- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast Heya, je suis Boshra Fourti. Ici, on écoute autrement. On tend l'oreille à celles qu'on entend trop peu, les femmes arabes et amazighes. Des récits vrais, puissants, incarnés. À celles et ceux qui doutent, avancent, ou cherchent à se reconnaître ailleurs que dans les récits qu'on leur impose. À celles et ceux qui veulent écouter avec ouverture et curiosité. Réa, c'est un espace de sororité, de transmission et de reconnaissance. Un endroit où chaque voix compte. Parce que nos histoires sont une richesse, et qu'avant d'y croire, il faut les entendre. Cette semaine, je reçois Niel Bemra, entrepreneur et head du Média. c'est qu'il abosse. Avec Nihel, on remonte jusqu'à Tlemcen, d'où viennent ses parents. Elle me raconte son enfance à Grenoble, entre tradition familiale et une énorme soif de liberté. Elle me parle du parcours rocambolesque de son papa, arrivé en France à 30 ans, et cette sœur qu'elle a découverte il y a seulement quelques années. Nihel évoque des choses qu'on partage trop peu. Le décès brutal de son père, juste après le bac. Les années de galère pour faire vivre sa famille. Et ce rêve. cheviller au corps depuis ses 8 ans, monter sa boîte et conquérir son indépendance. Avec une sincérité rare, Nihil partage son combat contre un cancer du sein, diagnostiqué en octobre dernier. Sa promotion, acceptée en plein traitement, en pleine chimio, et ce que la maladie a changé dans son rapport à la vie. On parle d'identité franco-algérienne, sororité, transmission à son fils Noah, et de liberté, comme boussole. Un épisode qui m'a autant touchée qu'il m'a fait du bien. Alors, sans plus attendre, je laisse place à la réia du jour, Nihel Bemra.
- Speaker #1
Nihel, bonjour. Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue sur Réia.
- Speaker #1
Merci beaucoup de m'avoir invitée.
- Speaker #0
Je suis ravie de t'avoir parmi mes invités du podcast. Nihel, la tradition sur Réia, c'est de commencer par les origines. Si tu es d'accord, est-ce que tu peux nous parler de l'environnement dans lequel tu as grandi, le type d'éducation que tu as eue ?
- Speaker #1
Moi, je suis née et j'ai grandi à Grenoble. père, lui, est né à Tlimsen en Algérie et ma mère à Tlimsen en Algérie. Ils étaient voisins. C'était pratique. Quand ma mère est née, mon père avait 10 ans. Quelques années après, 6 ans après, ma mère est rentrée. Rien à voir. Partie vivre en France. Elle n'est pas rentrée, mais j'ai tellement connu ma mère en France toute ma vie. Et elle a vécu à partir de ses 6 ans en France jusqu'à aujourd'hui. Et mon père, lui, il est arrivé beaucoup plus tard avec des histoires assez incroyables que j'ai apprises plus tard que je pourrais te raconter, mais c'est des films, c'est digne de romans. du coup à 30 ans il est arrivé à 30 ans en France il a vécu pendant 30 ans en Algérie à la fin il a beaucoup voyagé notamment tu sais l'Espagne il y a beaucoup d'Algériens qui vont en Espagne il a fait pas mal l'Espagne j'ai des photos de lui avec tu sais Santiago le foulard sur la tête le swag un père dans le swag un peu rebelle qui m'a apporté une grande au final ouverture d'esprit mais qui est arrivé du coup à 30 ans en France
- Speaker #0
Et ils se rencontrent du coup en France ou ils se connaissaient déjà en nature ? Ben non,
- Speaker #1
du coup, tu sais, ils étaient voisins. Mon père avait 10 ans et elle est partie à 6 ans. Donc, en fait, les deux familles se connaissaient. Et c'est d'ailleurs comme ça. Mon père, quand il est arrivé en France, il y a eu des péripéties assez incroyables, comme je te disais, d'un roman qui fait qu'il est arrivé à Paris. Il cherchait en vérité sa fille, puisque la mère s'était enfuie, puisqu'elle était tombée enceinte. Mais à Thamesen, il y a plus de 45 ans, donc t'imagines un peu, elle a dû fuir. C'était pour aborter en soum-soum. mais elle a fui de chez sa sœur et du coup, elle a eu son bébé qui est du coup ma sœur, Sarah, que j'ai connue il y a six ans.
- Speaker #0
C'est fou !
- Speaker #1
Ouais, incroyable. Et en fait, il l'a retrouvée mais elle avait déjà refait sa vie avec quelqu'un qui l'avait prise en charge, adoptée. Et apparemment, parce que mon père est décédé donc je n'ai pas la dernière version. Moi, quand il est décédé, on m'a dit « t'as une sœur ? » Non, mais je n'étais pas du tout au courant.
- Speaker #0
Ah, donc ce n'est pas lui qui t'a annoncé ? Non.
- Speaker #1
Non, non, non, c'est pas lui. C'est pas lui du tout. Et en vérité, voilà, c'est la version que j'ai aujourd'hui. Il serait parti, il n'aurait pas supporté ça. Et du coup, il a appelé. la famille de ma mère qui connaissait d'Algérie. Il est allé du coup de Paris à Grenoble. Et il s'est passé ce qui s'est passé. Il s'est marié avec ma mère. Il nous a eu, on est du coup quatre enfants. Ce que je pensais, enfin, je pensais qu'on était quatre enfants, mais en fait, on était cinq. Et j'ai rencontré ma sœur Sarah il y a six ans. Ça a été une super surprise. Histoire de ouf.
- Speaker #0
Génial. Et du coup, dans cette famille, on parlait arabe, on parlait français.
- Speaker #1
Mon père parlait arabe. Après, il parlait français aussi. Naturellement, à la maison, il parlait arabe. Ma mère parlait français. Et petit à petit, on va dire qu'elle se formait plus avec mon père. Même si elle parlait un peu arabe, elle avait beaucoup moins de facilité. Elle, elle parlait plus facilement français. Et puis, en famille musulmane, on a grandi vraiment dans la religion. Vers mes six ans, j'ai commencé à avoir un peu des questionnements, etc. Et puis après, on va dire que je ne l'ai plus appliqué, la religion.
- Speaker #0
Et à quoi rêvait la petite Nihel dans cet environnement ?
- Speaker #1
Beaucoup d'indépendance et de liberté. Je pense que ce qui m'a beaucoup marquée... Dans les traditions et on va dire, je ne sais pas comment dire ça, dans la culture, c'est que les femmes, quand même, étaient hyper dépendantes de l'homme. Et moi, ça a été marrant. Je pense que j'ai vraiment construit ma personnalité sur je ne veux pas ça. Donc, elle rêvait beaucoup de liberté et d'indépendance.
- Speaker #0
Parce que tu voyais des femmes autour de toi ne pas avoir cette liberté-là.
- Speaker #1
Oui, déjà ma mère, elle n'avait pas le droit de travailler. Donc, elle travaillait avec mon père, elle s'occupait de la maison. Et après, beaucoup, Pied-le-Msen, ça reste une petite ville. J'ai ma meilleure amie qui vient d'Oron. Enfin, c'est pas du tout pareil. Enfin, tu vois, alors que c'est à 12h. Rien à voir. T'as Pied-le-Msen, tu te maries avec des Clemsonis. Enfin, tu vois, c'est hyper communautaire. La communauté, c'est bien, mais je suis pas communautaire. Je suis être humain. Et donc, ça peut aider dans des moments, mais il faut quand même rester ouvert, tu vois. Et ça m'a fait peur, toute petite, tout ça. Moi, je pense que j'ai... Tu vois, à 8 ans, je disais, je veux être femme d'affaires. Mais c'était un peu ce truc de dire, je veux m'en sortir, je veux être libre, seule.
- Speaker #0
Du coup, tu avais une éducation un peu compliquée parce que tu étais une fille. Est-ce que tu le ressentais aussi dans...
- Speaker #1
Moi, j'ai un frère et j'ai grandi avec trois sœurs. Et lui, il avait des droits que personne d'autre n'avait. Puis pareil, pour les tâches ménagères, la maison et tout. Non, tranquille. Après, il fallait qu'il aille aider au marché. Mais moi, par exemple, j'adorais aller aider mon père au marché, travailler. donc je faisais les deux et non on avait pas les mêmes droits il y avait pas les mêmes règles tu vois même sur la partie religion comme je te disais mon père en vrai il avait été en mode swag mais du coup dans son mode swag il avait aussi bu de l'alcool il avait fait la fête et tout ben du coup ça passait que mon frère le fasse alors que nous mais quoi ? j'ai jamais du mascara il a fallu vraiment du temps et qu'on soit vraiment adultes sinon on avait pas le droit de se maquiller et tout donc je suis vraiment passée par une période de c'est pas juste enfin vraiment d'injustice très forte c'était très marqué et ça tu le partageais à la maison ? moi j'étais la rebelle de la maison moi je me suis pris des coups sous la table des trucs avec mon frère et ma soeur ils étaient là mais ça va pas t'être beau se dire ça parce que mon frère et ma soeur ils sont c'est des faux jumeaux ils sont 5 ans de plus que moi ensuite je suis arrivée et après j'ai ma petite soeur qui a 11 ans de moins que moi donc j'ai beaucoup grandi avec eux et en vérité je pense que oui j'étais un peu la enfin tu vois il y avait un des potes de mon père qui m'appelait le vilain petit canard c'est dur pas sympa c'est dur pas sympa mais bon donc non ouais j'assumais beaucoup je parlais beaucoup je posais des questions Je m'intéressais. Et du coup, il y avait aussi des questions qui me dérangeaient.
- Speaker #0
Là, tu me parlais un peu de ton ressenti par rapport à cette culture et cette religion. Comment ça se passait à l'école ? Tu as un nom quand même qui a une connotation, même si tu es plutôt blonde. Est-ce qu'on te rappelait ça ? Comment tu le vivais à l'extérieur, à l'école ?
- Speaker #1
Je détestais. Il y en avait qui essayaient de dire le H de Nihel. Et ils m'appelaient Nirelle. Et je disais, appelle-moi Nihel. Ne m'appelle pas Nirelle. Écoute, sur cette partie-là, Tu sens la différence quand même. Pour l'anecdote, mon père, quand il est arrivé d'Algérie, il s'est beaucoup battu pour s'en sortir. Il avait plein de petits jobs en même temps, etc. Ça a été très compliqué. Et si je peux retenir quelque chose pour te dire ça, pour en revenir à ce que tu me disais, c'est le genre de gars qui a débarqué dans le bureau du maire avec la secrétaire qui lui courait derrière parce qu'il n'avait pas rendez-vous, il n'avait pas le droit. Il a ouvert l'appart, il lui a dit « Je m'appelle Rachid, vous me mettez dans une cité. » C'était ce genre de mec. Et en vrai, j'ai grandi... Jusqu'à mes 8 ans, j'ai grandi dans un quartier où il y avait vraiment... On était plein, plein, plein de cultures d'origine différentes et tout. J'en ai gardé des super souvenirs. Et après, on avait besoin de plus grands et on recevait que des offres de cité. Mon père ne voulait pas. On a grandi vraiment dans le centre de Grenoble, dans un quartier très bien fréquenté, assez ouvert au final. Après, évidemment, il y a eu du questionnement parce que je suis très claire de peau et j'ai déjà... évidemment vécu des moments où en fait, tu as une espèce de déception. Alors, ah bon ? Tu as ce truc où tu es là, bah oui, je suis d'origine algérienne, oui, je suis maghrébine, oui, je suis africaine. Et où tu vois, où tu perçois qu'il y a un... Je ne sais pas comment te dire, parfois, il y en a, c'est de la peur. Parfois, il y en a, c'est la déception. Et puis parfois, tu as l'impression que tu es ah, mais tu sais, la copine... En fait, je ne suis pas raciste parce que j'ai une copine qui est algérienne. Enfin, tu vois, tu as un peu ce truc... D'autant plus que du coup, on était dans des quartiers ou dans des environnements, dans des écoles où il y avait très peu de maghrébins.
- Speaker #0
Personnes d'origine maghrébine. Et du coup, ça te donnait envie de le revendiquer ou pas forcément ? Ou plus de l'effacer ? Ah non,
- Speaker #1
j'ai toujours été fière. Franchement, et même aujourd'hui, je ne suis pas religieuse, mais je suis hyper fière d'être algérienne. Je suis fière de mes traditions. Je suis fière de ma culture. J'ai au contraire. Et puis, c'est un pays qui en a bavé. comme beaucoup qui en ont bavé mais on va dire que dans l'histoire je me rappelle une fois mon père il faisait le marché et il y a un mec qui lui a dit rentre chez toi salarabe et il lui a répondu vous êtes resté 133 ans chez moi je restais 133 ans ici ça m'a toujours fait hyper galerie t'es en colonisation tu rigoles toi on avait pas le droit de voter d'aller à l'école ça va pas non et après on se prend des trucs comme ça dans la gueule mais ça va pas j'adore la réponse moi vous aussi Merci.
- Speaker #0
qui disait qu'il était sur les marchés. Du coup, qu'est-ce qu'il faisait sur les marchés ?
- Speaker #1
Il vendait des chaussures. En fait, il a fait tous ses boulots jusqu'à mes 8 ans. Et en fait, après, il a réussi à trouver... Mais il a été très, très reculot. Moi, j'ai chopé celle-là. Il a réussi à chopper une usine dans le sud de l'Espagne où il allait acheter des chaussures qu'il revendait pour les enfants. Et c'est là où j'ai commencé à vendre.
- Speaker #0
Du coup, il avait une petite entreprise.
- Speaker #1
Il a fait tourner sa petite boîte. Exactement. Et ma mère, du coup, bossait avec lui aussi.
- Speaker #0
Tu as commencé ta carrière dans l'industrie de l'automobile. Avant de changer de voie et d'aller vers l'entrepreneuriat, qui est aujourd'hui à la tête de Nanny Please, qui offre des solutions kid-friendly à des hôtels et à des festivals, à quel moment tu as décidé d'arrêter le salariat ou est-ce que ça a toujours été ta ligne de mire ?
- Speaker #1
Depuis mes huit ans, là, quand je te le disais. C'est ça, ça n'a pas bougé. Je savais que je voulais faire ça, en fait. J'ai malheureusement perdu mon père juste après le bac. J'ai dû passer par d'autres voies, mais ça a toujours été monter ma boîte. J'ai toujours voulu ça. Je devais faire une grande école. J'avais été prise en prépa HEC et tout. Mais comment payer ? C'était impossible. Et je me suis dit, ce n'est pas grave. Je vais bosser, je vais mettre de l'argent de côté. Du coup, j'ai fait un BTS en alternant chez Peugeot. C'est comme ça que j'ai commencé dans l'automobile. J'ai tellement vendu des voitures parce qu'ils nous ont incentivé. Moi, j'avais besoin d'argent pour payer mes factures et tout, que je n'avais plus le droit aux APL pour aller après dans mon école. Donc, j'ai dû taffer. Je suis restée chez eux. Après, je suis rentrée chez Smart. J'ai continué à vendre des voitures, mais en CDI. après avoir eu mon diplôme, avec d'ailleurs une famille libanaise hyper inspirante en termes d'entrepreneuriat. Et ensuite, j'ai eu assez d'argent pour me lancer. Et c'est là où je me suis dit,
- Speaker #0
t'avais une idée en tête déjà ou tu voulais l'entrepreneuriat et l'idée arrivait plus tard ?
- Speaker #1
Je voulais l'entrepreneuriat et l'idée arrivait plus tard. Et ça s'est vraiment fait sur des galères de... Ma petite-ère, elle ne trouvait pas de job. Et en fait, je suis allée voir sur Internet, je me suis dit, c'est quoi ces trucs de babysitting et tout ? Il n'y a pas de... Enfin bref, il n'y a pas de sécurité. Il n'y a pas de... Je me suis dit, mais attends, il y a un truc à faire là-dedans. et j'ai commencé par lancer une app. Au final, je suis allée un peu au culot voir Sébastien Bazin sur une conférence. J'ai réussi à pivoter dans l'hôtellerie. J'ai développé une nouvelle offre un peu événementielle. En fait, c'est un peu des opportunités qui arrivent un peu par hasard dans la vie. Moi, j'aime bien ça. On planifie beaucoup, mais en fait, finalement, il ne se passe pas beaucoup de choses qu'on a vraiment planifiées quand on regarde. J'aime bien ça, moi.
- Speaker #0
Tu as dit un truc sur un de tes posts que j'ai trouvé hyper intéressant. Je te cite. Quand tu sais ce que ça fait de compter, de renoncer, de serrer les dents, d'avoir la boule au ventre. Tu ne racontes pas ça comme une aventure géniale. Tu l'appelles par son vrai nom, la galère, la vraie. Tu peux nous raconter un peu ces moments un peu durs ? Parce que je trouve que c'est un côté dont on ne parle pas tant que ça. On entend beaucoup les success stories d'entrepreneurs et ça n'enlève rien au succès des entreprises. Mais je trouve qu'il n'y a pas toujours beaucoup de récits sur la galère que c'est d'en arriver là.
- Speaker #1
Tu sais, ça me fait penser à... Je te dis que j'avais tourné un podcast il y a deux semaines. Et il y avait cette question de « est-ce que tu as peur que ton fils, il n'ait pas cette notion de galère, il n'ait pas cette notion que tu vois, il soit un peu empourri gâté ? » Et je lui dis « pas du tout » . En vrai, franchement, je pense que dans tout ça, le plus important, c'est la communication. J'ai vécu tellement de galères, et moi, je suis tellement bavarde, comme vous pouvez le voir, que je vais lui raconter, je vais lui transmettre, et du coup, je n'ai pas peur. Écoute, franchement, moi, mon père, quand il est parti, c'était le pilier, c'était lui qui ramenait. Tu vois, c'est aussi le risque, du coup, quand tu n'as que le père qui ramène l'argent à la maison, etc. S'il part trop tôt comme ça, c'est compliqué. Ma mère, elle ne savait pas. En plus, on ne lui avait pas appris. On s'est retrouvés dans une galère de ouf. Et en vrai, j'ai dû arrêter mes études pour amener de l'argent à la maison. Donc, quand tu vois que tu payes les trucs pour la maison, parce qu'en plus, ma petite sœur, elle était toute petite. Elle avait 8 ans au décès de mon père, qui venait d'avoir 19 ans. Il faut, comment on mange ? Donc, j'ai dû arrêter. J'ai fait plein de petits jobs. Tu sais, j'étais dans les foires ou dans les cirques avec les...
- Speaker #0
Les petits plateaux.
- Speaker #1
J'ai été assistante administrative. J'ai fait du porte-à-porte chez François Azir pour vendre des livres. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour payer les factures à ce moment-là. Et puis après, il y a eu malheureusement de la violence chez moi qui a fait que j'ai dû me retrouver à Paris. Je n'ai pas choisi envers rien de partir. J'ai dû me retrouver à Paris. Et là, j'ai dû, pareil, me trouver du travail très vite, me débrouiller, payer les factures. J'ai été tout le temps à découvert. En vrai, mon meilleur ami, c'était la banque. Clairement, j'ai été tout le temps à découvert. Et il faut que t'aides aussi ta petite soeur, il faut que t'aides ta mère à des moments. Moi, quand je vois, ouais, mais par exemple, ton enfant, comment tu vas faire ? Il faut le faire galérer ? Non, Franchement, je pense qu'il faut transmettre, il faut communiquer. Mais je n'ai pas du tout envie de lui donner cette galère-là. Et la vie, elle est dure déjà. Tu vois, typiquement, quand on a perdu mon père, c'était... hyper dur ce qu'on a dû endurer les années qui ont suivi. Voilà, comme je pense, toutes les personnes qui vivent ces choses-là, c'est dur. En plus, du coup, on fait comment ? Il n'y a plus personne qui peut gérer la maison, etc. Bah, t'aimerais bien avoir là un matelas, un truc, un appart. Et là, en fait, c'est dur. Déjà, t'enchaînes ça et en plus de ça, tu dois encore survivre. Et franchement, ces années-là, moi, je les vois vraiment comme des épreuves où tu ne respires pas, en fait. Tu te lèves. Et t'entends, excuse-moi, mais t'entends, oui, alors il faut méditer profond, je sais pas quoi. T'es là, mais qu'est-ce que tu me racontes ? T'es là, peut-être un jour dans ma vie, j'espère. C'est tellement un luxe, mais c'est pas du tout un sujet. C'est du luxe.
- Speaker #0
T'es dans la pyramide de Maslow, t'as tes besoins primaires qui sont pas assoués. Qu'est-ce que tu me parles de méditation ?
- Speaker #1
Exactement, exactement.
- Speaker #0
Mais du coup, c'est hyper intéressant ce que tu me racontes, Nihel. Je me demande, est-ce qu'à ce moment-là, tu te dis pas... autant rester salariée, je vais avoir la sécurité du job. En plus, ça se passe hyper bien, tu es une super vendeuse, donc tu peux facilement évoluer dans la hiérarchie. À aucun moment, ça a été une idée ?
- Speaker #1
Impossible.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est marrant.
- Speaker #1
Ma belle-mère, elle est venue me voir. J'ai dit, Smarta, tu as appris que tu partais, que tu faisais une rupture et tout. Je me suis dit, c'est stressé, ça n'était pas bien. Je ne pense pas que ça soit une bonne idée, etc. Je l'avouais, ce n'était pas bien, vraiment. Je me suis dit, ça va aller. En fait, je pense qu'aussi, tu as ce truc de te dire, si ça, ça a été possible, tu vois. Je savais que j'étais formée, que je savais faire un métier. Tu vois, c'est pas je suis sortie, non, là j'avais de l'expertise, je m'entendais très bien avec mes boss, c'est eux qui m'ont aidée aussi parce qu'ils voyaient ce que j'avais envie de faire et c'était pas du tout, enfin tu vois, ils n'aidaient pas à la base à partir, mais là vraiment, ils voyaient que j'avais envie et que j'étais pro et que j'étais honnête et je savais que je pouvais revenir.
- Speaker #0
Tu avais toujours cette option potentielle.
- Speaker #1
Enfin, encore une fois, quand tu t'es débrouillée, que tu as fait un peu de tout et n'importe quoi, moi je m'en foutais de retour. Je ne vais pas dire l'enseigne, parce que depuis tout à l'heure, j'étais marre quand je suis en train de me dire. J'ai été caissière et ça m'allait très bien de me dire « mais qu'est-ce qu'il y a ? » Genre, demain, il n'y a plus rien. Mais même aujourd'hui, je me le tiens. Demain, il n'y a plus rien, mais je m'en fous. Je retourne vendre, je retourne caissière, je retourne... Je m'en fous. Tu vois, je n'ai pas ce truc. Pour moi, il n'y a pas de...
- Speaker #0
Je suis arrivée à un niveau et ça y est.
- Speaker #1
Non, et puis parfois, il vaut mieux faire des métiers qui sont peut-être moins bien vus par les autres, mais qui vont t'apporter un confort de vie, un confort mental à côté. que de vouloir... Enfin non, je ne suis pas dans le truc de prouver, je m'en fous en fait.
- Speaker #0
Donc en plus de tes activités entrepreneuriales dont on vient de parler, tu es Head of Media au sein du média C'est qui la bosse ? Est-ce que tu veux nous parler rapidement de C'est qui la bosse ? Et en quoi consiste ton job ? Parce que le titre est assez intriguant et je pense que beaucoup de personnes ne savent pas forcément ce qu'il y a derrière.
- Speaker #1
Ouais, c'est vrai. Il n'y a pas longtemps, à l'hôpital, parce que... Du coup, j'ai un cancer du sein et on m'a appris ça depuis le 30 octobre. J'ai commencé la chimio le 19 novembre et là, j'arrive au bout de la chimio, même s'il y a encore beaucoup de choses qui arrivent. Ça reste une nouvelle épreuve difficile. Mais en tous les cas, j'étais en chimio et j'avais une de mes meilleures potes qui était là. Et l'infirmière me dit, mais c'est quoi votre job et tout ? Et je commençais à expliquer, elle me dit, mais non, mais tu fais le marketing. Mais pas du tout, tu fais le marketing, je veux pas le chez toi. Non, mais ça consiste en plein de choses. Si je peux t'expliquer un peu l'historique.
- Speaker #0
Je veux nous dire deux mots sur C'est qui la bosse pour les personnes qui ne connaissent pas du tout.
- Speaker #1
C'est qui la bosse, c'est un média qui rassemble un million de femmes sur les réseaux sociaux, qui parle des femmes qui sont connues et celles qu'on oublie. On parle de carrière, d'argent et d'équilibre du pro-personnel. Tu vois, par rapport à mon histoire, au final, à quel point ça make sense de ouf. Indépendance financière, etc. Mesdames, c'est vraiment hyper inspirant pour moi. Ça a beaucoup de sens de travailler pour ce média que j'essaye de faire croître. par notamment le fait de gérer la partie événementielle avec les festivals C'est qui la bosse ? D'ailleurs, on a le prochain le 25 avril, mais celui d'après, ça sera le 26 juin, donc tu seras là. Et je suis trop contente de t'avoir avec nous.
- Speaker #0
Merci en tout cas pour l'invitation.
- Speaker #1
C'est un plaisir. Et ensuite, on a toute la communication qu'on fait sur... les réseaux sociaux qui sont toute la partie éditoriale. Donc là, c'est choisir les sujets, valider les sujets, lire les posts, changer les titres, travailler avec toute l'équipe pour avoir des contenus qui parlent à toutes les femmes et qui les inspirent. Puis après, tu as la partie business, que je viens de récupérer d'ailleurs. La partie business et régie, chef de projet, donc s'occuper aussi des clients, délivrer tout ce qu'on vend en tant qu'annonceur. Tout derrière. On fait des podcasts, on fait plein de choses. C'est ça qui l'a passé. ça me nourrit et d'ailleurs la phrase c'est pas moi qui l'ai créée c'est Kila Bassan j'ai repris la direction et la phrase de base qui existe depuis toujours c'est le média qui nourrit l'ambition des femmes et j'adore je trouve ça hyper intéressant parce que tu parlais là de ton cancer que tu as depuis quelques mois et
- Speaker #0
tu as été promue head du média pendant ton cancer ouais exactement et tu as dit oui tout de suite et ben oui parce que moi je dis oui après je réfléchis j'ai l'impression que c'est aussi ta deuxième tagline ça Merci. le culot et je dis oui et après je réfléchis.
- Speaker #1
Mais après, je pense que c'est hyper important de connaître ses limites et de bien se connaître.
- Speaker #0
Ça, tu les connais ?
- Speaker #1
Oui, et puis je ne vais pas te mentir, je les bosse. Je les bosse. C'est difficile de le faire seul, je trouve. J'ai fait trois ans avec une psychologue, 300, t'imagines, 300, ça fait beaucoup. Trois ans avec une psychologue. Après, j'ai fait cinq ans et demi de psychanalyse dans un centre à Paris, dans lequel tu as une prise en charge parce que j'étais sacrément en galère. donc c'est important, il y a des centres comme ça c'est trois fois par semaine et ça aide vachement franchement ça m'a beaucoup aidée,
- Speaker #0
vraiment et du coup c'est pris en charge juste pour les personnes qui nous écoutent que ça peut potentiellement intéresser il faut être redirigé par son médecin traitant ?
- Speaker #1
non pas du tout, il faut s'inscrire, c'est le centre Favreau, c'est dans le 13ème et il y en a plein en vrai en France il y en a sur d'autres villes aussi et ensuite t'es reçu, il y a un peu d'attente mais franchement ça te fait gagner enfin moi j'ai gagné peut-être que j'ai gagné toute ma vie Merci. Vraiment, j'ai énormément changé. Et si aujourd'hui, je suis capable de faire ce que je fais, c'est aussi grâce à ce travail. Parce que j'ai appris aussi mes limites. On est capable de tout à partir du moment où on se connaît. On est capable de savoir où sont nos limites.
- Speaker #0
C'est l'un des meilleurs investissements, je pense.
- Speaker #1
Ah, le meilleur. Et je pense qu'on peut changer beaucoup de choses grâce à ça.
- Speaker #0
Et puis, on gagne énormément de temps.
- Speaker #1
Vraiment, oui. Il n'y avait rien qui était calculé. Et un de mes boss, Augustin, m'a dit, écoute... Tu vois, j'ai fait ça toute ma vie. C'est quelque chose qui me plaît. Donc, il me dit, écoute, c'est difficile parce que je sais que tu en es là, etc. Enfin, qu'est-ce que tu en penses ? Je ne veux absolument pas te stresser. Est-ce qu'on repousse ? Qu'est-ce qu'on fait ? Et je lui ai dit, non, non, non, je prends, je prends, on y va. Je vais trouver des solutions. Et si jamais je ne me rends compte qu'on est en groupe, parce que c'est qui là-bas ? Ça appartient au groupe DC Company dans lequel tu as Logo, Raffi, Her Story et Konvini. Donc, si jamais je me rends compte que c'est trop compliqué, je tape à la porte. on en discute et on voit comment est-ce qu'il est possible de mettre en place une organisation groupe et il m'a dit ok go et j'ai pris quelqu'un, je ne suis pas toute seule encore une fois dans tous ces kis là-bas j'ai une énorme équipe qui est géniale et qui me permet de faire tout ça et d'avancer avec une croissance assez ouf tu vois mais du coup on est parti c'est super et je trouve que c'est génial de voir ce genre de décision se passer à ce moment-là d'une vie parce
- Speaker #0
que souvent naturellement je dirais On n'associerait pas forcément une promotion à ce moment de vie ou se dire, et c'est génial qu'il te l'ait proposé aussi, parce qu'il y a aussi l'option de « elle est malade » , et ben non, du coup, on ne la considère pas. Et ça ne part pas forcément d'une mauvaise intention. Et c'est génial, je trouve, d'avoir cette communication et d'être open et de le proposer, de te laisser libre de ton choix.
- Speaker #1
Moi, dans ma famille, il n'y a pas de terrain. J'attends les résultats de la prise de sang génétique. Moi, en soi, comme je te disais tout à l'heure, la famille de ma mère, elles sont 10 sœurs. et il n'y a jamais eu de cancer du sein donc je ne me suis jamais imaginée avoir un cancer du sein ou autre, en tout cas tu t'imagines un peu tout le temps dans ta vie, tu ne sais jamais si ça va t'arriver pas maintenant en tout cas et c'est vrai que avant j'avais cette image de tu perds tes cheveux et tu ne travailles plus et tu es mal alors oui tu es mal, je ne vais pas t'enlever après les chimios et tout, tu n'es pas bien mais tu vois par exemple les gros chimios, tu as trois semaines entre Je suis vraiment pas bien pendant une semaine, mais les deux semaines qui suivent, je suis bien. Et par rapport à mon système immunitaire, jusque en mars, de novembre à mars, c'était mieux que je n'aille pas au bureau parce qu'hiver, plus de 100 personnes dans les bureaux, j'ai bossé de la maison, mais ça m'a fait du bien de ne pas être coupée socialement, de faire des vidéos avec mon équipe, d'être connectée, d'avoir mon esprit qui n'est pas que bloqué sur ça. Du coup, quand j'ai accouché et que j'ai eu une oeuvre, les trois mois qui ont suivi, les quatre mois qui ont suivi, j'avais pris quatre mois, Je ne les ai pas hyper bien vécues, moi. En fait, le fait d'être hyper coupée, en plus, tu ne dors pas et tout, donc tu as plein de trucs. Oui,
- Speaker #0
c'est que les vacances.
- Speaker #1
Mais... Fiquer ! Un repos, j'avais de la vie. Cours, j'ai mal, c'est n'importe quoi. Mais du coup, je ne les ai pas hyper bien vécues parce que moi, j'ai besoin d'être connectée aux autres. Et donc, non, je le vois un peu quand je vais en chimiothérapie, il y a quand même quelques personnes et je pense que c'est quand tu aimes ton taf aussi que du coup, tu continues à travailler. Il y a quand même quelques personnes qui taffent encore. Oui. On peut. Après, voilà. il faut que ça puisse être adapté quand on est bien accompagné je pense qu'on peut aussi avoir ce genre de de possibilité d'avoir des promotions.
- Speaker #0
C'est génial. J'avais une question par rapport à ça, Nihel. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ne savent pas comment se comporter, comment aider une personne qui a un cancer. Et je ne sais pas s'il y a un tips ou quelque chose que tu pourrais partager parce qu'entre la peur d'être intrusif, entre peut-être aussi l'oubli, on en parlait tout à l'heure, où tout de suite à l'annonce, les gens sont conscients, mais au bout de trois, quatre semaines, ça s'efface un peu et les gens peuvent oublier. Je ne sais pas s'il y a des choses que tu pourrais partager.
- Speaker #1
Il y a plein de choses. En fait, on en parlait tout à l'heure, je te disais vraiment, j'en ai retiré que les personnes à aider le plus aujourd'hui, ça reste les aidants autour et les alliés, tu vois, parce qu'en effet, tu ne sais pas comment faire, tu ne sais pas comment t'y prendre, etc. Mais le premier conseil que j'aurais, c'est de se référer à deux, trois personnes les plus proches de la personne. Ça veut dire, moi, par exemple, mon homme Julien et ma petite sœur Yasmine, c'est les deux personnes avec qui je suis le plus connectée, avec qui je suis... le plus proche à qui je dis tout. Tu vois, par exemple, elles vont savoir que cette personne-là, elle me fait du bien dans tel moment, mais par contre, pas dans tel moment, etc. Donc, je pense qu'il faut parler à ces personnes-là. Et le deuxième, c'est de prendre soin de ces personnes-là. Parce qu'on les oublie. Et tu n'en as pas beaucoup. Je pense vraiment que tu n'en as pas beaucoup. Mais ces personnes-là, elles savent. La personne qui est malade, elle ne va pas vous dire, ouais, vas-y, alors stop, tu sais quoi, la vérité, fais-moi ma liste de courses pour la semaine prochaine pour mon fils, j'en peux plus. Fais-moi mes courses. occupe-toi d'ici viens me déposer à manger en fait t'es déjà dans la maladie c'est compliqué t'es fatigué t'as pas envie en plus tu sais pas toi aussi comment faire comment prendre les choses c'est ces personnes-là à qui il faut demander typiquement ramener à manger quand tu sais que la personne c'est sa semaine de soins ça peut être une opération aussi on n'est pas obligé ça peut être une personne malade d'autre chose ça peut être une opération qui est liée à autre chose ramener à manger tout le monde en a besoin voilà c'est ça t'écris à la personne est-ce que tu penses que voilà je voulais aller Moi, j'adorerais qu'on prenne en charge parfois aussi mes médicaments. J'oublie, tu as tellement de médicaments, de prises de sang, de trucs, qu'on me prenne des rendez-vous, qu'on me fasse des choses. Mais tu ne vas pas les demander. Et vraiment, c'est ces deux personnes-là, mais qui sont elles aussi overbookées, qu'il faut aider pour aider la personne au final qui est malade.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une croyance sur les personnes qui ont un cancer que tu aimerais corriger ?
- Speaker #1
C'est hyper bizarre parce qu'en soi, je trouve qu'on dit beaucoup que je veux pas que ça me colle à la peau. Et j'ai l'impression qu'il y a un peu un truc... On a du mal à le vivre et du coup, on veut se décoller de ça. Cette croyance que je vois autour, j'ai plutôt l'impression que c'est l'inverse. En fait, au final, à force de dire ça, on oublie que t'as un cancer. En fait, t'es déjà dans ta maladie et t'essayes d'aller bien et t'essayes de vivre. Et en fait, t'es pas censée faire des rappels, tu vois. Et genre, j'aurais plutôt envie de casser cette croyance-là parce que c'est dur d'assumer sa vulnérabilité. Et en vrai, il faut... Merci. un long travail pour vraiment l'assumer et peut-être que c'est ça qui fait aussi que t'as ce truc qui se crée autour moi perso c'est vraiment l'inverse et vu que j'ai beaucoup beaucoup beaucoup d'énergie ben malade j'en ai encore ça va mais alors encore une fois pas les jours qui suivent et ça il y a que tes proches qui le voient vraiment et puis entre deux soins etc tu peux en avoir et on oublie on te retraite entre guillemets comme si c'était plus le cas et c'est difficile pour toi de le rappeler t'as pas envie en plus je pense donc tu vois je suis en fin de soins ce qui me reste une simio le 29 avril là Merci. et je me rends compte beaucoup de ça et comme tu disais c'est ouf tu reçois une tonne de messages au début ta première chimio ta deuxième et après et c'est pas grave on peut pas leur en vouloir mais s'il y a un groupe qui est mis en place je t'ai dit j'ai trop envie d'écrire un livre sur ça il y a un groupe qui est mis en place Whatsapp avec en vrai déjà les proches ceux qui ont envie de faire des choses et juste on leur met des rappels c'est sa chimio parce qu'eux aussi ils ont besoin qu'on les aide et qu'on les rappelle mais ça fait tellement plaisir en vrai franchement ça fait du bien de recevoir tous ces messages vraiment et c'est pas C'est pas redondant, genre, non. Ça fait kiffer, toutes les trois semaines, d'avoir « elle a pensé à toi, il a pensé à toi » . Et tu t'en rappelles de ce qu'ils ont fait. Ce qui nous nourrit dans la vie, au final, c'est toujours l'amour. Donc, dans ces moments-là, le fait d'avoir ces attentions, c'est de l'amour aussi. Tout à l'heure, je parlais de mon taf, j'en parle d'une certaine manière, mais parce que j'ai de l'amour pour mon taf.
- Speaker #0
Donc en vrai, bien sûr, l'amour, ça aide dans les situations compliquées comme ça.
- Speaker #1
Merci en tout cas de partager ça, parce qu'on y sera tous confrontés de près ou de loin. Et je trouve qu'on n'en parle pas assez. C'est ce qu'on disait, on en parle beaucoup dans des podcasts ou des émissions, ou quelque soit spécialisées sur le sujet, mais très peu sur des choses plus généralistes. Et je trouve qu'on devrait en parler de plus en plus dans des choses généralistes, parce que ça fait partie de la vie.
- Speaker #0
En fait, le truc, c'est que si ça continue à rester tabou, on ne va pas mettre en place des solutions, que ce soit dans ton milieu perso, ton milieu pro. Et en fait, on va rester, tu vois, avec cette image et pas vraiment l'intégrer. Et encore, nous, on a de la chance en France. Il y a dans plein de pays où les personnes, elles se font licencier quand elles apprennent qu'elles ont un cancer. Donc vraiment, ouvrons la parole sur ça. Et c'est aussi l'occasion de casser d'autres croyances, comme le fait d'arrêter de manger du sucre quand tu apprends que tu as un cancer, alors que vraiment, c'est faux. C'est littéralement faux. Il n'y a absolument... aucune étude qui montre que et en plus, le cancer se nourrit d'eau cellule, si jamais il n'a pas de sucre. Donc, vraiment, il va aller se nourrir. Il faut te dire que moi, j'y ai cru pendant un moment. Je suis rentrée dans le truc. Bon, ça n'a pas duré longtemps. Heureusement, j'ai vite vu l'oncologue. Mais tu n'as plus d'énergie, en fait. Ce n'est pas possible. Et puis, en plus, déjà, c'est difficile. Alors, tu n'as pas le kiff de manger du chocolat. Moi, j'ai grossi. Mais parce qu'avant, je faisais quand même attention au sucre, etc. Là, je me fais du bien, je me fais plaisir, j'ai envie de manger une glace, j'ai envie de manger du chocolat. C'est tellement dur déjà qu'il faut communiquer, il faut, et j'utilise le « il faut » , oui, oui, il faut parler, il faut ouvrir le sujet. Sinon, on ne changera rien.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a quelque chose que tu as changé drastiquement depuis l'annonce de ton cancer ? Ou peut-être une réflexion, ou une pensée ?
- Speaker #0
Je me rends juste évidemment beaucoup plus compte de certains moments. La première fois que j'avais été réinvitée à dîner chez des potes, par exemple, ou que je suis retentie. retourner au bureau. Tu sais, j'ai eu plusieurs fois ce truc de me dire, ils sont pas malades. T'es dans ton quotidien, toi aussi t'oublies, tu vois. Et en fait, d'un coup, ça te rattrape et tu vois quelqu'un dans la rue en train de marcher, ou t'es, bah voilà, chez des amis et tu les regardes, ils sont avec leur verre de vin, ils sont avec leur truc. Et t'es là, ils sont pas malades. Et je sais pas, c'est un sentiment qui te fait te rendre compte à quel point c'est ouf d'être en bonne santé. Parce que vraiment, dans notre quotidien, on s'en rend pas compte. Et je sais pas si tant que tu l'es, c'est très bizarre. Je ne sais pas si tant que tu ne l'as pas vécu ou de manière très proche, tu arrives à t'en rendre compte. Mais c'est assez ouf comme sentiment.
- Speaker #1
Est-ce que tu t'es déjà sentie illégitime ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Bien sûr, moi déjà, avant de parler sur les réseaux, avant de communiquer, même prendre la parole ici, bien sûr, j'ai ressenti ça. Je ne sais pas, c'est inexplicable en fait. T'as cette espèce de sentiment que non, t'es pas assez... Et puis qui je suis, tu vois ? Après, je pense que ça vient de plein de choses, de la construction, de ce qu'on a pu de rendre, l'estime de soi, elle vient de la construction de quand t'étais enfant, etc. Donc oui, bien sûr. Et encore une fois, moi, c'est le travail sur moi qui m'a fait... C'est ma psychanalyse qui m'a vraiment aidée. Et tu vois, j'avais arrêté. Et là, par rapport au traitement, c'était après ma deuxième chimiothérapie. Elle a été très dure. Et là, je vais rappeler. taper à la porte de mon ancien psychologue et j'y suis retournée.
- Speaker #1
Parce qu'il n'y a pas un suivi automatique ?
- Speaker #0
Tu sais, à l'hôpital, tu peux téléphoner à un numéro mais il était tout le temps occupé. Donc j'avais appelé une ou deux fois et après je me suis dit, en plus je peux payer une psychologue. Donc tu vois, je m'étais dit entre guillemets, je laisse la place aux personnes. Tu as le truc d'appeler sur place, puis après tu te dis, bon écoute, il n'y a pas beaucoup de place. Le système est déjà hyper bien fait en France, on a de la chance. Du coup là,
- Speaker #1
tu as repris ou c'était des one-off ?
- Speaker #0
tu es re en thérapie ah ouais ouais je pense qu'on en a besoin toute notre vie en fait moi aussi ouais je pense je pense qu'il n'y a pas de fin,
- Speaker #1
genre je suis arrivé, je me comprends à 100% tout est résolu,
- Speaker #0
parce qu'on évolue aussi on évolue et en fait on n'est tellement pas nous maîtres de ce qui se passe, en fait beaucoup de choses se passent à l'extérieur t'es pas maîtresse de tout ce qui se passe et les choses elles sont difficiles il y a plein de choses qui te tombent comme ça sur toi sur tes proches, la maladie la santé La précarité, typiquement, ne pas avoir de sous, franchement, c'est hyper dur. Les relations tout court, les relations avec ses enfants, les relations amoureuses, c'est tellement des peines qui sont immenses, qui sont dures à vivre. Oui, tu en as toujours. Là, je suis allée voir la psy, je lui ai dit, tant que je n'ai pas fini, mes soins, dans tous les cas, on pose tous les vendredis, 14h, etc. Hyper important, ça. Un jour, une heure.
- Speaker #1
Mais ça fait partie, d'ailleurs, je pense, de la thérapie. Oui, on appelle ça un suivi.
- Speaker #0
Et je vois encore qu'il n'y a pas encore forcément ce truc, c'est une fois par mois, bien alors, je dois prendre rendez-vous sur Doctolib. Non, un jour, une heure, toutes les semaines. C'est ton temps. C'est ça,
- Speaker #1
c'est ta parenthèse, ton moment. Qu'est-ce que tu as dû déconstruire pour devenir la femme que tu es aujourd'hui ? On parle de thérapie.
- Speaker #0
Je pense que j'ai dé... construit beaucoup d'idéaux. Il y a deux trucs qui me viennent en tête. Il y a la baguette magique, résoudre quelque chose très vite. Tu vois, ah je l'ai compris, c'est bon. Non, je te l'ai compris. Laisse le temps à ton cerveau de se rééduquer de tout ça, de parler. On a ce truc en plus où on veut vraiment résoudre les choses hyper vite, encore plus aujourd'hui avec les réseaux. Je pense que parfois tu as des problèmes, tu es frustrée de ne pas vouloir le résoudre tout de suite. Et ça, je pense que c'est quelque chose que j'ai bien résolu. Ça va prendre du temps. On va prendre le temps. Et les idéaux, c'est... Je pense que j'admirais beaucoup mon père. D'ailleurs, je l'admire toujours, mais j'ai déconstruit beaucoup de choses autour de lui. Il y a des choses pour lesquelles aussi j'ai beaucoup admiré ma mère et pour lesquelles j'ai déconstruit des choses aussi autour d'elle qui sont au final, après, des personnalités. Moi, j'ai eu beaucoup de trucs entrepreneurs, forcément. Et de casser un peu tout ça, de remettre juste de l'humain, de la vulnérabilité et d'accomplir ce que tu peux accomplir selon qui tu es, selon ce que tu veux, selon ce que tu as envie. Mais encore une fois, du coup, il faut te découvrir. Et ça, c'est un vrai taf. J'avais beaucoup d'idéalisation pour des personnes, pour des environnements, pour des choses. Et ça fait du bien de les péter. Ça fait beaucoup de bien.
- Speaker #1
Oui, c'est voir la complexité en fait dans tout. J'ai l'impression que dans les deux choses que tu viens de dire, en fait, c'est la complexité et les choses prennent du temps. Et puis, les idéaux, c'est pas aussi simple que ça. Souvent, un idéal, c'est waouh et en fait, c'est nuancé.
- Speaker #0
Et tu vois, ça me fait penser aussi à la famille. Mon père, quand il est décédé en 2008, toute sa famille, elle habite en Algérie. On a rompu. Parce que bon, déjà lui avait déjà eu des histoires d'héritage. Tu connais où ils n'étaient pas d'accord. J'avais vu mon père très triste par rapport à cette situation de famille. Et après, il y a eu le décès de mon père où j'ai vu des situations tristes aussi. J'y suis retournée une fois. Ça a été un voyage traumatisant pour moi. Je n'ai pas du tout vu les mêmes visages, etc. Ça a été difficile de voir ces choses-là. Et il y a eu comme quelque chose qui s'est rompu. Et ça aussi, c'est dur parce que tu as l'idéal familial que tu voyais quand tu étais petite. tu sais ce truc hyper magique où ça danse, ça chante vraiment et en fait quand tu grandis tu comprends des choses t'apprends des relations et en fait ce type d'idéal là pas miscasse et malheureusement l'Algérie tu vois j'y suis pas retournée depuis 2010 et j'ai vraiment envie d'y retourner mais je pense que t'as je sais pas comment dire, bah déjà il y a moi ce dernier voyage qui m'a tellement impactée que j'ai du mal et puis après J'ai refait ma vie avec un homme qui, ça ne leur plairait pas du tout. Je veux dire, à la base, il est juif. Alors, il n'est pas religieux non plus, mais il est juif. Donc, tu ne m'imagines même pas que tu me salues. Je ne me salue pas. Son père, il est d'au moins. Voilà. Mais donc, tu as un peu ce truc où, dans tous les cas, tu es un peu en mode de... Tu vois, typiquement, tout à l'heure, tu parlais aussi de ce syndrome un peu d'imposteur, tu vois. Et d'ailleurs, je lis aussi à ce truc où tu vas en Algérie, tu es française, mais tu vas en France, tu es algérienne, tu as ce truc d'immigré, tu vois. en fait tu as l'impression mais en fait je suis où ? je suis chez qui ? j'ai le droit d'être à 200% ? est-ce que j'ai le droit d'être française et algérienne ? oui c'est bon c'est possible parce que c'est vraiment ce que je voudrais et c'est vraiment ce que je suis donc tu as ces idéaux-là qui sont durs et en vrai ça me manque c'est ce que j'allais dire j'imagine que je ne sais pas est-ce que ça te manque et est-ce que l'arrivée de Noah du coup ton fils te fait peut-être revoir ça ou peut-être réécrire cette histoire différemment en la retouchant peut-être l'Algérie Thames-Saint-Denis tu ne sais pas trop comment le gérer j'ai pas son nom de famille il y a un gars qui s'appelle Sofiane que justement Julien avait rencontré lors d'un salon qui a monté une agence de tourisme je crois que c'est la première agence de tourisme pour aller en Algérie et en fait on a regardé du coup tu cherches un peu un autre moyen parce qu'en plus je connais Timsen évidemment mais je ne connais rien d'autre on est allé à Oran parce qu'on y est passé tu vois mais avion quoi et puis tu passes un peu dans la ville mais je connais rien d'autre donc en fait on a commencé à regarder parce qu'en vrai le beauty c'est ce que j'allais dire en plus c'est aussi de là-bas Sa grand-mère, ses oncles et ses tantes, son père. Puis aussi, ils ont vécu des chirures. Moi, quand son père me parle de l'Algérie, tu vois qu'il y a un vrai amour. Et sa grand-mère lui parle arabe. Et il mange des plats arabes. Donc, tu vois, en fait, on est censé être loin. Mais en fait, on est juste humain. Et on se sent plus proche, je pense, qu'avec d'autres cultures.
- Speaker #1
C'est intéressant. Là, tu me fais penser, du coup, Julien, et d'origine juive. Est-ce qu'avec tout le contexte actuel, On essaye de vous renvoyer un couple, toi d'origine musulmane, lui d'origine juive. Mais tu sais,
- Speaker #0
dès qu'on s'est mis ensemble, déjà, à l'époque, on a un peu trié les copains et tout. Parce que, évidemment, tu as eu... Mais allô ? Et en fait, tu peux poser la question. Il n'y a pas de problème. Mais par contre, après, juger et critiquer, c'est autre chose. On ne nous a pas trop posé la question. Je ne crois pas si ça fait 15 ans qu'on entend maintenant. Par contre, nous, on est OK sur le fait que l'humain, quoi. L'humain first. Genre, pour moi, les guerres, c'est comme tout, c'est Oseille. C'est gaz, pétrole, etc. Et juste l'humain au milieu de tout ça, peu importe les pays, parce qu'en fait, on confond trop le peuple et les gouvernements. Moi, perso, ça m'énerve. En fait, il y a un moment où nos parents, ils n'avaient pas trop d'infos et tout, ils n'avaient pas Internet. Aujourd'hui, on a des livres, on a Internet, on a Amazon, tu as ton livre en deux secondes, tu as Audible, tu as ce que tu veux. Il faut s'instruire et à un moment, il faut apprendre sur ça et arrêter de tout mélanger. Moi, je vois des trucs sur les réseaux, mais ça m'en ouf. Ça m'en ouf. Et non, non, nous, on est humains, on a de la peine pour tous.
- Speaker #1
On parlait tout à l'heure, ou à plusieurs reprises, plutôt de Noah, ton petit garçon. Dans un de tes posts, tu as dit « Mon rôle n'est pas de donner les clés à une fille pour affronter les inégalités. Mon rôle est d'éduquer un garçon pour qu'il ne les reproduise pas. » Qu'est-ce qui te tient vraiment à cœur de lui transmettre par rapport à ça et peut-être par rapport à d'autres choses ?
- Speaker #0
Ce que j'ai vécu, ce que je te disais tout à l'heure, chez moi, cette inégalité entre les hommes et les femmes, c'est vraiment un but ultime pour moi qu'ils ne l'appliquent pas. J'en veux pas à mes parents, j'en veux pas à nos grands-parents, c'est une autre époque, c'est une autre vie. Mais notre rôle, c'est justement de faire en sorte que ça ne se reproduise pas. Et ce schéma, je me donne comme rôle de le couper, vraiment. De le couper, au vrai sens du terme, pour que lui, il puisse avoir cette égalité, cette égalité pure entre les hommes et les femmes. Et de savoir aussi prendre soin d'une femme, parce qu'on a la santé qui est... Tu vois, rien que le fait de... cycle hormonal. En fait, il faut apprendre ces choses-là. On a des moments où on est plus fatigué, mais on doit gérer. En plus, avec la vie d'aujourd'hui active des femmes, on veut notre indépendance. On le sait très bien, on fait beaucoup plus. Évidemment, il y a peut-être un petit peu d'hommes qui font à moitié des tâches ménagères et tout, mais on sait très bien que ces chiffres-là, ils sont encore très injustes. Tu fais vraiment énormément en tant que femme et je pense qu'il faut faire... J'ai l'impression qu'en tout cas, de ce qui ressort, la génération Z déjà commence un peu à évoluer. Et franchement, ça fait vraiment plaisir de voir ça. Et j'espère que c'est justement cette instruction et de voir un peu toute cette information autour qui commence à prendre forme. Il faut sensibiliser plus et chaque parent doit avoir ce rôle-là. Donc non, j'espère vraiment que chez moi, il n'y aura pas ça.
- Speaker #1
Je pense qu'il n'y aura pas. Quelle est ta définition de la réussite ? te dire j'ai réussi ma vie dans 50 ans, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Ah, il y a deux trucs qui m'aident. Alors, le premier truc, c'est d'aimer. Vraiment. Je pense que c'est... Tout ce que je suis capable de faire aujourd'hui, c'est parce que j'aime ce que je fais. Et du coup, t'es bonne dans ce que tu fais. Pour moi, la notion de réussite, c'est d'être alignée. Donc, du coup, aimer ce que tu fais. Après, il y a aussi le fait que je veux laisser à mon fils. Je veux lui laisser. Tu vois, typiquement, immobilier, là, je suis à fond en train de faire plus que regarder, en train d'acheter, etc. Parce que je veux lui laisser. Je pense qu'il faut transmettre, comme je te disais tout à l'heure, des matelas. Parce que j'espère qu'il pourra avoir sa petite vie d'aventurier. Il fera ce qu'il veut. Mais du coup, j'espère pouvoir lui donner cette possibilité sans avoir peur que je perds moi, qu'il perde son cacahuète ou quoi, pas du tout. C'est cette liberté qui est importante.
- Speaker #1
Si je te dis sororité, tu me dis quoi ?
- Speaker #0
C'est qu'il a bosse.
- Speaker #1
J'adore.
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
C'est quelque chose qui est important pour toi.
- Speaker #0
Incroyable. C'est spécifique, on se comprend.
- Speaker #1
Si tu pouvais parler à la Nihel enfant ? Tu lui dirais quoi ?
- Speaker #0
Franchement, je pense que je lui dirais juste qu'elle est ouf. Mais dans les deux sens du terme. Et surtout dans le sens où elle est ouf parce qu'en plus, quand elle est jeune, elle affronte la maison et tout. Puis elle est ouf parce qu'elle est joyeuse, elle aime danser. Elle aime ce truc de ma mère que j'ai pris et qui est assez ouf. Mais aussi parce qu'elle est ouf de réussir à comprendre tout ce qu'elle est en train de comprendre. à cette curiosité-là, comment elle est en train de la mettre en place. Mais après, c'est vrai que je ne me suis pas trop non plus posé 12 000 questions, même si de base, je suis tellement curieuse que je m'en pose 12 000, mais pas pour avancer. Genre lui dire, t'inquiète, tu vas y arriver. Parce que j'avais vraiment peur de rester enfermée. J'avais peur de finir dans une vie un peu similaire à plusieurs personnes de ma famille où j'allais me marier de manière assez forcée, avec une personne qu'on avait trouvée pour moi et de vivre dans cette espèce de prison. Donc en vrai, de dire non, non, t'inquiète, tu vas y arriver.
- Speaker #1
Nihel, on va passer à la dernière partie du podcast. C'est des petites questions et le but, c'est de répondre du tac au tac. Est-ce que tu as une devise ?
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais. C'est l'inverse de ce que me disaient mes parents. Quand tu veux, tu ne peux pas toujours. C'est pas quand tu veux, tu peux. C'est quand tu veux, tu ne peux pas toujours.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'une boss ?
- Speaker #0
Je vais te redire la même chose. Une boss, pour moi, c'est une personne alignée avec ce qu'elle est et qui se connaît surtout.
- Speaker #1
Ton plus grand rêve ?
- Speaker #0
Alors honnêtement, là, ça va vraiment se passer sur ma santé. mon plus grand rêve, c'est sortir de cette maladie et d'être, qu'on me dit, ça y est, c'est terminé le cancer. Là, c'est bon, tu peux avancer. Et je pense que là, ma vie, elle va... Je sais pas, je vois des fleurs, là. Tu vois, je te parle, je vois un jardin, je vois du soleil, je vois vraiment... Ça va faire du bien.
- Speaker #1
Une peur, aujourd'hui ?
- Speaker #0
J'ai peur que le cancer revienne.
- Speaker #1
Une vérité sur l'entrepreneuriat que personne ne dit ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'est que galère ? C'est une vraie galère. Franchement, l'entrepreneuriat, c'est une vraie galère. T-E-E-U tu sais il y a un espèce de truc de développement personnel là autour de l'entrepreneuriat non non non non non arrêtez là avec votre site que tu vas remonter tu vas faire 10 000 euros par mois non et on est seul donc il faut bien réfléchir et c'est bien d'avoir des personnes avec soi vraiment et c'est mieux d'avoir de l'argent franchement vraiment de se faire accompagner et d'avoir de l'argent c'est important c'est dur sinon ça coûte physiquement psychologiquement faire attention une femme de culture arabe
- Speaker #1
que tu me recommanderais d'inviter sur le podcast ?
- Speaker #0
Je l'ai rencontrée il n'y a pas très longtemps. Je ne la connaissais pas. Ma petite soeur était fan d'elle. Elle s'appelle Marwa. Son compte, c'est The Doll Beauty sur les réseaux sociaux. Tu connais ?
- Speaker #1
Je connais son compte,
- Speaker #0
oui. Déjà, elle est incroyable. Franchement, pour l'avoir vue en vrai, elle est adorable et elle m'a beaucoup inspirée. Et surtout, je suis rentrée un peu dans son histoire et ce qu'elle fait entre la France et l'Algérie, je trouve ça ouf. Et je sais qu'elle a vécu des trucs compliqués en mon temps en tant que créatrice de contenu. Mais aussi, tu vois, en tant que créatrice de contenu par rapport aux marques, sur ce fait qu'elle, non seulement crée du biz en Algérie, mais en plus qu'elle en parle beaucoup et qu'elle en est très fière. Et en plus, ce qu'elle fait, je trouve ça ouf. Je suis allée voir un peu et la manière dont elle met en avant sa maman. C'est génial. Son mari, je les trouve, je ne sais pas, ils m'ont inspirée. Et je me suis dit, ça serait vraiment génial de la voir sur ton podcast.
- Speaker #1
C'est noté. On va essayer. Merci infiniment, Nirette.
- Speaker #0
Merci à toi, vraiment, c'est gentil.
- Speaker #1
C'était trop un kiff. Merci infiniment.
- Speaker #0
Merci à toi. À très vite.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de Réa jusqu'au bout. Si tu as apprécié cette conversation ou qu'elle t'a touchée, tu peux t'abonner au podcast et laisser une note ou un petit commentaire. Avec ces petites actions, tu aides à faire porter la voix de ces femmes encore plus loin. Tu peux aussi partager cet épisode avec quelqu'un. qui auraient peut-être besoin d'entendre cette histoire. Et si tu veux continuer la conversation, retrouve-moi sur mes réseaux ou dans la newsletter de Heia Stories. Nos histoires comptent, merci de les écouter. A très bientôt dans Heia.