- Speaker #0
Bienvenue sur Good Visa, le podcast voyage. Aujourd'hui, partez en Sierra Leone avec Thomas. Après quelques années d'expatriation en Côte d'Ivoire, il se lance un défi fou, descendre en solitaire la rivière Roquel, le plus grand cours d'eau du pays. 17 jours, 365 km en pack apte, à la rencontre des villageois, des orpailleurs et de la jungle luxuriante. Cet épisode est une invitation à repousser ses lumières. Je m'appelle Camille. et je vous souhaite une bonne écoute, ou plutôt un bon voyage.
- Speaker #1
Bonjour à tous,
- Speaker #0
bonjour à toutes, bonjour Thomas !
- Speaker #1
Hello, hello Camille, comment tu vas ?
- Speaker #0
Bien et toi ? C'est vrai que c'est moi qui pose la question d'habitude. Comment te sens-tu aujourd'hui ?
- Speaker #1
Super, en pleine forme et j'ai super hâte d'attaquer ce podcast avec toi. Un peu stressé, mais quand même super hâte.
- Speaker #0
Tout va bien, ça c'est, t'inquiète pas. Et encore merci à toi de prendre ce temps, parce qu'en plus, voilà, ça faisait vraiment un moment que j'avais envie qu'on puisse échanger, puisque tu vas nous raconter une aventure assez exceptionnelle, la descente en solitaire du plus grand cours d'eau du Sierra Leone, la rivière Roquel, sur 17 jours, 365 km en packraft. Donc j'ai vraiment hâte qu'on plonge dans tout ça. Avant toute chose, est-ce que tu veux bien te présenter avec tes propres mots pour celles et ceux qui ne te connaissent pas forcément ? Petit challenge, si tu veux bien terminer en nous disant comment te décrirais ton entourage ?
- Speaker #1
Waouh, waouh, waouh, question extrêmement difficile. Bon, je vais commencer avec la présentation. Je m'appelle Thomas, j'ai 30 ans. Je vais dire que je me considère comme un fan de voyage, un grand voyageur depuis que je suis tout petit. Et depuis peu, depuis quelques années, on va dire aventurier à mon humble niveau. Et peut-être aspirant, je dirais explorateur à terme. En tout cas, je travaille sur d'autres projets pour tenter de m'en rapprocher. Et comment me décrirais mes proches ? C'est une question, je pense, très difficile, il faudrait leur demander. Mais je pense, je dirais quelqu'un d'assez positif, optimiste, peut-être de temps en temps poussé à son paroxysme, mais je dirais optimiste, rempli d'énergie, un peu hyperactif aussi. Et voilà, donc ça c'est du côté des qualités, on va dire en termes de défauts, peut-être un peu déstructuré, désorganisé, un peu chaotique. J'essaie de maintenir un juste équilibre, on va dire.
- Speaker #0
Trop bien, mais merci de t'être prêté à l'exercice. Donc peut-être avant de rentrer dans cette aventure, comprendre en fait comment on se retrouve à partir dans le Sierra Leone, qui est un pays en plus qu'on connaît quand même peu, je pense. Je pense pouvoir parler pour l'audience, et c'est pour ça aussi que je suis tellement contente qu'on puisse en parler. Donc en plus, toi, tu vas peut-être nous expliquer et raconter à l'audience. Tu avais quand même déjà visité pas mal de pays en Afrique, c'est pas sorti de nulle part, donc est-ce que tu peux nous... Vous expliquez un petit peu ce cheminement.
- Speaker #1
Tout à fait, exactement. Donc, ça faisait un peu plus sens, on va dire, dans le sens où à l'époque, en fait, j'étais expatrié en Côte d'Ivoire. Donc, je vivais à Abidjan, qui est la capitale économique. Et c'est là-bas que j'ai commencé, en fait, à... Mes amis m'ont offert un kayak pour mon anniversaire. J'avais fait du lobbyisme les quelques mois en amont. J'avais préparé le terrain. Mais voilà, ils m'avaient offert un kayak. C'était un rêve, on va dire, que j'avais depuis un certain nombre d'années. J'ai commencé à explorer des fleuves un peu en Côte d'Ivoire. Donc, des petites sections au début. Je n'ai jamais pris de cours de quoi que ce soit. donc des sections calmes, des sections sur une journée, deux journées, et ainsi de suite, je suis allé creuser des fleuves de plus en plus loin à Côte d'Ivoire, et un jour, j'avais quelques semaines de vacances, une dizaine de jours, donc j'ai commencé sur Google Maps à élargir un peu la carte, et à regarder ce qu'il y avait autour, en dehors de la Côte d'Ivoire, à regarder à l'échelle d'Afrique de l'Ouest, ça a commencé avec un premier projet en Casamance, sur le fleuve éponyme Casamance, et ensuite, cette fois-ci, une période un peu plus longue, j'ai mis... toutes mes vacances dessus, j'avais trois semaines et j'ai vu ce petit pays, c'est un pays relativement petit par rapport à la Côte d'Ivoire, par rapport au pays en Afrique de l'Ouest et je suis tombé sur la Sierra Leone, donc c'est un nom qui pour moi évoquait beaucoup de choses des brides d'histoires que j'avais entendues mais pas mal de mystères et je me suis dit, j'ai creusé derrière, j'ai lu, je me suis documenté un peu de bouche à oreille avec quelques voyageurs et je savais que ça allait être le pays parfait en tout cas pour lancer cette aventure
- Speaker #0
Et est-ce que toi, tu avais déjà fait un petit peu du bivouac, ce genre de choses par-ci, par-là aussi avant ?
- Speaker #1
Oui, je pense un peu comme tout le monde globalement, parce qu'une aventure, c'est extrêmement large. Comme tu le dis, ça peut être un week-end aller bivouacer, même sur une journée, aller partir en montagne, aller sur un fleuve, même s'aventurer derrière la maison, dans le jardin. En fait, c'est très large pour moi, la définition même d'aventure. Et j'avais commencé moi, du coup, à mon niveau avec mes amis. à partir du coup, à faire plein de week-ends en Côte d'Ivoire, c'est génial, c'est un pays sublime, avec pas forcément du tourisme de masse, donc c'est partir sur la côte, sur la côte ouest, partir dans l'arrière-pays, aller rencontrer les gens, aller s'aventurer un peu en dehors des sentiers battus, et le... on va dire le truc que j'ai trouvé en tout cas, enfin j'ai rien inventé, je n'ai pas inventé le Ausha, mais ça a été, il y a eu un fort, on va dire une connexion forte avec les fleuves, où en fait j'ai trouvé une sorte d'autoroute naturelle qui te permet de sortir en dehors de ces sentiers, et de partir surtout à la rencontre des gens, et ça a commencé avec plein de petites aventures comme ça en Côte d'Ivoire sur plein de fleuves, et j'ai été piqué en fait, et j'ai commencé après à développer cela on va dire de manière un peu plus structurée.
- Speaker #0
Et c'est vraiment très drôle quand même, la Côte d'Ivoire, je me permets la petite parenthèse, je me dis peut-être qu'on sera amené à refaire un épisode là-dessus, parce que tu maîtrises quand même très bien ce pays que tu connais. Parce qu'en fait, mon grand-père est né en Côte d'Ivoire et il était marin et par son travail, du coup, il a pu retourner y vivre. Mon père a vécu en Côte d'Ivoire, donc vraiment, tu vois, de t'entendre en reparler, je me dis, voilà, petit teasing pour la suite.
- Speaker #1
C'est extraordinaire, mais on pourrait en parler, mais on ne sera pas le sujet. Mais on pourrait en parler pendant des heures. Pays extraordinaire. Il faut absolument que tu y ailles et que la plupart des gens, globalement, y fassent un tour. Pays extraordinaire. Les gens sont incroyables. Et je crois encore un manque de connaissances globale sur la Côte d'Ivoire. Non, pays extraordinaire.
- Speaker #0
Trop bien. Mais voilà, je disais aussi, toi, tu n'étais pas au courant qu'on va peut-être refaire un épisode ensemble. Mais voilà.
- Speaker #1
Avec grand, grand plaisir. Avec grand, grand plaisir.
- Speaker #0
Et du coup aussi, j'aime beaucoup que tu... te sois arrêtée sur cette notion de l'aventure peut être partout, on en parle pas mal quand même avec certains de mes invités, de pousser l'audience aussi à partir faire des micro-aventures au quotidien, et ça me fait beaucoup sourire aussi que tu parles de Google Maps comme ça, de cette exploration, d'aller errer sur les cartes, c'est quelque chose qui revient, mais j'ai tellement d'aventuriers que je reçois. Donc c'est chouette de voir que là on est tous là à rêver sur les cartes, et du coup toi, est-ce que Est-ce que tu avais des connaissances en particulier avant sur ce pays, sur le Sierra Leone ?
- Speaker #1
Oui, un minimum, un chouïa. Alors, je ne me prétends absolument pas expert, historien, ethnologue, quoi que ce soit, mais j'ai développé de base, j'ai une curiosité, on va dire, et une appétence pour l'histoire, pour la géopolitique en Afrique francophone, donc principalement en Afrique de l'Ouest, et en ce moment, je suis en train de développer sur l'Afrique centrale. Mais j'avais commencé à creuser ça sur l'Afrique de l'Ouest, et donc de base, je trouve qu'il y a une méconnaissance sur... des pays avec lesquels on a un lien historique qu'on le veuille ou non et je trouvais ça un peu dommage en vivant bien entendu en Côte d'Ivoire j'ai commencé à développer cela et après en Afrique de l'Est je trouve qu'il y a encore moins d'informations sur les pays anglophones ou les pays même lusophones par exemple avec la Guinée-Bissau et voilà donc la Sierra Leone moi forcément ça m'a déclenché cette envie d'aller creuser cette histoire et en creusant en lisant des bouquins en fait il y a une histoire qui est vraiment singulière, assez similaire un peu avec le Liberia où c'est un pays qui a en fait, il y a une rencontre entre des peuples autochtones et des esclaves afranchis, d'où le nom de la capitale Freetown, qui est remplie de symboles qui ont été renvoyés de Nouvelle-Écosse, donc à l'époque le Canada, de Grande-Bretagne, des Caraïbes aussi, de Jamaïque, et d'Afrique de l'Ouest et donc en fait, ils sont arrivés, je crois que c'est vers le 18ème, dans ce qui est devenu un protectorat à Freetown, et il y a eu cette rencontre entre ces deux peuples et qui a en fait influencé un peu toute la culture, on parle du peuple criot qui est une langue rampante rempli d'influences un peu étrangères. Il y a une histoire qui est singulière. Ce n'est pas un pays avec une histoire comme les autres. Et c'est ça, je pense, qui m'avait attiré à la base.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux peut-être le resituer sur la carte pour l'audience ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Donc en fait, la Sierra Leone, c'est un petit pays. Je dirais qu'il doit faire à peine 400 kilomètres à peu près en hauteur. Ça va être un voisin. Donc si je ne dis pas de bêtises, il y a Liberia qui est à l'est. Ça fait Côte d'Ivoire, Liberia et Sierra Leone. Au nord, il va y avoir la Guinée-Conakry. Et à l'ouest, j'ai oublié le pays qui longe de l'ouest de la Sierra Leone. Je ne me demande pas si ce n'est pas la Guinée-Conakry encore qui touche. Mais voilà, c'est un petit pays qui est localisé en Afrique de l'Ouest. Il n'y a pas beaucoup d'habitants. Je dirais comme ça, je pense un peu moins de 10 millions. Majoritairement, c'est ex-colonies anglophones. Il y a eu un protectorat et une colonie. La langue principale, c'est l'anglais. Et bien entendu, comme la plupart des pays en Afrique de l'Ouest, il y a la langue souvent du pays qui a la colonisée. Mais derrière, il va y avoir toutes les langues autochtones des locaux, donc le temné, le pandé, et ce fameux cryo, du coup, de cette population d'esclaves affranchis, où il va y avoir des influences de langues d'Afrique de l'Ouest, comme l'acan, du français, du portugais et de l'anglais. Et donc voilà, ça donne une langue richissime.
- Speaker #0
Et aussi, on parlait du nom de ce pays, qui veut dire montagne du lion. Et en creusant, j'étais quand même étonnée de voir que ce nom a été donné par un explorateur portugais. Pedro de Sintra, en 1462, où en fait, ça lui avait fait penser au rugissement du vent, des montagnes, de l'océan et ainsi de suite. Et en fait, l'ironie, c'est qu'il n'y a aucun lion sauvage dans tout le pays et c'est bien ça.
- Speaker #1
Ouais, exactement. C'est assez drôle, il n'y a pas mal de pays comme ça dans la sur-région qui vont retrouver un peu ces histoires-là, ces mythes. où ces légendes qui ne sont pas forcément connectées avec la réalité. Mais en tout cas, c'est assez impressionnant. On avait parlé un peu en amont de l'arrivée à Freetown. Pour donner un peu plus de contexte, on arrive sur l'aéroport qui n'est pas situé lui-même dans la ville. On est obligé de prendre un bateau depuis l'aéroport pour arriver à Freetown. On arrive par la mer. On est confronté à ces énormes montagnes. On dirait une sorte de... Je n'ai jamais mis les pieds à Rio, mais j'ai lu une sorte de Rio africaine avec les montagnes, les habitations qui partent en hauteur. Et il y a quelque chose de puissant, en tout cas. On prend une claque en arrivant à Freetown. C'est impressionnant.
- Speaker #0
Trop bien. Et peut-être, là, on peut plonger un petit peu. On continuera à donner des petites informations sur le pays tout au long de l'épisode. Parce qu'il y a aussi, j'imagine, toutes ces... Pas ces préjugés, mais peut-être ces idées qu'on peut se faire du pays. Parce que quand on pense Sierra Leone, on va penser aussi à Blood Diamond. Aussi, malheureusement, à cette guerre civile qui a... dont le pays porte encore, j'imagine, beaucoup les cicatrices, donc tout ce métissage culturel. Mais toi, si on reprend un petit peu dans ton aventure, donc tu arrives sur place, comment tu t'es organisé, du coup, pour le début de cette aventure ?
- Speaker #1
Alors, je dirais qu'en amont, il y a eu un travail de cartographie du fleuve. Je l'ai fait vraiment en niveau amateur, où je suis allé découper des sections du fleuve en récupérant des infos à droite, à gauche, soit avec des Sierra Leone, des expats qui sont dans les grandes villes, notamment Freetown. qui me donnait, après via les réseaux et compagnie aussi, je pouvais avoir accès à des grandes villes, qui donnaient ensuite accès à des contacts dans des villages, donc pour avoir un peu des infos sur les potences et les risques que je pouvais rencontrer, des trucs très compliqués, est-ce qu'il y a des crocodiles ou pas sur certaines sections, la criminalité, le niveau de corruption. Après, il y a tout un travail aussi sur Google Maps, on en revient du coup pour voir à peu près les rapides en haut niveau. Donc ça, c'était un premier travail de préparation en amont, et ensuite... Je me suis basé vraiment sur quelques contacts, on va dire, à Freetown en cas d'urgence, au cas où il m'arrivait quelque chose, juste par exemple, je ne sais pas, une arrestation, une agression, avoir un backup dans la capitale. Et ensuite, j'ai tout mis sur Ibrahim qui a été bien plus qu'un chauffeur, parce qu'en fait, comme souvent dans ces pays-là, c'est un mec qui est surdiplômé, qui est très smart, qui est très cultivé, et voilà, qui se retrouve à faire un taf alimentaire, un job alimentaire, et donc qui a été un chauffeur guide et qui m'a amené du coup de Freetown. jusqu'à la ville la plus au nord que j'ai pu trouver, Irafilaya. Et ensuite, il m'a abandonné. Il m'a lâché entre les mains de motards pour m'emmener vers un village. Mais voilà, ma première impression de la Sierra Leone, mon premier contact, ça a été Ibrahim, qui m'a raconté ce que tu en parlais, la guerre civile, la situation actuelle. Je lui ai fait part de mon projet, bien entendu. Il m'a rionné. Il ne comprenait pas forcément quelle était la scène, pourquoi je voulais faire ça. Il s'est un peu inquiété pour moi. Et ensuite, je me suis lancé dans mon expédition.
- Speaker #0
Trop bien. Et du coup, ce Packraft, parce que j'aime bien dans le podcast, on parle de voyages et d'aventures avec tous les transports inimaginables. Donc toi, ton Packraft, comment ça se présente en fait ? Parce que j'imagine que tu n'étais pas là à te trimballer avec ton Packraft partout.
- Speaker #1
Non, exactement. Donc Packraft, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une sorte de petite embarcation, un petit kayak gonflable en quelque sorte. Donc je ne sais pas qui a commencé réellement à développer ce genre d'embarcation, si c'est américain ou européen. Mais moi, j'avais entendu en tout cas parler d'une marque française. Et c'est une boîte qui s'appelle Mekong qui a commencé du coup à développer cette embarcation en France. J'ai rencontré, j'avais fait un stage du coup de packraft un peu pour me professionnaliser un minimum, avoir la base dans les hautes zappes. J'ai testé le matériel, j'ai adoré. Et en fait, ça s'est popularisé, on va dire un peu récemment dans le domaine de l'aventure, notamment en Afrique, parce que c'est l'embarcation parfaite quand il y a beaucoup d'étapes à sauter, que ce soit des rapides. du portage dans des conditions compliquées des rochers, de la jungle c'est compliqué de crapaluter surtout seul avec un matériel lourd comme du kayak et l'Alpacraft c'est parfait c'est replié, ça pèse 2 kilos simple tu mets ça dans ton sac à dos et tu peux partir à l'aventure et alterner de la marche du trekking, du portage et le déployer quand à nouveau tu es sur le fleuve
- Speaker #0
Trop bien, et c'est vrai qu'un des quand on en avait parlé en amont, tu m'avais expliqué que Toi, tu n'avais pas envie de juste être dans ton embarcation, partir trois semaines, juste être seul sur le fleuve, pleinement en solitaire. Tu avais aussi envie d'avoir ces rencontres avec les locaux. Et c'est pour ça, du coup, de ce que tu nous expliques, tu avais prévu quand même des stops au fur et à mesure, tout au long de ce fleuve.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Je pense que ce que je recherchais avant tout, en amont, c'était vraiment les interactions humaines, dans le sens où je ne suis pas forcément, au long de là, un fan de kayak. mais c'est pas une finalité en soi le kayak c'est plus un moyen que j'ai pu trouver à la base j'avais commencé en Côte d'Ivoire puis en Casamance et là en Sierra Leone pour rentrer en contact avec les gens donc déjà sortir en dehors des sentiers battus et rentrer en contact avec les gens parce qu'imagine t'arrives en pleine brousse en voiture dans ton 4x4 avec la clim ou je ne sais où dans quelle autre condition c'est compliqué de créer un vrai lien et là en fait t'arrives par le... Le fleuve, les premières interactions que tu vas avoir, ça va être les pêcheurs, les gens qui travaillent sur l'eau, les réparateurs de bateaux, des gens qui voyagent. Et donc, en fait, dès le début, tu vas nouer un peu un lien, parce qu'il ne se dit pas qu'il va forcément y avoir une forme de curiosité, mais ils sont quand même assez intrigués. Globalement, je caricature, mais que fait l'étranger ? Que fait le blanc en arrivant sur le fleuve ? Et la tradition, comme beaucoup de pays d'Afrique de l'Ouest, en fait, ça va être la première personne qui va te rencontrer, va te présenter au chef du village, il y a une vraie culture d'hospitalité. et en fait voilà et donc tu demandes gentiment si tu peux en fait rester sur place, camper et dans la plupart du temps si bien entendu tu es poli et respectueux en fait ils vont t'autoriser à intégrer le village, le temps que tu as envie pour te reposer en restant bien entendu courtois mais voilà en fait tu crées un lien je trouve très fort avec les gens dès le début et c'est ce que je recherchais principalement et donc vivre en fait des scènes de vie assez fortes en fait...
- Speaker #0
Et des micro-aventures, en fait, à chaque fois, dans chaque nouveau village, parce que ça devait être très différent à chaque fois, j'imagine.
- Speaker #1
Ouais, tout à fait, tout à fait. Et je ne te le cache pas, au tout début, je pense que tu peux être un petit peu en-dessus, en fait, avant d'arriver dans un village. Je ne sais pas forcément comment tu vas être reçu. Et à chaque fois, enfin, dans 95% des cas, je dirais, l'accueil est extraordinaire. Ou en fait, mais ça m'est déjà arrivé après plusieurs jours où il y a des sections où tu rencontres moins de villages, où tu es dans des conditions... assez compliqué ou physiquement t'es éprouvé et en fait t'arrives tu demandes juste toi si globalement en quelque sorte tu peux t'arrêter, mettre ta tente, t'as ton matériel t'as un peu ta nourriture et tout et les gens t'accueillent, les gens t'aident à porter ton matériel te proposent du coup de te nourrir c'est des émotions extrêmement fortes et dans la plupart des scénarios il y a un accueil qui est incroyable il y a des discussions très profondes il y a des interactions fortes et en fait tu partages du coup la vie du village tu vas aider sur les tâches dans l'après-midi tu vas jouer avec les enfants Et c'est incroyable. Et souvent, ce qui va même te faire beaucoup de mal, c'est qu'en fait, toi, tu as ton itinéraire, il est planifié, il y a des distances à abattre. Et en fait, ça m'est arrivé plusieurs fois de tomber dans les villages où la caille a été extraordinaire. J'ai créé des liens très forts. Souvent, il y a des contacts que je maintiens, même encore aujourd'hui. Et en fait, de devoir partir le lendemain où les jeunes, les parents me demandent juste reste un jour en plus, s'il te plaît. Donc, c'est assez déchirant, mais c'est extraordinaire. C'est vraiment extraordinaire.
- Speaker #0
Et forcément, je pense à une émission qu'on aime bien tous les deux, Rendez-vous en Terre inconnue. Est-ce que tu n'avais pas l'impression à chaque village de faire une nouvelle émission Rendez-vous en Terre inconnue ?
- Speaker #1
Mais ouais, on en a déjà parlé. Je pense que c'est une énorme source d'inspiration. C'est concrètement ce que j'ai essayé de reproduire à mon humble échelle. C'est de créer des relations très fortes où il va y avoir de l'humain. C'est profondément des moments d'humanité où tu vas avoir de la solidarité. de la fraternité, de l'hospitalité. Et je trouve que c'est très compliqué dans nos sociétés actuelles, même en voyageant, tu peux aller à l'autre bout de monde, c'est très compliqué de retrouver cela, et de rentrer en contact et de pouvoir nouer ces moments assez forts. Et pour l'instant, c'est le moyen que j'ai trouvé, et c'est ce qui drive un peu tous ces voyages à chaque fois. Mais ouais, grandes sources d'inspiration, bien entendu, rendez-vous en interne.
- Speaker #0
Et est-ce que tu te rappelles maintenant de ton premier village, la première rencontre ? Parce que je suis en train de m'imaginer la scène, ça doit être hyper impressionnant, le premier arrêt que tu as dû faire, où tu te dis, il faut que j'aille voir le chef du village, ça doit être, comme tu le disais, hyper impressionnant.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Le premier village, c'était assez drôle, assez cocasse, parce qu'en fait... donc je suis parti quasiment de la source, c'était compliqué d'y accéder, donc je suis parti quasiment de la source, donc tu as les premières zones navigables, donc tu n'as presque pas d'eau pour commencer à ramer, et ensuite voilà le fleuve s'élargit et là ça part, et en fait il y a eu 2 à 3 jours du coup sans village, donc là tu dors en tente et compagnie, donc c'est moi qui suis quand même assez social, mes amis tu vois pour revenir un peu comme on écrit, je pense aussi très bavard, donc c'est compliqué en fait, tu passes 7 heures à ramer seul en fait par jour du coup sur ton packraft, donc évidemment tu as envie, tu as une profonde envie d'avoir du... du contact social. Et arrive du coup, donc j'avais mappé sur la carte, sur Google Maps, ce village. Et arrive ce moment. Et donc, il y a beaucoup d'attentes, en fait, pour avoir ces moments-là. Et comme tu le dis aussi, un peu de stress, en fait, parce que tu ne sais pas, en fait, comment les gens vont te recevoir. Et pour mettre un peu plus, donner un peu plus de contexte, en fait, la Sierra Leone, il y a plusieurs choses. Du fait que ce ne soit pas touristique. Et là, on n'est même pas au sud de la Sierra Leone, on est au nord, à la frontière guinéenne. Donc, il n'y a pas d'étrangers. Du fait de la guerre civile que tu as évoquée, en fait il y a une crainte de l'étranger où en fait ils se disent le touriste n'existe pas là-bas donc en fait un mec encore plus qui débarque sur le fleuve il est suspicieux J'ai eu plusieurs mésaventures comme ça. Mais en fait, le premier village, je me rappelle très bien, ils m'ont suspecté soit d'être un missionnaire riche, soit d'être un orpailleur. Parce qu'il y a beaucoup de richesses qui ont été souvent aussi exploitées par des gens de mauvaise intention. Et donc, il ne fallait montrer pas de blanche. Expliquer, écouter les gars. Donc, tu arrives avec ton matériel, tu as la machette et compagnie. Il y a un blanc qui arrive sur le fleuve. Ils faisaient gaffe. Et donc, montrer pas de blanche, montrer souvent des photos, des vidéos, montrer l'embarcation aussi. Ça les fait marrer derrière. ils comprennent un petit peu. Et voilà, et arriver en tout cas à crever l'abcès dès le début, à rigoler un peu et voilà. Et ensuite, tu débloques, on va dire, la deuxième phase où là, tu étais reçu dans des conditions vraiment incroyables par le chef du village, le président des jeunes, les familles. Ils te proposent un logement la plupart du temps. Moi, j'arrive pour demander simplement ma tante pour poser ma tante. J'ai ma nourriture de mon côté. Impossible, impossible. En cas à manche, j'étais parti avec des stocks de lyophilisés, mais monstrueux. Je n'y ai presque pas touché en fait, parce qu'à chaque fois, ils t'invitent. et il le prendrait extrêmement mal que tu refuses en tout cas d'aller manger à la table et c'est les moments que tu vas rechercher en tout cas mais voilà un peu d'anxiété faut arriver à négocier un peu à montrer voilà qu'est-ce que je suis concrètement et que t'es pas mal intentionné et ensuite t'arrives sur une deuxième phase où tu découvres l'hospitalité incroyable
- Speaker #0
je m'y vois complètement et est-ce que tu peux peut-être nous décrire alors peut-être pas forcément le premier mais est-ce qu'il y avait un fil commun on va dire sur euh... la façon dont étaient construits ces villages, les endroits où tu dormais, pour que l'audience visualise un petit peu plus.
- Speaker #1
Oui, franchement, c'était assez magnifique. Il y a encore plus dans le nord, où en fait, c'est pour essayer de s'imaginer un peu les paysages. Il y a le fleuve, il va y avoir les montagnes autour. En fait, c'est extrêmement vallonné. Il y a une jungle qui est sublime, c'est luxuriant. Et on va avoir, un peu en hauteur sur les berges, ces petits villages. Donc, on va avoir... pas forcément des cases que les gens peuvent s'imaginer, mais des maisons en briques. Et donc, avec ces petites maisons en briques, il y avait une allée principale, souvent, qui va rejoindre le fleuve, où les gens aussi vivent beaucoup de l'activité sur le fleuve, à travers de la pêche, vont se balader, vont voyager à travers le cours d'eau. Et donc, on va avoir des paysages impressionnants. Souvent, il y a un terrain de jeu pour les enfants, il va y avoir un puits, il y a des arbres avec des fruits de tous les côtés. C'est des petits paradis. Visuellement, c'est sublime, c'est extraordinaire.
- Speaker #0
Et oui, parce qu'en plus, c'est vrai que j'ai envie de dire le Sierra Leone, mais non, on dit la Sierra Leone. C'est un des pays les plus humides au monde. Il pleut trois à six fois plus qu'en France. Et effectivement, tu parlais de cette jungle luxuriante. Le territoire, il y a plus de 30% qui est recouvert justement de ces forêts tropicales. Il me semble aussi que c'était important pour toi quand même cette notion de sensibilisation, d'en parler un petit peu plus aussi de tout cet aspect environnemental, parce que malheureusement, même si tu as pu voir toute cette forêt, il y a aussi toute cette déforestation qui est de plus en plus présente dans ce pays. Mais en termes de pollution de ce fleuve, est-ce que ça aussi, ça t'a marqué peut-être à ton arrivée ?
- Speaker #1
Bien sûr, non mais tu as tout à fait raison. Il y a un truc qui m'a vraiment marqué, deux choses qui sont assez visuelles et encore plus impactées quand tu es sur le fleuve. C'est quelque chose que je connaissais un peu en Côte d'Ivoire, mais là, c'était à une échelle, c'était décuplé. Donc, je pense du fait, principalement, de la précarité, de la situation économique assez compliquée pour beaucoup de Sierra Leone, leur paillage. Donc, leur paillage, ça va être l'exploitation illégale d'or, enfin artisanale. Et donc, tu peux en avoir, bien entendu, de manière illégale sur le fleuve. Et donc là, en fait, tu vas te retrouver avec des sections sur le fleuve où tu vas avoir une dizaine de dragues mécaniques, donc des espèces de machines. ça fait un boucan d'enfer, tu les entends à 500-600 mètres et en fait ils vont remonter de la terre en fait de la boue et compagnie et ensuite ils vont se séparer pour essayer d'obtenir du coup des petits morceaux d'or et bien entendu ils vont aller mettre plein de produits comme du mercure dans l'eau qui va aller polluer considérablement le fleuve alors qu'on en parlait tout à l'heure, ça va être utilisé le fleuve en fait par beaucoup de populations riveraines en fait comme une source d'alimentation et donc tu vas avoir ça tu vas avoir visuellement aussi en fait c'est des cicatrices en fait, qui vont aller éventrer toutes les rives du fleuve donc tu vas aller complètement arracher des arbres, la terre et compagnie donc visuellement il y a un impact qui est colossal sur la biodiversité, sur le fleuve, tout ça et donc ça c'est un des premiers phénomènes et le deuxième qui est aussi assez impressionnant j'en avais entendu parler mais ça j'en avais jamais vu avant d'arriver en Sierra Leone, c'est tout ce qui va être l'exploitation, le trafic de sable donc en fait pour générer des matériaux de construction, en fait il n'y a aucune régulation les mecs débarquent en fait avec des camions dans des villages proches de l'embouchure et en fait vont rémunérer les gars la journée donc c'est un travail qui est extrêmement pénible et en fait complètement illégalement vont aller récupérer du sable et vont aller le revendre derrière en ville, dans les villages et compagnie pour que les gens puissent générer des matériaux de construction et donc en fait tu vas avoir tous les soucis qui vont avec, tu vas avoir de l'érosion le sable est une barrière naturelle contre des mouvements climatiques et qui plus est le sable, les plages sierra-leonaises ça fait aussi partie du potentiel dingue de tourisme qu'aurait pu avoir la Sierra Leone avant la guerre civile qu'a la Sierra Leone encore aujourd'hui donc malheureusement ça met le pays dans une situation assez compliquée mais voilà, c'est deux gros phénomènes qui m'ont vraiment marqué visuellement et c'est assez triste c'est vrai qu'avec le podcast j'ai envie de...
- Speaker #0
présenter la réalité telle que tu as pu la découvrir. Et c'est vrai que tu nous parlais des orpailleurs et j'ai envie de revenir dessus juste après. Mais on en parlait dans la petite introduction, on parlait de Blood Diamond parce que ce pays, forcément, on pense aux diamants parce que c'est un des dix premiers producteurs de diamants au monde. Et une partie des pierres précieuses est donc extraite à la main. Et la plupart des diamants ont plus de 3 milliards d'années. Moi, je... Je trouve cette info juste dingue. Donc moi, ma question, ça allait être comment tu as fait par rapport à ces interactions, si tu en as eu avec les Orpahiers ? Et est-ce qu'on t'a parlé des diamants dans ton séjour ou est-ce que toi, c'était très présent dans le creux de ta tête ?
- Speaker #1
Mais oui, tout à fait, parce que tu as raison. Les premières fois que je pense que j'ai dû entendre parler de la Sierra Leone, c'est à travers le film Blood Diamond. Pour moi, la première chose qui a été évoquée, c'était le diamant en termes de richesse. Donc heureusement, je pense, pour ma sécurité, les diamants, je crois que c'est aux alentours de la ville de Kindou c'est un peu plus à l'est de la rivière auquel, donc c'était pas une région où j'ai été confronté directement au trafic de diamants et je pense que c'était une bonne chose dans le sens où ça va générer des groupes clandestins qui sont assez méfiants où il peut y avoir une potentielle criminalité liée à cette activité et donc moi j'étais pas forcément non plus épargné, j'étais dans une activité où il y avait beaucoup de repaillages liés à l'or et euh Et je me rappelle, dans les trois premiers jours d'arriver dans ce fameux premier village, donc en jungle, je suis passé au moment par un espèce de micro-pont et j'ai été arrêté, il y avait un checkpoint avec des militaires. Ma première réaction, j'étais assez stressé parce que je sais que la plupart de mes interactions en Afrique de l'Ouest ont été géniales avec les autorités. Tu peux t'en sortir très bien souvent avec deux, trois vannes, deux, trois références, dans le pire des cas, un petit billet. Mais là, j'avais peur, c'est proche de la frontière. S'ils veulent me raqueter, me dépouiller, ils peuvent le faire. Et en fait, je suis tombé comme la part du temps sur des gens extraordinaires qui sont inquiétés pour ma sécurité. Les Sierra Leone, les autorités m'ont expliqué gentiment, là, tu continues à descendre sur le fleuve, tu vas rentrer du coup dans une jungle encore plus profonde. Il y a très peu de villages et de plus en plus, il y aura de l'orpaillage. En fait, les orpailleurs, eux, qui sont dans une activité clandestine, qui ne respectent pas la loi, tu es dans une zone un peu de non-droit parce que tu es au milieu de la jungle, il n'y a personne qui va venir t'épauler. Et toi, tu arrives étranger avec ton matériel, ton sac Compact Craft. Ah ouais ? t'es une proie facile donc en fait ils se sont inquiétés pour moi et j'ai dû négocier pendant une demi-heure trois quarts d'heure pour leur expliquer j'avais planifié un peu je m'étais préparé en amont faites-moi confiance même si de rien je me lançais quand même dans l'inconnu et ouais une source quand même un peu de stress et comme j'ai dit tout à l'heure surtout les entants arrivaient en amont t'entends les drags faire un bruit de dingue tu ne sais jamais comment trop les gens vont réagir globalement ce qui me rassure ce qui me rassurait aussi en Côte d'Ivoire même là si tu avais une densité dingue Merci. C'était le fait qu'elle était sur l'eau avec ton packraft, donc il y a toujours une distance avec les drags. Mais malheureusement, il y a eu des sections à la fin entre deux villes qui s'appellent Bumbuna et Magburuka, où il y en avait trop. Et en fait, j'étais obligé de me rapprocher, mais à 5-6 mètres. Et là, ça devient vraiment effrayant parce qu'il suffit que les gars mettent une corde, un truc comme ça. Tu as 5-6 drags mécaniques, tu as 4-5 mecs torse nu qui n'ont pas l'air super commodes sur chacune des drags. Les mecs à chaque fois me regardaient et tout. Donc je passe. à chaque fois avec un air assez sûr de moi comme si je savais ce que je faisais alors pas du tout et en fait il suffit juste qu'un mec décide de m'arrêter pour x raisons d'aller sur le fleuve et là ouais je pourrais avoir des sérieux soucis mais voilà dans l'ensemble c'est plutôt bien déroulé où je pense que chacun s'occupait en quelque sorte de ses affaires moi je les embêtais pas et ils me laissaient passer mais pas très rassurant j'imagine
- Speaker #0
Et toutes les interactions que tu as pu avoir avec les locaux dans les villages, est-ce que c'est revenu dans vos conversations, tout cet orpaillage, les diamants, ainsi de suite ? Est-ce que c'est quelque chose qui est quand même très présent dans leur quotidien ? Ou vu qu'ils sont dans leur village tranquille, comment ça se présente en fait ? Je ne dirais pas forcément très présent dans leur quotidien, mais en tout cas, c'est un sujet qui peut revenir dans les conversations dans le sens où c'est terrible, tu l'as évoqué, c'est un des pays les plus riches en termes de ressources. Et malheureusement, il y a une vraie précarité là-bas. Il y a une situation qui est très compliquée économiquement. C'est un des pays, en termes d'IDH, qui fait partie des moins bons élèves de la planète, en termes d'espérance de vie aussi. Donc, il y a une situation quand même qui est très précaire où j'avais l'habitude, moi, que ce soit en Côte d'Ivoire ou en Casamance, d'aller me balader, d'aller dormir dans les villages. Là, j'ai été confronté à des situations où tu vois qu'il y a une vraie misère. En fait, village ne rime pas forcément avec misère parce que souvent, les gens mangent à leur faim, les enfants sont scolarisés. Donc voilà, je trouve qu'il n'y a pas une vraie misère qui me marquait. Et là, en Sierra Leone, malheureusement, je suis tombé dans des villages où il n'y avait pas forcément tout ça, où ça tournait juste aux maniocs, par exemple. Il n'y avait pas grand-chose. et tu le voyais donc en fait ouais c'est ça et les gens contrairement à ce que l'on peut penser dans la plupart du temps sont assez cultivés sont assez éduqués beaucoup sont allés à l'école, ont travaillé en ville écoutent la radio en fait ont cultivé sur l'actualité ce qui se passe dans leur pays et comprennent qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond ils sont pas forcément amorphes c'est juste qu'ils sont impuissants par rapport à la situation et voilà ils sont conscients de ces inégalités qu'il y a quelque chose à qui il t'explique. qui cloche un peu, donc c'est assez triste.
- Speaker #1
Et est-ce qu'ils ont des espérances en particulier pour leur pays ? Ou est-ce que tu sentais qu'il y avait quelque chose qui les motivait profondément ? Un peu d'espoir peut-être pour le futur ?
- Speaker #0
Bonne question, très très bonne question. De l'espoir, la plupart du temps, je pense qu'elle se résumait à... Et je n'ai pas envie de faire une généralité, mais les peu de profits que j'ai en tête, ils se résumaient à pouvoir faire un job, pour pouvoir payer l'éducation de leurs enfants. Et c'est que... le gosse ou les gosses arrivent à pouvoir faire le job, la profession dont il a envie, pas forcément devoir faire un job alimentaire. Mais c'est assez compliqué. Il y a une corruption qui est endémique, tu n'as pas forcément une bonne gouvernance. Donc c'est assez complexe. Il y a beaucoup de micmacs, c'est assez opaque. On t'explique souvent, c'est une anecdote qui revient souvent, c'est si on t'a expliqué un peu la politique en Sierra Leone et que tu penses l'avoir compris, c'est qu'on te l'a mal expliqué. C'est très complexe. C'est une situation qui n'est pas facile, qui est vraiment difficile. Et encore plus, je pense, dans les villages où tu n'as pas forcément encore les mêmes opportunités que dans les villes. Je ne dirais pas que les gens, à nouveau, sont amorphes, sont complètement abattus, mais ils sont quand même conscients que ça va être très compliqué. Et la priorité, elle, c'est l'éducation des enfants. Et après, ils prennent, je pense, chaque jour est un nouveau défi. Et ça ne se projette pas forcément à moyen et à long terme. Chaque jour, déjà, c'est arriver à se payer et avoir de quoi nourrir sa famille. Et ensuite, chaque jour est un nouveau défi.
- Speaker #1
Et là, tu parlais des enfants. Il me semble que c'est avec les adolescents aussi que tu pouvais échanger en anglais. Parce que là, quand tu nous racontes toutes ces interactions, je me dis, bon, il nous a parlé de cette langue cryo, qui est donc un mix d'anglais, portugais, français. Voilà, comment ça se passait, ces échanges-là ?
- Speaker #0
Ouais, en vrai, c'est une super bonne question. C'est un peu comme dans Renewal, t'as un connu. À chaque fois, t'as la traduction, tu sais pas trop comment ils arrivent à échanger. Je te rassure, je parle pas cryo. je pense trop complexe à bosser dans 6 mois de réparation pour un voyage comme ça je suis quand même parti avec un petit guide au cas où, mais voilà tu mets le doigt sur quelque chose d'intéressant souvent mes traducteurs mes interprètes, c'était des adolescents parce qu'en fait c'était ceux qui étaient à l'école le plus récemment possible et donc qui maîtrisaient encore super bien les codes de l'anglais et qui traduisaient de l'anglais au cryo, et en fait le cryo n'est même pas forcément parlé dans le nord, donc là c'était du temné ou du pandé voir du foulani, donc les peules, et donc c'est eux qui faisaient la traduction, donc ils me suivaient, et c'était pour eux, c'était génial, parce qu'ils pouvaient pratiquer ce qu'ils avaient bossé à l'école, et la même chose, ça te crée du coup des interactions, mais d'une profondeur tout autre en fait, parce que tu peux arriver à échanger en fait sur le quotidien, et c'est ça qui est trop génial, moi c'était un vrai challenge, c'était en Côte d'Ivoire et en Casamance, globalement, dans tous les villages, en français, je t'en sors très bien en français, Casamance, la plupart des gens parlent le français, beaucoup de jeunes, même beaucoup de vieilles personnes. Côte d'Ivoire, c'est la même chose. Je voulais là vraiment sortir de ma zone de confort et aller dans un endroit où en fait, français, pas possible. Anglais, ça va être très, très compliqué. Et donc d'arriver dans un endroit où il va falloir redoubler d'efforts et essayer de se débrouiller avec soit les mises sur ces petits interprètes, voire même souvent les rencontres que je fais avec les pêcheurs sur le fleuve. Donc là, tu n'es pas dans les villages. Je vais demander des infos. soit par rapport au prochain rapide, par rapport au prochain village, en Côte d'Ivoire, par rapport aux... S'il y a des hippopotames, parce que c'est un endroit où il peut y en avoir, où là, malheureusement, le mec parle pas un mot, en fait, de français ou d'anglais, et donc là, t'es complètement perdu. Mais c'est ce que tu recherches aussi un peu, c'est sortir complètement de ta zone de confort et pas avoir trop de repères.
- Speaker #1
Bien sûr. Et en parlant, justement, de zone de confort, là, j'ai quelques petites questions un petit peu plus pratiques sur tout ce qui va être peut-être plus les... Si tu as eu des challenges et des galères, mais avant de se plonger là-dedans, littéralement, tu parlais d'hippopotames, est-ce qu'au Sierra Leone, tu as pu croiser, en termes de faune et de flore, des espèces que tu n'avais pas croisées avant ?
- Speaker #0
Alors oui, donc Sierra Leone, la rivière auquel c'était assez « soft » , dans le sens où, d'un point de vue en termes de faune, dans le sens où il n'y avait pas d'hippopotames ou de crocodiles, il n'y en a pas énormément. Il y a une espèce qu'on appelle crocodile d'Afrique de l'Ouest, donc c'est plus petit que le crocodile du Nil, c'est moins agressif globalement, ça a plus peur, parce qu'en fait ça a été chassé, donc ça a plus peur qu'autre chose par rapport à l'être humain. Donc je savais qu'il y en avait, parce que j'en ai vu dans des villages, les pêcheurs vont l'attraper en fait, et vont le cuisiner. Donc je savais qu'il y en avait, mais voilà, c'était pas quelque chose que je craignais. Hippopotame, sur le roquel, il n'y en avait pas, donc ça c'est quand même un beau souci que je m'étais retiré. Mais il y a eu quand même des rencontres extraordinaires, voilà, animales. dans les premiers jours notamment, dans la zone la plus reculée, sauvage, dans la jungle vers la frontière guinéenne. Là, tu te retrouves en première loge, dans le fleuve entre les montagnes. Tu es privilégié et tu vas voir des loutres dans le fleuve. Tu vas apercevoir des singes se balader d'arbre en arbre, des calaos, c'est un énorme oiseau, d'ailleurs qui est aussi emblématique de la Côte d'Ivoire, qui est un gros symbole là-bas, qui fait un boucan d'enfer, une sorte d'hélico. qui va aller se balader entre les arbres. Et là, c'est extraordinaire parce que tu es au milieu du fleuve, tu es en première loge et tu assistes à ce spectacle. C'est sublime, c'est vraiment sublime.
- Speaker #1
Et du coup, par rapport aux galères que tu as pu rencontrer en termes de challenge, et là aussi, on est un petit peu quand même toujours dans cette thématique de la faune et de la flore avec les fourmis. Il me semble que ça a été un petit challenge, non ?
- Speaker #0
Oui, mais c'est génial de voir à quel point tu peux avoir préparé un peu le danger en amont. où j'avais eu des mauvaises expériences, par exemple en Côte d'Ivoire avec des hippopotames, en Casamance ou même en Sierra Leone, j'ai eu des problèmes aussi de temps en temps avec les humains que tu vas rencontrer. Et tu penses avoir tout planifié et ne pas attendre le danger sur ton campement un soir. Et une journée très compliquée où je me suis retrouvé à arriver dans un village où là, pour une fois, c'est très rare, mais je sentais qu'il y avait une tension, que c'était assez tendu et je ne le sentais pas de rester là. J'ai décidé de décamper au dernier moment, de prendre le fleuve, ça a été risqué de nuit, et de m'éloigner du village. La température commence à baisser, dans le froid, tu es fatigué, tu as envie de t'arrêter. Je me retrouve à devoir camper en last minute de nuit sur un terrain que je n'ai pas trop étudié. Je crois que je n'ai même pas de dîner, j'étais extrêmement fatigué, à me mettre simplement dans ma tente. Et je me suis réveillé à 1 ou 2 heures du matin avec une sensation de... brûlure un peu partout sur le corps et je commence là du coup à allumer ma lampe et je commence à regarder un peu dans mon short, sur le t-shirt je repère quelques fourmis, je me dis ok c'est cool, je m'attendais à pire une espèce de grosse araignée quelque chose comme ça j'étais pas très à l'aise, là je vois que des fourmis ça devrait faire et je me rendors fatigué et en fait ça me met peut-être impossible des douleurs mais ça c'est de tous les côtés et là j'allume la lampe et je regarde en fait au niveau des jambes et en fait elles avaient Merci. perforé ma tente et je m'en trouvais avec un tapis de fourmis qui commençait à m'arracher dans tous les sens et là tu te retrouves extrêmement fatigué dans le froid à 2h du matin à devoir sortir et concrètement te déshabiller mais complètement à enlever tout le bordel à les retirer une par une, à nettoyer je m'en rappelle très bien avec ma coque de portable à les balayer pour les envoyer une par une en dehors et à les retirer, t'as les mandibules qui restent accrochées de temps en temps quand t'arraches le corps donc une fourmi c'est cool, une dizaine c'est un peu moins sympa et en fait là j'avais une fourmilière complète et elles avaient raison parce que je me suis littéralement établi sur leur campement donc elles ont raison en tout cas de me dégager mais c'était pas très agréable donc ça a duré une demi-heure de combat et ensuite bah voilà j'ai battu en retraite et en tout cas ça m'a donné une bonne leçon mais voilà jusqu'au lendemain j'avais encore des mandibules de temps en temps ça me reprenait entre les orteils que... Alors que je m'étais baigné, tout ça. Non, non, c'était... J'ai connu de meilleurs ennuis, on va dire, en sérieux.
- Speaker #1
Tu m'étonnes. Et parfois, oui, le prédateur qu'on redoute est peut-être pas le plus imposant, quoi.
- Speaker #0
Complètement, je n'ai pas du tout vu venir à celui-là.
- Speaker #1
Et après, en termes de difficultés, est-ce qu'il y a eu quand même peut-être des challenges assez physiques ? Parce que là, tu nous parlais du froid à la nuit. Il me semble qu'un de tes gros challenges, c'était que ça soit aussi éprouvant, en fait, les variations de température. Il me semble. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Ça, c'est quelque chose que j'avais un peu préparé, mais je pense psychologiquement, je ne m'attendais pas à une telle amplitude de température. déjà en Côte d'Ivoire j'avais l'habitude quand je partais du coup un peu dans le nord tu te rapproches un peu du Sahel en fait tu vas avoir un vent qui s'appelle l'Armatan donc c'est un grand vent qui part du Sahara et qui va déferler sur l'Afrique de l'Ouest qui va annoncer la saison sèche et donc qui va emporter avec lui beaucoup de poussière et qui va faire baisser vraiment les températures mais de manière très très élevée la nuit donc pour donner un peu un ordre d'idée t'es aux alentours de 10 degrés la nuit alors que la journée t'es à 35 degrés, 30, 35 degrés avec 90% d'humidité donc la journée toi t'as ramé 6, 7 heures t'es sous le soleil qui tape énormément tu étais au 10e, 12e, 13e jour de ton expédition, tu étais usé par les nuits, par la chaleur, par l'effort physique qui est répété. Et en fait, le soir, tu vas avoir une autre bataille où tu as lutté contre la chaleur, l'humidité de la journée. Et le soir, la température va vraiment baisser. Et donc, il faut avoir assez de vêtements, de matériel pour se couvrir. Et là-dessus, j'ai peut-être été un peu light, on va dire, où j'avais oublié, je pense, quelques nuits froides en Côte d'Ivoire. Donc, ça n'a pas été super facile, ça n'a pas été très agréable. et il rebelote en fait, donc tu te lèves à 6-7h le matin au bout d'une heure ça y est il commence à faire déjà trop chaud et t'es reparti donc c'est assez on va dire assez pro et après tout ce qui est matériel du coup tu nous expliquais par moments t'étais obligé de le porter j'ai
- Speaker #1
du mal à dire ton pack craft décidément il y avait aussi cette histoire de l'eau parce que tu nous parlais des repas où t'avais prévu très large mais j'imagine qu'il fallait que tu puisses trouver de l'eau, donc j'imagine des filtres ainsi de suite Merci.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Je suis parti avec deux filtres, au cas où, parce que la dernière fois que je suis parti en Casamance, je suis parti avec un seul filtre. Le filtre, bien entendu, a cassé au bout de trois jours. J'ai dû terminer à chaque fois dans les villages avec l'eau du puits et compagnie, ou à racheter des bouteilles en en passant en ville. Là, je suis parti avec deux filtres, donc j'étais autonome. Toujours en stock, on ne sait jamais de boucler les dos parce que j'avais de la place, en l'occurrence, mais jamais trop chargé pour les épisodes de portage. Et après, le but, c'est de partir avec l'équipement le plus léger possible. Donc moi, j'avais fait le choix, en tout cas, de cette fois-là, de ne pas partir avec du lofilisé, qui, mine de rien, prend beaucoup de place. Partir uniquement avec quelques sacs de riz et de mon réchaud pour de quoi cuisiner. Parce qu'il y avait, notamment sur les premiers jours, beaucoup d'épisodes où, en fait, il y avait pas mal de rapides. Donc, même chose, c'est assez effrayant au début. T'entends, en fait, ce vacarme au milieu de la jungle. T'as très peu de visibilité. Tu ne sais pas à quelle sauce tu vas être cuisiné. Et donc, tu arrives en amont, tu t'arrêtes, tu visualises. Moi, je n'ai absolument pas la prétention d'être techniquement, d'avoir un bon niveau comme ce soit. Qui plus est, c'est, je le dis, c'est quand même assez irresponsable de se lancer sur des fleuves avec des rapides sols. Donc, dans la plupart des scénarios, je faisais du portage. Ça veut dire que je ne prenais pas le rapide, sauf si vraiment le rapide était petit et je pouvais l'attaquer. J'allais passer sur le côté. Mais qui dit passer sur le côté, tu te retrouves entre les rochers avec tout le matériel, ton sac, le packraft. Donc, ce n'est pas très agréable, c'est physique. donc voilà le but c'était de partir avec le moins de choses possible
- Speaker #1
Est-ce que dans ces moments là que ça soit avec l'épisode avec les fourmis ou quand il y avait ces moments assez éprouvants la nuit ou ces épisodes de portage comme tu le dis, est-ce que tu as eu des moments de doute où des fois tu t'es dit mais qu'est-ce que je fous là en fait ?
- Speaker #0
Complètement notamment je pense cette nuit là avec les fourmis où je t'en ai pas parlé mais le lendemain matin donc j'ai préparé mon crampement, j'avais passé une nuit horrible et je savais que il me restait une journée avant d'attaquer d'arriver à une petite ville donc là tu ne peux pas camper quand tu arrives dans une petite ville tu vas trouver une sorte de petite guest house où tu vas pouvoir te reposer un vrai lit donc il y a un luxe qui t'attend et donc voilà j'ai à 6h j'ai décampé, j'ai pas attendu le lever du soleil donc tu pars quasiment en pleine nuit, t'as le brouillard t'as la brume qui est générée par l'armatan où en fait l'eau est encore un peu chaude du fleuve avec le froid dehors donc tu quittes un peu ce fleuve mythique et mystique Merci. Et là, j'arrive et je suis nez à nez avec des orpailleurs qui ont été, je pense, surpris, réveillés. Ils étaient sur des îlots au milieu du fleuve et qui ont réagi de manière très agressive. Ils ont commencé à me crier dessus, à me jeter des pierres à la tête. En fait, tu es effrayé parce qu'en fait, tu es à 5-10 mètres, les gars, tu envoies des pierres. Physiquement, tu es ciblé, tu te sens menacé. Et là, j'ai ramé avec adrénaline, je ne me suis pas arrêté, mais non-stop. Et là, je me dis concrètement, de un, c'est inconscient. De deux, pourquoi tu t'infliches là ? La réflexion que je me donnais souvent, c'est que tu avais la possibilité de partir en vacances, faire du farnelité sur une plage, tout ça avec des amis. pourquoi tu t'infuses là en fait donc là t'es dans la compréhension et bien entendu voilà arrive le lendemain arrive le prochain jour tu sais très bien pourquoi tu le fais t'es épanoui tu vis des choses très intenses mais ouais il y a des moments où clairement t'en as un ralacate et c'est vrai que dans le podcast j'aime bien creuser un petit peu sur ben voilà
- Speaker #1
Tu parlais de qu'est-ce que je suis allée chercher, qu'est-ce que cette aventure est venue chercher en toi justement. Et quand tu avais ces moments-là et quand tu parles de ce réveil le lendemain où tout prend un peu plus sens, est-ce que tu sens qu'il y a eu un petit peu, ça fait très question cliché, mais le Thomas avant au début de l'aventure et petit à petit vers la fin, est-ce que tu sens que ça a bouleversé quand même des choses en toi ?
- Speaker #0
Très très bonne question et ça c'est drôle parce que justement je me rappelle d'une interaction en Sierra Leone où j'étais tombé sur un pêcheur dans un village qui m'a aidé à recueillir et compagnie en fait ce qui est drôle c'est que plus t'arrives proche de l'embouchure plus les interactions elles sont complètement délirantes parce qu'en fait t'expliques d'où tu viens regarde, connais la carte, c'est pas possible t'as pas fait 300 km sur le fleuve, t'es venu comment ? donc t'expliques avec ton packraft qui cherche le moteur dans le packraft t'expliques que non en fait t'as bossé avec les épaules donc le mec comprend pas trop et là t'es demandé en fait pourquoi tu fais ça ? et justement cette question il m'a rappelé il y a eu une réflexion qui m'a vraiment marqué il m'a dit mais c'est pas possible il y a quelque chose que tu cherches il y a quelque chose que tu cherches en Sierra Leone que t'as pas trouvé et donc je me suis posé moi-même la question et donc voilà en dehors je pense de sensations d'expériences je pense que c'est vraiment le côté humain de retrouver quelque chose de très puissant d'apprendre quelque chose chez l'autre et pour répondre à ta question tu vois s'il y a eu un avant et un après Merci. je pense pas avoir fondamentalement changé, je pense que j'ai toujours gardé cette curiosité mais peut-être qu'il y a un truc qui est génial je trouve avec ce genre de voyage c'est que tu vas repousser tes limites je trouve psychologiquement où en fait il y a beaucoup de choses mais que soit on ne s'imagine même pas ou alors tu vas avoir ça, tu vas garder ça en tête mais comme un fantasme et tu te dis mais c'est pas possible en fait, physiquement, psychologiquement j'en suis pas capable et ça ça peut être tout et n'importe quoi ça peut être un nouveau job qu'on te propose tu te dis mais non ça c'est pas possible j'ai pas la prétention je ne suis pas assez bien formé, qualifié pour ce job, apprendre une nouvelle langue, ça peut être amoureux, rencontrer quelqu'un amicalement, ou en voyage, à vélo, en moto, et là, en l'occurrence, en kayak, de se dire, ça paraît un peu lunaire, de se dire, vas-y, je vais descendre le plus grand cours d'Ostirayon, et en fait, tu vas crescendo, tu le prépares, bien entendu, tu ne te jettes pas dans la gueule du loup, et en préparant, il y a beaucoup, beaucoup de choses dans notre vie, en général, et ce n'est pas uniquement lié à l'aventure, quoi que ce soit, pro, perso, Avec un peu de préparation, on se met des barrières, des limites qui sont juste psychologiques et que tu peux faire sauter très rapidement. Et ensuite, crescendo. Tu fais sauter une barrière, deux barrières, trois barrières, mais ensuite, tu ouvres un éventail d'opportunités et de choses que tu peux attaquer dans ta vie. C'est un truc vraiment, en tout cas, crescendo, qui s'est débloqué avec le temps et qui a changé par rapport au Thomas d'avant.
- Speaker #1
Ça t'a donné des ailes, en fait, à la fin.
- Speaker #0
Mais tout à fait, mais tout à fait. Et pas uniquement dans le cadre de... Parce que c'est très niche, la descente de fleuves en Afrique de l'Ouest. Mais en tout cas, ça m'a donné les ailes sur beaucoup de choses. Et je pense que c'est vraiment important.
- Speaker #1
Tu nous disais au début que tu as vraiment besoin de liens sociaux. Mais on comprend avec ton récit qu'il y avait aussi toute cette partie isolement qui est du coup indissociable de cette aventure. Est-ce que tu as trouvé ça challenging, ces moments où tu étais tout seul sur...
- Speaker #0
J'allais dire ton radeau. Oui, mais tout à fait. Je pense aussi qu'il y a une part de plaisir qui vient dans la frustration, dans l'effort. Je pense que comme tout le monde, tu es satisfait après avoir bossé six mois sur un projet parce que tu as trimé. Tu es super content quand tu vas avoir ton projet qui va être rendu, une promotion. Tu es récompensé pour cela. Même chose, tu vas avoir un effort physique sur 10, 15, 20 jours. que ce soit en vélo, en course à pied ou une préparation pour un marathon, tu es content le jour J parce que tu as bossé et la même chose, se priver en fait socialement d'interaction la journée mais tu revis en fait, quand tu as une simple personne que tu vas rencontrer mais tu n'as qu'une envie c'est de refaire le... je suis très bavard en plus donc tu as envie de refaire le monde avec la personne tu t'es privé de bonne nourriture, même en termes de doses c'est assez petit, tu es sur du riz quasiment toutes les journées mais tu arrives dans un village ragout qui s'appelle le yébé, qui est une spécialité syralléonaise, dit comme ça, c'est pas le truc qui paraît le plus réjouissant, c'est un ragout à base de manioc un peu épicé, mais c'est extraordinaire, même chose, t'es en termes de saveur, t'es dans quelque chose vraiment d'incroyable, t'es dans de la nouveauté, donc ouais, je pense qu'il y a beaucoup de plaisirs qui viennent, j'enfonce des portes ouvertes, mais qui viennent du fait de se priver de la chose en amont. d'avoir un peu trimé et en fait, tu réalises un peu, c'est Sylvain Tesson qui disait que n'importe quel gourdeau, un verre d'eau que tu vas boire après avoir traversé, je ne sais pas, dix jours une zone aride, ça vaut tous les restaurants gastronomiques les plus prestigieux au monde. Et je pense que c'est un truc qui est assez extraordinaire.
- Speaker #1
Complètement et merci de partager ce message à l'audience. Encore une fois, je me dis mais oui, c'est pour ça que j'ai fait le podcast, pour pouvoir partager ce genre de message à l'audience. Donc merci beaucoup. Et tu touches un aspect dont on n'avait pas parlé, mais c'est vrai que ça fait un moment que je n'en avais pas parlé dans certains épisodes, en termes de gastronomie. Du coup, tu nous parlais de ce plat. Est-ce que tu as fait d'autres découvertes ? Ou dans ces moments avec les villageois, est-ce qu'il y avait des saveurs assez nouvelles ? Parce que c'est vrai que c'est une gastronomie que je... ne connais pas du tout.
- Speaker #0
Alors, principalement, la nourriture en Sierra Leone, c'est assez basique, on va dire, à base de manioc et de riz dans le sens où, voilà, il y a un peu de fruits, mais très peu de viande, même du poisson, c'est rare. Ça reste un luxe, en fait, dans ces villages-là, dans ces endroits-là. Donc, c'était des repas assez basiques. Et donc, tu vas avoir après des sauces feuilles, des sauces pommes de terre, des épices, du piment. et c'est souvent, moi j'aime bien j'ai appris à aimer ça avec le temps en tout cas à développer le palais, mais le palais souvent d'un étranger, d'un européen, va pas être adapté à ça dès le début, comme à l'inverse tu peux avoir du coup des gens d'Afrique de l'Ouest t'as des saveurs, tu as du fromage, c'est des trucs quand même qui sont assez particuliers vont pas être adaptés, vont pas aimer donc avec le temps tu vas commencer par aimer cela et même chose, tu vois un peu comme la culture, l'histoire les gens là-bas, il y a une vraie méconnaissance sur la gastronomie en Afrique de l'Ouest Merci. Et là, je vais encore prêcher pour ma paroisse pour en reparler une prochaine fois, mais en Côte d'Ivoire, par exemple. Tu as une vraie diversité, tu as des plats qui sont vraiment délicieux et tu te régales en fait. Il faut aller creuser. Et là, c'est génial. Quand tu as mangé des choses assez basiques sur quelques jours et que tu arrives dans un village et je ne sais pas, tu vas avoir du garbat qui est un sens de... Tu retrouves ça plus proche de la mer, mais tu vas avoir du thon grillé avec de la tchèque qui est une sorte de semoule de manioc. Ils te mettent des condiments, un peu de mayo, mais c'est le paradis. C'est royal. Ouais, mais complet.
- Speaker #1
Là, du coup, si on conclut un petit peu cette aventure incroyable, qu'est-ce que tu aimerais que l'audience retienne de ce pays ? Qu'est-ce que toi, tu en retiens dans les grandes lignes ?
- Speaker #0
Très, très bonne question. Je pense que j'aimerais que les gens retiennent, se souviennent de la Sierra Leone, en tout cas, comme un pays extrêmement hospitalier, accueillant, sublime, des très beaux paysages, des gens incroyables, riches culturellement et préservés, en fait, du tourisme de masse et... contrairement à ce que l'on peut penser l'image qu'il va renvoyer tu vois via des films comme Blood Diamond la guerre civile qui a laissé une image sulfureuse en fait qui est relativement très safe en fait contrairement à d'autres pays dans l'imaginaire collectif qui sont assez touristiques mais où il y a une vraie criminalité la série Allen est super safe et je recommande vraiment à tous les gens qui ont envie de découvrir je pense découvrir l'Afrique de l'Ouest découvrir un pays riche culturellement et de vivre des expériences humaines assez fortes et intenses voilà de d'aller barouder, d'aller s'aventurer en Sierra Leone. Ça peut être à pied, en kayak, sur une plage, en jungle. Mais je pense que les gens repartiront avec de superbes souvenirs. Et c'est un pays vraiment qui mérite à être plus connu et visité.
- Speaker #1
Et toi, aujourd'hui, quand tu penses à ce pays, quand tu fermes tes yeux, est-ce qu'il y a un souvenir qui se dégage ou quelque chose qui t'a beaucoup marqué ? Et quand tu penses à Sierra Leone, paf, ça te revient tout de suite.
- Speaker #0
Ouais, je pense que c'est quelqu'un. C'est quelqu'un en particulier, un jeune qui s'appelle Daouda, à 3-4 jours de Freetown. C'était un petit village assez isolé, où en fait, pour accéder au village, je vais quitter le fleuve, et là, le village, pour une fois, était assez éloigné du fleuve. Donc il a fallu que je marche crapahute pendant, je pense, 3 quarts d'heure avec tout le matériel. Donc t'as terminé de ramer, donc t'es fatigué, tu dois traverser, crapahuter sur un petit sentier. Donc assez compliqué physiquement. Et t'arrives comme dans un village, tu ne sais pas comment tu vas être reçu. Et là, surtout que j'arrivais dans le village, un peu en sortant de la jungle donc les mecs se disent d'où sort cet étranger donc j'avais peur en fait que les gars soient trop surpris et en fait je suis tombé sur un jeune qui avait je pense 16-17 ans un grand gaillard mais dès le début comme c'était assez presque mystique comme s'il m'attendait en fait et absolument pas surpris il s'est retourné ah hello how are you where are you from il est super cool écoutez il a expliqué écoutez tiens prends son matériel viens je vais t'installer là Tu t'appelles Thomas, moi c'est Daouda, enchanté de ça. Et en fait, ça a été extrêmement fluide. Ouais, il y a quelque chose de mystique. Et c'est un jeune, du coup, super cool. On a passé la journée ensemble, c'était vraiment génial. Et avec qui encore aujourd'hui, du coup, je suis resté en contact. Et que j'aimerais absolument retourner en Sierra Leone pour le rencontrer à nouveau. Mais ouais, je pense que l'hospitalité, en tout cas, de la Sierra Leone, ouais, Daouda la résume... super bien et cette rencontre elle était dingue trop bien,
- Speaker #1
merci de l'avoir partagé avec nous et je sais, j'arrête pas de dire on conclut mais bon, les auditeurs et auditrices ont l'habitude, c'est un petit peu ma spécialité maintenant peut-être on va se poser la question pour la suite de tes aventures est-ce que tu peux nous en toucher quelques mots parce que voilà, on le disait que ça t'a donné des ailes cette aventure dont je me dis bon
- Speaker #0
il ne va pas s'arrêter là est-ce que tu peux peut-être nous faire un petit teasing ouais tout à fait effectivement ça m'a donné des ailes j'ai toujours envie d'aller barouder, rencontrer des gens m'aventurer sur des fleuves sur le continent africain donc il y a une aventure, il y a un super projet que je prépare en juillet 2026, donc cette année donc voilà c'est un premier projet sur deux semaines et ensuite ça fait quasiment presque un an que je travaille sur un cette fois-ci pas une aventure mais Merci. J'essaie de structurer quasiment une expédition, un projet avec un but scientifique. Donc passer d'aventurer à explorateur, qui est pour moi un rêve, un fantasme depuis que je suis tout petit. C'est un projet sur lequel je suis en train de travailler, qui prend beaucoup de temps en termes d'organisation, d'autorisation, de sécurité. Et ça qui serait pour un départ en avril 2027, toujours sur le continent africain. Donc voilà, il y a plein de super projets qui débarquent prochainement et j'ai vraiment trop trop hâte. d'attaquer ces projets et de me jeter dedans. Donc vraiment, on se bat.
- Speaker #1
Écoute, trop bien et hâte qu'on puisse échanger pour raconter peut-être ces prochaines aventures. Donc là, promis, on termine. Et ma dernière question signature, si tu pouvais laisser un dernier message pour l'audience, qu'est-ce que ça serait ?
- Speaker #0
Je pense que je vais revenir encore sur le message que l'on a évoqué tout à l'heure, le fait d'éviter de s'imposer trop de barrières. psychologique dans la vie de tous les jours perso, pro, pour des voyages et de travailler de se fixer des objectifs ambitieux, donc après chacun a ses notions d'ambition mais de ne pas trop se fixer des limites de rêver fort, de rêver haut et ensuite de le préparer de le bosser et je pense que si j'enfonce vraiment des portes ouvertes on peut soulever des montagnes se dépasser et vraiment repousser ses limites et se surprendre soi-même Donc, voilà, de ne pas cisser de limites, rêver, vraiment rêver fort et ensuite, ne pas hésiter à partir à l'aventure, à se jeter dans le vide. Et je dis ça, j'ai le vertige, mais se jeter dans le vide et à prendre des risques. Et je pense qu'en s'être bien préparé, le fait de prendre les risques peut débloquer beaucoup, beaucoup de situations dans la vie de tous les jours. Et je ne parle pas uniquement des centres de fleuves, encore une fois. Il ne faut pas hésiter à prendre des risques dans la vie et je pense que ça peut apporter beaucoup, beaucoup de choses bénéfiques. En tout cas, quand c'est un peu préparé, soutien en homme.
- Speaker #1
Parfait. Écoute, merci pour cette belle conclusion. Encore merci pour ton temps. Merci à toi et à très bientôt.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Camille. À très bientôt.
- Speaker #1
Et ne partez pas tout de suite. Promis, ce n'est pas une pub. Je me répète, mais votre soutien est vraiment fondamental pour la suite des aventures de Blue Visa. Alors, si vous pouvez prendre une minute pour vous assurer que vous êtes bien abonné au podcast que vous avez laissé, j'espère, 5 étoiles. Et sur Apple Podcasts, vous pouvez même laisser un avis. Et sur Spotify, sur chaque épisode, vous pouvez laisser un commentaire. Pareil sur YouTube et ainsi de suite. Vraiment, je compte sur vous. Merci du fond du cœur et je vous dis à très bientôt.