- Speaker #0
Bienvenue sur Marketing Square, le rendez-vous du gros marketing. Le gros, c'est un marketing qui sort des clous, qui se réinvente, qui se renouvelle. C'est aussi un mindset qui repose sur l'envie de se dépasser, de se détacher de ses opinions une bonne fois pour toutes et d'apprendre en continu. Si tu te reconnais dans cette description, que tu sois débutant ou expert, abonne-toi. Ce podcast va devenir ton meilleur allié. Pourquoi passer des heures à essayer de percer sur les réseaux sociaux quand l'agence personnelle peut le faire pour toi ? Des vidéos verticales prêtes à poster, créées spécialement pour te faire décoller sur LinkedIn, Instagram, TikTok, YouTube et consorts. Génère des lits dans Continu. et deviens incontournable dans ton secteur. En un mois et demi, l'agence personnelle m'a fait gagner 50 000 followers sur mes réseaux sociaux. Alors viens t'asseoir et laisse les meilleurs s'occuper du reste. Rendez-vous dans la description pour postuler, mais ne tente pas trop, chaque promo a des places limitées. Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Marketing Square. Aujourd'hui, je reçois une consoeur et même une pionnière du podcast. Noémie Kempf est la créatrice du podcast The Storyline et cofondatrice de Komuno. Elle a un livre en préparation sur le pouvoir des communautés et aujourd'hui elle va nous parler de comment créer son tunnel communautaire. Bonjour Noémie et bienvenue dans le podcast.
- Speaker #1
Salut Caroline, merci pour l'invitation. Je suis ravie de te retrouver derrière un micro après des conversations un peu plus off ces dernières années.
- Speaker #0
Exactement et je me souviens d'ailleurs, on va faire une petite pub pour nos copains de Patch. On avait été en séjour de co-living ensemble et je t'avais croisé et t'avais... tout un tas de matériel de podcast et je m'étais dit, waouh, c'est une vraie podcasteuse. Moi, je venais de lancer Marketing Square, j'étais encore dans mon challenge, un épisode de podcast par jour et ça m'avait beaucoup impressionnée de te croiser avec ton bagage, avec ton micro et tout, alors que moi j'avais un truc à deux balles. Tu m'as beaucoup inspirée quand je me suis lancée. Donc déjà, merci pour ça et je suis très émue de te retrouver aujourd'hui au micro. En plus, on va parler d'un thème qui t'est cher et encore une fois dans lequel, bah toi, tu t'es illustrée depuis... de nombreuses années avant même que ce soit la mode, j'ai envie de dire. On va parler création de contenu et tunnel communautaire. Déjà pour toi Noémie, c'est quoi ta définition d'un tunnel communautaire ? Parce que ça peut faire un peu peur.
- Speaker #1
J'avoue, dit comme ça, ça fait un peu flipper, c'est pas très joli. Mais en réalité c'est très très efficace et très utile pour les marques. Peut-être avant de parler de tunnel communautaire, je vais juste repréciser ce que j'entends par communauté. Chez Communo, en gros, on différencie la notion d'audience. qui est généralement les gens qui vont vous suivre sur les réseaux sociaux et éventuellement interagir avec vos contenus, avec vos posts, etc. Et communauté, qui est généralement un groupe de followers, de prospects, de clients potentiellement, qui existent et qui interagissent sur un outil qui est spécifique et dédié à ces échanges, à ces interactions. Et donc du coup, la communauté, généralement, c'est privé, pas forcément fermé, mais c'est un espace qui est clos et dans lequel les gens vont interagir les uns avec les autres. Et aujourd'hui, on voit de plus en plus d'entreprises dans tous les secteurs, sur toutes les verticales d'activité, que ce soit même B2B ou B2C, qui adoptent l'approche communautaire ou en tout cas qui créent des communautés et qui les intègrent comme une partie intégrante, je me répète, de leur stratégie marketing. Il y en a même qui mettent la communauté au cœur de leur stratégie de développement et c'est ce qu'on appelle le community-led growth, donc la croissance drivée par la communauté. Typiquement, Arthur, qui était un invité dans le podcast... qui a lancé Team for the Planet, s'est vachement appuyé sur cette approche pour faire grandir le projet de Team for the Planet grâce aux efforts et au marketing des membres de la communauté. Petite parenthèse refermée, quand on parle du coup de tunnel ou de funnel communautaire, c'est quelque chose qu'on a théorisé plus ou moins avec Alex, l'on associait parce qu'en France, les méthodes et les frameworks autour de la création et de l'animation de communautés sont quasiment inexistants. c'est des choses qui existent plutôt aux Etats-Unis et donc on a repris en fait le modèle du funnel marketing de contenu en partant du principe que à chaque étape de ce funnel classique traditionnel entre guillemets, on va pouvoir repasser dessus ensemble, tu peux intégrer la communauté donc en gros la communauté peut impacter tes métriques que ce soit la visibilité l'acquisition, la conversion ou la rétention de manière assez significative si tu la crées et que tu la mets en place de manière correcte Et donc, pour la créer et l'animer de manière correcte, il y a un ensemble d'étapes à mettre en place. Et c'est ça qu'on appelle le tunnel communautaire.
- Speaker #0
C'est le thème de l'épisode du jour, créer son tunnel communautaire. Et ça commence déjà par une première question, Noémie. Est-ce que tout le monde a intérêt à trouver une communauté ? Est-ce qu'on peut créer une communauté aussi bien dans le B2B, dans le B2C ? Toi qui es une grande pro du domaine, raconte-nous un peu, c'est quoi l'état des lieux ?
- Speaker #1
Oh là là ! Alors, c'est très vaste. Et du coup, je vais faire ma petite autopromo. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire le livre que j'ai écrit sur le sujet et qui sort le 14 septembre aux éditions Erol, en librairie, sur Amazon. Mais globalement, le tour d'horizon, c'est que les communautés sont un peu partout et ça, c'est un sujet qu'on n'abordera peut-être pas aujourd'hui par manque de temps, je le déplore, mais les modèles économiques, les modèles de développement des entreprises et finalement, les modèles de croissance sont de plus en plus collaboratifs, coopératifs et ancrés dans la co-création avec l'audience, avec les clients, avec les prospects. Donc de manière générale... et c'est un truc que je défends dans le livre je crois fermement que le marketing lui-même est en train de devenir très communautaire, toi tu as construit une grande partie de ton activité en te mettant au service de ta communauté justement, qui t'adore et qui te le rend bien et t'es un exemple parfait finalement même quand on est indépendant et à son compte la communauté fait la diff et c'est d'ailleurs pour ça qu'on voit émerger une économie des créateurs à part entière qui repose sur la monétisation de communautés de fans, mais après du côté des entreprises que ce soit B2B, B2C, P2P, on voit des communautés un peu partout. Je pourrais te donner plein d'exemples. J'en ai un que j'aime beaucoup. Par exemple, en B2C, ça va être dans une industrie qui n'est pas forcément très sexy et qui est même un peu détestée par beaucoup de monde, la banque. Dans la banque, il y a quand même pas mal de méfiance vis-à-vis des grands de l'industrie. Et pourtant, il y a des néobanques qui se lancent et qui misent beaucoup sur l'approche communautaire et qui s'appuient sur leur communauté pour recréer de la confiance et avoir beaucoup plus de visibilité. Et tu vas avoir Shine. qui sont très très axés sur leur commun, ou bien des boîtes pour les particuliers comme Green Got ou Helios qui proposent à leur communauté d'investir leur argent sur leur compte bancaire dans des projets responsables et qui ont poussé la démarche communautaire jusqu'à co-créer leur roadmap et les features de leurs produits avec cette communauté de consommateurs. Donc ça, c'est pour le B2C. Et du côté B2B, il y a... plein de secteurs qui bénéficient de l'approche communautaire, et on pourra en reparler plus en détail, mais de manière générale, humaniser son business et pérenniser les relations avec des gens, ça ne peut pas faire de mal. Donc dans tous les cas, que tu sois dans l'industrie minière, dans le e-commerce, tu as toujours intérêt à humaniser ton business et à t'appuyer sur des vrais gens, des vrais témoignages pour crédibiliser et légitimiser tes activités. Et en B2B, typiquement nous, une communauté qu'on aime énormément chez Communos, c'est celle de CFO Connect. qui a été créé par Spendesk, l'outil de gestion administrative qui s'adresse aux directeurs financiers et qui est aujourd'hui la plus grande communauté mondiale de directeurs financiers et directrices financières et qui permet à Spendesk d'améliorer toutes ses métriques, que ce soit la visibilité de la marque ou la conversion.
- Speaker #0
Exactement, il y a aussi Lemnist dans le B2B qui fait un super travail sur regrouper la communauté des sales. Il y a Adobe France qui est en train de lancer sa communauté auprès des CMO. Agorapulse qui va regrouper les social media managers et qui organise les apéros CM qui est hyper connu aussi dans le milieu. Donc B2B comme B2C, tu nous as dit, ça ne fait jamais de mal et puis surtout, c'est un canal d'acquisition extraordinaire et très vertueux sur le long terme. C'est parti pour la méthode. On commence par quoi Noémie quand on veut lancer son tunnel communautaire ?
- Speaker #1
Alors du coup, la première étape et non des moindres, c'est de définir son ou ses objectifs avant de lancer une communauté. tu posais la question de la pertinence, il faut quand même la poser sur le papier et y réfléchir. Concrètement, se demander à quoi peut servir la communauté dans le cadre de ma stratégie de développement et dans le cadre de mes enjeux business. Et ça peut être de soutenir le développement d'un nouveau produit, ça peut être d'augmenter ma visibilité ou ma notoriété, ça peut être de m'aider à mieux convertir mon audience en client ou encore à fidéliser une clientèle existante. Donc il y a vraiment plein de différents objectifs qui peuvent être mis en place. Et tout dépend de votre niveau d'avancement, de votre modèle économique et de vos enjeux à un instant T quand vous lancez la communauté.
- Speaker #0
Donc là, par exemple, on se dirait Adobe veut toucher une communauté de créateurs, donc elle veut aller chercher un nouveau vivier de talent. Tu vois, ils ont plein d'outils, par exemple, sur l'IA. Ils se disent, on veut diversifier un peu notre clientèle habituelle. Donc l'objectif qui se fixe, qu'est-ce que ça pourrait être, par exemple, Noémie ?
- Speaker #1
Là, très simplement, ce serait d'aller sur un nouveau canal d'activité économique et donc de se lancer sur un secteur qu'on ne connaît pas forcément et donc du coup, de bénéficier de la crédibilité, de la légitimité des personnes qui sont dans la communauté. pour s'intégrer sur une nouvelle brique business. En termes d'objectifs, dans l'univers des communautés, David Spinks, qui est le créateur d'une des plus grosses communautés de community builders aux Etats-Unis, a théorisé un modèle qui s'appelle le modèle Spaces, que les marques peuvent adopter, sur lesquelles elles peuvent s'appuyer pour définir leurs projets communautaires. Et donc, le modèle Spaces est assez divers. Le premier S, ça va être le support. Donc en gros, la communauté peut être au service du support client, de l'amélioration du support client, parce que les membres de la communauté vont épauler les nouveaux arrivants et les utilisateurs d'un produit et les aider à mieux l'utiliser, voire régler les problèmes de support. Le P, c'est le P de produit. Et donc en gros, la communauté peut également être assez facilement mise au service de l'idéation ou de l'innovation dans le cadre de la conception ou de l'évolution d'un produit. Donc ça, c'est surtout un truc qu'on va retrouver dans les communautés SaaS digitales. on va avoir le A. qui est le A de l'acquisition. L'acquisition est l'advocacy, donc les membres d'une communauté peuvent être mis au service de son développement et de son rayonnement, et ça rejoint notre exemple avec Adobe, qui aurait tout intérêt à se positionner sur ce modèle-là. C, c'est le modèle content et contribution. Dans cet objectif-là, la communauté va contribuer à créer du contenu marketing qui va être directement exploité par l'entreprise et qui va contribuer à sa notoriété, sa légitimité. E. c'est l'engagement. Une communauté, de manière très pragmatique, ça sert avant tout à engager un groupe de consommateurs, de clients, d'alumni. Donc très souvent, dans les communautés, par exemple, comme celle de Webflow, qui est donc un outil de conception de sites web, on va avoir une communauté qui est au service de l'engagement des utilisateurs et de la récurrence du modèle économique, donc en fait de la fidélisation de ces utilisateurs pour s'assurer qu'ils continuent d'utiliser Webflow année après année. Et le S... Le deuxième S, qui est le dernier S, c'est le succès. Donc en gros, dans cet objectif-là, les membres sont vraiment au service de l'amélioration du produit et de l'adoption simplifiée de ce produit par les nouveaux arrivants dans la communauté. Je m'explique. Ça va être des modèles comme par exemple Webflow. Ils sont aussi sur un objectif de succès. Typiquement, quand on est utilisateur Webflow et qu'on rejoint la communauté, on a accès à tout un ensemble de contenus qui sont créés par les membres les plus seniors qui expliquent comment prendre en main l'outil, Comment ? optimiser son usage et donc en gros dans cet objectif-là la communauté va contribuer à l'adoption de plus en plus simplifiée du produit et son évolution.
- Speaker #0
Il y a ça chez Apple aussi mais merci Noémie parce que tu ne t'en rends pas compte parce que tu es là-dedans mais tu nous as donné plein d'idées et le modèle Spaces j'adore. J'allais proposer un petit Smart et Noémie m'a dit ah non il y a Spaces c'est la version Community donc j'adore et je pense qu'il y a peu de gens qui connaissent donc merci de nous avoir. partager ça. L'étape numéro 1, tu nous en as parlé, c'est l'objectif. On va passer à l'étape numéro 2 et c'est un peu, j'ai l'impression, ta préférée Noémie.
- Speaker #1
Comment tu sais ? L'étape numéro 2, c'est donc une fois que les objectifs sont clairs de votre côté, il va falloir se tourner vers le membre de la communauté future que vous envisagez de créer. Vous savez quel est votre intérêt de créer une communauté, ça c'est bien, c'est un premier pas. Le deuxième, c'est de comprendre en fait quel est l'intérêt des gens à rejoindre votre communauté. Et donc c'est la proposition de valeur communautaire. Au même titre qu'une proposition de valeur de marque ou de produit, qu'il soit fonctionnel ou émotionnel, la communauté, elle doit répondre à un objectif de ses membres. Et donc, c'est hyper important de ne pas faire l'impasse sur ce sujet-là. La question à se poser, c'est vraiment, au-delà de ce que mon produit ou mon service offre à mes utilisateurs ou mes clients, qu'est-ce que la communauté peut leur apporter de plus ? Je pense à Strava, l'application de running. L'appli Strava, c'est une appli sur laquelle on va pouvoir enregistrer ses courses. et suivre les performances de ses amis. Et du coup, la proposition de valeur est assez simple, c'est traquer ses performances sportives et la communauté. de personnes qui utilisent l'outil Strava. Elle sert à un objectif qui est beaucoup plus émotionnel et humain, c'est de partager ses victoires, de garder le lien avec ses potes, de s'inspirer, de se challenger. C'est beaucoup plus, la communauté en général est beaucoup plus ancrée dans l'humain et le social qu'un produit ou un service. Et généralement, du coup, les deux approches sont complémentaires, les deux propositions de valeur sont complémentaires.
- Speaker #0
Intéressant, donc pour reprendre l'approche de Adobe, déjà j'adore que tu remettes l'église au milieu du village et que tu rappelles qu'en fait... L'objectif, ce n'est pas créer une communauté. La proposition de valeur, ce n'est pas la communauté. Si vous voulez une communauté, c'est d'abord, comme dans le networking, au lieu de vous demander ce que vous pouvez avoir des autres, posez-vous la question, qu'est-ce que j'ai à offrir ? Donc, la proposition de valeur des marques, c'est qu'est-ce que vous avez sous la main ? Des ressources, des infrastructures, peut-être des talents. On reprend le cas d'Adobe. Eux, ce qu'ils ont sous la main, c'est des produits, des infrastructures, par exemple. Même LinkedIn, ils ne l'ont jamais activé. Mais quand je suis allée dans leurs locaux, que j'ai vu qu'ils avaient une ribambelle de studios d'enregistrement, Noémie, mon cœur de podcasteuse, a fait un bond et j'ai dit mais pourquoi ? Alors après c'est compliqué, c'est des grosses machines, mais les marques comme ça qui ont des infrastructures, des moyens, il y a une vraie proposition de valeur automatique, ce qui est plus dur quand on vient de lancer sa start-up. Donc pour revenir à l'exemple d'Adobe, la proposition ça pourrait être, on fait monter en gamme le contenu des créateurs, c'est complètement virtuel cet exemple. On propose aux créateurs de venir dans nos locaux, enregistrer, faire leur création. et d'ailleurs, YouTube, à ses débuts, Ça fait un peu boomer de dire ça, mais j'ai oublié de dire, Noémie, par des amis youtubeurs, que quand ils se sont lancés en France, ils ont mis à disposition des studios en mode « Venez chez nous faire vos vidéos YouTube » . Donc super stratégie d'adoption, énorme proposition de valeur.
- Speaker #1
Énorme. Tu l'as très bien résumé, mais pour rebondir et pour reprendre cet exemple fictif sur lequel nous ne nous sommes pas entraînés au préalable, je précise, je revois pas mal typiquement l'objectif de succès et d'aider les créateurs à prendre en main les outils Adobe. à travers la communauté. Et la proposition de valeur de la communauté est assez complémentaire à celle des outils. C'est d'apprendre de nouvelles compétences, de challenger son contenu, de monter en gamme et en niveau. Et du coup, c'est complémentaire à la valeur fournie par les outils. Donc, très intéressant.
- Speaker #0
Et vous avez deux exemples, un plutôt B2B Corpo et un B2C, du coup, avec l'application Strava. On est déjà à la troisième étape. Minimum Viable Community. J'adore, je suis fan d'acronyme. C'est mon péché mignon. Donc, celle-là, c'est ma partie préférée à moi.
- Speaker #1
Ah bah écoute, très bien, je suis ravie, ça ne m'étonne pas, elle te correspond bien parce qu'elle est pragmatique, directe, franche et intelligente. Je fais de la lèche, j'espère que j'aurai le droit à un extrait sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Oh, mais Noémie, je suis déjà en couple, pas la peine de me draguer en direct.
- Speaker #1
Elle a MBC, Minimum Viable Community, concrètement, qu'est-ce que c'est ? En général, une erreur... qu'on a beaucoup, beaucoup observé avec mon associé Alexandre et tous les mentors de Communo, c'est que très souvent, les marques ou les créateurs ont défini leurs objectifs, ils ont leur proposition de valeur communautaire, trop bien, ils sont chauds, et ils y vont. Et ils se lancent en grande pompe, souvent avec des grosses annonces sur les réseaux sociaux, ils sont genre, on va lancer une communauté, la première communauté de ceci ou de cela, etc. Et très souvent, le soufflet retombe. Pourquoi ? Pour deux raisons. La première, c'est que quand on lance une communauté et qu'on a une dizaine, une vingtaine de personnes qui y arrivent, mais qu'il n'y a personne et qu'il n'y a pas d'échange déjà en cours, C'est hyper hyper freinant en fait. C'est comme quand t'es trop chaude, tu veux sortir en boîte parce que t'as bu des verres dans un bar et c'était cool. Et d'un coup, t'attends devant une boîte, t'attends, t'attends, il y a un effet d'anticipation, le leader il a l'air stylé et tout. T'entends de la musique, tu rentres dans la salle, il n'y a personne qui danse. C'est hyper décevant. Tu pars, tu pars direct. Ou alors tu prends un verre mais tu pars assez rapidement. La communauté c'est pareil en fait. Si jamais il n'y a pas déjà une dynamique qui a été lancée en amont de l'officialisation du lancement de la communauté, c'est très difficile de créer l'engagement nécessaire pour lancer la machine. Et deuxième raison pour laquelle le flop est parfois là, c'est que les community builders, les personnes qui créent la communauté, ont pensé à une stratégie d'animation qui ne marche pas, parce qu'ils ne l'ont pas testée, ils ne l'ont pas éprouvée sur un petit échantillon. C'est à ça que sert la Minimum Viable Community, c'est de faire un échantillon de test privé, souvent un bêta test entre guillemets, donc on reprend pas mal de termes du produit, c'est comme le MVP mais version communauté, donc c'est créer une petite communauté. de bêta-membres de la communauté sur lesquels on va tester des approches communautaires, un outil adapté, des contenus et des stratégies d'animation. Et une fois qu'on a trouvé le bon mix et la bonne approche et la bonne stratégie, là, on peut ouvrir les portes de la communauté et faire de la com et aller communiquer sur les réseaux sociaux et recruter des milliers de membres, mais seulement là. Parce qu'on est sûr qu'il y aura des gens pour accueillir les nouveaux arrivants et les engager et les inciter à rester dans la communauté.
- Speaker #0
J'adore cette partie en plus parce que maintenant que tu la déroules, ça me fait penser à mon plus gros fail. On est sur une thématique très nouvelle. La communauté est très peu documentée. C'est vrai qu'on n'ose pas dire, comme toujours dans l'entrepreneuriat, quand on a des fails. Moi, j'en ai eu un monumental l'année dernière. Mon plus gros succès. Le communautaire a été mon plus gros échec. Et je t'en ai jamais parlé, Noémie, d'ailleurs. J'ai lancé un challenge sur LinkedIn à un moment où les gens avaient encore beaucoup de mal à prendre la parole, donc il y a un peu plus d'un an. Et j'ai appelé ça le Refer Challenge. Et ce que je pensais être un mini-truc, Noémie, que j'ai organisé un peu dans l'ombre, en fait, j'ai fait une nuit blanche. Il est 22h et là, j'ai une idée. Et en fait, le truc, il me porte tellement que j'ai dû écrire genre 90 emplettes de postes dans la même soirée. Et j'ai sorti ce truc qui était juste un document Notion. où je me suis dit, je vais proposer à des gens qui, du coup, sont dans la style de mon application Refer, c'est-à-dire des gens qui ont envie de développer leur réseau, de se mettre ensemble pour commencer à poster sur LinkedIn et prendre la parole sur les réseaux sociaux, parce que je partais du principe que, pour networker, il fallait commencer par te montrer. Et que si tu n'osais pas poster, tu ne rencontrais jamais personne sur LinkedIn, tu faisais finalement que liker, et c'était un peu bête et méchant. Et du coup, ce challenge a super bien marché, et ce qui a été mon plus gros fail, Noémie, c'est que Je n'ai pas su maîtriser l'ampleur que ça a pris. Et ça s'est retourné contre moi. J'ai des amis qui m'ont dit, tu as créé le Karol Einstein. Le moment où tu crées un monstre, au début, tu es content. Les premières minutes, on était là, waouh ! Le premier jour, il y avait 500 personnes. Et en fait, le problème, c'est qu'une communauté, tu l'as dit, c'est un exercice de patience. En fait, quand il y a cet effet boule de neige et que vous n'êtes pas préparé, vous allez faire n'importe quoi. Et moi, j'ai fait n'importe quoi parce que comme j'étais complètement sursollicité, déjà j'arrivais plus à travailler sur mon application sur le développement de produits parce que tout le monde voulait que je sois là, c'est la communauté que j'avais créée en disant aux gens je vais les aider et du coup ils ont tous commencé à venir me parler en privé en me disant qu'est-ce que tu penses de ce post qu'est-ce que tu penses de ça, il y a des gens à qui ça a pas plu parce que comme ça a pris comme une traînée de poudre bah les gens c'est pareil ils ont pas aimé, ils se sont dit c'est quoi ce nouveau truc c'est une secte et tout, et troisième fail j'ai fait un recrutement hyper rapide beaucoup trop rapide. Ça a failli me coûter ma boîte de recruter quelqu'un très, très vite, trop vite. En fait, je n'avais pas le temps et j'étais tellement sous l'eau que je me suis dit, il faut quelqu'un pour m'aider sur cette partie-là. Minimum valuable community, voilà, je voulais vous livrer ça. Je n'en ai pas parlé beaucoup en public parce qu'honnêtement, ça a été assez douloureux. Mais j'ai un troisième exemple. Du coup, tu parlais des deux premiers fails de communauté. Ça, c'est un troisième fail. On se prépare toujours quand ça ne marche pas. mais on ne se prépare pas à quand ça marche trop. Voilà, ça c'est un problème avec les communautés aussi, aller trop vite.
- Speaker #1
En effet, on a tendance à parler du pas assez, mais on parle peu du trop, et le trop est tout aussi potentiellement chaotique et destructeur que le pas assez. Et c'est pour ça que c'est important de créer un cadre et très rapidement d'identifier des personnes dans la communauté qui vont pouvoir relayer et ôter la charge des épaules d'une seule personne qui est la personne qui a créé la communauté. Parce que sinon ça ne marche pas, en effet, et on passe sa vie à être sollicité, et on ne peut pas passer à l'échelle. Ça nous amène à notre quatrième point, me semble-t-il. en parlant de déléguer ou en tout cas de ne plus faire peser sur ses épaules le poids de l'animation et de l'engagement de chaque membre, une fois qu'on a trouvé un petit peu sa minimum variable community, c'est intéressant de la structurer à travers une stratégie communautaire et notamment une stratégie d'animation et d'engagement. Et ça, du coup, ça dépend de chaque communauté. Il n'y a pas une recette unique qui marche pour tout le monde, mais il y a des ingrédients dans l'animation de la communauté. Tout dépend des objectifs de vos membres, mais généralement, ça passe par la création de contenu. souvent des ressources. Si jamais les membres ont un objectif d'apprentissage ou de développement professionnel ou personnel, on va créer des épisodes de podcast, par exemple, chez CFO Connect, où on interview les DAF les plus experts sur des sujets spécifiques qui intéressent toutes les personnes qui bossent dans l'univers de la finance. On va faire des études, des articles, des livres blancs, etc. On va aussi créer beaucoup d'événements. Les événements, c'est une partie généralement non négociable de l'animation et de la vie de toute communauté parce que c'est les moments que ce soit en ligne ou hors ligne. où les gens peuvent se rencontrer, échanger, créer de la valeur et renforcer des liens qui vont finalement les maintenir, entre guillemets, dans ce qui les incite à rester dans la communauté. Et il y a généralement aussi une brique qui est celle de l'identification des membres qui sont les plus actifs et de les mettre en relation avec la marque dans le sens où on leur donne potentiellement le rôle, s'ils le souhaitent, de devenir des ambassadeurs et de prendre un rôle un peu plus important dans la communauté et de contribuer de manière investie dans le développement de la boîte. et l'atteinte de ses objectifs.
- Speaker #0
Hyper clair. Décidément, c'est une masterclass, je confirme, sur le pouvoir des événements et également le pouvoir de la ritualisation. En fait, créer ces rendez-vous un petit peu différents. Autant il faut que vous ayez un repère, un cadre, comme vous disait Noémie, quelque chose de vraiment ritualiste, toujours la même chose. Autant c'est important aussi de casser cette routine avec des grands rendez-vous, des grands rassemblements un peu exceptionnels. On est déjà à la cinquième étape, la cerise sur le gâteau. Qu'est-ce qu'on fait une fois qu'on a fait tout ça ?
- Speaker #1
Une fois qu'on a fait tout ça, Tout comme un produit va mesurer observer ce qui marche, ce qui marche moins, en fonction, ajuster, itérer, et petit à petit, poser des briques pour faire grandir sa communauté, si c'est l'objectif, bien sûr, et de recruter des nouveaux membres. Et l'idée est donc de se créer une espèce de dashboard communautaire dans lequel on a des métrics, des KPIs, des Key Performance Indicators, qui vont nous donner un peu le pouls de la communauté. Et ces métrics évoluent, bien sûr, en fonction de chaque typologie de communauté, de l'outil qu'on utilise. Par exemple, sur Slack, on ne va pas mesurer les mêmes choses que... sur un groupe Facebook ou sur un circle qui est un outil dédié à la communauté. Mais il y a des choses à mesurer, notamment le nombre de personnes qui vous rejoignent, l'évolution de ce nombre de membres, le nombre de personnes qui partent, les raisons pour lesquelles ils partent. Et entre ces deux indicateurs assez phares, qui sont l'arrivée et le départ, il va y avoir plein de KPIs qui sont l'engagement, la contribution, la création de contenu, etc.
- Speaker #0
Canon, tu nous as un petit peu mis en appétit. Est-ce qu'il y a une stack que tout le monde devrait connaître ? pour créer une communauté ? On n'en a pas parlé tout à l'heure, moi j'avais utilisé Discord et WhatsApp, t'en as mentionné quelques autres. Pour toi, là si demain, ta petite sœur elle te dit Noémie, je veux créer une communauté, je veux les meilleures chances de succès, qu'est-ce que tu lui donnes comme ressources ?
- Speaker #1
Tout dépend bien sûr des membres de cette communauté et de l'objectif de cette communauté. Est-ce que les gens, c'est des seniors qui ne savent pas utiliser un téléphone ou quelqu'un, WhatsApp n'est pas forcément une très bonne idée ? Ou est-ce qu'au contraire, c'est des gens qui se font un peu texte à vie et qui ont déjà Slack dans le cadre de leur taf par exemple ? ou Discord, et qui sont à l'aise avec ce genre d'outils. En général, ce qu'on observe le plus fréquemment, ça va être pour les petits groupes à taille humaine, un usage de WhatsApp, très souvent, ou de Discord, qui est de plus en plus utilisé pour des communautés dans tous les secteurs d'activité. Et moi, j'aime bien, à titre personnel, l'outil Circle, qui est un outil qui a été créé et pensé pour l'animation communautaire. Donc, à contrario d'un Discord ou d'un Slack, qui sont des outils de communication synchrone qui ont été détournés pour un usage communautaire.
- Speaker #0
Et puis pour le reste, on retrouvera tout ça dans ton livre. Il y a même un petit cadeau à la précommande, la toolbox du Community Builder. Donc pour les curieux qui ont encore des questions, n'hésitez pas à aller faire un tour, regarder ce que fait Noémie, vous connecter à elle. Moi, je la suis sur Instagram, je la suis aussi sur LinkedIn. Noémie, elle était là avant tout le monde dans la création de contenu. Ça se sent qu'elle a une passion pour l'écriture et son podcast est hyper agréable à écouter aussi. Alors j'invite tous les auditeurs à aller se connecter avec toi. Noémie, un grand bravo. pour ce que tu fais, parce que tu sais, je suis une de tes admiratrices. Donc, j'étais très contente de te recevoir aujourd'hui aussi pour ça.
- Speaker #1
Merci pour l'invitation. C'était vraiment un plaisir.
- Speaker #0
Merci à tous pour votre écoute. Et je vous mettrai les liens pour retrouver Noémie dans les ressources de l'épisode. Ciao ! Si cet épisode te plaît, tu peux le partager en me taguant ou lui laisser 5 étoiles sur Apple Podcasts.