- Speaker #0
Bienvenue sur Good Visa, le podcast voyage. Aujourd'hui, partez avec Delphine et Maxime. Ils ont décidé de tout quitter pour rejoindre le Japon par la voie terrestre avec leur 4x4. Le Kyrgyzstan s'est imposé comme un véritable coup de cœur sur leur chemin, puisqu'ils y ont déjà passé près de 8 mois. Ils vont vous partager leur passion pour cette culture nomade et les rencontres bouleversantes qu'ils ont faites. Cet épisode est une invitation à prendre le temps. Je m'appelle Camille. et je vous souhaite une bonne écoute, ou plutôt un bon voyage.
- Speaker #1
Bonjour à tous, bonjour à toutes,
- Speaker #0
bonjour Delphine, bonjour Maxime.
- Speaker #1
Salut Camille.
- Speaker #2
Salut.
- Speaker #0
Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #2
Ouais, ça va super.
- Speaker #1
Content d'échanger avec toi.
- Speaker #0
Pareillement, comme on le disait juste avant de commencer, ça fait des mois que j'espère pouvoir discuter avec vous, donc je suis vraiment super émue aussi qu'on puisse parler de toute votre aventure qui m'a beaucoup touchée. Donc avant qu'on se lance dans le vif du sujet, est-ce que vous voulez bien vous présenter chacun avec vos propres mots ? Et un petit exercice, si vous pouvez essayer d'écrire en quelques mots l'autre également.
- Speaker #2
Je commence.
- Speaker #1
Je commence ? Oui. Donc pour nous présenter tous les deux, je dirais qu'on est un couple déjà, ensemble depuis huit ans. On vit de nos explorations et de nos reportages photos et vidéos. Ça fait environ six ans qu'on voyage, qu'on explore particulièrement l'Asie centrale. On vit de notre passion, la photo et la vidéo. On a créé notre entreprise tous les deux, on vit de ça depuis cinq ans. Et on est également ambassadeur Sony depuis plusieurs années.
- Speaker #2
Ok, donc moi c'est Maxime, j'ai 33 ans et comme vient de le dire Delphine, on travaille dans l'image. Donc moi j'ai un peu plus l'aspect vidéo, Delphine un peu plus l'aspect photo. Donc comme ça on se complète plutôt bien. Et si je devais décrire Delphine en quelques mots, je dirais que c'est quelqu'un de très passionné, très investi et très attentionné envers les personnes qu'elle aime.
- Speaker #1
Ok, moi je décrirais Maxime comme quelqu'un de solaire, c'est quelqu'un qui va souvent avoir le sourire, plein d'énergie et qui va faire se sentir bien les gens, on va dire. Et je dirais, je vais reprendre ces mots, mais c'est aussi quelqu'un d'être très attentionné envers ses proches et les gens de manière générale.
- Speaker #0
Super, merci pour cette petite intro. Et donc peut-être aussi nous en dire un petit peu plus sur votre projet depuis plusieurs mois, même années maintenant, de rejoindre le Japon depuis la France par la voie terrestre avec votre 4x4 Cellule, votre petite maison. Est-ce que vous pouvez expliquer à l'audience en quelques mots ce projet incroyable ?
- Speaker #2
Oui, on peut le dire, ça fait plusieurs années parce que ça fait actuellement deux ans et demi qu'on vit à l'intérieur. Mais ce projet, il a commencé il y a quatre ans. parce qu'on a acheté ce 4x4 cellule en 2021. Et à l'époque, on pensait juste l'aménager, partir un petit peu avec, le recustomiser à notre goût un peu et le rendre vraiment autonome pour pouvoir partir sur un plus long voyage. Mais il s'est avéré qu'en fait, ce 4x4 cellule, on l'a refait de A à Z parce que malheureusement, on a découvert plein de choses qui n'allaient pas à l'intérieur. Vraiment, pour faire simple, il était un peu pourri. Et on ne pouvait pas y vivre à l'année. Et donc, du coup, on a pris quasiment presque deux ans pour pouvoir tout démolir d'abord. Et ensuite, tout reconstruire à l'intérieur pour s'y sentir bien, pour le faire à notre goût, qui correspond à nos besoins et surtout qui correspond au voyage qu'on voulait entreprendre, à savoir de la France jusqu'au Japon. Et donc voilà, on est parti. On a vécu dedans officiellement en juillet 2023 et on est parti officiellement de France pour ce long voyage. Après six mois en Europe, on est parti en mars 2024 pour ce grand périple, pour traverser toute l'Eurasie. tenter d'atteindre le Japon si on y arrive, si possible, avec, comme on dit à tout le monde aussi en fil conducteur, d'avoir une philosophie de prendre le temps, de ne pas se laisser porter par les expériences, les rencontres, les galères qu'il y a au fil du chemin, et surtout se dire que le Japon en soi, c'est juste un fil rouge, une destination qu'on a en tête, mais que ça peut prendre des années à voir, à y arriver, et surtout de profiter du chemin avant de profiter vraiment de la destination finale.
- Speaker #1
Pour résumer, on dit parfois que notre but, c'est d'atteindre le Japon, mais en mettant le plus de temps possible. Plus on mettra du temps, plus ça veut dire qu'on aura eu envie d'approfondir les choses. Et c'est vraiment notre but. Parce qu'en fait, ce trajet-là, le Japon, ce n'est pas une finalité en soi. Le but, c'est évidemment toute l'expérience qu'il y a sur ce trajet. Et ce trajet, il regroupe tout ce qu'on aime. Parce qu'on a découvert vraiment le voyage longue durée avec la Mongolie, notamment. et depuis qu'on... Quand on a découvert ce pays, il y a une sorte de flamme qui s'est créée en nous et qui nous a plus jamais quittés depuis. Et voilà, ça a déclenché une passion pour le voyage, la culture nomade plus particulièrement. Et ce trajet de la France au Japon par la voie terrestre, c'est pour ça qu'il regroupe tout ce qu'on aime, parce que ça nous fait notamment traverser toute l'Asie centrale, là où la culture nomade est encore très présente. Et voilà, c'est pour ça qu'on a décidé de partir pour cette aventure.
- Speaker #0
Et du coup, peut-être préciser ce nom entre deux pôles qui vient regrouper beaucoup de choses, j'imagine.
- Speaker #1
Oui, carrément. Mais ça regroupe tout ça, toute cette vie qui est articulée autour du voyage. Mais ce nom est un peu vieux, en fait.
- Speaker #2
Oui, il a une petite histoire. Il remonte à il y a sept ans, quand on partageait nos petites aventures au début, purement pyrénéennes, on va dire. Et puis, on s'est lancé dans un premier long voyage en sac à dos. Et on s'est dit, bon, on va trouver un nom à partager. sur les réseaux sociaux, se regrouper sur une identité, on va dire. Et on a réfléchi assez longtemps quand même pour trouver un truc qui nous plaise, qui ait du sens ou autre. Et en fait, c'est venu naturellement parce que moi, à la base, je suis du nord de la France et d'Elphine du Sud. Donc, on s'est rencontrés, on était à l'opposé. Du coup, les deux pôles se sont rencontrés. Ensuite, l'attraction des pôles, tout ça, tu vois. C'est vrai, il y a un long temps.
- Speaker #1
Tout simplement que notre histoire, en fait, elle a commencé par déjà ce voyage du nord au sud de la France tous les week-ends Et évidemment, ça fait écho à tout l'imaginaire du voyage et de l'exploration entre les pôles nord et sud et à la totalité de la planète. Donc, voilà.
- Speaker #0
Et même, je me dis, en vous écoutant, c'est un petit peu aussi un écho entre ces deux pôles, ces deux destinations de partir de la France, cet objectif du Japon. Et au final, ce qui compte le plus, c'est ce qui va se passer entre les deux. J'aime bien qu'avec vous, il y a souvent ce jeu de mots avec entre deux.
- Speaker #2
La petite série sur le gâteau, c'est vrai que du coup, ce nom... Sans le faire exprès aussi. Après, maintenant, on dit qu'on peut le décliner à plein de choses. Et ça, c'est trop bien. On aime bien faire des jeux de mots dessus. Mais ouais, il peut être utilisable pour plein de conditions. Donc, on l'aime bien, ouais.
- Speaker #1
Entre deux podcasts.
- Speaker #2
Entre deux podcasts.
- Speaker #0
Aussi. Aujourd'hui, on va parler d'un pays en particulier parce qu'on ressent déjà votre amour pour cette Asie centrale. Là, dans votre itinéraire, si on récape un petit peu, vous êtes passé par l'Europe. Vous avez passé beaucoup de temps en Turquie. Beaucoup de temps en Géorgie aussi. Un de vos gros coups de cœur. et là encore une fois je vais Invité tout au long de cet épisode, les auditeurs, allez voir vos vidéos sur YouTube, votre compte Instagram avec toutes ces photos, toutes ces vidéos. Cette vidéo en Géorgie m'a beaucoup marquée, vous nous racontez une expérience assez incroyable, je fais un petit peu de teasing. Ensuite, vous êtes passé un petit peu par la Russie et donc c'est arrivé en Asie centrale. Et là aujourd'hui, on va parler du Kyrgyzstan parce que c'est un de vos pays coup de cœur aussi. Et vous avez passé énormément de temps là-bas, vous y avez passé plus de 7 mois cumulés. Donc on va parler de cette destination aujourd'hui. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi est-ce que le Kyrgyzstan, on va peut-être l'appeler Kyrgy pendant toute l'interview, pourquoi le Kyrgy vous fascinait autant ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai un petit peu introduit la question sans le vouloir précédemment en parlant de la Mongolie. Tout ce projet a été créé par cette envie d'approfondir tout ce qui était en rapport avec la culture nomade. Et quand on a voulu approfondir ça, on a... très vite entendu parler du Kyrgyzstan. Et quand j'ai entendu parler de ce petit pays en Asie centrale, où là-bas aussi, il y avait des nomades, mais leurs yurts sont un petit peu différentes et il y a beaucoup de montagnes. Donc moi, il ne m'en a clairement pas fallu plus pour que je fonce dedans et que je commence les recherches et que je motive Maxime à vouloir y aller. Ça non plus, ça m'a clairement pas fallu de temps. Mais voilà, notre connaissance du Kyrgyzstan a commencé. A commencer comme ça.
- Speaker #2
Et l'itinéraire s'est dessiné, c'est vrai, autour de ce petit pays de l'Ice Central. Quand tu vois les géants qu'on devait traverser, Kazakhstan, Mongolie, Russie. Ce petit pays-là est au milieu de la carte. Et c'est quasiment le milieu géographique presque de l'itinéraire. Et on s'est dit qu'on allait articuler beaucoup de temps parce qu'on savait qu'il était petit, mais qu'il avait beaucoup de choses à donner et à explorer surtout.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #2
on l'avait bien vraiment en tête. Et quand on y est arrivé, c'était une sorte un peu de... Pas de libération, mais je le disais juste avant, on a eu deux années un peu de galère avec cette reconstruction du véhicule et de l'amener jusque-là. Voilà, c'était un peu une consécration d'arriver à Bishkek et de se dire, on y est, ça y est, maintenant, il y a une centrale. Et on peut faire ce qu'on veut parce qu'il est là et que nous aussi on est là et que c'est le début d'un nouveau très gros chapitre.
- Speaker #1
On s'est dit tout ce qu'il y aura après ce sera que du bonus.
- Speaker #2
Et pour l'instant c'est pas trop en paix là-dessus.
- Speaker #0
Et peut-être pour aider l'audience à resituer, le Kyrgyzstan c'est en Asie centrale, c'est entre le Kazakhstan, la Chine, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. Comme tu le disais Maxime, le Kyrgyzstan c'est trois fois plus petit que la France, 7 millions d'habitants et tu le précises aussi Delphine dans vos vidéos. En fait, il y a 90% de ce pays qui est au-dessus de 1500 mètres d'altitude et 40% du pays qui, en fait, est à plus de 3000 mètres d'altitude. Donc là, vous êtes vraiment dans un pays de montagne qui est très marqué par sa culture, avec l'indépendance en 1991, donc l'ex-URSS. Et comme tu l'expliquais, il y a cette culture nomade dans ce pays qui est extrêmement importante, avec seulement 30% de la population qui est complètement sédentarisée. Et donc là, on va peut-être aborder quelques notions qui caractérisent vraiment ce pays. ... J'avais en tête, par exemple, leur amour pour les chevaux, parce que là-bas, le cheval est vraiment un animal sacré. Et c'est un animal qu'on retrouve aussi beaucoup dans toutes vos aventures, parce qu'en Géorgie, vous avez fait beaucoup de randonnées à cheval, beaucoup d'expéditions. Donc, est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de comment ça s'est passé au Kirghizistan ? Parce que forcément, on vous a dit qu'on va vouloir faire des randonnées à cheval.
- Speaker #2
Oui. C'est de l'animal vraiment indissociable du peuple kirghiz. Et du coup, on va être honnête, il y a encore quelques mois, quelques années, on était quand même encore assez débutants à cheval. Mais on a toujours eu cette... Surtout Delphine, avant, elle en faisait un peu d'équitation. Mais cette fascination pour cet animal, pour sa bravoure, sa loyauté, son travail de sable qu'il effectue vraiment encore plus dans ses pédales centrales. Et du coup, on s'était dit, le kirghiz, c'est obligé. On apprend justement à connaître encore plus. plus d'animaux, à en savoir un peu plus sur eux, sur comment les apprivoiser, les dresser, monter dessus, bref. Et on a commencé doucement avec des petits treks de un jour, puis deux jours, on a fait après trois jours aussi. Et puis voilà, c'est venu un peu en... cet amour a fait que grandir en fait, avec des treks de plus en plus longs et surtout on a rencontré pas mal de familles d'éleveurs et en fait là-bas c'est tout simple, quand tu rencontres des éleveurs, c'est quasiment automatique, ils partagent ce qu'ils ont ce qu'ils savent, donc ils partagent forcément leurs chevaux, ils te demandent si tu veux un peu monter si tu veux faire quelques trucs avec eux donc des fois on n'a juste pas le choix on se gare et il y a des chevaux, il y a des nomades et on va les voir et on monte à cheval ou autre donc voilà ça a grandi à tel point que maintenant on rêve pourquoi pas d'expédition à cheval en solitaire rien que tous les deux
- Speaker #0
Et tu disais même Delphine dans une de vos vidéos que c'est un petit peu une prolongation une prolongation d'eux-mêmes, en fait, ces chevaux, qu'il y a même cette expression des ailes des kirghiz.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. J'ai pensé directement à cette expression quand tu as abordé ce thème du cheval. Et je l'aime beaucoup parce que, déjà, elle est jolie, mais aussi, elle est vraie. Et après ces presque huit mois passés aux kirghizistans, en fait, on ne peut que le constater. On dit là-bas que les chevaux sont les ailes des kirghiz. Et c'est tellement vrai parce qu'ils vivent avec eux, ils font énormément de choses avec eux et dès qu'ils peuvent, ils grèment sur leur cheval et à partir du moment où ils grèment dessus, ils deviennent comme autre chose. Ils sont une prolongation d'eux-mêmes, ils sont eux mais en mieux parce qu'ils peuvent faire plus de choses plus vite et on voit que ça fait partie d'eux en fait. C'est ça et l'expression le montre bien en parlant des ailes parce que c'est juste quelque chose qui fait partie d'eux. et qui leur permet d'être quelque chose de plus grand.
- Speaker #0
Et même les enfants aussi apprennent à monter à cheval très tôt, il me semble.
- Speaker #2
Oui, très très tôt.
- Speaker #1
Ils sont posés sur les chevaux. À deux ans,
- Speaker #2
ils sont posés.
- Speaker #1
Ils peuvent venir assis tout seuls. Ils sont posés sur la selle et ils partent s'ils ont envie de partir. C'est assez impressionnant, forcément, pour nous, vu avec nos yeux d'Européens. Quand on voit un tout petit, il avait quel âge, Eran ?
- Speaker #2
Eran avait cinq ans.
- Speaker #1
Cinq ans ? 5 ans et il maîtrise son cheval comme un cavalier professionnel. Mais non seulement il monte, mais aussi c'est lui qui s'occupe du troupeau. Et le troupeau, c'est une centaine de brebis. Et les parents lui disent, Eran, là, les brebis, ça fait trop longtemps qu'elles sont toutes seules. Ramène-les à la maison. Et il part, il fait son petit marche-pied, il grême sur son cheval. Il va chercher les brebis. Voilà, 5 ans.
- Speaker #0
Et en fait, j'ai plongé direct sur cet élément des chevaux, mais peut-être parler quand même des... paysages du Kyrgyzstan, parce que quand vous êtes arrivé, tu le disais Maxime, il y avait eu beaucoup de préparation pour ce 4x4 cellules, votre maison, mais en fait quand vous êtes arrivé au Kyrgyzstan, vous vous êtes dit ok, tout prend sens devant ces paysages, donc est-ce que vous pouvez essayer de décrire un petit peu à l'audience, parce qu'ils sont tellement variés ces paysages, mais vous, quand vous pensez à ce pays, c'est quoi les premières images qui viennent en tête par exemple ?
- Speaker #1
C'est les montagnes. Le Kyrgyzstan, c'est un pays de hautes montagnes. Tout simplement, il a une topographie très marquée. En fait, en gros, il y a deux bassins autour de deux villes, qui sont des deux vallées en plus basse altitude, mais sinon, ça se résume à des montagnes et leurs vallées. Et effectivement, les paysages du Kyrgyzstan, c'est des paysages grandioses, mais surtout, c'est des paysages variés. c'est incroyablement important variés et et en fait la variété est d'autant plus impressionnante que comme tu l'as rappelé c'est un pays trois fois plus petit que la france mais tu trouves des canyons rouge et pas je veux dire pas sur un kilomètre détendu quoi c'est c'est des paysages immenses genre des canyons rouges comme comme aux états unis tu as le lac issicoul qui est une véritable mer intérieure quand tu es quand tu es au bord tu vois pas le bout donc tu as l'impression d'être D'être au bord de la mer, tu as des glaciers, tu as des vallées super verdoyantes avec des cascades, des ruisseaux, des grandes montagnes. C'est tout le temps ça en fait, c'est tout le temps une alternance soit de paysages semi-désertiques parfois ou de canyons rouges ou de vallées vertes. C'est fascinant à voir et à chaque fois qu'on part pour faire un trajet au Cairguisitant, on sait qu'on va avoir cette mosaïque de paysages différents et le trajet est toujours une aventure. en lui-même.
- Speaker #2
Et pour le coup, c'est vrai que tu disais quelle image on avait juste avant. Moi, clairement, j'avais imaginé des hautes montagnes avec du blanc et du vert, en gros, des glaciers et des forêts de pin, mais en arrivant au Kirgui, franchement, on a été... Moi, personnellement, j'étais vraiment bluffé parce que tout ce que vient de dire Delphine, à savoir tous les canyons, tous les lacs d'altitude, parce qu'on n'en parle pas, mais genre les lacs d'altitude, quand on voit Songkul, par exemple, qui est perché à 3 mm, qui fait des dizaines de kilomètres de diamètre, c'est fou d'avoir cette étendue d'eau aussi haute, on est à 3. 3 minutes d'aptitude et on y est. Même en venant des Pyrénées, franchement, c'est très prenant, c'est très beau.
- Speaker #1
C'est une autre dimension.
- Speaker #2
En plus, tu rajoutes à ça, dans ces grands espaces, tu rajoutes des troupeaux de chevaux qui galopent, les moutons, les yaks, il y a des chameaux également. Ça donne quelque chose d'assez magique dans un truc qui est très concentré. Forcément, c'est beau, c'est grand et ça fait vraiment vibrer à chaque fois que tu découvres une nouvelle intelligence.
- Speaker #0
Et je le vois, ne serait-ce que là, rien que d'en parler, il y a vos yeux pétis, rien que d'évoquer ces paysages. Et encore une fois, je me répète, mais que vraiment tous les auditeurs, auditrices aillent voir votre compte, parce que vous faites des plans juste sublimes, que ça soit dans les photos, dans les vidéos, parce que vous avez aussi des plans en drone qui sont juste, mais incroyables, et on reste scotché devant ces paysages. Et aussi, justement, vous avez voulu expérimenter le Kirgi sous toutes les saisons. Parce qu'au final, vous avez passé quelques mois en été, quelques mois en hiver, quelques mois au printemps. Et donc, vous avez pu voir ces paysages évoluer en plus.
- Speaker #2
Oui, carrément. En plus, ce que j'aimerais dire, c'est qu'on a un rythme de voyage qui est assez lent. Parce que tu l'as dit, on a passé un peu plus de sept mois. Mais rien qu'en ces sept mois, on n'a pas tout vu. On est encore très loin même d'avoir tout vu du Pyrénées. Donc, voilà, on a une approche qui est très lente, très douce. C'est vrai que chaque région, on tente de l'expérimenter. si possible très lentement et si possible à plusieurs saisons. Et ça a été le cas sur le Kirgui pour plusieurs régions parce que comme le Kirgui en hiver, c'est quand même assez compliqué sur certains accès ou autres. Mais voilà, c'est la volonté que quand on aime un endroit, on se dit, on ne veut pas aller plus loin, on se sent bien. Et bien, ce qu'on veut faire, c'est l'expérimenter encore plus dans sa totalité. Et c'est vraiment quelque chose qu'on aime faire parce qu'être revenu à des pays, à des saisons qui ne sont pas touristiques ou alors beaucoup moins touristiques, on a une approche des paysages qui est différente et on a une approche avec les gens qui est... totalement différentes aussi. Et c'est un peu ce qu'on recherche sur le hors-saison. Donc, le kirgi, on l'a vu au printemps, en été, en hiver, et on a eu un tout petit bout d'automne. Mais c'est pareil, l'automne, il faut aussi que l'on aille le chercher. On ne l'a pas encore vraiment expérimenté, mais voilà.
- Speaker #0
Et justement, tu parles de rencontres. Là, j'aimerais bien maintenant qu'on a situé un petit peu le cadre, si l'audience arrive à se projeter dans ces paysages. Un élément fondamental du kirgi, ça a été forcément les rencontres. Peut-être une petite introduction, d'expliquer aussi en fait que vos rencontres au Kirgui sont juste incroyables et il y en a constamment et en fait des fois ça part de tellement peu de choses où en fait il faut que l'audience vous imagine, voilà, avec votre 4x4 cellule, vous vous posez dans un coin dans la nature où il n'y a personne. Et par exemple une des premières rencontres qui m'a beaucoup touchée c'est vous avez Nikolai, cet apiculteur qui un jour vient vous voir alors que vous êtes posé tranquillement au milieu de nulle part.
- Speaker #1
Oui, cette rencontre, elle illustre bien l'état d'esprit ou juste la façon de vivre ou de percevoir les choses des gens là-bas. Donc, on était avec notre 4x4 et il y avait un champ au pied des montagnes magnifique, plein de fleurs. Et nous, on se met là et c'est vrai qu'on a toujours ce réflexe quand on s'arrête quelque part de dire Merci. Bon, j'espère qu'on va déranger personne. J'espère que c'est un endroit où on a le droit de rester. Voilà, il y a toujours ces petites questions. Et donc, on s'arrête. Et au bout de 5 minutes, 10 minutes, même pas, on voit un monsieur arriver au loin, droit vers nous. La première chose qu'on se dit, c'est « mince » . On est dans son champ et on le dérange. Et il va venir nous dire qu'on n'a pas le droit de rester là. Et en fait, il se passe totalement l'inverse. L'inverse pas dans le sens où c'est... pas son chambre parce qu'effectivement, c'est un petit peu à lui. Parce qu'en fait, Nicolas, il est chargé de... C'est le gardien des abeilles. C'est le gardien des ruches. Et en fait, il surveille ce champ et il veille aux ruches et aux abeilles à ce que tout se passe bien. Sauf qu'il ne nous dit pas que ce n'est pas bien qu'on soit là. Il nous dit qu'il est très content qu'on soit là parce que cet endroit, ce bout de nature, c'est un peu chez lui et qu'il est très heureux d'avoir des visiteurs. Et à partir Donc, il faut savoir qu'il nous dit tout ça, mais quand même, il nous parle russe. Nicolas n'est pas kirghiz, il nous parle russe. Donc, on arrive à se comprendre avec nos quelques mots de russe et surtout les gestes et en essayant un petit peu de faire marcher un traducteur, tout ça. Donc, voilà, on comprend tout ça. Et à partir de ce moment-là, il va toujours nous rendre des visites quotidiennes. Il va veiller sur nous comme un père veillerait sur ses enfants venus à la maison. Il va nous apporter des fleurs qu'il a fait sécher pour faire des infusions. Il va nous faire goûter son miel. Et tous les jours, il viendra nous dire un bonjour et nous demander si on n'a besoin de rien, si tout va bien.
- Speaker #0
Effectivement, j'ai l'impression que ça représente bien toutes ces rencontres au Kirgui parce qu'en fait, vous partagez souvent sur les réseaux que des fois... Juste une famille vient vous voir, vous propose le thé et en fait, deux jours après, vous êtes encore avec cette famille parce que vous avez enchaîné les nombreux repas. Ils sont vraiment dans cette hospitalité sans fin, en fait.
- Speaker #1
Ouais, on reçoit énormément de bienveillance.
- Speaker #2
Et ça va un peu dans le sens de ce qu'on te disait juste avant par rapport au voyage lent et entre guillemets doux au niveau du temps. C'est qu'on ne se met pas de pression du temps parce qu'on veut dire oui à ces moments-là. On veut dire oui aux gens qui nous invitent pour boire un bol de thé. Et pas juste être dans un sightseeing du pays, de se dire, après, il faut qu'on parle, il faut qu'on enchaîne avec autre chose. Et c'est clairement ça, le but de ce voyage, aussi, comme on disait au début, c'est de prendre le temps, parce qu'on veut vivre ces expériences, parce qu'on veut s'imprégner des pays où on passe et des gens qui y vivent. Donc, voilà, on essaie de dire oui au maximum de gens qui nous invitent. Par contre, il faut savoir que c'est très souvent. Un 4x4 cellule, aucun existant, c'est pas souvent, pas tout le temps. Donc, les gens, forcément, quand tu es dans des régions qui sont vraiment très peu touristiques, ils viennent forcément te voir. Même des fois, tu penses être au milieu de nulle part, être tout seul. Il y a toujours un berger qui vient frapper. Mais c'est souvent de la bienveillance. Et oui, ces moments-là, on les aime beaucoup. Parce que même si on ne se comprend pas, il y a des gestes et des états d'esprit qui, eux, ne trahissent pas. Et donc, ça fait toujours du bien et toujours plaisir d'être au Kirgui pour ces petits moments. Et je crois qu'on ne se lasse pas d'aller sous les yurts prendre un bol de thé bien chaud.
- Speaker #0
Et c'est vrai que les yurtes, on n'en a pas parlé, mais c'est encore une fois un élément qui caractérise forcément ce pays. Ou même peut-être Delphine, tu pourrais nous expliquer que c'est même très lié à leur drapeau en fait.
- Speaker #1
Carrément. Oui, le Kyrgyzstan, on disait que c'était un des pays d'Asie centrale où la culture nomade était encore le plus présente. Et ça s'illustre totalement avec son drapeau parce que le symbole qu'il y a au centre du drapeau du Kyrgyzstan. C'est le tunduk. Et le tunduk, c'est ce cercle de bois, pour faire simple, qui maintient les yurtes, qui est au centre du toit de la yurte. Et voilà, qui maintient toute la structure. Il a une forme et des motifs croisés bien particulières. Et le drapeau du Kyrgyzstan reprend ce tunduk.
- Speaker #0
Et on va revenir un petit peu plus tard là-dessus. Mais maintenant, j'ai l'impression que vous êtes devenus des experts en yurte. Mais je garde ça pour plus tard. Et là, dans les rencontres, il y en a une autre qui a été assez marquante dans votre histoire, qui a commencé par l'histoire d'un pneu crevé. Qui veut bien nous raconter cette anecdote qui a été le départ d'une très belle histoire ?
- Speaker #2
Moi, je veux bien raconter parce que cette rencontre, elle est juste trop bien et hyper symbolique pour plein de choses. Et pour le coup, souvent, on dit qu'on est perdu et qu'il y a des gens qui viennent de nulle part et tout. Et là, pour le coup, non, on était sur un itinéraire qui est très fréquenté. par les touristes, les étrangers ou les locaux. C'est une des pistes qui mènent au lac Songkul. Et sur cette piste qui est assez caouteuse, et cette piste qui est assez fréquentée, elle est quand même réservée à certains types de véhicules normalement, mais les gens y vont avec leur petite Prius ou leur petite voiture de tous les jours. Et donc souvent, on croise des gens qui crèvent des pneus sur cette route parce que ça reste une piste quand même. Ce n'est pas une route, mais c'est juste une piste de sable et de terre et de cailloux qui mène là-haut. Et sur cette route justement, qui mène à plus de 3200 mètres, pour certains passes, voire même 3 300 mètres. Là, arrivé à ce pass, à un de ces passes, on a vu une voiture qui a été mobilisée avec deux gens qui ont essayé de regonfler un pneu et dans notre 4x4, on a de quoi réparer pour ce genre de choses, à savoir mettre des mèches, on a un compresseur. Dès qu'on voit quelqu'un qui s'arrête sur le bord de la route, on essaie de les aider et encore plus, avec cette relation qu'on a avec les Kirghiz maintenant qui nous donne beaucoup, beaucoup sans qu'on demande rien du tout, souvent c'est à nous aussi. de rendre un petit peu tout ça et de pouvoir leur donner sans qu'ils aient à demander quelque chose. Donc, en gros, on s'est garés. On est allés les voir, on faisait un pneu crevé. OK, on va réparer ça. Ça s'est réparé. Ils ont pu aller jusqu'à Songkul, là où était prévu leur destination, parce qu'il y a des biches quelques de la capitale. Ils allaient voir de la famille au lac. Ils ont des oncles, des tantes qui sont éleveurs là-bas. Et donc, pour nous remercier, ils nous ont dit, en gros, merci beaucoup. Ce geste, il est vraiment adorable, si vous voulez. suivez-nous et à son coup, on vous invite à passer du temps avec nous, notre famille et nos oncles et tantes qui ont des yurts. Vous allez voir, c'est magnifique là-bas. Et nous, c'était la première fois où on y allait. Et c'était clairement un des highlights un peu de notre yurt.
- Speaker #1
C'était un rêve. C'était un rêve. On ne savait pas encore ce qui nous attendait. Et avant même d'y arriver, on tombe sur cette famille, on les aide et ils nous disent, venez, suivez-nous. On a des yurts là-bas, venez avec nous. Et d'ailleurs, ce qui est Merci. drôle, c'est que on a une vidéo où on l'a enregistrée et c'est même pas après qu'on ait réussi à regonfler leurs pneus et qu'ils ont pu partir, qu'ils nous ont proposé ça. C'est à partir du moment où on a proposé leur aide, Maxime était en train d'aller chercher le compresseur, tout ça, et on entend la maman de la famille dire qu'il faut qu'on les invite à la maison, il faut qu'on les invite à la maison pour leur dire merci. On n'a encore rien fait. Et on l'entend en kirghiz dire ça et c'est... C'est quand même fou. Et dans la vidéo, quand on se l'est repassée et qu'on l'a entendue, parce qu'après, on a regardé, c'est du coup un reportage qu'on a fait, on l'a regardé avec cette famille. Et sa fille a éclaté de rire et nous a dit, mais maman, elle est en train de vous proposer de venir, alors que ça fait à peine deux minutes que vous nous avez parlé. Je trouve que ça a été représentatif aussi de l'esprit qu'il y a là-bas.
- Speaker #2
Et donc, cette histoire, elle est dingue, mais elle est un peu longue. Donc, j'ai essayé de faire court, mais on a réparé ce pneu. On a passé du temps avec eux sur Soundcool. par chance les enfants qui sont en train qui était adolescent, il parle anglais. Donc, on a pu vachement bien communiquer avec les parents et les tantes, tontons, grands-parents qui, eux, sont kirghiz, ils ne parlent que kirghiz. Donc, on a vécu quelques jours sur place à Sankul, avec des familles de bergers, à juste voir leur quotidien, voir comment ça fonctionne, juste être en immersion avec eux. Et clairement, ça a été vraiment incroyable. Et quand on a clôturé ces moments de partage tous ensemble, ils nous ont dit par contre, il faut qu'on se revoie, il faut que vous venez à Bishkek chez nous maintenant. On a dit d'accord. et du coup Du coup, tout à l'heure, on disait qu'on était venus en hiver et on est revenus cet hiver, on est revenus à Bishkek et on leur a proposé de pouvoir, pourquoi pas, passer Noël ensemble. On s'est dit, on était là vers fin décembre, on s'est dit « Ok, vous savez quoi, nous en France, le 24-25, on fait des grandes célébrations pour Noël, donc est-ce que vous, ça vous dit de partager ce moment-là ensemble ? » Ils nous ont dit « Oui, pas de problème, venez à la maison et tout. » Et voilà, et en fait, ce qu'on ne savait pas, c'est qu'à ce moment-là, ils ont encore prouvé leur générosité parce qu'ils nous ont fait une table grandiose, magnifique, avec des plats kirghiz. Ils ont aussi fait des plats, on va dire, plus traditionnels. américains, européens, avec une dinde, avec une bûche de Noël, tout ça. Enfin bref, ils ont essayé de faire un truc vraiment bien, parce qu'on était un peu leurs invités, et nous, de notre côté, on leur a fait des cadeaux, on leur a pris des photos qu'on avait prises à son coup, qu'on avait prises avec eux. Donc c'était un échange mutuel qui s'est juste fait naturellement, et en fait, c'est le genre de moment où j'en reparle, j'ai un peu des frissons, parce que c'était juste des moments tout simplement, tout simples, humains, et pour les gens, ça peut paraître incroyable ou autre, mais je ne sais pas comment dire, c'était juste humain, et nous ce qu'on a vécu c'est juste des amis qui se sont revus mais c'est sûr qu'à l'au bout du monde un petit peu ça paraît ça donne une autre dimension. Et donc voilà, on était hyper heureux et on a revu ces gens, on a passé la nouvelle ensemble et pour toujours et pour tout vous dire, la mèche qui est dans le pneu de cette voiture, elle y est encore même deux ans après. Donc, il nous remerciait aussi de ne pas avoir changé de pneu, que la neige, c'était quand même une solution.
- Speaker #0
incroyable on s'en parle à chaque fois d'ailleurs on lui a offert un kit de mèche pour Noël aussi il était hyper content mais oui et même moi connaissant l'histoire tu la racontes à nouveau j'ai la chair de poule aussi parce qu'en fait on se dit c'est juste j'ai l'impression qu'il n'y a plus du tout de barrière c'est que dès les premières minutes comme tu le rappelles Delphine c'est une évidence qu'ils vont vous accueillir c'est une autre culture on ne les connait pas même vous j'ai l'impression que vous n'êtes même pas dit Merci. On n'a pas confiance, on ne les connaît pas. Non, en fait, il n'y a plus tout ça. Et même, en fait, dès les premières nuits, parce que, donc, je mettrai le lien de la vidéo où vous racontez tout cet épisode, mais vous allez découvrir plein de membres de la famille, vous allez dormir dans plusieurs yurtes. Et en fait, donc, une yurte, c'est juste une seule pièce, c'est juste la yurte. Et en fait, elle dit, ben voilà, vous faites partie de la famille parce qu'il y a toutes les couchettes, vous dormez tous ensemble et on sent vraiment que vous faites... partie de la famille en fait.
- Speaker #1
Ouais, ça c'était la meilleure nuit de notre vie je crois. On était dans la yurte, déjà on se sentait très honorés parce que c'est une yurte particulièrement belle et vieille aussi, c'est les grands-parents qui l'ont construite de leurs mains, tous les tissus sont cousus à la main, c'est la grand-mère qui a tout fait, les tapis, tout est magnifique. Et on sent que pour eux, elle a beaucoup de valeur aussi. C'est l'endroit où se réunit la famille tous les ans. Et donc, on est invitées dans cette yurte. Et oui, on dort tous ensemble sur le sol parce que c'est comme ça qu'ils dorment. Et il y a le papa qui rampe, il y a la petite qui pleurniche. Mais en fait, il y avait une tellement bonne atmosphère. Tout le monde était tellement heureux réciproquement d'être tous ensemble. que, je ne sais pas, ça se ressent en fait. Et la yurte, elle est baignée de tout ça. Et en fait, on a passé une nuit excellente. On a vraiment trop bien dormi. Et voilà, et le matin, le bonheur de tous se réveiller ensemble en se disant, aujourd'hui, c'est juste une nouvelle journée qu'on va passer ensemble. On ne sait pas ce qu'on va faire, mais on va être ensemble et ça va être bien.
- Speaker #0
Et on pourrait peut-être parler un petit peu de gastronomie, de la culture kirghiz, parce que ça aussi, c'est... Ça, c'est quelque chose. Est-ce que vous pouvez nous parler, par exemple, de la boisson typique de Kirgui ?
- Speaker #1
Oui, on en a vu des litres d'ailleurs pendant les plusieurs jours qu'on a passé avec elle. Toi,
- Speaker #2
tu aimes bien aussi.
- Speaker #1
Oui, alors moi, je n'ai pas le mérite parce que j'aime bien cette boisson. Tu veux le décrire, toi, peut-être ?
- Speaker #2
C'est vrai que c'est un peu particulier. C'est le koumiss, qui est du lait de jument fermenté. Mais la fermentation, des fois, selon les familles, commence à faire à plusieurs grades.
- Speaker #1
C'est une foie forte.
- Speaker #2
Vous pouvez imaginer un lait qui est fermenté, donc qui est un tout petit peu pétillant, qui est légèrement alcoolisé. C'est vrai que c'est une poisson pour eux qui est, en plus d'un côté qui leur plaît au niveau gustativement et tout, qui a beaucoup de bénéfices pour le corps humain. C'est quelque chose que quand on offre du coumisse à un invité, c'est un signe aussi de respect parce que c'est une poisson qui est… Oui,
- Speaker #1
surtout que là, c'est une famille de nomades d'éleveurs et que c'est leur coumisse et qu'ils le font. Donc, c'est vraiment leur boisson favorite. Les Kirghiz sont fans de ça et ils boivent ça et ils en boivent des litres et ils sont là avec leur bol comme des enfants qui boiraient leur chocolat chaud. C'est assez impressionnant.
- Speaker #2
C'est surtout le matin au petit déjeuner.
- Speaker #1
Et à toute heure, évidemment.
- Speaker #2
C'est vrai que souvent, la première gorgée de coumisse s'accompagne d'une légère petite grimace mais vraiment toutes les heures.
- Speaker #0
Oui, puis en plus, vous êtes invitées donc j'imagine que il n'y a juste pas de débat en fait. C'est... ils vous offrent ça, donc voilà. Oui,
- Speaker #1
et puis eux, ils sont si heureux quand ils nous voient en boire et nous disent t'as vu comme c'est bon, t'as vu comme c'est bon. Puis en plus, pour eux, ça a beaucoup de vertu. Ils nous disent si tu veux passer l'hiver sans être malade, il faut beaucoup en boire, ça va renforcer ton système immunitaire, c'est très très bon pour la santé. Donc voilà, puis eux, ils prennent tellement de plaisir quand ils le boivent et je crois que c'est à cause d'eux en fait que moi j'aime ça. Je les vois tellement aimer ça que je me dis en fait c'est bon c'est pas autre chose
- Speaker #0
et maintenant j'adore ça aussi et après pour le reste de la nourriture kirghiz vous la décririez comment ?
- Speaker #2
alors la nourriture kirghiz elle a des super côtés dans le sens où il y a des saveurs qu'on n'a vraiment pas par chez nous ou autre c'est vraiment des plats qui sont typiques mais alors c'est des plats qui peuvent vraiment se décrire à toute l'Asie centrale parce que tu retrouves vraiment les mêmes plats que ce soit au Kazakhstan au Kyrgyzstan au Uzbekistan au Tadjikistan mais fait Merci. à des façons différentes, avec des ingrédients différents en fonction des ressources de chaque pays. Par exemple, faire simple, l'Ouzbékistan a une un peu meilleure cuisine on va dire que d'Ali Central, parce qu'ils ont peut-être plus de richesses en termes de...
- Speaker #1
Plus élaborées, plus des épices...
- Speaker #2
Mais le Kirgi se résume quand même beaucoup à la viande, principalement aux moutons. Il est élevé vraiment partout au Kirgui. Et après, ça s'accompagne de légumes par-ci, par-là, en fonction des plats, des carottes, des pommes de terre, des oignons, tout ça. Tomates, concombre, en fait.
- Speaker #1
La viande peut être mangée en ravioles aussi. C'est vrai que c'est de la viande, majoritairement. Et je dirais que c'est une cuisine qui reste assez simple parce qu'ils font avec ce qu'ils ont. Et les légumes qu'ils ont, j'en ai parlé tout à l'heure, c'est beaucoup de montagne. donc sur Sur 90% du pays, il n'y a pas de champ cultivable, on va dire, où tu peux en tirer beaucoup de légumes. Par contre, ils ont deux bassins un petit peu autour de deux grandes villes où là, c'est un peu plus cultivé. Mais c'est pour ça que les légumes restent quand même minoritaires. Et là, on parle de l'alimentation des gens plutôt dans les vallées ou en ville. Mais après, à savoir que pour les nomades vraiment qui sont avec leurs troupeaux et leur yurt et dans la montagne, c'est de la viande et les produits laitiers. Et les légumes, justement, c'est très très précieux. Et d'ailleurs, s'il y a les familles qui viennent de Bishkek pour rendre visite aux tontons et tatis nomades, en général, ce qu'ils amènent, c'est des fruits et des légumes.
- Speaker #2
Et il faut savoir aussi que le lait est tourné sous beaucoup de formes. Que ce soit le lait de vache, principalement, mais le lait de vache est tourné vraiment sur des formes très diverses de crème, de beurre.
- Speaker #1
Ils en tirent plus d'une centaine de produits différents, juste du lait.
- Speaker #2
Ils le font sécher,
- Speaker #1
ils le font sous forme de beurre. de beurre, de crème, ils en font des gâteaux, ils en font... C'est une farandole de produits laitiers qu'ils consomment au quotidien.
- Speaker #2
Mais si quelqu'un vient au Kirgui, il faut absolument qu'il goûte les borsocs. Moi, c'est mon petit pêché mignon un peu là-bas, c'est les petits borsocs trempés dans le caïma, qui est la crème fraîche locale, et ça, c'est juste un peu chaud, là, c'est... pas trop bon.
- Speaker #0
Et c'est aussi très ritualisé, j'ai l'impression. Enfin, il y a beaucoup de rituels rattachés au repas, ou par exemple, quand vous êtes dans cette famille, Tout un tas de rituels pour bénir la nourriture, pour respecter les invités, à qui on va donner en premier pour le plat. Je pense à cette tête de mouton qui arrive sur la table où on offre à Maxime la grosse cuisse. C'est vrai que c'est peut-être un petit peu différent de ce à quoi on est habitué. Donc j'imagine que les premières fois, ça doit peut-être surprendre un petit peu.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Ce ne sont pas du tout les mêmes habitudes que ce qu'on connaît nous en France ou même en Europe. Déjà, ils tuent eux-mêmes leurs animaux. Et d'ailleurs, les animaux ne sont pas tués, ils sont toujours sacrifiés. Il y a toujours un rituel, il y a toujours des remerciements pour l'animal et la viande qu'il donne. Et ensuite, effectivement, il n'est pas distribué n'importe comment. C'est même très ritualisé, je dirais. Chaque partie de l'animal va à une personne particulière. Donc, il y a les parties de l'animal qui sont toujours réservées aux plus âgés de la famille. et ensuite il y a les parties de l'animal qui vont être réservées aux invités. Et bien sûr c'est les parties d'honneur, donc Maxime avait eu le gros os de la cuisse qui est considéré comme une des meilleures parties. Et en dehors de la viande, il y a tout ce qui est viscères, entrailles, etc. Je n'écoutais pas du tout tous les termes parce que je ne mange pas du tout ça habituellement, mais eux c'est des parties vraiment très très réputées qu'ils adorent. Donc, tout ce qui est viscère, ils le mettent séparément. Ils mettent tout dans une assiette. Ils coupent tout en petits morceaux. Et cette assiette, elle passe au début du repas entre les mains de tout le monde et des invités en premier. Et donc, tu es fortement invité à choisir les morceaux de ton choix. Voilà. Et c'est pareil avec la tête du mouton. La tête, c'est pareil. C'est un morceau prestigieux du mouton. Et donc, la tête est cuite et présentée sur une assiette. Et cette assiette, pareil, passe dans les mains par ordre d'honneur, on va dire. Et tu choisis le morceau que tu veux.
- Speaker #2
Et après, pour compléter ce que tu viens de dire, c'est qu'aussi, souvent en fin de repas, il y a aussi une prière qui est dite le homine. Et souvent, c'est souvent l'invité qui le fait. C'est aussi souvent tout le temps un homme. Et voilà, un invité qui dit cette prière, qui remercie ce moment passé ensemble, qui souhaite souvent le meilleur pour la famille qu'il vient de recevoir, la famille d'éleveurs, qu'ils puissent prospérer et tout. Et aussi pour préciser que quand il y a un sacrifice d'un animal, il conserve vraiment toutes les parties et il essaie d'en tirer au maximum de chaque partie de l'animal. Donc voilà, la peau ne sera jamais juste jetée, elle devra forcément recevoir quelque chose derrière pour être revendue.
- Speaker #1
Il y a absolument tout de l'animal qui sert. La laine, évidemment, le feutre, les yourtes, les vêtements et la peau. Ils en font des cordes, ils la font sécher. Ils se servent de tout. C'est assez... C'est impressionnant à observer.
- Speaker #0
Et c'est vrai que ça peut peut-être surprendre, parce qu'on n'a pas l'habitude, mais j'aime bien quand même qu'avec tous ces invités que je reçois, où on aborde des cultures quand même assez nomades, des peuples avec beaucoup d'origine, des peuples autochtones et ainsi de suite, on voit qu'il y a une approche complètement différente avec l'animal qui est très respecté, qui est vraiment sacré. Donc je suis contente qu'on puisse le rappeler là aussi. Et peut-être là parler d'une autre famille qui a joué un rôle très important dans votre vie et dans votre aventure, la famille de Timur. Puisque donc là c'était la famille de Mérim mais il y a eu aussi la famille de Timur parce que comme on le disait vous avez voulu expérimenter le Kyrgyzstan sous toutes ses saisons. Et donc vous avez même fait un film de l'hiver dans ce pays et donc est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de... Cette rencontre avec Timur qui a commencé parce que vous vouliez partir en expédition à cheval vers le lac Sonkoul qui était gelé. Et là aussi, vous avez trouvé une deuxième famille, une troisième famille en fait.
- Speaker #1
Une troisième famille en comptant la nôtre quand même.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Mais oui, Timur, l'histoire a commencé en hiver. 2024, et on parle à Timur parce qu'effectivement, on veut expérimenter le lac glacé de Sankul au cœur de l'hiver. Et on parle à Timur et on lui dit, écoute, peut-être qu'on pourrait partir avec toi quand tu penseras que ce serait possible. On sait qu'on peut venir te rencontrer chez toi. Et Timur nous dit juste à ce moment-là, donc il ne nous connaît pas du tout. on parle juste par message et il nous dit écoutez venez chez moi et ensuite on verra et on lui dit d'accord c'est juste qu'on veut pas s'imposer chez toi voilà sinon on peut peut-être louer quelque chose dans ton village et puis voilà et lui il nous dit non non venez chez moi peu importe le temps que ça prendra peu importe le temps que vous resterez ma maison c'est votre maison il nous dit juste ça et vraiment ça Et je me souviens, quand on lit ce message, on est dans un bus, je crois, ou je ne sais plus où. Et j'ai trouvé ça important. Ça fait déjà plusieurs mois qu'on est au Kyrgyzstan. Et je trouve ça, à ce moment-là, encore incroyable qu'un inconnu dise à deux autres par message « Vous ne posez pas de questions, juste venez chez moi et restez le temps que vous voulez et on verra pour la suite. » Et donc, voilà, on rejoint Timur et sa famille chez eux. On arrive. Sans aucun plan, sans savoir ce qui nous attend. Juste, c'est l'hiver et on est dans son petit village et on est trop contents. Et ils nous accueillent comme des membres de la famille, sans se poser de questions. Ils ont organisé un grand repas pour nous le soir, parce qu'ils veulent qu'on soit contents d'être là. Et voilà, on partage ce premier repas tous ensemble. C'est l'anniversaire du petit frère de Timours. Sans être fait exprès, on partage aussi l'anniversaire du petit frère ce soir-là.
- Speaker #2
Je précise, mais il nous donne quand même une chambre. à tous les deux, on donne leur chambre, parce que c'est quand même une maison qui a toutes les pièces qu'on a par chez nous, mais par contre, niveau chambre, c'est quand même soit des familles qui dorment soit ensemble, les parents séparés, mais eux, ils sont trois frères, donc les trois frères souvent dorment ensemble, Timon est plus âgé.
- Speaker #1
C'est une famille qui est nomade, et l'été, ils dorment dans leur yurte, et l'hiver, ils ont leur maison d'hiver dans ce village. Mais ils gardent quand même le principe, le mode de vie des yurtes, c'est-à-dire dormir un petit peu tous ensemble.
- Speaker #2
Nous, on a quand même une chambre. Et pendant que les petits frères dorment sur des matelas, avec le sol dans leur salle à manger, mais ça, c'est une pratique assez courante en année centrale. On a quand même ce privilège d'avoir une pièce ringue pour nous et une chambre. Du coup, c'est très gentil de leur part de nous mettre ça à disposition parce qu'on ne sait pas tout le temps où on va rester.
- Speaker #1
C'est ça. Et voilà, il y a tout un quotidien qui va venir s'installer hyper naturellement, finalement, sans aucun plan ni rien, avec eux, chez eux. Et on va passer longtemps, finalement, à partager leur vie chez eux.
- Speaker #2
Un quotidien vraiment, mais tout simple, parce qu'en fait, l'hiver, il faut imaginer que dans ces pays où ils vivent principalement de l'élevage, l'activité est quand même un peu plus ralentie. Donc voilà, nous, ce qu'on fait, c'est juste qu'on peut participer à ce quotidien un peu plus doux, entre guillemets. de façon la plus simple possible, en pouvant leur rendre service. Donc, pour illustrer, le matin, on se lève, ce qu'on fait, c'est qu'on ramasse les crottes qu'ont laissées leurs chevaux dans leur jardin, parce qu'après eux ils vont l'utiliser comme euh On produit compost autre l'été prochain. Donc voilà, on ramasse le fumier d'un peu des chevaux. On aide un peu justement les chevaux pour aller boire, pour aller manger, tout ça. On les aide s'il y a des réparations à faire. Enfin vraiment, on vit des choses comme eux, ils le font. On joue aux cartes, on prend nos repas tout doucement. Et voilà, c'est un quotidien tout doux qui s'installe juste naturellement. Et ça fait juste du bien aussi de faire quelque chose de, tâche entre guillemets, très simple. Poser un peu le cerveau et juste suivre aussi un mode de vie qui est un peu... Un peu différent d'une autre habituellement.
- Speaker #0
Et je suis assez curieuse, je me demande, là justement, quand vous avez tous ces repas avec ces familles, donc il y a quand même cette barrière de la langue, même si des fois, vous tombez quand même pas mal dans des familles où il y a soit un frère ou une sœur, ou un oncle, un cousin qui parle assez bien anglais. Est-ce que vous avez eu des moments où vous avez pu aborder peut-être des questions assez philosophiques ? Je ne sais pas, est-ce que vous leur avez parlé de valeur, d'amour ? Est-ce que des fois, il y a des petits échanges comme ça qui vous ont marqué avec eux ?
- Speaker #1
Je dirais que c'est davantage par rapport au mode de vie. Parce qu'on a des modes de vie tellement différents. Et nous, on est curieux de connaître leurs ressentis justement par... On leur dit « bon mais là, c'est l'hiver, tu es dans ta maison en dur » . Est-ce que tu es content ou est-ce que tu préfères l'été quand tu es dans la yurte et en pleine nature ? On aime bien recueillir leur avis par rapport à ça. Et moi, là, ce qui me vient de suite à l'esprit, c'est plus autour justement de cette notion de vivre un peu, quand tu es nomade, de vivre avec les ressources, avec ce qui t'entoure et tu fais avec ce qui t'entoure et tu ne cherches pas à adapter les choses pour que ce soit autrement. Eux, par exemple, ils tuent leurs animaux, ils mangent la viande qu'ils élèvent. Et souvent, ils tuent les animaux devant nous, d'ailleurs. Et souvent, c'est des moments où nous, si on a commencé un petit peu à filmer avec eux ou autre, on leur dit, tu vois ça, je ne vais pas le filmer directement parce qu'en Europe, ça pourrait choquer de voir des images comme ça où l'animal se fait tuer. Et souvent, ils sont hyper surpris. Ils disent, ah bon, mais pourquoi ? Parce que depuis qu'ils sont petits, ils voient... les parents, prendre la brebis et la tuer. Et voilà, et c'est normal parce qu'après, ils vont manger cette viande. Donc, c'est normal qu'ils voient le processus. Et donc, on leur explique qu'en France, c'est très différent, que tout ça, c'est assez caché finalement. Et puis que de toute façon, les gens, en général, ils n'élèvent pas les animaux qu'ils mangent, que c'est plutôt des très, très grands troupeaux et qu'ensuite, ils vont dans des abattoirs. Et ça, cette notion d'abattoir aussi, je me souviens de la première fois où on en a parlé aussi avec la famille de Mérim. Et ils étaient choqués, en fait. Ils étaient choqués que des endroits comme ça existent, eux qui sont éleveurs et qui vivent dans leur yurte, dans leur montagne, toute l'année. Et ils nous disent, mais c'est quoi ? Et on leur dit, c'est des grands endroits où on en voit énormément d'animaux. Et voilà, c'est quelqu'un d'autre qui les tue, en gros. Donc voilà, c'est vrai que ça fait prendre beaucoup de recul aussi sur toi, tes propres pratiques, ton mode de vie. Donc moi, c'est quelque chose de... qui m'est resté ce genre de discussion ?
- Speaker #2
Oui, moi, ce qui me revient, c'est surtout les notions aussi un peu de... Ça peut peut-être être un peu du bonheur ou alors du confort qu'ils ont aussi. Et souvent, quand on leur demande est-ce que vous aimeriez avoir plus de choses ou autre, ils sont vraiment quand même souvent assez heureux avec ce qu'ils ont actuellement. Ça ne veut pas dire qu'ils veulent plus ou autre. C'est juste qu'en ce moment, on a souvent des familles qui nous disent qu'ils sont quand même... Voilà, la première Timon était quand même... hyper heureuses de leur maison, de ce qu'ils ont. Et de suite, ils ne sont pas du tout à nous dire j'aimerais avoir ça, ça et ça. Je pense que leur centre d'intérêt ou leur niveau de bonheur se met sur des échelles qui sont un peu différentes de nos codes, on va dire. Et donc, ça fait juste du bien de voir des gens juste heureux dans ce qu'ils font, dans ce qu'ils ont aussi. Puis le lien avec la famille est quand même assez marquant, je trouve. Ils sont quand même très, très liés entre eux. besoin, chaque membre de la famille a besoin d'un de l'autre un peu dans leur quotidien donc ça c'est des choses qui font du bien,
- Speaker #1
qui centrent un peu les relations aussi humaines, notamment côté famille,
- Speaker #2
ils sont toujours contents de parler de leurs frères, de leur tante puis un grand respect en plus des membres plus âgés de la famille aussi, donc voilà entre frères il y a un respect aussi au plus grand après il y a le respect des parents, des grands-parents et ça ça fait du bien aussi à entendre et à voir surtout les gestes qu'ils ont envers eux, ça fait vraiment du bien
- Speaker #0
Et c'est intéressant ce que tu dis par rapport au bonheur parce que Merci. Encore une fois, pas que je veuille regrouper des cultures ou quoi que ce soit, mais dans ces peuples qui sont un peu plus nomades, les peuples autochtones, j'ai l'impression qu'il n'y a pas cette quête du toujours plus, où en fait ils vont être vraiment contents de ce qu'ils ont et ils ne vont pas chercher à vouloir plus. Tandis que j'ai l'impression peut-être dans notre culture, ça va être beaucoup à rêver plus grand, à vouloir plus de ci, plus de ça, et qu'en fait ils se contentent de ce qu'ils ont dans ces cultures-là, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Ouais, après pour le Kirghizistan, je dirais que, évidemment, il y a tout ce qui est en rapport avec la culture nomade, vivre dans la nature et tout ça, et de souvent dire que les gens sont heureux avec ce qu'ils ont. Je dirais que quand même pour nuancer, la société de consommation, elle est beaucoup plus présente en France et en Europe, mais qu'elle est présente aussi là-bas, chez les nomades, ils connaissent les derniers modèles d'iPhone, et ils ont envie d'en avoir un. enfin voilà, c'est pas un endroit aussi reculés ou des gens aussi coupés du monde qu'on pourrait l'imaginer pas du tout même mais je pense par contre que toujours par rapport à cette question de sur ce qu'ils préfèrent entre vivre dans leur maison avec tout le confort l'hiver ou être dans leur yurte l'été du coup est ce que c'est pas dur de quitter un confort pour pour justement vivre un petit peu de rien entre guillemets dans une yurte vivre juste avec ce que tu as autour de toi et en fait ce qui ressort c'est que Ils ne ressentent pas ce manque du confort ou des appareils, de l'électroménager ou autre, parce qu'ils disent que les moments où ils sont dans les yurts, c'est aussi des périodes de l'année et de leur vie où ils vivent profondément en harmonie avec la nature. Et ce sentiment-là, en fait, c'est ça qui leur suffit. Et à ce moment-là, ils n'ont pas besoin de... Ça leur apporte naturellement un bonheur et ça suffit en fait, parce que c'est un vrai bonheur. Et ensuite, l'hiver, ils changent et ils retrouvent une autre source de bonheur. Et ça leur va aussi.
- Speaker #2
Forcément aussi, ils aspirent à des conditions de vie aussi, des fois qui sont meilleures. On ne va pas se mentir, pour certains éleveurs, les conditions sont très dures toute l'année. Donc, ils aspirent quand même aussi à avoir des fois un peu d'aide ou juste avoir des choses. Un tout petit peu plus, pas forcément avoir la grande vie là, ça c'est sûr. Mais juste dans leur quotidien, pouvoir continuer à le faire, mais dans des conditions qui leur conviennent à 100%. que beaucoup souhaitent aussi parce qu'ils sont aussi touchés par l'inflation, par la hausse des prix sur plein de choses. Donc voilà, ils sont contents. Mais comme tout le monde, comme nous aussi, ils espèrent toujours aussi un petit peu plus, un petit peu mieux entre guillemets pour eux et surtout pour leur famille.
- Speaker #0
Oui, merci beaucoup d'avoir permis de nuancer ces propos-là. Et justement, de parler de ces deux modes de vie, ça me fait penser à la transhumance. Et pour nous expliquer cette fameuse transhumance, encore une fois, on revient à la famille de Timour parce que là, vous avez passé l'hiver avec eux. Et vous leur aviez fait cette promesse de revenir pour les aider avec cette fameuse transhumance. Est-ce que vous voulez bien nous expliquer ?
- Speaker #1
Oui. Donc là, comme on l'a expliqué, c'était une période bien particulière de l'année qu'on a partagé avec eux. C'était l'hiver. Et donc, il est bien arrivé un moment où on a dû partir. Et en partant, on s'est évidemment promis de se revoir. Et on leur a dit, quand on se reverra, peut-être que ce sera au printemps. Et on viendra avec notre maison, c'est-à-dire notre 4x4 Cellule. Et on sait à quelle période de l'année ils bougent à peu près. Et on leur a dit, on vous promet qu'on viendra et qu'on vous aidera pour votre transhumance. On sait que c'est une période qui peut paraître, c'est peut-être un événement qui peut paraître cool à vivre pour nous, mais pour eux, c'est quand même un sacré challenge à chaque fois. Et c'est beaucoup de travail, beaucoup de fatigue. Donc voilà, on savait que ce serait tout bonus de les retrouver, de partager des moments ensemble, de nouveaux moments ensemble. et de les aider pour cette fameuse transhumance. Et donc la transhumance pour eux, ça dépend des nomades, ça dépend des pays aussi, parce qu'en Mongolie, ils ont tendance à bouger beaucoup plus souvent, des fois tous les deux mois ou les trois mois. Au Kyrgyzstan, c'est plutôt deux fois dans l'année pour généraliser. Et c'est pour ça qu'on dit, qu'on emploie souvent le terme d'ailleurs semi-nomade pour les Kyrgyz et pas nomade, si on veut être exact. Et donc deux fois dans l'année, au printemps et à l'automne. Ils changent d'endroit pour vivre et ils amènent tout leur yurt, tout ce qu'il faut pour monter leur campement dans les montagnes au beau jour quand la neige est partie. Voilà, pour s'installer, pour passer l'hiver là-haut, pour amener leurs animaux, évidemment, c'est la raison première, pour qu'ils puissent pâturer avec une herbe toute fraîche et prendre plein de nouvelles forces pour ensuite passer un nouvel hiver plus bas dans les montagnes.
- Speaker #0
Et donc ça, ça a dû être quand même une sacrée expérience parce que vous les avez accompagnés tout au long de cette transhumance avec cette espèce d'engin sorti tout droit de l'ère soviétique avec, c'est pas un 4x4 mais un 6x6, je ne sais même pas comment on explique ça. Et du coup vous avez appris à démonter, remonter une yourte, c'était quelque chose de vraiment intense et puis là vous étiez vraiment au cœur de leur quotidien, de leur culture. Ce n'est pas quelque chose que les touristes sont amenés à faire ou quoi que ce soit.
- Speaker #1
Là, oui, c'est un très gros plongeant dans la culture kirghiz pour le coup. Et oui, ce camion, c'est drôle parce que c'est un très, très vieux camion de l'ère soviétique. Et ce n'est pas un camion, c'est un monstre. Vraiment, le premier jour où on le voit arriver, ça fait vraiment un monstre d'acier capable de transporter plusieurs yurts et tout le matériel qu'il faut, et nous, sur son dos. Et c'est un très vieux camion, mais pour eux, c'est assez nouveau finalement de faire comme ça parce qu'il y a encore quelques années, c'était encore avec les chevaux, voire les chameaux si on remonte encore un peu plus loin. Donc là, pour eux, c'est la solution très high-tech de faire ça avec ce vieux camion russe. Donc, évidemment, tout le voyage avec ce camion à travers les montagnes, c'est plusieurs heures. En tout, c'est une journée. C'est assez mémorable, on va dire. C'est épique. On part très tôt le matin. Là, il fait encore nuit quand on part. Et on va tout passer. On va passer des rivières, on va passer de la boue, on va passer des pentes. qu'on n'aurait jamais pensé que ce gros camion puisse grimper, jusqu'à arriver à leur campement d'été. Et là, à partir de là, c'est un énorme travail qui va prendre toute une journée supplémentaire. Et oui, il faut qu'on construise le nouveau camp où ils vont vivre. Et donc, au total, c'est six yurts. Donc, c'est quand même énorme, sachant que ça prend environ deux heures. je dirais ça dépend si c'est Timur ça prend 2 heures mais non je rigole normalement nous ont dit les kirghiz un expert des yurts en 45 minutes c'est monté on va dire une heure vraiment de A à Z du début à la fin il y a toute une phase de tâtonnement parce que c'est pas comme les yurts en Mongolie il n'y a pas deux poteaux centraux pour soutenir le toit de la yurte en fait c'est vraiment une armature en cercle qui vont déplier Et ensuite, il y a ce fameux tunduk et il faut les lever à l'aide de bâtons. Et il faut qu'ils soient placés exactement au milieu du cercle, parce que sinon, au fur et à mesure, on va mettre tous les bâtons qui joignent la structure circulaire au tunduk. Et à un moment, s'il est un petit peu trop décalé à droite ou un petit peu trop décalé à gauche, les bâtons, ils ne sont pas expansibles. Donc, tout simplement, ils ne pourront pas rentrer. Donc, il y a toute cette phase de tâtonnement pour essayer de trouver l'espace, la mesure idéale. Et ensuite, il y a beaucoup de couches différentes de feutres, de couvertures étanches aussi. Et il y a énormément de cordages, de nœuds dans tous les sens. Donc voilà, de 1 à 2 heures, la taille des yurts aussi.
- Speaker #2
Je pense qu'on était une petite dizaine, mais il n'en fallait pas moins pour pouvoir tout faire.
- Speaker #0
Donc oui, c'était vraiment un événement incroyable cette transhumance, quelque chose de très technique. Et même en fait, si on conclut un petit peu cette rencontre et tous ces événements passés avec la famille de Timur, c'était vraiment intense et puissant parce que même avant de vous être lancé dans cette transhumance, de les avoir retrouvés, vous avez pu leur montrer le film que vous avez fait justement de cet hiver que vous avez passé avec eux. Et il me semble qu'ils vous ont fait un cadeau inestimable à ce moment-là.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
c'était assez drôle parce que du coup, on est revenu les voir. Tout content parce qu'on s'est dit, pour une fois, c'est nous qui allons leur faire des surprises et leur offrir des petites choses. Parce qu'on avait regroupé plein de petites choses qu'on avait pu préparer tout ça à l'avance. On avait imprimé une jolie photo. On avait le film, évidemment, à leur montrer en mode petite séance de cinéma privé. Et on avait plein d'autres petits cadeaux, de choses qu'on savait qui leur feraient très plaisir. Donc, on était tout fiers d'arriver avec ces cadeaux-là. Et on leur a offert ces cadeaux. Sauf qu'ils nous ont fait un cadeau auquel on ne s'attendait pas du tout et qui a dépassé de loin tous les petits cadeaux qu'on était contents de leur offrir.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai qu'ils nous ont un peu pris au dépourvu.
- Speaker #1
Ils nous ont pris de court.
- Speaker #2
Ils sont venus là tous bien habillés, gentils, autour du 4x4. Et nous, on était en train de faire de la mécanique ou de cuisiner. Et on s'est dit qu'ils voulaient nous annoncer quelque chose. Donc, on sort et là...
- Speaker #0
Et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir quel est ce cadeau inestimable qu'ils ont reçu de cette famille tyrguise. Cet épisode était si riche qu'il était plus sage de faire une pause. Donc dans le prochain épisode, Delphine et Maxime vous partageront aussi leur philosophie de voyage, les dessous de cette nouvelle vie nomade qu'ils mènent et leur vie de couple dans toute cette aventure. Donc n'oubliez pas de vous abonner au podcast pour ne pas louper la suite et de laisser un commentaire et 5 étoiles, ça m'aide énormément. Merci à vous, merci pour votre écoute. À bientôt !