- Speaker #0
Chaque année, on accueille environ trois compagnies en résidence de création à Gouinou. Tout ça vraiment au bénéfice de ce lien avec les habitants.
- Speaker #1
On voit que les budgets culturels sont souvent les premiers à sauter avec des budgets d'information, de prévention. Je pense que c'est une erreur fondamentale. Ce n'est vraiment pas une question d'argent, c'est d'abord une question de sens.
- Speaker #2
Depuis plusieurs années, la ville de Gwénou développe une politique d'accompagnement à la création artistique ambitieuse. Elle s'articule autour de trois dispositifs que nous allons détailler dans ce nouvel épisode de Gwénou le podcast. Stéphane Roudotte, le maire, rappelle en préambule pourquoi il est essentiel, selon lui, de soutenir les artistes.
- Speaker #1
C'est un cheminement déjà, ça fait bien des années qu'on accompagne les artistes ici sur la commune et nous avions envie d'aller plus loin parce qu'on se rend compte que la création est complexe, que les artistes, les compagnies n'ont pas toujours des moyens matériels, financiers pour créer, se préoccupent de leur diffusion, se préoccupent de leur communication et du coup délaissent le temps de création. Et pour le coup la ville avait envie d'appuyer vraiment en dégageant des moyens humains. de proposer plus de résidences plateaux avec des moyens financiers assez importants et surtout des logiques de médiation avec d'autres compagnies, d'autres artistes, mais aussi les écoles, la maison de retraite et toutes celles et ceux qui font la vie du territoire.
- Speaker #2
Parmi les trois dispositifs qui existent désormais, l'un d'eux n'est pas nouveau. Sylvie Copin, adjointe à la culture, et Tiffen Fort, chargée de développement culturel.
- Speaker #3
La ville accompagne déjà les artistes, ce sont des artistes accompagnés, c'est-à-dire qu'ils peuvent avoir des lieux pour répéter, pour créer leur spectacle. On octroie aussi des budgets pour développer les spectacles. Et voilà, il y a aussi un appartement qui est mis à disposition en fonction de la disponibilité. On accompagne déjà depuis huit ans là-dessus.
- Speaker #2
Donc il y a beaucoup de compagnies qui ont pu bénéficier de ce dispositif ?
- Speaker #3
Oui, c'est deux ou trois compagnies par an à peu près, depuis huit ans.
- Speaker #0
Concrètement, souvent, c'est sur une semaine par exemple, la compagnie est invitée. Donc soit ça peut être au centre Henri-Kéfelek, donc sur le plateau, le grand plateau de théâtre. Soit ça peut être à l'école Isabelle Outissier, où on a la chance de disposer d'un petit auditorium. Soit, pourquoi pas, dans l'espace public ou encore, ce qu'on fait souvent, dans les cours d'école ou dans les écoles. On peut aussi imaginer que ça ait lieu en crèche. Mais nous tenons également, lors de ces résidences, à rémunérer les artistes et à les soutenir pour leur création. Donc on abonde leur budget de production en faisant ce qu'on appelle un apport en coproduction. On peut aussi s'engager, en amont même que le spectacle soit créé, à acheter le spectacle pour plus tard et le diffuser à Gouinou, c'est ce qu'on appelle un pré-achat. Donc voilà, on a plusieurs façons ainsi d'aider la création et de soutenir la création.
- Speaker #2
Cette année, la ville a décidé d'aller encore plus loin. Elle vient de créer deux nouveaux dispositifs à destination des compagnies et des artistes.
- Speaker #0
Un premier dispositif qui nous permet d'accompagner plutôt les artistes en émergence ou en période de recherche. C'est-à-dire avant même qu'ils soient dans une optique de développer un spectacle ou une œuvre d'art. C'est plutôt des moments où on va se poser des questions, vouloir faire de la documentation, aller... interviewer des personnes, se renseigner, s'immerger, se rencontrer en équipe. C'est vrai que ce sont des moments qui sont peu soutenus dans la création et sur lesquels on a voulu aller. Donc ça, c'est le premier niveau du dispositif qui s'appelle « Allez hop » . Le second dispositif est un dispositif plus important où l'idée, c'est vraiment d'être en partenariat avec une équipe du spectacle vivant sur une durée longue de deux ans. Et l'idée, c'est vraiment que les arts... s'immerge sur le territoire et rencontre les habitants, puissent avoir le temps de créer leur propre travail, de diffuser pourquoi pas leur répertoire et qu'ensemble on crée comme ça un projet aussi de territoire.
- Speaker #3
Donc Allez Hop ! va s'adresser aux artistes en fait dans les domaines de l'art visuel, art du spectacle vivant, les auteurs et les illustrateurs. Tandis que le Le deuxième va s'appliquer que pour le spectacle vivant.
- Speaker #2
comment seront sélectionnés les candidats. Johanna Perret est responsable du pôle culture-sport de la ville de Gouinou.
- Speaker #4
On va faire évidemment un appel à la candidature pour les deux dispositifs. Donc on a un dispositif qui fonctionnera sur deux ans, avec un jury de sélection qui se réunira d'ici septembre 2025. Et pour le second dispositif, on aura un jury également qui se réunira annuellement pour retenir deux, trois artistes pour développer des projets sur le territoire.
- Speaker #1
C'est peut-être lui qui a inventé toutes ces machines bizarres après tout. Ah ben,
- Speaker #5
vous avez vu le gramophone là ? Il y a le disque qui tourne dans le vide, on pourrait peut-être écouter l'autre face.
- Speaker #2
Pour les compagnies, cette politique d'accompagnement est précieuse. Les artistes du collectif brestois Studio Fantôme en savent quelque chose. Ils ont bénéficié en février d'une résidence dans la salle Tigard de l'école Isabelle Autissier pour finaliser la création de leur spectacle jeune public Mystère et Boules de gomme, Arnaud Le Guéflect
- Speaker #6
L'idée c'était de résider dans ce bel amphithéâtre qui n'est pas si courant, qu'on trouve ce type d'équipement au sein d'une école et profiter de la proximité avec les classes et avec les enseignantes et enseignants pour aller faire des ateliers de création de chansons, d'arrangements, de pratiques de chant et faire une petite restitution publique à la fin de la semaine. en même temps de construire notre spectacle et en même temps de pouvoir développer des actions culturelles dans le même périmètre, dans le même bâtiment.
- Speaker #1
Et oui,
- Speaker #2
mon vieux chien,
- Speaker #6
tant tu te moquais que tu avais le plaisir à enfermer dans les toilettes ou dans la salle de classe en me laissant moi-même le soin de trouver le moyen de m'en échapper, eh bien, permets-moi de te rendre la monnaie de ta pièce ! Carte voici entre mes griffes. Et puis vous aussi, Miss Cornette. Moi ?
- Speaker #4
Vraiment l'idée de prolonger l'expérience, c'est-à-dire qu'à la fois accompagner les artistes sur la création, mais comme en même temps, on est autre chose qu'ici avec les habitants. Et différentes entrées possibles, différentes typologies de public. L'éducation artistique en est une également. Et donc, travailler avec des publics comme les scolaires sont également des actions envisagées à l'avenir.
- Speaker #2
La compagnie Théâtre de Papiers, originaire d'Ille-et-Vilaine, partage l'enthousiasme du studio Fantôme. Elle a elle aussi bénéficié de l'accompagnement de la ville de Gouénou en avril, autour de la création de son spectacle Pinocchio. Nous les avons suivis pendant une répétition. Attention, discrétion recommandée pour ne pas les perturber en plein travail.
- Speaker #5
Donc là on est en train de travailler la scène du chat et du renard qui essaye de de racketter Pinocchio, tout simplement. On bénéficie d'un accueil en résidence et qui est vraiment intéressant parce qu'en fait on peut aller dans la cour de récréation. C'est un spectacle qui va se jouer dans les cours de récréation. Et puis on est logé à l'appartement qui est mis à disposition. C'est vraiment super confort parce qu'en fait on retourne manger à l'appartement le midi, on revient. On est complètement immergé en fait pour travailler pendant quatre jours pleins. Mais quatre jours, c'est pas beaucoup. Et en même temps, le fait d'être logé juste à côté. de pouvoir venir répéter dans les différents lieux, c'est vraiment confortable.
- Speaker #2
C'est essentiel ce soutien-là d'une commune.
- Speaker #7
On ne peut pas répéter dans le salon à la maison, on a besoin de beaucoup plus de soutien. Évidemment c'est hyper important. Les répétitions sans public c'est complexe en fait parce que tu arrives à la fin, tu as fait un spectacle mais tu ne sais pas comment ça vraiment va être devant le public. Donc c'est sûr que les sorties de résidence, plus à la fin de création quand il y a du public. Là, on apprend beaucoup de choses et on dit « Ah oui, ça, ça ne fonctionne pas » ou on peut appuyer sur ça et c'est encore indispensable.
- Speaker #5
Je tiens à préciser que la ville de Gouinou coproduit le spectacle, ce qui nous permet évidemment de nous rémunérer, d'acheter des éléments de costumes, de décors. C'est très important, c'est aussi essentiel.
- Speaker #2
Ces dispositifs de soutien à la création artistique sont le fruit de choix politiques. Stéphane Roudotte.
- Speaker #1
La culture à Gwénou, c'est quasiment 600 000 euros par an. On a cinq agents fonctionnaires territoriaux qui s'occupent ici de la programmation et des aspects techniques de régisseurs. On a des supports, on a Johan qui dirige ce pôle et puis nous avons aussi trois agents à la médiathèque qui ne font pas... exclusivement les métiers du livre, il y a aussi de l'animation, il y a de la médiation, et donc tout ça, ça correspond à peu près à 600 000 euros par an. C'est un choix fort, on considère que la culture est très importante, c'est fondamental pour vivre tout simplement, c'est comme l'eau, l'air, se nourrir, c'est une autre forme d'épanouissement, d'épanouissement certes artistique, mais au-delà ce sont des rencontres, c'est de la vie locale, il y a quelque chose qui se crée. Et donc les nouveaux dispositifs que nous proposons vont aller de 1000 à 2500 euros pour les bourses, mais le statut d'artiste associé pourra monter jusqu'à 30 000 euros sur deux années. Et donc on est sur des choses extrêmement importantes, parce qu'on le disait tout à l'heure, mais les artistes doivent se consacrer à la création. S'ils n'ont pas les moyens de vivre, de subsister à côté, on perd quelque chose. Et c'est ça qu'on essaie de mettre en œuvre. A notre niveau, les sommes peuvent paraître à la fois, c'est toujours peu ou beaucoup, mais une commune de 6400 habitants, il faut nous ramener à cela. Et je crois que ce dispositif, avec les services et les compagnies qui sont là, on peut en être fier, on peut les porter. C'est souvent ces petites rencontres, ces étincelles qui font véritablement du sens, qui créent les valeurs et qui permettent de prolonger. On parlait des enfants tout à l'heure, mais c'est ça, c'est de donner envie aussi à la population, aux enfants, aux personnes âgées, c'est de venir au Centre Henriqué-Félec. voir un spectacle ou ailleurs dans une cour d'école, c'est tout le sens de la vie publique.
- Speaker #2
C'était Gouinou le podcast. Rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode. En attendant, abonnez-vous !