Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Immergée Submergée, le podcast où je m'immerge dans les thèmes que j'aime ou que j'ai envie de découvrir, histoire, sport, art, etc. etc. et où j'évoque mes émotions qui me submergent. Aujourd'hui, premier épisode d'une nouvelle série, d'un nouveau thème. Je ne sais pas encore combien d'épisodes je vais réaliser, parce que je vais étudier ce nouveau sujet régulièrement, et sûrement sur un temps plutôt long. Donc bienvenue dans la série Ma Santé Mentale, épisode 1, Je pose les bases et mes troubles. Je pose les bases. Je n'aime pas les livres sur le développement personnel. Pour moi, ce sont des injonctions au bonheur. On est obligé d'être heureux tout le temps et d'être la meilleure personne, la meilleure version de soi-même. Pas de défauts ou alors des tout petits petits. Nous ne sommes jamais bien, que ce soit notre personnalité, notre organisation, etc. Il faut toujours être mieux. Je trouve ça nocif. J'ai donc décidé d'en lire pour me faire un avis et peut-être que certains m'aideront ou seront inspirants de bons conseils pour atténuer ou éradiquer mes problèmes, mes angoisses. En ce moment, je suis plutôt heureuse, donc c'est le moment ou jamais pour moi. Si j'étais à une période de fragilité ou à fleurs de peau, Je ne devrais pas ouvrir un de ses livres, car il m'encouragerait à me dévaloriser, à me détester. C'est comme ça que moi, je le vois, je le ressens, en tant qu'hypersensible, qui se pose beaucoup trop de questions et qui analyse tout. Je pose mes troubles. J'ai toujours aimé écouter, lire les interviews des artistes, car quand ils parlaient de leurs inquiétudes, de leurs angoisses, des moments ou des périodes où ils se sentaient mal, ça me parlait, je les comprenais, je me sentais proche d'eux. car ils me ressemblaient, ou je leur ressemblais plutôt. Dans ma vie, puis toujours, personne ne parlait de ça, des moments où ça ne va pas. La pudeur est parfois mauvaise. Quand j'étais jeune, on ne parlait pas de ces émotions. Je savais et je ressentais que moi j'étais beaucoup trop et donc peut-être pas normal. Et quand on est ado, on veut l'être, on veut être normal. On ne veut pas être mis de côté, même si au final on se met de côté, on s'éloigne. Moi je m'éloignais des autres, je n'avais pas les mêmes goûts, les mêmes envies, les mêmes idées qu'eux. A la vingtaine, j'étais voir une psychiatre pour faire un état des lieux. J'avais déjà entendu et lu des articles sur l'hypersensibilité et je me ressentais comme ça. Et je voulais gérer mes émotions. Quand j'étais la voir, elle m'a diagnostiqué un trouble de... l'anxiété et une phobie sociale. J'ai vu ensuite une psychologue pendant un an avant d'arrêter, car je trouvais en fait qu'elle ne m'aidait pas des masses. Je voulais vraiment pouvoir gérer mes émotions et je n'y arrivais pas. J'ai quand même appris et compris certaines choses sur moi, mais sans plus. A la fin, ça ne marchait plus et j'ai préféré arrêter. Je suis tout de même très contente de l'avoir fait. Comme je l'ai dit, j'ai appris des choses, j'ai compris des choses sur moi. J'encourage tout le monde à le faire. Même s'il faut peut-être chercher un spécialiste dans son ou ses troubles, puis quelqu'un avec qui ça matche bien. La psychiatre, la première fois, m'a donné deux choix, deux psychologues. C'était simple, c'était à moi de choisir. J'allais au-devant de mes angoisses, et avec l'autre, on allait plus parler, étudier d'où pouvaient venir mes angoisses. En fait, la psychiatre m'a fait peur parce qu'elle m'avait bien expliqué que si je prenais le choix numéro un, aller au-devant de mes angoisses et être vraiment y être confrontée, elle m'avait dit que ce serait dur et qu'il faudrait sûrement que je sois sous traitement. Je ne voulais pas être sous traitement. Je m'imaginais l'angoisse, le mal-être que j'allais vivre à aller frontalement vers mes cauchemars. J'ai donc pris la deuxième version, celle où l'on papote juste. Je connaissais mes troubles anxieux. Je veux dire, j'ai baigné dans un environnement d'angoissé. Tous les gens autour de moi étaient anxieux, donc j'avais en moi les gènes et l'environnement. Le terrain était plus que fertile. La phobie sociale, qu'on appelle aussi, anxiété social, ça je ne le savais pas. Je pensais être très timide, mais en y réfléchissant, c'est vrai que j'avais peur des gens en général. Il fallait m'apprivoiser, me montrer patte blanche comme on dit, que la personne en face soit bienveillante pour que je commence à parler. Je vais vous donner un exemple de mes deux troubles qui se sont entrechoqués récemment. J'ai dû suivre une formation obligatoire pour mon boulot. Je savais et je me doutais qu'il y aurait des mises en situation, des jeux de rôle à réaliser devant tout le monde. Ça c'est l'angoisse ultime, passer devant tout le monde, que l'on me regarde et que je perde mes moyens. C'est pas au cas où je perde mes moyens, je sais que je vais les perdre, obligatoirement, car je suis tellement mal à l'aise en public que mon cerveau n'est plus connecté, il n'y a plus rien qui fonctionne. Je pense juste que je me sens mal et que je suis nulle. Mes collègues vont forcément le voir et ils me jugeront négativement en pensant la même chose que moi. Plusieurs jours avant la formation, j'étais déjà angoissée. J'y pensais, j'avais peur. La formation était de deux jours. La veille, je n'ai pas bien dormi. J'ai peu dormi. J'avais très mal au ventre. Le matin, je me suis un peu forcée à petit déjeuner pour pouvoir au moins tenir la matinée. Le midi, j'étais obligation d'aller au restaurant. Avec mon trouble de l'oralité alimentaire, j'avais déjà fait un épisode dessus, c'est toujours compliqué, donc je n'ai mangé que des desserts. C'était super comme repas. J'avais déjà mal de crâne dès le midi. Dans le restaurant, trop de bruit. Je n'ai pas pu me poser calmement, fermer un peu mes yeux. Le midi, c'est ce que je fais pour pouvoir être en forme l'après-midi. Ça, c'est de l'hypersensibilité, par exemple. Je vous joue juste une petite parenthèse. Si vous avez un collègue, une collègue qui a besoin d'être seule, qui ne mange pas avec vous, de faire une pause seule, ce n'est pas qu'il ne vous aime pas, pas forcément. C'est parce qu'en fait, il a besoin, on est tous différents, mais il a peut-être besoin d'une pause. pause de calme pour recharger un peu les batteries parce qu'elles sont déjà presque à plat avec juste une matinée de passé. Je le redis, pour moi, hypersensible, les interactions avec les collègues, le bruit, la luminosité, etc. Ce sont plein de stimuli qui m'épuisent. C'est très fatigant de s'adapter à la vie professionnelle. Moi, après une matinée, je suis déjà fatiguée. J'ai des fois mal à la tête. J'ai besoin le midi, je mange un peu avec les autres, j'ai une heure. Je me garde une demi-heure pour être au calme où je suis à mon bureau. Je ferme les yeux. Tout le monde est en train de manger ou de finir. J'ai besoin de ça pour être en forme l'après-midi, pour pouvoir réussir à bosser un minimum. La parenthèse est un petit peu longue. Je retourne à la formation. On est toujours le premier jour. On quitte le resto. J'ai déjà le mal de crâne et la fatigue commence à arriver. J'ai envie de dormir. L'après-midi, le stress me maintient à l'écoute, mais j'en ai marre. Je ne suis pas bien. L'après-midi, c'est là où on a déjà eu des jeux de rôle en sous-groupe. On était quatre. On devait toutes passer deux fois, faire deux petits rôles différents deux fois. Pas grand-chose, c'était pas trop stressant ça allait. Donc j'ai des collègues qui passent, moi aussi je passe. Une première fois, le formateur qui était avec l'autre groupe arrive à ce moment-là. Moi je viens de finir de faire mon premier passage. Et il me demande à ce que je refasse. Alors qu'il ne demande pas à mes autres collègues qu'il n'a pas vu, qui sont déjà passés une première fois, de refaire. Donc je dois refaire. Ça augmente mon mal-être. Je dois être rouge comme une tomate parce que je dois refaire et qu'il va me regarder. Et en même temps, je me dis, s'il me demande de repasser, il doit me trouver nulle, que je dois mal faire. Ou alors lui, il veut voir comment je fais, il veut analyser ce que je vais faire. Donc, je suis déjà très, très mal à l'aise. La première journée se termine. Le soir, j'ai toujours mal au ventre. Un peu moins parce que je vois que l'ambiance est plutôt agréable. Même si je sais que demain, il y aura encore des jeux de rôle et qu'ils seront plus difficiles. Il en a parlé. Et puis, grande surprise, le lendemain, pas de jeu de rôle. Il ne les fait pas. Personne ne sait pourquoi. Moi, j'en suis hyper heureuse. Beaucoup de stress en moi et je ne veux pas passer devant tout le monde. Ou même en groupe de 4 personnes. La formation se termine. Donc, on est vendredi à 17h. Je suis soulagée et heureuse d'être en week-end. Et de pouvoir me reposer. Parfois, lorsqu'il y a des événements comme ça, il faut que je pleure. J'ai besoin de pleurer pour évacuer tout le stress. Mais là, je n'avais pas de larmes. Ça s'est pas mal passé, il n'y a pas eu de soucis. Mais je me suis tellement rendue malade. Le planning de mon week-end, il était déjà pensé, réfléchi. Le mode hâte, c'est cocooning. Je ferai le strict minimum, ou même voir rien, au niveau des courses, du ménage, de toutes les obligations chiantes. Je m'occupe de moi, je me repose, j'écoute de la musique, je danse. Je fais des petites activités créatives pour me faire du bien, parce que mon mal de ventre était tellement fort. Voilà ce que c'est l'anxiété qui se répercute sur mon corps et mon anxiété sociale qui complique mes relations avec les autres et la peur de leur jugement négatif. Alors vous voyez que mon exemple a été également saupoudré d'hypersensibilité avec ma petite parenthèse très longue. Voilà ce que je vis, ce que je ressens. J'ai toujours fonctionné de cette façon. Je ne sais pas comment on fait, comment on vit sans ou avec un petit peu moins. J'ai terminé pour ce premier épisode. J'ai posé les bases et mes troubles. Je vous remercie de m'avoir écouté, j'espère que ce petit épisode vous aura plu, et d'ici là, prenez bien soin de vous. Bisous tout plein !