- Oratrice #1
Non mais je peux vous dire aussi une petite chose exceptionnelle de ma vie, c'est qu'elle était dans mon ventre et en fait ils ont laissé un robinet couler. Donc nous on était en attente parce qu'il y a eu une urgence, une femme qui accouchait donc il fallait s'occuper d'elle et donc on attendait. Et l'eau coulait, on a été inondés sur le sol et tout, c'était incroyable dans le hall carrément. Et c'était incroyable parce que moi j'étais un peu angoissée. Ce truc qui arrive, ça m'a fait rigoler et je me suis sentie tout de suite beaucoup mieux. Et ça a marqué la naissance de ma fille. Donc ça, c'était déjà bien. C'était très drôle d'ailleurs.
- Arnaud Wassmer
Comment vivait l'Hôpital Sud ? Bienvenue dans ce deuxième épisode des podcasts sur la mémoire de ce site hospitalier dans la métropole rennaise. Celles et ceux qui y ont travaillé, qui y sont venus pour toutes sortes de raisons, ou qui résidaient dans son voisinage du quartier du Blosne, le racontent.
- Speaker #2
Lorsque l'Hôtel-Dieu est venu, nous avons, l'équipe a pratiquement doublé de volume, le nombre d'accouchements presque aussi, et le bloc maternité, la salle d'accouchement était entièrement refaite. D'une petite salle d'accouchement Je ne me souviens plus, je crois qu'on avait 6 salles d'accouchement, on est passé à 15. Et toute la structure a été refaite, tout le plateau technique a été repensé pour accueillir l'Hôtel-Dieu. Et depuis c'est devenu ce que c'est actuellement, c'est-à-dire une plus grosse équipe. Alors, dans le projet de la nouvelle maternité, tel qu'elle a été conçue en 2009, lorsque vous êtes en travail et que vous venez accoucher, vous n'êtes pas prise en charge au sein d'un truc immense. En fait, ça a été sectorisé. Donc, vous avez votre sage-femme qui a un certain nombre de salles sous sa responsabilité, avec l'auxiliaire de puériculture qui bosse en binôme avec elle. Donc, vous n'êtes pas noyée dans ce plateau technique de 1000 mètres carrés. Vous êtes prise en charge par une petite équipe, un binôme. Et je pense que les femmes le disent régulièrement, on a l'impression d'être toutes seules. Quand vous êtes dans votre salle d'accouchement, on s'occupe de vous. Globalement, les femmes se sentent dans un cocon. C'est assez prétentieux de dire qu'on arrive à toutes les mettre dans un cocon. Mais elles se sentent quand même prises individuellement en charge.
- Oratrice #3
Ici, j'ai découvert, pour les petits, en dessous de 5 ans, pour pas d'anesthésie, je faisais des interventions sous hypnose. Et donc, on m'avait demandé, êtes-vous d'accord ? Alors, j'avais demandé à la maman. Est-ce que vos petits enfants lisent des histoires ? Oui, je leur en lis. Et donc tout un truc autour des chevaliers et tout. Ce qu'il y a, c'est que c'est rassurant, parce que justement, pour un enfant qui est là, qui regarde autour, il dit, ben c'est là qu'il y a... Et c'était là surtout qu'il y avait la bonne boulangerie.
- Oratrice #4
Quand vous arrivez à l'Hôpital Sud, vous pouvez avoir des gens avec des perfusions. Mais ce sera que des perfusions ou des femmes enceintes. Les femmes enceintes, ça représente la vie. Alors qu'à Pontchaillou, quand vous arrivez à Pontchaillou, souvent dans le Grand hall, vous avez des gens en fauteuil roulant, avec une jambe en moins, ou les pieds dans le plâtre, ou un grand bandage au niveau de la tête. C'est ça qu'on a quand on arrive à Pontchaillou. Et donc, c'est pas la même chose. Je suis désolée, mais tout de suite, on se dit « Ouh ! » Ici, c'est très très grave. Alors qu'à l'Hôpital Sud, une perfusion, ça choque moins les gens. Et puis les femmes enceintes, elles contrebalancent la perfusion.
- Speaker #1
Alors la mixité avec la maternité et la pédiatrie induit quelque chose de différent, ça c'est sûr. Il y avait la culture de l'hôpital Sud et la culture de Pontchaillou. Et ça s'est corroboré après, bien plus quand j'étais de jour. Parce qu'il y avait une connivence entre les services, entre les cadres aussi. On se retrouvait au café, tatata, on pouvait échanger sur nos pratiques.
- Oratrice #4
Quand je suis arrivée, il n'y avait pas de distinction que ce soit des cadres de pédiatrie, des cadres sage-femme ou des cadres nous. On déjeunait vraiment tous ensemble et c'était intéressant parce que du coup on partageait un peu nos façons de faire et nos façons de voir. C'était beaucoup plus apaisé d'une part. Le fait que ce soit un monobloc, c'est quand même beaucoup plus pratique pour se retrouver., pour discuter, t'as un problème, hop je descends, tu sais pas faire ça, hop je monte, voilà c'est très pratique. Ça générait aussi un lien qui pouvait se fédérer pour râler entre guillemets beaucoup plus.
- Oratrice #5
Ils accueillaient énormément de publics divers et j'ai trouvé ça super agréable.
- Speaker #1
Il y a longtemps de ça, un patriarche rom, des gens du voyage, quoi, qui est décédé, et puis c'est très particulier, c'est une famille hyper traditionnelle. Ils ont investi le hall de l'Hôpital Sud pendant une bonne dizaine de jours. Ils ont respecté le fait d'avoir eu une seule visite dans la chambre à chaque fois. Mais ils étaient, je ne sais pas, il y a eu un moment donné, il y a eu 60 ou 70 personnes dans le hall qui restaient. Alors il fallait gérer ça, avec des agents de sécurité. Il n'y a pas eu un pet, c'était nickel. Je me rappelle même qu'il y avait des jeunes, des gamins qui avaient dû aller au premier étage, au self, qui n'avaient rien à faire au premier étage, c'est que pour les soignants. Et c'était entendu avec les agents de sécurité qu'ils n'intervenaient pas. Et puis, pas longtemps après, je me rappelle une famille d'Anglais. Il y avait un enfant hospitalisé, il y avait deux familles d'Anglais qui sont restées une nuit. Que deux familles, ils ont foutu un souk.
- Oratrice #4
Après, l'Hôpital Sud, il faut être honnête, il y a une connotation aussi que beaucoup de femmes qui viennent sont d'origine musulmane. Et donc, il y avait de plus en plus quand-même la présence des femmes, si c'était que voilées, voilà, ça c'était moins impactant, je pense, mais complètement recouverte. Et ça, c'est vrai que c'était quelque chose qui devenait...
- Speaker #1
Ça générait des discussions, des ressentis.
- Speaker #4
Des ressentis avec quelquefois des difficultés, je pense, au niveau des sages femmes dans les chambres. De compréhension.
- Arnaud Wassmer
Comment vivait cet hôpital avec son quartier du Blosne à Rennes ? C'est l'objet d'un autre épisode que vous pouvez découvrir dans cette série de podcasts sur la mémoire de l'Hôpital Sud à Rennes. Une série réalisée par Arnaud Wassmer pour Rennes Métropole.