Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Immergée, Submergée, le podcast où je m'immerge dans les thèmes que j'aime ou que j'ai envie de découvrir. Histoire, sport, art, etc. Et où j'évoque mes émotions qui me submergent. Cet épisode va être un peu plus personnel. Je vais vous parler de mon déménagement. J'ai quitté la région parisienne suite au Covid. Je pense que comme pour beaucoup, on s'est rendu compte que la région parisienne, c'était peut-être plus possible d'y vivre après avoir vécu le confinement. Partir, oui, mais où ? Dans l'épisode, il y aura une première partie. Je vais vous raconter ma vie sous le Covid. Vous allez peut-être vous retrouver si vous êtes angoissé comme je le suis, j'espère pas autant pour vous. Et puis une deuxième partie, comment j'ai basé un peu toutes mes recherches pour trouver mon nouveau chez moi. Ma vie pendant le Covid. Au février 2020 à début mars 2020, c'était impossible de croire et de comprendre en fait ce qui se passait. Surtout quand ça s'est rapproché en Italie, et tout semblait irréel, j'avais jamais connu ça. La plupart d'entre nous n'avions jamais connu ça non plus. C'était complètement irréel. Je vivais normalement, je n'avais pas changé mes petites habitudes, je prenais le RER pour aller bosser, et je bossais dans une entreprise où on était 300 sur site. Ensuite, j'ai connu la période du 10 mars environ jusqu'à début juin, où là, ça a été l'angoisse et vraiment la vie de confinée. Je reviens un peu en arrière. Le 10 mars, là, j'ai vraiment commencé à m'angoisser. En fait, dans ma famille, j'ai un cousin qui est chercheur, pas du tout dans le médical. Il a travaillé notamment en Italie, où il a vécu quelques années. Il a toujours des contacts avec des collègues italiens. Et ils lui ont envoyé des graphiques, des courbes pour expliquer la situation en Italie, ce qu'il prévoyait dans les prochains jours, et la même chose pour la France. Et en gros, on avait, je ne sais plus, 10 jours, 15 jours de retard par rapport à ce qui était en train de se passer en Italie. Dans son mail, je vais reprendre un petit peu ses mots, il nous invitait à réaliser la potentielle gravité de l'épidémie. L'Italie venait de mettre en place un confinement. Pour lui, c'était la chose à faire en France pour limiter le nombre de morts également. Lorsqu'il écoutait la radio, lorsqu'il lisait les journaux, il lui semblait que la société française n'était pas prête à accepter un confinement, mais qu'il était convaincu que tout allait changer dans quelques jours, car la situation était pour lui trop grave. En conclusion, il attendait les nouvelles décisions gouvernementales dans les prochains jours, qui allaient tomber obligatoirement pour lui, et il restait chez lui. Il annulait toute activité en dehors du travail. C'est le 10 mars. Et le jeudi 12 mars, c'est le jour où le président de la République, Emmanuel Macron, annonce la fermeture des écoles pour le lundi 16 mars. Le vendredi 13 mars, je vais au travail normalement, comme tous mes petits collègues. Fin d'après-midi, avant qu'on quitte le boulot, mon entreprise, elle instaure le télétravail pour ceux qui veulent et qui peuvent. Le week-end, je commence vraiment à m'inquiéter, parce que je me rends compte que quand même c'est grave. Le fait qu'on ferme des écoles, que mon employeur me mette en télétravail, depuis le Covid, le télétravail, c'est quelque chose maintenant qui est accepté. Alors qu'avant, le télétravail, pour les simples, pour les cadres ça passe, pour le simple petit employé... comme moi je suis, c'était non. Parce que la hiérarchie, elle veut savoir ce que tu fais, elle veut être sûre que tu travailles, elle veut passer derrière ton dos pour voir ce que tu fais. Le fait qu'on m'autorise à être en télétravail, je me suis dit que c'est vraiment parce qu'ils sont obligés. Je me souviens qu'on voyait dans les JT des hommes ou des femmes qui étaient masqués avec des combinaisons blanches et qui lavaient désinfecter les rues. Et je me disais, ah mais en fait, ça veut dire que c'est partout là, l'air qu'on respire et tout. Ce week-end-là, j'étais pas bien. En région parisienne, il y avait déjà des personnes qui quittaient la région pour aller à la campagne parce qu'ils sentaient qu'il y aurait de plus en plus de fermetures. Moi, je suis originaire de la campagne. Mes parents m'ont dit, reviens, mais j'avais tellement peur d'être malade. On parlait déjà des asymptomatiques, donc ceux qui ont le virus mais qui n'ont pas de symptômes et qui, pendant ce temps-là, contaminent les autres. Donc ça, on en entendait déjà parler. Et moi, j'avais super peur. Je prenais le RER. Je travaillais dans une boîte où on était 300 sur site. J'avais vraiment peur d'être malade et peut-être d'être asymptomatique. Je voulais vraiment pas le refiler à mes parents. Après, on est tous différents. Chacun vit avec sa culpabilité. Mais je sais que moi, ça m'aurait rendu malade. Je peux pas vivre avec cette culpabilité. Je reste où je suis et puis on verra après. On arrive donc le mardi 17. Donc là, mon entreprise a mis tout le monde en télétravail. Et je pense que c'est ce jour-là où au final, ou alors ils ont un petit peu devancé, mais que le confinement était décrété partout. Le Covid m'a donné énormément de travail. En plus, à cette époque, les parents qui avaient des enfants dont l'école était fermée, toutes les écoles étaient fermées, ils avaient le droit, je crois que c'était 15 jours au début d'arrêt maladie, pour pouvoir s'occuper des enfants. Dans mon équipe, on a travaillé, on a été la moitié des effectifs, pour énormément de travail. C'était très fatigant et très stressant. Je ne sortais plus dehors, je ne sortais que pour faire les courses. On était une file d'attente à l'extérieur, une personne qui sort égale une personne qui rentre dans le magasin. On n'avait pas de masque au début, moi je me cachais le nez, la bouche avec mon écharpe. C'était un effet placebo. Je l'ai bien dit, je suis une grande angoissée. J'ai fait partie des personnes qui enlevaient tous les emballages carton, parce que le virus pouvait être dessus. avant de le mettre au frigo. Par exemple, tout ce qui était yaourt, je relevais le carton autour, alors qu'avant, je m'en fichais, je le laissais. La nourriture qui n'allait pas dans le frigo ou autre, je pouvais laisser traîner pendant 2-3 jours dans mon colloir, c'était posé. Et puis après, je venais les ranger dans la cuisine. J'ai redécoré un peu mon appart. J'avais mis des photos de tableaux, de peintures, les Renoir, les Vermeer, Monet. Je regardais souvent la jeune fille à la perle de Vermeer. Elle m'a aidée psychologiquement. Mais je la regardais comme si elle vivait avec moi et je me demandais mais quand est-ce que ça allait s'arrêter, quand est-ce qu'on retrouverait une vie normale. J'avais pris des résolutions, je me rendais vraiment compte que l'art me touchait et je voulais à cette période être entourée par le beau. Les œuvres d'art, ça me faisait du bien, ça me permettait de m'évader de mon 20 mètres carrés. Je ne me sentais en sécurité qu'à l'intérieur, que par exemple chez moi. J'avais envie de musée, j'avais envie d'être en fait confinée au Louvre ou au musée d'Orsay. J'avais envie de quelque chose de grand et en même temps de beau. J'avais pris la décision, comme pour les nouvelles résolutions, que j'irais plus au musée. Je profitais déjà des dimanches gratuits. Et puis je m'étais dit, je vais prendre aussi un abonnement au Louvre. Ils ne font plus maintenant les dimanches gratuits. J'avais tracé un petit peu ma nouvelle vie dans un monde après Covid. Rester dans la région parisienne, aller plus dans les musées. Aucun moment avant, j'ai pensé à me dire, il faut que je parte d'ici. Je ne sais plus vraiment la date. Mais en fait, moi, je vais vous dire, j'ai eu un déconfinement le 2 juin. C'est là où j'ai pu quitter la région parisienne, parce qu'à l'époque, il y avait aussi des déconfinements selon les régions. On pouvait être déconfiné, mais rester dans sa région, ne pas aller dans telle autre région. Moi, à partir du 2 juin, j'ai pu partir et aller dans ma région d'origine, retrouver mes parents à la campagne. J'étais toujours en télétravail. Et puis, c'est là, chez mes parents, que je me suis dit, c'est sûr que si j'avais quelque chose de plus grand, ça aurait été mieux. J'aurais mieux vécu. Ce confinement, j'habitais dans un 20 mètres carrés, premier étage. Pour paysage, j'avais le mur direct de l'immeuble voisin. Je ne voyais pas le ciel en fait. Psychologiquement, c'est compliqué. Cet été, on est en 2020, où je me dis que ce serait bien de partir. Je ne vais peut-être pas le faire, mais je peux me renseigner. Je peux regarder ce qui est faisable ou pas. Parce qu'on sait ce qu'on quitte, ce qu'on perd, mais on ne sait jamais ce qu'on va gagner. Donc si je pars, c'est vraiment pour être sûre que ce soit mieux, que je gagne en qualité de vie. Donc je vais passer à la partie un peu recherche. C'est l'été 2020. Tous les ans, il y a un classement qui se fait des villes les plus agréables. Alors oui, il faut déjà savoir si on a envie de vivre en ville ou à la campagne. Moi, la campagne, j'ai connu ça depuis que j'étais petite. Si je partais, voilà, c'est en ville. Une ville plus ou moins grande. A la campagne, on est tellement dépendant de la voiture. Ma première sélection, c'était la météo. Pour info, je ne supporte pas la chaleur. Ça me rend malade, vraiment. Je suis amorphe, je suis complètement fatiguée, je ne peux pas aller dehors, je ne suis pas bien. La chaleur, pour moi, c'est mort. Et donc, obligatoirement, les villes où l'été, il fait super chaud, je ne peux pas y rester. Je ne peux pas y vivre. Toutes les régions du sud, je suis désolée mais je vous ai direct rayé de la carte parce que je sais que je ne serais pas bien. Ensuite, je me suis amusée à regarder le prix au mètre carré. Taper simplement la ville avec prix au mètre carré, vous allez trouver, ça donne une fourchette. J'ai beaucoup aussi étudié paris-je-te-quitte.com, où les gens racontaient où ils étaient arrivés, pourquoi ils sont arrivés là, à tel endroit, et ils expliquent les avantages et les inconvénients de leur nouvelle vie, ce qu'ils aiment. Ce qu'il faut se poser comme question, c'est est-ce que je veux rester dans la région parisienne, c'est-à-dire être pas trop loin, prendre le train, le télétravail se démocratise. Est-ce que si j'ai un jour ou deux de télétravail, est-ce que je peux prendre le train, deux heures de train, une heure de train pour arriver à Paris ? Ou est-ce que je... Je quitte vraiment la région parisienne pour un ailleurs complètement différent, la montagne, la mer. En premier, honnêtement, ma première envie, c'était Lyon. Lyon, je suis attirée par cette ville. Tout me plaisait, mais après, financièrement, c'est à peu près pareil que la région parisienne. Et puis, je me suis dit, l'été, je vais peut-être avoir chaud. Ce n'est pas possible. Ensuite, j'ai étudié Reims. Il faut savoir que c'est à moins d'une heure de Paris en TGV. Et j'ai vu que beaucoup... de parisiens partaient vivre à Reims. Il y avait aussi Le Mans, il y avait d'autres villes où il y avait une heure ou deux de TGV et que les gens faisaient ça par jour et que ça leur convenait. Je me suis dit, je pourrais rester travailler en région parisienne et vivre à Reims, y être le week-end. Pour moi, quitter la région parisienne, c'était difficile parce qu'en fait, je suis montée à Paris, j'y suis allée pour avoir du travail. Comme si ailleurs, on ne pouvait pas avoir du travail. Dans mes petites croyances, dans ma petite construction, Trouver un travail hors, en dehors de Paris et de la région parisienne, c'est infaisable. Donc j'avais très très peur de ça. C'est pour ça que c'était compliqué pour moi à savoir si je restais pas loin de la région parisienne pour rester travailler ou s'il fallait que je parte vraiment plus loin. Donc j'ai pensé à Reims, que j'ai étudié, et c'est là en fait où je me suis rendu compte que ça me ferait une ville dortoir. Le week-end je serais claquée, je ferais pas grand chose, je me reposerais. et je profiterais de rien, je ne profiterais pas de la vie. Donc j'avais recherché, il y avait d'autres villes comme ça que j'avais regardées, qui n'étaient pas loin de la région parisienne, mais voilà. Donc je me suis dit clairement, il faut que je parte plus loin, il faut que je quitte vraiment la région parisienne. Quand on habite Paris et sa région, on se croit le centre du monde. Par exemple, je l'ai encore revu là il n'y a pas longtemps, quand il y avait la grève du RER ou du métro à Paris. c'est ce qui ouvre le JT de 20h. Donc le JT de 20h, il fallait que je me déconstruise à ce niveau-là. Donc j'ai étudié Nantes, j'ai étudié Strasbourg, Colmar, Lille. Ah oui, Lille, en une heure de TGV, on est à Paris. Le Mans, je crois que je l'ai dit tout à l'heure. Mes critères, j'avais envie de vivre en ville, avoir un vrai centre-ville. Je voulais qu'il y ait un bon niveau de transport en commun. que le prix au mètre carré soit sympa, c'est-à-dire que j'allais avoir plus de 20 mètres carrés, que j'allais avoir quelque chose de digne pour recevoir. Je voulais une vie culturelle importante, et puis un taux d'emploi un peu important, je ne voulais pas une région qui soit un peu morte. Je voulais que ce soit attractif. J'avais déjà éliminé la moitié de la France avec la météo. Au final, qu'est-ce qu'il me restait de région que j'aimais et où je partais en vacances, c'était la Bretagne ou la Normandie. Et j'ai choisi la Normandie. Je regardais ce qui pouvait se faire. Mais ce n'est pas parce que je m'étais dit en Normandie que j'allais y aller. Il faut passer à l'action après. Et moi, je n'avais pas encore les couronnesses de le faire. J'étais pas à ce niveau-là, quoi. Mais j'avais vu qu'un ailleurs était possible. Voilà. C'était ça, ma conclusion. Donc ça, c'est l'été. J'ai eu un signe de la vie, en fait, qui m'a dit que je pouvais partir. Donc en septembre, le télétravail est terminé, je retourne dans mon entreprise en sursis, et donc je rentre dans mon appartement, et là, d'un seul coup, il y a eu des fissures à mon plafond qui sont apparues. Franchement, j'ai eu peur, j'ai vécu avec les fissures pendant dix jours, à chaque fois il y en avait des nouvelles en plus. J'avais super peur. J'avais super peur que le soir quand je rentre, après le boulot, que je vois que ce soit effondré, j'avais peur de mourir la nuit. Dans l'appartement, il y avait une toute petite fenêtre, une espèce de petite lucarne. Je la laissais ouverte la nuit. Personne ne pouvait se faufiler ni rien, mais je me disais que si jamais ça s'écoulait, que je puisse crier. J'avais alerté. On était parvenus à 100% sur site au travail. On devait venir peut-être deux jours ou trois jours par semaine. Et donc, je me souviens que c'était un mardi, donc le mardi, je devais être en télétravail. Et le midi, un expert qui arrive et qui me dit, non, non, là, il faut évacuer. Le plafond il va céder, il faut que vous partiez maintenant là. Donc je déménage en catastrophe le mardi après-midi et j'ai pas pu prendre toutes mes affaires parce que faut louer une camionnette quand tu déménages ou autre. J'ai pris le maximum de choses que je pouvais et je suis repartie chez mes parents direct. Voilà mon signe du destin qui me disait tu peux partir, franchement tu loupes rien, tu vis quelque part où au final c'est vituste, tu peux partir ailleurs tu seras bien plus heureux soit. Moi je l'ai vraiment pris comme ça, j'ai choisi la Normandie sur le papier et je l'ai... Vraiment fait. J'ai emménagé début d'année 2021. Ça a été très rapide. Tout s'est super bien enchaîné. C'était vraiment une chance. Parce que j'avais plus de logement. Le prochain que j'allais chercher, je n'ai pas cherché en région parisienne. J'ai recherché en Normandie. J'ai tellement été choquée par cette histoire de plafond, même maintenant encore quand je vais sur Paris, quand je vois les immeubles, ça me fait peur. Je ne pourrais pas y vivre parce que je revois cette vétusté un peu partout, surtout dans les immeubles parisiens, même s'ils ne le sont pas. Ça m'a vraiment traumatisée. J'ai fini ensuite par démissionner et la bonne nouvelle, il y a une vie ailleurs. A peine un mois après, j'avais retrouvé un nouvel emploi. Donc c'était mon aventure qui n'était mais pas du tout prévue. Je ne sais même pas comment conclure cet épisode. J'espère que ça vous a plu. Je vous remercie en tout cas de m'avoir écouté. N'hésitez pas à vous abonner au podcast grâce à l'application que vous êtes en train d'utiliser. Bisous tout plein !