Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Immergée, Submergée, le podcast où je m'immerge dans les thèmes que j'aime, où j'ai envie de découvrir, histoire, sport, art, etc. et où j'évoque mes émotions qui me submergent. Aujourd'hui, épisode émotions. Je vais vous parler de sport, du sport que j'aime le plus au monde, le rugby. Je vais d'abord vous parler de mon enfance, pour poser les bases. J'ai grandi dans l'univers du foot, avec un père et un frère très sportifs. Pour ma part, le sport a toujours été visuel, assis sur un canapé ou un fauteuil, et non dans la pratique. C'est un regret, j'aurais aimé être sportive. Durant mon enfant, j'ai toujours regardé des matchs de foot à la télé. C a c'est le chat aussi qui a envie de discuter. Ça m'est resté en grandissant. J'aime regarder le sport à la télé, que ce soit les JO, les championnats d'athlétisme, les grands événements de foot, coupe du monde et l'Euro. Pour moi, le sport, c'est de l'émotion. C'est l'émotion que cela me procure. Voir une performance, ressentir la joie, le bonheur pour l'athlète, j'ai les larmes aux yeux. Je précise tout de même que je suis une bonne petite française, bien chauvine, donc mes émotions sont pour les athlètes français en général à 99%. J'en reviens à mon adolescence. 1998, Coupe du Monde, 1-2-3-0, champion du monde. C'est la fête, le bonheur, la folie. De même en 2000, pour l'Euro. Et puis j'évolue. Zidane ne me fait plus rêver. Et en 2010, c'est la grève des joueurs de l'époque qui refusent de descendre du bus pour s'entraîner en pleine Coupe du Monde. C'est la honte. Entre-temps, un autre monde s'est ouvert à moi, le rugby. La première rencontre avec le rugby. En cinquième, j'ai pratiqué, il faut le dire vite, pratiqué, on va dire j'ai testé le rugby. Je ne sais plus si c'était pendant un mois ou un trimestre que l'on découvrait au collège différents sports. Je me souviens de deux sessions de deux heures, mais je ne sais pas si j'en ai eu plus, deux sessions de deux heures de rugby. La première séance, où la prof de sport nous avait mis en ligne toute la classe sur la largeur du terrain, et on devait remonter le terrain en courant les uns à côté des autres et en se faisant des passes en arrière. Franchement, on n'avait pas du tout la logique, car c'est pas simple d'avancer en se faisant des passes en arrière. C'est un petit peu pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Ça je m'en souviens, je me souviens de cette difficulté-là, et je me souviens de la deuxième séance, c'était peut-être la dernière, je ne sais plus, où on a appris le plaquage, et ça vraiment j'ai aimé. L'exercice s'est effectué par deux. Pendant que l'un courait, l'autre devait le plaquer, et inversement. A mon époque, je ne sais pas si vous c'était pareil, mais dans la classe il y avait plus de garçons que de filles, et vu que j'étais parmi les plus grandes, je me suis retrouvée en binôme avec un garçon. C'était d'abord à lui de courir et à moi de le plaquer. Et j'avais réussi. J'étais super contente, très fière de moi, parce que je suis nulle en sport. J'étais contente de moi d'y être arrivée. Quand Guillaume, c'était son prénom, je me souviens très bien de lui, blessé dans son orgueil, se releva, il me dit un truc du genre Tu vas voir, ouais, tu vas voir. Bien sûr, quand on a échangé nos rôles, je me suis fait plaquer comme une merde à mon tour. J'avais trouvé ça très drôle, très rigolo, mais je ne m'étais pas mise à regarder des matchs. J'étais restée sur mes préjugés. Le rugby, c'est un sport de bourrin. Je m'étais arrêtée là. La véritable découverte du rugby, c'est en 2007. Coupe du monde de rugby en France, où j'ai réellement regardé des matchs. Je suis tombée amoureuse du rugby. Alors que je le sois bien claire. Les calendriers des lieux du stade, ou toute autre photo qu'ils ont pu faire, nus, avec un ballon de rugby cachant leur zizi, ne m'intéressent pas. C'est pas ça qui m'intéresse. Oui, ils sont beaux, esthétiquement, mais moi je les aime sur le terrain. Moi j'aime qu'ils aient de l'herbe sur la gueule. Ce que j'aime dans le rugby. Tout d'abord, un match, pour moi, commence toujours par l'hymne. C'est le début du combat. Je monte le son, j'aime entendre le 16e homme la chanter, la crier, note marseillaise. Je suis déjà un peu en trance, prête à encourager mon écran de télévision. Un match de rugby, c'est haletant, lorsqu'il y a des pick and go. Donc c'est ramasser et avancer. C'est quand un avant, un grand costaud quoi, avance, se fait plaquer par l'équipe adverse, et qu'un de ses coéquipiers ramasse le ballon, puis avance de nouveau, et se fait plaquer, et ainsi de suite. Quand cela se passe à quelques centimètres de l'embute des adversaires, où l'on doit aplatir le ballon, l'émotion est encore plus forte. Il y a aussi les moments où un joueur, des joueurs, remontent tout le terrain en sprint avec le ballon pour aller l'aplatir. Sur l'échelle de la surexcitation, on est au sommet. Je saute de mon fauteuil, je gueule, j'encourage. A l'inverse, la fureur s'arrête. C'est la pénalité ou la transformation. Le moment où le buteur se retrouve face au perche pour envoyer le ballon passer entre ses deux poteaux. Un moment de grâce, de calme, après et avant la bataille du ballon et du terrain. J'admire les joueurs de rugby parce que c'est un sport très physique et il faut être très lucide à chaque instant. Le jeu est complexe avec toutes ses règles et il y a les phases de jeu, les combinaisons, où se placer. Bref, c'est pas la portée de tous, dont moi. Je suis une angoissée et aller quelque part où je sais que je vais avoir mal ne me rend pas particulièrement heureuse. Je n'y retournerai pas une deuxième fois ou alors vraiment si je suis obligée. Eux les joueurs, ils savent qu'ils vont au combat et souffrir. Et ils y retournent chaque semaine en leur demandant. Se faire plaquer, rentrer dedans par d'autres gaillards de 100 kilos. Je pense qu'il faut être un petit peu sadomaso non ? Avec moi ce serait la technique de la patate chaude. Dès que j'ai le ballon, je transmets direct au copain le plus proche, histoire de ne pas me faire plaquer. Comme je l'ai dit précédemment, je suis fan du 15 de France depuis 2007. J'ai connu de belles années et des plus difficiles, où l'on gagne moins, où l'on souffre pour les joueurs. Je me suis un petit peu calmée, mais je suis hypersensible. Les émotions pour moi sont démultipliées. Quand on gagne, je suis surexcitée, heureuse et l'énergie d'un début de journée. Pas prête à me coucher, que le match ait eu lieu dans l'après-midi ou en prime time. Et à l'inverse, lors de défaite, je suis énervée, de mauvaise humeur et avec un mal de crâne pendant des heures. A la fin d'un match, souvent, je ne peux pas dire le score. Je sais si on a gagné ou on a perdu, mais je suis dans mes émotions, complètement euphorique ou déprimée. Dans les années difficiles, je peinais à suivre les matchs en entier. Dès qu'on se faisait malmener au score, je zappais 5-10 minutes sur une autre chaîne en essayant de me détendre et de ne pas être accablée, et je revenais au match. Et si ça n'allait pas mieux, je recommençais 5-10 minutes ailleurs, et je revenais. Ça me faisait trop de mal de voir les essais qu'on encaissait. Mon prof théorique de rugby, car je ne suis jamais passée par la case pratique à part en 5e, a été Fabien Galtier, qui commentait les matchs, expliquait les règles, apportait souvent les solutions pour l'équipe. Cela faisait des années que je me disais que ce serait bien de le mettre sélectionneur du 15 de France, car il proposait les solutions pour les joueurs pendant le match. Elle est toujours d'accord avec moi. Il était mon unique prof, je n'écoutais pas d'autres voix divergentes, donc il était pour moi le meilleur, et il fallait lui laisser sa chance. Je ne l'avais pas connu, Fabien Galtier, comme joueur, parce qu'il avait pris sa retraite avant 2007. Et donc en 2020, il fut nommé sélectionneur. J'étais très heureuse, j'allais enfin le voir à l'œuvre. Et je ne suis pas déçue, comme je pense tous les Français, car l'équipe enchaîne les bons résultats. L'enthousiasme est revenu, la joie, l'espoir. On est le dimanche, je suis en train d'enregistrer cet épisode. J'ai une voix un petit peu rauque, car hier c'était la dernière journée du tournoi des Six Nations. Trois matchs d'affilée quand même, dont celui où j'ai crié et encouragé l'équipe. Les Irlandais ont gagné le Grand Chelem et nous sommes deuxième. Nous avons fait un bon tournoi, on a perdu juste le match contre l'Irlande. Mais ce tournoi restera dans l'histoire avec le match contre l'Angleterre à Twickenham où on a gagné 53 à 10. Je répète, 53 à 10. On a mis 7 essais. C'est historique, c'était beau, c'était magique, c'était fort, c'était merveilleux. Moi, mon rêve, c'est la Coupe du Monde de rugby. La prochaine, elle va se passer cette année, donc en septembre et en octobre, en France. Et moi, je rêve que l'on soit champion du monde. On a une super génération, on est à la maison. Sur le papier, on est dans de bonnes conditions, parce qu'à l'heure actuelle, on est toujours deuxième au classement mondial derrière l'Irlande. Au classement mondial, j'aime bien dire. Il ne reste plus que les planètes s'alignent et que tout se passe bien pour qu'enfin le 15 de France soit sur le taux du monde. Je crois que je souffre toujours du syndrome post-traumatique de la coupe du monde de 2011, où l'équipe a été en finale et méritait de la gagner, mais je pense que l'arbitre en avait décidé autrement, en EESU française, Chauvin, et c'est toujours de la faute de l'arbitre ou de l'équipe adverse. J'ai été tellement triste du résultat, plutôt de la décision arbitrale, I hate you Craig Joubert, alors qu'on méritait de gagner. Notre équipe a été magnifique, à l'image de ce V ou de cette flèche effectuée pendant le AK, parce que notre finale c'était contre la Nouvelle-Zélande. A cet instant, ils m'avaient rendu complètement folle. J'étais prête comme eux, à la guerre. Cette équipe restera toujours dans mon cœur. Ils m'auront fait vivre des moments magiques et je resterai toujours triste car ils méritaient bien plus qu'ils n'ont récolté. Je dis ça car mon joueur préféré est Thierry Dussautoir, le capitaine de l'équipe de l'époque. J'ai pleuré lorsqu'il a arrêté sa carrière internationale car je le rêvais en champion du monde. Et il n'aura pas la renommée qu'il mérite tant. Thierry Dussautoir, je l'avais repéré pendant la Coupe du Monde de 2007. Il avait remplacé, juste avant la Coupe du Monde, Elvis Vermeulen, blessé au dos. Il a mis plusieurs essais pendant l'événement. Et je me souviens que pour l'un, les commentateurs avaient fait la réflexion qu'il n'avait même pas été sélectionné à la base, et il ne devait pas être là, et il a été rappelé, et il met des essais. C'est la jolie petite histoire que tu retiens. Puis en 2009, il devient capitaine du 15 de France. Dans ma construction, Le capitaine, c'est le gars charismatique, qui a une grande gueule, qui aime parler. Thierry Dussotoir, c'est complètement le contraire. C'est un taiseux. C'est pas un homme de discours grandiloquent. Il ne parle que s'il a quelque chose à dire, quelque chose d'important, d'intéressant. Ça m'a plu. Car dans la société, que ce soit durant mon enfance, mon adolescence et même aujourd'hui, la personne extravertie est géniale. Et la personne réservée, elle est chiante, elle est pas drôle, elle est pas fun, elle est pas cool. Lui, il m'avait prouvé qu'on pouvait être le chef, même si on n'est pas spécialement à l'aise dans la tchatche. The Dark Destroyer, c'est son surnom, que la presse anglaise lui avait donné lors de la Coupe du Monde de 2007, parce qu'il avait marqué déjà un essai contre les All Blacks, et surtout il avait réalisé 38 plaquages. C'était un record à l'époque. Thierry Dussautoir, il faut aussi noter que c'est toujours à ce jour le joueur qui a porté le brassard de capitaine le plus de fois dans l'histoire française. 56 fois. Pendant 56 matchs, il a été le capitaine. J'aimerais qu'il sorte un livre où il parlerait de sa carrière, de son enfance. Voilà, moi je suis preneuse. C'est tout, je crois. C'est une légère mise en bouche pour la Coupe du Monde en fin d'année. Je me rends compte qu'avoir ce podcast et en même temps de suivre le tournoi des destinations, comme toujours, je ne fous pas grand-chose le week-end. Trois matchs dans le week-end, ça prend beaucoup de temps. Beaucoup de temps à rien faire, au final. Mais probablement que l'année prochaine, si je continue bien le podcast, comme je le souhaite, Je pense que le mois d'avril ou février ou mars, ce sera des replays parce que je ne peux pas avancer. Dans le week-end, en gros, il y a 6 heures qu'on perd pour des matchs de rugby. Déjà que deux jours, ce n'est pas beaucoup pour le week-end, ce n'est pas assez pour moi. J'espère que cet épisode vous a intéressé. Et que si vous n'êtes pas fan de rugby, ça pourrait vous donner l'envie de visionner un match. Le rugby n'est pas un sport de pourrin. Comme dit l'expression, le foot c'est un sport de gentleman fait par des voyous. Et le rugby c'est un sport de voyous fait par des gentlemen. J'espère que vous suivrez la coupe du monde septembre-dobre 2023. J'espère que vous soutiendrez le 15 de France. Je vous enverrai des bonnes ondes. Je vous remercie de m'avoir écouté.