- Speaker #0
Je m'appelle Ariane, ici je vous emmène dans mon univers, des conversations avec d'autres thérapeutes, des récits de vie et des épisodes plus personnels où je partage mes visions et ma manière d'accompagner. Je propose en visio ou à Marseille des espaces d'écoute et de parole que je conçois comme des parenthèses précieuses. Vous pouvez me retrouver sur Instagram ariane.carleton et prendre rendez-vous directement via le lien dans ma bio. Si cet épisode vous touche, vous inspire ou vous aide, n'hésitez pas à le partager ou à laisser un avis. C'est le plus beau soutien que vous puissiez offrir à ce podcast et à mon travail. Merci d'être là et très bonne écoute. Bonjour à tous, dans cet épisode, Marie et Raphaël ont accepté de se livrer à mon micro. Ensemble, nous revenons sur leur histoire, sur leur rencontre, sur leur voyage à l'autre bout du monde, mais aussi sur ce moment clé où est né pour eux le besoin de réinventer leur relation en explorant le modèle de la relation libre. Une parenthèse précieuse qui vient questionner notre vision du couple. non pas comme une cage, mais comme un socle, une base fertile, un repère solide, un phare dans nos vies, à condition d'y cultiver l'écoute, la communication, le respect, la remise en question, la curiosité et l'ajustement permanent. Avant de vous laisser écouter cet épisode et notre conversation, je souhaite vraiment poser un cadre que je juge important. Le modèle de la relation libre ne convient pas à toutes les personnes et à tous les couples. Et s'il ne raisonne pas pour vous, ça ne fait absolument pas de vous quelqu'un de fragile, de traditionnel ou de insuffisamment déconstruit. Chaque relation a ses propres règles, a ses propres fonctionnements et a ses propres besoins. Je vous demande donc d'accueillir cette conversation avec bienveillance, sans jugement et je remercie vraiment Marie et Raph pour leur partage. Très bonne écoute. Hello Raph et Marie, ravie de vous accueillir. Ça fait 15 ans que vous êtes ensemble désormais. Est-ce qu'on peut revenir sur la première étape qui est la rencontre ? Ça se passe comment ? C'est où ? Et surtout, vous avez quel âge ?
- Speaker #1
Je crois que c'était en 2011. On devait avoir 16 ou 17 ans. C'était l'époque où tout le monde était sur Facebook.
- Speaker #0
Wow.
- Speaker #1
Et ouais, wow. Et on avait un ami en commun. Et en fait, Marie avait mis un message sur son mur. Et moi, j'ai vu qu'elle était mignonne, qu'elle me plaisait bien. Et du coup, je lui ai envoyé un message. et On a commencé à discuter et puis on s'est rencontrés assez classiquement finalement.
- Speaker #0
Mais vous étiez dans le même... Enfin, c'était par Amidem, mais sur Facebook.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Et dans la vie aussi.
- Speaker #2
Oui, alors on connaissait cette personne en commun, mais on ne s'était jamais rencontrés en vrai, Raph et moi. Et on était dans le même département, mais pas le même lycée, enfin...
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Voilà, et... Et oui, donc on a commencé à s'écrire sur Facebook. Ça fait vraiment boomer. Et peut-être, je pense, au bout d'un mois, on a décidé de se rencontrer en vrai. On s'est donné rendez-vous au Pérou, à Montpellier.
- Speaker #0
C'est un parc ?
- Speaker #2
Oui. Il pleuvait des cordes. Et je me souviens, il était assis sur un banc avec son sweat à capuche.
- Speaker #0
C'était une rencontre virtuelle, un peu. Oui,
- Speaker #2
tout à fait.
- Speaker #0
Enfin, virtuelle. Enfin, on passe du virtuel au... Mais ce qui est rare à l'époque, non ? Oui.
- Speaker #2
Oui, on était précurseurs des applis de rencontre.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Non, mais c'est vrai qu'on se dit souvent, s'il n'avait pas commenté, on ne se serait jamais rencontrés. Donc, la vie, des fois, ça tient.
- Speaker #0
À rien. À un commentaire sur Facebook, c'est pas bien. Et vos premières impressions quand vous vous rencontrez ?
- Speaker #2
Moi, je suis assez impressionnée quand je le rencontre parce qu'il est hyper naturel, hyper à l'aise. Il me fait beaucoup rire. Je suis séduite très, très vite. Et je le mets un peu sur un piédestal. Enfin, j'ai vraiment une grande admiration pour lui. Et du coup, je veux lui plaire. Mais je ne sais pas forcément si c'est le cas. Donc, je repars un peu avec des doutes en me demandant si j'étais à la hauteur ou pas. Comme une ado qui a un délite et qui n'a pas trop confiance en elle. Pas très tard, senti quoi.
- Speaker #1
Moi, je me rappelle que je pense que j'étais beaucoup dans la démonstration.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
À vouloir un peu te séduire et un peu, je pense que j'ai dit un peu de la merde, quoi. Et oui, après, on a mis du temps avant de faire un deuxième date, je me rappelle. Je pense peut-être parce que du coup, géographiquement, on n'était pas à côté, etc. Enfin bon, ça remonte, on parle d'un truc d'il y a 15 ans, quoi.
- Speaker #2
Ouais, on était au lycée et on habitait chez nos parents. Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Et non, je pense que si je le reverrais maintenant, ce serait assez ridicule.
- Speaker #2
Oui, un peu gênant. C'est gênant,
- Speaker #1
je pense.
- Speaker #0
Et si vous deviez revenir sur les grandes étapes de votre couple pendant ces 15 ans, je suppose qu'il y en a beaucoup. Mais vraiment, peut-être la première étape phare dans votre couple ?
- Speaker #2
Alors, sans hésiter, je dirais le voyage en Nouvelle-Zélande. Donc, on s'est rencontrés à 17 ans. On est allés à la fac tous les deux, chacun de notre côté. Moi, j'ai fait une licence en économie et Raph, tu as un peu vivoté à l'université des sciences.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #2
Et en fait, au bout de quelques années à la fac, on s'est dit qu'on avait envie de faire une pause et d'aller voyager. Et que c'était un peu le moment. Et donc, on est partis tous les deux en Nouvelle-Zélande. On avait 21 ans, je crois.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #2
Quand je revois les photos, on était vraiment des bébés. Je me demande comment nos parents ont pu nous laisser partir. Et je trouve que c'est vraiment là qu'on s'est construit en tant que couple, parce qu'avant, oui, on se voyait de temps en temps, mais je veux dire, on n'avait rien vécu qui aurait pu nous souder, vraiment. Et le fait de partir à l'autre bout du monde avec juste notre sac à dos et une seule personne de référence, ça a consolidé notre complicité, le fait qu'on puisse compter l'un sur l'autre. Et là-bas, on a fait plein de petits boulots, on a vécu dans un van, on y est resté huit mois. Et c'est là qu'on s'est vraiment découvert, je pense.
- Speaker #1
Oui, ça a été une étape importante, parce que, comme tout ce que tu as dit, et puis on a dû apprendre l'anglais, se débrouiller, vivre une autre vie. Oui.
- Speaker #2
Et aussi, c'est là où je me suis rendu compte qu'un couple, c'est vraiment être complémentaire. Parce que toi, par exemple, tu étais beaucoup plus sociable que moi. Et du coup, grâce à toi, on allait vers d'autres groupes, on rencontrait plein de personnes. Et moi, j'étais trop contente d'être accompagnée de toi dans ces moments-là parce que tu faisais un peu cet effort social que moi, je n'avais pas. Et à côté de ça, je pense que moi, je te complétais plus dans le fait que j'avais un peu peur de rien et qu'on testait plein de métiers improbables.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vous faites une bibliothèque de souvenirs et vous êtes là aussi pour vous aider, j'ai l'impression aussi.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
carrément. Vous avez un quotidien, vous faites équipe.
- Speaker #2
Là-bas, on a fait des métiers qui étaient assez durs physiquement. Je me rappelle notamment, on a fait les vendanges dans une cave de nuit. Donc, on travaillait 12 heures par nuit pendant deux mois sans jour off. C'était très éprouvant physiquement. Je me souviens qu'on se cachait des fois derrière les cuves, s'embrasser et se soutenir. Et je sais que je n'y serais jamais arrivée sans rafle. C'était très dur. Sur le moment, c'était dur. Et maintenant, quand on y pense, c'est un des plus beaux souvenirs de Nouvelle-Zélande.
- Speaker #0
Et quand vous rentrez, vous quittez forcément votre bulle, cette bulle en tout cas de voyage, et vous revenez dans un quotidien. Et ce quotidien, qu'est-ce qu'il devient ?
- Speaker #1
En fait, on est encore un peu étudiants. Marie reprend ses études. À l'époque, tu étais un peu perdu. Tu ne savais pas trop ce que tu voulais faire. Moi, j'avais déjà abandonné la fac. Je commençais à avoir pas mal d'expérience dans le vin. Du coup, j'ai fait un BTS par correspondance en vis d'ionno. Toujours dans le vin. Et en fait, on vivote. Moi, je suis un peu entre chez mes parents, à la colloque de Marie à Arles, etc. Donc ouais, c'est un rythme qui est différent, mais qui n'est pas toujours ancré, installé, l'appart à deux, etc. On est encore un peu à droite à gauche. Moi, je pars travailler aux Etats-Unis l'été d'après pendant six mois.
- Speaker #2
Oui, en fait, quand tu reviens des Etats-Unis, c'est moi qui pars. Donc là, on s'est un peu croisés pendant deux ans. Enfin, je dis croisés, on s'est vus régulièrement quand même.
- Speaker #1
Oui, on avait une vie de couple.
- Speaker #0
Mais en étant quand même assez indépendants dans vos activités, avec des groupes d'amis différents.
- Speaker #2
Oui, on a toujours été indépendants là-dessus. Ce n'est pas pour autant qu'on ne valorise pas notre couple. Mais c'est vrai que la vingtaine, c'est une période où tu construis, tu fais plein d'expériences, de voyages, des études. les premiers taffs, tout ça. Et on n'avait pas envie que le couple contraigne cette envie de... De se découvrir. On n'avait pas envie d'imposer à l'autre notre parcours. Donc on s'est retrouvés à certains moments et à d'autres moments on était séparés mais on l'a toujours bien vécu.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de choses qui ont des durées déterminées aussi. Typiquement ton Erasmus, moi mon contrat aux Etats-Unis, on sait qu'il y a des choses qui vont revenir. Donc, on n'est pas encore à se projeter trop loin. C'est pour ça, peut-être, qu'on se permet cette flexibilité-là.
- Speaker #0
Et est-ce que vous sentez, à cette période-là, même dans la vingtaine, que vous allez faire votre vie ensemble ?
- Speaker #2
Je pense qu'en... En fait, on voit les couples autour de nous qui ne tiennent pas, parce que nos amis, la vingtaine, tout ça, ils ont plein d'expériences à droite à gauche. Nous, on voit que ça tient, mais sans trop d'efforts, j'ai envie de dire. Enfin, c'est assez naturel, on n'a pas envie de se lâcher. Évidemment, il y a des moments plus difficiles que d'autres, mais ça tient. et j'ai l'impression que d'année en année, on constate que c'est solide et on est un peu surpris à chaque fois. Ça fait 5 ans, ça fait 6 ans. Et on ne se projette pas au point de se dire qu'on va finir notre vie ensemble. Mais on est...
- Speaker #1
On sait qu'on a un amour fort et qu'on commence à se dire qu'on est chanceux quand même aussi. Donc non, tout se passe pour le mieux, on va dire, dans ces années-là.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une autre étape qu'on doit connaître dans votre couple ?
- Speaker #2
Bah oui, du coup, après les États-Unis et l'Italie, on est partis vivre cette fois-ci ensemble. au Canada. C'était une idée de Raph à la base, comme la Nouvelle-Zélande. Heureusement que t'es là, sinon je ne serais jamais partie. Et en fait, il faut savoir que pour vivre au Canada en tant que Français, on peut avoir donc un permis vacances-travail, qui est un visa qui te permet de travailler dans le pays. Et par contre, le Canada est tellement prisé que c'est une loterie. Donc nous, on a postulé à cette loterie en même temps. Mais il n'y a que moi qui ai été prise, puisque c'est vraiment du hasard total. Et à partir du moment où tu obtiens ton visa, tu as un an pour partir jour pour jour. Et donc, on a attendu. Raph a refait des demandes de visa qui n'aboutissaient pas. Et donc, je suis partie la veille de l'expiration de mon visa, sans savoir si du coup Raph me rejoignait. C'était très difficile comme décision. C'est toi Raph qui m'a poussé à le faire, à vraiment utiliser ce visa malgré tout. Et du coup, oui, j'ai pris un billet pour la veille de l'expiration. Et je me souviens, tu m'as accompagnée à l'aéroport et on s'est dit au revoir. Et ce qui était horrible, c'est que je ne savais pas quand on se reverrait. Tu aurais pu avoir ton visa deux semaines après comme jamais. Donc l'idée, c'était que je parte un petit peu en pionnière, essayer de nous installer cette nouvelle vie au Canada, mais peut-être qu'il n'aurait jamais lieu.
- Speaker #1
C'est assez stressant.
- Speaker #0
Et tu l'as eu quand, le visa ?
- Speaker #1
Mais en fait, finalement, ça c'est, je dirais, deux mois et demi, trois mois plus tard, j'avais mon visa. Donc voilà, je quittais mon travail, et le temps de quitter tout ça, j'étais au Canada. Marie, tu as été seule pendant trois mois là-bas ?
- Speaker #2
Oui. Et donc, c'est là qu'on en vient au sujet du podcast. On est en 2019, ça fait huit ans qu'on est ensemble. Donc, le couple est bien solide. Là, on commence un peu à se dire qu'il y a moyen qu'on finisse notre vie ensemble, qu'on fasse un bon bout de chemin ensemble. Et donc, moi, j'arrive au Canada, je suis seule. Donc, c'est assez stressant. Et d'un autre côté, j'ai quand même ce sentiment de trouver une liberté assez enivrante.
- Speaker #0
Au Canada, par la culture,
- Speaker #2
les paysannes ? Oui, évidemment, c'est totalement différent. J'arrive en plein mois de janvier, il fait moins 15 dehors, la ville est toute blanche, tout est nouveau, l'accent, les manières de vivre, chaque jour est vraiment une découverte. Et en fait, moi j'ai été un cas particulier, c'est que quand on arrive au Canada, au nom Un numéro d'identification qui nous est donné, et c'est un numéro de travailleur qui nous permet de trouver du travail. Et en fait, sur un cas sur mille, par hasard, ils piochent quelqu'un, et en fait, ils ne lui donnent pas ce numéro si facilement. Et ils enquêtent sur toi, et donc c'est tombé sur moi. Donc pendant trois mois, je n'ai pas pu travailler.
- Speaker #0
Mais pourquoi ils enquêtent sur toi ?
- Speaker #2
Je ne sais pas, c'est des enquêtes administratives, franchement, je n'en sais pas plus. Ils n'en disent pas plus. Je pense que j'allais au bureau du numéro d'identification une fois toutes les deux semaines pour demander où en était mon dossier. Et à chaque fois, ils me disaient que c'était en procédure. Donc,
- Speaker #0
je ne pouvais pas être réveillée.
- Speaker #2
Voilà. Donc, je n'avais pas le droit de travailler tant que je n'avais pas ce numéro-là. Donc, j'ai vu mes économies fondre à vue d'œil. Mais le côté positif, c'est que j'avais trois mois totalement libres où j'ai vraiment arpenté la ville. Donc, on était à Montréal. de fond en comble, c'est là que j'ai découvert un petit peu mes petits quartiers, mais j'ai commencé à avoir des habitudes. Et la seule personne que je connaissais dans cette ville, c'était un ami d'ami que j'avais contacté à l'avance. En lui disant, bon, moi je ne connais personne, je suis à Montréal. Donc on s'était rencontrés et en fait, très vite, on s'est liés d'amitié. On était trop contents de faire des choses ensemble parce que lui aussi, il était un peu seul. Et en fait, un soir où on a fait la fête, c'était une soirée en extérieur. Je pense que c'était la nuit, il faisait vraiment très très froid, moins en eau grée. Et je ne sais pas, l'alcool aidant. Et peut-être la recherche de chaleur humaine, on s'est embrassés. Et ce n'était pas trop prévu dans mes plans. Quand je suis rentrée, je me suis sentie très, très coupable. Parce que toi,
- Speaker #0
Raph, tu n'étais pas là.
- Speaker #1
Non, non, non, je n'étais pas là. Je n'étais pas encore là. En France,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #2
Et je pense...
- Speaker #0
C'est juste un bisou ?
- Speaker #2
Oui, juste un bisou. Ça faisait quelques semaines qu'on se tournait autour quand même.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Et en fait, j'ai ressenti une énorme culpabilité parce que... Raph, le pauvre, il était en France à attendre son visa et moi je vivais ma meilleure vie à l'autre bout du monde. Et du coup, je me suis sentie très mal et j'avais besoin de lui dire, mais je trouvais qu'un appel, c'était un peu trop dur. Je ne sais pas, je n'aimais pas la forme d'un appel pour annoncer ça. Et du coup, j'ai décidé d'écrire parce que j'ai beaucoup plus de facilité dans l'écriture et donc je lui ai écrit une lettre.
- Speaker #0
Que tu lui as envoyé la lettre ?
- Speaker #2
Oui, par la poste à l'ancienne.
- Speaker #0
Wow !
- Speaker #2
Une lettre de cinq pages, je crois. Oui. Et donc, ce qui était terrible, c'est que pendant les trois jours où la lettre devait arriver, moi, je continuais à parler à Raph comme si de rien n'était. Et j'attendais chaque jour qu'il reçoive cette lettre. Et puis, il a reçu et je vais peut-être te laisser la parole.
- Speaker #1
C'est marrant, j'ai pas de gros souvenirs de cette lettre. Je me souviens que ça m'a marqué, mais le contenu exact, voilà. Donc oui, moi j'apprends ça dans la situation dans laquelle je suis. Je me rappelle, je la trouve égoïste en fait. Je la trouve un peu égoïste.
- Speaker #0
Mais elle dit quoi cette lettre ?
- Speaker #2
Ah, la lettre du coup raconte ce qui s'est passé, ce baiser avec cette amie. Et en fait, j'écris que je pense que ce n'est pas arrivé à ce moment-là par hasard et que je pense que notre couple est assez solide maintenant pour essayer d'imaginer que peut-être, éventuellement, on pourrait s'ouvrir à d'autres formes de relations. En fait, à l'époque, le couple libre, ce n'est pas connu. J'ai l'impression que maintenant, on en parle beaucoup plus. Mais du coup, le terme couple libre n'existait même pas, je crois. Donc en fait, avec mes mots, je tricote un peu et je lui propose qu'au lieu de se sentir coupable et de se tromper comme beaucoup de couples font, essayez de faire ça dans l'honnêteté. Et en fait, je propose juste une discussion à Raph. Je ne lui propose pas une solution. Je lui dis que j'ai ces questionnements dans ma tête et que j'ai envie de lui en faire part. Oui,
- Speaker #1
du coup, ça me met un peu en colère quand même. Surtout que ça n'a pas juste été ponctuel. Du coup, elle veut justement qu'on se forme notre relation. C'est un peu bouleversant, je pense, pour moi.
- Speaker #0
Tu ne t'y attendais pas du tout ?
- Speaker #1
Non, je ne m'y attendais pas du tout. Et en fait, il s'avère que moi, dans le passé, je lui avais fait des cachoteries. J'avais eu une relation avec une fille quand j'étais aux Etats-Unis. Et d'ailleurs, ça m'avait rongé de ne pas lui en parler. Les personnes qui ont vécu ça, je pense, savent de quoi je parle. C'est horrible, en fait, de cacher ça à la personne qu'on aime. Et du coup, c'est le bon moment pour en parler. Donc, ben... En fait,
- Speaker #2
tu m'as appelé.
- Speaker #1
En fait, ouais, je t'ai appelé.
- Speaker #2
Tu m'as dit, j'ai reçu ta lettre.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #2
Et tu m'as dit, il y a quelque chose.
- Speaker #1
J'ai quelque chose à te dire. Et donc, voilà, là, c'est un peu... Je crois que c'était un peu un clash, parce que ça ne te plaît pas trop non plus, ce que je te dis.
- Speaker #2
En fait, je suis très surprise, vraiment. très surprise et je me dis c'est dingue en fait tout le monde se trompe tout le temps en fait ça confirme ta théorie initiale quoi c'est une théorie initiale qui est toujours tout le monde se trompe ?
- Speaker #1
pas tout le monde mais j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de monde non mais en tout cas le sujet de ta lettre c'est que les gens finissent par se tromper toi tu as fait ça et pour le coup tu as la maturité de proposer quelque chose d'autre Et donc je te l'avoue... t'es choquée.
- Speaker #2
Mais ce que je te dis pas, c'est qu'en raccrochant, j'ai un énorme sentiment de soulagement. Parce que je me rends compte que en fait, t'es tout aussi humain que moi, et toi aussi, t'as dérapé par le passé, et j'ai l'impression que ça ne... on est un peu sur un pied d'égalité et que la discussion sera beaucoup plus simple.
- Speaker #1
Après, toi, tu as eu le courage d'avouer à l'époque un baiser. Bon, moi, c'était plus que ça. Donc, bon...
- Speaker #0
J'ai une petite question. Donc, toi, cette nana aux Etats-Unis, qu'est-ce qui s'est passé avec elle ? Ça a été une histoire ?
- Speaker #1
On s'est fréquenté pour une histoire. Non, je ne dirais pas jusque-là. Mais du coup, elle a mélangé un peu avec des regrets. Mais j'ai quand même eu de l'attirance. Mais bon, voilà, ce n'est pas...
- Speaker #0
Et comment tu gérais le fait de cacher cette histoire à Marie ? C'était, je mets sous le tapis et je fais comme si. Moi, ça fascine, ça. Je fais comme si ça n'existait pas.
- Speaker #1
Comme si ça n'existait pas, ouais. Je pense qu'à l'époque, je suis toujours été très proche de ma sœur. Il n'y a que ma sœur qui le sait.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
tu sais pas ? Ah ouais ? Ouais, c'est vrai que j'avais que ma sœur qui le sait. Et quand t'as fait des mauvais choix, tu pèses le moins pire après. pour ta relation.
- Speaker #2
Et d'ailleurs, j'ai une question pour toi. Il n'y a aucun moment où tu t'es senti assez courageux ou assez libre de m'en parler ?
- Speaker #1
Non. C'est pour ça que j'ai sauté sur l'occasion quand tu me parles de ça.
- Speaker #2
Tu n'as jamais traversé l'esprit ?
- Speaker #1
Si, plein de fois. Mais vraiment plein de fois au bord, vraiment à deux doigts de le dire. Mais ça, non. Tu te dis non au dernier moment.
- Speaker #0
Tu avais peur de quoi que je te quitte ?
- Speaker #1
J'ai peur de ta réaction, de te faire du mal. Finalement, ça sert à quoi de le dire ? Tu vois, plein de trucs assez classiques.
- Speaker #0
Parce que pour toi, ce qui se passait avec cette fille aux Etats-Unis, ça ne comptait pas.
- Speaker #1
Ça ne comptait pas dans quel sens ? Pour moi ?
- Speaker #0
Vis-à-vis de Marie, ça ne valait pas le coup ?
- Speaker #1
Oui, je pensais que ça allait la blesser pour rien. Et que ça ne servait à rien de le dire.
- Speaker #0
je trouve qu'on fait souvent des suppositions finalement sur ce que l'autre pourrait ressentir alors que si on en parle parfois ça peut être bien accueilli et l'inverse aussi mais après il y a tout l'adultère
- Speaker #1
dans les sociétés dans lesquelles on vit c'est pas un sujet très joyeux l'autre est heureux de l'apprendre j'ai perdu un peu le fil On était où ?
- Speaker #0
Oui, donc...
- Speaker #1
Et du coup, on finit par se revoir à Montréal.
- Speaker #2
Voilà, tu...
- Speaker #0
Ah, donc vous restez sur cette dispute, sur ce conflit à distance. Tu lui avoues en fait que ça t'est arrivé aussi.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais vous décidez de continuer la relation ?
- Speaker #2
Oui, à aucun moment. Ouais. À la fin, il y a...
- Speaker #1
Moi, j'ai un doute à un moment quand je te dis ça, mais après, quand on rediscute, c'est hyper vite évincé. Et je sais qu'on est fort et qu'on a envie de...
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #1
continuer ensemble.
- Speaker #2
J'ai l'impression que ça a toujours été le cas quand on a rencontré une difficulté. Le fait de se séparer, ce n'était pas trop une solution. Mais du coup, tu finis par avoir ton visa, tu me rejoins. Là, on en discute vraiment.
- Speaker #1
Là, on commence à beaucoup parler. Je me rends compte qu'aussi dans le passé, tu avais eu un peu des meilleurs amis et que tu avais de l'attirance. C'est la vraie amorce de la discussion. Moi, au début, je me rappelle, j'étais quand même assez opposé à ça parce que je pensais beaucoup aussi au regard des autres.
- Speaker #0
Opposé à la relation libre.
- Speaker #1
Ouais, opposé à la relation libre. C'est Marie qui me le propose véritablement. Et ouais, je pense à... Tu sais, tu penses qu'est-ce que pourrait en penser un tel, une telle, ta famille, les autres, les gens. Du coup, ça s'oppose pas mal dans ma tête.
- Speaker #2
Et ça nous a vachement aidé que tu habites à l'autre bout du monde à ce moment-là.
- Speaker #0
Parce qu'au Canada, c'est quelque chose qui, je crois, ne fait pas du tout tabou.
- Speaker #2
Oui, c'est un pays qui est beaucoup plus évolué là-dessus. En France, on est assez fermé et assez critique. Et au Canada, on a trouvé l'espace pour pouvoir expérimenter ça. Et en fait, la plupart des couples qu'on rencontrait étaient en couple libre. J'ai l'impression que c'était un peu la norme là-bas. Et les gens étaient beaucoup plus ouverts, même sur les questions de genre, d'orientation sexuelle. on sent que quand même c'est un step au-dessus.
- Speaker #1
Et le fait que justement, comme tu dis, on ne connaisse personne, on a quelques amis, mais on se sent plus libre de commencer à rencontrer des gens. Et voilà, au début, on commence avec des applis de rencontres assez classiques. Et voilà, un jour viennent les premières rencontres.
- Speaker #0
Alors c'est des rencontres chacun de votre côté ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
à cette époque là vous avez déjà des règles entre vous ou vous expérimentez il n'y a pas de règles et on teste il n'y a pas trop de règles non c'est assez anarchique en fait on était un peu comme des gamins
- Speaker #2
qui découvrait un nouveau jouet. On a fait pas mal de rencontres. Ce qui était un peu drôle, c'est qu'au début, on a essayé de faire en sorte que nos dates soient au même moment et en fait, on s'est vite rendu compte que c'était ridicule. Mais on a toujours été sincères avec les personnes qu'on rencontre sur le fait qu'on est en couple avec quelqu'un d'autre et qu'on est en couple libre, tout ça. Et comme je le disais tout à l'heure, au Canada, c'est hyper... les gens sont ouverts. donc on a eu des... des réactions positives. Et je pense qu'au bout d'un moment, les applis de rencontres, on en fait un peu le tour.
- Speaker #1
C'est assez chronophage, je me rappelle. Il y avait un côté chronophage de l'écrire, etc. Bon, des fois, ça manquait un peu de spontanéité aussi. Et puis, à un moment donné, on s'est un peu oubliés, je me rappelle. On s'est dit, ah, mais on passe moins de temps ensemble. Bon, on s'est dit, ah, ça grignote un peu du terrain.
- Speaker #0
Je ne comprends pas, en fait, c'était quoi votre objectif ? C'était vraiment d'expérimenter d'autres relations. à côté de votre couple.
- Speaker #1
C'est ça, ouais.
- Speaker #0
Mais est-ce que vous en avez vraiment... Alors toi, Marie, je sens qu'à cette époque-là, c'était tout et toi qui étais en demande, mais est-ce que toi, Raft, on avait vraiment envie ?
- Speaker #1
Ben... Tu t'es dit,
- Speaker #0
je le fais parce que Marie... Ben,
- Speaker #1
c'est marrant. Je pense qu'au début, il y avait un côté un peu comme ça et puis au final, ben, en même temps, je me suis rendu compte que j'aimais bien ça et puis voilà, on était en couple. Bon, j'avais dérapé une fois aux États-Unis, mais sinon,
- Speaker #2
T'avais pas connu d'autres corps.
- Speaker #1
T'avais pas connu d'autres femmes. Et du coup, je me suis dit c'est trop génial. Je me rappelle les premières fois, c'était un vent de frais.
- Speaker #2
En plus, ce qui est marrant, je trouve, c'est que on peut s'attendre à ce que la femme ait plus de succès. Et t'avais plus de succès que moi.
- Speaker #0
Donc il y a une comparaison. Tu plais en ce moment.
- Speaker #2
C'est vrai qu'on a vraiment pris ça comme un jeu au début, tout en étant respectueux des autres. Je ne veux pas qu'on imagine qu'on consommait ça comme ça, mais c'est vrai que c'était un peu un jeu et on trouvait ça marrant. Il n'y avait pas trop d'enjeux, c'était léger.
- Speaker #1
Et au fur et à mesure, il y a quelques règles qui sont venues. Nous, on ne voulait personne dans notre espace, dans notre cocon. Chisiquement. Physiquement, oui.
- Speaker #0
On ne date pas à la maison.
- Speaker #1
Et après, si l'autre, à un moment donné, se sentait mal, à n'importe quel moment, il y avait un bouton d'arrêt d'urgence où il pouvait dire stop à l'autre. Et puis,
- Speaker #0
est-ce qu'il y avait une notion de transparence aussi ?
- Speaker #2
Oui, justement, c'est ce que j'allais dire. On ne se cachait rien. on se disait qu'il y avait qui on allait voir, comment cette personne s'appelait, où on se retrouvait, au cas où, on ne sait pas. C'était quand même rassurant que l'autre sache où on est. Et puis, je me souviens que des fois, on se donnait un peu des conseils. Quand toi, par exemple, tu avais une relation avec une femme et des fois, tu ne comprenais pas trop où elle voulait en venir, moi, ma lecture en tant que femme, je te disais, là, je pense qu'elle a besoin de clarté à ce niveau-là, tu devrais plutôt lui dire ça. sans pour autant me mettre à ta place mais c'est vrai que je me souviens que des fois on se donnait un peu des conseils je trouvais ça mignon mais qu'est-ce qui fait que vous revenez toujours à cette relation qui est la vôtre ?
- Speaker #0
c'est parce que c'est votre repère, c'est votre phare,
- Speaker #2
c'est votre socle et pourquoi pas finalement partir aussi avec quelqu'un d'autre tu vois c'est la nuance que j'aimerais bien comprendre peut-être bah déjà avec Raph ça faisait déjà des années qu'on était ensemble, on a grandi ensemble On s'est connus, on était des grands ados. Je trouve qu'on s'est un peu façonnés, construits ensemble. Je pense qu'aujourd'hui, je ne serais pas la personne que je suis si je n'avais pas rencontré Raph. Évidemment, il n'a pas fait tout mon caractère, mais je pense que ça a fonctionné quand même. Et je pense qu'avant tout, on est meilleurs amis. On a énormément de complicité. Et c'est cette complicité-là qui fait qu'on est fort face à... à ça, puisque cette complicité-là, moi, je l'ai avec personne d'autre.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Et je pense que je la retrouverai avec personne d'autre, puisque justement, on s'est rencontrés quand on était jeunes, donc on s'est façonnés ensemble.
- Speaker #1
Oui, on a toujours, c'est ça, il y avait un côté meilleurs amis, on a toujours beaucoup rigolé ensemble, la complicité qui s'est créée. Et en fait, ce n'est pas parce qu'on vivait, qu'on commençait à vivre d'autres expériences avec des gens, qu'on voulait reproduire ça.
- Speaker #0
autre part on voulait garder ça et essayer en fait mais en étant meilleurs amis la place de l'amour elle est où ? Je suppose que déjà dans la sexualité, il y avait cette idée de découverte, de fraîcheur, de se sortir un peu de la routine, on va expérimenter. Le côté meilleur ami qui est vous, votre socle, mais la place de l'amour aussi, de votre propre couple et de votre propre relation. Est-ce que justement le fait de fréquenter d'autres personnes, ça ne l'a pas à un moment donné éteint ?
- Speaker #2
Pas du tout. Au contraire, le fait de rencontrer d'autres personnes, on se rend compte que nous, ce qu'on a, c'est précieux. Non, je trouve même que l'amour s'est renforcé parce qu'on se rend compte qu'on est solide, qu'on peut se permettre ça tout en étant sûr de ce qu'on vit tous les deux.
- Speaker #1
Et le fait aussi d'aimer quelqu'un, c'est l'aimer heureux. Donc au début, moi, du coup, je n'étais pas dans une position, c'est toi qui as proposé ce truc-là. Donc je me suis dit, finalement, par amour, j'ai accepté d'essayer. Et au final, c'est de l'amour tout ça, je pense. C'est le fait de quelque chose pour lequel au début, tu n'es pas partant. Tu te dis, j'aime tellement cette personne que je vais aller à l'encontre de ce que je pense. Et voilà, finalement, je pense que c'est que de l'amour.
- Speaker #0
C'est beau. Et est-ce que ce n'est pas aussi par rapport à ce que tu dis ? Moi, il y a quelque chose qui m'est venu. Finalement, c'est se retirer de l'idée que l'autre m'appartient.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
possession. Et je trouve qu'effectivement, il faut beaucoup d'amour et peut-être un peu moins d'égo pour se dire mais ça reste une personne libre et je trouve ça trop beau.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Après, ça, c'est la société, etc., où un couple, c'est ensemble, et puis sinon, c'est de l'adultère, etc. Donc, via la famille, les films, tout, on nous apprend que c'est comme ça et pas autrement. Alors que... finalement, ça existe. Et oui, l'autre ne nous appartient pas. L'autre ne nous appartient pas. C'est une personne à part entière. Mais ça, c'est venu en le faisant, en fait. Je trouve cette réflexion-là. Pas pour toi, mais...
- Speaker #2
C'est vrai, parce que quand on a commencé ces expériences, on parlait beaucoup. On a beaucoup communiqué là-dessus, sur qu'est-ce qu'on ressent, qu'est-ce que ça te fait, qu'est-ce que ça vient toucher au fond de toi. Et en fait, on s'est rendu compte que la jalousie, c'est juste de l'insécurité. Si quelqu'un est jaloux de l'autre parce qu'il va voir ailleurs, c'est parce qu'il n'est pas sûr de l'amour qu'il lui porte, je pense. Et moi, comme je suis sûre de l'amour que tu me portes, ça ne me dérange pas que tu ailles voir ailleurs, parce que je sais que je serai toujours ta préférée.
- Speaker #1
Oui, oui, en fait, moi j'ai trouvé, pour nous, J'ai trouvé qu'il y avait un côté un peu faux du fait que tu vas voir ailleurs. Parce qu'au début, on a parlé à nos amis à notre retour de France. Et les premières réactions, c'était « Ah, mais si tu vas voir ailleurs, qu'est-ce qui te dit que tu ne vas pas tomber amoureux ? » Mais en fait, déjà, ça peut t'arriver sans que tu expérimentes ça. Justement, tu vas avoir encore plus, pour moi, de désirs et de trucs refoulés. Et ce n'est pas parce que tu vas avoir une relation sexuelle ou charnelle avec quelqu'un que tu vas avoir envie de tomber amoureux.
- Speaker #0
Et si ça arrive ? On en parle !
- Speaker #2
Du coup, c'est arrivé. On a vécu deux ans et demi au Canada, puis on est rentrés en France. Et on a repris un travail chacun dans le sud de la France. Moi, j'ai rencontré quelqu'un à mon travail avec qui j'ai... commencer une relation. Et en fait, je me suis rendue compte, malgré moi, qu'en fait, j'étais tombée amoureuse de lui. C'était très dur à admettre. Au début, je me suis un peu mentie à moi-même. Et puis, après, j'ai regardé les choses en face et je me suis dit, déjà, oui, c'est possible d'être amoureuse de deux personnes en même temps. Je ne pensais pas que c'était possible. Évidemment, à des échelles différentes. Ce n'était pas du tout le même amour qu'avec Raph, heureusement. Et donc là, très compliqué à admettre. Et puis, moi, j'ai toujours voulu être honnête avec Raph. Du coup, j'ai pris mon courage à deux mains. Et je lui ai dit, alors, mon intention là-dedans, c'était qu'il m'aide. C'était un peu un appel à l'aide, je pense. Et j'avais besoin qu'on fasse face à cette nouvelle étape de notre vie ensemble. Et je voulais pas trouver la solution toute seule. Je lui ai dit, c'était très dur. Évidemment, Raph, ça t'a blessé. Ça devait être tellement dur à entendre aussi.
- Speaker #1
Oui, oui. J'avais un peu des doutes quand même. Mais du coup, je me rappelle qu'avant que tu me l'avoues, je t'avais un peu... confronté déjà et je t'avais un peu questionné, je t'avais un peu dit bon voilà, qu'est-ce qu'il en est etc et bon bah moi ça m'a vachement attristé du coup et je t'ai demandé de plus le fréquenter quoi, je pensais que c'était un peu nocif pour nous deux et après toi ça t'a pas fait forcément du bien cette période,
- Speaker #2
cette relation ouais, ouais c'était dur parce que du coup ça a questionné mais... le couple libre, les limites du couple libre. Et donc, on a parlé de polyamour. On s'est demandé si on voulait aller sur ce terrain-là. C'était un peu too much pour nous, ça. Même si je pense qu'on serait assez solide pour l'expérimenter, mais ce n'est pas quelque chose qui nous a donné envie. On avait peur de se perdre là-dedans. Et du coup, en ayant fait ce constat, Raph m'a demandé d'arrêter la relation. Et donc, ce que j'ai fait, c'était assez dur pendant plusieurs mois parce que le fait d'arrêter cette relation, ça ne venait pas de moi. C'était une demande extérieure, on va dire. Mais en fait, maintenant, avec du recul, je me dis que c'était la meilleure solution. Et qu'en me demandant ça, Raph, il a protégé notre couple. Et il a quand même été vachement à l'écoute parce qu'il m'a permis quand même de revoir cette personne pour lui dire que ça se passe un petit peu dans la douceur.
- Speaker #1
Moi, j'avais vécu un peu l'inverse de cette situation quand on était au Québec où je fréquentais une fille. Et du coup, je voyais qu'elle s'attachait plus que moi. Du coup, comme on a dit, on a toujours été transparent avec les personnes. dit ce qu'il en était et du coup j'avais mis fin à quelque chose comme ça aussi et ouais on se sent un peu enfin moi je m'étais senti j'avais peur qu'elle ait pensé que je les utilisais enfin
- Speaker #2
ouais c'est vrai que les arguments des on va dire des des trackers du couple libre c'est un peu On a le beurre et l'argent du beurre.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
On est dans un couple qui est stable, on est sécurisé émotionnellement et en plus de ça, on va aller chercher à l'extérieur des nouvelles expériences sexuelles et affectives sans prendre en compte le fait qu'on peut peut-être blesser des personnes. Donc évidemment, nous, on met les bases au début, mais après, on n'est pas garant des sentiments qui peuvent se développer chez nos amants et amants. et c'est vrai que ça peut être les limites du couple libre. C'est-à-dire qu'il faut trouver des personnes... Après, le meilleur cadre possible, c'est de trouver des personnes qui sont elles-mêmes en couple libre, qui sont exactement dans la même situation.
- Speaker #1
Ça équilibre plus le truc qu'une personne qui est...
- Speaker #2
Une personne qui serait seule. Voilà, et qui chercherait à construire quelque chose.
- Speaker #0
Avec la même façon de faire. Alors, il y a quelque chose qui me vient en tête, c'est que j'avais une personne dans mon entourage Merci. trompait régulièrement ses nanas et il disait non mais moi en fait c'est parce que je suis polyamoureux mais alors évidemment ça n'est que dans un fond et j'avais envie de dire non Jean-Michel t'es juste un connard tout simplement donc il y a aussi, je pense que ça nécessite effectivement beaucoup de cadres beaucoup de communication pour à chaque fois rappeler les règles et puis aussi d'expérimenter pour justement placer les curseurs j'aime bien dire moi au bon endroit ... un endroit en tout cas qui est juste pour vous, par rapport à toutes ces expériences, quelles sont les règles, vos règles à vous, et qui fonctionnent pour vous ? Et encore une fois, qui pourraient ne pas fonctionner pour un autre couple, mais qui pourraient peut-être aider d'autres personnes et peut-être semer des graines ?
- Speaker #1
En fait, elles n'ont pas beaucoup évolué, je dirais, depuis le début. On aime toujours avoir notre espace à nous, on n'est pas invité des dates. autre chose chez nous, dans notre bulle. La communication, toujours parler du fait qu'on a envie de voir quelqu'un, on va à tel endroit rencontrer telle personne.
- Speaker #2
Et une règle importante qu'on a mise un peu plus tard, c'était du coup les personnes qu'on rencontre chacun de notre côté, l'autre ne les connaît pas.
- Speaker #1
Ah oui, pardon.
- Speaker #2
C'est en dehors de notre cercle social et amical. voilà parce que ça peut créer des moments étranges gênant c'est bien que ce soit en dehors de notre cercle c'est hyper important ouais Oui, la communication, évidemment. Et puis, c'est jamais sur le fait accompli. C'est-à-dire qu'on sait, par exemple...
- Speaker #1
Où on a envie de faire ça, de rencontrer d'autres personnes, mais des périodes où on n'a pas envie.
- Speaker #2
Oui, il y a des fois où on a « refermé » le couple. Par exemple, je crois, quand on est rentrés en France du Canada, on avait besoin de se retrouver tous les deux. Et on a arrêté pendant plusieurs mois. Et puis, il y a d'autres fois aussi où on est en couple libre, mais il ne se passe rien. Je veux dire, ce n'est pas parce qu'on est en couple libre qu'on a des rencontres tous les week-ends. Des fois, pendant des mois et des mois, il ne se passe rien pour nous deux ou pour l'un de nous deux. Et c'est des périodes.
- Speaker #0
Et il y a toujours cette notion de si je vois quelqu'un, je le dis.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
toujours.
- Speaker #2
Tout à fait. On s'est toujours dit, quand on fréquentait quelqu'un, l'autre connaît. Comment elle s'appelle ? Connaît quelques éléments de base sur la personne. Je pense que c'est important. Enfin, moi, je ne serais pas à l'aise de savoir que Raph fréquente quelqu'un et je ne sais pas du tout qui c'est.
- Speaker #0
Alors, on va prendre un exemple très simple. Je ne sais pas, vendredi soir au prochain, tu vas dater avec un mec.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Et toi, pendant ce temps-là, tu fais quoi ? Tu ne fais pas dans ta tête.
- Speaker #1
Non, non, non, il ne se passe rien dans ma tête parce que du coup, avec le temps, on a su se rassurer. et se donner des éléments pour qu'on se sente en sécurité. Après, je ne sais pas, je peux autant rester à la maison qu'être avec des amis.
- Speaker #0
Et je sens les amis aussi te disent « Allez-vous marier toi ? » Est-ce que tu réponds ?
- Speaker #2
Ça dépend des amis.
- Speaker #1
Ça dépend des amis. Au tout début, c'était nouveau pour nous. Je pense qu'on était un peu euphoriques. On en a beaucoup parlé. Et on n'a pas eu des réactions forcément positives. On a senti qu'il y avait un peu de jugement. donc
- Speaker #2
de la part de notre cercle d'amis éloignés parce que nos amis très proches ont toujours été très bien vus.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Bah, éloignés, enfin, des groupes d'amis.
- Speaker #2
Oui, voilà, des groupes d'amis.
- Speaker #1
Et du coup, au fur et à mesure, par exemple, moi, j'en ai beaucoup moins parlé. Bon, peut-être que les gars parlent un peu moins que les filles aussi. Et ça nous va très bien. Et oui, du coup, on pratique un peu le mensonge selon à qui on parle. Et du coup, on dit, bah, Maria, elle est chez une amie. Ouais. Du coup, j'espère qu'ils ne vont pas écouter le podcast. Pour savoir.
- Speaker #0
Elle aime bien ses amis, Marie.
- Speaker #1
Dis donc.
- Speaker #2
Non, moi, quand Raph fréquente une fille, je n'y pense même pas. Je fais ma vie. Non, mais il m'a déjà demandé des conseils de comment s'habiller. Je trouve ça mignon.
- Speaker #0
C'est trop drôle.
- Speaker #2
et après le lendemain on débriefe un peu on rentre pas dans les détails parce que c'est aussi son intimité j'ai pas envie de savoir comment ça s'est passé séculairement mais ça m'intéresse de savoir si ça s'est bien passé si c'était horrible non mais tu vois s'il est content si la personne en face était contente enfin tu vois c'est important aussi de prendre le pouls après.
- Speaker #1
Mais pour nous, parce que c'est vrai qu'on avait déjà parlé à des personnes qui, du coup, se disent absolument rien et veulent rien savoir. Mais c'est vrai que nous, je pense que c'est important pour nous. Du fait qu'il y ait peut-être eu des cachoteries par le passé, on veut peut-être éviter à tout prix que ça se reproduise, je sais pas.
- Speaker #2
Oui, comme disait Raph, au début, on en a beaucoup parlé parce qu'on avait un peu l'impression d'avoir trouvé la solution magique au couple qui dure. Et en fait, on s'est rendu compte que des fois, il y a des choses qu'il vaut mieux garder pour le couple, enfin, entre amoureux, et que ça ne regarde pas forcément les autres. On a subi du jugement qui nous a un peu blessés quand même. Ça nous a fait un peu du mal de se rendre compte que, moi, il n'y a pas de souci si tu n'acceptes pas, enfin, si tu n'es pas d'accord avec mon idée du couple. mais Je n'ai pas non plus envie d'être jugée sur mes choix de vie. Pour nous, ça marche. Pour d'autres, ça ne marche pas. Et puis, c'est comme ça.
- Speaker #0
C'est quel type de remarques qui peuvent être blessantes ?
- Speaker #2
Par exemple, que ça ne va pas tenir. Qu'à un moment, il y en a deux qui vont partir avec quelqu'un d'autre. C'est un peu blessant d'entendre ça, parce que c'est un scénario qu'on n'a pas du tout envie d'envisager. Et limite, c'est un signe qu'en fait, on cherche quelqu'un d'autre.
- Speaker #1
Oui, et puis aussi des personnes plutôt tradies, que même on peut avoir un côté un peu consommateur.
- Speaker #2
Et puis des gens qui confondent tout et qui vont dire, Raph et Marie... Ils sont libertins, c'est bizarre, des remarques comme ça quoi. Évidemment on n'entend pas directement mais c'est des paroles qui nous sont rapportées et qui blessent.
- Speaker #1
Attention parce qu'on va croire que tu crois que les libertins sont bizarres.
- Speaker #2
Non pas du tout, c'est des gens qui me disent qu'ils sont libertins, ils sont bizarres. Je rapporte des paroles, pas du tout. Et en fait du coup... Du coup, on a voulu se protéger. On a décidé d'arrêter d'en parler autour de nous. Et en fait, ça nous a fait du bien. Et les gens ont commencé à comprendre parce que du coup, après, on avait encore des questions. Et là, on a expliqué qu'on ne souhaitait plus en parler, que c'était notre jardin secret. J'ai l'impression que ça a été compris. Et maintenant, on ne nous pose plus de questions.
- Speaker #1
Oui, clairement.
- Speaker #2
Mais voilà, du coup, on en parle à nos amis très, très proches. Et ça nous suffit largement. Et aujourd'hui, on fait un podcast à la France entière.
- Speaker #0
On vient regarder les principes. Du coup, l'idée de ce podcast, pour vous, c'est aussi de donner peut-être des pistes de réflexion pour d'autres couples. Donner un exemple. Est-ce qu'à l'époque, vous n'en aviez pas ?
- Speaker #2
Oui, exactement. C'est ça qui nous a manqué, je pense, au début. Vraiment, on avait l'impression d'inventer la roue. Personne n'avait jamais fait ça avant nous. On n'avait pas d'exemple. Moi, je suis fière de ce qu'on a construit ensemble. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, si on en a. parle, c'est parce qu'on aurait bien aimé avoir des témoignages quand on s'est lancé dans l'aventure. Et on n'a pas du tout la science infuse et un modèle préétabli à imposer à tout le monde, mais je trouve que c'est cool d'en parler ouvertement, sans tabou et sans jugement. Et après, les gens font ce qu'ils veulent.
- Speaker #0
Mais tu vois, moi, j'ai déjà expérimenté ce type de relation. Et j'ai trouvé ça hyper intéressant sur le fait que l'autre ne m'appartient pas. L'autre peut prendre du plaisir avec d'autres personnes, tu vois, sexuellement. L'autre peut avoir sa vie, etc. Mais je trouve que ça nécessite, et ce qui est très bien, énormément de communication. Énormément pour rappeler les bases et aussi de dire ce qu'on ressent, tu vois. On n'est peut-être même pas habitué à dire « Là, je ressens ça, c'est pas OK pour moi. » Je me rappelle de moments où j'étais là en mode je ne sais même pas si je suis ok ou si je ne suis pas ok. Je n'arrivais pas à savoir. Et donc sur cette partie-là, je trouve ça quand même effectivement assez intéressant. Mais je me suis rendu compte surtout qu'il fallait une base très très très très solide. Un point d'ancrage, comme j'ai l'impression en tout cas aujourd'hui. Enfin pour vous. Enfin c'est votre cas aujourd'hui. J'ai l'impression aussi que... C'est peut-être un avis qui est complètement perso, mais mon ressenti c'est quand même qu'il faut construire quelque chose déjà à deux. de très solide, plutôt que d'entamer une relation directement avec de la relation libre. Je ne sais pas, c'est peut-être complètement... Non, moi, je suis d'accord. C'est mon ressenti, en tout cas.
- Speaker #1
Moi, je ne pourrais pas dire, parce que du coup, je n'ai pas expérimenté ton cas. Je pense que c'est différent pour chaque personne, mais c'est sûr que je pense que ça aide d'avoir une base solide, quoi. On a un référentiel, on est, comment on disait, un peu sécurisés émotionnellement. Donc ça c'est clair, après je pense que ça dépend de chaque relation et de chaque personne.
- Speaker #2
En fait pour revenir à la jalousie dans le couple hétéronormé, je pense que si on ne se sent pas assez en sécurité et assez solide, forcément il y a des choses qui ne vont pas aller. Donc cette base-là évidemment qu'elle est essentielle, mais pour tous les couples en fait. même les couples qui sont exclusifs parce qu'il ne faut pas attendre de l'autre qui remplisse tous nos besoins et je trouve que c'est hyper c'est hyper engageant de te dire voilà on est en couple, j'aimerais que tu remplisses tous mes besoins,
- Speaker #0
tous mes désirs toutes mes attentes il y a une sexologue qui dit aujourd'hui on demande à notre partenaire d'être notre meilleur ami notre meilleur amant, le meilleur faire le meilleur tout en fait, mais une personne ne peut pas tout te donner.
- Speaker #2
Et du coup, cette exigence-là, si on ne permet pas à l'autre de remplir ses besoins avec quelqu'un d'autre, d'autres personnes, d'autres... Mais même, je ne sais pas, quelqu'un qui a une passion, aller faire sa passion et remplir ce besoin-là, c'est hyper important, je trouve, de ne pas être juste un couple. et aussi de s'épanouir en tant que personne et à être dépendante totalement de l'autre dans l'affection, dans l'amour l'amitié et vous avez symbolisé
- Speaker #0
Lisez, c'est une nom avec un mariage ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Donc vous êtes mariée depuis combien de temps ?
- Speaker #2
Ça fait un an et demi.
- Speaker #0
Un an et demi. C'est bien important pour vous que vous vous mariez ?
- Speaker #2
Pour moi, oui. Je crois que c'est... En fait, avec Raph, ça fait longtemps qu'on se connaît, mais nos familles ne se sont jamais vraiment fréquentées. Et du coup, pour moi, c'était une bonne excuse pour que tout le monde se mélange, les amis, la famille. Et donc, c'est moi qui ai fait ma demande en mariage à Raphaël. La pire demande en mariage du monde.
- Speaker #0
C'est rare, déjà. C'est quoi cette demande qu'on peut avoir ?
- Speaker #2
Alors, on était... Alors, ne répétez pas cette demande en mariage. Je vous déconseille. Déjà, on était en vacances en Berlin, la ville la moins romantique du monde, je pense. Et c'était son anniversaire et je me suis dit que c'était une super occasion de lui faire ma demande. Et je... J'avais repéré à l'avance un parc à Berlin qui était magnifique, avec une fontaine, plein de statuettes des contes des frères Grimm. Je trouvais ça très romantique. Et du coup, on y est allé. Je lui ai dit que j'avais une surprise pour lui dans ce parc. J'étais un peu stressée. En fait, arrivé dans le parc, je me rends compte que la fontaine est à sec. Que c'était l'hiver. Et que toutes les statues étaient en rénovation. banque de l'extinct. horrible, vraiment. C'était le pire endroit possible.
- Speaker #0
Je t'ai pas dit, j'allume, mais devant, on n'a rien.
- Speaker #2
Non, moi, quand j'ai une idée en tête, je fais jusqu'au bout. Et du coup, on a continué à marcher. J'ai fait comme si de rien n'était. Et Raph était hyper pressant. Il me demandait... Il n'y avait pas ce que tu voulais.
- Speaker #1
Je pensais qu'il y avait une surprise. Donc, il posait plein de questions.
- Speaker #2
Et le fait qu'il s'interroge, ça me stressait encore plus. Et donc, on a continué dans le parc. Je me suis dit, je vais trouver un endroit joli. Et en fait, on est arrivés dans un cul-de-sac en haut d'une butte. je ne pouvais pas faire de mitraille tour, vraiment, on était arrivés au bout du chemin, et en fait, l'endroit était horrible, il y avait des tags, des rats, des barrières, et je me suis effondrée en larmes, et Raph m'a dit, mais Marie, qu'est-ce qu'il y a, qu'est-ce qu'il y a ? Et j'avais prévu un discours et tout, et en fait, j'ai juste reniflé, je morvais, enfin, c'était horrible, et j'ai dit, est-ce que tu veux m'épouser ? Et il m'a fait répéter... Parce qu'il n'avait pas compris la première fois. Et du coup, je lui ai dit. Et là, il m'a dit, il a pleuré. Il a dit, mais oui, bien sûr. Ah,
- Speaker #0
mais c'est trop beau.
- Speaker #2
Et là, il y a un rat qui est passé. Je suis en train de me fier. Et donc, ouais, ce n'était pas du tout romantique. Mais après...
- Speaker #0
Pourquoi c'était important pour toi de te marier ?
- Speaker #2
Je ne sais pas, je trouve ça beau. Je trouve ça beau, le mariage, la fête.
- Speaker #1
Célébrer l'amour, en fait.
- Speaker #0
Tu portes son nom ?
- Speaker #2
Non, parce que je suis quand même féministe, il y a des limites. Non, mais chacune fait ce qu'elle veut. Mais pour moi, c'était important de garder mon nom. Et d'ailleurs, ça m'a fait réfléchir à qu'est-ce qu'un nom de famille. Et du coup, j'ai fait les démarches pour porter le nom de ma mère, grâce à ça. Mais ouais, c'était une super fête. C'était à notre image, un peu le bordel, avec les copains qui s'activent dans tous les sens. Et nous, on était tranquilles, en vrai.
- Speaker #0
Et toi Raph, c'était moins important pour toi ?
- Speaker #1
Si, c'était important. Je savais que je voulais me marier. Je trouvais ça marrant que Marie fasse sa demande. Je savais qu'un jour, elle allait le faire, mais pas à ce moment-là. Et puis, le mariage, c'est trop bien. Parce qu'en fait, déjà, tu fais la fête. Tout le monde est bien amigué. Tu manges trop bien. Tout le monde est heureux. Donc non, c'est trop bien. Bon, l'organisation,
- Speaker #0
c'est un délire. On ne le refera pas.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a été compliqué ?
- Speaker #2
Mais en fait, il y a 10 000 choses à prendre. Et en fait, quand tu creuses un sujet, tu te rends compte qu'il y a encore un petit sujet à l'intérieur. Et encore, c'est un peu comme des poupées russes, quoi. Tu commences, t'es en mode, bah c'est simple, on fait un banquet, puis on prend un groupe live. Non, en fait, c'est pas si simple que ça.
- Speaker #1
Mais bon, ça a été un succès, c'était trop bien, tout le monde était content.
- Speaker #2
Nos amis ont fait une pièce de théâtre où ils ont refait notre histoire en... En jouant nos rôles, c'était trop bien.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
C'est un super souvenir, ouais.
- Speaker #0
Trop chouette. Et la suite, donc, il y a évidemment l'achat aussi d'un immobilier. Oui.
- Speaker #2
La prise d'un chat. Un chat. Ouais.
- Speaker #0
Et vous imaginez en ce cas, continuer votre vie ensemble avec ce même modèle, même s'il y a des enfants, imaginons.
- Speaker #2
On s'était posé la question.
- Speaker #1
On s'était posé la question. Je pense qu'on ne sait pas trop. On ne se dit pas oui ou non.
- Speaker #2
Moi, je pense que la vie de famille, la vie sexuelle, ce n'est pas lié. Enfin, je veux dire, ça n'a pas de rapport. Donc, je ne vois pas l'inconvénient à rester en couple libre en ayant des enfants. Évidemment, j'imagine... que tu as plus d'impératifs, de temps à consacrer à ça. Mais je pense qu'on a trouvé notre équilibre là-dedans. Et même s'il y aura forcément des périodes où on va redevenir exclusif, je pense que c'est un modèle qu'on va garder quand même.
- Speaker #1
Oui, je pense que si tu as des enfants, c'est juste que les priorités changent un peu. Et puis en plus, tu as moins de temps à y consacrer. Mais de toute façon, comme on a toujours fait, il y a des moments Il y a des pauses et puis il y a de l'eau à reprendre. Je pense que ça suivra ce fil conducteur.
- Speaker #0
Une activité extrascolaire.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #0
Et si vous aviez trois merci à vous dire à l'un et à l'autre, justement depuis 15 ans, 17 ans, je ne sais plus, toutes ces années, ce serait trois merci pour quoi ?
- Speaker #2
Alors moi je dirais merci de me faire rire tous les jours. Je ne passe pas une journée sans rire.
- Speaker #1
Moi, je dirais merci d'être là ensemble depuis tout le temps, de partager tout ce qu'on partage. Et le troisième, je ne sais pas.
- Speaker #2
Moi, je te dirais merci de me faire me sentir bien, belle, drôle, intelligente tous les jours. Parce que tous les jours, tu me fais au moins un compliment. Et je trouve que c'est hyper précieux.
- Speaker #1
Merci de m'aimer.
- Speaker #2
Oui, de m'aimer. Et si un jour tu arrêtes, ça va être compliqué.
- Speaker #0
Donc, tu n'as pas le droit d'arrêter.
- Speaker #2
Oui, merci de continuer jusqu'à la fin de tes jours.
- Speaker #1
C'est parti pour ne pas s'arrêter.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #0
Et si vous aviez un message, en tout cas, à faire passer, quelque chose qui vous semble important à rappeler, à dire, à partager, ce serait quoi ?
- Speaker #2
Moi, je dirais que c'est normal de faire des erreurs. De revenir en arrière, d'essayer. En fait, ce n'est pas quelque chose de facile. On a eu des moments difficiles. Mais je trouve que ça vaut la peine parce qu'on se comprend mieux, on se connaît mieux, on s'aime mieux, je trouve. Et c'est une aventure qui est particulière, mais je trouve qu'elle vaut le coup d'être vécue.
- Speaker #1
Oui, très bien dit. Moi, je dirais peut-être pas s'enfermer dans des frustrations et pas hésiter à essayer quelque chose qu'on ne connaît pas. On n'est pas à l'abri d'apprendre quelque chose.
- Speaker #2
Et merci à toi, Ariane, pour cette passe de parole bienveillante. C'était super agréable à faire.