- Speaker #0
Bienvenue sur Good Visa, le podcast voyage. Aujourd'hui, partez avec Nata et Vince. Ensemble depuis qu'ils ont 15 ans, ils se sont lancés dans un voyage sans fin, à moto, depuis 4 ans et demi, avec déjà plus de 150 000 kilomètres parcourus. Dans cette première partie, ils racontent comment ils ont quitté la Suisse sans objectif, guidés par le hasard, cherchant à donner du temps aux rencontres plutôt que de courir après des destinations. Cet épisode est une invitation à lâcher prise. Je m'appelle Camille et je vous souhaite une bonne écoute, ou plutôt un bon voyage.
- Speaker #1
Bonjour à tous,
- Speaker #0
bonjour à toutes, bonjour Nata, bonjour Vince.
- Speaker #2
Salut Camille !
- Speaker #0
Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?
- Speaker #2
Ça va très bien.
- Speaker #1
On est trop heureux de pouvoir se lancer dans cette discussion de voyage avec toi.
- Speaker #0
Eh bien pareillement, et encore merci pour votre temps. Donc un exercice que j'aime bien faire... pour demander à mes invités de se présenter encore plus quand ils sont deux, c'est comment ils décriraient l'autre personne en quelques mots. Qui veut bien commencer ?
- Speaker #2
Je ne commence pas.
- Speaker #1
Ok, je commence. En fait, ça fait tellement longtemps qu'on est ensemble que c'est vrai que ça me paraît hyper complexe de présenter. Mais Vince, c'est quelqu'un qui concrètement vit de voyage et rêve de voyage tout le temps. Et c'est quelqu'un qui est... ultra centré solution et ça c'est quelque chose de magique pour notre quotidien parce que quoi qu'il se passe il aura toujours cette vision de comment régler le problème ou que finalement un problème n'en est pas vraiment un et puis on peut toujours aller de l'avant c'est limite un jeu pour lui quoi qu'il se passe comme un jeu il faut toujours trouver la sortie du niveau Et puis voilà, il voit la vie de manière très, très positive et il a une très grande résilience aussi. Donc voilà, j'apprécie partager ma vie avec Vince.
- Speaker #2
Natalia, une personne vraiment extrêmement solaire, extrêmement positive aussi, qui est extrêmement sociale. Et donc, j'ai l'impression qu'elle crée des liens tout le temps avec les gens. Et qu'en fait, ces gens, ça leur fait du bien souvent de parler avec elles parce qu'elles ont ce don d'écouter et de parler et de pouvoir faire du bien autour d'elles. Et à moi aussi. Et je suis extrêmement chanceux de vivre avec elles depuis 23 ans.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est fou. Cette histoire est incroyable. Encore merci pour cette petite présentation. Donc aujourd'hui, on va parler de votre aventure. Vous êtes sur les routes depuis le 1er août 2021. Vous êtes parti depuis la Suisse d'où vous venez et en fait ça fait quatre ans et demi que vous vivez un rêve un peu fou à voyager autour du monde à moto donc tous les deux sur Falkor votre moto ce dragon porte bonheur dont on va bien évidemment parler et ce qui me plaît beaucoup dans votre aventure c'est que une des lignes directrices j'ai l'impression c'est à quoi bon être sérieux il ya beaucoup d'humour dans vos vidéos dans vos partages sur votre compte Et même là, en parlant avec vous, vous avez le smile à 2000%. On ressent vraiment toute cette bonne énergie. Donc, je suis vraiment ravie de vous recevoir. Donc, on a plein de sujets à aborder parce que vous avez parcouru plus de 44 pays, 105 000 kilomètres sur ces quatre années. Et voilà, on va aller creuser un petit peu tout ça. Et comme à mon habitude, j'aime bien savoir, mais qu'est-ce qui a fait que là, vous vous êtes retrouvés comme ça sur les routes ?
- Speaker #1
Donc, comme on me disait, ça fait 23 ans qu'on est ensemble. Merci. donc depuis nos 15 ans, et on a très vite commencé à voyager tous les deux. Et c'est un peu finalement tout simplement ça qui nous a donné le goût du voyage, de l'inconnu, de l'imprévu, de rencontrer des gens qui ont une différente culture que la nôtre.
- Speaker #2
Et clairement, le voyage, c'est au final comme une sorte de drogue, parce qu'au début, on fait un petit voyage en Espagne, en camping, etc. ça va être ça court Le deuxième voyage, c'était le tour de la Sardegna vélo. Et à chaque fois, un petit peu plus loin. Et à chaque fois, un petit peu plus longtemps. Et puis, en fait, on arrive à une vie nomade. On essaie de vivre maintenant à plein temps.
- Speaker #1
Et c'est vrai qu'on est hyper curieux. Et on aime bien essayer de nouvelles choses. Que ce soit dans les moyens de transport qu'on utilise pour se déplacer. en sac à dos, en voilier, à vélo, à pied, et puis maintenant en moto. Donc, c'est devenu comme une sorte d'évidence qu'au bout d'un moment, on ne pouvait pas rester chez nous et tout le temps dire, bon, on part un petit moment, après on revient et on recommence un quotidien qu'on connaissait déjà. Et en fait, on s'est dit, mais finalement, on est adulte. À la trentaine, on était là, mais on est adulte, on peut choisir ce qu'on veut faire dans notre vie complètement. Et en fait, ce qu'on veut faire, c'est voyager tout le temps. Non, mais tout simplement. Et parfois, en fait, on ne se rend pas compte le nombre de limitations qu'on se crée dans nos têtes. Et là, c'était très simple comme réalisation. Mais une fois que tu l'as fait vraiment, dans ton cas, cœur, tu vois, et ben tu mets tout en place pour que ça se réalise.
- Speaker #0
Et en plus, il me semble que dès le début de votre relation, la moto a quand même fait un petit peu son apparition petit à petit dès le début de votre rencontre.
- Speaker #2
Ouais, exactement. On peut dire que c'est grâce aux deux roues, grâce à la moto qu'on s'est rencontrés et qu'on est ensemble. Parce que Nathalia, elle habitait dans un petit village dans la campagne genevoise. Moi, j'habitais plus dans la ville, on va dire. Et à 14 ans, j'ai passé le permis du vélomoteur. En Suisse, on a ces petites... moped et ça m'a permis de la rencontrer dans son skatepark et ben voilà ça fait que c'était à 14 ans et après il y a eu une moto un petit peu plus grande à 50 cm cube donc là on pouvait être à deux dessus et après une un peu plus grande et en fait on a toujours utilisé la moto comme moyen de transport à Genève mais vraiment jamais comme comme manière de voyager.
- Speaker #1
Et deux pour nous c'était C'est vraiment une sacrée première de partir à deux sur une moto. pour voyager et pas juste se déplacer chez nous.
- Speaker #2
Je crois qu'on aime beaucoup faire des premières à chaque fois un peu extrêmes. On verra peut-être ça dans la suite.
- Speaker #0
Un petit peu. Et justement, en parlant d'expérience quand même assez extrême, vous le disiez, vous avez expérimenté différentes façons de voyager parce qu'en 2009, vous avez fait d'abord un tour du monde pendant un an, 22 pays, où là, c'était un rythme quand même assez intense où je me dis oui, on aurait pu faire des épisodes de podcast pour toutes vos aventures tellement il y a de choses à dire. Et ensuite, vous avez fait sept mois en Inde, cinq mois de transatlantique, un voyage à vélo en tandem en Colombie. Ça a été intense tout ça.
- Speaker #1
Oui, c'est clair, c'est clair. Mais ça nous a permis aussi de cerner un peu mieux ce qu'on aime et ce qui nous intéresse le plus dans la vie. C'est très large la vie, mais...
- Speaker #2
On peut dire que ce voyage de 2009, c'est... Le moment, c'est une année de voyage 22 pays, comme tu as dit. Et c'est vrai que c'est énorme, c'est un rythme de fou. Et comme c'était une année pile, ça fait que du moment qu'on reste un petit peu plus longtemps à un endroit, ça veut dire qu'on aura moins de temps à un autre. Et c'est ça qui a totalement semé la graine du slow travel. En fait, le fait de vraiment voyager lentement. Et j'ai l'impression que c'est ça maintenant qui va nous définir le plus. C'est cette manière de voyager lentement et puis de prendre le temps. d'approfondir un peu les découvertes.
- Speaker #1
Et aussi, grâce à ces voyages, on s'est rendu compte, par exemple, celui du voilier, où on est partis cinq mois sur l'Atlantique avec un autre couple. On s'est rendu compte que, souvent, les gens disent, pour faire une expérience comme ça, il faut avoir de l'expérience, il faut savoir naviguer, il faut être sûr qu'on n'a pas le mal de mer. Tous ces petits détails, qu'en fait, on a un peu cassé ces barrières. On a tout envoyé loin. Et on a réalisé que nous, on n'était jamais montés sur un voilier avant cette expérience, vraiment jamais mis les pieds. Et on a trouvé un couple qui était d'accord de nous accueillir avec eux sur leur voilier. Et là, on s'est lancé directement sur cinq mois à traverser l'Atlantique, à naviguer. On a énormément appris. Et c'est un peu ce qui s'est passé plus ou moins aussi avec notre voyage en tandem en Colombie. On avait fait un voyage à vélo en Sardaigne à 17 ans. Mais ensuite, à 97 ans, d'un coup... On n'avait plus refait de vélo et on s'est dit, en fait, on va essayer d'aller sur un tandem et puis de voyager avec nos meilleurs amis aussi à vélo. Et en fait, ça se fait, quoi. Et c'est vrai que souvent, on a entendu dire, oui, si tu n'as pas eu un entraînement physique avant tout ça, bien sûr, il y a des expéditions qui se préparent. Ça, c'est clair. Mais nous, on n'est pas des explorateurs et on n'a pas fait des expéditions. Mais on s'est lancé dans des voyages où beaucoup de gens, je pense, pourraient se dire non. ça, je ne suis pas prête ou je ne suis pas prêt. Donc, il ne vaut mieux pas se lancer. Et finalement, en fait, ton corps, il y va sur le moment. Il réalise ce qu'il a à réaliser, quoi. Et il apprend et il est résilient, quoi.
- Speaker #2
Et tu adaptes ton rythme à ce que tu dois faire.
- Speaker #0
Et donc là, si on revient à cette décision de partir en moto, donc comme vous le disiez, vous aviez voyagé un petit peu en moto, mais jamais vraiment essentiellement autour de la moto. Donc là, vous vous êtes dit, allez, c'est parti et on... On se lance un petit peu vers l'inconnu et vous me disiez avant qu'on enregistre que vous étiez pas très bon pour faire des choix et donc vous avez une manière très singulière de lancer cette aventure en moto.
- Speaker #2
Oui, effectivement, on est assez mauvais pour faire des choix en général. Et donc là, on avait une date de prévu pour ce départ. Mais c'était en 2021 et le Covid était toujours un petit peu par là. Et donc, notre idée, c'était de retourner en Inde à moto. Mais il y avait quand même pas mal de frontières qui étaient fermées. Donc, on s'est dit, on veut juste partir. Donc, on demande à notre neveu de prendre une bouteille de vin, de la mettre sur une carte du monde, de la faire tourner. Et puis, voilà, quand la bouteille s'arrêtera dans une direction. On partira dans cette direction, peu importe où c'est, que ce soit nord, sud, est, ouest, on verra bien. Et puis, c'est ce qu'on a fait. Le 1er août 2021, entouré de la famille et des amis, ce petit neveu, Seth, a pris la bouteille, l'a fait tourner, et puis ça s'est arrêté sur le sud-ouest. Et donc, sud-ouest, en partant de Genève, ça fait qu'on partait vers la France, ce qui est très cool. Oui,
- Speaker #1
et en plus, c'est assez une terre connue quand même pour nous. Du coup, ça commençait doucement et puis la frontière était à 20 minutes de là où on partait. Donc, c'était vraiment pour nous le grand départ juste à 20 minutes de chez nous.
- Speaker #2
Et donc, on a suivi pendant toute la première année cette sorte de boussole imaginaire, comme on aime bien l'appeler. Et donc, en suivant ce sud-ouest, on a touché la pointe sud-ouest de l'Europe, qui est au Portugal. Ensuite, on s'est dit, il y a encore plus au sud-ouest, il y a le Maroc. Voilà, là, on est passé sur l'autre continent. Là, on a fêté notre première année sur la route au Maroc. Et c'est là, ce moment-là, qu'on devait décider aussi, est-ce qu'on continue pour un grand tour d'Afrique ou est-ce qu'on fait un autre choix ?
- Speaker #1
Et donc, là, je sors un tarot de plantes que j'avais avec moi. Et je ne sais pas si vous connaissez ça ou pas, mais c'est comme un oracle ou un tarot. Et il y avait des plantes qui venaient de partout dans le monde. Et on s'est dit, suivant d'où elles viennent, c'est là-bas où on se dirigera. Et en fait, la carte qu'on a tirée, c'était une plante qui venait de Turquie, vers Turquie, Liban, tout ça. L'Asie. Ouais, donc l'Asie, on s'est dit, ben voilà, on part en Asie, quoi. On part en Asie, c'est les cartes qui ont décidé. Et puis, on est revenu un peu sur nos pas, mais en passant par d'autres routes de l'Europe. Et puis, on est parti vers l'Asie.
- Speaker #2
Où on est en ce moment ?
- Speaker #0
Donc là cette première année donc Suisse vers le Maroc, vous avez fait peu de kilomètres mais vous avez fait énormément de rencontres, on reviendra sûrement aussi je pense sur toutes ces familles de coeur que vous avez pu avoir au fil de cette première année. Et là peut-être que déjà dans cette première année vous vous êtes dit bon bah ok en fait la moto c'était la bonne décision, ça correspond exactement à la temporalité qu'on avait envie d'avoir dans nos voyages parce que comme on le disait c'est la première fois que vous voyagez au long terme en moto.
- Speaker #1
Ouais, ouais, c'est clair.
- Speaker #2
Exactement. Comme on a dit, on a testé vraiment différentes manières de voyager. Et une des anecdotes qui a fait qu'on s'est décidé pour la moto, c'est que quand on habitait en Suisse, en Valais, on hébergeait pas mal de voyageurs, que ce soit en couchsurfing ou avec Warm Shower. C'est une plateforme pour héberger les cyclistes. Et en fait, à chaque fois, ils nous demandaient des conseils. On leur disait, mais montez là-haut, allez voir ce col, allez voir cette montagne, c'est magnifique ce lac. Et à chaque fois, on avait un peu la même réponse. Ah, mais un vélo, c'est trop difficile, c'est trop long, ça prend trop de temps. Et en fait, la plupart du temps, il restait dans la vallée du Rhône. Et on s'est dit, c'est quand même un petit peu dommage parce que t'es en plein air, enfin vraiment, le vélo, c'est trop cool comme manière de voyager. Mais tu te limites un petit peu parce que c'est dur physiquement. Et puis, ça prend du temps aussi.
- Speaker #1
Et aussi, finalement, c'est quand même une très belle région là où on habite en vallée, où on habitait. Et puis, c'est vrai que tu te dis, mince, tu traverses un endroit, mais qu'en plus, ce n'est vraiment pas le plus bel endroit que tu es en train de traverser dans ce lieu-là. Eh bien, ça nous a fait réfléchir et on s'est dit, comme pour nous, le plus important aussi, c'était de pouvoir rencontrer les personnes dans les lieux qu'on irait visiter et tout. On n'avait pas envie que la route prenne autant de temps. On voulait donner plus de temps à ce genre d'expérience. Et donc, la moto nous offrait plus de temps libre avec les gens. et la possibilité de rejoindre différents lieux, que ce soit en haut d'une montagne ou au fond d'une vallée ou de faire même des allers-retours s'il faut.
- Speaker #2
tout en étant dehors, avec les aléas et tout ça, comme on aime beaucoup dans le voyage à vélo.
- Speaker #1
Après, c'était drôle parce qu'en fait, Vince m'a un peu dit « Bon, on a testé plein de moyens de transport différents, qu'est-ce que tu penserais de la moto ? » Et moi, je n'étais pas 100% motivée au début parce que j'avais l'impression que la moto, ça allait être quelque chose d'un peu, comment dire, pas sportif. J'aime bien l'idée de se déplacer. Tu vois, sac à dos, tu marches, tu portes ton sac à vélo aussi. C'est du sport toute la journée. En voilier aussi, c'est quand même beaucoup assez physique de naviguer. Et là, la moto, je me disais, mince, on ne va pas bouger. Ça ne va pas être du tout physique. Et finalement, grâce à ces quatre années de voyage, je me rends compte que j'avais tort. Et finalement, être sur une moto, c'est quand même très physique, même pour moi qui est derrière principalement. Parce que je peux conduire aussi, mais je passe quand même le plus grand du temps derrière. Et en fait, c'est assez douloureux en soi. C'est assez douloureux pour les articulations, pour les muscles. Il faut bien se maintenir tout le temps.
- Speaker #2
C'est physique.
- Speaker #1
Et donc, je me suis dit, en fait, j'avais tort. Et c'est quand même très physique. Et ça m'a plu dans ce sens-là. On pourrait avoir une image, tu vois, du motard qui prend 20 kilos sur sa moto parce qu'il ne marche plus. Et en fait, finalement, pas.
- Speaker #0
donc j'ai bien aimé le fait d'avoir découvert cet aspect là de la moto et merci de le souligner parce que tu vois moi la première c'est vrai que quand tu disais on a cette idée de en plus j'ai interviewé quand même pas mal de personnes qui ont voyagé à vélo et c'est vrai qu'on ressentait cette pression physique et ainsi de suite et en moto voilà c'est vrai qu'on y pense peut-être moins Mais je suis en train de revoir des images où vous passez dans des endroits quand même assez chaotiques en moto et ainsi de suite. Donc, je crois que j'arrive à bien visualiser, garder un peu son équilibre. En plus, si on est deux, c'est quand même un véhicule assez imposant. Et c'est drôle de savoir du coup que c'était toi, Vince, qui la plupart du temps, enfin, c'est toi qui la plupart du temps conduit la moto.
- Speaker #2
Ouais, on peut vraiment les deux. Donc, ça, c'est vraiment très, très cool. J'aurais envie de dire que Natha conduit les routes les plus scéniques. Comme ça, moi, je peux aussi voler avec le drone. Et puis, pouvoir faire des images et tout ça. Et côté physique, c'est sûr que d'avoir ces gros habits, c'est hyper important pour nous dans le sens où on s'en protège. En même temps, c'est 7 kilos d'affaires par personne.
- Speaker #1
C'est comme être dans un sauna, mais bien plus que 15 minutes.
- Speaker #2
Dans les pics de chaleur négatifs et positifs, on a eu 52,5 degrés au Maroc, parce qu'on était en plein été là-bas. Vu qu'à la base, ça était fermé à cause du Covid. Donc voilà, ça, c'était vraiment très, très difficile. On se mettait à l'ombre, il faisait 48 degrés, l'eau, elle était bouillante. J'étais vraiment à moitié en train de tomber dans les pommes tellement c'était dur. La moto avait aussi vraiment beaucoup de mal parce que voilà, c'est beaucoup trop chaud. Prendre température négative, on était plutôt dans les moins 5, moins 4, moins 5. Mais après, le fait de rouler... à moto, avec la vitesse et le vent, ça fait que tu ressens beaucoup plus froid que les moins 5. Ça reste des bons challenges.
- Speaker #1
On est devenus des experts en température parce qu'on a la température qui s'affiche sur notre moto. Par exemple, je me souviens que dès qu'on voyait... Là, on est en Asie du sud-est, donc maintenant, on a vraiment chaud. Mais quand on voyait 9 degrés, on sentait que notre corps est à 9 degrés et commence à avoir très froid. avec le vent qui souffle dessus. Et là, on se dit, OK, là, c'est dur. C'est vraiment dur. Donc, moins 3, c'est extrêmement dur. Là, tu as les mains gelées, les pieds gelés, tu ne sens plus rien. Et voilà, 23 degrés, c'est la température parfaite de croisière. On est là, waouh, c'est le meilleur.
- Speaker #0
La vie est belle. Et est-ce que, j'imagine qu'on vous a peut-être déjà posé la question, est-ce que vous avez eu des pannes, des accidents ? Peut-être aussi des routes qui n'étaient pas du tout praticables et où là, on se dit, oh là là, mais en fait, la moto, c'est trop incombrant et ainsi de suite.
- Speaker #2
Oui, quelques-unes. Je dois dire que sur quatre ans et demi, ce n'est pas grand-chose non plus. Mais bien sûr qu'il y en a eu. Dans les challenges, on a eu beaucoup d'attaques de chiens quand même, quand on était dans les Balkans, l'Europe de l'Est, ces pays-là. Les chiens nous couraient quand même beaucoup après. Je ne sais pas, c'est la moto qui doit les exciter. Ils veulent juste nous croquer les monnaies.
- Speaker #1
Oui, et ça, ça m'a un peu fait un peu un trauma à un moment même. Genre vraiment, il y a eu des moments où j'étais vraiment très mal à cause de ça. Parce que tu vas dans des endroits, à chaque fois, on est dans des endroits qu'on ne connaît pas. Et du coup, tu as peur des fois d'aller trop proche d'une propriété privée, tu lâches les chiens dessus, ça nous est arrivé. Qu'on nous lâche quatre chiens énormes dessus. Et le gars qui nous hurlait de partir de chez lui, c'était franchement... Et moi, j'ai dû descendre dans la moto en plus parce que c'était une piste. Donc, en fait, Vince, il ne pouvait pas faire de manœuvre avec moi dessus parce que sinon, on tombait.
- Speaker #2
La moto est très lourde. Et donc, voilà, pour faire des manœuvres, ce n'est vraiment pas très pratique.
- Speaker #1
Il s'en sort quand même hyper bien. Mais là, il y avait des gros cailloux. C'était dur, quoi. Mais heureusement, ils ne m'ont pas sauté dessus. Finalement, avec ma bonne volonté, je leur ai parlé tellement gentiment que de coup, ils ont commencé à battre la queue. Ils étaient hyper sympas. Ils ont arrêté d'aboyer. J'étais là, oh, le miracle !
- Speaker #2
Là, c'est le maître. Le maître n'était pas content, par contre.
- Speaker #1
Le maître était la maître. C'est un chien d'attaque.
- Speaker #2
Oui, on a eu des routes très difficiles aussi. En Europe, on a suivi un réseau de pistes qui s'appelle le TET, Trans-European Trail, qui sont des pistes off-road qu'il y a dans toute l'Europe. Et parfois, je ne sais pas, on a resté bloqué, par exemple, en Albanie sur une piste. Il y avait une montée qui était super raide qui devait faire 60 mètres. 60 mètres qu'on a fait en une heure.
- Speaker #1
Oui, elle était remplie de cailloux.
- Speaker #2
Parce qu'on arrêtait pas de tomber et puis en fait, leur relever la moto, de porter les affaires, etc. C'était vraiment, vraiment très difficile.
- Speaker #1
Évidemment, on n'avait pas assez d'eau. On n'en pouvait plus. C'était vraiment dur, ça.
- Speaker #2
Et puis du moment que tu arrives au sommet, en fait, tu es content, mais tu ne sais pas si la suite va être pire ou va être meilleure. Donc, c'est un peu tout le temps... Ouais, cette roulette russe de savoir est-ce que tu continues, est-ce que tu fais demi-tour.
- Speaker #1
C'est un peu le jeu quoi aussi. C'est sûr que dans un sens, on vient chercher l'aventure. Donc, si on prend que les routes asphaltées tout le temps, c'est très bien, mais c'est plus prévisible. Et si on sort un peu des sentiers battus, parfois, c'est très battu. Ça nous remue bien. Et surtout à savoir qu'on n'est pas dans le setup idéal pour faire ce genre de route.
- Speaker #0
En duo.
- Speaker #1
Ouais. Franchement, mais je préfère quand même, j'ai envie de lancer des fleurs sur Vince parce qu'il se débrouille hyper bien pour nous conduire les deux avec tout ce poids. On a réalisé qu'on faisait quand même 470 kg.
- Speaker #2
470.
- Speaker #1
Pardon, 470 kg. Et c'est vraiment beaucoup de poids. La moto, on ne sait pas par quel miracle elle résiste. On n'a jamais changé les suspensions ni rien en quatre ans et demi. Alors que tout le monde nous dit qu'elles ont dû lâcher depuis. mais non franchement elle tient tellement bien mais elle est très lourde parce que c'est une grosse BMW 800 GS et on pourrait avoir des motos plus légères pour faire ça et même avoir chacun notre moto ça sera encore beaucoup plus simple mais finalement on s'est dit que ce challenge là nous plaisait et on s'en sort bien quand même donc c'est cool
- Speaker #0
Bon, toute transparence pour l'audience, on vient d'avoir un énorme fourrir tous les trois. Donc comme je le disais, ils respirent la bonne humeur et ça se ressent dans l'épisode. Je crois que c'est la première fois qu'on est obligé de couper pour un gros fourrir comme ça. Mais du coup, on disait en fait que le fait de voyager tous les deux à moto, sur la même moto, ça rapproche quand même j'imagine. Même si vous êtes déjà en couple, c'est...
- Speaker #1
On a une communication non-verbale sur cette moto. Par exemple, genre, on prend des... on va prendre des pistes. Et Vincent, lui, il est bien plus à l'aise que moi dans les pistes. Et en plus, c'est lui qui conduit, donc tant mieux. Et je pense que ce n'est pas un secret de dire que souvent, quand tu es derrière et que ce n'est pas toi qui maîtrise le véhicule et qui conduit, c'est quand même assez dur en termes de stress parce que tu n'as pas la maîtrise de ce qui se passe. Tu dois faire entièrement confiance à l'autre et s'y porter. Et du coup, c'est très, très drôle parce que souvent, quand je commence à stresser, eh bien... je vais arrêter de plus en plus de parler alors Vincent il va commencer à parler tout seul à essayer de me faire parler et puis moi je commence à devenir de plus en plus muette et mes mains vont se resserrer très fort sur le côté de son corps comme ça, il va sentir que je le serre tellement fort parce qu'en fait on doit compenser l'équilibre dans une piste c'est tout le temps en train de prendre un caillou là, un seau ici et donc je dois vraiment tenir et faire plus qu'un avec lui pour que lui il ne perde pas l'équilibre c'est le but en fait, c'est de Merci. de compenser et d'avoir le meilleur équilibre possible. Et je trouve que c'est assez drôle, en fait, et assez... Après, je me souviens, par exemple, dans les routes du Tadjikistan, sur la Pamir, où c'était que de la piste, et que c'était vraiment dur de rester assis, parce que ça vibre tellement sur la selle, qu'on était à la fin tous les deux debout à se tenir. Et en soi, c'est presque un équilibre magique, parce que lui, il est juste en train de tenir le guidon, mais il suffirait de freiner un peu ou... pas et on tombe tous les deux en avant ou en arrière, tu vois. Et tu sens qu'il se passe comme une sorte d'alchimie où on est les deux là, debout sur la moto, à fond. Non, mais moi, je trouve qu'il y a un truc magique là-dedans. Je trouve drôle. Et tout ça, ça s'apprend à force de rouler, à force de parler, de communiquer, de sentir. On avait la même chose sur le vélo en tandem. C'était pareil. Les gens, ils étaient là, mais vous faites comment ? En fait, tu as des mots, tu as des petits mots que tu te dis. OK, go, là, on s'arrête, là, on fait comme ça. Et tu sens quoi après.
- Speaker #0
Donc oui, c'est vraiment toute une aventure à deux. Et là aussi, j'imagine qu'on vous pose beaucoup la question de comment vous faites depuis quatre ans pour être... Non-stop, tous les deux, en plus sur le même véhicule. Je me rappelle, c'est une question que j'avais posée aussi à Delphine et Maxime d'Entre-deux-Poils, que vous connaissez d'ailleurs, pour la petite anecdote.
- Speaker #1
C'est vrai, comme tu dis, c'est une question qui revient tout le temps. Et finalement, c'est dur d'y répondre parce que je pense que c'est une relation, c'est unique entre deux personnes, qu'on ne peut pas vraiment donner des conseils universels et qu'ils puissent jouer pour tout le monde. Mais pour nous, c'est sûr qu'on en retire beaucoup de plaisir et de joie et de bonheur à partager tout ce qu'on vit au quotidien. Pour nous, ce n'est pas un effort. C'est quelque chose d'agréable qui, tous les jours, se répète. Et puis oui, parfois, il y a des petits couacs ou des moments où on s'énerve l'un de l'autre. Mais en fait, on va juste arrêter un peu de parler, laisser les paysages défiler ou n'importe quoi se passer entre deux. Et ensuite, c'est bon, on a lâché le truc et puis on continue notre journée avec toutes les belles choses qu'on peut s'offrir et partager.
- Speaker #2
Je crois qu'on s'est vraiment dit ça, que ça ne sert à rien de rester fâché longtemps. En fait, vraiment, ça n'apporte rien. Donc, soit on essaie de communiquer un maximum pour résoudre le petit conflit, soit on arrête tout. On arrête tout de suite, je ne vois pas.
- Speaker #1
En fait, c'est tellement beau. Ce qu'on peut créer à deux aussi, on se rend compte de la chance qu'on a de pouvoir partager en fait chacune de ces aventures, de ces voyages. Et en fait, c'est tellement précieux, ça à nos yeux, qu'on essaye d'en prendre soin un maximum en fait. Et c'est peut-être ça juste le conseil ou comment j'aimerais répondre à comment on fait pour rester tout le temps ensemble, coller. En fait, valoriser cette chose, qu'on a tous les deux, c'est un cadeau de la vie, de pouvoir partager ses anecdotes, donc donnons-lui la plus belle chance de marcher, tu vois. Mais je crois que l'amour s'entretient et aussi, il faut lui donner la valeur qu'il a, quoi, que c'est un cadeau. C'est un cadeau, donc il faut le vivre au maximum.
- Speaker #0
Donc là, on parlait des rencontres avec la faune et la ford que vous avez pu faire à moto, mais il me semble qu'on a oublié certains types de rencontres aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai qu'à part les chiens et d'autres animaux plus communs qu'on peut rencontrer sur la route, on a eu la chance, je dirais quand même, de croiser une quinzaine d'ours en Roumanie. C'était complètement inattendu parce qu'on avait entendu parler en étant déjà en Roumanie. d'une route, la Transfagarasan. Et en se lançant sur cette route, on s'est dit, bon, peut-être, on va en croiser un, mais ce n'est pas dit. Et on voit des panneaux qui disent « Faites attention aux ours, il ne faut pas s'arrêter. » En mode, c'est dangereux, mais il n'y a pas non plus des gens pour quelconque sécurité, disons. Donc, on se lance sur cette route et en fait, ça n'a pas loupé. Après le panneau, peut-être à 200 mètres après, on voit un ours. posé sur le bord du muret, comme ça, avec les bras posés sur le mur. Limite, on a cru que c'était un mec déguisé en ours, quoi. Enfin, c'était pas possible. Et là, on se dit, wow, là, il y a un ours, quoi.
- Speaker #2
Ouais, et finalement, c'était une quinzaine d'ours en une heure, quoi, à peu près, pour traverser ce parc, cette route. Ce qui est flippant, quand même, d'être à moto, c'est que, en fait, il y a pas mal de gens qui sont en voiture autour, qui lancent des sandwiches, qui lancent de la nourriture. Mais, ben, à moto, on est un petit peu... Vraiment, au même niveau qu'eux. Donc, c'était quand même un petit peu flippant.
- Speaker #1
Oui, et en fait, c'est beau de voir des ours, mais c'est juste triste de voir que les humains, dans leur carapace, dans leur véhicule, ils leur lancent des trucs. Du coup, ils viennent et ils font la manche un peu au bord de la route, en gros. Et après, dans la saison où nous, on est passés, c'est vrai qu'on a vu trois mamans et chacune avec leurs deux bébés. Et on nous disait, ça, c'est le plus dangereux, quoi, parce qu'elles font hyper attention à leurs petits, tout ça. Et en fait, franchement, nous, on n'avait rien à manger avec nous. On s'est arrêtés. deux fois, je crois, pas loin de ces mamans. Et on a éteint le moteur et en fait, on les a juste regardées depuis l'autre côté de la route, donc ce n'est pas très loin. Et elles ne faisaient rien. En fait, elles sont restées à nous observer. Puis leur bébé jouait. Et c'était des moments complètement hors du temps, incroyables. Et heureusement, à ces moments-là, il n'y avait pas de voiture qui s'arrêtait. Et dès que les voitures arrivaient, s'arrêtaient, on partait parce qu'on sentait que c'était trop dangereux avec les gens qui lançaient de la nourriture ou qui s'arrêtaient au milieu de la route, comme ça. Nous, on ne prend pas toute la place sur une route, donc c'est un peu différent. Mais là, les bouchons face à des ours, là, ça commence à être stressant. Mais ça, c'était vraiment quelque chose d'incroyable.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu d'autres types d'animaux comme ça que vous avez croisés peu communs ?
- Speaker #1
On a eu pas mal de chameaux, des choses comme ça. Là, on a traversé la route de la soie. Dans toute cette Asie centrale, il y a beaucoup d'animaux sauvages. Que ce soit des chameaux, des chevaux, des hordes de chevaux qui traversent la route au milieu de la steppe. Ça, c'est des moments incroyables.
- Speaker #2
Ils sont parfois à des jambes et ils vivent en semi-liberté en groupe comme ça.
- Speaker #1
Il y a des parcs nationaux qui font des milliers de kilomètres. Donc, c'est sûr que, voilà, visuellement, c'est des chevaux en liberté.
- Speaker #2
Des tortues.
- Speaker #1
C'est un peu moins sauvage.
- Speaker #2
Enfin, c'est tout autant sauvage.
- Speaker #1
Monata s'arrête à chaque fois pour les prendre de la route et puis pour les déplacer sur le bord.
- Speaker #2
J'avais trop peur.
- Speaker #1
Deux fois où elle se fait pisser dessus, quand même. Donc, ouais, en termes d'animaux comme ça, ouais.
- Speaker #2
Non, c'était vraiment ça, des cochons, des chevaux, des vaches, des buffalo. Là, il y a beaucoup de buffalo en Asie du Sud-Est. C'est assez magnifique. Mais ouais, c'est ça. On n'a pas encore vu de tigre. Ça ne serait pas mieux qu'en Thaïlande.
- Speaker #0
Mais oui, parce que tout à l'heure, je parlais de cette première année où c'était Suisse et ensuite jusqu'au Maroc. Pour la deuxième année, vous êtes partis du Maroc jusqu'en Roumanie avec les Baleares, l'Europe de l'Est, les Balkans. La troisième année, c'était de la Roumanie jusqu'au Tadjikistan avec la route de la soie que vous venez de mentionner. Et la quatrième année... Tadjikistan jusqu'au Kirghizistan vous avez fait pas mal de pays entre deux, là depuis 10 mois votre moto Falkor se repose et vous voyagez en backpack donc là cette demi-année entre Kirghizistan, Chine, Laos et la Thaïlande c'est vrai qu'en fait je me rends compte que les anecdotes sont en train de couvrir un peu tout ça va je me suis pas loupée sur le recap des grandes lignes c'est juste là Oh !
- Speaker #2
Après ces dix mois en backpack, justement, il y a eu cette demi-année, comme tu dis, on a récupéré la moto au Kyrgyzstan et on est descendu jusqu'en Thaïlande.
- Speaker #0
Une notion que j'aimerais bien aborder avec vous, parce que les gens, en vous écoutant, ils doivent peut-être se dire, mais comment ils font en fait depuis quatre ans et demi pour voyager comme ça ? Est-ce qu'ils ont un travail ? Comment ils font pour se loger ? Parce que pour vous, c'est important de partir, oui, de vous lancer dans cette aventure, mais... pas juste du tourisme en fait, il y a une autre notion importante pour vous.
- Speaker #2
Ouais, effectivement en fait un point, le fil conducteur de notre voyage c'était aussi vraiment de faire des échanges avec les gens, que ça soit nos compétences personnelles ou de nous apprendre des choses d'autres personnes et de mettre au service des autres, voilà, notre temps en fait.
- Speaker #1
notre temps et nos compétences.
- Speaker #2
Qui est devenue une des denrées les plus précieuses qu'on a réalisées de la vie. Le temps, c'est un peu tout.
- Speaker #1
En fait, on avait cette idée en tête avant de partir, mais le jour où on est parti, le lendemain, on était, comment est-ce qu'on met ça en place ? Je sais que je me rappelle, on était posé comme ça sur une terrasse en France, et tout à coup, on voit en face de nous des sortes de bungalows et on se dit, mais tout à coup... Est-ce qu'on n'irait pas juste demander à la réception si on peut les aider à faire quoi que ce soit, que ce soit des photos pour leur camping ou n'importe quoi, et puis juste de voir si on peut être hébergé gratuitement en échange de travail ? Et donc, on s'est lancé pour la première fois comme ça, en osant aller comme ça à la réception. Et la personne de la réception nous a dit oui, quoi, avec grand plaisir. Alors malheureusement, les petits bungalows n'étaient pas disponibles, mais elle nous a dit, vous plantez votre... de tente, etc. Et puis, vous restez gratuitement. Et donc, même si l'échange était vraiment on va dire minime, d'avoir juste quelques petites nuits de camping gratuit, nous, ça nous a totalement débloqué dans la tête ce côté, en fait, ces échanges, ils peuvent se faire de cette manière. Enfin, tout est possible, quoi.
- Speaker #2
C'est ça. Et des gens qui ont besoin d'aide, il y en a partout dans le monde. Donc, finalement, et puis, nous, c'est tout bénef, disons, il n'y a pas que le fait que c'est des nuits gratuites, mais on apprend tellement. Du lieu, de la culture, des gens. C'est tellement enrichissant parce que tout ça, ça devient souvent après des amis, quoi, pour toujours, des rencontres dont on se souvient, des familles de cœur, ouais. Et donc, là, on s'est lancé là-dedans. Et c'est vrai que ça nous a permis de dormir souvent chez l'habitant, de faire des expériences incroyables, comme, par exemple, on s'est occupé de pas mal d'animaux dans les Pyrénées, fait des rénovations dans... différentes maisons. On a fabriqué des briques pour créer une nouvelle maison au Maroc. Et c'est là aussi qu'on a pris soin de chameaux, de chevaux, d'ânes, de chiens, de Ausha, de toutes sortes d'animaux.
- Speaker #1
C'est ça, on a navigué sur des îles grecques. Enfin, vraiment, les expériences, elles sont hyper variées. Donc, à la base, on avait juste demandé à une personne. Mais après, par la suite, on a trouvé des sites Internet et des applications.
- Speaker #2
Maintenant,
- Speaker #1
il y en a plein. Et donc, principalement, nous, on utilise Workaway. Et Workaway, il y a des projets dans absolument tous les pays du monde, quasiment. Et donc, il suffit de regarder un petit peu où il y a des projets et puis d'envoyer un message. Et puis après, c'est parti. En général, tu bosses 3 ou 4 heures par jour et puis en échange, tu es logé et nourri. Donc, c'est quand même deux points du voyage qui coûtent quand même de l'argent. Donc, du moment que tu n'as plus la nourriture et plus le logement, c'est vrai que voyager coûte vraiment pas très cher.
- Speaker #2
Et c'est vrai, après, beaucoup de gens nous disent « oui, mais pour faire ça, il faut avoir du temps » . Mais on s'est bien vite rendu compte qu'en laissant du temps au voyage, ça nous coûtait beaucoup moins cher qu'en disant je pars un mois ou deux mois et bien là tu vas devoir avancer et dépenser de l'argent plus souvent que si tu te laisses plus de temps mais bien sûr on sait qu'après ça dépend du travail que tu as ou des projets que tu as dans ta vie mais en tout cas pour nous ça marchait bien vu qu'on voulait faire de ce voyage notre vie nomade donc en fait le temps on en a et ça, ça nous permet de continuer sur la longue En guerre, puisque dès que les sous vont être un peu moins abondants, du coup, on fait des échanges et ça nous permet de tenir dans la durée. Et ça n'a pas de prix, parce que ça crée des rencontres qui sont incroyables.
- Speaker #1
C'est les plus beaux moments du voyage.
- Speaker #2
C'est dans les meilleurs moments qu'on se rappelle ensuite.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu certaines expériences insolites ? Parce que là, vous parliez de construire une maison, prendre soin d'animaux. Est-ce que vous avez eu parfois des projets un peu fous ?
- Speaker #2
Il y a eu, par exemple, justement, pouvoir naviguer dans les îles grecques en voilier pour aider des parents à prendre soin de leurs enfants et naviguer avec eux. Ça, pour nous, c'était assez insolite, surtout quand on voyage à moto à la base et qu'on s'est dit, en fait, on peut aussi sortir un peu de ça. Il n'y a pas besoin qu'on reste comme ça, qu'on tenait à la moto. Et on a laissé notre moto dans un garage à Athènes et on a embarqué dans ce voilier jusqu'en Crète. Et finalement, on est resté en Crète tout l'hiver après ça. Et voilà, ça, c'était pour nous hyper spécial. Ça nous a ouvert des portes encore dans notre tête à nous dire, en fait, ce qui est le plus précieux pour nous, c'est de vivre différentes expériences. Et donc ça, ça a élargi encore un peu le nombre d'expériences qu'on a vécues. On a beaucoup aimé ça. Et après, sinon, c'était s'occuper d'une sorte de ménagerie, on va dire, au Maroc, où il y avait justement des chevaux, des ânes, des chameaux, des chiens, des Ausha, des moutons, des tortues.
- Speaker #1
Il faut être extrêmement au taquet sur quels cages tu ouvres, quels animaux tu fais sortir, à quel moment, pour pas que, d'un coup, les chiens attaquent les moutons. Et puis, ça fait qu'on devait balader neuf chiens dans le désert au Maroc. Et donc, ça donne aussi quelques petites anecdotes plus ou moins croustillantes.
- Speaker #0
Donc oui, des situations quand même vraiment insolites. Et là, tu disais, vous disiez que vous êtes nourrie par ces rencontres. Et j'ai l'impression que c'est quand même aussi, ça fait ce lien avec un des buts de votre aventure. C'est ce retour à l'essentiel, en fait. Que certes, vous n'avez pas de maison. On peut peut-être vous dire que... Oui, mais vous ne construisez rien, vous n'achetez rien, tout le speech habituel, mais vous, vous ne renoncez pas à votre liberté.
- Speaker #2
C'est ça. J'y pensais même tout à l'heure, je me disais, sur le papier, si on se dit, notre but, c'est de vivre d'imprévu, de se laisser porter par le flot de la vie, tout ça, ça sonne un peu hippie. Ça dit punk à chien. Ce qui ne me dérange pas du tout. Mais parce que voilà, certains se laissent vraiment comme ça porter par la vie et voir ce qui arrive. Et c'est sûr qu'on est dans une démarche un peu, je ne sais pas si dire anti-carriériste, mais on n'est pas vraiment dans une recherche de faire carrière ou ce qui n'a rien de mal en soi, mais ce n'est pas notre but, justement. Et on est plus dans la... s'enrichir avec le nombre d'expériences qu'on peut vivre plus qu'avec le nombre d'objets qu'on pourrait accumuler ou avoir.
- Speaker #1
La liberté d'avoir peu de choses, le fait d'avoir vraiment juste notre moto et quelques sacs, pour moi, elle n'a vraiment pas de prix. C'est super cliché de dire ça, mais vraiment, c'est totalement réel. Tu as peu de choses, mais en fait, tu n'as pas peur de perdre ces choses. Et puis, en même temps, tu es super. Tu peux te déplacer où tu veux facilement, etc.
- Speaker #2
Ça te permet de sauter d'une expérience ou d'une aventure à une autre, d'être assez flexible, en fait.
- Speaker #1
Oui. Et puis vraiment, d'avoir ce détachement face aux objets. En fait, tu sais que juste ce que tu as, c'est des choses que tu as besoin. Et puis, voilà. Après, la vie, elle est plus simple, on va dire aussi. Je ne sais pas. Pour moi, en tout cas, c'est une simplicité dans la tête et dans l'esprit qui fait vraiment du bien.
- Speaker #2
Et aussi, c'est très drôle, je trouve, parce qu'au début, quand tu pars pour un grand voyage, souvent, même je vois nous et plein d'autres personnes qui partent en voyage, qui sont en train de regarder le matériel, d'essayer de voir ce qui irait le mieux et puis d'avoir des choses un peu techniques ou je ne sais pas, n'importe quoi, des filtres à eau, la cuisine, tout pour le camping, tout ça. et c'est vrai que si tu pars pas en grande expédition et ben je me rends compte qu'en fait enfin Ce n'est pas vraiment nécessaire ou essentiel pour partir, faire ton voyage, toutes ces petites choses. En fait, tout le monde vit de manière très basique et simple dans le monde entier. Donc, en fait, il te suffit d'avoir juste le basique et des choses simples et puis tu peux être partout. Je me suis rendu compte comme ça qu'il n'y a pas besoin de faire tout un foin du matériel qu'on prend. Ce n'est pas obligé. Après, ça peut être un plaisir personnel. de faire ça, mais c'est pas obligé. On n'a pas besoin d'avoir du matériel haut de gamme ou dernière technologie pour partir.
- Speaker #1
Disons que ça fait une excuse de moi, en tout cas, pour faire ce pas, pour partir, de ne pas se dire, j'ai besoin d'avoir le dernier matériel, le dernier objet, etc. Au moins, si tu fais avec ce que tu as, tu peux y aller.
- Speaker #0
Et puis en plus, de toute façon, sur la moto, comme tu le disais, vous étiez assez limité parce que vous avez déjà votre tente. vous avez de quoi mettre quelques sacs mais vous ne pouviez pas non plus trimballer des tonnes et des tonnes d'affaires en fait sur ces 4 ans on s'est rendu compte qu'on pouvait porter à peu près le même nombre d'affaires qu'un vélo mais
- Speaker #2
la seule différence que comme la moto est un peu plus robuste qu'un vélo et que ce n'est pas à la force de nos jambes qu'on avance les choses qu'on prend peuvent être un peu plus lourdes idéalement pas mais elles peuvent Et nous, on a fait ce choix-là des fois, de ne pas compter les grammes autant que ce qu'on faisait à vélo, par exemple.
- Speaker #0
Et puis aussi, il me semble que ça vous a appris à modifier un petit peu votre vision du confort, du plaisir et de la sécurité. Il y a toutes ces notions-là aussi.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai que, par exemple, une grande peur, je pense, humaine, on va dire, c'est de partir sans filet de sécurité ou en se disant… Mais comment je vais faire si je n'ai pas un projet professionnel plus tard ou en x, y choses, ou même sans ma famille, sans mes amis, tout ça. Et j'ai l'impression en tout cas que moi, ce voyage-là m'a permis de me rendre compte qu'avec les compétences qu'on a acquises avec le temps dans tous ces voyages, social, je veux dire, surtout quand même, et de sécurité intérieure, de... confiance personnelle, tu vois, dans la vie, et bien en fait je me sens beaucoup plus en sécurité. En fait, même pour mon avenir, on parlait hier avec une personne qui a 70 ans et qui voyage comme nous, mais il disait, oui, mais vous, vous n'avez rien de prévu pour la retraite. Et il a raison. Et en fait, on s'est dit, oui, mais on n'a rien de prévu, mais par contre, on sait qu'il y a des moyens alternatifs de vivre sur cette planète. qui coûtent beaucoup moins cher que si on restait vivre en Suisse, par exemple, et qui font qu'on peut continuer notre vie dans une sécurité matérielle suffisante, tu vois.
- Speaker #1
C'est vraiment toutes ces rencontres et toutes ces personnes qu'on a rencontrées, toutes ces vies alternatives, en fait, ça nous a vraiment ouvert l'esprit à des manières différentes de vivre. Et en fait, ça fait que j'ai l'impression qu'on n'a pas peur pour l'avenir parce qu'on voit plein de... plein de manières alternatives comme ça de pouvoir vivre bien plein de solutions plein de solutions tu t'occupes pas de problèmes ouais c'est ça parce que même comme tu disais on parlait avec cette personne On lui disait, mais en fait, il y a plein de personnes aussi qui bossent toute leur vie. Et puis à la retraite, en fait, ils n'ont pas beaucoup d'argent non plus. Oui,
- Speaker #2
ils n'ont plus rien non plus.
- Speaker #1
Là, on choisit le fait de se remplir d'expériences et puis de contacts et de choses comme ça qui, on l'espère, peut-être dans le futur, quand on sera vieux, vont nous aider aussi à savoir toujours rebondir et aller de l'avant.
- Speaker #2
Et à vivre notre quotidien, en fait. Parce que chaque jour... Chaque jour est une nouvelle journée. Deux jours après l'autre, on avance. Et puis, il n'y a pas besoin de tout savoir en avance.
- Speaker #0
Et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour la suite des aventures de Natha et Vince, puisqu'ils ont encore tellement d'anecdotes à vous partager, des prises de conscience, des pays coup de cœur. Donc, je compte sur vous pour vous abonner sur votre plateforme préférée afin d'être sûr de ne pas louper la suite. Et aussi, tout simplement, parce que ça soutient énormément le podcast, que ce soit vos avis, vos abonnements. vos 5 étoiles, vos interactions sur Instagram, le fait de partager l'épisode, de parler du podcast. Vraiment, pour la suite de Good Visa, c'est fondamental. Donc je compte sur vous. A très bientôt et encore merci.