Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Immergée, Submergée, le podcast où je m'immerge dans les thèmes que j'aime, que j'ai envie de découvrir, histoire, sport, art, etc. et où j'évoque mes émotions qui me submergent. Aujourd'hui, épisode submergé. Je vais vous parler d'un trouble dont je souffre depuis des années, et ça fait très peu de temps que j'ai été diagnostiquée. J'espère que l'épisode va être clair. J'essaye de trouver une façon de travailler un peu plus facile ou simple. Dès mon enfance, quand j'ai eu deux ans, deux ans et demi, J'ai refusé les petits pots. Les petits pots, que ce soit viande, légumes. Je n'avais pas de problème et puis d'un seul coup, j'ai refusé. Je n'avais jamais mangé de viande, de légumes, de féculents, tout ce qui est pâtes. J'avais un blocage. Ça ne passait pas, ça ne pouvait pas passer. Je rassure tout le monde parce que c'est la première question à chaque fois qu'on pose. Ça ne m'a pas posé de problème au niveau de ma santé. J'ai toujours été une fille qui... J'étais grande, plus grande que la normale, question poids, tout ça, j'ai jamais eu de problème. J'étais suivie, des prises de sang, tout ça, j'ai jamais eu de problème de santé. Donc je reviens à cette histoire, donc les petits pots qui passent pas. Je ne mangeais que tout ce qui était sucré, les fruits, les céréales, le laitage. Ça a été compliqué dès l'école, parce qu'à l'école toute petite, quand j'étais en maternelle, on me forçait à manger, donc je vomissais ensuite en début d'après-midi. Ça a duré peut-être une journée ou deux. Et ensuite, on a demandé à ce que mes parents apportent le matin même la nourriture que je mangerais le midi. En primaire, je n'avais pas de self, de cantine. Je viens de la campagne, donc je mangeais avec mes grands-parents. Je n'avais pas de soucis. Après, au collège, ça a été bien plus compliqué. Avant l'entrée au collège, c'était compliqué pour moi de manger des repas de famille, manger devant les autres parce que je mangeais différemment, pas la même chose que les autres. J'ai toujours eu ce sentiment d'être anormale et que ce soit de ma faute. parce que je ne voulais pas, mais c'est pas que je ne voulais pas, c'est que je ne pouvais pas, je me retrouvais devant une assiette de légumes ou autres, le fait de mettre l'aliment dans ma bouche, c'était quelque chose... de très très difficile et je pouvais rester bloquée très longtemps devant. Quand j'entendais, quand j'étais un peu plus jeune, une femme qui était membre de ma famille, qui disait à ma mère qu'elle avait de la patience parce qu'avec elle, elle m'aurait foutu deux trois paires de claques depuis longtemps pour que je mange. Donc voilà, ça c'était des choses violentes pour moi, où je me disais que j'étais anormale, que c'était de ma faute, que j'étais chiante, que j'étais capricieuse, alors que non. On va voir à la fin que non. Certains étant plus... Je me disais que j'allais me planquer dans les toilettes, par peur qu'on me force, c'était quelque chose que je ne pouvais pas accepter. C'était un blocage, je ne faisais pas du caprice, j'en étais malade. Ça me stressait énormément. Je me faisais remarquer dans le mauvais sens. J'ai grandi en étant mal à l'aise en société. C'est compliqué pour moi d'avoir des amis, d'investir dans des relations, dans toute relation même, parce qu'il y aura un moment où on mangera ensemble. Et donc, il vaut mieux que je connaisse la personne avant, que je sente qu'elle est bienveillante et qu'elle ne m'embêtera pas à me poser des questions lors du repas. Parce qu'il y a toujours des réflexions, que ce n'est pas normal, que je vais avoir des problèmes, que ceci, cela. Donc j'avais besoin de connaître la personne longtemps avant pour accepter de manger, mais j'ai toujours évité les repas pour ne pas être mal à l'aise, parce que forcément j'étais mal à l'aise. Je me sentais tellement anormale. Donc au niveau du collège, après ça a été très très difficile, parce que c'était une cantine, et que dès la rentrée, mes parents avaient expliqué le problème, ma mère avait expliqué le problème. On m'avait dit que non, on mangeait de tout, et donc je me forçais... Pas je me forçais, non. Au début, je ne prenais rien, on nous servait. C'était une cantine où la personne avait un chariot, et se déplaçait de table en table et servait. Je ne prenais rien, mais on me faisait des réflexions comme quoi je ne mangeais rien, et que ce n'était pas bien. J'attendais que le dessert me plaise. Bien sûr, s'il ne me plaisait pas, je n'avais rien dans le ventre. mais j'amenais toujours des gâteaux ou des choses comme ça pour avoir quelque chose dans le ventre, pour pouvoir faire l'après-midi, avoir des réflexions comme quoi je ne prenais rien. Donc après, je prenais de tout. Donc j'avais des assiettes remplies que je ne mangeais pas. Donc après, c'était très mal vu à l'école, et j'avais une directrice, une sacrée connasse, qui n'appréciait pas qu'il y ait du gâchis alimentaire, c'est ce qu'il y avait. Elle faisait sortir table par table pour pas que tout le monde sorte en même temps. Elle faisait sortir ma table, mais moi je restais à ma table. Donc c'est des tables de 4. J'étais la seule à rester de ma table. et puis elle faisait sortir toutes les autres tables. C'est-à-dire que je restais seule à ma table, et tout le monde me passait devant. Bonjour l'humiliation publique, très intelligent. On était à une époque, on était dans les années 90, où le trouble dont je souffrais était sûrement inconnu, mais on ne cherchait pas à se demander si je vivais bien. Ça, c'était pas un caprice, voilà. Il n'y avait pas besoin de m'humilier publiquement devant tout le collège. C'est l'intelligence de certains adultes. face aux enfants pensant qu'ils ne font que des caprices. Il y a eu d'autres choses qui se sont passées, pas envie de toutes les évoquer là, je referai peut-être un autre épisode, de toute façon je referai un autre épisode pour expliquer comment je tente de traiter ce trouble. Après le lycée, le lycée c'était pareil, self, souvent en fait le midi je mangeais deux yaourts, c'était ça qui me remplissait le bide. Mais bon j'étais habituée comme ça. Quand je rentrais chez moi, je faisais directement mon repas du soir. Je n'attendais pas 20h parce que j'avais la dalle depuis midi. Donc voilà, pour le collège et le lycée, j'avais un médecin traitant qui ne connaissait pas le problème, le trouble. Pour lui, je pense que le problème venait de moi. C'est moi qui ne voulais pas parce qu'à chaque fois que je le voyais, il me disait bon, tu manges quelque chose en plus ? Voilà, c'était à moi de me démerder avec ça. Et lui il m'avait envoyé une fois chez un nutritionniste, j'y étais une fois j'y suis pas retournée parce qu'en fait c'était me forcer à manger. Ah voilà faut que tu manges ça. Bah ouais ouais c'est bien ouais. Mais je peux pas, je reste bloquée devant l'assiette. Au niveau du médecin traitant, c'était aussi défaillant. C'était quelque chose qui n'était pas connu. Mais je vais dire que là, j'en fais appel au professionnalisme. Si j'étais médecin, si j'ai un enfant au début qui ne mange pas, que ça continue l'adolescence et tout ça, j'essaye de me renseigner en essayant de trouver de quoi ça pourrait venir. C'est à part un nutritionniste, on ne m'a rien proposé. On reposait le problème sur moi. Est-ce que tu manges quelque chose d'autre ? Et on ne me propose pas de solution. Je faisais des tests, j'ai déjà fait des tests toute seule avec un grain de riz, et je pouvais rester un quart d'heure bloquée devant ce grain de riz, en me disant voilà, il faut que tu le manges. Je mettais vite le grain de riz dans la bouche, hop, j'avalais ou je mâchais vite fait, je buvais un verre d'eau et puis ça y est. Mais après je ne retentais pas parce que j'avais mal au ventre, j'étais vraiment stressée, j'étais pas bien. C'était pour moi une source vraiment de stress, donc c'est quelque chose que je ne voulais pas recommencer, parce que c'était me mettre mal encore, être mal. Vraiment. Je me suis toujours sentie coupable, que le problème venait de moi comme je l'ai déjà dit, j'étais mauvaise, j'étais quelqu'un de pas bien, que je voulais pas manger, que j'étais capricieuse, même si c'était pas un caprice, c'était vraiment un mal-être, j'étais vraiment mal. Du côté social, c'est très compliqué parce qu'on a honte. On a honte de ne pas manger, on est mal à l'aise, on a peur des réflexions, parce qu'on vous met quand même la pression que si tu ne manges pas, tu vas avoir des problèmes de santé. Et ce n'est pas moi qui ne veux pas. C'est très très compliqué, un grand mal-être que j'ai toujours connu. Arriver à l'âge adulte. Alors l'âge adulte, plutôt on va dire arriver lorsque je travaille. Je fuis quand les collègues vont au resto. Ou alors je parle que j'ai des allergies alimentaires et que c'est compliqué. ça allait, on ne posait pas trop de questions. Et vous voyez, de toute façon, je déviais un petit peu la conversation, j'étais mal à l'aise. Donc j'ai toujours pas de solution, mon médecin, ni rien, voilà. Et de moi-même, je ne vais pas avoir de spécialiste, parce que je ne sais pas où aller. Et puis c'est quelque chose d'extrêmement stressant. Lorsque j'avais le début de la vingtaine, vraiment, je vais voir, je ne sais pas si on dit comme ça, une guérisseuse. J'ai toujours de l'eczéma sur les mains. Et c'était une époque où je n'en avais beaucoup. Je ne sais plus comment. Est-ce qu'elle avait posé des questions ou elle avait ressenti certaines choses ? Bref, je lui avais parlé de mes problèmes alimentaires. Et j'en étais ressortie. Il y avait deux sessions, deux rendez-vous. J'en étais ressortie le premier en pleurs parce que un bon jour la culpabilité m'avait dit que si je voulais avoir un enfant un jour, que j'allais le mettre en danger et que je serais un problème pour la santé de cet enfant. j'allais rendre malade l'enfant, je n'allais pas lui apporter tout ce qu'il faut, et je serais coupable de ça, en plus. Dans ma tête, après, c'est ancré, il ne faut pas que je tombe enceinte. Voilà, donc ça, c'est un petit peu tout ce qui s'est passé. Je le raconte un peu à la va-vite. Je rentrerai peut-être plus dans les détails, mais je n'ai pas envie de rentrer trop dans les détails. Pas aujourd'hui, en tout cas pas ce soir. J'enregistre, il est 23h54. Je n'ai pas envie de... Je veux bien dormir cette nuit, donc je n'ai pas envie de ressasser des mauvais souvenirs. On arrive à l'été 2022. Je veux que ça change. J'ai envie de manger des légumes et des pâtes, parce que je ne mange que des laitages et des fruits, en gros. Je veux que ça change. Je n'ai pas beaucoup d'espoir, et c'est quelque chose qui m'angoisse énormément. Je pense à l'hypnothérapie, et puis aussi à l'acupuncture. Je vois qu'il y a une hypnothérapeute qui n'est pas loin de chez moi. Ça me faisait peur d'être hypnotisée. On voit des fois à la télé des hypnotiseurs. Ça n'a rien à voir avec ça. Donc moi ça me faisait peur. Mais je me suis dit je vais tenter une fois et voir ce que ça fait. Pour moi, le problème que j'avais, je pensais que c'était un traumatisme que j'ai eu peut-être à l'âge où j'ai dû manger et diversifier ma nourriture. Peut-être qu'en hypnose, on retrouverait le traumatisme, on arriverait à le soigner. Et puis d'un seul coup, je mangerais tout. Lors de mon rendez-vous, je raconte tout. Elle m'écoute attentivement, elle note. Et une fois que j'ai terminé, elle me dit Mais en fait, il ne fallait pas vous envoyer chez un nutritionniste. Il fallait aller voir un orthophoniste. Je la fais répéter et elle me dit Oui, il faut aller voir un orthophoniste parce qu'il va vous confirmer ce que vous avez, mais pour moi, ce serait un trouble de l'oralité. Donc elle m'explique un peu, ce n'est pas son domaine, mais que ce n'est pas de ma faute. que je n'ai pas à culpabiliser. Ce n'est pas moi qui bloque les choses, ce n'est pas un caprice, c'est mon cerveau qui a engendré ce trouble. J'ai pris rendez-vous avec une orthophoniste qui est spécialisée dans les troubles de l'oralité. Il faut six mois pour avoir un rendez-vous. On est sur les attentes. Avant d'avoir le rendez-vous avec l'orthophoniste, je continue mes séances une fois par mois avec l'hypnothérapeute. Elle me fait travailler sur le fait de déculpabiliser, de faire la paix avec moi, et de me désensibiliser un peu à la nourriture, ne plus avoir mal au ventre, que ce ne soit plus quelque chose de douloureux pour moi, et que la nourriture m'effraie un peu moins. Elle me donne des exercices. qui vont m'aider aussi, que je vais faire un peu après avec l'orthophoniste, par exemple de cuisiner des choses, même si je ne les mange pas, ce n'est pas grave, de les regarder, de les toucher, de sentir, le fait de me désensibiliser en ayant régulièrement cette nouvelle nourriture un peu tous les jours, même si je ne la mange pas, que ce soit quelque chose dans mon quotidien qui me fasse plus peur. Le premier rendez-vous chez l'orthophoniste arrive. Elle me confirme que je souffre d'un trouble de l'oralité. Je vais synthétiser ces explications. Parce que moi j'ai retenu ce que je dis maintenant lorsque j'en parle. Je suis hypersensible, ça elle me le confirme aussi. Le changement de nourriture, ça a été trop de stimulation pour mon cerveau. Nouvelle texture, nouveau goût, nouvelles odeurs, nouvelles couleurs, bref. Tout ça, c'était énormément d'informations pour mon cerveau. Il y a eu trop de stimulation, ça faisait trop d'informations à gérer. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il a un peu buggé. c'est-à-dire qu'il s'est bloqué. Toutes ces informations-là, je n'arrive pas à les traiter, donc hop, je donne l'information que tout ça, c'est dangereux, il ne faut pas goûter, il ne faut pas manger, c'est quelque chose de dangereux. Mon cerveau m'a bloqué toute cette nourriture en m'indiquant que c'était dangereux. Même si je n'avais pas goûté, c'est un sens, c'est ce qui s'est passé, je ne goûtais pas les choses, mais j'avais peur des choses. Donc ça, ça m'a beaucoup aidé, ce n'est pas de ma faute. J'ai moins honte d'expliquer. Je suis toujours un peu mal à l'aise, parce que je suis toujours un peu anormale, parce qu'il faut toujours expliquer. C'est plus de ma faute. Je ne suis pas le problème. Ça m'aide beaucoup, même si j'ai vécu tellement longtemps avec ce traumatisme, cette culpabilité, que ça part pas vraiment. Même si je le dis maintenant haut et fort, c'est toujours un sujet sensible pour moi. Je me suis dit après, mais j'étais bête aussi, parce que j'aurais pu chercher sur Internet, moi-même, en tapant ce que j'avais, mais j'avais tellement peur, voir que ça n'existait pas, c'était avec moi qui était comme ça, et puis que c'était grave. Il y avait quand même quelque chose où c'était grave pour ma santé. Pour l'instant, je n'avais pas de soucis, mais qu'un jour ou un autre, même moi, je le savais que je le paierais. Pour l'instant, ça va. C'était une souffrance et je ne voulais pas rentrer dedans. il pensait, moi c'était quelque chose déjà de négatif, quand il me faisait une réflexion dessus, c'était vraiment douloureux, parce que j'en souffrais vraiment. J'en veux aussi à mon médecin traitant qui ne s'est jamais renseigné non plus dessus. Si, petite ou ado, j'avais eu ce diagnostic, j'aurais tellement mieux vécu, j'aurais eu beaucoup moins de problèmes à être mal à l'aise dès qu'il y a une histoire de repas, de restaurant, de choses comme ça et de culpabilité. Mais j'aurais été dans ma tête tellement mieux, j'aurais été différente de ce que je suis maintenant. Ça ne m'a pas aidée à avoir confiance en moi, ça a été quelque chose de douloureux. Il fallait que je rase les murs parce que je me sentais honteuse. Aujourd'hui, on est en l'été 2023, j'ai toujours des rendez-vous avec l'orthophoniste. Donc je teste, je goûte différents aliments, tout en y allant à mon rythme, en m'écoutant. Et je teste ce que j'ai envie, ce qui me déplaît le moins. Je pense que jamais je ne mangerai de tout, que l'assaisonnement par exemple ne me plaira pas dans un restaurant. Ce que je peux manger en plus, c'est vraiment que du positif. Quand l'hypnothérapeute m'a parlé du trouble de l'oralité, elle m'avait parlé d'un livre qui est sorti sur une femme, alors mince, j'ai oublié, j'en parle et je n'ai pas préparé, je vais chercher, je tape sur l'ordinateur, Je l'ai, mais je ne l'ai pas amené là. Je donne les informations. Ah, voilà. Elle s'appelle Marie Perchey. P-E-R-C-H-E-Y. Son livre, c'est Néophobie. Ça va avec. C'est la peur des nouveaux aliments. Le titre du livre, c'est Néophobie alimentaire et troubles de l'oralité chez l'ado et l'adulte. Il est sorti en décembre 2021, si je ne me trompe pas, selon les informations. J'ai acheté ce livre. Je dois le lire. Je l'avais commencé un peu. mais c'est tellement douloureux pour moi que j'arrive pas à le lire, parce que c'est partir dans l'enfance, dans l'adolescence, où ça a été compliqué et douloureux, c'est se replonger dans quelque chose pour moi qui est négatif, et j'ai pas envie de me replonger dedans, et d'avoir le moral à zéro, même si maintenant ça va mieux, mais il y a toujours une souffrance quand même. Je pense que je referai un épisode un peu plus complet peut-être sur comment je teste avec l'orthophoniste. J'espère que cet épisode vous a intéressé. Si certains en souffrent également du trouble de l'oralité. Je vous remercie de m'avoir écouté. Prenez bien soin de vous. Bisous tout plein.