puis il faut savoir que la station de police, ce n'est pas un endroit très fun dans le sens où c'est vraiment la station de police. Il y a une cantine, il y a quatre bureaux. C'est vraiment un endroit, il n'y a rien à faire. On n'a pas le droit de bouger pour notre sécurité, entre guillemets.
- Speaker #0
Et on comprend tout à fait ça.
- Speaker #1
On comprend tout à fait. Mais ce qui va être formidable dans tout ça, c'est qu'on va créer du lien avec les policiers. on va en apprendre beaucoup plus sur cet endroit particulier particulier du Pakistan. Et on va vivre des moments riches en humanité aussi dans cet endroit un peu particulier.
- Speaker #0
Il y a peut-être une des rencontres qui nous a le plus marquées dans notre vie qui est dans cette station de police. C'est un monsieur qui s'appelle Saïd et qui gardait la porte de la station de police. Et en fait, avant qu'on attende ses 10 jours, il trouve une espèce de courroie qui ressemble à peu près à ce que j'avais. Et moi, je n'étais pas très chaud, mais j'avais l'impression que je n'avais pas trop le choix d'installer cette courroie. le courroie là. Donc, il me l'installe et miraculeusement, le véhicule redémarre. Sauf que dans ma tête, je me dis quand même, bon, c'est pas la même courroie, ça fait un peu flipper. Et le jour où on doit repartir, ça repète. Et là, je me dis, c'est sûr, c'est mort. On retourne à la station de police à Quetta et vraiment moral dans les chaussettes, mais dans les chaussettes, mais on est au plus bas de terre.
- Speaker #1
Comprends à ce moment-là que c'est mort.
- Speaker #0
Là, c'est mort. Le van est mort. C'est sûr à 100%. Merci. Et on arrive dans la station de police et là, il y a Saïd qui nous voit. Et lui, il n'est jamais sorti de son pays, il est toujours resté là. Et il nous sort exactement les mots qu'il faut. Il nous installe, il nous amène deux chaises. Il y avait un baril où il s'avait fait du feu pour qu'on puisse se réchauffer. Il nous amène deux samosas, deux thés. Et ils nous disent, mais votre voyage, il ne s'arrête pas là. Ça, ça fait partie de l'aventure. Et ouais, c'était fou.
- Speaker #1
Ouais, vous vous en souviendrez quoi.
- Speaker #0
C'est quelque chose dont vous vous souviendrez par la suite ?
- Speaker #1
Et Saïd, comme on dit, même lui, il a appris l'anglais juste grâce aux voyageurs de passage ici. Et il a ce recul et cette lucidité et cette ouverture d'esprit de nous dire en gros, de nous faire comprendre, les gars, c'est rien. Et finalement, c'est le genre de choses qui arrivent. Et oui, ce sera quelque chose qui va vous faire grandir et ça va être quelque chose dont vous vous souviendrez pour toujours.
- Speaker #0
Ah oui, avec Camille, après ça, en vrai, on s'est dit, mais le moteur, il est mort, je m'en fous. Enfin, si le van, il est bien, je m'en fous. On va se débrouiller, on va continuer en bus, toutes les affaires qu'il y a là, on fera un colis, je ne sais pas, qu'est-ce qu'on fera. Mais rien à faire, en fait, on va profiter du temps qu'on a avec Saïd, on va échanger avec lui. C'est tout ce qu'il y a de plus riche, en fait. Enfin, si le courroie n'avait pas pété là. On n'aurait jamais lié autant de liens avec Saïd, en fait. Et ça, ça nous aura beaucoup appris pour la suite.
- Speaker #1
Oui, et puis bon, on a quand même réussi à quitter cette station de police en van, dans un van dans un état quand même catastrophique. Et on ne sait pas comment on arrivera jusqu'à Lahore, puis jusqu'en Inde, mais on y arrivera.
- Speaker #0
En fait, on va rouler. Le camion crache une grosse fumée noire. Le moteur est KO. T'as l'impression que même le camion, il s'est dit, on va aller jusqu'en Inde.
- Speaker #1
Ouais, je vais vous emmener là-bas.
- Speaker #0
On passera la frontière et puis je vous lâche. Par contre, je ne vais pas descendre jusque dans le sud.
- Speaker #1
Mais le Pakistan, en tout cas, ça a été aussi un moment très riche en rencontres. Et pareil, ça nous a ouvert sur certains sujets, sur certaines choses, sur notre vision. Enfin voilà, on a eu vraiment de belles expériences humaines au Pakistan.
- Speaker #2
C'est fou. Je ne me remets toujours pas de cette histoire avec ce monsieur qui vous a aidé à… à relativiser et à faire ce switch en fait je trouve ça vraiment hyper touchant et donc là vous finissez par arriver en inde et on parlera plus en détail tout à l'heure de l'inde mais voilà on est obligé de faire assez rapide pour ce bloc parce qu'on aurait pu parler aussi de de la turquie comme vous l'avez mentionné de la géorgie de cette partie du kurdistan turc et et iranien, où en fait c'est un pays sans état officiel, parce qu'il s'étale... Sur quatre pays, entre la Turquie, l'Iran, l'Irak, la Syrie, vous avez rencontré des populations extrêmement chaleureuses. Il y a eu plein d'aventures dans ce road trip en direction de l'Inde. Même exercice que pour les autres blocs d'aventure. On avait dit que le tour du monde, c'est là où vous avez retenu cette prise de sens avec l'importance des rencontres et des expériences. Ensuite, la van life, vous avez appris à vivre simplement. Apprendre le temps, développer des compétences et comprendre que vous pouviez avoir zéro plan. Maintenant, ce bloc road trip vers l'Inde... Ça aurait été quoi ? Qu'est-ce que ça pourrait être l'enseignement majeur que vous avez retenu ?
- Speaker #1
Alors, je commence. Moi, je dirais que ça m'a appris. Je pense que déjà, on se mettait beaucoup de barrières à nous-mêmes en règle générale, alors que finalement, il y en a peu. C'est nous qui nous les mettons, mais finalement, il n'y en a pas tant. J'ai appris beaucoup sur l'humain. Je pense qu'humainement, ça a été vraiment très fort. on a tellement été accueillis par des gens qui n'avaient vraiment rien et qui nous ont tout donné que je pense que je me suis rendue compte de la richesse des liens humains c'était vraiment super important et aussi que chaque problème avait vraiment une solution qu'il n'y avait jamais rien de très grave je
- Speaker #0
pense que moi je pense qu'il y avait aussi ce truc il y a une phrase que j'écris dans le livre qu'on est en train d'écrire En fait, on ne se perd pas si on n'a pas d'itinéraire précis. Et ça, ça marche pour un itinéraire en van physique, mais ça marche dans le cheminement d'un voyage finalement. Si tu n'as pas d'objectif déjà fixé à l'avance, jamais tu ne te perds. Là, ton van, tu ne sais pas s'il va t'emmener au bout. Mais si tu ne t'imagines pas aller jusqu'au bout, finalement, s'il casse, ce n'est pas grave, ton voyage continuera autrement.
- Speaker #1
Et ça va t'apporter… au final quelque chose aussi, tu vois. Genre ça, ça nous a apporté un truc de fou.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #2
Vous avez appris à relativiser puissance mille, en fait. Ah bah là,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Vraiment. C'est à vous là que le passage avec Saïd, moi j'ai toujours des larmes qui me remontent.
- Speaker #1
C'est sans doute qu'il fallait que je tienne un peu le relais.
- Speaker #2
Et ne partez pas tout de suite, on met en pause cet épisode avant de passer à la suite la semaine prochaine. avec leurs 3000 km à pied en Nouvelle-Zélande et les 14 000 km à vélo pour rejoindre la Malaisie. Donc Fred et Caro ont encore plein d'anecdotes à vous partager. Assurez-vous d'être bien abonnés sur votre plateforme d'écoute pour ne pas louper la suite. Et il y a aussi le compte Instagram, Goodyisa Podcast. N'oubliez pas, je compte sur vous. Et je vous dis rendez-vous la semaine prochaine pour de nouvelles aventures avec Caro et Fred. A bientôt !