- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast Heya, je suis Boshra Fourti. Ici, on écoute autrement. On tend l'oreille à celles qu'on entend trop peu, les femmes arabes et amazighes. Des récits vrais, puissants, incarnés. À celles et ceux qui doutent, avancent, ou cherchent à se reconnaître ailleurs que dans les récits qu'on leur impose. À celles et ceux qui veulent écouter avec ouverture et curiosité. Ria, c'est un espace de sororité, de transmission et de reconnaissance. Un endroit où chaque voix compte. Parce que nos histoires sont une richesse, et qu'avant d'y croire, il faut les entendre. Aujourd'hui, je reçois Coco Macmac, humoriste et actrice. Coco, je la suis depuis un long moment. C'est une de ces personnalités qui te font rire. mais aussi réfléchir en même temps. Parce qu'elle parle de nous, de nos familles, de nos contradictions, avec une justesse assez rare. Dans cet épisode, on parle d'identité, de double culture, de ce sentiment d'être entre deux mondes. Trop française ici, trop libanaise là-bas. Et du moment où on arrête de choisir pour enfin s'accepter pleinement. On parle aussi de son enfance entre Paris et une bulle libanaise, de cette rupture à 15 ans, quand ses parents repartent au Liban, de la pression sociale. du regard des autres et de la place des femmes. Un épisode drôle, sincère et sans filtre sur le fait de se construire avec tout ce qu'on est.
- Speaker #1
Sans plus attendre, je laisse place à la réé du jour, Coco Macmac. Salut Coco. Salut. Je suis trop contente que tu sois là,
- Speaker #0
même si on a fait trois ou deux épisodes de podcast en attendant. Je suis ravie parce que j'ai encore des tonnes de questions. Coco, la tradition sur réé, c'est de commencer par l'enfance et les débuts. Est-ce que tu peux nous parler de la Coco enfant ? de l'environnement dans lequel tu as grandi, le type d'éducation que tu as reçue ?
- Speaker #1
Alors écoute, moi j'ai eu une enfance très heureuse. Très heureuse parce que contrairement à mes soeurs avec qui j'ai une très grande différence d'âge, je n'ai pas grandi au Liban pendant la guerre, mais je suis arrivée en France, j'avais 3 ans. Donc j'ai grandi dans un environnement familial assez serein, bien construit, une grande famille. Il faut savoir que je suis issue d'une famille de 6 enfants, 5 filles et 1 garçon, donc avec une énergie très féminine à la maison. avec des grands espaces, des grands appartements, beaucoup de maquillage, beaucoup de mode, beaucoup de rire, beaucoup de dardachette comme je dis, avec un papa qui travaillait, une mère qui était femme au foyer, mais une mère qui était une vraie matriarche, qui tenait la maison par les reines, la famille par les reines, et qui était très, j'ai eu une mère très sociable, qui adorait les soirées, qui adorait la fête. Donc j'ai grandi dans un milieu familial assez confortable et assez festif. Avec des parents, j'ai eu un idéal parental extraordinaire parce qu'ils s'entendaient super bien, ils s'aimaient énormément. Donc, j'ai vraiment vécu dans une jeunesse, une très belle jeunesse à Paris, en France, mais dans une microcapsule libanaise. Parce qu'à la maison, en fait, j'ai vécu au Liban, mais en France. Tu vois, parce que ma mère, toutes ses amies, toutes ses copines étaient libanaises. Je jouais avec les amis des copines de ma mère. Je les écoutais. écouter autour d'un café le mercredi après-midi parce que nous, on n'avait pas école et se raconter, chacune se racontait ses problèmes. Il ne faut pas négliger l'impact de l'enfance sur notre vie d'adulte. Tout ce monde-là a eu beaucoup d'importance dans le rôle de Coco Macmac que j'ai aujourd'hui. Et j'ai grandi dans ce contexte-là. Donc, j'ai grandi au Liban, mais en France. Moi, j'ai libanais tout le temps. Les dimanches, on faisait les petits-dèj libanais. On écoutait le libanais. On chantait le libanais, on parlait le libanais. Tous les étés, on allait au Liban. Et j'adorais aller au Liban à cette époque-là, même si c'était un pays qui venait. de sortir de guerre, mais il y avait une énergie dans ce pays qui était incroyable. La famille, à l'époque, il n'y avait pas de téléphone portable, donc les êtres humains étaient beaucoup plus connectés entre eux que maintenant. Et la plage, le soleil, la musique. Je regardais par le balcon, je voyais tous ces mecs en BMD capotables à écouter du Waleek Furi à faire « Ya hello » , tu vois. Et je me disais « C'est quoi ce pays de malade ? » Quand je revenais en France, il faisait froid, je devais aller à l'école et tout. Donc, J'ai eu une enfance qui ressemblait à ça. J'ai eu une adolescence un petit peu plus compliquée parce que moi, il faut savoir que j'ai quitté mes parents à l'âge de 15 ans. J'étais en troisième. Mes parents ont décidé de retourner vivre au Liban et je n'étais pas adaptée à la vie au Liban. Donc, je suis restée en France chez ma sœur, chez qui j'ai vécu jusqu'à l'âge de mes 22 ans à peu près. Et cette période-là de ma vie a été assez difficile puisque tu n'es ni enfant ni adulte. Tu commences à te forger. Tu es en pleine rébellion contre ta famille, contre toi, contre tout le monde. Et bien évidemment, rien n'est de ta faute puisque personne ne te comprend. Donc, j'en ai énormément voulu à mes parents, mais je ne sais pas pourquoi. Puisque de toute façon, ils n'ont fait qu'accepter mes décisions. J'ai pris déjà un âge assez jeune. Et ce n'était pas la plus belle période de ma vie. Mais j'ai envie de dire que c'est un peu le dénominateur commun de tous les ados. Et puis ensuite, à l'âge de 22-23 ans, tu sais, je commence ma vie de jeune cadre dynamique dans le monde du travail. Et là, je vis toujours entre eux quand même ces deux cultures qui m'influencent énormément. Et je me dis, il faut que tu choisisses. Parce qu'en fait, toi, tu es française. Soit t'es libanaise. Parce que ce qui s'est passé, c'est que quand je retournais au Liban voir mes parents, je me sentais très française. Et quand j'étais en France, je me sentais très libanaise et j'avais l'impression d'être ni là, ni là. Donc je me suis dit, pour ta propre construction, peut-être qu'il va falloir que tu choisisses une identité et que tu restes sur cette identité. Donc j'ai choisi l'identité française. J'ai refoulé tout ce qu'il y avait à près de plus ou de loin au libanais. Je ne mangeais plus le libanais. Je n'avais plus d'amis libanais. je partais plus au Liban en vacances, ou du moins très peu, parce que je connaissais, j'avais envie de voir le monde, j'avais envie de voyager, j'avais envie de me dire qu'ils ne comprendent pas mes problèmes, enfin bref, tout ça. Et en fait, ton origine, ton ADN, tu as beau le rejeter autant que tu veux, il te revient comme un boomerang à un moment donné ou un autre. Donc c'est quelque chose qu'il va falloir que tu acceptes et que tu intègres. Et moi, ce qui m'est arrivé, c'est qu'à 33 ans, j'ai perdu un membre de ma famille à un âge assez jeune. Et ça m'a énormément perturbée parce que je me suis dit, en fait, tu ne peux pas renier quelque chose qui t'appartient et qui fait partie de toi. Tu as remis les pendules à l'heure. Et je me suis dit, maintenant, à chaque fois que tu auras l'occasion d'aller au Liban, tu ne vas aller qu'au Liban. Et j'allais au Liban quatre fois par an quasiment. Et en fait, j'ai réappris à aimer, pas mon pays, mais qui je suis. Parce que c'est moi. Et j'ai arrêté d'être en conflit avec ces deux origines. Et en fait, je me suis dit, tu n'as pas à choisir. Tu es juste un mélange des deux. Prends le mieux des deux. Fais ta vie. Et c'est comme ça que je me suis construite dans la trentaine. et à 2020 tout le monde sait ce qui s'est passé le Covid et moi depuis que je suis jeune je voulais faire de la comédie sauf que tu sais quand on est libanais on est soit médecin soit ingénieur, soit architecte soit avocat, il n'y a pas d'autres options en fait sinon t'es une merde et moi j'avais envie d'être actrice
- Speaker #0
Mais depuis très jeune ?
- Speaker #1
Toute jeune !
- Speaker #0
Tu as souvenir de ça ?
- Speaker #1
Ah oui oui, moi je jouais de la comédie toute la journée à la maison j'imitais les copines de ma mère je faisais que ça, même je me souviens quand j'étais en primaire quand tu sais on fait des spectacles de fin d'année, j'avais toujours le premier rôle et dès que tu me disais mise en scène pas mise en scène mais dès que tu me disais de jouer la comédie d'imiter la voix de quelqu'un le regard, je te l'avais dit tout à l'heure je suis hyper observatrice en fait c'est des choses que je capte et c'est des choses que j'aime bien remettre en place alors après je sais pas si c'est aussi imprégné de mon background de recrutement RH mais pendant 20 ans j'ai écouté les gens en fait moi maintenant quand on me parle j'écoute vraiment et j'imprime j'ai un dossier d'archives dans ma tête, je remets en scène et j'arrive à capter en fait les choses qui chez les gens paraissent tellement normales et qui chez moi ne paraissent pas normales du tout. Et ça fait des mini-vidéos, en fait. Et ça a créé le monde de Coco Mac Mac, tout ça.
- Speaker #0
C'est génial. Je vais juste revenir sur quelques trucs que j'ai trouvé hyper intéressants dans ce que tu viens de nous raconter. J'ai trouvé hyper intéressant cette évolution de l'identité. Et on me dit souvent dans ce podcast, ça revient, c'est que l'identité, elle peut être mouvante et elle n'est pas figée. Et aujourd'hui, j'ai envie de me sentir que française et demain, j'ai envie de me sentir que libanaise. Et dans deux jours, je peux être les deux. Quand tu as accepté, il y a eu cet événement, tu disais, aux environs de 33 ans. Est-ce que ça a été apaisant de juste... lâcher, lâcher ce combat. Je ne sais pas, je dis combat parce que j'ai eu l'impression que c'était de cet ordre-là presque.
- Speaker #1
Ce qui a été apaisant, c'est d'arrêter d'être fâchée. En fait, moi, je suis la Libanaise qui a vécu toute sa vie en France. Et les Libanais, Libanais aussi, c'est quand même un pays dans lequel le show-off est assez important. Les femmes là-bas, elles ont la réputation d'être belles. Elles sont très belles. Elles font attention à elles. Elles sont toujours bien maquillées, bien habillées, bien machin. Et moi, en tant que Française, quand j'allais en vacances au Liban, moi, j'y allais en vacances. donc moi c'était short et en fait je me prenais des réflexions genre en mode tu viens de France et t'es habillée comme ça mais c'était pas méchant tu vois je me disais bah ouais, je suis en queue de cheval toute la journée je m'en fous, j'avais pas envie de me prendre la tête et je me suis sentie en dessous d'elle tu vois pas assez bien souvent je me suis aussi prise des réflexions notamment à travers Coco Macmac, t'es pas assez belle pour jouer la libanaise ça les gens se rendent pas compte mais en fait parfois la parole peut avoir un effet de tir de Kalachnikov dans la tête d'une personne ma mère quand j'étais jeune elle me scannait du regard j'avais pas le droit de prendre un kilo fallait toujours que je sois bien pareil quand j'étais petite fallait qu'elle m'achète toujours les meilleurs habits les meilleurs vêtements que je sois toujours bien habillée bien coiffée parce que chez nous le paraître est important il y a toujours ce côté vitrine il y a toujours ce côté backstage généralement ils ont rien à voir il faut rester en mode vitrine et en fait moi j'arrivais pas à rester en mode vitrine et du coup je me suis dit bah je leur ressemble pas donc en fait moi je suis plus à la française en mode cool personne ne se regarde ici c'est très bien tout le monde se juge mais ça fait un peu plus Oui, oui, oui. On est moins intrusif en France en tout cas. Et du coup, j'étais fâchée parce que je me sentais rejetée par mon propre pays, parce que je ne leur ressemblais pas. En fait, je ne vais pas être fâchée. Moi, je pars du principe que dans la vie, tous tes problèmes viennent de toi. Ils ne viennent jamais des autres. Tout dépend de ce que tu en fais.
- Speaker #0
Tu as vu un psy ? Tu as fait une thérapie, du coup, pour t'aider à avancer sur ces sujets ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors, tout ce qui touche à la psychanalyse, psychologie... Je vois une hypnothérapeute, que j'aime beaucoup d'ailleurs. Je la vois de temps en temps, elle m'aide énormément. Mais en fait, je suis quelqu'un qui se pose beaucoup de questions. Et je suis persuadée que tout ce qui se passe dans ta vie vient de toi. Le bien comme le mauvais. C'est toi. Tout dépend de ce que tu fais, de ce que la vie te donne. Tu peux décider de déprimer, tu peux décider de faire de ta vie Hollywood style, mais en fait, c'est toi qui décides. Moi, les gens qui me disent « Mais moi, j'ai pas eu de chance parce que c'est la faute d'un tel, j'ai pas eu de chance parce que c'est la faute d'un tel. » Et à un moment donné, c'est jamais de ta faute. Non, je suis le dénominateur commun de tout ce qui m'arrive. Donc, tout est centré autour de moi. Si ça marche, c'est grâce à moi. Si ça marche pas, c'est à cause de moi.
- Speaker #0
Donc, t'avais envie de faire de la comédie. Clairement, c'était pas accepté parce qu'il fallait faire des métiers...
- Speaker #1
Non, mais tu sais, dans la tête de ma mère, si tu voulais être comédienne, il fallait ressembler à un mannequin. Tu t'es vu, on dirait un suppositoire. Non, mais c'est pas méchant, tu sais. Mon mère, elle me fait mettre des petites et tout. Après, mes parents étaient très drôles. Donc, ça ne m'a pas vexée. Attention, ma mère m'a toujours dit Tu sais le truc avec lequel on écrase l'ail ? Tu sais, c'est petit comme ça, il s'est un peu fat en bas. Et en fait, non, il ne faut pas être mannequin. Puis, je me suis fait ma place toute seule sur les réseaux sociaux. C'est une place que je dois à moi-même. J'ai créé un personnage, un univers qui n'existait pas. On parle du Liban uniquement à travers la guerre et les bombes, les explosions et les problèmes de banques. Et en fait, les Libanais en est tellement bien plus que ça.
- Speaker #0
Tu as fait des études de quoi ? Tu as travaillé en RH, mais tu as fait des études de ressources humaines ?
- Speaker #1
Non, toute ma vie a été un malentendu. J'ai travaillé dans plein de secteurs de vente commerciale et j'ai fini en ESN. Je ne savais même pas ce que c'était qu'une ESN. Je ne sais pas pourquoi ils m'ont recrutée.
- Speaker #0
On va peut-être dire ce que c'est. Une ESN,
- Speaker #1
c'est un cabinet de conseil spécialisé en système informatique. Donc, je ne savais même pas ce que voulait dire le mot conseil. Moi, je ne pouvais pas comprendre qu'on puisse payer pour un conseil. Mais j'avais tout compris de travers. Et dans le domaine informatique, je ne maîtrisais pas du tout. Et c'est un environnement que j'ai adoré finalement. J'ai appris sur le tas comme tout. Et puis au final, j'ai adoré. Je suis restée dans ce métier quasi 20 ans.
- Speaker #0
Puis en ressources humaines, c'est ce qu'on disait tout à l'heure. C'est que tu es confrontée à des histoires, à des histoires de vie, à des problèmes. et je pense que ça doit être un vivier pour tes spectacles ou en tout cas pour ton imagination pour réfléchir à des personnages ça a dû être une source un peu d'inspiration à l'époque oui complètement mais moi je suis passionnée par la vie des gens le parcours des gens,
- Speaker #1
comment ils sont allés d'un point A au point B tu sais, il n'y a aucune règle dans la vie, mais on peut essayer de nous mettre tous dans des cases en fait on se rend compte que personne ne rentre dans ces cases là rares sont les personnes qui rentrent dans la normalité qu'on veut nous imposer et on peut appeler ça normalité et en fait j'aime bien voir le combat des gens où est-ce qu'ils sont, où est-ce qu'ils veulent aller. Que ce soit des gens dans le recrutement, et même quand tu postules un job, tu finis par rentrer un petit peu aussi dans l'intime. Vous êtes marié, est-ce que vous avez des enfants ? Si on doit changer de job, si vous devez aller à 400 kilomètres, comment ça se passe ? Il faut tout bien blinder, tu vois. Tu t'écoutes des histoires de vie qui parfois sont passionnantes et parfois elles le sont moins, mais l'humain est intéressant.
- Speaker #0
Tu sais Coco, il y a un truc qu'on dit souvent, on dit que les humoristes transforment leurs blessures en matière première.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
La tienne, c'est quoi ?
- Speaker #1
Je pense que c'est la blessure d'une fille vraiment qui n'a pas réussi à se positionner. Par exemple, tu vois, c'est un truc tout bête, mais quand j'ai vécu au Liban, en France, avec l'éducation de ma mère à la libanaise, et quand par la suite, j'allais chez mes amis français et tout, et que je voyais que ce n'était pas tout à fait les mêmes codes, mais ce n'était pas trop différent non plus. Attention, mais par exemple, sur un truc tout con, je disais à ma mère, tu n'as pas envie de nous faire une quiche ? Tu sais, j'ai envie de manger une quiche, moi, tu vois. Elle me disait, mais non, mais nous, on ne mange pas de quiche. Tu vas une fois dans ta vie, tu vois. Achète une laitue. Pourquoi tu veux de la romaine ? C'est-à-dire que nous, les Libanais, on a des trucs qu'on achète comme ça pour faire le fatouche, le tabou, les machins. Et c'est très bon, j'adore ça. Très bien. Mais viens, on change, en fait. Genre avec mes parents, on n'a jamais mangé chinois. Ça a été rare. On a nos habitudes, on reste dans nos habitudes. Et plein aussi de codes qui sont liés à notre éducation méditerranéenne, méditerranéenne, arabe, libanaise. Moi, je dis libanaise, mais bon, ça englobe quand même pas mal de monde, dans lesquels on essaye de codifier la femme et qui, moi, aujourd'hui, en tout cas, me perturbe, me déplaise. Et c'est des murs que j'ai envie de péter.
- Speaker #0
C'est drôle, je vais rebondir sur ça, parce que dans une interview récente, tu as dit « j'ai compris que j'étais féministe il n'y a pas longtemps » . Ça a été quoi, ce technique ?
- Speaker #1
Ça a été mon discours, en fait. En fait, je me suis rendue compte que tous les sujets qui touchaient de plus ou moins loin aux femmes m'impactaient beaucoup. En fait, je trouve qu'on vit... Alors, ce n'est pas non plus une généralité, attention, mais je trouve que la femme, dans sa vie, depuis qu'elle existe, elle a eu un combat hyper fort. C'est une femme très courageuse. Les femmes sont très courageuses. C'est des femmes qui prennent sur elles, c'est des femmes qui sont des mille Speedy Gonzales dans leur quotidien avec les enfants, maintenant avec leur job et avec leur prise de décision. C'est pas pour rien qu'on dit derrière chaque grand homme il y a une femme, en fait c'est la femme qui décide, c'est la femme qui prend les décisions. et c'est lui qui va les mettre en avant. Bon, j'ai rien contre les hommes, attention. Mais je trouve que pendant longtemps, elle a été trop mise de côté. Et aujourd'hui, ce qu'on dit dans le discours féministe, c'est rien d'extraordinaire. C'est juste qu'on a les mêmes droits, on a les mêmes idées, on peut faire ce qu'on veut. Et en fait, comme je te le disais tout à l'heure, c'est même pas un débat, en fait. Ça devrait choquer personne. Mais je trouve que certaines situations qui touchent les femmes aujourd'hui, notamment les femmes battues, pourtant, je n'ai pas de conjoint, je ne suis pas battue, je ne l'ai jamais été. Mais ça, c'est quelque chose qui mérite le poil, des sujets comme ça, qui font qu'en fait, je me rends compte que si, si, je suis féministe.
- Speaker #0
Ta mère était féministe ? Est-ce que c'est des choses qui viennent un peu de ta lignée de femmes ? Tu parlais de tes sœurs, de cette grande famille très féminine. Est-ce que ces prémices, elles ont été un peu droppées, positionnées un peu ? Alors,
- Speaker #1
tu sais, tout à l'heure, quand je t'ai parlé de ma mère, je t'ai dit que c'était une femme au foyer, mais c'était une matriarche. Ma mère, c'était une chef d'orchestre. Je pense que le vrai féministe dans le couple, c'était mon père. Parce que mon père nous a toujours poussé à être indépendantes, à être propriétaires, à être émancipées. Je pense qu'il était beaucoup plus féministe que ma mère. Et moi, j'ai beaucoup de mon père. J'ai beaucoup de ma mère. De ce côté liberté, créatif et tout, c'est mon père.
- Speaker #0
Et tu as un frère ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Il y avait une différence entre le traitement qui était accordé à ton frère ? Évidemment !
- Speaker #1
Tu as toutes les familles, le fils ! Attention, le fils ! Et surtout, il n'y en avait qu'un seul, là. Il n'y en avait qu'un seul. Mais j'ai un frère qui était extrêmement gentil, qui n'a pas du tout abusé de la situation. Tu sais, mon frère, c'est un profil très ingénieur, calme, cool. Lui, il n'est pas dans les... Il ne supporte pas ça du tout. Il a grandi, il s'est très bien intégré dans cette famille. Enfin, dans cette famille, le pauvre. Mais en tout cas, il vit très bien parmi ses sœurs. Et c'est quelqu'un de très gentil.
- Speaker #0
On parle souvent, Coco, de la résilience des Libanais. Je pense que c'est... L'adjectif, si on devait faire un micro-trottoir et qu'on te disait « donne un adjectif que tu associerais à Libanais » , je pense que c'est celui qui reviendrait le plus. À quoi il te fait penser ? Qu'est-ce que tu ressens en tentant cet adjectif ?
- Speaker #1
En fait, c'est comme si tu disais à un enfant « t'as pas compris ? » Mais c'est parce que t'es bête. On t'a catalogué. Les Libanais, ils n'arrivent pas à s'en sortir. Même si c'est parce qu'ils sont résilients, en fait. Ils acceptent tout. Ce que je dis dans mon spectacle, parce que je parle de la résilience, je dis la résilience. C'est comme si tu offrais une médaille à quelqu'un qui vient de se prendre un missile en pleine gueule et lui dire bravo, c'est bien, t'as survécu. Tiens, on va te filer un hashtag, hashtag I'm still alive. En fait, la résilience, c'est ni plus ni moins un mot qu'on utilise quand on n'a plus rien à offrir à quelqu'un sauf son admiration gênée. Tu ne dis pas il est résilient d'un mec qui vit à Paris, qui a un CDI, qui a le chauffage, qui a une banque. Tu vas dire qu'il est résilient d'un mec qui vit dans un pays sans gaz, sans électricité, sans eau, sans compte épargne. mais qui continuent à sortir bien habillés et à aller se poser dans un café à Beyrouth et à se dire « Alhamdoulilah, ça aurait pu être pire » . Mais au Liban, on le sait très bien, c'est que le pire arrive toujours. Et le monde, il nous regarde et le monde, il est impressionné. Il se dit « Attends, ils vivent en enfer, mais avec dignité ? Mais quels leçons pour nous tous ? » Et tout le monde est étonné de voir que tous les Libanais veulent quitter le pays. Mais nous, ce n'est pas qu'on veut quitter le pays. Nous, on aimerait bien vivre dans un pays où la résilience est une option et pas une obligation. Donc en fait, dire que les Libanais sont résilients, me mettre cette étiquette-là, moi, je ne suis pas du tout résiliente. Moi, justement, je recommence à être fâchée contre mon pays parce que je vois qu'il y a certaines choses qui pourraient avancer beaucoup plus vite. Maintenant que nous avons un nouveau gouvernement, je vois que la corruption, elle est toujours présente. En fait, il n'y a rien qui avance. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Mais j'ai une voix, j'ai envie de la faire porter. Je ne sais juste pas comment.
- Speaker #0
Tu la portes déjà rien que de dénoncer. Oui, à travers l'humour. Oui,
- Speaker #1
mais je me dis, tu vois, par exemple, le fait que, ça, j'en parle souvent sur mes réseaux sociaux aussi, le fait qu'une Libanaise mariée à un étranger ne puisse pas... On ne peut pas donner la nationalité libanaise. C'est incroyable quand même. Je ne savais pas,
- Speaker #0
moi je l'ai appris avec une Libanaise que j'ai reçue sur le podcast. Elle disait, mes enfants n'ont pas la nationalité.
- Speaker #1
Ils n'ont pas la nationalité libanaise. Par contre, après, on se réjouit de dire que Mika, le chanteur Mika, il est Libanais, mais il n'est pas Libanais. Sa mère est Libanaise, son père est Américain. Lui, par contre, on veut qu'il soit Libanais. Vous faites quoi de tous ces enfants qui ont été éduqués ? La seule chose dont on est sûr quand on a un gosse, c'est de la mère. Le père, on peut toujours tricher. Donc au moins, tu es sûr qu'il a 50% de Libanais. Et tu vois, c'est là que mon côté féministe va revenir. Mais quelle injustice ! Sachant que toutes mes copines libanaises marient avec des Français, c'est des super familles, c'est des super enfants, c'est des... Je vois pas pourquoi la France autoriserait que moi, Karine Makary, française d'origine libanaise, puisse donner à la nationalité française qui m'amène partout, et qui vaut beaucoup moins cher que la nationalité libanaise, à mes enfants. Mais Liban, non, nous, on est trop prestige. Nous, c'est soit entre nous, et uniquement si c'était une femme, que l'homme, il peut faire ce qu'il veut. C'est dégueulasse, en fait. et vous voulez qu'on continue à nous la péter partout en disant qu'on est un peuple super brillant, ben montre-moi ta brillance. Montre-moi comment tu peux faire évoluer les choses pour que je continue de me réconcilier avec mon pays. Alors que c'est un sujet qui ne me concerne pas, je n'ai pas d'enfant. Mais je trouve ça dégueulasse.
- Speaker #0
Oui, c'est assez fou quand même. Tous ces combats sont juste à appliquer à un genre, en fait.
- Speaker #1
Ben appliquer à un genre qui sont hyper discriminants. Et moi, je ne comprends pas aujourd'hui. Je ne comprends pas non plus les décisions de l'époque, mais soit elles ont été décidées. Je ne comprends pas pourquoi aujourd'hui elles sont toujours mises en place. Ils existent toujours. C'est insultant pour nous. Le gouvernement libanais devrait le comprendre. C'est insultant pour nous. Mon fils, si je le regarde, je peux lui dire, tu vas manger libanais, ta téta c'est une libanaise, tu vas écouter le libanais, tu ne seras jamais libanais. C'est le pays qui ne veut pas de toi.
- Speaker #0
Tu parles de ton fils. Je ne veux pas de fils. On parle souvent de cette pression autour de la maternité. On parle des combats des femmes et je pense que ça aussi c'est un des combats et une des pressions qu'on a toutes subies à un moment ou qu'on subit plus certaines. Est-ce que c'est quelque chose qu'on ne t'a pas fait peser ? le fait que tu n'es pas d'enfant ?
- Speaker #1
Moi, on m'a fait porter une pyramide de cailloux, de traumatismes sur mon dos. Je pense que les gens, si je leur raconte, ils ne l'imagineraient même pas. Moi, ma mère a tout fait pour me marier. Moi, quand j'allais au Liban en vacances, il y avait des traquenards toutes les semaines. Toutes les semaines, elle me présentait quelqu'un. Il y avait le médecin, il y avait le dentiste, il y avait le cardiologue, il n'y avait que des hogs et des histes. Médecin, dentiste, cardiologue, pneumologue, machin. Parce qu'attention, il ne fallait pas taper dans tout et n'importe quoi. Et que des mecs hyper bien éduqués, mais qui voulaient aussi parfois une fille avec une nationalité française. En fait, c'est un cahier des charges. Et j'ai accepté plein de dates comme ça. Attention, non ? Qui se sont toutes très mal passées, du coup. Parce que je ne fitais pas du tout. Et en fait, on avait tout fait pour me marier. Parce qu'en fait, si ta fille, ma mère dans sa tête, si ma fille, qui vit en France, toute seule, il y a 20 ans, ce n'était pas la même époque non plus. Pour ne pas que les gens parlent. Parce que le plus important, c'est quoi ? C'est les gens. Ce n'est pas ma vie. C'est ce que vont dire les gens à ma mère. quelle image, quelle vitrine elle va pouvoir exposer aux gens. C'est mieux de leur dire ma fille, elle est mariée avec un médecin, un vocer, un ingénieur, architecte, tout ça, tout ça, et elle vit en France, et ça se passe très bien. Les backstage, on s'en fout. Mais la vitrine, elle est nickel. Plutôt que de dire ma fille, elle vit toute seule. Je suis une fille, j'habite toute seule. Si tu t'arrêtes avec ces deux points, les gens, excuse-moi du terme, mais ils vont déduire deux choses. Soit je suis une pute, soit je suis une lesbienne. Il n'y a pas d'autre possibilité. Que je sois bien dans ma vie, ce n'est pas envisageable. Je suis soit l'un, soit l'autre. En fait, tu vis avec ça et tu te dis, mais attends, déjà, je n'ai même pas le temps de sortir. Je travaille à Paris, je passe toute la journée, j'arrive chez moi, je suis épuisée. Je suis à la limite du burn-out et vous êtes en train d'émettre des jugements qui ne me correspondent pas du tout. J'ai eu une énorme pression familiale, familiale, amicale, même professionnelle. Tes amis ne vont pas te dire, ils vont te dire, mais pourquoi tu n'as pas un mec ? Mais ce n'est pas grave, parce que ça, à la limite, quand tu es dans la vingtaine, trentaine, c'est les questions qu'on se pose. Mais toi, quand tu vois que tout le monde se marie, tu te dis, mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Je le vis comme un problème. Moi, je l'ai vécu comme un problème il y a une période de ma vie. Je me suis dit, parce que la société m'a fait croire que je n'étais pas assez bien pour avoir été choisie. Parce que c'est l'homme qui choisit sa femme. C'est qui la demande en mariage. Moi, j'avais l'impression d'être un pot de yaourt périmé. Pourquoi je ne suis pas assez bien pour qu'on me choisisse ?
- Speaker #0
Oui, mais tu as été assez forte parce que sur ce point-là, je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui cèdent et qui acceptent. Exactement. Pour rentrer dans ce cadre-là.
- Speaker #1
Exactement. Parce que c'est la pression. Moi, je ne leur en veux pas, ces femmes. On te montre tout. tellement que t'es pas normale. Et si on te regarde avec un regard de pitié et que ça n'a pas marché ? Pourquoi ? Parce que moi, si je regardais ta vie et ton mariage et je te disais « Ah, t'es encore avec ton mari ? » Tu le vivrais comment en fait ? J'aimais pas du jugement sur ta vie. N'en aimais pas un sur moi. Comme je te le disais tout à l'heure, je suis célibataire, mais je vis pas de solitude. C'est juste un statut, c'est comme ça, ça peut changer demain. Donc voilà, y'a pas de jugement à avoir. Ce qui compte dans la vie, ce qu'on a oublié, tu sais, les fondamentaux dans la vie sont très basiques. C'est juste d'être heureux. Le reste, on s'en fout.
- Speaker #0
Et ça, on ne nous l'apprend pas. Non, on ne l'apprend pas. Je crois qu'il y a un vrai sujet d'éducation sur ça, aux enfants.
- Speaker #1
Aux enfants et même aux adultes. Tu sais, tout à l'heure, je te disais à 40 ans dans la vie d'une femme, il y a un truc qui se passe. Et je t'ai dit, à 40 ans, la femme s'écoute. Parce que la société commence à se taire. Soit tu es rentrée dans la case, soit tu n'es pas rentrée dans la case. Donc, soit tu es mariée, soit tu es périmée. Il y a deux options. OK ? Mais dans les deux cas, on te fout la paix. Et dans les deux cas, il y a toujours... Moi, je dis, je suis hyper attentive à mes genoux. Moi, il y a des gens dans ma tête qui me parlent. Ils me disent plein de trucs.
- Speaker #0
Par exemple ?
- Speaker #1
par exemple moi depuis que je suis petite je sais que je vais monter sur scène mais je le sais, on me l'a dit, on me l'a répété je le sais et ce petit genou à l'intérieur de moi en fait c'est ma voix ma voix pendant des années je les tue pourquoi je les tue ? sauf qu'à 40 ans quand tout le monde te fout la paix, tu te réécoutes et c'est pour ça qu'on parle de crise de la quarantaine les gens switch tu pouvais travailler dans la finance maintenant t'as envie d'élever des vaches, tu vas élever des vaches parce que de base c'était ce que t'avais envie de faire ou alors t'as envie d'écrire des livres ou t'as envie de monter sur scène Mais en fait, c'était ça mon ADN de base. Et je l'ai tellement étouffé qu'à un moment donné, bien sûr qu'il va exploser. Donc en fait, pourquoi on ne nous dit pas juste écoutez-vous et soyez heureux et puis c'est tout ? Il n'y a pas de modèle prédéfini.
- Speaker #0
C'est quoi ta définition du bonheur ?
- Speaker #1
Ma définition du bonheur, c'est de dormir avec une conscience tranquille. Pour moi, ça c'est le bonheur. Mais si j'ai mille sujets dans la tête qui me travaillent, qui me tracassent et qui m'obsèdent, je ne suis pas heureuse. Si je mets ma tête sur l'oreiller et qu'en deux minutes, je suis endormie, je suis la femme la plus heureuse du monde. C'est la conscience tranquille.
- Speaker #0
Et tu fais quoi tes journées ?
- Speaker #1
Pas grand-chose. Si je dis, je fais plein de trucs. Bon, il y a bien...
- Speaker #0
T'as bien dormi.
- Speaker #1
Ah oui, après avoir bien dormi et tout. Non, mais je suis une fille qui écrit beaucoup. Mon humeur dépend beaucoup de la météo, ça, j'en ai parlé tout à l'heure. Donc, en fait, ça dépend de mon mood. Mais disons qu'aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir prendre le temps de faire ce que je veux au moment où je l'ai décidé. Ça a du plus, ça a du moins, parce que ça demande aussi une certaine discipline. La création de contenu sur les réseaux sociaux, ça se travaille. Et puis parfois, tu sais, mettre le pilou-pilou de la mère Macmac et tourner une vidéo, même si j'ai un script qui est super, si je n'ai pas l'énergie, je ne vais pas le faire, je ne peux pas. La vidéo va être ratée parce que je ne suis pas dans les bonnes conditions. Donc, le psychologique est très important.
- Speaker #0
et puis c'est hyper dur enfin moi je suis admirative de ton travail de création de contenu donc t'as la scène qui est déjà un autre travail mais plus sur du temps long tu prévois tu alloues le temps qu'il faut pour écrire ton spectacle et après tu joues la création de contenu se mettre devant une caméra quasi quotidiennement tous les jours et devoir faire rire ce qui est déjà dingue et vraiment et on en parlait rapidement tout à l'heure ce truc t'as ton vécu tu portes ta journée ce qui s'est passé tes engueulades tes problèmes et vraiment je suis admirative parce que un c'est un vrai boulot et deux si l'énergie n'est pas là, ça rend le travail mais 15 fois plus dur.
- Speaker #1
C'est horrible et je pense que les gens le ressentent. Et c'est pour ça que parfois j'ai des absences sur Instagram, parce que vraiment quand je suis pas bien, quand tu râles, parce que il pleut et tout, pour moi on s'en fiche. Parfois je suis vraiment mal. Et quand je suis vraiment mal, les gens ils ont pas à savoir ni ce qui se passe, ni quoi que ce soit. Et tu sais, parfois aussi, rien que le fait de te filmer, de te montrer, parfois t'as pas envie de te montrer, mais parfois je vais te dire, t'as même pas envie de te regarder. Quand t'es pas bien, tu croises dans le miroir, tu tournes la tête et tout, je suis là, je peux pas voir ma tête, je me supporte plus. Parfois, c'est du mal à être bien avec toi-même. On en parlait, période de coquelicots et tout. Bon, tu t'en veux plus. Et je te dis même pas, quand j'ai mes coquelicots, je dois monter sur scène. Mais oui, il y a plein de périodes comme ça. Mais après, tu sais, à chaque fois que je fais des stories, je ne fais pas des stories pour faire rire. Je fais aussi des stories pour parler d'un sujet qui m'a interpellée ou faire un petit coucou aux gens. Et tu sais, les gens se sont habitués à moi. Et maintenant, je suis devenue leur copine. En fait, ta copine, tu as envie d'avoir de ses nouvelles régulièrement. Donc, quelque part, quand je fais une story, c'est comme si je leur envoyais un WhatsApp.
- Speaker #0
Genre, hello et tout.
- Speaker #1
Je suis là. Quand je suis de good vibes, tant mieux. Quand je suis de mauvaise vibes, je m'absente un petit peu. Mais oui, c'est se montrer tout le temps. C'est énergivore. C'est comme si tu étais en télétravail, tu étais obligé d'allumer la caméra de ton Teams tout le temps. Parfois, t'as bon.
- Speaker #0
Quelle est ta limite dans les sujets que tu abordes ? Sur scène ou face cam ? Est-ce que tu as une limite ? Est-ce qu'il y a des sujets où c'est no-go, sûr ?
- Speaker #1
Je parle rarement des sujets que je ne maîtrise pas trop. Genre la politique. Tellement polémique, la politique. donc je préfère pas me positionner sur ces sujets-là parce qu'honnêtement, j'arrive à un stade où les démissionnés de ce monde-là, ils me dégoûtent en fait, c'est d'une violence extrême, alors je sais pas si c'est dû aux réseaux sociaux, parce que maintenant on a l'information beaucoup plus vite toutes les pages d'informations, les Hugo Décrypte les TF1, France 2, machin, etc, tu reçois des nouvelles il n'y a jamais une bonne nouvelle, c'est soit une guerre soit de la pédophilie, soit une femme battue soit une femme tuée soit tu finis par avoir peur de sortir de chez toi et en fait vivre dans un environnement comme ça aussi stressant c'est pesant donc la politique je m'y mêle pas trop même si quelque part j'en fais quand même un peu il y a plein de sujets que j'aborde pas déjà quand t'en parles pas c'est grave dans la tête des gens est-ce que t'as des haters ? oui mais c'est des haters mignons il y a des haters qui me manquent j'en ai une je l'adore mais c'est une régulière mais du coup quand elle me critique pas Merci. J'ai dit, mais il y a des ouf. Tu dis ? Pourquoi il n'y a pas un ouf ? Tu vois ? Et elle continue de me follow et tout. Et elle continue de commenter. Je m'en fous, ça nourrit mon algorithme. Mais à un moment donné, je lui ai répondu. Je dis, ça me fait plaisir de te revoir. Tu me dis longtemps. Oui, je me suis inquiétée. Après, j'ai le haters habituel. Genre, j'aime pas sa voix. Elle me saoule. En fait, tu sais, des gens normaux, quand ils n'aiment pas un contenu, ils swipent en fait. Et finalement, tu sais, on parle beaucoup du haters sur les réseaux sociaux. On a autant de haters dans la vie. Moi, je trouve que le hater sur les réseaux sociaux, il est beaucoup plus courageux que celui dans la vraie vie. Parce qu'au moins, il se montre, bon, peut-être pas à visage découvert, avec un faux pseudonyme et une photo de profil de chat, mais au moins, il ose mettre sa critique devant tout le monde. Alors que le hater, dans la vraie vie, il te poignarde dans le dos quand même. C'est pas pareil. Donc, elle est à la limite, laisse les gens parler, vous nourrissez mon algorithme. Parfait ! J'en ai très peu, la vérité, j'en ai très peu. J'en ai très peu.
- Speaker #0
Vous parliez tout à l'heure de la transition 30 à 40. Aujourd'hui, tu as 43 ans. C'est une nouvelle période, une nouvelle page. Comment tu la vis ?
- Speaker #1
Super bien. C'est ma plus belle décennie. Parce que j'en ai plus rien à foutre. Mais genre, plus rien à foutre. J'ose enfin faire fermer des bouches. C'est-à-dire que maintenant, je ne supporte plus qu'on m'attaque sur telle ou telle position ou telle ou telle décision dans ma vie. Et j'ai de la chance, c'est parce que je suis entourée d'amis, des femmes extraordinaires qui m'accompagnent dans mon quotidien.
- Speaker #0
Et quand je leur parle, par exemple, d'un truc qui va ou d'un truc qui va pas, en fait, entre nous, il n'y a jamais de jugement. Il y a de l'écoute. Et quand elles veulent me donner leur avis, elles me disent, je peux donner mon avis ? Je dis oui ou je dis non. Parfois, je peux écouter, parfois, je ne peux pas écouter. Il y a une espèce de respect, je ne sais pas. J'adore les gens qui sont dans cette énergie-là. C'est une énergie tellement bienveillante. Mais ce n'est pas genre bienveillante, on va marcher dans l'herbe à pieds nus et puis on va embrasser des arbres. Je n'ai rien contre, mais on n'est pas dans ce mood-là. Les gens ne me connaissent pas trop, mine de rien. Ils se permettent comme ça de démettre un jugement sur moi, là où avant, j'avais tendance à fermer ma bouche. Aujourd'hui, je sors l'écrou. Je m'affirme beaucoup plus. D'ailleurs, ça se voit dans mon contenu. Coco Mac Mac existe dans mon spectacle. C'est devenu un personnage principal. Je ne me cache plus d'avoir des personnages. Donc maintenant, si j'ai quelque chose à dire, je l'assume, c'est moi qui le dis. Et je me pousse à le dire, je me force à le dire, même si mon éducation fait que j'aurais fermé ma bouche. Là, je ne le fais plus. Et comme je le dis dans mon spectacle, je commence mon spectacle en disant « Aujourd'hui, je m'entose. » Et je marche comme ça. C'est fini. Vraiment, je suis devenue mon propre garde du corps. On ne m'attaque plus.
- Speaker #1
Ça fait un filtre autour de toi ? Est-ce que ça a trié un peu certaines amitiés, certaines personnes ?
- Speaker #0
Très peu quand même. Très peu parce que je suis profondément attachée aux gens qui m'accompagnent dans ma vie depuis que j'ai des amitiés de longue date, moi. Donc, c'est des gens qui m'ont connue quand j'étais par terre, en l'air, n'importe où. Je suis hyper loyale. C'est quelque chose que, mes amis, on n'y touche pas. Il y a plein de choses comme ça, on n'y touche pas. Donc, ça a fait un tri, oui, mais peut-être pour des gens qui n'étaient pas si proches que ça, finalement. Donc, il n'y a pas vraiment eu perte et fracas. Mes potes, mes potes, mes potes, ils sont toujours là.
- Speaker #1
Tu t'es fait connaître, Coco, à 35 ans, ce qui est relativement tard, je mets ça entre des guillemets, sur le discours classique de la réussite, de la percée, etc. Avec du recul, est-ce que tu garderais tout pareil ? Est-ce que tu penses que cette maturité-là que tu avais pour être face cam et on stage, face au public, t'a été utile ou tu aurais aimé peut-être faire quelque chose de manière différente pour changer un peu ce timing-là ?
- Speaker #0
Je pense que dans ma vie, si tout était à refaire, je referais exactement la même chose. En fait, je remercie presque ma mère de ne pas m'avoir poussée à faire de la comédie ou les cours florants. Je me serais plantée. Ce n'était pas le bon timing. Il fallait que je vive tout ce que j'ai vécu pour pouvoir faire ce que je suis en train de faire. Et aujourd'hui, je suis tellement en accord avec la femme que je suis. En fait, je me dis, tout est parfait. C'était le MacTube. Et ce MacTube-là, il me va très bien pour l'instant. Donc, je referais la même chose. Et oui, effectivement, tu ne réfléchis pas de la même manière quand tu as 37 que quand tu as 25. Donc forcément, je vais peut-être avoir un discours plus ou moins posé. J'adore la population à laquelle je m'adresse, de toutes ces femmes-là un peu qui se retrouvent en moi aussi.
- Speaker #1
Et j'imagine qu'il y a une lecture des personnages aussi qui est différente, peut-être plus profonde qu'une jeune de 20 ans. Et puis je ne critique personne de 20 ans, c'est différent.
- Speaker #0
Je pense que si j'avais commencé à 20 ans, il n'y avait pas les réseaux sociaux, mais j'aurais fait des tutos make-up. Je n'ai rien contre, mais je n'aurais pas eu toute cette réflexion derrière. J'aurais fait les choses différemment, forcément. Mais moi, ce que j'aime, c'est raconter des histoires. C'est faire des podcasts. C'est la vie des gens. C'est la vie de mes personnages que j'invente. J'adore.
- Speaker #1
C'est quoi ton personnage préféré ? C'est la mère Mac Mac.
- Speaker #0
Je l'aime tellement. Je suis attachée à elle. Elle me parle. Elle est dans ma tête tout le temps. Avec les genoux. Vous êtes beaucoup. Je vais te dire un truc. Je t'assure, on gagnerait à être beaucoup plus connectés avec la vie, pas avec le téléphone. moi je t'assure quand je te dis il y a des gens qui me parlent on me parle c'est une intuition ça va être un truc va pas là ou alors fais ça ou aujourd'hui il va se passer ça pourquoi il va se passer ça je réponds tu vois je me fais la conversation putain mais ça arrive et donc maintenant quand on me parle je suis hyper attentive parfois tu vas rencontrer quelqu'un qui va faire un deal avec toi tu vas dire je le sens pas et tu vas culpabiliser à l'idée d'avoir eu cette idée parce que tu te dis putain il m'a rien fait tout était clean tout était bien il y a une odeur de merde qui sort mais je sais pas aller où Et finalement, ça finit par planter. Tu te dis, mais putain, on me l'avait dit. On me l'avait dit. Et moi, une fois, cette voix, elle m'a sauvé la vie. Donc, c'est pour ça que maintenant, je l'écoute vraiment bien. Et je lui parle.
- Speaker #1
Tu peux dire non à quelque chose qui, sur le papier, tique toutes les boxes, mais parce qu'il y a quelque chose qui te retient, tu dis non ?
- Speaker #0
Ouais. Et comme je te l'ai dit, je suis hyper observatrice. Pour peu qu'il y ait un petit truc qui me dérange, je vais le mettre en warning.
- Speaker #1
En fait, c'est ça l'intuition. On dit qu'on est nés avec ça et qu'on a tué cette voix-là. et que l'intuition, elle n'est pas... Ce n'est pas de la folie.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
C'est plein de choses scientifiques, des odeurs, des énergies. Exactement. Et juste, on a tué cette voix et on ne sait plus l'écouter.
- Speaker #0
C'est ça. Mais tu sais, maintenant, même parfois, quand je regarde une salle que je dois jouer, je sais s'il trahit bien le spectacle ou pas. Je le sais. Et je le sens, tu vois.
- Speaker #1
C'est fou. Oui.
- Speaker #0
Et parfois même, peut-être, s'il y a un truc que je n'aime pas, je m'autoconditionne. Tu me dis, tu le sens, je le sens. Parfois, je rentre dans une salle, je fais, ouais. Genre la salle dans laquelle je joue, là, à Paris. J'adore. Même le public se sent... On est tous connectés.
- Speaker #1
Tu sais, Coco, j'ai créé ce podcast à la base un peu pour ma fille parce que je voulais qu'elle entende des histoires de nanas hyper inspirantes parce que je trouvais qu'on n'en entendait pas assez et que ce qu'on montrait était vachement réduit. Est-ce qu'il y a une chose que tu voudrais dire, pas à ma fille, mais aux filles comme les miennes, qui pourraient écouter ce podcast aujourd'hui ou dans dix ans ? Si tu devais leur dire un truc, leur laisser un truc, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Je leur dirais... Parce que souvent, la femme, quand elle prend des décisions qui ne ressemblent pas aux codes de la société, La première chose... ce qu'on lui dit, c'est « tu fais ça parce que t'es inégoïste, tu penses qu'à toi » . Et le mot égoïste, il y a une connotation hyper péjorative dans ce mot égoïste. Sauf qu'en fait, si tu te mets pas au centre de tout, tout va pourrir autour de toi. C'est un peu, tu sais, quand tu mets une tomate dans le bac, ça pourrit tout autour. La plus belle qualité que tu devrais avoir, à ta fille, si je vais lui parler, c'est d'essayer d'être la plus égoïste possible parce que si toi, tu te sens bien, tu vas voir comment tu vas réunir autour de toi. Donc pense à toi, tu es la priorité dans ta vie. et fais ce que tu veux. Écoute tes genoux. Pas ta mère.
- Speaker #1
Pas ta mère. Si, sur cette lignée un peu de transmission, si une jeune fille te regarde, t'écoute aujourd'hui et elle se demande est-ce qu'elle peut prendre sa place ? Elle n'a pas la bonne nationalité ? Pas la bonne couleur de cheveux ou de peau ? Pas la bonne texture ? Quel conseil tu lui donnerais ?
- Speaker #0
Qui lui a dit qu'elle n'avait pas les bonnes qualités, la bonne texture ? C'est toujours le jugement des autres qui va forger ta place. Donc, en fait, il y a de la place pour tout le monde. Et tu me disais, j'ai commencé à un âge assez avancé. Moi, quand j'ai commencé, beaucoup de gens de mon entourage me disent « Mais tu ne perceras jamais, tu es trop vieille. » Pourquoi je ne devrais pas percer ? En fait, je ne comprends pas. Il n'y a que de la place pour des gens qui ont 20 ans. Nous, on n'a pas notre mot à dire. On n'a pas le droit d'exister. Maintenant, je vois des podcasts de femmes de 60, 70 ans qui s'expriment sur la ménopause, sur leurs livres. J'adore les écouter, ces femmes. On ne les entend pas. Donc, en fait, tu es là où tu dois être si tu as décidé que tu devais... être là où tu devais être. C'est toi qui décides. Tu es à l'origine de toute ta réussite, de tous tes échecs. Le plus important, faire taire les gens.
- Speaker #1
Et puis les gens renvoient leur frustration et leurs propres... Total. ...leurs propres insécurités sur toi. Oui, tout à fait. Tout à fait.
- Speaker #0
Et puis c'est des gens très proches, parfois, mais comment tu vas faire ? Mais t'es sûre, mais t'es majeure. On te fait peur, surtout. Sauf qu'en fait, mais déjà, la vie, c'est un risque. J'arrive, c'est un risque. Tout est un risque et je peux mourir demain. La seule vérité qui existe dans ce monde, c'est la mort. Tout le reste, c'est de l'approximatif et c'est du ressenti, c'est de l'émotionnel. Donc en fait, laissez-moi vivre. Au pire, je me trompe. Qu'est-ce qui se passe ? C'est pas grave, j'apprends. Je me trompe tout le temps.
- Speaker #1
Et c'est ça la vie aussi.
- Speaker #0
C'est ça la vie. Moi, je l'ai accepté. C'est quelque chose que j'ai accepté.
- Speaker #1
Et puis ce serait plus embêtant, moins drôle, si on réussissait tôt et que tout marchait parfaitement du premier coup. Ça tue ton ambition.
- Speaker #0
Moi, je trouve que moi qui adore écouter des podcasts et les parcours des gens, je trouve que les gens qui ont vachement réussi, c'est des gens qui ont eu une vie horrible. soit qui ont fui un pays en guerre, soit qui ont subi des violences parentales, soit, soit, soit, et puis d'un coup, ils ont eu une idée, d'un coup, ils ont créé un business, et d'un coup, ils sont devenus quelqu'un. Mais parce qu'en fait, tout ce passé-là, il a construit une rage de vivre et de réussir. S'ils n'étaient nés avec une cuillère en or, ça aurait peut-être tué leur motivation, parce qu'ils auraient vécu sur un matelas hyper confortable. Donc moi, je trouve que l'échec, en fait, c'est génial. Pas l'échec, l'épreuve, tout. Moi, quand je suis dans une période difficile, je me dis que c'est génial, en fait, parce que ça ne peut que aller mieux maintenant, je suis en bas. Et quand je suis en haut, je me dis attention. Ça va redescendre. C'est pas ça que ça va redescendre.
- Speaker #1
Oui, mais ça, moi, j'aime beaucoup ça et je trouve ça hyper dur parce que tu kiffes moins le moment. Non ?
- Speaker #0
Non, non, ça va, je le kiffe. Je le kiffe, mais je me dis, fais gaffe, fais gaffe, fais gaffe, tu vois. Je me fais toujours des reminders dans la tête de, attention, par exemple, sortie d'un spectacle, moi, je suis, oh là là, mon Dieu, c'est très, très dur de redescendre. Mais je vais redescendre. Puis quand je redescends, je me dis, en fait, ta vie, c'est de la merde. J'ouvre mon frigo, il n'y a rien. Je me dis, c'est pas possible. J'ai quoi prévu aujourd'hui ? Rien. on m'a écrit, ah non mais flemme, regarde la météo, il pleut, mais c'était pas mieux si j'avais été sur scène. Ça y est, la vie elle est comme ça, elle est sinusoïdale, elle est comme ma tête. Ça va dans tous les sens, mais c'est ok.
- Speaker #1
D'après toi, c'est quoi la plus grande richesse d'être une femme arabe ? Ou amazigh ?
- Speaker #0
Je dirais... Moi il y a un truc chez nous que j'adore, parce que c'est quelque chose qui me rassure, c'est l'accueil et la générosité des gens. Et ça c'est du velours sur la peau. Et c'est vrai que parfois quand je vais... Je n'ai pas envie de dire que je suis des Libanais, parce que c'est des gens en général qui sont biberonnés à la Méditerranée. C'est toujours palu, tu vois. C'est toujours des grandes tablées. C'est toujours, il y a du monde. C'est toujours familial. Ça rigole, il y a du bruit. Il me semble me rappeler mon enfance. Donc, il y a une ambiance. Et il n'y a pas ce côté froid. Il n'y a pas ce côté Ikea. C'est vraiment un peu bambouli land, mais on adore. Tu vois, c'est hyper sympa. Il y a de la musique. Moi, je me souviens, on mettait de la musique. On dansait et tout. On s'occupait pas mal. quand même quand on était jeune. Et en fait, je dirais, c'est la générosité, la chaleur. bouffe. Donc on a une chance de se vivre dans ce cocon comme ça de générosité où les gens s'entraident beaucoup quand même.
- Speaker #1
Quelle est ta définition de la réussite ? Ta définition personnelle de la réussite ?
- Speaker #0
Succession d'échec. C'est ça pour moi la réussite. La réussite est une succession d'échecs, mais en fait tu réussiras jamais dans ta vie. Tu le sauras un jour avant ta mort je pense, si t'as réussi ta vie, si t'as eu la vie que tu voulais et surtout pour moi tu sais le plus difficile dans la vie. J'essaye de me faire ça assez régulièrement, mais c'est pas de réussir. c'est d'avoir un objectif. Me mettre un objectif, c'est la chose que j'ai le plus de mal à avoir. Parce qu'en fait, je me dis, mais en fait, attends, t'attends quoi de la vie ? Tu veux quoi ? Mais en fait, si tu sais pas ce que tu veux, comment tu veux que la vie te donne ce que tu veux ? Donc réfléchis à ce que tu veux. Et parfois, le ce que je veux, il met trois mois à sortir. Mais une fois que je sais ce que je veux, parce que comme un architecte, tu vois, je me suis dit, là, non, là, je vais monter un mur ici, je vais mettre une échelle ici, je vais mettre ci, je vais mettre ça. Une fois que j'ai une idée, je me dis, c'est top. Après, je vais me dire, OK, mais attends, je vais tout faire pour le mettre en œuvre. Une fois que j'arrive à l'objectif, c'est génial et pas génial. Je me dis, du coup, il va falloir réfléchir à autre chose. Tu ne seras jamais contente.
- Speaker #1
C'est pour ça qu'il faut profiter du chemin.
- Speaker #0
Profiter du chemin. Mais dire qu'on a réussi sa vie, on le saura à la fin de notre vie. On le saura si on a été heureux, et si on a fait ce qu'on voulait, et si on n'a pas de regrets, et si on dort la conscience tranquille.
- Speaker #1
Si je te dis sororité, tu me dis quoi ?
- Speaker #0
Je suis à fond là-dedans. La sororité, la bienveillance. Nous, les femmes, entre nous, on se doit d'être fraternelles. on se doit d'être solidaires entre nous moi je suis très solidaire de toutes les causes féminines de toute façon et c'est toujours quelque chose que je défendrais après pas à n'importe quel prix évidemment mais c'est un mot qui me parle beaucoup en tout cas si tu pouvais parler à la coco enfant qu'est-ce que tu lui dirais ? change rien moi franchement change rien ne perds surtout pas ta joie de vivre et limite peut-être si tu pouvais ouvrir si tu avais pu m'affirmer avant Allez, je me dis peut-être que c'est le seul conseil que je lui aurais donné. Mais comme je te dis, je suis tellement en accord avec celle que je suis que je ne changerai rien.
- Speaker #1
C'est quoi tes prochains projets ? Là, il y a Big Time encore sur scène, en France et à l'étranger. C'est génial, bravo. Est-ce qu'il y a des choses après ? Tu as des envies d'ailleurs, de nouveau ?
- Speaker #0
Alors moi, mon rêve ultime, un de mes objectifs, c'est mon film. Je vais faire un film sur la communauté libanaise, mais en français. La communauté francophone. Comment nous, les Libanais, ici, on vit ? et j'ai commencé à l'écrire et tout.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Ouais. Et j'adore ce que j'ai écrit. Mais attention, on parle ni de bombes, ni d'explosion, ni je suis arrivée, j'ai fui la guerre et tout. Il n'y a pas de tout ça. C'est vraiment nous, ici, comment on vit entre nous. Et je veux que ce soit le film le plus drôle qui existe sur Terre. Communautaire, mais drôle, tu vois. Parce qu'en fait, on est souvent reconnus pour le business. Tu penses libanais, tu penses, soit c'est un restaurateur, soit c'est un ingénieur. Mais en fait, les gens oublient à quel point on est drôle. On est frais, on est vivant. On ne parle jamais de ça. J'ai envie de montrer ça. Parce que vraiment, vivre avec des Libanais, c'est une chance. Avec du plus et du moins.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
C'est hyper drôle. On est vivants. J'adore les Libanais.
- Speaker #1
Un peu à la vérité si je mens, ce genre de comédie. Exactement. J'ai hâte.
- Speaker #0
J'adorerais. Donc, s'il y a des producteurs, réalisateurs qui me regardent, moi j'écris et toi tu fais. Et t'inquiète pas, ça va faire une petite bombe atomique.
- Speaker #1
Coco, on va passer à la dernière partie du podcast. C'est des petites questions et le but, c'est de répondre du tac au tac. Est-ce que tu as une devise ?
- Speaker #0
On a tous une vie de merde, alors autant l'avoir du bon côté.
- Speaker #1
Un mot pour décrire ton humour ?
- Speaker #0
Engagé. Et engagé et juste.
- Speaker #1
Le plus grand malentendu sur toi ?
- Speaker #0
Je pense que les gens pensent que je suis une grande teufuse et je suis une fille qui adore sa routine. Je suis quelqu'un de très calme. J'adore ma routine. Ma routine, c'est la vie.
- Speaker #1
Une fille. femmes de culture arabe que tu me recommanderais d'inviter sur le podcast ou dont tu aimerais écouter le parcours ?
- Speaker #0
Je vais être très cliché. Je te souhaite de l'avoir un jour, mais je dirais que c'est Fayrouz parce qu'elle s'exprime très rarement. Sauf que quand Fayrouz parle, c'est tout le Liban qui se tait. Et moi, par exemple, cette femme qui a une notoriété incroyable et un succès, c'est des chansons qui sont magnifiques. Elle reste... C'est une femme qui a une vie personnelle tragique. Et tu vois comme quoi... on a tous une vie de merde mais autant l'avoir du bon côté il a quand même enterré trois enfants à Marie enfin c'est dur à son âge surtout aujourd'hui et si je pouvais l'entendre dans un podcast une dernière fois j'adorerais on va tenter une chanson pour clore l'épisode une chanson ? ah là là je vais être encore dans le cliché pas possible Mais je dirais All By Myself.
- Speaker #1
Yeah, j'adore !
- Speaker #0
All By Myself, en fait.
- Speaker #1
Je sens envie de la chanter.
- Speaker #0
All By Myself, oui. Sur Coco Mac Mac, oui. Mais il ne faut pas oublier que j'ai derrière moi une équipe, l'équipe Tendencia, qui est extraordinaire, qui me soutient dans tous mes projets. Et sans eux, bien évidemment, marcher seule, c'est bien, mais marcher avec une équipe géniale comme l'équipe de Tendencia, c'est encore mieux.
- Speaker #1
Coco, merci infiniment Merci à toi, c'était super chouette Merci d'avoir écouté cet épisode de Heya jusqu'au bout Si tu as apprécié cette conversation ou qu'elle t'a touchée, tu peux t'abonner au podcast et laisser une note ou un petit commentaire. Avec ces petites actions, tu aides à faire porter la voix de ces femmes encore plus loin. Tu peux aussi partager cet épisode avec quelqu'un qui aurait peut-être besoin d'entendre cette histoire. Et si tu veux continuer la conversation, retrouve-moi sur mes réseaux ou dans la newsletter de Heya Stories. Nos histoires comptent, merci de les écouter. A très bientôt dans Hey !