- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast Heya, je suis Boshra Fourti. Ici, on écoute autrement. On tend l'oreille à celles qu'on entend trop peu. Les femmes arabes et amazighes. Des récits vrais, puissants. incarnée. À celles et ceux qui doutent, avancent ou cherchent à se reconnaître ailleurs que dans les récits qu'on leur impose, à celles et ceux qui veulent écouter avec ouverture et curiosité. Haya, c'est un espace de sororité, de transmission et de reconnaissance. Un endroit où chaque voix compte. Parce que nos histoires sont une richesse, et qu'avant d'y croire, il faut les entendre. Cette semaine, je reçois Yusra Mahdi, alias Krezinous. Yusra a grandi dans un petit village, au sein d'une famille irakienne, avec un cahier de rédaction pendant les vacances d'été et un rêve qu'elle gardait pour elle, faire de la bande dessinée. Aujourd'hui, elle est facilitatrice graphique, autrice de BD et créatrice de contenu suivie par des milliers de personnes. Entre les deux, il y a eu des refus, des portes fermées et même quelqu'un qui lui a expliqué que les jeunes blondes parisiennes ne s'identifieraient jamais à son histoire. Dans cet épisode, on parle de double culture, de voile, de représentation, d'humour comme forme de résistance et de cette conviction que nous devons raconter nos propres histoires avant que d'autres ne le fassent à notre place. Sans plus attendre, je laisse place à la réé du jour, Yosra Mahdi. Yosra, bonjour. Salam, bonjour. Bienvenue sur Réé. Merci. Je suis ravie de te compter parmi mes invités et ravie de discuter et d'en savoir plus. sur ton univers, l'univers de Crazy Noose.
- Speaker #1
Crazy Noose, oui. L'honneur est complètement partagé. Je suis trop ravie d'être là.
- Speaker #0
Pareil. Les astres se sont alignés, tout est fluide. C'était écrit, donc je suis ravie. Yosra, la tradition sur Rhea, c'est de commencer par les origines.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Si tu es d'accord, tu nous racontes un peu ton enfance, le type d'éducation que tu as eue, le monde dans lequel vivait la petite Yosra.
- Speaker #1
Comme ça, j'y vais comme ça ?
- Speaker #0
Tu vas freestyle.
- Speaker #1
Ok, freestyle. Je suis née en France. Je suis d'origine irakienne. Je suis née dans un petit bled paumé au fin fond de la France parce que je pense que c'est important de capter qu'à la base je ne suis pas parisienne parce que maintenant je pense que les gens ont grave assimilé l'idée que j'étais une bonne bobo parisienne J'en parle vite fait dans ma bande dessinée où je dis que j'ai plus de problèmes de bobo parisienne que de musulmane Je m'adapte à mon environnement mais je suis plutôt une troubadour on va dire parce qu'en vrai tu vois là je suis à Paris comme je peux être partout et ce que j'aime en fait avec ce que je fais, avec qui je suis qui je suis depuis que je suis toute petite, c'est ce côté un peu nomade d'aller découvrir les autres. Et j'ai toujours dit tu te rencontres quand tu vas à la rencontre des autres. Et ça, ça vient depuis toute petite. J'adore tout ce qui est les voyages, les rêves, tout ça, les dessins. Et donc, j'ai grandi avec une fratrie de trois frères et une sœur. Donc, j'étais l'avant-dernière. Et il y a toujours eu ce truc où, tu sais, quand t'es un peu l'avant-dernière, que tu fais un peu... J'ai toujours été un peu le troubadour, l'électron libre. Pas le vilain petit canard, parce que, bon, j'étais mignonne. Mais je pense qu'il y avait toujours un peu ce truc artistique qu'en plus, mes parents m'ont toujours... En fait, ils m'ont toujours poussé là-dedans. En fait, ils m'ont toujours dit, tu vas à la rencontre de tes rêves, mais tu fais des études, en gros.
- Speaker #0
C'est un bon deal.
- Speaker #1
Voilà, c'était un bon deal. Tu fais des études qui t'amèneront à un bon chemin. Et à côté, tu fais tes kiffs, quoi.
- Speaker #0
Et tes parents, ils viennent d'un milieu artistique ? Est-ce que c'est quelque chose que vous avez dans la famille ?
- Speaker #1
Alors oui, oui, je pense. Enfin, oui et non. Mes parents, quand même, ils écrivent, ils dessinent. Là, ma mère a repris le dessin, elle fait du crochet, tout ça. Donc non, il y a toujours eu cette âme artistique en eux. Après, ils font de tout. Mais tu vois, par exemple, dans la famille, on a de tout. On a des ingénieurs comme des profs, comme des féruits de mathématiques. J'adorais les maths, en fait. Je suis très une personne artistique, mais j'adorais les maths aussi. J'adorais les langues étrangères parce que je suis une grande bavarde et je me suis dit apprendre les langues, ça me permet de parler avec plus de monde. Tu vois ? Donc c'est pour ça que j'ai fait des études de langue étrangère. Et j'adorais, depuis toute petite, raconter des histoires. Et j'ai une petite anecdote par rapport à ça. C'est que j'avais pas de cahier de vacances, moi, les étés. Parce que le deal, c'était qu'on ramène des bonnes notes pendant l'année et tout. Mais pendant les vacances, on faisait des exercices, les fameux exercices avec les parents, comme ça, sortis de nulle part. Et il y avait un exo qui m'a beaucoup marqué, et je t'en parle maintenant parce qu'il y a à peine quelques jours, j'y repensais et j'étais hyper reconnaissante. C'est que mon père, pendant les étés, me donnait des exercices de rédaction. Et qu'en gros, j'avais un cahier, c'était un cahier de rédaction, et il me disait que je devais lui raconter une histoire. Je n'avais pas de nombre de pages à faire ou quoi, c'était freestyle. Il n'y avait pas de conditions. je pense que parfois il y a peut-être des conditions de... Il faut que ce soit l'imparfait ou des trucs comme ça pour m'aider, tu vois. Mais il y avait ce truc de, tu me racontes une histoire. Et en général, c'était au moins une page. Je faisais ça. En fait, par ça, j'apprenais beaucoup sur la grammaire, l'orthographe et tout. Mais ce qui était incroyable, c'est que ce que j'adorais faire avec ça, c'est que j'aimais trop voir l'illumination dans le regard de mon père après. Quand il était là, en mode, oh, je ne m'attendais pas à cette chute. Imagine, tu as 10 ans et tu as ton père. Tu vois, tu as envie de le rendre fier et tout. Tu as ton père qui te dit, je ne m'attendais pas à cette chute.
- Speaker #0
Impressionné.
- Speaker #1
Voilà. Et du coup, tu te dis. à la prochaine histoire, il faut que je la fasse encore mieux, il faut que je parte dans un truc et c'était quelque chose que j'adorais vraiment.
- Speaker #0
Et ça développe l'imaginaire de vous ?
- Speaker #1
Et ça développait mon imaginaire. Parce que déjà, quand j'étais petite, mon père et ma mère, des moments, me racontaient des histoires qu'ils inventaient ou des histoires qu'on connaît bien. Évidemment, tous les clichés qu'on a eus dans nos vies d'histoire qu'on nous racontait. Mais il y avait aussi ce truc de nous pousser à imaginer, par exemple, la suite d'une histoire ou à créer toute une histoire. Et la preuve, après, quand j'étais au collège, parce que ça, c'était avant d'aller au collège, mais quand je suis entrée au collège et au lycée, tout ça, là, j'adorais la partie rédaction, la partie invention. Et ma prof de français était toujours impressionnée des histoires que je racontais. Mais j'étais là en mode, j'ai fait le meilleur stage de ma vie, en fait.
- Speaker #0
Ça fait 15 ans que je vote sur ça.
- Speaker #1
Et voilà, j'ai déjà écrit un livre, en fait. Qu'est-ce que tu veux ? Il faudrait que j'arrive à le retrouver, parce que...
- Speaker #0
Tu crois qu'il est assez répertorié ?
- Speaker #1
Je sais que j'avais un grand cahier. Je m'en rappelle encore, tu sais, les grands cahiers de Bouillon qu'on avait, là ? Je sais qu'il y en avait un qui était spécifique à ça. Après, j'en avais d'autres quand je ne le trouvais pas.
- Speaker #0
C'est une pépite à retrouver, ça.
- Speaker #1
Oui, Vraiment, je ne sais pas si je l'ai encore. En tout cas, je me souviens de ça. C'était très fort. C'était des moments quand j'étais une enfant. Évidemment, il y avait des jours où j'étais en mode, je n'ai pas bien sûr.
- Speaker #0
Mais une fois embarquée,
- Speaker #1
tu le fais. En fait, ce n'était même pas l'idée de le rendre fier par rapport à l'orthographe, la grammaire et tout. C'était vraiment juste l'histoire. Les jours où il me disait, je ne te sens pas, je suis en mode... la prochaine va pas loin il a dit par contre t'as pas fait de fautes ouais mais bon on s'en fout des fautes ouais grave tu m'as donné des idées pour cet été ouais pour ma chouette c'est une super idée mais en fait le truc c'est que je pense qu'elle t'en peut-être que sur le coup elle va pas capter évidemment comme tous les enfants mais après qu'est-ce qu'on est reconnaissant de ça enfin moi je suis hyper reconnaissant de ça aujourd'hui et du coup bah aujourd'hui mon métier ou mes métiers c'est de raconter des histoires et je c'est
- Speaker #0
comme ça qu'il a forgé les histoires quoi et à ce moment là est-ce que tu te disais Plus tard, je vais écrire des histoires. Comment tu te projetais adulte ?
- Speaker #1
Moi, quand j'étais petite, il y avait le côté raconter des histoires et tout, par mon père et ma mère aussi. Ma mère aussi avait tout de suite capté le filon artistique dessin. Elle disait tout de suite à tout le monde, parce qu'elle me raconte encore aujourd'hui, « Ah, mais moi, j'étais la première à dire à tout le monde, regardez le dessin industriel, il y a quelque chose. » Elle disait, « Il y a une dynamique. » Du coup, moi, depuis toute petite, quand je suis tombée dans la marmite de la bande dessinée, j'ai compris que j'allais faire de la bande dessinée. Je ne savais pas comment, je ne savais pas quand, je ne savais pas avec qui, quoi. Mais tu savais. Mais c'était un objectif de vie, en fait. C'était un objectif de vie. Genre, j'ai eu beaucoup de vie.
- Speaker #0
C'était quel âge ? Tu te rappelles à peu près ?
- Speaker #1
Je pense que c'était vers 6-7 ans, quand tu découvres un peu les livres et que tu commences à comprendre que les livres n'apparaissent pas par magie et qu'il y a des gens derrière. Après, j'ai très vite appris que les livres n'apparaissaient pas par magie vu que mes parents racontaient eux-mêmes des histoires. Donc, j'étais en mode, ça, tu peux le transformer en ça. Et ensuite, quand tu vois le dessin, tu te dis, « Ah, donc le dessin, tu peux le... » Un monde magique s'ouvrait à moi. Et là, je me suis dit, je veux faire partie de ces humains qui font de la BD. Ça, plus, il y avait un troisième point. Donc, c'était le dessin, raconter des histoires. Et j'aimais trop faire rire mes frères et sœurs. Donc, en fait, en gros, quand je les faisais rire, j'avais trop cette fierté de « je suis la petite qui fait rire les grands » . Et c'était pas des faux rires. C'était vraiment quand ils rigolaient, ils étaient en mode « ah mais toi et tout » . Et j'étais vraiment en mode « pfff » . Et cette émotion de faire rire, en fait, je trouvais ça puissant. Parce qu'on a vécu beaucoup de choses, tu vois. On traverse beaucoup de choses. évidemment de nos origines aussi, on a traversé beaucoup d'époques, etc. Et tu vois ce truc de se dire, tu crées une bulle à un moment et que tu fais rire, c'est tellement de... J'étais très jeune, mais je savais déjà que c'était un sentiment que j'aimais trop créer chez les autres.
- Speaker #0
Tu offres du bonheur, en quelque sorte.
- Speaker #1
C'était ça, en fait. Mais tu sais que, je m'en rappelle, bon, c'est le moment cringe, c'est le moment naïf, enfin, c'est tous tes moments naïfs, ma vie est cringe de toute façon. Je l'assume, moi j'assume. Je sais que dans mon journal intime, j'avais écrit que... tout le monde peut dire tu veux faire quoi plus tard et moi je disais pas à tous les autres que je voulais faire de la BD je disais ça c'est un truc que je vais me garder je sens que je peux pas dire aux adultes quand je dis aux adultes pas forcément mes parents et tout je disais tout le monde et après je disais je sais pas encore ce que je veux faire mais je sais que je veux trouver un métier pour colorier le monde en rose. J'avais écrit ça parce que je trouve que le monde est trop gris.
- Speaker #0
Et c'est intéressant ce truc de ne pas vouloir le dire aux adultes, avec adultes entre guillemets tous, parce que tu sentais que c'était quelque chose qu'on pouvait peut-être...
- Speaker #1
Je pense que très vite, j'ai compris que c'était quelque chose qu'on pouvait abîmer. Il y a un truc que j'ai compris très vite étant petite, mais ça, je ne saurais pas à quel âge, tu vois. Mais j'ai compris que les adultes avaient un regard différent. Quand je dis abîmer, c'était ce truc de... Tu sais, ce fameux « Oh, tu rêves ! » Et moi, j'avais ce truc où... en quoi est-ce que c'est un problème de rêver ? Mais on ne devrait pas nous interdire de rêver, en fait. Pourquoi est-ce qu'on nous interdirait de rêver ? Et je sentais que ce n'était pas quelque chose à leur avouer au monde des adultes. Par exemple, quand la maîtresse, je me rappelle de cette histoire qui était très drôle aussi, je crois que c'était en maternelle en plus, et elle avait dit « Et toi, Yusra, tu vas faire quoi plus tard ? » Et moi, j'avais dit « Hôtesse de l'air » . Je ne savais même pas ce que c'était, je sais juste que c'est des gens qui sont dans le ciel, qui volent et tout. Et du coup, elle était là « Ah bon ? » Et j'étais comme, bah oui, parce qu'il voyage. Et j'étais là, je ne peux pas te dire mon secret. Tu vois, en plus, elle était là à dire, bon, bah du coup, ça veut dire que tu veux faire tel petit... Enfin, ça le cadrait tout de suite le métier. Ou alors, justement, quand tu disais que tu veux faire ça, t'en as beaucoup qui te disaient très vite, tu disais, mais tu vas faire des dessins toute ta vie, tu vois.
- Speaker #0
Mais c'est beau, c'est un métier où tu voyages. Et en gros, c'est ça aussi, dessiner. Tu l'as juste mis dans une case qui était plus acceptable et plus traçable. J'ai répondu à la question, et sincèrement.
- Speaker #1
Exactement. En fait, moi, je répondais juste à ça. Il fallait juste lire entre les lignes. Exactement. Même plus tard, quand on me disait « tu veux faire quoi ? » , je dis « écoute, je ne sais pas quel est le nom du métier que je veux faire, mais je sais ce que je veux qu'il y ait dedans. » Et c'est un peu ce qui se passe aujourd'hui.
- Speaker #0
Yosra, on va rester un peu sur l'enfance et ce petit patelin au fin fond de la France. Est-ce que, du coup, c'était un endroit qui était divers ? Il y avait d'autres gens avec une double culture ? Est-ce que vous étiez les rares familles avec une double culture ? comment était l'environnement à l'école et autour ?
- Speaker #1
C'était quand même très blanc. Il y avait quelques personnes, mais ce n'était pas du tout la majorité. En fait, je pense même qu'au début, moi, je l'avais ressenti aussi avant d'aller au collège, mais j'avais un peu ce truc de... Tu as l'impression d'être un peu la seule maison d'arabe en plein milieu, tu vois, de tout ça. Parce que moi, en fait, quand j'étais petite, j'étais quelqu'un de très timide. Enfin, j'étais très timide avec le monde extérieur. Mais, paradoxalement, j'adorais... À l'école, j'étais quelqu'un de timide. Mais à la fois, quand il fallait faire des exposés, monter sur scène. J'adorais. Parce qu'en fait, j'entrais dans mon personnage et je racontais une histoire. Donc, je faisais mon métier, tu vois. C'était un peu ce moyen-là, tu vois, de jouer avec ça. Et j'ai toujours été fière de ma double culture. C'est-à-dire que, tu sais, il y a ce truc de... Moi, je parlais en arabe avec mes parents. Et je les remercie énormément parce que sinon, on perdrait ça, tu vois. Et j'étais hyper fière de me dire que j'étais bilingue très jeune. Et tu sais, quand t'arrives au collège, t'as un peu ce truc de... Tout le monde est un peu cool et tout. On parle... Enfin, si tu parles en arabe, c'est un peu bizarre ou je sais pas quoi, tu vois. Et ben moi, j'étais trop fière de ça.
- Speaker #0
C'est génial.
- Speaker #1
Donc ça veut dire que quand... Parce que j'avais pas de téléphone, évidemment. Et quand je demandais, par exemple, si je pouvais appeler ou quelque chose, et donc j'appelais, et t'avais toutes mes copines qui se mettaient autour parce qu'elles se sont dit « Oh, elle va parler en arabe et tout ! »
- Speaker #0
Et genre, c'était cool ?
- Speaker #1
Ben, c'était devenu cool. parce que j'ai rendu ça cool oui parce qu'évidemment ma timidité a quitté la porte du collège et une nouvelle personne est arrivée mais en fait même quand j'étais timide même quand j'étais plus petite il y a toujours eu ce truc de j'assumais qui j'étais quand même donc au début ça faisait bizarre évidemment quand tu le fais les quelques premières fois tu vois mais plus tu le faisais après et plus je m'en rappelle encore de cette scène où on était sortis on est allés au cinéma ou un truc comme ça et j'ai dit faut que je les appelle et t'avais une personne dans le groupe qui avait un téléphone et du coup je prenais et là tout le monde s'était mis autour en me disant... Et moi, j'étais trop fière, du coup, je suis encore plus fière.
- Speaker #0
Mais c'est génial d'avoir rendu positif, parce que dans le podcast, on parle souvent de ça, et souvent, c'est un peu l'inverse, malheureusement, t'es regardée de travers...
- Speaker #1
J'en ai eu. Il y a cette raison-là aussi, pourquoi j'étais timide quand j'étais en primaire aussi, c'est que j'étais assez mise de côté, j'étais l'enfant bizarre. Après, je pense que j'étais l'enfant bizarre pas que par mes origines, mais par tout l'univers que j'étais, tu vois. Et justement, c'est pour ça que quand je suis arrivée au collège et je me suis dit... En fait, c'est bon, ça suffit, les stéréotypes ou les trucs comme ça. J'ai toujours, au plus profond de moi, détesté l'injustice. C'est vraiment un de mes combats. C'est pour ça que je regardais beaucoup de super-héros et tout ça, et de me dire qu'un jour, peut-être que je serai un super-héros. Le super-héros qu'on n'a jamais eu. Et du coup, toute cette injustice qu'il y avait. Et par exemple, au collège, quand on se moquait de quelqu'un parce qu'elle était différente, elle était turque, et du coup, je ne sais pas, elle parlait avec un accent et tout. J'arrivais, je faisais, en fait, elle me parle mieux que toi. Toi, tu fais des fautes d'orthographe quand tu parles, donc c'est bon. J'avais ce truc de, faut arrêter en fait ce truc de, qu'est-ce que t'as de mieux ? C'est elle qui a plus de valeur que toi en fait finalement. Après je suis pas en train de dire, je suis juste en train de dire que j'étais une enfant aussi.
- Speaker #0
Et on va passer sur ça, mais il y a une histoire que t'as partagée sur les réseaux qui m'a énormément touchée, c'est l'histoire où tu avais 8 ans, 7-8 ans de détresse. où il y avait une copine blanche qui était partie je ne sais plus où et qui est revenue avec des tresses et que c'était trop cool et que tu as voulu reproduire cette coiffure. Et du coup, la réaction était un peu différente.
- Speaker #1
Oui, c'est trop marrant parce que cette histoire a vraiment marqué beaucoup de monde. Elle m'a chamboulée. Mais même moi, elle m'a auto-chamboulée quand je l'ai écrite et que je l'ai partagée parce que je l'ai revécue pour le faire. Et j'avais trop envie de reprendre dans mes bras la petite nousse, la petite chiossoir parce que pour lui dire, c'est incroyable, on s'en fout. Et je suis contente qu'elle ait grandi en se détachant du regard des autres. Mais je sais à quel point ça a été dur. Et que c'est encore dur aujourd'hui, mais bon, aujourd'hui, maintenant, c'est bon. Mais je sais à quel point ça a été dur durant son enfance, son adolescence. Et tu vois, de se dire, ouais, elle a juste voulu faire des tresses et on l'a traité de tarzan et tout. Tu vois, il y a ce truc où tu rentres et t'as cette grosse boule au ventre et tu te dis, je suis moche, en fait. Tu vois, il y a ce truc aussi où tu penses ça, en fait, quand t'es un enfant, c'est la première chose à laquelle tu penses. Mais j'ai grandi tellement dans un foyer... tellement d'amour que... C'est pour ça que je ne remercierai jamais, alhamdoulilah, mes parents, qui m'ont donné tout cet amour, et ma maman, qui me coiffait tous les matins, tu vois. Mais aujourd'hui encore, on en parle, on en rigole, et on me dit... Franchement, c'était un de nos moments préférés, ces moments-là. Même le moment où, moi, je m'en rappelle encore, le moment où elle m'a fait les tresses et tout, c'était du taf de fou. Mais en fait, c'est pour ça que quand j'ai eu... Tu vois, quand je l'ai réécrite, cette histoire, j'ai pensé à... Donc, Yosra, quand t'as été petite... Mais j'ai pensé à ma maman, parce que maintenant, je sais toute la char... Quand t'es petite, tu te rends pas compte, ta maman, c'est un super héros, c'est tout. Maintenant, tu te dis, waouh, elle s'occupait toute la maison, et elle s'est quand même posée une heure là. Et c'est comme ça que tu sais que... Tu sais que j'étais en mode... Quand j'étais petite, j'étais en mode, j'espère que tu te rends compte que t'es la meilleure maman du monde, tu vois. Mais elle savait, elle savait. La preuve, toutes les histoires... Elle savait. Elle était toujours là pour les petits trucs, à chaque fois qu'il se passait quelque chose à l'école. Elle ne travaillait pas ta maman ? Non, pour moi, c'est le plus beau métier qu'elle faisait. Le métier de maman. Parce qu'elle était vraiment derrière nous, en plus.
- Speaker #0
Elle était présente.
- Speaker #1
Je peux te dire que les poésies, elle les a bien entendues par cœur. Elle m'a fait trop rire le jour où on en reparlait et elle m'a dit, toi t'es là, t'es arrivée avec La Cigale et la Fourmi. T'as vu combien elle est grande, La Cigale et la Fourmi ? Elle m'a dit, parce que c'était le jour où on devait tous choisir une poésie. Elle dit, de toutes, t'as choisi celle-là. Je lui ai dit, tu l'as choisie, tu vas la prendre. Et je la prenais.
- Speaker #0
Yo, Sarah, on va avancer. Tu as fait un master en interprétariat et linguistique. Tu as fait plein de postes, marketing, gestion de projet. Et aujourd'hui, tu es facilitatrice graphique et autrice de BD. On ne va pas... Tu as beaucoup raconté ton parcours pro, etc. Donc, on va zapper, sauf s'il y a des choses qui viennent. Tu parlais de ton... À quel point tu étais fascinée par les langues et ta volonté d'en apprendre. C'est ce que tu nous disais tout à l'heure. Et c'est assez rigolo parce que tu t'es inventé ta propre langue ensuite, qui est le dessin.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des choses que tu n'arrivais pas à dire, du coup ? coup dans les langues que tu pratiquais et que tu as voulu du coup transcrire et faire passer et communiquer via le dessin ?
- Speaker #1
Je pense que de manière générale, et je pense que toute personne qui dessine a toujours ce truc de quand tu dessines tu fais véhiculer un message, mais paradoxalement, tu vois, je pense qu'aujourd'hui, je suis contente de me dire que je mélange les deux. Justement, dans la facilitation graphique, ce n'est pas que le dessin, c'est les dessins et les mots. Et pareil, dans la bande dessinée, tu vas avoir des expressions, des choses qui vont permettre de transmettre des émotions sans forcément l'écrire. Donc je trouve que les deux se complètent bien. Et finalement, ça revient à tout ce que j'ai dit au début, c'est trouver le meilleur moyen pour raconter des histoires. Et c'est vrai que j'aime bien ce côté... Parce que le dessin, c'est à la fois... C'est universel, en fait. Et je l'ai compris quand j'ai vu des personnes qui me suivent, qui suivent mon travail et qui ne parlent pas un mot de français, alors que je partage parfois quelques trucs en anglais, mais c'est vrai que c'est majoritairement en français, et qui me disent « Ah, mais je suis quand même, parce que pour toute la vibe que tu procures... » partout en fait, par ton dessin.
- Speaker #0
Il y a un côté sensoriel presque.
- Speaker #1
Parce que je sais qu'aujourd'hui, j'ai une sorte de DA en fait, de direction artistique autour de mon dessin quand tu le reconnais. Même mon style vestimentaire. Et en fait, tout ça, c'est un jeu que j'adore, tu vois, c'est cette communication que j'adore autour. D'ailleurs, pour la petite anecdote, une fois, j'avais fait un taf pour un client. Donc, je le fais, facilitation, etc. Et un jour, je reçois un mail de mon père. parce que mon père m'envoie des mails parce qu'il avait fait une capture d'écran et il m'a dit mais t'es passé à la télé et en fait mes dessins étaient passés à la télé parce que c'était les dessins du client sauf que j'avais jamais dit moi que j'avais travaillé pour eux parce que je travaille voilà j'ai mes clients par-ci par-là et tout et je savais même pas que voilà et en fait comme ce client est passé mon père a reconnu les dessins alors que j'étais même pas mentionné ou quoi et il m'a dit bah c'est comme ça que j'ai fait mais c'est les dessins du Oslo ça et ma mère qui passe elle fait mais évidemment oui c'est les dessins du Oslo et du coup il m'a envoyé et ce jour-là je reçois un autre message d'une amie pareil elle m'a dit je l'aime jamais la télé ce jour là je l'allume avec ma mère et je tombe sur ça et je fais mais c'était des seins tout de suite et j'étais là en mode c'est génial c'est ça
- Speaker #0
Du coup,
- Speaker #1
je peux dire que je suis passée à la télé.
- Speaker #0
Tu peux. On parlait de facilitatrice graphique. Est-ce que tu peux nous expliquer rapidement ce que c'est ?
- Speaker #1
Oui, en fait, la facilitation graphique, ça tient tout son mot dans justement ça. La facilitation, donc faciliter visuellement des concepts plus ou moins complexes. Aujourd'hui, la facilitation graphique, ça se décline en plusieurs formats. Moi, ce que j'aime faire, c'est du coup faciliter en direct. Pendant que les gens parlent, je dessine par des dessins et des mots-clés. Ce n'est pas ce qu'on retrouve dans les tribunaux. Non, C'est vraiment différent. Et ça permet d'expliquer graphiquement ces sujets complexes. Et aujourd'hui, mon métier se décline encore plus parce que, par exemple, je peux autant être dans l'ombre à le faire, à dessiner, et que les gens parlent et que c'est projeté en direct, etc. Comme je peux animer des ateliers, aller chercher la parole des gens, etc. et dessiner en même temps. Je fais aussi des conférences dessinées avec ça. En fait, la facilitation graphique aujourd'hui, c'est pour moi la base de mon métier, mais ça se décline en tellement de possibilités.
- Speaker #0
Et c'est hyper puissant. Moi, j'ai fait des workshops où il y avait ça, et j'ai trouvé ça... exceptionnel. Ça te fait prendre conscience et comprendre des notions sous un autre angle. Si c'était que des mots, ce concept ou cette idée serait probablement passé un peu avec les autres. On va parler de la BD. On disait, en plus de ça, t'es autrice BD, donc il y a le livre là. Attends, je te raconte qui est ton histoire, Crazy Noose. J'étais curieuse de savoir à quel moment on se dit, je vais raconter mon histoire. C'est... Il a raconté des histoires, ce dont on parlait, et puis il a raconté son histoire. À quel moment tu t'es dit, ce sera le thème de mon livre, de ma BD ?
- Speaker #1
En fait, le truc, c'est que tu vois ce que je t'ai dit tout à l'heure, quand j'ai commencé à raconter mes propres histoires sur les réseaux, ou sur Internet, parce que j'ai commencé avec un blog et tout, je racontais d'abord mes histoires. Et je me suis rendu compte, plus je les racontais, plus les gens s'identifiaient, en fait. Parce que finalement, quelles sont les meilleures histoires que l'on raconte ? Ce sont les nôtres, parce qu'on les connaît, parce qu'on sait de quoi on parle. Et du coup, je me suis dit... là je peux raconter mes histoires et puis surtout il y a un truc qu'il faut dire aussi, il m'arrive tout le temps des histoires rocambolesques c'est impossible que je fasse quelque chose normalement donc tout est vrai dans cette BD aussi, tout est vrai, rien n'a été inventé rien n'a été lissé non plus même la moindre des choses, parfois je fais des blagues à quelqu'un je dis non mais juste pour aller là-bas, tu vas voir ce qui va m'arriver et deux secondes après tu m'entends envoyer un vocal par exemple, attends je te raconte le fameux titre de la BD et du coup déjà il y avait tout ça Merci. plus, tu sais ce fameux truc de j'ai grandi en me disant, finalement est-ce qu'on a vraiment eu une représentation qui nous représente et j'ai dit, moi je veux construire justement la super héroïne qu'on a pas eu quand j'étais petite, et du coup je me suis dit, bah en faisant ça, faut que je raconte mes histoires, et avec tout ça je me suis dit, bah le mieux c'est que je raconte ma propre histoire et je suis persuadée qu'on a tous et toutes des choses à raconter qui nous font écho, et après il y a aussi la manière de raconter, et parce que quand tu remarques, à chaque fois il y a une sorte de Merci. Enfin, il y a des déclics. J'essaie de faire des déclics, des choses comme ça. Comme quand tu leur as parlé de l'histoire des tresses. C'est comment tu le racontes, comment tu l'apportes et pourquoi tu la racontes. Et donc, très vite, je me suis dit ça. Et puis, à un moment donné, j'avais mis le projet de côté. Et puis, un jour, à force justement d'avoir des gens qui me disent « Non, mais c'est fou ce qui t'arrive » ou « C'est fou cette histoire. » « Mais non, tu déconnes. » ou des trucs comme ça. Et je suis en mode « En fait, je vais en faire un bouquin. » Parce que je pense que tout le monde verra que c'est vrai. Et en fait, ça ne tenait même pas dans ce bouquin, si vous le saviez. Là, il y a à peine hier, je parlais avec mon frère, je lui ai raconté un truc. Il m'a dit, c'est bon, t'as le sujet de ta prochaine BD, tu nous racontes juste ça. Juste ça ?
- Speaker #0
Un livre ?
- Speaker #1
Non, mais un livre, carrément. J'ai lu le truc qui m'était arrivé. Et du coup, j'étais en mode, peut-être, ouais, t'as peut-être raison. Je pourrais faire un livre par jour.
- Speaker #0
C'est drôle parce que moi, ça m'a fait penser à autre chose aussi, qu'il y a un thème qui revient et qui est aussi un peu la raison pour laquelle moi aussi, je me suis lancée dans l'écriture. C'est cette volonté que ce soit nous qui racontons notre histoire. Est-ce que ça, c'était quelque part peut-être en filigrane de... aussi derrière ou pas du tout ?
- Speaker #1
Ah si, complètement. Bien sûr, j'étais en mode qui mieux que moi-même peut raconter mes histoires ? En fait, j'aime bien ce truc de... Je pense que ça, c'est aussi le côté où, tu sais, quand on dit qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Il y a ce truc de, au moins, je sais ce que je raconte, je sais à qui je dois quelque chose par rapport à ça, mais aussi parce que je ne sais pas si c'est l'ego qui parle ou quoi, mais je suis persuadée que... Enfin, j'étais persuadée, en tout cas, en sortant cette bande dessinée. qu'elle allait parler à du monde. Ces histoires-là, elle est parlée et qu'on ne les raconte pas, ces histoires. Et en fait, je pense que c'est ça qui fait que je voulais raconter mon histoire. Puis parce que c'est un personnage incroyable.
- Speaker #0
Je suis complètement d'accord. Est-ce qu'il y a des choses que tu as hésité à montrer dans cette BD ? Est-ce qu'il y a des thèmes où tu t'es dit « No go, ça, jamais, je le couvrirai » .
- Speaker #1
En fait, je pense que dans quoi je ne voulais pas tomber, c'est le fameux discours dans lequel je tombe. Justement, en tant que femme... issues de l'immigration, en tant que femmes qui portent le voile, en tant que voile. Tu vois, ce truc de victimisation, peut-être, je ne sais pas. Je ne suis pas en train de dénigrer ce genre de truc, mais juste en train de dire que moi, je ne voulais pas tomber dans ça parce que ce n'est pas ma manière de raconter mes histoires. Et je voulais quelque chose de... En fait, je voulais quelque chose de pop. On n'a pas de représentation qui pop comme ça. Voilà, c'est ce truc-là. Je voulais quelque chose qui pop. Je voulais qu'il y ait des paillettes sur ma couverture, tu vois. Après, je fais vraiment du roller, donc je voulais qu'il y ait du roller. Tout est vrai, je vous ai dit. Je voulais vraiment qu'il y ait des couleurs, je voulais vraiment qu'on vienne casser les clichés en jouant avec les clichés.
- Speaker #0
Le monde de la BD, ce n'est pas le monde le plus divers, le plus inclusif. La littérature jeunesse, plus généralement que j'ai côtoyé ces derniers mois. Comment ça s'est passé ? Est-ce que ça a été dur ? Est-ce que tu as eu des moments où tu t'es dit dans quoi je m'embarque ? Est-ce que tu as douté ? t'es ? Est-ce que tu t'es sentie légitime ? Enfin bref, tout ça.
- Speaker #1
Comme je t'ai dit au tout début, moi à la base, je le faisais vraiment pour Yosra qui a 6 ans qui dit « Faut que tu fasses un BD. C'est son rêve d'une vie. Je ne peux pas ne pas lui faire. » Vraiment. Si tu savais tout mon parcours, j'ai eu 8000 vies, mais il y avait toujours ça dans la tête. Je commençais à le dire en plus petit à petit au monde des adultes où je disais parfois « Mais vous verrez un jour. Je vais sortir un BD, ouais. » Ou quand les gens me voyaient et me disaient la fameuse question de « T'as jamais pensé à faire une BD ? T'inquiète. » T'inquiète. Petit à petit, évidemment, moi, j'ai lu, je lis beaucoup de bandes dessinées, donc je connaissais le milieu d'un point de vue lectrice, tu vois. Donc je savais comment était le milieu. Puis plus tu grandis, puis tu commences à creuser, plus tu sais encore plus comment il est. Eh ben, c'est devenu un défi, en fait. En fait, c'est pas devenu un « est-ce que je suis légitime ? » Non, c'est devenu un « je suis légitime et je vais la prendre, ma place. » Je l'ai pris dans ce sens-là. Alors après, ça, c'est le côté moi, fonceur, etc. Mais à la réalité, évidemment. Et la réalité, c'est que tu te retrouves face à des... C'est même pas des portes, c'est des portes blindées. Et je sais que, par exemple, je sais que pendant un an, j'avais fait que ça. J'avais fait que préparer mon dossier, l'envoyer, préparer mon dossier, l'envoyer, faire des dossiers pour ma BD, etc. Et j'ai eu un an de soit refus, soit de silence. Alors, j'ai eu des refus où on m'a carrément dit... en fait tu sais bien dessiner, tu sais pas raconter des histoires donc voilà d'autres refus plus classiques de c'est pas dans notre registre voilà, j'ai eu un refus je l'ai raconté l'autre jour et j'ai eu un refus d'une personne qui carrément m'a appelée pour me dire que j'étais trop en avance sur mon temps c'est intéressant ça,
- Speaker #0
à quel niveau il a développé ?
- Speaker #1
il a dit que de toute façon les jeunes blondes parisiennes ne pourront pas s'identifier à ma BD et parce qu'il y a quelqu'un qui lise des BD Merci.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu réponds à ça ? Parce que tu as une répartie. Je suis sûre que tu avais ta punchline.
- Speaker #1
À ce moment-là, bonne question. Non, je ne sais plus. À ce moment-là, je crois que... Alors en fait, moi, c'est soit j'ai de la répartie, soit je suis très sarcastique. Et du coup, je pense que j'étais plutôt sarcastique et que je lui ai répondu par... Merci beaucoup. Merci beaucoup. Je prends en compte vos conseils pour ne pas les appliquer.
- Speaker #0
Mais c'est fou de prendre le temps d'appeler pour te faire ce commentaire. Oui,
- Speaker #1
parce qu'il prend des services. J'avais laissé pour te croûter pendant un an après ces un an-là pour me concentrer sur ma facilitation graphique et tout, parce que j'adore. Tu vois, j'adore les métiers que je fais, en fait, en tant qu'autrice, qu'en tant que facilitatrice, tu vois. Donc, je m'étais donné à fond là-dedans et tout. Et puis, un jour, j'ai eu un déclic. En fait, j'ai eu le déclic de cette BD-là. Parce que c'était pas la même BD, mais presque, tu vois, celle que je proposais. Et là, j'étais... Non, mais en fait, je lai ma BD.
- Speaker #0
Je lai, je lai. Attends, est-ce que ça t'a découragée, du coup ? Est-ce que l'année de break, entre guillemets, où tu t'es focus sur ton métier... Non,
- Speaker #1
ça m'a pas découragée du tout. Non, non, ça m'a pas découragée. En fait, au contraire, je me suis dit, OK, je vais améliorer mon dessin, je vais améliorer comment je raconte mes histoires. Vous m'avez donné tout ça. je vais les prendre comme conseil vous m'avez dit que je savais pas dessiner je vais dessiner encore plus vous m'avez dit que je sais pas raconter des histoires je vais encore plus raconter des histoires parce que ce n'est qu'en faisant qu'on apprend moi j'ai toujours été la main dans le cambouis je suis celle qui apprend par la pratique et du coup j'ai juste dit que pendant un an je faisais ça je me suis jamais dit tu mets ça de côté ça y est c'est fini je pouvais pas parce que elle m'avait dit quoi je pouvais pas j'avais toujours dit même si c'était maintenant dans 10 ans dans 20 ans Sur le lit de ma mort, sans le faire, je l'aurais fait. Et au moment où j'ai eu le déclic, là, j'ai dit non. J'étais obsédée par ça après. Parce que je savais, je savais. Je ne sais pas comment t'expliquer. J'étais là, ça y est, c'est l'heure. It's time. On va la faire, cette BD. Et j'ai tout donné, là. Et là, j'ai tout donné, je savais. J'allais chercher la maison d'édition, j'allais le faire. Je suis rentrée, c'était l'année 2023. Je n'ai pas de désir de résolution, je lui donne des défis, moi. Et j'ai dit, je ne sors pas de l'année 2023. Je ne sors pas de l'année. Je suis en mode, je reste en 2023. Je sors. pas de l'année si j'ai pas une maison d'édition j'en ai 10 ans en 2050 je crois j'ai encore en 2008 je suis encore en 2003 si j'ai pas une maison d'édition 6 mois plus tard j'ai ma maison d'édition tu vois
- Speaker #0
J'avais dit, je ne sors pas.
- Speaker #1
J'adore.
- Speaker #0
Ah ouais. Je l'ai signé la veille de mon anniversaire.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de liens avec mon anniversaire. C'est fou. C'est fou. Et là, ça arrive à toi un an.
- Speaker #1
Tu utilises énormément l'humour dans la BD, dans ta manière de communiquer, dans tout. Et c'est hyper rafraîchissant et c'est génial. Mais est-ce que c'est un moyen de défense ?
- Speaker #0
Est-ce que ça cache une blessure ? Souvent, on dit des gens qui sont très drôles. Tu vas aller dans les tréfonds.
- Speaker #1
C'est la psychanalyse.
- Speaker #0
Je ne pensais pas que j'avais une session aujourd'hui. Tu ne voulais pas manger ? C'est mieux. Alors écoute, je suis bien. Ouais, c'est un peu l'histoire de clown triste, là. Alors oui, je pense que déjà, l'humour, c'est un moyen de défense. Parce que je trouve que c'est le meilleur moyen d'avoir une répartie face à tout ce qu'on a, en fait, tout le temps. Je pense que c'est aussi une arme à laquelle les gens ne s'attendent pas aussi.
- Speaker #1
Mais ça déroute. C'est parce que, voilà,
- Speaker #0
exactement. Et du coup, j'adore voir des gens bouche bée face à moi qui réponds avec une blague parce que le mec était hyper focus. Ça remarque raciste. par exemple et que moi je lui réponds juste tu sais le fameux par exemple je sors toujours cette extrait parce qu'elle est incroyable le fameux rentre chez toi ça l'arrache c'est ce que je suis en train de faire le fait juste de dire ça mais ça l'est sorti de route et c'est une manière de reprendre le pouvoir ah bah oui évidemment moi c'est ça bah oui parce qu'il y a un côté il y a toujours eu un côté powerful tu vois et un côté et ça je remercierai jamais autant tu vois ma mère aussi qui m'a toujours dit d'être droite dans tes valeurs et de de jamais baisser tes standards et qui tu es face aux autres en fait. Ne pas se rabaisser parce que les gens pensent ça de toi. Que toi, tu sais ce que tu vaux, tu vois. Elle a créé un monstre. Et après, je pense que c'est parce que aussi, parce que la réalité, c'est que je suis consciente du monde en fait. En fait, c'est ça la réalité. C'est que, c'est pour revenir à la phrase cringe que j'ai dit au début, si je veux le colorier en rose, le monde, c'est parce que je sais qu'il est gris. Et je pense que c'est pour ça que j'utilise l'humour, parce que le monde est déjà assez triste pour que j'en rajoute. Alors parfois, je vais avoir... J'ai eu ma période... Enfin, je le fais aussi de temps en temps. J'en fais aussi de temps en temps. Moi, j'adore écrire des sortes de proses. J'avais fait une série il y a très longtemps, 5-6 ans, un peu animée, que j'avais appelée Origine. Et je parlais un peu plus aux profondeurs de ce truc d'oubli d'identité, de culture, des choses comme ça. Et parfois, j'écris des proses de mon côté que parfois je partage de manière spontanée et que les gens ne s'en rendent pas compte. Et tu te dis « Bah ouais, derrière tout cet humour, il y a un petit cœur qui bat. » Il y a de l'humour, mais il y a aussi beaucoup de poésie. C'est comme ça que je vois le monde, en fait.
- Speaker #1
Parler de ce monde que tu voulais colorier en rose, qui était gris, et on en parlait à l'enfance. Est-ce qu'il y a un événement ou quelque chose qui t'a fait prendre conscience de ce gris ambiant ?
- Speaker #0
C'est quand j'ai compris que mon pays d'origine était en guerre, en fait. C'était en guerre en bombe, en sang, en tout ce que tu veux. Je l'ai appris très jeune, même si je t'ai dit, mes parents ont toujours essayé de nous protéger. Ils ont toujours créé cette bulle d'amour incroyable. mais en fait les événements sont là les événements sont réels à chaque fois que je voyais un peu mon monde parce que mes parents sont mon monde mon monde s'effondrait donc leur monde s'effondrait tu vois ça brise quelque chose en fait je pense que c'est une des raisons aussi pour laquelle très vite je me suis détachée du regard des autres aussi parce qu'il y a ce truc de vous êtes pas conscient autant que je le suis je pense c'est pour ça qu'en des moments les gens peuvent faire des remarques de oh mais toi pour toi tout est positif dans le monde tu vois le monde comme ça et tout j'aime bien sourire et dire oui je suis comme ça Merci. Mais parce que ce truc d'injustice, de résistance, de combat, c'est depuis longtemps.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant et hyper d'actualité. Et je pense que c'est des choses aussi que les enfants d'aujourd'hui vivent et on l'oublie.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Parfois, c'est des points... Moi, je vois, évidemment que je suis l'actualité, évidemment que je suis tout ça. Et c'est pour ça que parfois, je le dis aussi sur mes réseaux, Euh... Parfois, je vais avoir mes coups de gueule, évidemment, parce que quand même, au bout d'un moment, t'as beau essayer, tu restes humain. Mais c'est vrai que j'aime bien peut-être une petite bulle, une petite capsule temporelle qui essaye d'apporter justement tout ça, tout en étant consciente. C'est pour ça que j'utilise beaucoup le conscient, parce que j'ai conscience d'ailleurs. J'ai mon personnage de conscience qui est très consciente du monde. Parce que j'ai ces deux entités, donc je sais ce que c'est et c'est pour ça que j'essaye de faire passer les messages comme je peux, avec couleur et humour.
- Speaker #1
tu as une confiance en toi et c'est un peu lié à ça. Et c'est génial, c'est hyper beau à voir et tu assumes tout ce que tu es, etc. Est-ce que, et tu as un peu répondu à la question, mais j'ai quand même envie de la poser, est-ce que c'est inné ou est-ce que ça s'est construit avec le temps ? Parce que je pense que c'est quelque chose qu'on recherche toutes un peu et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui te suivent, qui doivent rechercher ça parce que c'est un peu ce qu'on a toute envie d'être, de se dire fuck. tout le reste et je suis ce que je suis et je fais ce que j'ai envie de faire et je m'en fous des autres sauf que des fois on y arrive,
- Speaker #0
des fois moins et il y en a qui arrivent un peu plus que d'autres peut-être que tout au fond il y a une petite graine ou peut-être que c'était un peu inné malgré toute la timidité que j'avais quand j'étais petite tu vois parce que J'étais quand même très confiante quand je devais justement monter sur scène, quand je devais faire mes exposés ou des choses comme ça. Donc, je pense qu'il y avait une petite part qui était quand même... Je pense qu'il y avait une petite graine. Je pense vraiment qu'il y avait une petite graine. Parce que mes parents aussi me disaient que tu as toujours eu ce petit truc-là. Mais je pense que ça s'est quand même construit. Je pense que de toute façon, tout se construit, comme tout. En fait, c'est comme quand tu dis à quelqu'un « t'as du talent » . Moi, j'ai toujours du talent. Ok, mais ça ne construit pas tout. Tu peux avoir autant de talent que tu veux, mais ce n'est pas ton talent qui va faire le reste. Par exemple, quand on me dit non, mais tu... Ah, mais le dessin, c'est du talent. Pareil, c'est parce que j'ai travaillé mon dessin pendant des années. Je le travaille encore et il a évolué. Je pense que la confiance en soi, c'est la même chose. Je pense que c'est quelque chose qui se construit. Mais en fait, moi, je pense que si je devais donner un conseil par rapport à ça, c'est à chaque fois que vous faites quelque chose pour vous, imagine tout le kiff que ça fait. Un exemple tout bel, justement, parce que par exemple, moi, je m'exprime par mon style, tu vois. Mais quand je le fais, je ne le fais pas pour le regard des autres. Je le fais pour le regard que ça me donne. Quand je me regarde dans le miroir le matin, je fais, mais cette journée, elle va être... incroyable et tout j'aime trop tu vois des trucs comme ça et je pense que c'est juste ce kiff là et puis après évidemment tu reçois un compliment là-dessus et tu te dis bah voilà tu vois c'était pour ça tu te reçois à l'inverse évidemment parce que je me reçois évidemment je me dis je me dis quoi je me dis ça veut dire que j'ai vraiment celaï tu vois c'est en fait transformer tes faiblesses en force tu vois ça fait vraiment développement personnel comme enchanté de le dire c'est juste ce truc de on nous a toujours pointé du doigt tout ce qui était les défauts les faiblesses mais pourquoi est-ce qu'on ne transformerait pas ça justement en autre force Est-ce que nos différences ne sont pas finalement ce qui nous rend plus beaux ? Et du coup, je pense que c'est ça qui a construit ça. Et en fait, je pense que ça, c'est mon côté hyper égocentré. Mais l'idée d'être unique, parce qu'on est tous uniques, mais d'être unique en plus parce que tu sors des codes et tout, ça me fait tellement kiffer. Ça s'est construit. Et puis après, il y a eu aussi ce truc de détachement du regard des autres par rapport à ça. Mais c'est beaucoup de bataille parce que, tu vois, je vais te dire un truc tout bête, mais quand j'ai commencé à porter mon voile, justement, j'en étais consciente. je me suis dit ok tu veux commencer à porter le voile ça fait un moment que je voulais le faire mais que ce qui m'empêchait de le faire c'était les autres tu te rends compte ? avec un âge qui s'est pas indiscret j'étais fin de lycée je crois un truc comme ça donc j'étais très jeune tu vois mais il y a eu ce truc de en fait tu le fais pas à cause du regard des autres et là j'ai eu le déclic et j'ai dit mais attends si les gens t'acceptent pas pour qui tu es est-ce que tu veux être avec ces gens ? et quand j'ai eu ce déclic j'ai dit bah c'est bon je le porte en fait et c'est tellement libérateur et bah oui en fait c'est tous ces trucs là et après en fait à chaque fois à chaque étape qui se passe par exemple si à tout moment je dis ouais mais les gens ils vont penser quoi ah pourquoi est-ce que t'as besoin de savoir tu vois c'est toujours ce je suis pas en train de dire que c'est mauvais mais c'est quand même se dire ok pourquoi est-ce que ça te stresse pourquoi est-ce que ça te tu vois puis après il y a eu toujours ce truc aussi où j'ai toujours transformé ce stress par exemple de la scène ou quoi que ce soit en adrénaline et j'adore ça tu vois donc je pense que tu vois tous ces trucs négatifs tu te fais en des petites étincelles des petites taillettes et
- Speaker #1
Tu es fou, tu as fait beaucoup d'années de thérapie.
- Speaker #0
De thérapie avec moi-même ? Non, je n'ai pas fait de thérapie. Je parle beaucoup avec mes personnages en vrai.
- Speaker #1
Dans un de tes posts, tu as écrit « Tu n'es pas féministe si tu demandes à une femme d'enlever son voile » . Est-ce que c'est quelque chose à laquelle tu as été confrontée personnellement ? Est-ce que c'est des choses...
- Speaker #0
Depuis le début, j'ai eu un moment, ça m'a choquée. Justement, à mes débuts sur Paris. J'étais chef de projet marketing, je côtoyais beaucoup de monde de start-up, de monde différent, etc. Donc ça y est, je commençais dans ce milieu un peu professionnel et tout. J'avais déjà mon blog BD à côté, je postais déjà mes petites BD, parce que je pense que je suis un ninja aussi dans le monde des adultes, où je suis là pour faire des rapports, et mes rapports sont des BD. Et du coup, à ce moment-là, je me confonds avec une personne qui... Parce qu'évidemment, c'est un grand espace de coworking. Et évidemment, je dénote par rapport aux autres, parce que par mes couleurs, par mon voile, voilà. Et t'as quelqu'un qui arrive et qui fait « Mais je comprends pas, t'as l'air d'être une personne hyper ouverte d'esprit, hyper libre, tout ça et tout ça. » Et je fais « Bah, du coup, c'est quoi que tu comprends pas ? » Et là, elle me dit « Bah, tu portes le voile. » Et j'ai dit « En quoi ça vient déroger ma liberté ? » Et là, elle me dit « Bah, c'est contraire à la liberté et tout. » Et j'ai dit « Bah non,
- Speaker #1
au contraire, c'est ma liberté. »
- Speaker #0
C'est ma liberté de le porter, c'est mon choix. Et elle m'a dit, parce que tu te considères féministe. J'ai dit, ça dépend ce que tu veux dire par féministe. Et elle me dit, de toute façon, tu ne pourras pas être féministe tant que tu portes le vol. Elle m'avait dit cette phrase. Et du coup, elle m'a dit ça. Et très énervée et tout ça. Et j'étais là, ma petite, ma pauvre, ça doit être la chaleur qui te fait ça ou je ne sais pas. Et du coup, je me suis dit, si c'est comme ça, ce n'est pas grave, je ne serai pas féministe alors. Et je me rappelle, maître dit ça. Je me dis, je ne serai pas féministe, mais je vais me battre pour le droit des femmes. J'ai toujours eu ce truc de me battre pour le droit des femmes. Je l'ai dit l'autre jour, je disais. Je disais dans une convention, je disais, moi, je suis pour la liberté d'expression et pour la liberté de que tout le monde puisse porter ce qu'il veut, même si c'est moche.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Ça me brise le cœur de... Ben oui,
- Speaker #1
ça fait mal aux yeux, mais c'est comme ça. Voilà,
- Speaker #0
exactement. C'est exactement ça que je dis. Et du coup, la personne me dit, je dis, ben écoute, je préfère pas être féministe. Et après, j'ai compris, parce que tu vois, j'étais là... En fait, il y a beaucoup de choses où on aime trop mettre des noms dessus, des étiquettes. Moi, je déteste les étiquettes. De toute façon, c'est dans ma BD, je le dis, les étiquettes, ça gratte. Je déteste mettre des étiquettes, mais j'apprends, oui, féministe, féministe intersectionnelle, féministe diverse, féministe... Eh, juste, venez en... Venez de liberté, juste. Et la liberté, c'est le choix, le choix de porter ce que je veux ou de ne pas porter ce que je veux. C'est fou d'avoir expliqué des définitions simples.
- Speaker #1
Et ça, c'est des choses qui viennent souvent ? Oh,
- Speaker #0
de plus en plus maintenant. Maintenant que je suis une personnalité publique et que j'assume... Enfin, j'ai toujours assumé, mais que maintenant j'assume. Et que je fais exprès de les titiller avec des petites phrases comme ça sur les réseaux. Après, j'avoue, je cherche la petite bête. J'avoue, je cherche la petite bête. Rien qu'hier, j'ai posté la saison des « T'as pas chaud sous ton voile » qui a commencé. Ah oui, j'ai vu.
- Speaker #1
Et on te l'a dit, vraiment ?
- Speaker #0
Il semble chaque année, évidemment. Alors que je pense que ça me protège vraiment des insolations. Parce que moi, le troubadour que je suis et que je suis tout le temps en train de bouger dans tous les sens, vaut mieux. Parce que moi, je serais du genre à oublier ma casquette.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu trouves encore difficile dans le regard porté sur les femmes arabes en général ?
- Speaker #0
C'est une vaste question, ça. De faire des clichés, des amalgames sur beaucoup de choses. Je pense que c'est ça, le résumé. En fait, c'est de se projeter sur elles des injonctions ou des idées qui sont totalement fausses. Aussi, de faire l'amalgame entre origine, culture, tradition, religion. et ce que j'ai vu sur TikTok.
- Speaker #1
Et pour rester sur ce thème-là, quelle est, à ton avis, notre plus grande richesse en tant que femme arabe ?
- Speaker #0
On est juste incroyables. On est incroyables par tellement de choses, par nos cultures, nos traditions, nos origines et nos religions. Et sur ce qu'on voit sur TikTok, t'as cherché. Ça y est, t'as été convertie. Convertie à TikTok. C'est ça. Non, non. Instagram, je serai sur Instagram.
- Speaker #1
Tu sais, Yosela, moi j'ai créé ce podcast quand je suis devenue maman. Parce que je voulais laisser à ma fille, et je pensais que ce serait 3-4 épisodes, et je voulais qu'elle entende des histoires positives, ou en tout cas diverses, de femmes. Toutes ces tatas. Exactement, toutes ces tatas. Et je me suis dit, si un jour elle me dit « J'en ai marre, fuck, tu me racontes que des conneries » , j'aimerais qu'elle écoute d'autres gens qui racontent ça, et qu'elle puisse s'identifier, parce que je trouvais qu'il n'y avait pas assez de représentation. Si tu devais laisser un conseil à ma fille, aux filles évidemment, sur la extrapolation, ce serait quoi ?
- Speaker #0
J'en ai plein. des conseils, parce que je suis une tata moi, j'adore ça je pense que celui qui me vient là en tête c'est va au bout de tes rêves malgré ce que les autres vont te dire et que c'est pas l'objectif le plus important c'est le chemin que tu parcours, tu vas rencontrer des personnes incroyables, tu vas vivre des expériences incroyables et tu vas vouloir raconter ces histoires donc raconte ces histoires à toutes les personnes que tu croises et tu verras,
- Speaker #1
ça va te construire Quelle est ta définition de la réussite ?
- Speaker #0
De pouvoir kiffer, par exemple comme aujourd'hui d'être posé avec toi, de te rencontrer, de kiffer. En fait, de faire les choses et que ces choses-là t'apportent du bonheur et qui répondent à tes envies. Et je dirais qu'ils répondent aux envies de ton plus gros employeur, c'est-à-dire ton enfant intérieur, je pense. Je pense que c'est ça la réussite. Je pense que la réussite, c'est passer des bons moments, faire passer des bons moments en restant sur l'enfant intérieur. Si tu pouvais parler à l'aïeuse de l'enfant, tu lui dis quoi ? T'as vu, on l'a fait ! Je pense que je lui dis ça. Je pense que je dis ça, je pense qu'on l'a fait. Enfin, je pense que je dirais beaucoup de choses. Je dirais, on l'a fait, on l'a sorti, et puis sûrement, Inch'Allah, on va en sortir d'autres. On vit des rêves, on n'en vit pas qu'un seul. Ouais, c'est dur parfois, mais je suis contente que tu aies tenu la route.
- Speaker #1
J'allais se demander quels sont tes prochains projets, mais tu nous as un peu teasés, même si tu me disais que tu n'allais rien dire tout à l'heure. Non,
- Speaker #0
je dis rien, je dis peut-être, Inch'Allah, je dis peut-être qu'il y aura d'autres BD. Voilà, mes prochains projets, c'est ça, de continuer. Là, je suis contente aussi de faire mes petites... conférences dessinées, de travailler sur un prochain ouvrage, Inch'Allah. Et mes petites séries sur Instagram aussi que je développe, que ce soit en BD ou ma série langoustique, par exemple, que je fais sur Insta.
- Speaker #1
Si je te dis sororité, tu me dis quoi ?
- Speaker #0
Partage ?
- Speaker #1
On va passer à la dernière partie du podcast. C'est des toutes petites questions et le but, c'est de répondre du tac au tac.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Est-ce que tu as une devise ?
- Speaker #0
Fais pas les choses parce que tu t'attends qu'elles soient parfaites. Fais-les parce que tu kiffes les faire.
- Speaker #1
Un mot pour décrire tes dessins ?
- Speaker #0
J'aurais dit, j'aurais repris le nom d'un moment qui était dynamique, tu vois. Ta plus grande fierté ? Le plus grand malentendu sur toi ? Que je suis une personne autaine. Une femme du monde arabo-amazir que tu me recommanderais de recevoir sur le podcast ? La personne à qui je pense, parce qu'elle a sorti son bouquin, Elka Imani. Elle vient de sortir son livre. Je ne sais pas si tu l'as déjà lu sur le podcast. Non. Ben voilà, que tu pourrais recevoir pour nous malgré tout. et une chanson pour clôturer l'épisode. S'alloulin nas, bye Feruz !
- Speaker #2
S'alloulin nas,
- Speaker #0
Merci beaucoup Yosemite Avec plaisir, merci à toi C'était trop un kiff, c'est passé trop vite C'était passé en deux secondes Merci Merci beaucoup
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de Réa jusqu'au bout Si tu as apprécié cette conversation ou qu'elle t'a touchée Tu peux t'abonner au podcast et laisser une note ou un petit commentaire Avec ces petites actions, tu aides à faire porter la voix de ces femmes encore plus loin. Tu peux aussi partager cet épisode avec quelqu'un qui aurait peut-être besoin d'entendre cette histoire. Et si tu veux continuer la conversation, retrouve-moi sur mes réseaux ou dans la newsletter de Heya Stories. Nos histoires comptent, merci de les écouter. A très bientôt dans Heya.