- Killian
Aujourd'hui, vous allez entendre Lucas Venner qui a voyagé pendant un an et demi en stop pour aller jusqu'au point le plus éloigné de France. Il a plein d'anecdotes, il a été pris pour un espion en Azerbaïdjan, il a enseigné à des enfants de lépreux en Inde, il a traversé la Chine et donc il va vous parler des nouvelles technologies là-bas. Je vous laisse écouter ça, bonne écoute. 55 000 km d'autostop, plus de 1000 conducteurs, 500 nuits dans 25 pays. J'imagine que tu as des milliers d'anecdotes.
- Lucas
Énormément.
- Killian
Est-ce que tu peux me raconter un petit peu ton itinéraire ? Et puis, allez, déjà un petit aperçu de ce voyage-là.
- Lucas
Oui, bien sûr. Donc moi, je suis parti en février 2023. Ça va bientôt faire deux ans que je suis parti, avec l'objectif d'aller à l'endroit le plus éloigné de France en autostop, d'aller à l'antipode. Cette localité, ce sont les îles Châtain. C'est un petit archipel d'île qui se trouve à 800 000 km des côtes néo-zélandaises. Et c'est l'endroit le plus éloigné de France. En fait, quand on est là-bas, on ne peut pas aller plus loin. Donc je suis parti d'un petit village du sud de la France qui s'appelle Halzon. Car ce petit village a la particularité d'être l'exact antipode. Donc en fait, si on creuserait à la verticale depuis Halzon, on arriverait sur cet archipel. en Nouvelle-Zélande. La particularité aussi, c'est qu'il y a 36 000 communes en France, mais il y a uniquement la commune d'Alzon, donc si on prend l'exact antipode, on arrive sur une île et pas dans de l'eau. Parce qu'en fait, tous les autres antipodes de France, au mètre près, ils arrivent, ils aboutissent dans l'océan Pacifique. Donc c'est pour ça que c'était symbolique de commencer depuis ce petit village d'Alzon, qui se trouve déjà à 700 kilomètres, parce que moi je viens de Lorraine. Il a déjà fallu traverser la France en stop, ensuite je suis commencé cet endroit symbolique pour aller jusqu'aux îles Chatham. C'est un voyage qui a pris 17 mois, à travers 25 pays. Dans un premier temps, l'itinéraire, c'était de suivre les routes de la soie, donc l'Europe, la Turquie, le Caucase, l'Asie centrale, avec tous ces pays en ce temps, Kazakhstan, Ouzbékistan, Kyrgyzstan, Tadjikistan, où j'ai passé un mois en Turquie, deux mois en Asie centrale. Et ensuite, l'objectif c'était de continuer en Chine. Dans un premier temps, les Chinois m'ont refusé le visa, sans aucune raison, alors que j'avais une lettre d'invitation de l'université chinoise, etc. Mais cela n'a pas suffi. Donc je me suis retrouvé bloqué entre l'Afghanistan, la Chine et la Russie. Donc là, c'était un petit peu compliqué. J'ai dû prendre un petit avion, il y a juste deux heures de vol entre le Tadjikistan et le nord de l'Inde. Là, j'ai passé quatre mois en Inde. C'était un pays où je ne devais pas aller, mais que j'ai adoré. Mon pays préféré de tous voyages, un pays extraordinaire, avec une culture, des gens, c'est juste une folie ce pays, j'ai adoré. Ensuite, j'ai continué en Thaïlande, en Laos, Vietnam, Cambodge, Asie du Sud-Est. Et ensuite, on était au mois de décembre 2023, les Chinois ont assoupli leur législature pour les visas. Et donc cette fois-ci, j'ai pu re-rentrer en Chine. J'ai pu rentrer en Chine pour la première fois. Donc j'ai pris un train de la frontière laotienne jusqu'à la frontière du Kazakhstan, la frontière du Kyrgyzstan, où j'avais été bloqué. Et donc en fait, à 100 km près, qui sont 100 km de montagne à 7000 mètres, parce que c'est les monts célestes sous-massifs de l'Himalaya. Et donc, à part ces 100 km à 7000 mètres d'altitude, je suis revenu à cet endroit-là. Et de là, j'ai recommencé le stop. J'ai traversé la Chine, je suis allé en Mongolie. Je suis re-rentré en Chine et ensuite j'ai continué, Vietnam, Cambodge, j'ai longé ensuite l'océan Pacifique, jusque l'Indonésie, jusque le Timor. Là, j'ai cherché un bateau stop en vain. Et donc, du coup, j'ai pris un petit avion entre le Timor et l'Australie, traversé l'Australie en stop et ensuite la Nouvelle-Zélande. Donc vraiment un voyage extraordinaire. Très heureux d'avoir réussi à faire le voyage sans avion jusqu'au Timor. Après, c'était un peu plus compliqué avec les océans. Je pense qu'il aurait fallu que je me laisse plus de temps. C'est un peu bizarre, mais le stop ne m'a pas forcément appris à être très patient. Comme dans certains pays, on attend moins de cinq minutes. Au bout de dix minutes, j'étais le genre de personne à regarder ma montre. Donc, comme je voulais à tout prix être de retour pour les Jeux Olympiques, j'étais au mois d'avril en Indonésie, je me dis, ok, il n'y a plus que l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les îles Chatham, j'ai plus que deux mois avant les JO, qu'est-ce que je fais ? Donc c'est pour ça que j'étais un peu contraint de prendre l'avion, du fait du timing un petit peu serré. Mais ça m'a permis de passer plus de temps à visiter l'Indonésie et d'autres contrées au lieu de passer mon temps dans les marinards à chercher un bateau.
- Killian
Wow ! rien que ça wow sacré périple aux 100 000 entrées pour la suite beaucoup écoute c'est un erreur de fou beaucoup de pays je pense leur limite Ça me donne envie de jouer à un jeu marrant. Je vois un peu l'itinéraire par lequel tu es passé. Je pense que je vais essayer de te donner un pays et t'essaies de revenir dans tes souvenirs et de me raconter une anecdote ou un moment qui t'a marqué sur ce pays.
- Lucas
Il y a des pays plus ou moins drôles, parce qu'il y a des pays où c'était un petit peu difficile aussi. Donc, on verra sur quel pays j'attends ton pays.
- Killian
Mais ça peut être aussi drôle de parler aussi, parce que forcément, en stop, il y a des moments qui ne sont pas faciles. Je vais partager ça, ça peut être marrant. Et bien je crois que je vais ouvrir, comme tu m'as dit, que c'était ton pays préféré. C'est vrai que j'ai souvent, je ne suis jamais allé en Inde, mais on m'a souvent dit en gros, c'est soit t'adores, soit tu détestes.
- Lucas
C'est tout à fait ça, un peu. C'est tout à fait vrai. C'est polaire.
- Killian
Et tu m'as dit que tu as passé quatre mois là-bas, donc je pense que tu vas réussir à trouver au moins une ou deux anecdotes. Donc voilà, si tu peux me parler d'une anecdote en Inde.
- Lucas
Ça va même être difficile de choisir laquelle. Tu aurais un mot-clé ou une spécificité ? J'ai passé plus de 60, j'ai eu plus de 40, 60 ou 50 hôtes différents. Tellement de rencontres extraordinaires, avec des associations, des écoles, des ONG. Donc là, il faudrait que tu me dises un petit mot-clé pour que j'essaye d'égayer.
- Killian
Eh bien écoute, parlons école.
- Lucas
Parlons école. Alors...
- Killian
Dans quel cadre tu t'es retrouvé déjà dans des écoles ?
- Lucas
J'ai intervenu dans une quarantaine, cinquantaine d'établissements tout au long du voyage. J'adore rencontrer la jeunesse et je trouvais très intéressant l'occasion, l'opportunité de redonner un petit peu au monde toute la gentillesse qu'ils m'offraient et je me suis dit quel meilleur moyen que d'aller remercier, que d'aller aider, donner un petit coup de pouce aux enfants. Donc au début c'était un peu faire des conférences, présenter mon voyage etc. Puis ensuite ça s'est plus transformé en essayant de leur donner l'occasion de parler anglais. pour qu'ils essayent de s'améliorer en langue, essayer de les motiver à continuer l'école, à continuer à apprendre les langues étrangères. Et puis c'était surtout également pour eux l'occasion de me présenter leur pays, de me présenter leur culture, de me présenter leur quotidien, en essayant de parler anglais. Dans la plupart des établissements, les enfants, ils avaient ne serait-ce que jamais vu d'étrangers. Donc du coup, parler anglais, on voit bien qu'on est en sixième en France, on croit qu'on parle anglais parce qu'on parle anglais avec la maîtresse. Mais dès qu'on est catapulté en Angleterre, on ne parle plus anglais. Donc là, c'était un petit peu ça aussi. Et c'était super enrichissant pour eux. Moi, j'ai adoré intervenir dans tous ces établissements scolaires. En Inde, il y a un établissement qui m'a particulièrement marqué. Il y en a plusieurs, mais allez. Je vais aller dans l'Inde du Sud, à Pondichéry. Pondichéry, c'était une ville qui était anciennement française. Quand toute l'Inde était occupée par les Britanniques, Pondichéry était occupée par la France. Du coup, il y a encore des organisations en lien francophone. en lien avec ça. Et en fait, je me suis retrouvé par le hasard des rencontres. En fait, il faut savoir que j'adore les boulangeries et j'adore tout ce qui est croissant, etc. Et donc, en Inde, il n'y en a pas. Sauve à Pondichéry ! Sauve à Pondichéry ! Donc, en fait, je sors d'une boulangerie et là, en fait, je rencontre une personne qui commence à me parler, etc. C'est une Française qui est investie dans une association. Et en fait, son ONG s'occupait de scolariser les enfants de lépreux. Parce qu'en fait, les lépreux en Inde, ils sont rejetés. Du coup, ils vivent dans un quartier à part de la ville pour ne pas contaminer les autres habitants. Et donc, les enfants de lépreux, je ne suis pas expert, mais ne sont pas forcément contaminés. Donc, en fait, les enfants sont tout à fait normaux. Ils n'ont pas de maladie, ils ne sont pas contagieux, ils n'ont pas la maladie de leurs parents. Mais juste parce qu'ils sont enfants d'eux, ils sont rejetés. Donc, c'est ça qui est un petit peu tragique en Inde, toutes ces histoires d'inégalités. C'est surtout d'inaxer à l'éducation. Et donc du coup, je suis intervenu toute une après-midi dans cet établissement pour fils d'enfants lépreux, où l'occasion c'était de parler un petit peu du voyage, mais surtout de parler d'eux, essayer de me voir c'était quoi leur quotidien, essayer de leur présenter ce que c'était la France, ensuite ils m'ont présenté l'Inde, je leur ai présenté le quotidien d'un écolier français, ensuite ils m'ont présenté le quotidien, leur quotidien à eux, c'était quoi leur sport préféré, c'était quoi leur passion, qu'est-ce qu'ils voulaient faire dans la vie. Et c'était vraiment un très très bel échange. C'est vrai qu'on peut avoir beaucoup de préjugés. Et là, il y en a beaucoup qui se sont cassés. Pour beaucoup, c'était la première fois qu'ils rencontraient un étranger. Et c'était vraiment très très émouvant comme rencontre.
- Killian
Ok, mais surprenant, première fois qu'ils rencontrent un étranger, pourtant il y a pas mal de tourisme en Inde, c'est parce que la partie sud est moins...
- Lucas
Ah, les touristes en Inde, en exagérant, ils font que le Taj Mahal. Moi, je me suis retrouvé en Inde, comme en Chine au final, pendant six semaines à ne pas croiser un étranger. Je me suis même retrouvé dans des régions où, en fait, il n'y avait même pas d'Indiens d'autres régions. Et donc, en fait, dans certaines régions d'Inde du Nord, il y avait des Indiens du Sud qui voyageaient en Inde du Nord. Et en fait, ils se faisaient considérer comme des étrangers par les Indiens du Nord parce qu'en fait, ils ne parlent pas la même langue. Ils n'ont pas les mêmes teints de peau, etc. Donc, on capte en deux secondes qu'ils ne viennent pas de là. Et il y avait même un peu de racisme envers certaines régions, etc. Donc, partant de là, les étrangers, il y en a beaucoup qui n'en avaient jamais vu. Et c'est vrai que ces enfants, ce n'était pas forcément l'unanimité. Il y avait quand même des enfants qui avaient vu des étrangers dans cette classe-là. Mais en fait, à un moment, j'ai fait... Encore une belle anecdote, la marche du sel en fait c'est une marche de 330 km qui a fait Gandhi et c'est un petit peu l'équivalent de la prise de la Bastille en France, c'est ce qui a mis le feu aux poudres pour obtenir l'indépendance de l'Inde. C'est ce qui a permis à Gandhi d'être connu, puisque avant les gens ne connaissaient pas forcément Gandhi. Donc cette marche elle a eu lieu en 1930 et j'ai visité la maison natale de Gandhi, j'ai vu cette marche, j'ai vu la carte de la marche et je me suis dit il faut absolument que je fasse la même chose. Donc pour le défi je me suis dit je vais marcher trois fois plus vite que Gandhi. Donc, je l'ai fait en 8 jours au lieu de 24 jours, ce qui faisait une moyenne d'un marathon marché par jour avec le sac à dos, les 40 degrés, l'humidité, la mousson, etc. Donc, ça, c'était un sacré défi. Et surtout que ça m'a permis de passer dans des petits villages complètement oubliés du tumulte moderne, de la mondialisation interconnectée, etc. Et donc là, il y a eu énormément de villages où les gens me disaient, ben voilà, ça, c'est la grand-mère. La grand-mère, elle a 4, 25 ans et de sa mémoire, aucun étranger n'est entré dans le village que le premier donc ça a donné lieu à des scènes sur réalise des gens très souvent extrême 4 15 % du temps extrêmement bienveillant une seule fois je suis entré dans un village où les gens étaient quasiment pas vêtus et quand ils m'ont vu son parti en courant c'est le seul lien que j'ai eu avec eux donc moi pour pas les embêter j'ai j'ai continué. Mais sinon, la plupart du temps, les gens étaient très bienveillants, très gentils. Il y a même quelques villages où j'ai été accueilli par le fils du forgeron. Le fils du forgeron, en fait, il avait fait ses études à Manchester. Truc le plus improbable, le mec, il parlait mieux anglais que n'importe quel anglais natif. Et il était super sympa. Il m'a montré comment faire les couteaux, etc. à la meule. Et ça, c'était juste extraordinaire. Et plein d'autres anecdotes ont été liées à cette marche. Mais c'est vrai que pour beaucoup... En fait, le monde s'arrête à leur village et aux quelques villages aux alentours. Et les gens ne sortent pas forcément. Et c'est vrai qu'il n'y a rien de touristique à voir. Et il n'y a aucun étranger qui passe par là. Donc, on pourrait dire qu'il n'y a officiellement rien à voir. Parce que c'est sûr, dans le guide du retard, il n'y a rien à voir dans ces régions-là. Mais pour moi, c'est là où il n'y a plus à voir. Et c'est là où on peut faire les plus belles rencontres humaines.
- Killian
C'est fou, ça fait rêver de se retrouver au milieu de des parcs comme ça en Inde.
- Lucas
Waouh !
- Killian
Et c'est fou. Là, ça me vient, je suis en train de regarder un peu sur le poste que tu as mis avec les différents itinéraires. Et là, je vois la Chine, tu as fait un bout de chemin aussi en Chine. Et après tout ce temps à galérer pour avoir ton visa, finalement, comment c'était la Chine après tant d'attentes ? Et puis, si tu peux me raconter aussi une ou deux anecdotes sur ce pays.
- Lucas
La Chine, c'était extrêmement intense parce qu'en fait, même si les mesures s'étaient assouplies, j'étais autorisé à 15 jours sur le territoire chinois. La Chine, à titre de comparaison, c'est 20 fois plus grand que la France. Donc vous imaginez si vous devez visiter un pays 20 fois plus grand que la France, mais seulement 15 jours. C'est un petit peu compliqué. Surtout qu'en plus, moi, je ne voulais pas faire un truc traditionnel puisque j'étais au Laos. Tu dois voir la carte. Je suis revenu à la frontière avec le Kazakhstan. Ensuite, j'ai retraversé jusqu'à Pékin et ensuite, je suis parti en Mongolie. Donc ça, c'était mes 15 premiers jours. Et ensuite, donc là, j'ai parcouru 5000 kilomètres en train et 5000 kilomètres en stop en 15 jours. Donc là, c'était assez intense. Et ensuite, pour mes 15 autres jours, là, c'était beaucoup plus tranquille puisque je n'ai fait qu'entre 3 et 4 000 kilomètres de la Mongolie au Vietnam. Et ouais, donc c'était, moi, c'était un rêve. C'était un pays vraiment qui me, où j'avais... Oui, que je suis fasciné, et puis le fait que je ne puisse pas y aller, ça a encore décuplé mon envie d'y accéder. C'est un pays qui est extrêmement riche culturellement, d'un point de vue culturel, d'un point de vue spirituel, d'un point de vue architecture, d'un point de vue de l'histoire, et puis surtout d'un point de vue de la géopolitique et de la technologie, car c'est vrai que la Chine, c'est un pays, après il va falloir les experts, mais qui, on le sait, va jouer un rôle extrêmement prépondérant pendant le XXIe siècle. qui a peut-être même volé la vedette aux États-Unis, on ne sait pas encore. Mais en tout cas, c'est un pays avec qui il faudra faire avec, ce qui n'a quasiment jamais été le cas, parce que c'est vrai qu'en 1900, 1800, la Chine, ils étaient reclus sur eux-mêmes, ils étaient moins développés technologiquement, tout du moins à cette époque-là. Mais maintenant, les Chinois, il va falloir faire avec. Et donc, d'un point de vue géopolitique, c'est intéressant de voir ce que ça va donner. Ensuite, il y a surtout ce point de vue technologique. Moi, j'ai fait une formation d'ingénieur en véhicules électriques, en véhicules hydrogènes. Donc, toutes ces questions de l'automobile, ça me parle beaucoup. Et c'est vrai que j'ai pu monter dans certaines voitures chinoises électriques, nouvelle génération, etc. qui sont complètement révolutionnaires, qui en exagérant sont plus avancées que les Tesla, mais coûtent cinq fois moins cher, qui sont produites dans des usines complètement automatisées, qui ont des capacités d'autonomie, des nombres de chevaux, etc. Absolument extraordinaires. Et c'est surtout que c'est encore que le début, parce que Ils avancent, ils avancent, ils progressent plus rapidement que nous, entre guillemets. Ça, c'était super intéressant. Il y a également tout ce qui est un petit peu l'intelligence artificielle, les caméras, la cybersécurité, qui est également très poussée. Il faut savoir que, par exemple, en Chine, on peut payer avec son Iris. Parce que son Iris, il est unique. C'est un peu comme l'empreinte digitale. Donc, du coup, il est relié à la... à la pièce d'identité, et la pièce d'identité est reliée au compte en banque. Comme c'est un pays officiellement encore communiste, les banques sont quand même un peu liées par l'État, etc. Donc si on a la pièce d'identité, on a le compte en banque, et donc en fait on peut payer par son iris. Les Chinois sont très contents parce qu'ils disent qu'on peut voler un portefeuille, mais qu'on peut plus difficilement voler un oeil. Mais ça pose même certaines questions. Et donc, il y a des centres commerciaux dans des villes inconnues en Chine, qui sont plus futuristes que ce que j'aurais pu voir à Paris ou à Londres. Moi ce qui m'a beaucoup marqué, c'est vraiment... c'est pas uniquement ponctuel, mais c'est qu'en fait il y a des villes dont on n'a jamais entendu parler, que personne n'a jamais entendu parler en dehors de la Chine, et en fait il y a 15 millions d'habitants. Il y a 10 ans il n'y avait pas une ligne de métro, aujourd'hui il y en a plus qu'à Paris. Toutes les lignes de métro sont automatisées, c'est complètement... C'est nickel partout, etc. Il y a des forêts de gratte-ciel. Et ça m'a vraiment marqué. Je me dis, ouais, la Chine, c'est vraiment... On pourrait s'imaginer la Chine en... On s'imagine encore beaucoup de personnes en France, la Chine, ah oui, c'est un pays émergent, c'est un pays qui va avoir un rôle important, c'est un pays qu'il faudra compter avec, mais en fait, c'est déjà le cas. Et sinon, on ne veut pas rester sur la touche, il faut en être conscient. Et un même type de comparaison, l'Inde. On prend le chemin. Peut-être qu'on pourrait dire que l'Inde a entre 15 et 20 ans de retard de développement par rapport à la Chine pour tout ce qui est infrastructures, pour les lignes de chemin de fer, pour les lignes de métro, pour les autoroutes, pour les gratte-ciels, etc. Mais dans 20 ans, ce sera le cas en Inde. L'Inde est maintenant le pays le plus peuplé. C'est le pays à la plus forte croissance économique, qui a une croissance économique de 9% sur les dix dernières années. C'est juste extraordinaire. Et ça augmente, avant ils étaient à 8, 9, 10. Et donc en plus, ils sont encore dans la partie exponentielle de leur développement, contrairement à la Chine où ça se tasse un petit peu. Mais donc ouais, c'est extrêmement passionnant pour tous ces aspects-là. Ensuite, quelques anecdotes, parce que c'est vrai qu'il y en a pas mal. Moi, celle que j'aime bien raconter, c'est que j'ai passé 5 jours à traverser tout le désert de Gobi avec un routier, avec lequel on a fait 2600 kilomètres. de milieu du Sing Chiang, donc le Sing Chiang c'est la région des Mille Gaules, jusqu'à 300 km au sud de Pékin. Et en fait pendant cinq jours j'ai vécu son quotidien. Lui il roulait 16 heures par jour, il s'arrêtait toutes les quatre heures entre 10 et 15 minutes. S'il arrêtait plus de 15 minutes il n'était plus payé donc c'est pour ça qu'il était vraiment chronométré. Et ouais il faisait moins vingt parce qu'on était en plein hiver. Il faut savoir que j'étais le jour à Pékin où ils ont battu leur record de froid. Donc ça, ça caillait un petit peu. Et ouais, donc tout le désert de Gobi était enneigé, c'était absolument magnifique. Et c'était, ouais, c'était génial comme expérience de pouvoir vivre ça avec lui. Même si on ne parlait pas la même langue avec les logiciels de traduction instantanés, maintenant on peut quand même avoir des petites discussions, pas des discussions philosophiques, mais on peut quand même discuter. Donc moi je lui ai présenté la variété française, lui m'a parlé de son fils, de sa femme, de ce qu'il faisait, de ses rêves quand il était enfant, etc. C'était également une très belle rencontre humaine. Je trouve que c'est ça qui fait la force de l'autostop, c'est qu'on peut rencontrer tout type de personnes. Et donc moi, j'ai rencontré ce routier. Et dix jours après, lorsque j'étais en Chine, j'ai été pris en stop par une multimillionnaire chinoise. Donc là, c'était vraiment le grand écart. Mais comme quoi, les deux peuvent s'arrêter. On peut très bien avoir un routier et ensuite une multimillionnaire qui m'a montré son nom, du luxe, des investissements. des bibliothèques, des casinos clandestins, etc. Et elle, en fait, elle était devenue multimillionnaire en jouant au poker. C'était une joueuse de poker. Et en fait, à chaque fois qu'elle gagnait un tournoi, elle gagnait des tournois à plusieurs millions d'euros. Elle achetait un hôtel ou un restaurant. Donc maintenant, elle avait des dizaines et des dizaines d'hôtels et de restaurants. C'était sa manière, elle, d'investir. Mais ouais, c'est fou ce grand écart. Ce grand écart, ça résume bien la Chine, mais ça résume bien aussi l'autostop qui nous permet de rencontrer tout type d'individus.
- Killian
effectivement là tu passes le type de vie à un autre tu dois voir des des extraits et puis des histoires de vie comme tu lis grand écart de sa à l'opposé et est ce que tu pourrais me raconter un moment où tu t'es dit Là, c'est dur. Là, c'est la galère.
- Lucas
Et là, c'est la merde.
- Killian
Parce que je sais très bien qu'il y a des moments où ça vous vient de dire « Mais qu'est-ce que je fous là ? »
- Lucas
Il y en a eu plusieurs. Honnêtement, il y a eu trois... Avec du recul, il y a trois gros moments. Il y en aurait peut-être quatre ou cinq en élargissant. Mais oui, il y a quand même trois gros moments. Je vais te les faire dans l'ordre. Le premier, ça a été en Azerbaïdjan, j'étais pris pour un espion. prêt pour un espion de l'Élysée, selon les mots du général qui m'a interrogé, un espion d'Emmanuel Macron. Et donc du coup, j'ai été interné, entre guillemets, dans un camp militaire, une espèce de prison militaire, pendant une journée, à essayer de m'expliquer avec Google Traduction que non, je n'étais pas un espion, que non, j'étais un simple autostoppeur, mais rien ne les portait à... de leur donner raison. Et donc, en fait, c'était un peu un enfer. Au bout de deux, trois heures, à me faire un peu crisu, ils m'ont mis un mec qui avait fait un Erasmus à Barcelone. Donc là, je me suis expliqué, avec mes restes d'Espagnol, dans une prison azerbaïdjanaise, comme quoi je n'étais pas un espion. Donc ça, c'était un petit peu compliqué. Après, ensuite, ils ont rendu compte que j'étais en fait un simple voyageur. Puis en fait, ils n'avaient rien à faire, donc je les occupais. Mais en fait, ils avaient entamé une démarche pas administratives, mais un processus qui faisait qu'en fait, leur pouvoir n'était plus entre leurs mains et qu'il fallait l'aval d'un supérieur, d'un grand chef, etc. Et donc, en fait, il y a un général qui a dû venir, qui a tranché sur mon sort et ensuite qui m'a pris en stop pour me ramener dans la ville où il habitait, parce que je l'ai également par là. Donc voilà, c'était un petit peu compliqué. Aussi paradoxalement que ça puisse paraître, je n'ai jamais eu très, très peur, parce que j'ai toujours su que j'étais dans mon bon droit. Mon passeport était en règle, je m'étais fait tamponner. Et c'est vrai que s'il y a une ou deux personnes qui se mettaient quand même très très menaçantes, j'ai quand même été menacé avec des kalachnikovs, etc. Il y avait quand même des personnes qui étaient de mon côté et qui me disaient « Non, t'as rien à te reprocher, c'est juste une question d'heure, t'en fais pas, tu vas t'en sortir. » Là, ça allait. Ensuite, il y a eu une autre fois, bon, c'était une intensité un petit peu plus faible, mais pendant la marche du sel, en fait, je me suis perdu. Bon ça c'était une première fois, je me suis perdu et je me suis retrouvé au milieu d'une rizière, j'avais de l'eau jusqu'au... j'avais déjà été dans la boue jusqu'à mi-cuisse. Là j'ouvre mon téléphone, en fait il n'y avait aucun village à moins de 5 km, j'avais déjà marché 45 km le jour-là, le crépuscule, le soleil se couchait dans une demi-heure, je me disais « waouh, qu'est-ce que je fais là ? » Et donc là c'était très compliqué d'essayer de continuer. mais j'ai réussi à trouver les ressources nécessaires. Et une troisième fois où là, c'était très compliqué, c'est quand j'ai pris le train pour arriver à cette frontière entre le Kazakhstan et la Chine, côté chinois. Et en fait, je sors de la ville. Avant, j'étais au Laos où il faisait 30 degrés. En trois jours de train, 72 heures de train, je suis passé de 30 degrés à moins 10. Donc déjà, il y a un choc thermique qui n'était pas agréable. Moi, j'étais en chemisette et en pantalon. Et donc là, il a fallu que je me trouve une parka, que je me trouve un bonnet, que je me trouve des gants un peu à la hâte. Mais quand on n'a pas de parka, c'est déjà difficile de marcher dans une ville quand il fait moins 10 degrés. Donc, il a fallu que je me trouve tout ça. Et ensuite, j'arrive dans Aksu, une ville qui ressemble un peu à Berlin-Est, avec des tours, etc. C'est un peu l'angoisse, cette ville. Et là, en fait, je marche vers la périphérie de la ville. et de ton... plus ça marche pas trop moi je sais déjà j'avais déjà cramé trois ou quatre jours donc déjà il reste plus que 11 jours pour arriver jusqu'à pékin en stop ce genre qu'à 4000 km c'est à dire qu'il faut au moins que je sois sur une moyenne de 400 km si je vais m'en sortir sachant que je voulais visiter pékin sachant que je voulais visiter la grande muraille je me dis ah ouais si je fais pas plus de 400 km par jour bah mon visa va expirer puis c'est pas en chine qu'on a envie de rigoler avec ça. Et donc là, c'est dur. Et donc, du coup, je marche pendant deux heures. J'ai vraiment le froid. J'ai le froid horrible pénétrant, etc. Après, j'ai connu des froids plus durs, mais quand il fait moins 38, mais qu'on n'est que 10 minutes dehors, on n'a pas la même sensation de froid que quand il fait moins 10, moins 15, ressenti moins 15 avec les bourrasques devant, et que ça fait deux heures qu'on est dehors. Et donc, du coup, je marche, je marche, je suis en sortie de la ville. Et là, je me dis, j'arrive à trouver un endroit sur la carte, je me dis, ah ouais, là, c'est bien. C'est une espèce d'entrée, de bretelle, d'autoroute. Je me dis, ouais, ça peut être pas mal. Et là, je me dis, mais Lucas, si le stop, il marche pas. Tu fais quoi ? T'as fait 72 heures de train. Tu sais même pas si les Chinois, ils connaissent le signe du pouce. Tu sais même pas s'il y a un mot dans la langue chinoise pour décrire l'autostop. Tu sais pas si t'auras pas le droit de faire du stop sur la bretelle d'autoroute parce que, du coup, l'armée ou la police va venir. donc une énorme passion peur à ce moment-là. Et ce qui était paradoxal comparé aux autres fois, c'est que là, c'était vraiment moi qui m'étais mis dedans. Parce qu'entre guillemets, la marche du sel, je suis allé mon itinéraire, je l'ai perdu de... parce que voilà je l'ai perdu. L'Azerbaïdjan, c'était un petit proco avec les forces de l'ordre, mais là c'est moi qui fais 72 heures de train, je me dis putain mais c'est peut-être une grosse connerie. Et donc là j'ai quand même eu très très peur et j'arrive à la bretelle d'autoroute et en quatre minutes je trouve une personne qui me prend en stop. Énorme coup de chance, la personne elle me fait une heure de route, elle arrive à un péage et là elle m'emmène à la police, donc là je me dis putain c'est... Coup dur. Et en fait, la police me dit « Ok, monsieur Léner, on va vous aider, etc. » Donc là, le policier en chef du péage, il appelle tous les guichetiers, il dit « Ce gars-là, il va dans telle ville à 1000 km. Dès que vous trouvez un automobiliste qui va dans cette ville, vous le prenez. Et au bout de trois minutes, il me trouve un mec qui va à 1000 km. » Et donc là,
- Killian
tu communiques avec eux, avec Google Traduction, en essayant de te...
- Lucas
Avec Google Traduction et les Chinois. Il y a quelques Chinois qui arrivent à avoir deux mots d'anglais, mais à part « bonjour » et « merci » , ils n'ont rien. Donc ouais, c'est avec Google Traduction, mais en fait, les logiciels de traduction sont tellement améliorés en Chine qu'avec Google Traduction, on peut faire des contresens, mais avec les logiciels de traduction chinois, c'est difficile d'avoir des contresens. Et donc des trucs comme Autostop, Voyageur, Défi, ils arrivent à comprendre tous ces mots-clés, les mecs, ils captent direct. Ce qui est dans d'autres pays, c'est un petit peu plus compliqué. Il y a certains pays où le mot Autostop n'existe pas, comme au Cambodge, comme au Laos, où donc là, il faut expliquer le concept d'Autostop à chaque fois. En Chine, les gens comprenaient. J'avais toujours ma lettre d'invitation de l'université chinoise que je suis allé rendre visite à Pékin. Mais ouais, c'était... J'ai eu peur ce jour-là et au final, j'ai fait 1000 kilomètres ce jour-là. Et puis après, le lendemain, j'ai trouvé le camionneur. En fait,
- Killian
à chaque question, à chaque pays, tu me racontes des anecdotes toutes plus folles les unes que les autres.
- Lucas
Il faut en avoir.
- Killian
J'étais en joue avec des kalachnikovs. Finalement, ils mettent la pression. t'es quand même reparti en stop avec le général.
- Lucas
Ça, c'était extraordinaire, extraordinaire. Et je sais pas si t'aimes bien la variété française, mais il m'a demandé de mettre une musique, ma musique préférée. Moi, je l'ai mis Le rire du sergent de Michel Sardou qui est une chanson humoristique à l'égard de l'armée. Et du coup, le mec était tout content, etc. Et c'était une belle victoire parce que la chanson était plutôt avec un avis négatif vis-à-vis des dégradés dans l'armée. Donc c'était... C'est des cocasses. Il ne comprenait rien. Il ne comprenait rien.
- Killian
Il aimait bien la vibe. Ah ouais, mais non. C'est excellent. Putain, c'est fou. C'est fou. Ça fait rêver. Je vais te lancer sur un autre pays.
- Lucas
Ouais.
- Killian
Un pays qui m'attire beaucoup maintenant. J'ai vraiment envie d'aller là-bas un jour.
- Lucas
C'est le Kyrgyzstan. Oui.
- Killian
Alors, Kirghizistan, c'est un pays qui m'a attiré énormément. On va dire qu'avant de partir, il y avait vraiment trois pays qui m'attiraient. C'était Kirghizistan, Chine et Vietnam. Je ne sais pas forcément pourquoi, parce que je n'étais jamais y allé. Aucun membre de ma famille n'y était allé. Mais avec ce qu'on voit sur les réseaux, avec ce qu'on entend dire, etc. C'était vraiment ces trois pays qui m'attendaient. Je m'imaginais le Kirghizistan, les yurts, les chevaux qui galopent. C'est ce que je m'imaginais. Et donc, moi, je m'imaginais ça. Déjà j'arrive à Michkec qui est peut-être une des villes les plus hideuses au monde, où c'est juste des gros ouvrages de béton ramassés des années rouges. Donc là ça fait un peu peur. Maintenant ils sont plus communistes, donc du coup ils sont capitalistes, mais le capitalisme n'a pas été encadré. Il faut savoir qu'en France, le capitalisme est quand même un minimum encadré, dans le sens où on ne peut pas faire une pub pour un dentiste sur les Champs-Élysées. On n'a pas le droit de mettre une grosse bouche comme ça, parce qu'il y a quand même des lois, etc. Donc non, en Kyrgyzstan, vous êtes sur la place principale et il y a des images de quelqu'un qui se fait soigner une carie. Ou alors, il y a des images d'un mec qui a un accident, qui est en train de mourir et qui dit « Oh non, j'aurais dû prendre une assurance ! » ou ce genre de choses. Donc déjà, vous avez des panneaux publicitaires partout. C'est limite, vous n'avez pas le musée national qui est recouvert avec des images, avec des publicités Coca-Cola. Donc ça, c'est déjà un gros coup dur en termes de... de dépaysement et de ce qu'on s'imaginait. Ensuite, si on pousse plus dans les campagnes, il y a quand même des très très beaux paysages, mais en creusant, il n'y a plus de yurtes ou de nomades. En fait, les quelques yurtes qui existent, c'est uniquement pour les touristes de la capitale ou étrangers qui veulent s'évader, mais ça, il n'y en a quasiment plus. J'en ai croisé à une seule région, mais c'est une région qui est très reculée, où il y en a encore quelques-uns qui vivent dans les alpages. Mais il faut savoir que... à la chute de l'Union soviétique, je crois qu'il y avait encore 50% de nomades dans le pays. Aujourd'hui, on est à 0,5%. Donc, sur un pays de 6 millions d'habitants, on parle de milliers, de dizaines de milliers d'individus à la rigueur, mais c'est très, très marginal. Et ça, moi, je n'en étais pas du tout conscient. Et donc, c'est pour ça que la douche était un peu froide et que les gens qui ne sont plus nomades, parce que maintenant... ils vivent dans les villes, etc. Il y a quand même un petit peu de la misère, etc. Donc, chaque fois qu'ils voient un étranger, ils veulent lui extirper son argent. C'est plus compliqué. Alors, qu'y a-t-il de comparaison des pays comme le Kazakhstan, où là, je ne m'attendais à rien, et au final, ça a été juste une explosion de joie, de sensation. Et c'est vrai qu'au Kazakhstan, on pourrait se rendre compte, et c'est vrai que ça reflète assez bien le... Mon expérience entre guillemets quand j'ai vécu par exemple le Kazakhstan, sur trois semaines j'ai été hébergé plus de la moitié du temps chez l'habitant. Kirghizistan j'ai passé trois semaines et j'ai dû loger deux ou trois fois chez l'habitant, pas beaucoup plus quoi. Et c'est vrai que ça reflète assez bien. Juste à côté par exemple il y a le Tadjikistan. J'ai passé six jours, il y a eu trois ou quatre nuits chez l'habitant, spontané quoi. Le mec il me prend en socle, il me dit tiens je te ramène chez toi. Le lendemain, je repars de chez lui, après qu'il m'ait donné 2 kilos d'Afrique au sec. Je retombe sur un mec qui dit « Waouh, c'est incroyable, allez viens, je te ramène chez moi » . Là, il y a vraiment une hospitalité extrême au Pire Gisistan. C'était un petit peu plus froid, donc le pays est quand même joli. Il y a quand même des très très beaux marchés, des très très beaux bazars. Il y a des beaux paysages, mais j'étais un petit peu déçu entre guillemets. Des fois, après je me suis dit « Est-ce que c'est parce que j'ai trop d'attentes aussi ? » Parce que le Kazakhstan, le Tadjikistan, j'avais pas d'attente et donc du coup, le peu de positif qu'il y avait, j'étais content. Et là, en exagérant, en qui résistant, je faisais uniquement comparer à ce à quoi je m'attendais, essayer de chercher des yurtes, essayer de chercher des nomades. Et le gars il me disait, bah non, en fait, moi j'ai un Toyota Hilux, c'est mes grands-parents qui vivaient dans des yurtes, moi je suis ouvrier dans une usine qui fabrique des trucs super sophistiqués, machin. Et je me dis, ah ouais, c'est pas ce à quoi je m'attendais, quoi.
- Lucas
Ouais, ok, ok.
- Killian
C'est bien,
- Lucas
j'apprends des choses, ça me donne des infos aussi pour mes futurs voyageurs. Peut-être qu'il faut... Enfin, le côté, je me l'imagine encore plus que le Kyrgyzstan, mais tu es passé aussi, je crois, par la Mongolie. Là-bas, il y a peut-être plus encore des gens qui vivent de manière nomade, avec des chevaux, ou même là-bas, est-ce que finalement...
- Killian
Non, la Mongolie, déjà, est beaucoup plus riche, je ne saurais pas dire pourquoi, que le Kyrgyzstan. La Mongolie est vraiment un pays riche parce qu'il y a beaucoup de mines, il y a beaucoup d'élevages, il y a beaucoup... Il n'y a que 3 millions d'habitants pour un pays qui fait 4 fois la France, donc forcément... les richesses retombent un peu plus, mais je n'en ai pas vu beaucoup. Moi, je suis allé dans la région qui était vraiment le désert de Gobi, donc comme c'est un désert, il n'y a rien, entre la Chine et Ulaanbaatar. Peut-être qu'il y en aurait plus à l'ouest, mais je crois que c'est également un peu en marge. Il faut savoir qu'en Mongolie, il y a 3 millions d'habitants, il y a déjà quasiment 2 millions qui habitent à la capitale. quasiment tout se passe et le reste, il n'y a pas grand chose. Et c'est vrai que quand j'y étais, il faisait moins 38, quand il fait, mais même en temps normal, s'il fait moins 30 ou moins 40 l'hiver, vivre sous sa yurde, c'est un peu compliqué. Donc je crois qu'il n'existe quasiment plus trop de nomades au 36. Mais maintenant, les gens, ils vivent dans le dur l'hiver et l'été, ils utilisent les yurdes pour les alpages et ça, il y en a un peu plus. Mais l'hiver, il n'y en a quasiment pas pour moi. J'en ai vu quelques unes. Et en fait, j'avais des cadenas, j'ai soulevé la truc, il y avait un écran plat dans la yurte, c'était une yurte qui faisait chambre d'hôte pour les touristes de passage. Quand je suis arrivé en Mongolie, j'ai passé huit jours en Mongolie, j'avais déjà eu l'expérience du kyrgyzstan, mais en Mongolie, c'est tellement plus riche, plus fou. Moi, j'ai vraiment adoré la Mongolie, ça reste quand même un des pays préférés. Oulain Bator, on entend beaucoup de choses horribles sur cette ville. J'ai trouvé qu'il y avait peut-être les plus beaux musées que j'ai fait en Asie, qui avaient vraiment une bonne touche de créativité, mais qui étaient bien organisés, qui étaient bien faits. Musée par exemple sur Genghis Khan et les Mongols qui est extraordinaire. Il y a quand même de l'architecture qui voit un peu le détour, les gens sont extrêmement gentils. Puis il y a... Moi je dis l'été, il faisait moins 30, moins 20, il y a une atmosphère, il y a de la neige, il y a des tas de neige partout. Les mecs qui me prennent en stop, un mec qui me prend en stop, qui me propose de la vodka, etc. C'est quand même une certaine atmosphère. Et comme les gens sont également un petit peu plus riches en exagérant, ils ne sont pas « tu fais 10 km avec eux » ou « tu leur poses une question, ils veulent de l'argent » , etc. Comme ça pourrait peut-être être le cas au Cairn Existant. Ou même si je comprends que les gens soient dans le besoin, à chaque fois, c'est une transaction monétaire, ça biaise un petit peu le rapport humain. Et en Mongolie, les gens sont quand même assez… après, ce qui fait que Les gens sont comme au Kazakhstan, ils disent « Putain, mais moi j'ai des chevaux, allez viens, on va les regarder, viens on va regarder mes chevaux. » Ou le gars il me dit « Ah ouais, mais tiens, il y a ci qui est intéressant, viens on va là. » Ou « Tiens, on a une bouteille de vodka, tu sais pas quoi faire, allez, on se l'ouvre, etc. » Ou le gars qui dit « Ah ouais, t'as pas faim, viens on se fait un resto, etc. » Et ouais, humainement c'était très très fort comme pays. Et puis, ouais, moi je les trouvais un petit peu comme des surhommes, parce que c'est vrai que Moi je venais entre guillemets du Laos, du Vietnam, de l'Inde, où les gens étaient un peu tout petits, tout chictifs, etc. J'arrive en Mongolie, les femmes elles mesurent 1m90, il fait moins 10, elles n'ont pas de gants, pas de bonnets, elles sont juste en chemise avec une vieille veste. Quand toi il y aurait 15 degrés en France, tu te pèlerais avec. Les enfants c'est pareil, ils sont déjà tous... Et en fait, c'était vraiment un peuple... Je pense que les conditions climatiques ont rendu à ce que ce soit un peuple un peu délibre vis-à-vis des éléments naturels. Et c'est vrai que tous les gens sont ultra impressionnants. Et ça, c'est normal parce qu'il fait 40 degrés l'été et moins 40 l'hiver. Donc, il n'y a que les forts entre guillemets qui survivent. Et ça, c'est vrai que c'était assez impressionnant. Et plus tout le reste, la Mongolie, j'ai adoré pour le dire.
- Lucas
Donc là, pour le coup, la sélection naturelle prend tout son sens. Quand tu as une amplitude de degré 80 degrés,
- Killian
ça pour le coup... Et c'est pareil pour les animaux, du coup. Parce que du coup, les chevaux qui survivent à moins 40, c'est que des chevaux magnifiques, des chevaux venus d'une force, etc. Tu n'as pas les bœufs un peu rachitiques que tu peux avoir en Asie du Sud. Là, tu n'as que des animaux extraordinaires. Et les gens, ils sont tous très forts. Et un jour, il y a fait entre moins 25 et moins 30 pendant une semaine. Un jour, il y a fait moins 10. Et les gens avaient chaud. Et tu te dis, ils sont super forts. Je ne m'attendais pas à ça.
- Lucas
Est-ce que sur les 25 pays que tu as pu traverser, Est-ce qu'il y a des moments où tu ressentais beaucoup de frustration de ne pas pouvoir communiquer correctement avec les gens qui te prenaient en stop ou les locaux que tu rencontrais ? Parce que c'est vrai que, par exemple, on est tous les deux en train de voyager en Amérique du Sud. En quelque sorte, tu as une langue à apprendre qui est assez proche du français. Et si tu parles espagnol, tu peux passer des heures à discuter avec les conducteurs. Il y a juste le Brésil qui est un peu plus compliqué, le portugais. Mais sinon, c'est quand même plus facile de communiquer ici. Est-ce que sur les 25 pays, il y a beaucoup de pays où tu arrivais quand même à parler en anglais ou en espagnol ou des fois en français ?
- Killian
Et sinon,
- Lucas
si ce n'est pas le cas, tu me dis que tu utilises des applications de traduction, mais comment tu voyais cette frustration de dire je ne peux pas poser les questions, je ne peux pas apprendre ce que je veux en discutant ?
- Killian
C'est un petit peu frustrant. En fait, je me suis rendu compte que même s'il y a quand même très peu de gens qui parlent anglais, déjà dans tout ce qui était Asie centrale, j'ai appris le russe. qui sert un peu de lingua franca dans la région, c'est la langue d'administratif, la langue des entreprises. Du coup, j'avais quand même des rudiments de russe qui me permettaient de discuter, de marchander dans les bazars, etc. Donc là, il n'y avait quand même pas trop cette frustration dans cette région. En Inde, c'était anglophone. En Chine, avec les logiciels de traduction, ça allait. Là où ça peut être frustrant, c'est des pays comme le Cambodge, comme le Laos, où... Et peut-être un petit peu le Vietnam aussi, mais au Vietnam, il y a quand même plus de francophones et d'anglophones. Mais vraiment au Laos et au Cambodge, où là, on ne peut pas parler. C'est vrai qu'avec cette traduction, même si c'est très pratique, il faut savoir lire. Il y a quand même beaucoup de pays où les gens sont illettrés. Et donc, du coup, si on montre un texte en traduction, les gens, ça ne marche pas. Des pays comme l'Indonésie, 95, 19% des gens ne parlaient pas. Mais en fait, c'est quand ils voyaient que j'étais étranger, ils me trouvaient le jeune du village qui parlait anglais. Et donc là, je pouvais discuter avec ce jeune-là. Ce qui était assez extraordinaire, et donc du coup c'est le jeune, ou des fois le moins jeune, qui jouait le rôle d'interprète, mais on pouvait quand même discuter. Né au Laos ou au Cambodge, il n'y avait personne qui pouvait faire ça. Donc c'était très frustrant, et sachant que c'est des peuples qui sont très timides, très introvertis, donc ils ne vont pas parler avec les mains. Des fois, c'est vrai qu'en Turquie, je ne parlais pas la langue, mais juste avec les mains, avec les machins, le sourire, tout. On arrivait à se comprendre, et le paraverbal est quand même extrêmement fort. Et c'est vrai qu'avec un ou deux mots qu'on se montait sur le logiciel, on pouvait avoir une belle discussion, même si on ne parlait pas du tout la langue de l'un et de l'autre. Dans ces pays de tradition bouddhiste, où l'introversion est une vertu, là, c'est plus compliqué. Et on a l'impression que quand on veut trop discuter, eux, ça les dérange aussi, et qu'ils ne sont pas forcément pour, etc. Donc, on aurait un million de choses à se demander. à se dire. Et c'est vrai qu'eux, ils vivent dans des villages, dans des maisons en bambou, qui sont à deux heures de pirogue, de la moindre route. S'il y a un médecin, s'ils doivent accoucher, ben non, en fait, tout se passe dans le village, etc. Et on aurait un million de choses à se dire. Et là, il y a quand même cette frustration de l'anglais, de la langue. Et ça n'est arrivé que très ponctuellement, parce qu'on parle de vraiment deux pays où ça a été bloquant sur 25 pays. Il y a quand même des pays, par exemple, pour Malaisie, car la moitié des gens sont anglophobes. excellent système d'éducation. Donc voilà, Thaïlande, ça en prend le chemin aussi. Donc il y a quand même des pays improbables sur lesquels on n'aurait pas parié, dont l'anglais n'est pas la langue officielle, mais dont les gens parlent quand même un petit peu anglais. Pareil au Népal. Donc voilà, en apprenant quelques langues, etc. Mais ouais, l'indonésien aussi, j'ai essayé d'apprendre un petit peu. Mais voilà, c'est vraiment l'Asie du Sud-Est, où il y a eu quelques blocages par moment. Mais sinon, ça allait. et je n'ai pas ressenti cette frustration que je m'attendais à vivre, mais je n'ai que très peu ressenti au final, paradoxalement.
- Lucas
Comment tu as appris le russe ?
- Killian
Alors moi, j'ai fait un stage de fin d'études en République tchèque, juste avant de partir, et donc là, j'avais appris le tchèque, qui en fait, comme si tu apprenais l'espagnol et que tu voulais parler portugais en exagérant, c'est deux langues qui sont extrêmement proches, mais tellement proches que par exemple, les fruits et légumes, les membres de la famille, les noms, c'est les mêmes mots textuels. Donc c'est un alphabet différent. mais une petite gymnastique un peu différente, mais sinon, tous ces mots-là, entre guillemets, c'est les mêmes. Donc du coup, ce qui fait que quand je suis arrivé dans ces pays roustophones, j'avais déjà un minimum de niveau, je ne sais pas, j'avais peut-être le A11 ou A1. Mais puis ensuite, en discutant, en lisant, machin, j'ai pu m'améliorer. J'ai quand même passé deux mois et demi dans l'ancienne Union soviétique et donc j'ai quand même pu parler, pratiquer un peu plus. J'avais cette chance d'avoir fait ce petit stage dans un public tchèque, mais ça m'a sauvé un petit peu la mise, puisque ne serait-ce que se faire comprendre, briser la glace. Et puis ensuite, j'avais quand même discussion avec des anglophones, discussion avec Google Traduction dans ces pays-là, mais ça me permettait de discuter 5, 10 minutes, un quart d'heure avec le gars, et avec les gens, et ainsi de briser la glace, de me faire comprendre, de ne pas avoir de malentendus, pour ne pas sortir, parce que si on sort le logiciel directement, ça peut surprendre des gens, et après, ça fait que l'échange n'est plus naturel. Donc, en pouvant discuter et briser la glace comme ça, ça faisait déjà le taf. Ça, c'était bien.
- Lucas
Un autre pays qui m'attire beaucoup, on va voir si tu le détruis aussi.
- Killian
C'est le Népal, là, c'est compliqué.
- Lucas
La Géorgie.
- Killian
Ah, Géorgie. Il y a énormément de gens qui en disent du bien. Alors, moi, c'est vrai que le pays, j'ai... C'est un petit peu bizarre parce que c'est vrai que j'ai bien aimé, ce n'est pas un pays qui m'a retourné, qui était très intéressant d'un point de vue historique, d'un point de vue culturel, d'un point de vue gastronomie. Mais j'ai trouvé, entre guillemets, que c'était un peu trop similaire à l'Europe. Sur beaucoup d'aspects, en fait, on se croirait en Bulgarie ou en Roumanie. C'est très, très proche d'un point de vue des paysages, d'un point de vue de l'orthodoxie, d'un point de vue de l'influence de la Russie. d'un point de vue de plein de choses. Et ce qui est vrai, pendant un mois j'étais en Turquie, où là on est quand même dépaysé, on est réveillé à 5 heures du matin tous les jours par le muezzin, où il y a quand même l'homme, la femme, machin, l'enfant, chacun a quand même une place bien définie. Où là, en Géorgie, c'est quand même très différent, c'est quand même bien plus similaire à chez nous. Il y a le drapeau de l'Union européenne, alors qu'ils n'en font pas partie, mais qui flotte quasiment partout. la plupart des gens parlent anglais et donc c'est vrai que le pays est très bien en soi mais je n'ai pas eu cet aspect de dépaysement etc et puis ensuite il fallait que je réfléchisse à la suite du parcours je savais pas encore si je passais par ou etc donc ouais c'est le pays est bien mais j'ai passé que moins d'une semaine il y avait des très belles choses à voir mais peut-être pas le pays qui m'a le plus marqué un pays un peu un peu neutre entre guillemets
- Lucas
Une anecdote sur le troisième pays dont on n'a pas parlé, qui te tentait beaucoup avant le voyage. Une anecdote sur la Thaïlande. Non, si tu as dit Thaïlande ou Vietnam ?
- Killian
Vietnam. Sur le Vietnam. Vietnam, que dire de ce pays ? C'est un pays qui est à la fois extraordinaire et terrible à la fois. Une première anecdote, c'est... Allez, je vais te raconter ma première heure au Vietnam. Je pense que ça résume bien ce qui s'est passé. Moi, j'arrivais depuis le Laos et j'allais en direction de Dien Minh Phu, qui est juste à la frontière avec le Laos. Je ne sais pas si tu connais la bataille. C'est la bataille la plus meurtrière depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale où c'était les Français qui combattaient contre les forces communistes vietnamiennes. Il y a eu 70 000 morts côté vietnamien, 3 000 morts français au champ d'honneur et ensuite 7 000 dans les camps de prisonniers qui étaient... quasiment des comptes de concentration, etc. Donc, c'est vraiment une bataille qui est très, très marquée, qui s'est passée en 1954. En 1954, c'est une bataille, vraiment, on n'en parle pas beaucoup dans les manuels d'histoire, etc., mais c'est vraiment une bataille qui est extrêmement importante. Donc, en fait, je passe la frontière, je tends le pouce, et là, je suis pris par un prof d'histoire. Et donc, du coup, le prof d'histoire qui parlait français, impeccable, francophone parfait, puisque, en fait, comme c'était une colonie française, le français était... langue officielle et donc ce qui fait qu'aujourd'hui le français est encore beaucoup enseigné. Donc du coup le mec pendant une heure me raconte la bataille, l'héroïsme des soldats vietnamiens, comme quoi les français c'était les méchants, etc. Donc il me raconte tout ça, j'arrive, il me dépose, j'essaie de retirer de l'argent, puis ensuite je vais essayer de me prendre une noix de coco. La noix de coco... Voilà, je montre le prix sur la calculatrice avec la personne, elle n'est pas d'accord, on discute, on marchande, etc. Et ensuite, on se met d'accord sur un prix, ça devait être 1 euro la note coco. Certains pays, c'est quand même bien moins cher, en Inde, c'est 20 centimes, mais bon, au Vietnam, c'est un peu plus cher. Et donc du coup, je lui tends, je n'avais pas le biais exact, donc bien sûr, c'était des dons, c'est une autre monnaie, etc. Mais en exagérant, je lui donne 2 euros, et là, la personne ne me rend pas la monnaie. J'ai dit, attends, tu m'avais dit ce prix-là, etc. Et là, la personne me fait un bras d'honneur. Donc, je me dis, qu'est-ce que c'est que ces pays ? Moi, c'était la première fois que je voulais acheter un truc. Je me dis, finalement, on essaye de me prendre pour un truc. Donc là, moi, je commence à m'énerver. Et c'est vrai que moi, des fois, je peux paraître calme, etc. Je suis très impulsif et je peux vite partir au quart de tour. Et donc là, je commence à meuter les gens, à leur dire, mais regardez, qu'est-ce qui se passe, etc. La personne, elle voit ça, elle prend ses notes coco, elle se barre, puisque du coup, il y avait un attroupement qui... qui se fait, je me dis « Mais qu'est-ce que c'est que ça ? » Et donc du coup, au final, je l'ai chopé par le bras et j'ai repris mon billet, je me suis fait de la monnaie dans sa caisse. Et comme elle mesurait 1m55, elle n'a trop rien dit. Mais c'est un peu triste, un peu honteux de cette histoire, mais ça m'a vraiment retourné. Et ça m'est arrivé ensuite plusieurs fois à Vietnam. Et c'est vrai que j'ai vu beaucoup de pays où les gens sont filous, où les gens marchandent, où les gens essayent de t'arnaquer. Mais au moment où tu mets d'accord sur un prix, les gens... Tu te sers la main et te sers le thé en exagérant, tout le monde est content. Là au Vietnam, c'est la première fois que j'ai vu des gens qui se mettent d'accord sur un prix et voyant que tu te mets d'accord sur un prix, ils se disent « Ah non, non, j'aurais pu avoir plus » et donc du coup, il réaugmente et que les gens n'essayent pas de rendre la monnaie, etc. Et donc, j'ai trouvé que le rapport avec les Vietnamiens était un petit peu difficile à nouer. Il y a vraiment des merveilles à découvrir, il y a encore des ethnies qui vivent encore d'un point de vue très authentique, que ce soit pour les vêtements, pour l'alimentation, pour le style de leur maison. pour leur langue, il y a des merveilles comme la baie d'Alon, comme les rizières en terrasse, etc. Il y a vraiment des merveilles. Mais c'est vrai que le rapport avec les vietnamiens n'est peut-être pas l'un des meilleurs. Et donc, du coup, si on n'a pas envie de s'embrouiller avec chaque mec et de limite, pas en venir au point, mais voilà, du coup, il faut accepter consciemment qu'on se fera rouler, que quand on aura négocié un prix, il va rebouger de 10, 20 ou 50 % au moment où on va faire la transaction. Donc ça, ça a un peu parasité, entre guillemets, mon expérience au Vietnam. Il y a des choses magnifiques au Vietnam, mais c'est vrai que pour les Vietnamiens, en stop, ça allait quand même, même si les gens ne voulaient pas forcément annuler des échanges. Il y a quand même des pays où les gens sont plus bavards que d'autres. Le Vietnam, c'était un petit peu particulier, mais de ce point de vue-là.
- Lucas
Est-ce que... Il y a un pays que tu as traversé et dont on n'a pas parlé, que tu ne connaissais quasiment pas ou dont tu n'attendais rien et qui au contraire t'a fasciné ou t'a vraiment marqué. Tu as parlé du Kazakhstan. Est-ce que tu en aurais un autre ?
- Killian
Le Kazakhstan, il y aurait l'Indonésie. L'Indonésie, j'ai passé deux mois, c'était un des pays extrêmement coup de cœur. Extraordinaire d'un point de vue culturel, d'un point de vue religieux, car c'est le pays où il y a le plus de musulmans au monde, mais également énormément de chrétiens, il y a également énormément de bouddhistes, il y a également des hindouistes, il y a des protestants, il y a beaucoup de juifs aussi paradoxalement qui se sont retrouvés là par le hasard de l'histoire et du commerce. Donc c'est vraiment un pays très très multiculturel où il y a des gens d'énormément d'ethnies, énormément de confessions religieuses, énormément de langues, c'est le pays où il y a le plus de langues qui sont parlées. Il faut savoir qu'il y a des centaines ou des milliers de langues qui sont parlées dans ce pays, ce qui est extraordinaire d'un point de vue de la richesse culturelle. Et c'est vrai que je ne m'attendais pas à grand-chose en Indonésie. Puis au fur et à mesure de mon voyage, je me suis dit que c'est le chemin pour aller en Nouvelle-Zélande, pour aller aux îles Chatham, donc je vais passer par là. Mais sinon, voilà, et au final, il y a de plus en plus de gens qui ont dit « ah ouais, c'est bien, c'est bien » . Donc moi je me suis dit, ok je vais essayer de faire l'Indonésie, mais c'est vrai que les gens ne connaissent de l'Indonésie que Bali, donc moi je me dis, je vais essayer de faire quasiment toute l'Indonésie, sauf Bali entre eux, non exagérant. Donc j'ai fait les quatre plus grosses îles, j'ai fait Sumatra, Java, Célèbes et Flores, c'est l'île du Timor. Et donc j'ai fait ces îles-là, c'était extraordinaire, c'est des îles extrêmement peuplées, il faut savoir que sur Java, c'est une petite île, c'est pas très grand, mais il y a plus de population que la France et l'Allemagne réunies. Sur cette simple île, l'île de Sumatra, il y a plus d'habitants qu'en Italie, ils ont vraiment un changement d'échelle. L'Ardonésie, ça fait 6000 km de long, c'est-à-dire que c'est la distance Brest-Moscou-Ales-Retours. Donc vraiment, le pays est gigantesque. Et moi, Sumatra, par exemple, j'ai passé cinq jours en faisant du stop de l'aube au crépuscule. J'ai passé cinq jours non-stop à la traversée. Donc oui, c'est vraiment un pays qui est gigantesque. Un pays qui est immense et les gens sont d'une gentillesse, d'une simplicité extraordinaire. L'indonésien, ça prend quand même assez facilement puisque c'est une langue qui n'arrive pas trop à exister, mais c'est une langue un peu qui a été créée pour que les différentes ethnies, que les différentes îles arrivent à se comprendre entre elles. Donc, de ce principe, c'est l'alphabet latin. Donc, avec ces choses-là, c'est quand même assez facile d'avoir quand même des bases en indonésien. Et puis, les gens se débrouillent. Il y a quand même quelques mecs qui parlent anglais, qui parlent français aussi. dans les îles. Et ouais, c'est juste extraordinaire. Chaque île a sa propre culture, il y a des paysages magnifiques. Et moi, j'ai vraiment adoré, je n'avais aucune attente. Et je suis allé dans des associations, je suis allé dans des écoles, j'ai fait des mariages, j'ai fait des enterrements, des anniversaires, des messes, le ramadan, j'étais pendant le ramadan, etc. Des ruptures de jeûne, énormément de choses très personnelles de la vie des gens, mais qui me présentaient, qui me partageaient avec grand plaisir. J'ai passé 58 nuits, il n'y en a que 5 où j'ai payé des hôtels. Sinon il y en a quelques unes où j'étendais mon matelas dans les stations service, ou en toile de tente, et qu'une seule nuit en toile de tente. Sinon tout le reste c'était chez l'habitant en fait. Tout le temps invité à loger chez l'habitant. Et c'était la gentillesse spontanée, le fait qu'on pouvait discuter avec les gens. qui eux, ils étaient contents de partager leur culture. Moi, j'essayais d'aller au maximum dans les écoles, etc. pour essayer de rendre ce retour. Et du coup, je me suis retrouvé ainsi à participer à une classe verte de lycéens, de 200 lycéens. Donc pendant quatre jours, j'ai participé à une classe verte où en fait, eux, ils étaient allés dans un village pour réparer, c'était un lycée professionnel, les mobilettes, etc. Et moi, en échange, je leur faisais des petits cours d'anglais, etc. Donc c'était super, c'était vraiment la symbiose où on est voyageur, on profite de la rencontre, mais également on donne un petit peu en retour. Et j'ai vraiment bien aimé cela, en plus c'est un village magnifique. Il y avait des arbres à café, des arbres à cacao qui poussaient naturellement. Donc en fait chaque maison faisait son chocolat chaud et faisait son café de manière artisanale. Donc c'était juste délicieux. Moi j'ai logé pendant quatre jours dans le presbytère du prêtre qui me logeait chez lui. et c'était juste... extraordinaire, c'est vrai que je ne m'attendais pas du tout à vivre ça. Et c'est vraiment un pays, j'ai également J'étais prof de français pendant une semaine au consulat de Makassa, qui est sur l'île de Selel, parce qu'il n'y avait qu'un bateau toutes les semaines. Normalement, il y avait un bateau tous les jours, mais pendant le ramadan, ils sont passés à un bateau semaine, donc ils m'ont dit que le prochain bateau allait dans six jours. Donc je suis allé au consulat, j'ai demandé où je pouvais loger, et j'ai étendu mon matelas dans le consulat de la République française en échange de donner des cours de langue. Donc c'était complètement improbable. J'ai pu... Moi, j'avais les tableaux de Louis de Funès, du général de Gaulle, de Marie Curie, de Jeanne d'Arc qui me surveillaient. Il y avait les paysages du Mont-Saint-Michel, de la Tour Eiffel, de l'Arc de Triomphe, etc. Et c'est vrai que c'était un peu fou et j'ai pu vivre des trucs qui sont vraiment différents. J'ai pas fait, c'est sûr, j'ai pas fait les incontournables comme le Dragon de Komodo, etc. alors que je suis passé juste à côté. Mais d'un point de vue richesse humaine, ça a été un des pays les plus forts.
- Lucas
Après avoir passé autant de temps à voyager, évidemment, il y a des avantages, des inconvénients et des richesses dans chaque pays à ressortir. Mais quel regard maintenant tu as sur la France ?
- Killian
Comment ça ?
- Lucas
Dans le sens où, par rapport à la... à la qualité de vie, par rapport à la beauté du pays, par rapport à ses habitants, par rapport aux opportunités, à l'économie.
- Killian
La France, ce que je me suis rendu compte, ça fait un peu OS77, mais la France, elle a vraiment une place à part, je trouve, dans le monde. Parce que c'est vrai que, par exemple, une fois, je me suis embrouillé avec un Kazakh parce qu'il croyait que j'étais américain. Et ensuite, je lui ai dit que j'étais français. Et là, le mec, il m'a pris dans les bras et il m'a récité tous les joueurs de foot de 98 qui avaient gagné la Coupe du Monde. Et là, je me suis dit, waouh, qu'est-ce qu'il se passe ? Et ça, ça m'est arrivé plusieurs fois où les gens associent le touriste à un Américain. Et ensuite, quand on leur explique que je suis Français, il y a vraiment un revirement. Et c'est vrai que je n'aimerais pas être Américain pour certaines choses, mais c'est vrai que dans certains pays musulmans, les Américains n'ont quand même pas trop la cote. Et la France, on a vraiment cette place à part, on a vraiment cette chance. Et en exagérant, les gens, nous on imagine les Chinois avec 30 ans de retard, mais les Chinois nous imaginent avec 30 ans de retard. Donc ils imaginent encore la France comme ce pays, qui est peut-être un peu moins le cas aujourd'hui, mais neutre entre la Russie et les États-Unis, un peu comme le général de Bonnevoulet, la boussole, la France vraiment neutre, etc. Et de ce point de vue-là, la France a cette place à part dans le monde et les gens l'apprécient. qu'en Azerbaïdjan, mais ça c'est pour des raisons avec l'Arménie où les gens sont francophobes. Mais sinon partout dans le monde les gens adorent les Français. Je me suis retrouvé au fin fond du Kyrgyzstan par exemple, ils écoutent Indila. En Chine ils écoutent Joey Jonathan qui a gagné l'équivalent du The Voice ou de la Star Academy en Chine et donc qui a été suivi par des centaines de millions de Chinois et elle, elle a gagné ce concours de chant. Zaz a été réécouté en Inde etc les films de louis de funès sont connus au kazakhstan au mongolie En Indonésie, les jeunes se réveillent à 3h du matin pour suivre les matchs de Mbappé. Parce que j'ai rencontré des mecs, c'est des fous de foot et ils ne ratent pas un match de Mbappé. Et donc du coup, ils se réveillent à 3h du matin pour suivre un match de Mbappé. Donc petite dédicace parce qu'il y a marqué un but hier. Mais non, voilà, il y a vraiment des gens, les gens aiment la France, les gens s'imaginent à la Tour Eiffel, s'imaginent les parfums. Donc c'est vrai, ils ont des fois une image qui est un peu biaisée. Je leur dis que ce n'est pas un compte de fait la France, des fois il y a quand même un peu des problèmes, mais il y a des trucs, ce n'est pas toujours parfait, parce qu'ils s'imaginent, Edith Piaf, le général de Gaulle, Louis de Funès, Mbappé, extraordinaire, mais on se rend compte qu'on a de la chance. Je pense qu'on a une culture qui est fou, on a les paysages. L'Indonésie, moi j'ai adoré l'Indonésie, mais tous les jours en Indonésie, c'est du riz avec soit du poulet, soit un oeuf, soit des légumes. En France, ne serait-ce qu'au sein d'une région, on a des gastronomies régionales. C'est vrai que les gens me demandaient souvent c'est quoi le plat de la France, mais en fait il n'y en a pas parce qu'il y a tellement de plats que ce serait incapable de dire. En Bretagne, il y a les crêpes, nous on a la quiche Lorraine, il y a la fondue, en Alsace il y a la choucroute, mais il n'y a pas également que la choucroute, il y a également les bretzels dans les noiseries, il y a également les Rieslings pour le vin. Donc en fait si on prend une seule région, il y a une richesse gastronomique extraordinaire, culturelle, les paysages aussi. car lorsqu'on prend le désert de Gobi en Mongolie, c'est joli, mais c'est quand même le même paysage pendant 1000 km. C'est la même chose en Argentine avec la Pampa, où pendant 1000 km, c'est le même paysage. En France, avec tous les collines, les petits châteaux, les petits ruisseaux, les petites forêts, etc., c'est quand même fou. Et ce que je me suis vraiment rendu compte, c'est pourquoi on avait tout ça, et en fait, c'est, je pense, grâce à notre langue française, qui est peut-être une des langues les plus riches et les plus incroyables au monde. C'est vrai que... La langue française permet d'avoir une richesse d'esprit, une richesse de pensée, une richesse culturelle extraordinaire. Il faut savoir que par exemple en laotien, si on veut dire thé, rivière, lac, nuage, en fait c'est eau. Donc en fait en France où on aurait énormément de mots, il n'y en a qu'un. Par exemple en hindi ou en indonésien, pour cuisiner, en fait c'est juste cuire. En France on a quand même risolé, on a fricassé. On a faire revenir, on a déglacer, on a mijonner, mariner, etc. On a 20, 30, 40 synonymes. Et en fait, c'est cette langue française-là qui permet d'avoir une richesse gastronomique. Parce qu'en fait, tu aurais juste cuire, on prendrait n'importe quoi, on le cuirait fin l'histoire. Pareil pour la viande. Nous, on a le jarret, l'entrecôte, la bavette. Il y a énormément de mots, alors que dans beaucoup de pays, c'est juste viande. et donc du coup d'un point de vue La gastronomie, c'est plus compliqué, et ça, ça existe en particulier du fait de notre langue. Et donc c'est vrai qu'il faut en être conscient, car on peut avoir une richesse gastronomique, j'aime bien prendre cet aspect-là, parce que c'est vrai que c'est très très parlant, mais du coup après ça permet également d'avoir une richesse de pensée, une richesse culturelle, etc. Et il faut vraiment être conscient de cette belle langue française, et moi j'en étais pas du tout conscient, et depuis que j'ai réalisé ça, c'était surtout en Indonésie, je me mets de plus en plus à lire, à aimer notre langue, alors que j'ai toujours été une quiche en français. Euh... que... Je n'aimais pas le français spécialement, etc. Et je me suis rendu compte de ça, et ça fait vraiment notre chance. Il faut en être conscient, il faut continuer de lire, il faut continuer de faire vivre notre langue, parce que c'est une langue vivante. Donc à un moment, par exemple, si tous les ans on fait rentrer 10 mots d'anglais nouveaux dans la langue, à un moment, ça va se passer des problèmes. Et c'est vrai que, par exemple, en Inde, c'est ce qui se passe, en Indie, tous les mots nouveaux, c'est des mots anglais. Le système de la date, de la numérotation, des chiffres, c'est de l'anglais. Donc du coup, on peut limite suivre une discussion entre deux indies parce qu'on capte un mot anglais à chaque phrase. En Thaïlande, c'est pareil, on dit un pick-up, on dit un bubble tea. Donc du coup, moi, c'était bien parce que je ne fais pas des paysés, on dit un weekend. Mais même nous, en France, on a ces mots-là et c'est vrai qu'à force d'avoir ces mots-là, on perd notre langue, on perd notre identité parce que notre identité est véhiculée par notre langue. Et ça, il faut en être conscient. Et lorsqu'on voyage, on se rend compte de notre chance et qu'il faut en être conscient, bien sûr. Tout n'est pas parfait en France, mais on a quand même beaucoup de chance sur certains aspects et il faut en être conscient.
- Lucas
La gastronomie française me manque tellement ! J'ai très hâte de rentrer déguster tout type de fromage et tout le tralala, et notamment les bons petits plats de ma maman là ! Ça, ça va être la récompense en rentrant, j'ai assez hâte ! Bon, malheureusement, je pourrais continuer à t'écouter attentivement pendant encore des heures. Mais comme j'ai réservé un petit appartement à Rio Grande à 2h12 pour pouvoir enregistrer, malheureusement, le check-out est dans 10 minutes. Donc, il va falloir qu'on s'arrête là-dessus. Par contre, si jamais tu as un peu de temps pour aller continuer à discuter au café avant de reprendre le stop, ce serait avec grand plaisir. Et avant de finir, est-ce que tu peux me dire deux mots sur ton voyage actuel ? Parce qu'on a parlé de ton voyage d'avant vers l'Asie, mais en ce moment...
- Killian
Et donc ce voyage est différent parce que je le fais avec ma copine. Donc on est parti de France à toute fin du mois de novembre en bateau de Marseille jusqu'à Rio. On est arrivé au Brésil mi-décembre. Ensuite, on a continué l'autostop Rio, Sao Paulo, les Chutes d'Iguazú. On a traversé toute l'Argentine et on est arrivé à Ushuaïa la semaine dernière. Et après huit jours à Ushuaïa, cette fois-ci, on remonte et on va remonter vers... Vers Alcalafate, où tu étais, Perito Moreno, le Chili, puis ensuite Bolivie, Pérou. Donc, on verra. On verra ce que ça va nous donner. Donc là, ce n'est quand même pas le même état d'esprit, mais c'est quand même un auto-stop. Et c'est vrai qu'on fait quand même beaucoup de belles rencontres, comme la personne d'hier qui nous a invité chez elle.
- Lucas
Écoute, on fait un peu le même trajet, mais à l'inverse. Donc, si tu as besoin d'infos sur les pays un peu plus au nord... Pérou, Bolivie, Chili, Argentine, Colombie, n'hésite pas à m'envoyer un petit message. Et puis, écoute, si ça te va, peut-être qu'on se retrouvera dans un an ou je ne sais où. Bien sûr, avec plaisir. Pour discuter dans un autre pays au hasard, non pas en Patagonie près de l'Antarctique, mais peut-être, je ne sais où. En Bolivie, en Alaska, je ne sais quoi. à des milliers de kilomètres. En tout cas, c'était un réel plaisir. C'était génial. C'est improbable qu'on se soit retrouvés ici au même moment et que j'ai pu descendre de mon camion hier soir en me disant, non, je ne vais pas où je voyais aujourd'hui.
- Killian
Je te remercie beaucoup.
- Lucas
Tout le plaisir est pour moi. On va se quitter là-dessus.
- Killian
On va se laisser à tes pieds.
- Lucas
On va lui check-out. Allez, ciao.
- Killian
Merci pour tout. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il t'aura plu, que tu auras soit appris quelque chose ou que soit il t'aura fait rêver. C'est le tout début de ce projet de podcast, donc je suis très friand de vos retours. Pour savoir ce que je pourrais améliorer, n'hésitez pas à écrire un petit commentaire ou alors m'envoyer un message sur mon Instagram, killianenstop. La qualité des vidéos, pour ceux qui regardent sur YouTube, sera bien meilleure sur les prochains épisodes. On vous dit à très vite. Des gros bisous.
- Lucas
Ciao.