- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast Heya, je suis Boshra Fourti. Ici, on écoute autrement. On tend l'oreille à celles qu'on entend trop peu. Les femmes arabes et amazighes. Des récits vrais, puissants. incarnée. À celles et ceux qui doutent, avancent ou cherchent à se reconnaître ailleurs que dans les récits qu'on leur impose, à celles et ceux qui veulent écouter avec ouverture et curiosité. Ria, c'est un espace de sororité, de transmission et de reconnaissance. Un endroit où chaque voix compte. Parce que nos histoires sont une richesse, et qu'avant d'y croire, il faut les entendre. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Ria. Aujourd'hui, je suis heureuse de partager avec vous ce nouvel épisode, et ce dernier de la saison 8, j'y reçois Amel. Amel qui a une histoire qui m'a profondément touchée c'est une histoire qu'on entend rarement elle a été adoptée à l'âge de 4 mois elle retourne des années plus tard dans l'orphelinat où tout a commencé sans le savoir, ce voyage va changer profondément le cours de sa vie avec Amel, on a parlé d'adoption, de quête des origines d'identité, de famille mais aussi de cette question que beaucoup se posent est-ce que connaître ses origines change vraiment la personne que l'on est sans plus attendre, je laisse place à la Heya du jour, Amel Karay. Emile, bonjour. Salut, ça va ? Super. Bienvenue sur Heya. On y est arrivé. C'était un périple long et chaud et compliqué des deux côtés. Mais on y est. On va le faire. Je suis ravie de t'avoir à mon micro. Je t'ai découvert par hasard sur les réseaux et ton histoire m'a vachement touchée. Je me suis dit, il faut trop qu'Emile vienne parce que c'est une histoire qu'on n'a pas entendue et qu'on doit entendre. parce que je pense qu'il y a plusieurs personnes et on en parlait. Il y a eu des rencontres récemment de gens qui ont des parcours plus ou moins similaires et je trouve que c'est trop chouette de partager ton histoire et ton parcours.
- Speaker #1
Avec plaisir, merci pour l'invitation. Avec grand plaisir.
- Speaker #0
Mais la tradition sur Réa, c'est de commencer par l'enfance. Donc, je te laisse nous parler de ton enfance, l'environnement dans lequel tu as grandi, le type d'éducation.
- Speaker #1
Moi, j'ai grandi jusqu'à mes 7 ans en Tunisie. Mes parents ont divorcé quand j'étais toute petite et mon père est Tunisien, ma mère est française. Et du coup, jusqu'à mes 7 ans, j'ai grandi à la Marsa, on vivait à la Sucra. J'allais à l'école LGF, c'est Gustave Flaubert. Donc l'école juste à côté pour les enfants. J'avais plein d'amis que j'ai encore gardés. D'ailleurs, qui viennent du même orphelinat que moi pour certains.
- Speaker #0
Parce qu'on n'a pas dit ça. Là, on a dit qu'ils viennent du même orphelinat. C'est vrai,
- Speaker #1
c'est vrai. En fait, ma mère était bénévole dans mon orphelinat. Et du coup, même après le moment où elle nous a adoptés, moi et ma sœur, Elle a continué d'être bénévole là-bas. Et donc, elle a des amis à elle qui ont adopté. Donc du coup, en fait, on a un peu grandi comme ça, en team d'enfants adoptés. Donc du coup, j'ai un peu grandi dans cet environnement-là. J'avais mon chien, super maison, etc. Et après, mes parents ont divorcé. Et donc, j'ai déménagé en France, dans le sud de la France, à Cannes, parce que mon grand-père vivait là-bas, le père de ma mère. Donc c'était plus simple pour elle, au niveau de l'organisation, etc.
- Speaker #0
On parlait de l'adoption. À quel âge tu as été adoptée ?
- Speaker #1
Alors j'ai été adoptée à 4 mois et après ça, comme je disais, ma mère était bénévole dans mon orphelinat. Donc j'y suis allée longtemps après, parce qu'ils ont adopté ma sœur l'année d'après. Et donc du coup, j'évoluais un petit peu dans mon orphelinat malgré tout.
- Speaker #0
Et comment tu vivais avec ça ? C'était quelque chose que tu partageais volontiers ? Ça fait partie de ton histoire très tôt, tu l'as su très tôt ?
- Speaker #1
Ouais, après, comme j'étais bébé, en vrai, je n'ai pas trop de souvenirs de toute cette partie-là. Tout ce que je sais, c'est qu'en grandissant, j'ai toujours... eu ce truc par rapport aux enfants dans les orphelinats. J'ai toujours voulu y aller, j'ai toujours voulu retrouver ma famille logique, je me suis toujours dit que je voudrais adopter aussi, ça c'est mon rêve, et j'aimerais adopter dans mon orphelinat parce qu'on travaille avec d'autres structures, mais moi je veux vraiment adopter à la Manouba. C'est l'orphelinat étatique de Tunis et du coup, c'est comme ça, il y a eu toujours cette fibre un petit peu avec les enfants et en 2018, j'ai été pour la première fois dans mon orphelinat.
- Speaker #0
La première fois depuis ton départ de la Tunisie, il y a 7 ans, c'est ça ce que tu veux dire ?
- Speaker #1
Non, parce qu'après mon père vivait en Tunisie. Du coup, j'y vais chaque vacances. Vu que c'était garde un peu alternée, c'était que pendant les vacances. Donc, j'y allais 5 fois par an. Mais je n'allais pas à l'orphelinat. À ce moment-là, je n'étais pas encore majeure. Je ne pouvais pas encore prendre mes décisions toute seule. Et par contre, à partir du moment où j'ai pu y aller, j'y suis allée, où j'ai pu prendre ma petite voiture et j'y suis allée.
- Speaker #0
Comment s'est passé ce premier retour ? Ça a dû être un moment très fort.
- Speaker #1
Oui, ça a été hyper fort, surtout que j'étais seule. Et j'y suis allée. Et en fait, c'est les femmes de l'association des Amis de l'INPE qui me connaissaient. C'est l'association des Amis de l'INPE. L'INPE, c'est l'Institut National de la Protection de l'Enfance. Donc, c'est l'orphelinat, en fait. de la Manouba. Et en fait, là-bas, il y a la structure étatique. Et en fait, il y a une association qui, depuis 1994, existe, dont mon père était président à l'époque, ou quand ils m'ont adoptée avec ma mère. Et ma mère était bénévole à l'époque aussi. Donc, dans cette fameuse association-là. Et en fait, il y a des bénévoles qui sont encore là, qui me connaissaient bébé, en fait. Donc, du coup, elles m'ont accueillie, etc. Elles m'ont fait faire le tour de la structure. Ça a été super dur. J'ai pris une claque. Je n'ai pas parlé pendant trois jours après.
- Speaker #0
Tu t'es préparée parce que c'est un moment, tu sais que ça va être fort.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Tu y allais un peu en mode, ça va être ok.
- Speaker #1
Non, j'y allais sans... En fait, j'ai foncé sans penser à ce qui pouvait se passer, pas se passer et tout. J'ai tendance à être comme ça. En fait, je fonce et après je fais. Et après, genre, c'est pas mal.
- Speaker #0
Je m'enchaire. Ouais, des fois, il ne fait pas une opportunité aussi.
- Speaker #1
Ouais, non,
- Speaker #0
Tu avais des images qui revenaient, ça doit être...
- Speaker #1
Aucune. Non. Franchement, je n'en avais aucune. Il n'y avait rien de...
- Speaker #0
C'était un souriel.
- Speaker #1
Ouais, moi, c'était les enfants, en fait. C'était surtout le tactile, le fait de les voir, l'empathie, me mettre directement à leur place, les prendre dans mes bras, tout ça, ça a été hyper dur. Parce qu'en fait, ils sont débordants d'amour, tu sens qu'ils se vendent. Quand ils voient une voiture arriver, en fait, l'orphelinat, c'est cette petite maison qui forme un arc-le-deux-cercles. Et en fait, quand ils voient des gens arriver, ils sont tous dans la petite maison et ils mettent les petites mains comme ça, sur la baie vitrée, en mode, il y a quelqu'un, il y a quelqu'un, il y a quelqu'un, qui c'est, qui c'est ? Ils regardent. Et quand tu rentres dans l'orphelinat, ils se jettent sur toi, ils te montent dessus, ils t'attrapent, ils te disent « Ah, t'es belle, t'es belle » , ils te font des bisous, des câlins. Tout ça, ça a été trop dur. Vraiment très, très dur. Surtout de partir, en fait. Parce que je suis partie en me disant « Je les laisse là » . Et genre, je les laisse un peu dans la misère, quoi. Parce que t'en as beaucoup qui... Tu sens qu'il y a le manque d'amour. Tant les enfants de 4-5 ans, que les bébés qui sont dans le lit, qui pleurent pas. Franchement, pour des endroits où il y a autant de bébés, c'est silencieux. C'est un silence de mort, vraiment. Franchement, mes neveux et mes nièces, quand ils sont à la maison, ils font plus le bordel que l'orphelinat. C'est vraiment... Tu sens qu'ils n'attendent plus. Vraiment, c'est silencieux. De toute façon, ils pleurent, on ne les écoute pas. Donc, ils s'économisent et ils ne pleurent pas. Déjà, à l'époque, quand ma mère m'a adoptée, elle me disait qu'il y avait déjà un peu ce phénomène-là. On attend. que la vie passe, on ne sait pas. Donc, oui, c'est assez dur. Il y en a beaucoup qui se balancent, comme ça, comme ça.
- Speaker #0
Ça, c'est sensoriel. C'est pour combler le manque.
- Speaker #1
Et ils ont le manque au niveau du ventre. Et pour le combler, en fait, ils font ça toute la journée.
- Speaker #0
Et c'est le manque de câlins aussi. Et du coup,
- Speaker #1
ça a une sensation de toucher. Comme ça, ils comblent avec... Ils mangent les barodéli. C'est vraiment... C'est dur, quoi. C'est très, très dur.
- Speaker #0
Et en plus, ce qu'on ne dit pas aussi, c'est que tu disais que c'était un orphedina étatique. Donc, au-delà du manque émotionnel et physique et tactile, je pense qu'il y a un vrai manque aussi d'infrastructures et financières. Un manque financier, qui rajoute, l'un ne comble pas l'autre, mais ça aide si les infrastructures,
- Speaker #1
il y a de l'argent et qu'on peut avoir... Oui, Les orphelinats privés avec lesquels nous, on travaille, ils sont top. Tu vas là-bas, etc. Franchement, les chambres, elles sont colorées. C'est beau. Les enfants, tu sens que malgré tout, ils sortent. Quand même, il y a des matins où l'été, il fait tellement chaud que... les dames de l'orphelinat les amènent à la plage. Donc, ils ont un petit bus qui a été... Ça avait été un don. Donc, elles prennent 5-6 bébés et elles vont les baigner à la plage. Alors que, ouais, à la Manouba, c'est beaucoup plus dur. Et en fait, au-delà des dons, des gens, etc., et de l'État qui, je pense, se fait au mieux, mais il y a des problèmes tellement partout que, du coup, on ne peut pas être partout à la fois, c'est qu'en Tunisie, il y a un gros problème avec, je trouve, les enfants adoptés. Je trouve qu'il y a vraiment un... deux salles, deux ambiances, dans le sens où il y a des gens, des fois, qui me disent que les enfants abandonnés, on a notre place au paradis, que Dieu nous protège, on est éprouvés, etc. Et après, il y a un autre truc, c'est totalement l'inverse, où t'en as plein qui sont réticents à l'adoption. Je pense que c'est beaucoup lié à la religion, je sais pas trop, moi je m'y connais pas forcément non plus de fou, mais je sais que il y a un truc où en Tunisie, c'est « Welde el haram » , tu vois, on est les enfants du haram. Parce que Euh... on nous cache. Tu vois, c'est un peu caché, c'est dur mariage, mais il n'y a pas que dur mariage, en fait. Et ça, du coup, c'est un problème, je trouve, qui n'a pas du tout évolué. avec le Covid encore pire. Mais au-delà de parler du fait qu'il y a du hors-mariage, il y a aussi une réalité, c'est qu'il y a des viols. Il n'y a pas d'éducation sur la sexualité en Tunisie, donc les gens ne savent pas comment faire des enfants. Moi, j'ai rencontré des mères qui ont abandonné leur enfant. Elles ne savaient pas comment faire des enfants. Elles ont eu une fois une relation, elles sont tombées enceintes, ou plusieurs, mais elles sont tombées enceintes, mais elles ne savent pas en fait. Donc tu fais des dénis de grossesse, etc. Et ça, en fait, il y a trop un problème en Tunisie, je trouve. Et par rapport aux enfants, du coup, pour en revenir aux enfants, il y a un truc de, quand les gens savent l'association, etc., il y en a beaucoup qui veulent donner, etc., parce que c'est bon dans ta religion de pouvoir faire des actions comme ça. Mais il y en a beaucoup adoptés, non, pas trop.
- Speaker #0
Et du coup, le taux, je ne sais pas si tu as connaissance de ce côté-là, le taux d'adoption en Tunisie ou à l'orphelinat de la Manouba, est-ce qu'il est très bas ? Est-ce qu'il est élevé ? Je ne sais pas s'il y a une moyenne. Tu vois ce que je veux dire par rapport à ce que tu disais ? Je trouvais ça intéressant de savoir.
- Speaker #1
Oui, il faut savoir qu'en Tunisie, par an, il y a environ 2000 bébés qui sont abandonnés. Avec le Covid, je pense que c'est fois 1000. Ça a encore explosé. Le nombre d'adoptions, là, je sais que ces dernières années, comme il y a eu beaucoup de trucs pas clairs, ils ont vraiment levé le pied sur les adoptions. Parce que c'est pas vraiment des dossiers qui sont suivis, etc. Il y a eu... Là, il y a eu l'aérophondutrie dans les dossiers, donc c'est de plus en plus dur de pouvoir adopter. Les règles ne sont plus les mêmes qu'avant. Moi, à mon époque, quand mes parents m'ont adoptée, il n'y avait pas forcément de critères pour pouvoir adopter. Tu pouvais être espagnol, adopter, le bébé, tu le prenais, tu partais en Espagne et il n'était jamais reconnu comme enfant ici, enfin né en Tunisie ou autre. Alors qu'aujourd'hui, il faut qu'il y ait un des deux parents qui ait la nationalité tunisienne. C'est bien, je trouve, parce que du coup, tu gardes un petit peu tes racines. Et ensuite, tu dois être pour l'un des deux musulmans. Les femmes, elles peuvent adopter jusqu'à 45 ans. Les hommes jusqu'à 50 ou 55 ans. Et ensuite, l'autre particularité, les femmes peuvent adopter seules si elles sont veuves ou divorcées.
- Speaker #0
Pas célibataire ?
- Speaker #1
Non, pas célibataire. Moi, par exemple, là, je ne pourrais pas. Je voudrais d'abord que je me marie, que je divorce, s'il n'est pas d'accord pour adopter. Et ensuite, là, je peux adopter seule. Mais du coup, c'est génial de pouvoir adopter seule quand même. Parce qu'il y a plein de pays où tu ne peux pas adopter en tant que femme. Là, tu peux. Donc ça, c'est vraiment un truc cool aussi. En Tunisie, est-ce qu'on parle des trucs pas cool ? C'est aussi quand même bien.
- Speaker #0
Mais c'est intéressant, tu ne peux pas adopter en étant célibataire. C'est soit marié et l'opportunité de faire un enfant dans le cadre du mariage. C'est peut-être ça ?
- Speaker #1
Franchement, je ne sais pas du tout. Après, en fait, ça dépend aussi des juges devant lesquels tu vas passer. Parce que tu en as qui vont considérer que pour un rien, ils peuvent t'embêter. Tu sais, commencer, c'est un petit peu à la tête du client. Donc, ça dépend vraiment de la personne que tu vas avoir en face de toi. Je pense que si tu as de la chance, si tu n'as pas de chance, ça peut aller très vite, ça ne peut aller pas du tout vite.
- Speaker #0
Et du coup, suite à ce voyage, ce premier voyage et ce retour aux sources, c'est là que tu as décidé de créer l'association ?
- Speaker #1
Exactement. C'est là que j'ai décidé de créer mon asso. On avait fait une cagnotte sur mes réseaux sociaux, mais uniquement perso. Donc c'était que des gens qui me connaissaient, ma famille et tout, qui m'avaient, qui m'ont donné de l'argent. Et je me suis dit, chaque année, les gens ne vont pas me donner. Une fois de temps en temps comme ça, ça ne sert à rien. Donc du coup, j'aimerais créer mon asso. Donc j'ai créé mon asso l'année d'après.
- Speaker #0
Tu peux nous la présenter ?
- Speaker #1
Oui, c'est un petit coup de pouce pour vos coups d'espoir. Et espoir avec un S. Après aussi, pourquoi espoir ? Parce que Amel, ça veut dire espoir. Et du coup, je considère que c'est tous des petits Amel, tu vois. Du coup, c'est tous des petits frères, des petites sœurs que j'ai envie d'aider, de mettre en valeur, parler pour eux, porter leur voix, etc. Et du coup, au début, on a commencé à travailler qu'avec mon orphelinat à la Manouba. Et je ne demandais pas d'argent parce que je ne me sentais pas forcément légitime. Il fallait que pour moi, j'ai fait des actions avant et des choses pour pouvoir demander de l'argent. On n'avait même pas de compte en banque à l'époque. Et avec Oumaya, une de mes meilleures amies, qui était la vice-présidente de l'ASSO, on a fait pendant quasiment, je pense, un an, le tour de chez les gens à Paris. et on récoltait des habits. Des habits, du matériel. Au début, on stockait tout ça chez moi, dans mon salon. En plus, j'étais en coloc. Mes colocs, à chaque fois, elles pétaient les plombs. À la fin, je n'avais plus de salon. Il y avait des fois sur le canapé et tout. C'était vraiment... Il y en avait de partout. Et après, on a trouvé un local pour pouvoir stocker tout ça dans l'ami qui nous a... Son père avait une grande cave, donc il nous a prêté ça. Et après ça, en fait, une fois, on a été chez des gens. Et en fait, en partant, elle nous a donné 20 euros. Et moi, j'étais mal à l'aise parce que je n'ai pas de compte en manque. Je ne sais pas quoi en faire de ces 20 euros. Et elle nous a dit, on lui a expliqué, on vous fait confiance. On voit comment vous communiquez sur les réseaux. Donc, on vous fait confiance. Et c'est là qu'en fait, je me suis dit, pourquoi pas faire d'autres choses ? C'est vrai, on ne va pas faire des récoltes de fringues. que ça en fait. Et du coup, on s'est rapprochés de structures privées pour le coup. Donc, la Voix de l'Enfant, Annabelle, Bizerte et Quérouan. On travaille avec ces trois structures-là. Là, c'est que des bébés dans ces structures-là. À part Annabelle où il y a les grands, mais eux, ils ont juste un soutien scolaire, soutien psychologique, etc. Donc, ils ont des parrains et des marraines et c'est avec eux qu'on a commencé à mettre en place le parrainage. Donc maintenant, depuis 2020, on fait du parrainage Annabelle et on a des enfants qui se font parrainer des fois deux fois. Donc, c'est vraiment cool.
- Speaker #0
Tu peux nous parler, c'est quoi le parrainage exactement ? En quoi ça consiste ?
- Speaker #1
Le parrainage, en fait, tous les mois, les parrains reçoivent des nouvelles des petits. Donc, Salwa, la directrice de l'orphelinat, envoie des photos. Elle explique un petit peu ce qui s'est passé pendant le mois. Elle envoie des fois des photos des notes scolaires ou ce genre de choses. Et en contrepartie, les parrains ou les marraines donnent une somme à l'association. Elles pourraient directement faire le virement à l'association en Tunisie. Mais le truc, c'est qu'il y a des frais. Donc, en fait, nous, on envoie tout un package. On envoie tout direct et on prend en charge les frais, nous, directement du virement. Parce que sinon, tu fais 50 euros, mais en fait, tu as encore 20 ou 30 euros derrière qui sont prélevés.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un montant fixe pour parrainer un enfant ?
- Speaker #1
Oui, c'est 25 euros par mois. Après, il y a des gens qui peuvent donner moins s'ils ont moins. Il y a des gens qui peuvent donner plus. Il y a des gens qui nous donnent sur l'année, qui nous donnent un an complet. Et nous, on répartit tous les mois. Vraiment, on s'arrange en fonction. Sur ça, on est flexibles. Et après, les parents et marraines peuvent aller voir les enfants chaque été. Généralement, les parents vont en Tunisie parce qu'ils vont passer les vacances là-bas. Et ils vont à l'orphelinat pour voir les bébés. Alors après, les bébés, souvent, ils sont adoptés. Parce que dans ces structures-là, les bébés, ils ne peuvent rester que jusqu'à deux ans. Généralement, ils ne restent pas longtemps dans l'orphelinat. Et s'ils ne sont pas adoptés avant leurs deux ans, ils partent à la manouva. Parce qu'ils ne sont pas habilités à les garder plus. Et après, c'est avec les grands qu'on fait les sorties.
- Speaker #0
C'est un voyage l'été, un petit séjour l'été.
- Speaker #1
Un petit séjour l'été, exactement. Depuis maintenant, ça fait 5 ans, 4 ou 5 ans, que chaque année, on les amène dans des hôtels ou dans des maisons d'hôtes. Et on passe généralement une ou deux nuits. Et on fait piscine, plage, on va découvrir la ville, s'il fait bon. On les amène sur des spots. Et donc, chaque année, on revoit les mêmes enfants. Donc, ça a créé du lien. C'est un petit peu comme une colo.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
et puis ça les change des sorties. Exactement. Exactement, avoir un peu 24-48 heures de vacances.
- Speaker #0
Écoute, c'est l'occasion, là, c'est l'été. Je pense qu'il y a beaucoup de personnes d'origine tunisienne ou autres qui veulent peut-être donner. Du coup, c'est assez simple. Comment on fait pour parrainer ? Alors,
- Speaker #1
soit on peut nous contacter sur Instagram. Et dans la bio, on a le site de l'association sur lequel les gens peuvent faire un don ou une zaquette. Ou alors, ils nous envoient un message sur Instagram et nous, on leur envoie le RIB de l'association. Parce qu'en fait, sur le site, le Stripe prend des frais. Donc, généralement, ce n'est pas énorme. Mais c'est vrai que des fois, il y a quand même un ou deux euros. Et du coup,
- Speaker #0
si quelqu'un s'apparenne aujourd'hui, s'il part cet été en Tunisie,
- Speaker #1
il peut aller voir les enfants. Exactement.
- Speaker #0
Une question un peu bête. Est-ce que ce n'est pas dur, entre guillemets, pour les enfants de voir ces personnes de manière temporaire et presque de créer un espoir ? Et ils peuvent se dire, j'ai cette image dont on parlait au début, les mains à la vitre.
- Speaker #1
Les bébés, généralement, ils ne sont pas forcément conscients de ça. Dans ces structures-là, les enfants, ils vont jusqu'à deux ans, par exemple, à Nabel. Du coup, il n'y a pas encore ce truc de... Il n'y a pas quatre, cinq ans, six ans où tu viens, tu pars et tu as fait ton truc de l'été. Pas du tout. Par contre, après, pour les grands, donc eux, c'est ceux avec lesquels on part. Eux, en fait, ils ont été récupérés par leur famille biologique. Donc, en fait, c'est à un moment donné ou à un autre dans leur enfance, ils ont été placés à Nabel. Ou alors, ils ont des gros problèmes d'argent où il n'y a pas forcément le papa qui est en prison ou n'importe. Et donc, l'orphelinat intervient pour leur faire un soutien scolaire, pour les aider sur les médecins si jamais il y a besoin.
- Speaker #0
Donc, c'est temporaire, tu veux dire ? C'est un passage temporaire ?
- Speaker #1
Oui, en fait, eux, le soir, ils rentrent chez eux. Ils vont à Nabel parce que là-bas, chaque jour, il y a le soutien scolaire avec une école, comme une école. C'est Faten qui est la directrice de l'école, qui, elle, s'occupe des enfants, que le suivi. à l'école soient bons, qu'ils aient des bonnes notes, etc. Et après, ils rentrent chez eux. Et puis pareil, ils mangent. Le midi, ils ont le goûter. Quand ils arrivent le matin, ils ont le petit déjeuner. Il y en a qui ne mangent pas chez eux. Donc du coup, au moins, ils mangent quand ils vont à Nabel. Et il y a un bus avec Omar, c'est le chauffeur de bus, qui les récupère soit devant l'école, soit devant chez eux. Et le soir, qu'il les redépose. Et les enfants de la Manoba,
- Speaker #0
que tu en as en vacances et que tu vas voir cet été, pour le coup ? Eux, est-ce qu'on peut aussi les parrainer ou faire des dons ? Non,
- Speaker #1
et on ne peut même pas aller les voir. Parce qu'en fait, c'est leur finalitatique. Donc, ce n'est pas un endroit...
- Speaker #0
Ils ne recueillent même pas des dons. Alors, si,
- Speaker #1
ils peuvent recueillir des dons, mais en fait, on les dépose. à l'association des Amis d'INPE. Et c'est eux qui gèrent. Vraiment, après les visites, moi, maintenant que j'ai mon association et comme j'ai une histoire avec l'orphelinat, j'ai mon badge et j'y vais. Et donc, les gens qui sont avec moi peuvent venir. Non, ils n'ouvrent pas. Parce que justement, pour ne pas qu'il y ait ce truc où on vient pour déposer, faire une bonne action et repartir. Justement, pour ne pas que l'enfant s'attache. En fait, il faut que les gens, quand ils y vont, les enfants, on revoit souvent ces gens-là.
- Speaker #0
et le fait d'y être retourné en ayant cette histoire qui part de là qui commence là, comment ils réagissent ces enfants, ça doit être hyper inspirant quand ils ont su j'imagine que tu as partagé ton histoire avec certains enfants qui sont plus ou moins grands je pense que non,
- Speaker #1
je pense qu'il y en a qui ne savent même pas et il y en a qui savent ? tu vois tu me poses la question, je n'ai jamais parlé de c'est vrai,
- Speaker #0
je pensais que c'était presque la première fois, je viens d'ici comme vous Allez,
- Speaker #1
tout. Même les aides maternelles dans les structures et tout. Alors, à l'association des Amélie NPE, ils le savent. Parce qu'il y en a certaines qui m'ont connue. Et donc, elles, elles ont l'histoire. Mais même les dames qui s'occupent des bébés, je pense qu'elles ne le savent même pas. Et après, à Annabel, elles le savent. Salwa, elle le sait. Faten, elle le sait, etc. Même parce qu'elles, on part ensemble chaque année, etc. Chaque mois, on se parle par rapport au parrainage, etc. Donc, oui. Mais après, c'est vrai que même les enfants avec qui on part et qui on passe deux, trois jours, non.
- Speaker #0
Mais je pensais que tu étais un beau modèle, un beau rôle modèle, de se dire, tu vois ce que je veux dire ? Je suis partie de là et j'ai réussi ma vie. En vrai,
- Speaker #1
tu vois, j'ai même jamais pensé à... C'est fou. Peut-être qu'elles, elles ont dû le dire à certains, mais moi, j'ai vraiment jamais, jamais, jamais évoqué ça avec aucun d'entre eux.
- Speaker #0
Parce qu'on parle d'espoir, cette demande de ton assaut aussi, aimer, tout ça. Et j'imagine que l'une des choses qu'on veut leur transmettre, c'est l'espoir. C'est que c'est des moments durs.
- Speaker #1
Mais du coup, ça, en fait, franchement, je suis... Tu vois, dans les moments que je passe avec eux, les jeux qu'on fait, les moments qu'on a où on est à la piscine, où on mange ensemble, on a un truc, on a créé un lien où je suis un peu comme une grande soeur. Mais c'est vrai que j'ai jamais... Déjà, après, j'ai un peu la barrière de la langue. Donc, du coup, eux, ils essayent de m'apprendre des mots. Moi, je leur apprends des mots. Eux, ils se moquent de moi. Moi, je me moque d'eux. Il y a vraiment un truc comme ça. Il n'y a pas un truc de... Ouais, vraiment, vraiment pas du tout. Après, il y en a quelques-uns que j'ai sur Insta.
- Speaker #0
Parce que ça va jusqu'à quel âge ?
- Speaker #1
Dans la structure de la Manouba, là, pour le coup, les enfants, ils ont beaucoup de traumas, etc. Donc, c'est vrai que quand j'y vais, je passe du temps avec les bébés, les grands qui ont jusqu'à 4-5 ans, donc on joue avec eux, etc. Mais t'en as, ils peuvent avoir 15-16 ans. Il y a beaucoup d'enfants handicapés. Beaucoup, beaucoup, beaucoup d'enfants handicapés.
- Speaker #0
Ils ont été ados. qui ont été abandonnées.
- Speaker #1
En fait, les gens ne veulent pas forcément les adopter. Il y a beaucoup d'enfants. En fait, il y a un truc aussi où si la mère biologique n'a pas dit qu'elle t'abandonnait, il y a une enquête qui est faite pour la retrouver, pour savoir et être sûre que tu es bien abandonnée. Et donc, du coup, tu restes jusqu'à ce qu'on décide que... Sauf que du coup, les procédures prennent du temps, donc l'enfant grandit. Il y a plein de gens qui ne veulent pas adopter un enfant après deux ou trois ans parce qu'ils considèrent qu'ils veulent... ou poney, bébé, etc. Donc ça, c'est un peu dur aussi, je trouve. Moi, si j'adopte, je vais adopter, je m'en fiche, quoi. Je veux juste donner de l'amour, sauver un enfant et lui donner la chance de faire des choses. Alors peut-être qu'à 5 ans, il y aura la barrière de la langue, mais en vrai, ils apprennent vite.
- Speaker #0
Ils apprennent super vite. En quelques mois,
- Speaker #1
il n'y a plus de barrière de la langue.
- Speaker #0
C'est intéressant, tu parlais de la barrière de la langue. Tu as grandi quand même en Tunisie jusqu'à tes 7 ans. Tu vois, à la maison, on parlait français.
- Speaker #1
Ouais, ma mère nous parlait français, mon père nous parle le tundien quand il nous disputait. Après, lui, dans sa vie de tous les jours, il parle le tundien, donc nous, on l'a toujours entendu. Il parle aussi l'arabe littéraire, donc aussi beaucoup entendu dans le business, etc. Il parlait comme ça, en arabe littéraire. Après, quand j'étais petite, je parlais beaucoup mieux que maintenant. Tu parlais vraiment beaucoup mieux. Je comprenais très bien. Et en fait, en grandissant, c'est vraiment à partir de mes 18 ans où j'ai arrêté d'y aller 5 fois par an. Parce qu'il y a eu les études, il fallait se focus sur autre chose. J'ai appris l'anglais, j'ai appris l'espagnol parce que je faisais du tourisme. Donc, il fallait parler d'autres langues. Et j'y allais moins. Et donc, du coup, j'ai perdu totalement. Donc là, vraiment, avec l'orphelinat, avec les enfants, quand j'y vais, je reprends à peu près vite, dans la compréhension surtout. Mais je leur réponds souvent en français. Sur ça, j'ai un peu perdu confiance de parler facilement, etc. C'est plus pareil.
- Speaker #0
Non, je comprends. Après, de toute façon, avec un enfant, on trouve toujours un moyen de communiquer. Et puis, tu le comprends, j'ai même les mêmes termes.
- Speaker #1
Franchement, avec eux, c'est au-delà de la parole. C'est vraiment dans juste le fait que pour eux, on soit là chaque année, qu'ils nous revoient, qu'on passe du temps avec eux, que tu vois, en fait, moi, il n'y a pas un été où je... Chaque année, mes parents me disent « Bon Amel, cette année, c'est bon, tu viens en vacances, on va pouvoir te voir, etc. » Et là, cette année, je leur ai dit « Oui, oui, là, il faut que je me repose, je suis tellement fatiguée, le travail, etc. » Et en fait, généralement, j'arrive en avril et je me dis « Non, je ne peux pas faire de séjour. » Et je me dis « Ce n'est pas grave, je vais me débrouiller, je vais faire un séjour, j'envoie un message à Salwa. » « Oui, cette année, on peut faire ça, sur quelle date ? » Et du coup, elle me dit « Ok, on fait ça sur telle et telle date, je boucle un hôtel et au moins, je sais que c'est bon. » Et après, je me débrouille pour trouver de l'argent. Généralement, j'essaie de faire des événements. J'essaie de faire des plateaux de stand-up parce que ça, souvent, ça ramène du monde. Il y a mes... À Paris. Oui. Le dernier événement qu'on a fait, on l'a fait dans un théâtre. Là, pas loin, côté des Folies Bergères, à la scène parisienne. Et l'événement qu'on avait fait avant, on l'avait fait sur les quais, sur une péniche. On avait fait deux plateaux de stand-up. Et Lume Cantine, je ne sais pas si tu connais Lume Cantine. Et bien, Salem et Momo, c'est vraiment des amis. À chaque fois, ils me suivent dans mes idées. Et du coup, maintenant, carrément, on a créé un truc. Il n'y a pas un truc de l'assaut sans Lyon Cantine. Et du coup, généralement, ils viennent, ils font des stands de fricassés, ils mettent l'ambiance, etc. On met quelqu'un qui fait de la musique. J'ai envie de des marques tunisiennes à venir vendre. Elles reversent un pourcentage de leurs recettes à l'assaut. Donc, il y a Maison de Santeur qui vient chaque année, à chaque fois. tu vois on a des photos on a un parrain qui s'appelle Rafet il parraine depuis le début lui il fait des super belles photos donc il a généralement un stand de photos et après il va en Tunisie il va voir le petit avec qui parraine tu vois enfin vraiment on a vraiment essayé de créer un tu vois un truc un peu familial où tout le monde se connait etc et du coup tu parlais de stand-up
- Speaker #0
Parce qu'au-delà de l'association, il y a aussi ML en tant que femme et ta personne. Est-ce que tu fais day-to-day ? Tu es aussi comédienne ? Tu fais aussi de la production ?
- Speaker #1
Je suis directrice artistique d'un comédie-club. Le job, d'ailleurs, il faudra que tu viennes. La prochaine fois que tu viennes à parler, il faudra que tu viennes. D'ailleurs, le patron, il est tunisien. Soit que c'est comme mon père. Donc vraiment, on est... Coïncidence. Que les Tunisiens, quoi. On s'entoure bien, tu vois. Et donc, du coup, je travaille dans un comédie club. Il est dans le marais, le joke. Je fais de la programmation, la DA artistique, les univers des artistes, créer des plateaux qui sont homogènes avec des univers différents. Si les artistes ont des questions à me poser, ils me posent une question par rapport à un passage, je leur réponds. Ça, c'est vraiment sur la partie professionnelle. Et ensuite, sur la partie plus perso, je suis comédienne. J'ai fait 12 ans de théâtre. Quand je suis arrivée en France, du coup, j'ai commencé à mes 8 ans. Et en fait, j'étais hyper nulle à l'école. J'aimais pas ça, genre, j'arrivais pas à tenir en place sur la chaise, etc. Enfin, moi, pour me captiver, il en fallait, quoi. Du coup, les cours, pas du tout captivants. À part l'art plastique, la musique, même le sport, genre, j'aimais pas trop. Enfin, les maths, catastrophique. Le français, horrible. L'histoire géo, je t'en parle même pas. À part certaines périodes qui m'ont un peu plus intéressée que d'autres. Horrible. Donc je faisais du théâtre et j'ai fait aussi beaucoup de danse. Et le théâtre, vraiment, c'est des passions. Et ma mère, d'ailleurs, quand j'étais petite, elle pétait un peu des câbles parce que je n'arrivais pas à prendre mes tables de multiplication. Mais du coup, je pouvais te dire, elle pouvait me dire deux fois deux, je pouvais te dire huit, tu vois. Parce que franchement, ça ne m'intéressait pas. Et quand j'ai commencé à faire du théâtre et qu'elle a vu que j'apprenais des pièces d'une heure et demie par cœur et que j'apprenais les rôles de mes collègues et que je pouvais faire mon rôle et celui d'en face, elle m'attrapait dans une pièce. et elle m'a dit maintenant on va parler maintenant on va parler parce que là elle s'est rendue compte c'était pas un problème de mémoire, la mémoire elle marchait très bien, c'était juste une sélection je sélectionnais sur quoi je voulais bien travailler mettre ton énergie exactement et du coup dans le théâtre à fond, à fond, à fond, après j'ai fait le conservatoire de Cannes, après les études font que j'étais aussi vachement passionnée par tout ce qui était événementiel tourisme et tout donc de... Du coup, tu as fait quoi comme études ? J'ai fait la fac pendant deux ans. J'ai fait sciences de l'information et de la communication. J'avais tout sauf de la science et de la communication. Sciences de l'information et de la communication, j'avais tout sauf ça. J'avais que des matières d'art. Art moderne, contemporain, modernité. J'avais que des trucs horribles, en fait.
- Speaker #0
Et à quoi elle rêvait, la petite Emel ? À moi,
- Speaker #1
de faire du cinéma. Moi, c'était vraiment d'être actrice. Même pas être comédienne de pièces de théâtre. Ça, j'ai beaucoup aimé monter sur scène, etc. Mais moi, c'était de faire du cinéma. Parce qu'en fait, pour moi, je me lasse hyper vite.
- Speaker #0
que ce soit dans les jobs, que ce soit en tout, j'ai besoin d'être tout le temps stimulée. C'est pour ça que le stand-up, ça me stimule, parce qu'en fait, c'est toujours des artistes différents, des univers différents. Tu vois, il y a du choix, ça rentre, ça part, ça évolue, etc. Et en fait, pour moi, le métier d'actrice, c'est un peu un métier où un jour, tu as le rôle d'un médecin. Et ça, c'est génial, parce que tu apprends tout un vocabulaire, tu apprends une manière de... Oui, exactement, de te tenir, de parler, etc. que le lendemain, tu vas avoir un rôle de femme au foyer ou de femme battue ou de prostituée, de n'importe quoi, en fait. Et ça, c'est trop, trop, trop passionnant. Et j'ai trop envie de... Parce que tant que tu peux jouer sur du drame, que tu peux jouer sur un rôle où tu es un peu de bête, ou n'importe quoi. Et ça, c'est ce que j'ai grave envie de faire.
- Speaker #1
Et du coup, tu fais des castings ?
- Speaker #0
J'avoue que là, moins. Beaucoup moins. Même en vrai, pas tant que ça. Parce que sur Paris, c'est très bouché. Tu ne sais jamais... vers qui te tourner, comment faire, etc. J'ai fait une école. Je ne citerai pas le nom parce que c'était catastrophique. Vraiment catastrophique.
- Speaker #1
En termes de formation ?
- Speaker #0
Même pas en termes de formation, vraiment, c'est en termes de management. On casse. Moi, il y avait des choses que je n'acceptais pas forcément de faire, c'est-à-dire des bisous. En fait, si tu avais un rôle avec un homme, il fallait forcément qu'il y ait du tactile. Moi, j'étais là, mais en fait, on apprendait. trucs, on n'est pas obligé de forcément rentrer dans du tactile et tout. D'ailleurs, ma prof, une fois, il y a un jeune qui voulait faire une pièce avec moi, un passage avec moi, et elle lui a dit, mais non, tu ne peux pas faire cette scène avec Amel. Et il lui a dit, pourquoi ? Parce que c'est très bien, Amel, elle n'accepte pas qu'on la touche. Pour te dire à quel point c'est... La scène ne nécessitait absolument pas que ça soit tactile ou que... Donc du coup, je me suis vachement protégée quand j'ai fait cette école-là. J'allais au cours. De temps en temps, parce que tu payais 400 euros par mois. Et si tu voulais arrêter, ils t'encaissaient tes chèques de caution. Non, mais bandit. D'ailleurs, il y a eu un article dans Mediapart qui est sorti sur la façon de manager. Parce que tu as des élèves qui sont partis en burn-out, clairement. Parce que tu rêves de ça et en fait, on t'agresse continuellement. Alors moi, j'ai un fort caractère, donc j'ai eu de la chance. C'est caché que... Il a fallu rentrer un peu en clash avec ma prof. Je rentrais en clash, il n'y avait pas de souci. Je ne me donnais pas ce que j'avais, en fait. J'étais vachement pudique. Je ne voulais pas lui donner mes traumas, mon histoire, pour que justement, elle n'aille pas chercher mes traumas pour pouvoir les travailler sur sa mémoire.
- Speaker #1
Bien sûr. Tu me racontais, tu me disais, c'était au Calfondia, que tu as retrouvé ta famille biologique.
- Speaker #0
Alors oui, j'ai retrouvé ma famille biologique. C'était en décembre 2024. c'est un monsieur qui a un peu la même histoire que moi, lui il a appris qu'il avait été adopté quand il avait 40 ans,
- Speaker #1
il a eu une quarantaine d'années il a retrouvé sa famille très tard il s'est donné tous les moyens pour la retrouver et donc en fait il m'a aidée parce que toi tu l'as dit tout à l'heure mais t'as toujours voulu connaître ta famille moi en fait c'est même pas que je voulais la connaître,
- Speaker #0
en fait je voulais juste retrouver ma mère biologique pour juste savoir pourquoi, qui elle était et juste lui dire merci aussi Parce que quand j'étais jeune, j'avais grave la haine contre elles. Parce que je ne comprenais pas comment on pouvait adopter un enfant, abandonner un enfant, etc. J'allais à l'orphelinat, après en grandissant, j'avais encore plus ça, haine. Parce que je me disais, comment on peut faire ça, un enfant ? Ils n'ont rien demandé. En plus, je ne parlais même pas forcément de moi, mais quand je les voyais, eux, dans leur berceau, pour moi, c'était juste inhumain.
- Speaker #1
Ça te renvoyait aussi à ton histoire.
- Speaker #0
Ils sont livrés à eux-mêmes, en fait. Alors que c'est un moment où ils sont vulnérables. Et là, les laisser comme ça pendant des heures. Normalement, à ce moment-là, tu dois leur donner tout l'amour. Ils doivent sentir qu'ils sont protégés, juste pour se construire correctement. Donc pour moi, c'était... Et en fait, après, avec mon association, j'ai rencontré des mères qui m'ont abandonné leurs enfants. J'ai eu des discussions avec elles et j'ai eu leur point de vue. Et j'ai compris qu'en fait, la vie, c'est pas tout beau, tout rose. Donc c'est pas parce que moi, aujourd'hui, si demain je tombais enceinte, j'allais le garder, que c'était comme ça pour tout le monde. Et donc, ça m'a grave adouci d'échanger avec elle. D'ailleurs, j'ai gardé contact avec elle. On s'est encore sur Facebook et tout. Et il y en a une d'ailleurs qui a récupéré son petit. Elle ne l'avait laissé que quelques mois, le temps de trouver un travail, etc. Parce qu'en fait, ça, c'est une réalité. Il y en a qui n'ont pas de job. La famille te tourne le dos du jour au lendemain. Tu te retrouves avec un enfant. En vrai, l'abandonner, c'est peut-être même une preuve d'amour. Donc, je me suis mise un petit peu plus à réfléchir, à être moins bornée et têtue par rapport à... Et donc, à m'adoucir par rapport à elle et à me dire que j'allais la remercier parce qu'en fait, aujourd'hui, je ne pouvais pas faire mieux que ça, en fait. Vraiment, genre. Et maintenant que je les ai rencontrées, elles ne pouvaient vraiment pas faire mieux que ça, quoi. Parce que je n'aurais pas eu du tout cette vie-là. Et d'ailleurs, j'ai eu des angoisses pendant bien un mois et demi.
- Speaker #1
que tu allais les rencontrer.
- Speaker #0
Oui, que j'allais les rencontrer. Moi, je pensais, franchement, je pensais que je suis grave dans l'empathie, je suis quelqu'un de très sensible, rien ne peut me faire pleurer. Des fois, je me dis qu'il faudrait que je le sois moins parce que c'est terrible, en fait. Du coup, tout t'atteint pour rien, jette trop les gens et tout, alors que des fois, ils ne méritent pas forcément, etc. Et quand je l'ai su, j'ai eu une réaction, je ne me suis pas reconnue, je me suis fermée comme une huître, en fait. Et j'ai nié tout en bloc. Et je pensais vraiment que je réagirais d'une façon... Attends,
- Speaker #1
quand tu dis... Là, c'était avant la rencontre ?
- Speaker #0
Ouais. Quand j'ai su qu'on les avait retrouvés. En plus, j'ai pas retrouvé que ma mère biologique, j'ai retrouvé le père biologique aussi. Il y avait des frères et sœurs biologiques. Il y avait toute une famille.
- Speaker #1
Ils étaient tous ensemble ?
- Speaker #0
Tous ensemble. Alors, les deux ont divorcé il y a quelques années, mais ouais, ils vivent pas très loin l'un de l'autre. Et il y a un petit frère aussi, j'ai un petit frère biologique qui a 14 ans. Je pensais vraiment que tout de suite, je prendrais un avion, que je partirais en Tunisie. Je voudrais aller les voir, que je ferais les tests ADN, parce que pour moi, c'était très important de les retrouver, mais de faire le test ADN pour être sûre. Et je ne l'ai toujours pas fait, le test ADN. Déjà parce que ça coûte cher et que je me dis, et si là, j'apprends qu'ils m'ont menti, si j'apprends que ce n'est pas elle, etc. Est-ce que ça va changer un truc ? Est-ce que je vais me remettre autant à retrouver la vraie ? Non. Je pensais que ça compléterait un truc chez moi et ça n'a rien complété du tout.
- Speaker #1
Et le moment, la rencontre ?
- Speaker #0
La rencontre... J'étais un peu stressée. Alors, j'avais eu des photos d'eux, etc. Moi, je leur en avais envoyé de moi aussi. Je ne voulais pas les avoir au téléphone avant, ni parler par FaceTime, rien du tout. Par contre, j'avais parlé avec une de mes sœurs biologiques qui est mariée avec un franco-tundien qui a 25 ans de plus qu'elle. Donc, un peu horrible parce que c'est un peu mariage forcé. Et du coup, je me dis, moi, avec le trait de caractère que j'ai et tout, j'aurais été dans une famille où t'es pas accomplie, en fait. Et d'ailleurs, elle me l'a dit elle-même. D'à l'aile, elle m'a dit, même si c'est dur, parce qu'en fait, les filles n'étaient pas au courant. qu'ils avaient abandonné un bébé.
- Speaker #1
Nadelle, c'est la sœur ?
- Speaker #0
C'est une sœur biologique. Quand ils ont su qu'on m'avait retrouvée, que j'étais encore en vie, parce qu'apparemment, on leur a dit que j'étais décédée. Mais bon, après ça, c'est encore... Je ne saurais jamais si c'est vrai, si c'est faux, etc. Et bien, ils ont tout de suite dit aux enfants qu'ils avaient abandonné un enfant à l'époque. Et ils ne disent même pas abandonner. Eux, ils disent, on t'a laissé à l'hôpital le temps de trouver une situation. Mon père biologique, lui, était apparemment en prison parce qu'il faisait des rafles. par rapport au service militaire. Ils racontent une histoire un peu tirée d'un film romantique, d'amour. Eux, c'était le premier amour, soi-disant, etc. Après, quand tu parles un peu plus avec eux, que tu rentres dans le détail, là, t'apprends que c'est un peu plus sombre que ça. Donc peut-être, en fait, on t'a vendu qu'ils t'ont cherché, qu'on leur a dit que t'étais décédée et tout, mais en fait, j'aurais jamais la vérité, tu vois. Et donc, du coup, le fait que je l'ai pas, j'ai pas forcément envie de garder plus de lien avec eux. Et quand je les ai vus, J'étais un peu stressée. J'y suis allée avec une de mes sœurs et ma meilleure amie. Et puis eux, ils se sont un peu effondrés. Ils ont passé leur temps à s'excuser. Du coup, très taxiles. Donc moi, j'étais comme ça. J'étais pas très à l'aise, en fait, parce que je voulais juste avoir des réponses. Et eux, en fait, ils s'attendaient à avoir... Ils ont retrouvé une enfant, en fait. Moi, j'étais là, mais en fait, j'ai une famille. J'ai des parents qui m'aiment. D'ailleurs, ma sœur a dû leur dire parce que pour eux, je redevenais leur enfant. Donc, voilà, c'est pas du tout la même culture. En plus, il y a la barrière de la langue. Alors, ma meilleure amie et ma sœur parlent bien. Donc, du coup, c'est elle qui parlait un peu pour moi. Je pense pas forcément qu'on... Peut-être que ma mère biologique, j'aimerais la revoir parce qu'elle, je l'ai sentie sincère. Lui, pas du tout. Lui, je pense même pas que ça soit vraiment mon père biologique. Je pense plus que c'est un imposteur. bizarre. Il a demandé à ce que je change de nom de famille. Après, il a demandé à ce que je fasse des tests ADN avec lui. Alors que... Enfin, en fait, j'ai eu l'impression vraiment qu'il y avait de l'intérêt et pas réellement un truc... Et moi, c'est pas intérêt. J'ai ma famille déjà à qui je veux donner beaucoup et à qui je dois déjà donner beaucoup. C'est pas pour donner à d'autres gens que je connais pas forcément.
- Speaker #1
T'es contente d'avoir fait ce process du coup ?
- Speaker #0
Ouais, franchement, je suis contente. Je suis contente parce que... Je me suis vraiment rendue compte qu'au final, il n'y avait pas besoin d'aller jusqu'à les retrouver. J'étais quand même Amel, la fille de mon père et de ma mère, la sœur de mes frères et mes sœurs. Et qu'en fait, si aujourd'hui, je suis comme ça, c'est grâce à ma famille adoptive. Je pensais que j'aurais des traits de caractère avec ma mère biologique, rien à voir, même physique. C'est ça qui m'a le plus déçue. Je pense que ce qui m'a vraiment le plus déçue, c'est le fait que physiquement, on ne se ressent pas. Alors que moi, de base, je voulais... Je ressemble à quelqu'un.
- Speaker #1
En fait, là, je ne ressemble à personne.
- Speaker #0
Je ressemble presque plus à mon père adoptif. C'est fou. Mon père adoptif, on se ressemble beaucoup. Il a les yeux clairs.
- Speaker #1
On dit très souvent qu'il a des ressemblances.
- Speaker #0
Une folie, quoi. Mon père adoptif, quand je partais de mes vacances de Tunisie, etc., je pleurais, il pleurait. Donc j'étais là, il est trop sensible comme moi, c'est sûr que c'est mon père biologique et tout. Enfin,
- Speaker #1
c'était vraiment... Je te jure. Qu'est-ce que tu dirais aujourd'hui à la ML Enfance, si tu pouvais te parler ?
- Speaker #0
Déjà, je pense que je lui dirais qu'il faudrait qu'elle soit moins dure avec elle. Même encore des fois, je suis un peu trop dure. Parce que je suis constamment dans un truc de battante, de devoir prouver pour machin. Enfin, pour pouvoir faire, pour pouvoir... être aimée pour pouvoir... Ça, c'est archi fatigant. Ma mère me dit souvent que je devrais voir quelqu'un pour pouvoir être... Pour pouvoir un peu avoir plus confiance en moi à ce niveau-là parce que tout, c'est un combat, en fait. Le travail, il faut que je donne toujours de moi-même et du coup, je m'épuise en tout, en amitié, en amour et tout. Il y a toujours un truc de prouver que je vaux le coup et qu'il ne faut pas m'abandonner, il ne faut pas me tourner le dos, il ne faut pas machin. Et je pense que c'est hyper psychologique. Donc, je pense que ça serait un truc de... Fais-toi un peu plus confiance. tu regardes ce que tu fais et essaye de te contenter et d'être contente de ce que tu fais. Parce que je ne le suis jamais, en fait. Je ne suis jamais satisfaite. Tu vois, il y a un truc où l'année dernière, les enfants, on est sortis avec eux, on n'a fait que la journée, j'ai culpabilisé. Parce qu'en fait, d'habitude, on fait deux nuits et là, je suis rentrée en me disant, en fait, on n'a pas fait deux jours et donc, ce n'est pas assez. Il y a toujours un truc comme ça, où je retourne là-bas, où je vois qu'il y a des trucs qui ne sont pas... Et je me dis, mais en fait... J'aimerais qu'il y ait plus. J'aimerais installer des clims partout. J'aimerais que les assistantes maternelles soient payées mieux. Parce que si elles sont payées mieux, elles vont pouvoir mieux s'occuper des enfants. J'aimerais pouvoir les former. Et tout ça, ça nécessite de l'argent. Sauf qu'à côté, il y a une réalité, c'est que je ne suis pas payée par mon asso. C'est que du bénévolat. Et que je dois travailler pour payer mes factures et tout. Et du coup, il y a un truc de... Tout le temps, je ne suis jamais satisfaite. Vraiment jamais. Je ne ressors jamais d'un séjour en me disant « Ok, je peux rentrer tranquille. » Généralement, je tombe malade. je suis malade le corps il lâche et après les 3 ou 4 jours où je suis en vacances je suis malade, vraiment je suis sous une, je sais pas souvent c'est la grippe et comme ça chez mon père à Carthage donc je profite même pas donc ouais je pense que je lui dirais d'être un peu moins sévère avec elle dans tout et d'analyser un peu plus que voilà si t'as un job comme ça c'est parce qu'on te fait confiance si t'es amie avec ces gens là, ta famille, enfin tu vois un truc Après, je pense que ça se travaille.
- Speaker #1
Si tu pouvais, je te parlais tout à l'heure d'une fille que j'ai rencontrée hier, qui est adoptée et qui se pose cette question-là. Pour les filles adoptées ou les filles plus jeunes, si tu veux leur laisser un message, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Moi, ce que je dirais, c'est si vous avez une idée en tête, retrouver, pas retrouver, adopter, pas adopter, froncer en fait. Il faut juste se faire... Si tu as vraiment un objectif, donne-toi les moyens d'aller le chercher. Parce que peut-être que la finalité, elle ne sera pas top. Tu vois, moi, je pensais que la Amel de 25 ans, elle aurait créé un lien avec cette famille. Il serait allé chaque vacances, elle aurait trouvé du temps pour aller les voir. Plus ma famille, plus l'association. La Amel de 31 ans, elle n'est plus tout dans cette optique-là. Et c'est OK, en fait. Franchement, je ne suis pas mal à l'aise avec ça ou autre. Mais mes objectifs, c'est quand même, ça reste ma famille adoptive, mon assaut. Pour moi, c'est à eux que je dois donner des choses. Et donc, je fais des choix, en fait. Mais dans tous les cas, je ne regrette pas d'avoir été jusqu'à les retrouver, aller les voir. Peut-être que je vais me laisser un an ou deux et je vais vouloir y retourner. Je ne sais pas du tout, mais juste, écoutez-vous. Il a fallu que je le fasse. Je l'ai fait. Je l'ai fait à fond. Je ne suis pas déçue, même si j'ai eu des angoisses parce que je me suis dit « Purée, mais si jamais, en fait, ma famille biologique m'avait gardée, ma vie, ça serait ça. » Et donc, je fais grave des comparaisons. Et je ne dormais plus la nuit. Je faisais des crises d'angoisse. C'était horrible. J'avais des nausées tout le temps. Ça a été même presque pire de savoir qu'ils auraient voulu me garder et de me dire qu'en fait, avec le concours de circonstances, si ça ne s'était pas passé, ils m'ont regardée. Ça, ça a été presque pire. Mais je ne regrette pas du tout de l'avoir fait. Parce qu'au moment où je sais, je ne me sens pas forcément plus accomplie, moins accomplie. Je me sens juste... Ok, je peux raconter une histoire. sur laquelle d'ailleurs j'ai écrit un court métrage hors sujet de l'histoire qui est réellement arrivée que d'ailleurs je vais produire avec un producteur qui est super exceptionnel qui me fait confiance a lu mon projet et veut le réaliser avec moi, donc ça c'est vraiment cool mais c'est une histoire que j'ai complètement inventée l'histoire peut-être 2 peut-être qu'il y aura un deuxième court métrage ça sera peut-être la vraie je vais vers du cinéma et j'écris J'écris, je vais essayer de réaliser un court-métrage sur ça. C'est certain, ce court-métrage, on sait. Alors là, pour le coup, on a vraiment, le court-métrage est terminé. il va falloir le refaire lire par un vrai script, etc. pour savoir s'il y a des choses à rajouter pour que ce soit plus intéressant et tout. Après, faire tout le découpage, aller chercher de l'argent et ensuite le réaliser. Mais en vrai de vrai, j'aimerais tellement que ce soit l'année prochaine, l'été prochain. Entre avril et août prochain, j'aimerais tellement que... Je croise des doigts. Ouais, je croise des doigts aussi.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Donc on verra bien. Génial. Amel, merci infiniment. Merci à toi pour l'écoute.
- Speaker #1
Si tu devais nous donner une chanson pour clore l'épisode, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Il y a une chanson que j'écoute beaucoup, celle de Michael Jackson, mais c'est « Tu n'es pas seul » . Elle, genre vraiment, elle me met des frissons quand je l'écoute. Les paroles, elles sont trop belles. Elle dit qu'en gros, on n'est pas seul. Le message qui est délivré derrière, c'est...
- Speaker #1
Merci infiniment, c'était un plaisir.
- Speaker #0
Avec plaisir !
- Speaker #1
A bientôt. A bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode de Heia jusqu'au bout. Si tu as apprécié cette conversation ou qu'elle t'a touché, tu peux t'abonner au podcast et laisser une note ou un petit commentaire. Avec ces petites actions, tu aides à faire porter la voix de ces femmes encore plus loin. Tu peux aussi partager cet épisode avec quelqu'un qui aurait peut-être besoin d'entendre cette histoire. Et si tu veux continuer la conversation, retrouve-moi sur mes réseaux ou dans la newsletter. de Ria Stories. Nos histoires comptent, merci de les écouter. A très bientôt dans Ria.